- il y a 11 heures
Aujourd'hui, c'est au tour de Charles Alloncle, député UDR et rapporteur de la commission sur l'audiovisuel public, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:00R.M.C. Face aux grandes gueules
00:10Bonjour M. le député Charles Aloncle.
00:12Merci de votre invitation, bonjour.
00:14On a mis une petite musique de cirque, le cirque se termine aujourd'hui à l'Assemblée Nationale alors ?
00:19Je vois que vous ne faites pas exception avec l'ensemble de la classe médiatique qui par corporatisme
00:24préfère discréditer ces six mois de révélations de commissions d'enquête.
00:30Je ne vais pas rentrer dans la polémique mais si je suis là, déjà merci pour votre invitation.
00:34J'ai fait très peu de médias d'ailleurs ces dernières semaines et ces derniers mois pour me consacrer vraiment
00:39sur le fond.
00:39On a fait un peu plus de 70 auditions, on a écouté près de 300 personnes.
00:45Je crois qu'il y a eu beaucoup de révélations qui ont été faites et donc je serais ravi de
00:48répondre à l'ensemble de vos questions.
00:49Mais j'ai l'impression quand même Charles Aloncle que vous êtes tout seul.
00:52Même le président de la commission sur le devisuel public, M. Jérémy Patrier-Lettus, vous accable.
01:00Il était sur une radio concurrente en début de semaine pour dire que finalement vous aviez transformé cette commission en
01:05tribunal politique.
01:07Comment ça se fait que vous vous retrouvez ? Alors vous avez parlé de la classe médiatique mais un peu
01:10tout seul.
01:11Alors vous avez le service public contre vous mais vous avez même le président de votre propre commission qui vous
01:17critique.
01:18Oui vous savez moi je vais refuser de tomber dans ce piège, de commenter les critiques des uns et des
01:23autres parce que tout ça est fait à quelques jours du vote du rapport pour éviter de parler du fond,
01:27pour éviter de parler des révélations, pour éviter de parler de tout ce travail qu'on a mené qui a
01:31permis au fond de lever le capot sur les 4 milliards d'euros d'argent public dépensé chaque année pour
01:36l'audiovisuel.
01:38Quand on parle et qu'on répond aux attaques, on ne parle pas par exemple des conflits d'intérêt qui
01:42minent l'audiovisuel public.
01:44On a pu le voir, il y a des dirigeants de France Lévision qui basculent dans des sociétés de production
01:48après avoir empoché des chèques très importants d'indemnité de licenciement.
01:52Ça a été l'une des révélations de cette commission d'enquête.
01:54On ne parle pas des abus sur l'utilisation de l'argent public, par exemple des suites dans des palaces
01:59à Cannes de Madame Ernotte et des dirigeants de l'audiovisuel public
02:04qui ont donné lieu d'ailleurs à l'ouverture d'une enquête du tribunal pour détournements de biens publics et
02:09abus de biens sociaux.
02:10On ne parle pas de la bureaucratie.
02:12Pourquoi le président dit ça ? Pourquoi il parle de tribunal politique ?
02:16D'ailleurs vous dites vote d'un rapport mais ce n'est pas sûr que votre rapport soit voté vu
02:20l'ambiance.
02:22En fait, tout ça pour vous dire qu'on est, pour que les téléspectateurs et les auditeurs comprennent,
02:27on est à quelques jours d'un vote très important qui est le vote du rapport qui conclut ces six
02:32mois d'enquête de la commission.
02:33C'est la première fois que l'Assemblée nationale fait une commission d'enquête sur le sujet de l'audiovisuel
02:37public.
02:37Je m'en étonne parce que ça représente une somme très importante.
02:404 milliards d'euros d'argent public, c'est la moitié du budget du ministère de la Culture
02:44quand on sait par exemple que pour la sauvegarde du patrimoine, on attribue seulement 4,5% du budget.
02:50D'accord, mais si ce rapport n'est pas voté, on finit le billet ?
02:52Donc tout ça pour vous dire que plus on alimente des polémiques à quelques jours du vote du rapport,
02:57plus on crée un terreau favorable pour donner des arguments aux 31 députés membres de la commission d'enquête de
03:03ne pas le voter.
03:04Et je voudrais revenir sur un point, si ce rapport...
03:05Non mais pour que les gens comprennent bien, s'il n'est pas voté ce rapport,
03:09il termine nos oubliettes, voilà, qu'est-ce qu'il va devenir ?
03:12Ce n'est pas que le rapport qui ne sera pas publié,
03:14c'est l'intégralité des vidéos, des auditions, des comptes rendus des auditions
03:19qui disparaîtront du jour au lendemain, notamment du site de l'Assemblée nationale
03:22et qu'on ne pourra plus exploiter.
03:24Donc il y a un enjeu qui est immense, qui est énorme en ce moment,
03:27qui d'ailleurs est à la hauteur et à la proportion du déchaînement médiatique
03:31qui est en train de se produire en ce moment contre moi
03:33et contre globalement les travaux qu'on a fournis sérieusement depuis six mois,
03:37puisque si le rapport n'est pas publié, on ne pourra plus diffuser
03:41et retrouver les vidéos de ces 70 auditions,
03:45on ne pourra plus retrouver les comptes rendus de ces 70 auditions,
03:47on ne pourra même plus relayer des révélations et des propos
03:50qui ont été tenus dans le cadre de ces auditions sous peine de poursuite pénale.
03:54Donc vous voyez, je voudrais simplement vous interpeller sur le fait que
03:56l'enjeu de jeter le discrédit dans ces derniers jours,
04:00la ficelle est quand même très grosse,
04:02ils vont tous se déchaîner pour essayer d'obtenir un vote défavorable
04:05et moi je ne veux pas répondre aux polémiques,
04:07je ne veux pas répondre aux attaques parfois très basses,
04:10je veux qu'on se concentre sur le fond
04:11et je suis là pour répondre notamment à cette question,
04:14quelles sont les révélations ?
04:15Je sais que Patrick Cohen l'a posé,
04:17je voudrais vraiment qu'on parle de ça et pas de la forme et pas des polémiques.
04:20Est-ce que Patrick Cohen était assis à cette même place
04:22et il a cette question à vous poser, on va l'écouter ?
04:26Je serais curieux qu'il puisse nous dire réellement, en réalité,
04:33ce que sa commission d'enquête, il y a eu 230 personnes auditionnées quand même,
04:38a permis de révéler sur le fonctionnement de l'audiovisuel public
04:44parce que moi je ne sais toujours pas.
04:49Alors qu'est-ce que vous avez révélé ?
04:51Moi je n'ai pas de doute sur la qualité et les compétences journalistiques de Patrick Cohen,
04:55je pense qu'il a été parfaitement conscient et au courant des révélations faites.
04:58La première révélation qui pour moi est le cœur de cette commission d'enquête,
05:01c'est les conflits d'intérêt qui minent l'audiovisuel public
05:04avec les sociétés de production privée.
05:06Ce qu'il faut que les Français sachent,
05:07c'est que France Télévisions attribue près d'un milliard d'argent public
05:11chaque année à des sociétés de production privée
05:13pour produire les propres contenus de France Télévisions.
05:16Alors que France Télévisions dispose de 9000 salariés,
05:18payés en moyenne 72 000 euros par an,
05:21qui les situent dans les 9% des Français les mieux rémunérés chaque année.
05:24Mais c'est dans son pays des charges.
05:25La France Télévisions a l'obligation de faire travailler des sociétés privées.
05:28À hauteur de près de 300 millions.
05:30Et là, on est sur près de 900 millions.
05:31Donc on voit que ce cahier des charges est plus qu'explosé
05:34et que ces sociétés de production privées en profitent allègrement.
05:37Et ça donne lieu à des cas de conflits d'intérêt extrêmement préoccupants.
05:40Est-ce qu'il y a des appels d'offres ?
05:42Non, il n'y a pas d'appel d'offres parce que malheureusement,
05:44ce sont des offres considérées comme des offres de création.
05:47Et donc ça échappe aux procédures classiques de marché public.
05:50Ce qui appelle d'ailleurs à beaucoup de schémas de déviance
05:53et à beaucoup de schémas de conflits d'intérêt.
05:55Je vais vous citer deux exemples.
05:56C'est le cas par exemple de Nathalie Darigrand,
05:58qui a été directrice de France 5,
06:00qui a signé les contrats parmi les plus importants de France 5,
06:03à une société de production privée,
06:05Tout-Gaiseur Média.
06:05Elle s'est fait licenciée de France Télévisions.
06:08Elle a pris une indemnité de licenciement de près de 400 000 euros
06:11pour se retrouver quelques mois après
06:13à la tête de cette même société de production privée.
06:16Et pour autant, les liens n'étaient pas brisés avec France Télévisions
06:19parce qu'elle a triplé le montant de contrats passés
06:22entre cette société de production et France Télévisions.
06:24Donc ça manque de garde-fous en fait.
06:26Il faudrait fixer des règles en la matière.
06:27Ça manque de garde-fous.
06:29Et on voit que l'argent public aujourd'hui
06:31est fait pour alimenter des contrats de sociétés de production privées.
06:34Et moi je m'étonne qu'une grande partie de la gauche
06:36et des macronistes qui s'élèvent contre le risque de privatisation
06:39ne s'élèvent pas de la même façon
06:41contre la privatisation qui est en cours aujourd'hui
06:43chez France Télévisions.
06:44puisque l'immense majorité des contenus de France Télévisions
06:48est déléguée à des sociétés de production privée
06:50qui ont des intérêts financiers.
06:51Monsieur Niel et Monsieur Pigasse
06:53sont fondateurs et actionnaires
06:55de la première société de production privée,
06:57MediaOne, qui fournit des contenus de France Télévisions
07:00à hauteur de 110 millions d'euros par an.
07:02Donc à nouveau on va prendre un point de recul.
07:04Quand on voit Le Monde, Le Fintone Post,
07:06Le Nouvel Observateur,
07:07les jours, tous les médias de Monsieur Niel et Monsieur Pigasse
07:10qui se déchaînent contre moi en ce moment
07:11pour essayer de me discréditer,
07:13il y a des intérêts financiers qui sont énormes dans l'affaire
07:15et plus je me suis intéressé à ces intérêts financiers,
07:18plus je me suis intéressé à ce milliard de contrats
07:21passés chaque année,
07:22plus j'ai subi des coups.
07:23Vous voudriez que le public produise tout ?
07:25Parce que c'est étonnant,
07:26parce que vu votre parcours politique
07:27et votre positionnement politique,
07:28vous êtes plutôt la droite libérale,
07:30si j'ai bien compris.
07:32Ce procès que vous faites aux sociétés privées
07:34me paraît assez incongru en fait,
07:37parce qu'on peut déléguer au privé
07:40une partie du travail,
07:42peut-être parce que ces sociétés privées
07:44font mieux que ce que pourrait faire le public.
07:46Mais c'est du copinage pur et simple,
07:48il n'y a aucune règle
07:49et aucun respect des marchés publics,
07:51on donne des contrats à des grosses sociétés
07:53qui sont détenues par quelques personnes
07:55qui ont un pouvoir médiatique,
07:57mais qui ponctionnent l'argent public.
07:59Je vais vous citer un exemple,
08:00c'est l'exemple par exemple de Nagui,
08:02qui est co-actionnaire de Banigé,
08:04qui est la deuxième société
08:05à profiter des contrats de production chaque année,
08:07à hauteur de près de 90 millions d'euros par an.
08:10On a pu voir dans l'audit de production de Nagui
08:12que sur sa simple émission,
08:13n'oubliez pas les paroles,
08:15il est rémunéré l'équivalent
08:17d'un million cinq cent mille pour son émission.
08:19Et dans le contrat, dans l'audit de production,
08:20on a pu voir qu'il s'était versé
08:22une rémunération de près de 400 mille euros supérieurs
08:25à ce qui avait été convenu au devis.
08:26Mais il rapporte de l'argent,
08:28puisqu'il faut quand même rappeler
08:29que le service public,
08:31et notamment France 2,
08:31est financé en partie par de l'argent public,
08:34l'argent de nos impôts,
08:34mais aussi par la publicité.
08:36Et Nagui est d'ailleurs programmé
08:38au moment où il y a la publicité.
08:40Donc, il doit faire de l'audience
08:41pour apporter de l'argent.
08:42Et il rapporte de l'argent.
08:43C'est d'ailleurs ce qu'il vous a expliqué
08:44lors de cette audition.
08:46Non, mais pardon,
08:47le rôle de cette commission d'enquête,
08:48c'était dans l'équipe.
08:49Il y a des soupçons de favoritisme énormes
08:52qui ont d'ailleurs valu une condamnation
08:54à Nagui et à sa société de production
08:56dans les années 90.
08:57C'était une condamnation
08:58pour comportement déloyal et favoritisme.
09:00Avec France Télévisions,
09:01on était dans les années 90.
09:02C'était la fameuse affaire
09:03des animateurs-producteurs,
09:04des voleurs de patates.
09:05Il y avait Jean-Luc Delarue,
09:07il y avait Arthur.
09:07Et on voit que 30 ans après,
09:08on n'a pas retenu les leçons de cela.
09:10Si je vous cite cet exemple,
09:12c'est parce qu'on voit aussi
09:14que l'ancien numéro 2 de Banigé,
09:17Takis Kandilis,
09:18a basculé de Banigé Société de Production
09:20à France Télévisions.
09:21Il est devenu numéro 2 de France Télévisions.
09:23Et là, dans les deux années
09:25où il est officié comme numéro 2,
09:26il a fait exploser les contrats de Nagui,
09:30qui lui-même est co-actionnaire
09:32de la société de production
09:33depuis laquelle M. Kandilis venait.
09:35Et ça ne l'a pas empêché
09:36de faire simplement ça.
09:37Il est resté deux ans
09:38à la tête de France Télévisions.
09:39Il a fait passer, par exemple,
09:40le nombre de primes de Nagui
09:41de 3 à 11 le samedi
09:43en l'espace de quelques mois.
09:44Il est revenu dans sa société de production.
09:47Les émissions de Nagui fonctionnent,
09:49elles font de l'audience.
09:50Donc, le contrat est rempli,
09:52en quelque sorte,
09:53puisque c'est ce qu'on lui demande.
09:55Quand vous voyez des clauses
09:57qui expliquent que les contrats
09:59passés par cet animateur producteur
10:01seront favorisés par France Télévisions,
10:03quand vous voyez les montants,
10:04les montants sont quand même colossaux.
10:06C'est à peu près 2500 euros
10:08pour 30 minutes d'émission.
10:10Il y a 14 émissions
10:11qui sont produites chaque jour,
10:12pour n'oublier pas les paroles.
10:14Donc, ça fait un montant
10:15de 35 000 euros par jour
10:17perçu par Nagui,
10:18un montant juste sur une saison
10:20et une émission
10:21de n'oublier pas les paroles.
10:22Il y a 1 500 000 euros.
10:23Pour vous, il est trop payé.
10:24Le rôle de cette commission d'enquête,
10:26c'est de voir à quel moment
10:27des personnes s'enrichissent
10:29sur le service public,
10:30sur l'argent des Français,
10:31sans garde-fou,
10:33sans marché public,
10:34sans respect strict
10:34des règles d'appel à concurrence.
10:36C'était tout le rôle
10:37de cette commission d'enquête.
10:38Et vous voyez,
10:38plus je m'y suis intéressé,
10:40plus j'ai creusé les contrats passés
10:42et les absences de garde-fou,
10:43plus on a commencé
10:44à se déchaîner
10:45et à me taper dessus.
10:46Je vois aussi
10:47que le cœur
10:48de cette commission d'enquête
10:49a été la passation
10:50de ces contrats.
10:51Il était temps,
10:52une bonne fois pour toutes,
10:52c'était la première fois
10:53qu'à l'Assemblée nationale
10:54on s'est intéressé à ça.
10:55Quand on parle
10:55de l'argent des Français,
10:56c'est important
10:57de faire preuve
10:57de la plus grande vigilance.
10:59Moi, je vais vous dire,
11:01monsieur le député,
11:01je suis horrifié
11:02du nombre d'attaques
11:03que vous subissez.
11:06Quand il y a eu
11:06les commissions Benalla,
11:08les commissions d'enquête Benalla,
11:09les commissions d'enquête
11:09sur le Covid,
11:10les commissions d'enquête
11:11sur le Mediator,
11:12sur la fraude fiscale,
11:13tout le monde a considéré
11:14qu'il était légitime
11:15pour le Parlement
11:16de s'intéresser à ces sujets.
11:18Quand vous,
11:19vous vous intéressez
11:20à un sujet
11:20avec l'ensemble
11:21de la commission d'enquête
11:22qui est parfaitement légitime,
11:24quand vous mettez en lumière
11:25les sommes,
11:27les méthodes,
11:28etc.,
11:29eh bien,
11:29j'ai le sentiment
11:30que vous gênez
11:32une sorte d'état profond.
11:34Moi, ce que j'appelle
11:35la gauche culturelle,
11:37des gens qui se sont arrogés
11:38beaucoup de contrats
11:40qui tiennent
11:41beaucoup de choses
11:42dans l'audiovisuel public,
11:44beaucoup d'argent public
11:47pompé.
11:48Alors, moi,
11:48je vais vous dire,
11:49je suis heureux
11:50que la commission d'enquête
11:52ait pu permettre
11:53de mettre en lumière
11:54des chiffres.
11:55On vous reproche
11:56d'être un juge.
11:57Vous considérez
11:58que vous êtes
11:58un parlementaire
11:59qui met en lumière
12:01des choses
12:01pour faire comprendre
12:02aux citoyens que je suis
12:03ou alors que vous êtes un juge ?
12:06Dans la commission d'enquête,
12:07je vous remercie
12:07pour votre question,
12:08dans la commission d'enquête,
12:08il y a enquête.
12:09Il faut que les Français comprennent
12:10que ce n'est pas une table ronde.
12:11Le rôle de l'Assemblée nationale,
12:13c'est défini dans la Constitution,
12:14c'est d'évaluer
12:15les politiques publiques
12:16et de contrôler
12:17l'action du gouvernement.
12:18C'est d'ailleurs un rôle
12:19que les députés...
12:20Vous êtes un enquêteur
12:21ou un procureur ?
12:22Mais ni l'un ni l'autre.
12:23Je suis un parlementaire
12:24qui effectue sa mission
12:27inscrite
12:27et consacrée
12:28dans la Constitution
12:29qui est d'évaluer
12:29les politiques publiques
12:30et de contrôler
12:31l'action du gouvernement.
12:32Bien souvent,
12:32les députés
12:33se sont réduits
12:34à une seule et simple mission
12:35de lever la main
12:36dans l'hémicycle
12:37pour voter les lois.
12:37Ils ont oublié
12:38l'évaluation
12:39des politiques publiques
12:40et ils ont surtout oublié
12:41comment on pouvait remettre
12:42de l'efficacité
12:43dans les dépenses publiques
12:45et dans les impôts des Français.
12:46Pour une fois,
12:46qu'on sait ce que les parlementaires font
12:48parce qu'on le regarde.
12:49Fatima.
12:50Vous dites que votre rapport
12:52risque d'être enterré
12:53parce que finalement,
12:54tout le monde se ligue contre vous.
12:55Mais est-ce que votre rapport
12:57ne risque pas d'être enterré
12:58à cause de vous ?
13:00Dans le sens où,
13:01moi, ce que j'entends,
13:02quand j'entends
13:05Jérémy Patrier,
13:07le président de la commission
13:10qui prend des distances
13:11avec vous,
13:12ce qu'il vous reproche,
13:13ce n'est pas ce que vous dites,
13:14c'est finalement aussi
13:15votre style.
13:16L'idée que vous ne vous mettez pas
13:18au service d'une cause
13:19mais vous avez mis cette cause
13:20à votre service
13:21pour vous créer un nom,
13:23pour devenir finalement
13:24un personnage.
13:25Qu'est-ce que vous répondez
13:26à ceux qui vous reprochent
13:28cela, justement ?
13:29Vous savez,
13:29je pense que je n'avais rien
13:30à gagner à tout ça.
13:31quand on regarde de près
13:33les 4 milliards d'euros
13:35d'impôts des Français
13:36qui sont consacrés
13:37à l'audiovisuel public,
13:37vous pouvez être sûr
13:38que vous allez vous mettre
13:39toutes les chaînes publiques
13:40à dos.
13:40Ça a été le cas
13:41depuis le premier jour.
13:42Vous allez vous mettre à dos
13:42aussi tous les actionnaires
13:43et fondateurs
13:44de sociétés de production
13:45qui prennent 1 milliard d'euros
13:46d'argent public chaque année
13:47par France Télévisions.
13:48C'est le cas de M. Niel,
13:50de M. Pigas
13:50qui, lors de leur audition,
13:51se sont déchaînés
13:52par des outrances verbales
13:54et une forme de violence
13:56aussi dans le cadre
13:57de cette audition
13:57alors qu'on a auditionné
13:58nombre de patrons d'entreprises
14:00qui se sont parfaitement tenus
14:01et ont gardé leur sang-froid.
14:02Je n'avais rien à gagner.
14:04Je pense qu'aujourd'hui,
14:05vous le voyez,
14:05dans cette dernière ligne droite
14:06juste avant le vote du rapport,
14:08vous pouvez voir
14:08une bonne partie
14:09de la presse publique
14:10subventionnée
14:11et aux ordres
14:12de M. Niel et M. Pigas
14:13se déchaîner contre moi.
14:14Donc je savais
14:15que je n'avais rien à gagner
14:16mais je pense que c'est salutaire.
14:17C'était la première fois
14:18que l'Assemblée nationale
14:19ouvrait le capot
14:20sur l'utilisation
14:21de ces 4 milliards d'euros
14:22d'argent public.
14:22Il faudra le faire
14:23pour bien d'autres politiques publiques,
14:25pour bien d'autres dépenses,
14:26pour bien d'autres institutions,
14:28aux comités,
14:29commissariats,
14:29parce qu'on est en train
14:30de se déclasser,
14:31on est en train de perdre
14:32en souveraineté.
14:33Les intérêts de la dette
14:34en France nous déclassent.
14:36Ça va nous coûter
14:36dans quelques mois,
14:37quelques années,
14:38100 milliards d'euros par an.
14:39Donc si on ne fait pas
14:41une sorte d'électrochoc
14:43pour retrouver de l'efficacité
14:44dans la dépense publique,
14:45si on ne dit pas aux Français
14:46demain vous allez payer moins
14:48mais vos services publics
14:48vont se porter mieux
14:49parce qu'on va arrêter
14:50avec la bureaucratie,
14:51on va arrêter
14:52avec les conflits d'intérêts,
14:53on va arrêter
14:55on n'arrivera pas
14:56à sauver notre pays.
14:57Donc j'assume
14:58de prendre ce risque-là,
14:59j'assume que matin,
15:00midi et soir,
15:01on me casse,
15:02on essaye de me discréditer
15:04parce que je m'attaque
15:05aussi à des gens
15:05qui possèdent des médias
15:06très puissants
15:07et qui feront tout aussi
15:08pour me donner une image
15:09qui discréditera
15:10à la fin le rapport
15:11mais je pense honnêtement
15:12que c'est de salubrité publique.
15:14Une dernière question
15:14parce que vous faites partie
15:15d'une famille politique
15:16qui a toujours tapé
15:16sur l'audiovisuel public de gauche,
15:18l'UDR,
15:18qui a comme objectif
15:19si jamais ils arrivent au pouvoir
15:20de privatiser les services publics.
15:25Donc finalement,
15:26vous êtes venu
15:27vous faire le service public
15:28de gauche
15:29que vous estimez être de gauche
15:31et vous avez pris le biais
15:32des dépenses publiques
15:34et de l'allocation
15:35des 4 milliards
15:36pour vous dire
15:36je vais me faire
15:37l'audiovisuel public.
15:39Absolument pas.
15:39Depuis le premier jour,
15:40en tant qu'homme de droite
15:42qui pense que l'audiovisuel public
15:43est de gauche.
15:44Depuis cette première conférence de presse,
15:46cette première audition
15:46de la commission d'enquête
15:47il y a 5 mois,
15:48j'ai rappelé publiquement
15:49que je croyais aux missions précieuses
15:52de l'audiovisuel public
15:52et que le rôle
15:53de cette commission d'enquête
15:54c'était de jeter
15:55un projecteur cru
15:56sur les dérives,
15:57sur les dysfonctionnements
15:58pour mieux sauver
15:59l'audiovisuel public.
16:00Aujourd'hui,
16:01il est menacé de disparition.
16:02Aujourd'hui,
16:03on a 81 millions d'euros
16:05de déficit
16:06qui ont été cumulés
16:07depuis 2017
16:08par France Télévisions.
16:09Une trésorerie
16:09qui est passée
16:10de plusieurs dizaines
16:11de millions d'euros
16:11qui est devenue négative
16:12chez France Télévisions
16:13et des capitaux propres
16:14qui sont inférieurs
16:15à la moitié du capital social.
16:16Selon la Cour des comptes,
16:18France Télévisions
16:18est menacée de faillite
16:20et de disparition.
16:21Moi, je crois
16:22au service public.
16:22Je crois à ces missions précieuses
16:24et je pense que la seule façon
16:25de les sauver,
16:26c'est de créer
16:27un électrochoc,
16:27que les dirigeants
16:28de l'audiovisuel public
16:29se rendent compte
16:30de ces turpitudes
16:30pour, une bonne fois pour toutes,
16:32mettre en place
16:33nos recommandations
16:33et le sauver.
16:34Je ne me suis jamais prononcé
16:35pour la privatisation,
16:37peut-être une différence
16:37logée avec un certain nombre
16:38de personnes
16:39de mon camp politique.
16:40Mon seul rôle,
16:41depuis le début,
16:42c'est de mettre
16:42un terme définitif
16:44à ces dérives
16:45qui minent,
16:45notamment les conféries
16:46d'intérêt,
16:46qui minent l'audiovisuel
16:47de gauche.
16:48Alors, il y a un certain
16:50nombre d'entorses
16:50au pluralisme,
16:51à l'honnêteté de l'information,
16:52à la neutralité
16:53qu'on a pu constater.
16:54C'était l'une des trois dimensions
16:55de la commission d'enquête.
16:56Il faudra aussi les résoudre.
16:58Je ne veux pas être caricatural.
16:59Moi, ce qui compte pour moi,
17:00c'est qu'à la fin,
17:01dans les 4 milliards d'euros
17:02d'argent
17:03que les Français mettent
17:04chaque année,
17:04leur service public
17:06fonctionne davantage.
17:07Charles Aloncle,
17:08vendredi,
17:09à votre place,
17:09nous recevons
17:10Mathieu Pigasse,
17:11l'un des actionnaires
17:12de MediaOne
17:13qui travaille
17:13pour le service public.
17:14Vous l'avez d'ailleurs
17:15auditionné récemment.
17:17Si vous aviez une question
17:18à lui poser
17:18à Mathieu Pigasse ?
17:20Moi, j'aimerais simplement
17:21lui poser une question
17:21au-delà des outrances
17:22qu'on a pu voir,
17:24notamment lors de son édition
17:25à Elsa Géniel,
17:26il y a plusieurs questions majeures
17:27auxquelles il n'a pas répondu.
17:29Il y a,
17:29est-ce que MediaOne,
17:31qui pourtant est détenu
17:33par un fonds d'investissement
17:34américain
17:34qui est actionnaire majoritaire,
17:36pourquoi il ne veut pas
17:37fournir la preuve
17:38que KKR,
17:39fonds d'investissement américain
17:40est minoritaire ?
17:41Pourquoi est-ce qu'on a constaté
17:42dans les audits de production
17:43qu'il y a une surfacturation
17:44systématique de MediaOne,
17:46dont Mathieu Pigasse
17:47est fondateur,
17:48de 10 points ?
17:49Il y a un écart de 10 points
17:50entre la marge
17:51constatée à la fin
17:52et ce qui est initialement
17:54prévu par le devis.
17:55Pourquoi est-ce que
17:56M. Pigasse a mis
17:57son groupe Combat,
17:58un groupe médiatique
18:00dont il assume
18:01la bataille culturelle
18:02et politique ?
18:03Pourquoi il a mis
18:03le groupe Combat
18:04à la tête
18:05et actionnaire
18:06du groupe MediaOne
18:07qui produit
18:07des émissions
18:08du service public ?
18:10Pourquoi, par exemple,
18:11le groupe MediaOne
18:12invite Mathieu Pigasse
18:13et Isabelle Viennial ?
18:14Isabelle Viennial,
18:14par exemple,
18:15pour faire la promotion
18:15de sa Freebox
18:16sur une émission
18:17du service public ?
18:18C'est autant de questions
18:19très importantes
18:20parce que MediaOne,
18:21je le rappelle,
18:21est la première société
18:22de production
18:23qui bénéficie
18:24des contrats
18:24avec le France Télévisions,
18:25c'est 110 millions
18:26d'euros par an
18:26et malheureusement,
18:27je suis très déçu,
18:28mais on n'a pas eu
18:28la réponse
18:29à ces quatre questions
18:30fondamentales.
18:30Peut-être qu'il pourra
18:31vous répondre.
18:31On verra s'il y a
18:32des réponses vendredi.
18:33Merci Charles Alonc,
18:34dernière journée
18:34de la Commission
18:35aujourd'hui
18:35à l'Assemblée Nationale.
18:36Merci d'être passé
18:36par les GG.
18:37à l'Assemblée Nationale.
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