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  • il y a 9 heures
Aujourd'hui, c'est au tour de Jean-Louis Schilansky, ex-président de l'Union des industries pétrolières, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.

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Transcription
00:00RMC, face aux grandes gueules.
00:05Notre invité, c'est Jean-Louis Chilansky, l'ancien président de l'Union française des industries pétrolières.
00:10Luffy, bonjour M. Chilansky.
00:12Bonjour.
00:12Ça serait une bonne idée de plafonner le prix des carburants à 1,70€ le litre, comme le propose la
00:18CGT ?
00:19Non.
00:20C'est pas une bonne idée.
00:21Pourquoi ?
00:22C'est pas une bonne idée parce que, je vous donne un exemple.
00:25On importe 50% du gazole aujourd'hui.
00:28C'est-à-dire qu'on va sur le marché, on importe le gazole.
00:31Si le prix en France est inférieur au prix d'importation, on n'importera pas.
00:38C'est aussi simple que ça.
00:39Personne ne nous vendra du gazole.
00:41Ben oui, donc il y aura une pénurie.
00:44Prix bloqué à un prix inférieur aux quotations internationales, c'est de la pénurie.
00:50C'est absolument inévitable.
00:52Et pourtant, Total a bien plafonné ses propres mots.
00:55Oui, alors Total, c'est un cas à part.
00:59Mettez-vous bien dans le micro, Jean-Louis, allez-y.
01:01Total, c'est un cas à part parce qu'ils produisent du pétrole brut et donc ils ont une marge
01:06de manœuvre en quelque sorte du fait que le prix du pétrole brut a augmenté et qu'ils font de
01:11l'argent sur le pétrole brut.
01:12Donc ils financent les pertes qu'ils ont en distribution avec les profits qu'ils font en amont.
01:18Oui, donc pour eux, c'est quand même une bonne opération.
01:20Non, je n'ai pas dit que c'était une bonne opération.
01:22Ils perdent de l'argent en distribution, mais ils peuvent se le permettre, on va dire ça comme ça.
01:26Si vous êtes distributeur indépendant, vous allez importer votre gazole depuis Rotterdam.
01:33Si en France, le prix c'est 1,70 et le prix à Rotterdam c'est 1,90, vous n
01:39'importez pas.
01:39Justement, vous pouvez expliquer, parce que comment est fixé le prix du gazole, le prix de l'essence avant qu
01:46'il arrive à la pompe ?
01:47Comment ça se passe ? Quels sont les circuits en fait ?
01:49Le prix n'est pas fixé, c'est un prix de marché.
01:53Alors comment le marché fixe le prix alors ?
01:55Le marché, c'est l'offre et la demande. C'est aussi simple que ça.
01:58Je vous ramène à Béaba, en quelque sorte, à Rotterdam.
02:02Il y a des traders qui achètent, qui vendent, et les prix sont faits à la minute, à la seconde.
02:08Ils sont complètement transparents.
02:10Et ça dépend de ce qui se passe au Moyen-Orient.
02:12Alors effectivement, s'il y a une tension, il y a moins de produits, il y a plus d'acheteurs
02:16que de vendeurs, les prix montent.
02:18C'est ce qui est en train de se passer.
02:19Oui, mais nous, notre pétrole, il vient essentiellement de Norvège, d'Algérie.
02:24Et assez peu des pays du Golfe.
02:28Alors pourquoi ça monte autant en France ?
02:29Parce que ce n'est pas que ça monte en France.
02:32C'est que la cotation du Brent, la cotation internationale, c'est une mercuriale, en quelque sorte.
02:38C'est la même qui s'applique en France, en Allemagne, en Angleterre, partout.
02:42Et donc, on subit, en quelque sorte, la tension qu'il y a aujourd'hui sur le marché du pétrole
02:48et sur le marché des produits finis.
02:50Je reviens sur le blocage des prix, parce qu'on l'a fait en France, en 1990, c'était la
02:54première guerre du Golfe.
02:55C'est vrai.
02:55Et le gouvernement socialiste de l'époque avait bloqué les prix.
02:58Oui, mais ça n'a pas duré longtemps quand même, parce que ce n'est pas vivable.
03:02Et puis, à l'époque, les circonstances étaient complètement différentes.
03:05Mais la réalité du blocage, c'est-à-dire la réalité de faire des prix qui sont inférieurs aux cotations
03:11internationales, ça ne marche pas.
03:15C'est la fausse bonne idée.
03:16Oui, c'est une fausse bonne idée.
03:18C'est une idée très populiste.
03:19On bloque les prix et puis on verra après.
03:23Chiche ! On essaye.
03:25On essaye.
03:26On met le gazole à 2 euros ou à 1,90 et on regarde ce qui se passe.
03:33Dans 8 jours, dans 10 jours, il n'y a plus de gazole en France.
03:36C'est-à-dire qu'on n'arrivera pas à en acheter sur les marchés et à provisionner les pompes.
03:40C'est exactement ça.
03:41Là, justement, il faut rappeler une chose.
03:43Il y a 20% des pompes essentiellement totales qui sont à sec.
03:46Mais ça ne veut pas dire qu'on manque du pétrole.
03:48Alors ça, c'est un point essentiel.
03:51C'est le cas de le dire.
03:52C'est un point essentiel.
03:53Il n'y a pas de manque de produits.
03:56Il y a simplement eu un problème de logistique.
03:59Je vais vous donner un exemple.
04:02Il vaut ce qu'il vaut.
04:03Si les gens se ruent sur les pâtes et le riz, en rayon, il ne va pas y en avoir.
04:08Au bout d'un moment, les magasins vont être dévalisés.
04:11Et c'est ce qui s'est passé avec les stations, en particulier les stations totales.
04:15Les gens se sont précipités sur les stations totales parce qu'elles étaient moins chères.
04:20Mais ça ne veut pas dire qu'on n'avait pas de produits dans les dépôts.
04:22Et on en a toujours dans les dépôts.
04:24Évidemment.
04:24Comment on en a, d'ailleurs ?
04:26Aujourd'hui, on a deux mois de stock parce qu'on a libéré les stocks stratégiques pour un peu moins
04:30d'un mois.
04:31Donc, on a des stocks de réserve, en quelque sorte.
04:35Ce n'est pas un problème de manque de produits.
04:37C'est un problème de logistique.
04:40La logistique, elle n'est pas complètement flexible.
04:43Quand il y a une demande aussi forte que celle qu'il y a eu, il y a des ruptures.
04:47Pourquoi le diesel, le gasoil, augmente plus vite que l'essence, en ce moment ?
04:51Ça, c'est une très bonne question.
04:54Tout simplement parce qu'il y a un déficit de gazole.
04:59Je vous disais tout à l'heure que la France, elle importe 50% de son gazole.
05:03L'Europe, sous forme de produits finis, pas sous forme de pétrole brut.
05:07L'Europe importe 40% de son gazole sous forme de produits finis, pas de pétrole brut.
05:13Et là, vous avez tout un tas d'opérateurs qui vont sur le marché, qui cherchent du gazole.
05:18Il faut revenir un tout petit peu en arrière.
05:20On n'achète plus de gazole en Russie.
05:22C'est les sanctions.
05:24Donc, on est allé vers le Moyen-Orient.
05:26Et là, aujourd'hui, au Moyen-Orient, on a beaucoup de mal, beaucoup de mal à trouver du gazole.
05:31Donc, le prix du gazole monte comme ça.
05:34Oui, mais alors là, on a beaucoup de mal à trouver du gazole.
05:36Il y a des gens qui vont dire, attendez, ils viennent nous dire qu'on a des stocks.
05:38Mais ils viennent nous dire qu'on a du mal à trouver du gazole.
05:41Alors, est-ce qu'on a du gazole en stock ?
05:42Je reviens, je reviens.
05:43Il y a une tension sur le produit.
05:46Il y a beaucoup d'acheteurs et pas tellement de vendeurs.
05:49Donc, les prix montent.
05:50Ce n'est pas qu'on n'a pas de produit, c'est juste qu'il y a une tension
05:53sur ce produit-là en particulier.
05:57Alors, on continue la discussion.
05:58Jean-Louis Bonamy, professeur de philosophie.
06:00Alors, j'aimerais un peu changer de sujet parce que ça fait quelques années que je lis vos textes
06:06et que je suis vos interviews sur les conseils de feu, mon ami Jean-Michel Quatrepoint.
06:12Et justement, vous aviez beaucoup écrit à un moment sur la France et le pétrole de schiste,
06:18le gaz de schiste, l'omerta autour de ce sujet.
06:21Aujourd'hui, où est-ce qu'on en est ?
06:23Et selon vous, qu'est-ce que ça pourrait changer pour les Français ?
06:28On est nulle part.
06:29On est nulle part.
06:30Sachant que du pétrole de schiste, on en l'achète.
06:32Évidemment.
06:33Voilà, on en l'achète.
06:33À nos amis américains, notamment.
06:34Évidemment.
06:35Tout le pétrole qui vient des États-Unis, c'est du pétrole de schiste.
06:38Tout le gaz qui vient des États-Unis, 90% du gaz liquéfié qui vient en France,
06:43c'est du gaz américain, gaz de schiste.
06:45Donc, on n'en veut pas chez nous, mais on l'achète ailleurs.
06:47– Exactement.
06:49– Grande hypocrisie.
06:50– Et ça pourrait vraiment changer la donne si nous…
06:52– Alors, écoutez, ça, c'est une très bonne question.
06:56On ne sait pas.
06:57– Puisqu'on ne prospecte même pas.
06:59– On ne prospecte même pas.
07:00– Il paraît que sous nos pieds, c'est-à-dire en région parisienne,
07:04il y aurait de gros potentiels de gaz de schiste.
07:07– Oui, mais je ne peux pas vous dire oui ou non.
07:09– Parce qu'on ne sait pas.
07:10– On n'empêche même la recherche.
07:11– Le gouvernement français, dans sa grande sagesse,
07:14a décidé d'interdire toute exploration d'hydrocarbures.
07:19Pas seulement schiste ou pas schiste.
07:20– Même conventionnel.
07:21– Même conventionnel.
07:22Donc, la France, c'est…
07:24– C'est l'air que c'est quand même dingue.
07:25C'est-à-dire qu'on pourrait devenir, nous, la France,
07:28un pays producteur d'hydrocarbures.
07:30Et ça changerait quand même complètement la donne.
07:32– Totalement.
07:33– Et on se refuse ?
07:35– On se refuse pour des raisons…
07:37– Idéologiques.
07:38– Philosophiques.
07:40– Je n'ai pas répondu à ça.
07:41– Ça va être de ta faute, Jean-Luc.
07:44– Idéologiques.
07:46– Mais est-ce que, techniquement, dans les autres pays,
07:49parce qu'il y a 15 ans, quand on a commencé à en parler,
07:51je pense qu'on en parlait beaucoup en 2012-2013,
07:53au moment du rapport gallois, je crois que vous avez écrit aussi en 2015,
07:56sur le racisme rodé.
07:56– Voilà, exactement.
07:58Est-ce qu'on a trouvé à l'étranger des méthodes d'extraction plus propres ?
08:03Parce que la France, contrairement au Canada, aux États-Unis,
08:04c'est un plus petit pays.
08:05Donc, si on extrait avec des procédés qui, écologiquement, sont contestables,
08:10est-ce qu'on extrait de manière plus propre ou pas ?
08:12– Les problèmes écologiques ont été résolus.
08:14– D'accord.
08:15– Par rapport à la degré de 2013, ils ont été résolus.
08:18– On extrait de manière plus propre.
08:20– Oui, c'est le fantasme de la fracturation hydraulique,
08:23c'est du forage de pétrole, maintenant, extrêmement banal.
08:29– Mais ce qui n'était pas le cas il y a 15 ans.
08:30– C'est fou qu'il n'y ait aucun responsable politique,
08:32parce qu'on approche une présidentielle qui se dit
08:34« Tiens, il y aurait peut-être un truc à faire là-dessus. »
08:36– C'est même plus dans le débat.
08:37C'était dans le débat, il y a moins le lancé.
08:39– Il y a trois zones qui pourraient être prospectées.
08:41C'est le bassin parisien, le bassin d'Aquitaine et le fossé Rénan.
08:44– Exactement.
08:45– Ce sont les trois zones…
08:46– On m'a dit aussi quelques terres à Nice, pas très loin de chez toi aussi.
08:49– Là, il y aura un moratoire et un décret local qui empêchera, bien évidemment…
08:53– Dans mon jardin.
08:54– Je vais peut-être devenir milliardaire.
08:55– Dans les hauteurs de Nice, apparemment, il y a un gros gisement là.
08:59– Alors, allez-y.
09:00– On n'en sait rien.
09:01– Exproprier des gens.
09:02– Peut-être, peut-être.
09:03– C'est spéculatif.
09:03– Il faut y aller, il faut forer.
09:05– Il faut forer.
09:06– Il faut forer, il faut regarder s'il y en a, et puis s'il y en a, on
09:08exploite.
09:09Je vais vous dire, on est entre nous.
09:12Je vais vous dire le fond de la question.
09:14Personne n'écoute, je vais vous dire le fond de la question.
09:16Le fond de la question, c'est qu'aux États-Unis et au Canada,
09:20les gens sont propriétaires du sous-sol.
09:23– Oui.
09:24– C'est-à-dire que si on trouve du gaz de schiste chez eux…
09:27– C'est à eux.
09:28– Et donc, ils gagnent beaucoup d'argent.
09:31Et donc, ils sont prêts à dire, on essaye.
09:34Et donc, il y a une pression, en quelque sorte, politique,
09:38de la part des gens, des individus, etc., pour y aller.
09:43Ici, ce n'est pas le cas.
09:44Ici, c'est un désavantage.
09:46Si vous avez une maison et on vous dit, on va forer dans votre jardin…
09:49– On vous exproprie.
09:50– On vous exproprie, et donc vous êtes…
09:53Le système n'est pas du tout, du tout favorable à ce genre…
09:57– Mais c'est quand même un sujet tabou, quand même, depuis tant d'années.
09:59– Ah, c'est un sujet complètement tabou.
10:01Mais la pression politique a été énorme, à un moment donné.
10:06– On faisait des débats dans les grandes gueules là-dessus.
10:08– Oui, oui, oui, il a été énorme.
10:10Le gouvernement de l'époque, Macron et Hulot, Nicolas Hulot,
10:14ont plié complètement devant la pression politique.
10:18Et ils ont dit, bon, c'est fini maintenant, on ne cherche plus du tout d'hydrocarbures en France.
10:24Et je vais vous dire quelque chose, on ne viendra jamais en arrière.
10:27– Ah bon ?
10:28– On ne viendra jamais en arrière.
10:30Le gouvernement qui aura le courage de dire, on reprend la prospection de pétrole en France…
10:38– Oui, il n'est pas né.
10:40– Il n'est pas né.
10:41– Bon, nous, notre pari, c'est le nucléaire, mais c'est le pari du général de Gaulle.
10:45Alors là aussi, on a voulu remettre en cause tout.
10:48Et puis finalement, on se rend compte quand même qu'on est bien content d'en avoir.
10:51Du nucléaire, c'est notre souveraineté.
10:53– C'est une chance extraordinaire.
10:55– Mais à un moment donné, on n'était pas dans ce débat-là.
10:57Je vous souviens, dans les années 2015, 2016, 2017,
11:01quand on défendait le nucléaire, on était ringard, on était même réac.
11:04– Oui, oui, oui, oui, mais alors ça c'est…
11:06– Alors aujourd'hui, au contraire, on s'en sort peut-être mieux que les autres grâce au nucléaire.
11:10– Ah mais c'est une chance formidable, pour deux raisons.
11:14La première raison, c'est que c'est décarboné,
11:16donc vous n'émettez pas de CO2.
11:18Et la deuxième raison, c'est que vous n'achetez pas de gaz pour faire de l'électricité.
11:23Aujourd'hui, les pays qui achètent du gaz pour faire de l'électricité,
11:27ils ne sont pas bien, hein.
11:28Et donc la France a un avantage formidable avec le nucléaire.
11:32– Merci de Gaulle.
11:33– Merci de Gaulle.
11:35– Question, Charles Consigny, Laurent Barton-Martinez.
11:38– Demain, vous êtes Premier ministre de la France.
11:41Qu'est-ce que vous faites pour aider les Français
11:44à traverser cette crise du prix des carburants ?
11:47Quelles sont les cartouches que vous avez en main et que vous actionnez ?
11:51– Premier ministre de la France, c'est ça ?
11:53– Oui.
11:54– Ah bon, d'accord.
11:55– Ministre de l'énergie et du transport.
11:57– Je crois qu'il y a deux leviers.
12:01Je crois qu'il y a deux leviers.
12:02Il y a d'abord ce qu'ils font, c'est-à-dire des aides ciblées,
12:07des gens qui en ont vraiment besoin.
12:10Les transporteurs routiers, les infirmières, les taxis, les VTC, etc.
12:15Ça, je crois que c'est une bonne chose à faire, les petites entreprises.
12:18Et puis, il y a une deuxième chose que je mentionnais l'autre jour,
12:20c'est qu'on a en France aujourd'hui un système de certificat d'économie d'énergie.
12:25C'est-à-dire qu'on prélève de l'argent pour financer de l'isolation
12:29et des économies d'énergie dans le bâtiment.
12:31Dans le bâtiment.
12:33Et donc, ce n'est pas le moment.
12:35Ce n'est juste pas le moment.
12:37– Ça représente combien ces certificats d'énergie sur le prix de…
12:39– Vous m'aviez déjà posé la question.
12:40En fait, c'est 15 centimes d'euros du litre.
12:43– Ah oui.
12:44Donc, si on supprimait ça, on enlève 15 centimes au prix.
12:46– Mais là, il y a une pression écologique énorme.
12:49On ne va pas…
12:49Le certificat d'économie d'énergie, c'est sacré.
12:53– Vous avez une filière qui n'est pas touche non plus.
12:56– Voilà, exactement.
12:57– On pourrait suspendre au moment de la crise.
13:00– Un moratoire.
13:01– Un moratoire.
13:01– Je ne dis pas qu'il faut les abandonner.
13:03– Et là, il y a pression pour ne rien toucher.
13:05– Oui, il y a pression pour ne rien toucher.
13:06C'est une bonne idée.
13:08Enfin, c'est une bonne idée.
13:08C'est une relativement bonne idée.
13:09– Ça ne rentre pas dans le budget de l'État, en plus.
13:11– Ça ne rentre pas dans le budget de l'État.
13:12Donc, ça n'est pas dans le déficit.
13:13– 15 centimes par litre.
13:15– Et c'est un circuit de financement…
13:18– Au total, combien ça représente ce certificat ?
13:20– Écoutez, c'est les 15 centimes et l'enveloppe globale.
13:23– Ils ont augmenté l'objectif, comme ils l'appellent, au 1er janvier.
13:27– Oui, au 1er janvier, ça a augmenté.
13:28– Effectivement, c'était 9 centimes d'euros avant,
13:30et c'est 6 centimes de plus.
13:32– C'est une bonne idée.
13:33– 15 centimes.
13:35Quand le prix du pétrole est bas, pourquoi pas ?
13:37Les gens ne se rendent pas vraiment compte,
13:39les automobilistes ne se rendent pas vraiment compte,
13:41et donc on prélève 15 centimes,
13:43on finance des investissements d'économie.
13:45Mais là, en période de crise,
13:48on rend les 15 centimes automobilistes,
13:50tout simplement, pendant, comme vous dites,
13:52un moratoire, pendant un certain temps,
13:54on suspend.
13:56Voilà ce que je ferais.
13:57– Et pourquoi ne le font-ils pas, selon vous ?
14:02– La politique.
14:04C'est-à-dire, si vous faites ça,
14:06il faut affronter, comme ça, les écologistes.
14:09– Qui sont pourtant très minoritaires dans la société.
14:12– Oui, mais ils vont dire…
14:13– Politiquement.
14:14– Oui, c'est politique, c'est…
14:17– Jean-Louis Chilansky, vous restez avec nous,
14:19l'ancien patron de l'Union française des industries pétrolières,
14:23justement, le gazoal.
14:24Est-ce qu'effectivement, il faut que Total continue
14:26de garder ses prix à la pompe,
14:29continuez de les caper ?
14:30– Pour l'instant, Total a suspendu.
14:31– Est-ce qu'il faut passer à un prix bloqué,
14:35à un 70 ou pas ?
14:36Ça ne pourrait pas être possible.
14:3832-16, pour en discuter avec les GG,
14:40Jean-Louis Chilansky, reste avec nous.
14:42– RMC, Alain Marshall, Olivier Truchot,
14:46Les Grandes Gueules.
14:47– 1, 2, 3, 4 !
14:57– L'IGG, Les Grandes Gueules, sur RMC et RMC Story,
15:01Les Grandes Gueules, avec aujourd'hui,
15:02Jean-Louis Chilansky, c'est l'ancien président
15:05de l'Union française des industries pétrolières.
15:09Il y a un mot quand même sur la consommation.
15:12La consommation des carburants, elle baisse en France.
15:14Alors, ça veut dire quoi ?
15:15Que les Français sont raisonnables,
15:16ils font attention ou c'est du autre chose ?
15:18– Non, il y a plusieurs phénomènes.
15:19Il y a d'abord les constructeurs d'automobiles
15:22qui ont fait des voitures qui consomment
15:24de moins en moins de dépenses et de gazole.
15:26Et puis, les hybrides qui consomment, cette fois,
15:30beaucoup moins, les voitures électriques
15:31qui perdent sur le marché.
15:34Donc, la consommation, la tendance est à la baisse.
15:37Mais malgré tout, c'est très lent
15:39parce que le parc automobile, essence, gazole
15:43est considérable.
15:44Et puis, il y a une consommation des transports routiers
15:48qui, elle, ne...
15:49– 96% des camions roulent au diesel encore.
15:52– Absolument.
15:53– Mais est-ce que vous croyez à un monde sans pétrole ?
15:57– C'est ça qu'on tente de...
16:01C'est la direction qui est fixée.
16:02Le monde sans pétrole.
16:03– La question, c'est quand ?
16:06Aujourd'hui, il n'y a pas d'avenir prévisible
16:09où on peut se passer totalement du pétrole.
16:13Non seulement dans les transports,
16:16mais dans la chimie, dans la pétrochimie.
16:19Pour faire fonctionner des bateaux,
16:21on a besoin de pétrole.
16:23Enfin, ce n'est pas un jour.
16:25Un jour, on trouvera des substituts divers au pétrole.
16:31Mais dans un avenir prévisible,
16:33je ne sais pas moi, 20, 30 ans,
16:36ça n'existe pas.
16:37– Donc ceux qui racontent ça, racontent des bobards ?
16:40– Oui, ils prennent...
16:42Enfin, c'est un langage politique.
16:44Ce n'est pas un langage de la réalité de la consommation.
16:47On s'en aperçoit bien aujourd'hui.
16:50On n'arrêtait pas de dire, on ne veut pas de pétrole, machin.
16:53Et puis en fait, d'un seul coup, il n'y a pas de pétrole,
16:56et c'est une crise.
16:57Enfin, il n'y a pas.
16:58Il y a une tension sur le pétrole, et c'est une vraie crise.
17:01– Et on voit que ça paralysait l'économie.
17:02Et on voit aussi qu'un Français sur deux continue à rouler au diesel.
17:06Parce qu'on nous avait dit, à la fin du diesel...
17:08Enfin, le diesel est encore très présent en France.
17:10– Ah oui, il est très présent,
17:11parce que le parc automobile est très diéselisé.
17:14C'est ce qui explique ce qu'on disait tout à l'heure.
17:16C'est qu'on importe beaucoup de gazole pour ces automobiles.
17:20– On a un David qui est au 3216,
17:22qui est chauffeur poids lourd du côté de Donge.
17:24Vous voyez, il y a une raffinerie à Donge.
17:26– Absolument.
17:26– Bonjour David.
17:27– Oui, bonjour, les guigés.
17:28– Bienvenue David.
17:31– Du côté de Donge, comment ça se passe ?
17:32Du côté de la raffinerie ?
17:34– C'est un peu compliqué.
17:35Ce matin, Total, je pense qu'ils faisaient grève.
17:38Parce que normalement, ils devaient à 5h.
17:39Mais à 5h30, c'était chaud pour ouvert.
17:41– D'accord.
17:42– Et en fait, à Donge, il y a deux raffineries.
17:44Il y a une raffinerie Total et une autre raffinerie.
17:46C'est l'ancienne raffinerie de l'armée, en fait.
17:50– Oui.
17:51– Et là, en ce moment, ce matin,
17:52normalement, la moyenne, c'est 180 camions.
17:54Et là, on était à plus de 300.
17:55– Ah, ils sont bloqués ?
17:56Ou c'est la queue pour aller charger ?
17:58– Parce que là, en fait, il y a beaucoup de camions, en fait.
18:01Et là, j'ai attendu 2h pour charger.
18:03– Oui, pour réapprovisionner,
18:05parce qu'il y a eu le week-end de Pâques.
18:07Maud Bréjon, ce matin, disait qu'il y avait 900 camions
18:10qui étaient partis aujourd'hui pour réapprovisionner toute la France,
18:13et notamment les stations Total.
18:15– Oui.
18:16Nous, ils nous ont demandé pour travailler lundi.
18:18Total nous a récutionnés,
18:20mais il y a certains qui n'ont pas voulu,
18:22parce que sinon, ça décale la semaine.
18:23Donc, certains ont roulé, mais pas d'autres.
18:25– Oui.
18:26D'ailleurs, reste avec nous,
18:27Jean-Luc Chilansky,
18:29est-ce que Total doit prolonger son dispositif
18:31de plafonnement des prix
18:33qui prend fin aujourd'hui ?
18:34– Alors ça, c'est une question extrêmement difficile.
18:38Est-ce que Total va ou ne va pas ?
18:41– Est-ce qu'ils peuvent ?
18:42Parce qu'il y a une pression politique, là.
18:44– Sans aucun doute, il y a une pression politique très forte.
18:46– C'est 30% des stations-service, Total, en France.
18:48– C'est ça, exactement.
18:50Et ils sont pris entre deux feux, en quelque sorte.
18:53La pression politique dont vous parlez,
18:55et puis une certaine attente de la part des automobilistes.
18:59Mais d'un autre côté, prolongé, là, on s'arrête quand ?
19:05– C'est un peu prisonnier de leur intération.
19:08– Oui, exactement.
19:09Et donc ça, c'est vraiment une décision pour le président de Total.
19:12– Merci, David, d'avoir été avec nous.
19:14Et prenez votre mal en patience,
19:16parce que j'ai l'impression que ça va durer du temps.
19:17Merci, salut, salut, David.
19:20– Laura ?
19:20– Question ?
19:21– Oui, moi j'ai une question.
19:24Ça représente, tout ce qui est bloqué, là, actuellement,
19:27dans le détroit d'Hormuz,
19:28ça représente en pourcentage combien de pourcents
19:31des approvisionnements,
19:32alors pas seulement en France,
19:33puisqu'on part du cours du pétrole,
19:35donc sur les approvisionnements mondiaux ?
19:38– Ça, c'est la question clé.
19:41Hormuz, c'est 15%, un peu plus peut-être,
19:44de la consommation mondiale de pétrole,
19:46qui passe par ce détroit,
19:48qui vient d'Arabie Saoudite, du Kouaït, de Bahreïn, etc.
19:52Le monde ne peut pas vivre avec 15% de pétrole en moins.
19:56C'est aussi clair et simple que ça.
19:59Donc à un moment donné, il faudra trouver une solution.
20:02Je ne sais pas laquelle,
20:04mais le monde ne peut pas vivre avec 15% de pétrole en moins.
20:07On ne peut pas réduire sa consommation.
20:09Il y a des stocks stratégiques qu'ils ont libérés,
20:12on en parlait tout à l'heure.
20:13Il y a trois mois de stocks stratégiques
20:16sur l'ensemble de la consommation.
20:18Donc il n'y a pas de risque de pénurie.
20:21Il y a du produit.
20:23Mais à un moment donné,
20:24il faudra trouver une solution
20:25pour que ce détroit d'Hormuz
20:28laisse passer des pétroliers.
20:30Mais en fait, c'est parce que je me fais un peu porte-parole
20:33de tous les gens qui sont comme moi,
20:34qui ne connaissent pas vraiment tout le circuit.
20:38Et puis quand monsieur me dit que ça devient très compliqué
20:42de trouver du gasoil,
20:44c'est un truc que j'apprends.
20:45Je savais que c'est une énergie fossile,
20:49que plus on en prend et moins il y en a.
20:50Ce n'est pas quelque chose qui se renouvelle.
20:52Et de la même manière que de me dire
20:53que si on se passe dans ta tête,
20:56tu te dis comment le prix de mon plein peut doubler
20:58avec seulement un problème sur 15% de l'approvisionnement.
21:02Mathématiquement, on n'arrive pas à comprendre.
21:04Mais quand là, vous nous dites
21:05qu'avec 15% en moins,
21:07on ne peut pas tenir
21:09et que c'est pour ça que les prix flambent à ce point-là,
21:11c'est quelque chose qui est entendable
21:13et qui est compréhensible pour l'ensemble des Français.
21:15Chose qui, par exemple, n'a pas été dite
21:17par nos gouvernements.
21:19À croire qu'on nous prend pour des imbéciles,
21:21et qu'on ne peut pas comprendre quelque chose
21:22que vous nous expliquez d'une manière extrêmement simple.
21:25Et ma deuxième question, pardon, je vous ai coupé,
21:27mais comme ça, après, vous aurez tout le loisir à me répondre.
21:30Il faut aussi expliquer aux gens
21:32comment, si tout devient compliqué,
21:35si le baril flambe,
21:36comment Total arrive à dégager un milliard ?
21:41Ça, c'est une autre question.
21:43Ce milliard de Total, c'est une autre question.
21:45Mais en un mot,
21:47ils ont parié.
21:49Ils ont parié et fait une opération
21:51de trading
21:52sur le pétrole.
21:54Ils ont acheté du pétrole
21:55à 70 dollars le baril
21:56du côté de Dubaï
21:58en pariant
21:59qu'il allait augmenter.
22:01Avec la guerre.
22:01Et donc,
22:02ils ont mis, je ne sais pas,
22:04peut-être
22:05quelques milliards sur la table,
22:07sûrement,
22:07et le marché est allé dans leur sens.
22:10Donc, vous confirmez,
22:10dans un sens, pardonnez-moi,
22:11que ce sont des profiteurs de guerre,
22:13puisqu'ils ont senti la guerre arriver.
22:16Et quand vous sentez la guerre arriver,
22:18vous prenez une décide.
22:19On achète au son du canon.
22:21Je n'ai pas dit que ce n'était pas du business.
22:23Mon côté libéral dit que le jeu est cool.
22:26J'aurais juste aimé que ce coup
22:27ne se fasse pas sur le dos de guerre.
22:29Il y a du cynisme dans les affaires.
22:31Est-ce que vous êtes prête,
22:33vous, à prendre le risque ?
22:35Il y a un vrai risque.
22:36Parce que si...
22:37Évidemment, il y a un vrai risque.
22:38Le jour avant, franchement,
22:39on savait que Trump allait tomber.
22:41Si l'opération s'était complètement dégonflée
22:43pour une raison ou pour une autre,
22:46ils auraient perdu de l'argent.
22:46Avec Trump, c'est possible
22:47parce qu'il est quand même assez...
22:48Changeant.
22:49Changeant.
22:49Bon, mais cette opération-là,
22:52on peut en discuter sur la philosophie
22:54du trading, etc.
22:56Mais c'est pas...
22:57Enfin, c'est une opération particulière.
22:59C'est pas le rythme normal des opérations.
23:03C'est une opération tout à fait spéciale.
23:05Merci Jean-Louis Chilanski
23:06d'être passé par les Grandes Guelles
23:08pour nous avoir donné tous ces précisions.
23:09ancien président de l'Union française
23:11des industries pétrolières.
23:12pour le plus d'autres 17.
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