- il y a 11 heures
Avec Amaury Brelet (rédacteur en chef de Valeurs Actuelles) et Christian Flaesch (ex-directeur de la police judiciaire de Paris)
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NewsTranscription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Maxime Liedot.
00:060826 300 300 conversations ce matin, bien sûr, dans la suite des nouvelles qu'on apprend heure par heure dans
00:12cette disparition de la petite Liana.
00:1411 ans disparu la semaine dernière dans le Gers, un corps a été retrouvé hier après-midi.
00:19Des identifications sont en cours, pour le dire poliment.
00:21Une autopsie va être réalisée dans les prochaines heures pour s'assurer que c'est bien cette jeune fille.
00:26Et depuis, une chaîne de réaction, d'abord le maire qui dit que c'est un dysfonctionnement de l'État,
00:30c'est un dysfonctionnement de la France.
00:33On n'a pas encore entendu les parents, mais on a bien sûr un ministre de la Justice qu'on
00:38a entendu à plusieurs reprises ce matin,
00:39qui l'affirme, qui tape du poing sur la table, qui se dit terrorisé personnellement de cet enchaînement de dysfonctionnements,
00:44qui a promis un rapport, même de rendre public ce rapport.
00:49Est-ce que ça suffit ? Mais derrière, il y a tout un sentiment de colère contre cette justice que
00:52beaucoup qualifient de votive, de fautive déjà dans ce cas-là.
00:55Est-ce que, même plus largement, l'État est encore capable de protéger nos enfants ?
00:580-826-300-300 pour en discuter en studio, mais avec vous surtout, amis auditeurs.
01:030-826-300-300, Christian Flèche, bonjour.
01:06Bonjour.
01:06Merci beaucoup d'être avec nous et de prendre le temps d'être avec nous ce matin.
01:09Ancien directeur de la police judiciaire de Paris, beaucoup de questions sur qu'est-ce qui s'est passé,
01:13comment de telles choses peuvent encore arriver.
01:14Votre éclairage sera précieux.
01:16Et bonjour à Maury Brelet.
01:17Bonjour.
01:17Rédacteur en chef de Valeurs Actuelles.
01:19Votre témoignage est précieux, parce que vous êtes un des journalistes qui a le plus gros réseau,
01:23quand même, police justice en France, avec des informations qui remontent quotidiennement.
01:26Et la une de Valeurs Actuelles cette semaine...
01:28Viole à l'école l'OMERTA.
01:29Voilà, donc porte sur un système qu'on dénonce de plus en plus.
01:33Première question peut-être à tous les deux.
01:35Quels sont, en ce vendredi matin, une semaine après les faits, le corps retrouvé hier,
01:41comment vous regardez ce qui se passe ?
01:42Comment vous regardez cette somme d'informations qui arrive depuis plusieurs heures
01:45sur ce passif du principal suspect, sur visiblement l'enchaînement de dysfonctionnements,
01:50sur les réactions politiques ?
01:51D'abord vous, Christian Flèche.
01:52Écoutez, le ministre de la Justice l'a dit, ça paraît effrayant, effectivement,
01:55de voir comment ça a fonctionné, ou plutôt dysfonctionné.
01:59Et c'est bien que tant le ministre de la Justice que le ministre de l'Intérieur
02:02aient décidé de faire un rapport d'inspection justice et pour la Gendarmerie nationale,
02:07et qu'ils aient décidé que ce rapport sera rendu public,
02:10parce qu'on a besoin aussi d'essayer de comprendre un petit peu comment ça fonctionne.
02:14On a, semble-t-il, pour les derniers faits qui concernent cette personne
02:20qui est actuellement en détention,
02:22il y a eu une plainte qui a été déposée l'année dernière à Toulouse.
02:26Les faits montrent que la plainte a été prise en considération,
02:30que les examens ont été pratiqués, les examens médicaux, les examens psychologiques.
02:36Il y a donc un dossier qui est à Toulouse et qui est bien mûr,
02:40et qui met en cause quelqu'un dont la consultation des fichiers
02:43tant de la Justice ou de la Gendarmerie devrait montrer que cette personne-là
02:48a déjà été impliquée dans d'autres dossiers, même classés sans suite.
02:53Et donc à ce moment-là, ce dossier doit être un dossier prioritaire.
02:57Amory Bollet, vous qui êtes quand même au contact en permanence
03:00des procureurs, des magistrats, des policiers sur le terrain,
03:03comment vous regardez la somme d'informations qui nous arrive depuis plus d'une semaine maintenant ?
03:07Oui, moi pour en avoir parlé avec des procureurs, notamment hier,
03:10il y a eu très clairement une série de dysfonctionnements dans cette affaire,
03:14qui est un fiasco judiciaire, disons-le, et notamment au parquet de Toulouse.
03:19J'ai un procureur qui me dit même que le parquet de Toulouse a merdé
03:22et parle d'un dysfonctionnement évident.
03:25Pourquoi ? Parce que lorsque la plainte est déposée à Toulouse auprès de la Gendarmerie,
03:32évidemment tout de suite l'OPJ, l'Office de Police Judiciaire, prévient la permanence du parquet.
03:38Le magistrat, lui, est censé immédiatement demander à cette OPJ de regarder le tâche de l'auteur identifié
03:45pour pouvoir savoir s'il y a des antécédents judiciaires.
03:48Le magistrat, lui-même, immédiatement, doit consulter Cassiopée,
03:52qui est un fichier du ministère de la Justice,
03:54où se recenseaient toutes les transmissions, toutes les procédures et toutes les affaires classées.
03:58Et là, il se serait rendu compte, j'ose espérer qu'il l'a fait,
04:02qu'on a affaire à un homme dangereux, déjà impliqué dans des affaires,
04:06même s'ils ont été classés.
04:08Et là, le dossier étant urgentissime et gravissime,
04:12on parle quand même de viol répété sur mineurs.
04:15Il ne s'agit pas d'un vol de carambar.
04:17Donc là, il fallait immédiatement que le parquet de Toulouse se dessaisisse en urgence et en direct.
04:23Ça prend quelques heures dans la journée,
04:24au profit du parquet d'auches qui est territorialement compétent,
04:29ce qui n'a pas été fait.
04:30Il a fallu attendre deux mois,
04:31puisque le dessaisissement s'est produit fin octobre
04:33et a d'ailleurs été acté début novembre.
04:35La plainte, le dossier, a été reçu au parquet d'auches en décembre
04:40et l'enquête, finalement, a été relancée par les enquêteurs dans le Gers en janvier.
04:45Donc c'est invraisemblable.
04:46Et en plus, on a appris que ce dossier avait été transmis par voie postale,
04:51alors qu'il est tout à fait possible de l'envoyer par voie dématérialisée.
04:54Et si ça ne l'est pas, parce que toutes les juridictions ne sont pas équipées,
04:57il suffit que le magistrat scanne la procédure,
05:01l'envoie par mail et régularise a posteriori,
05:04ce qui n'a pas été fait.
05:05Donc c'est un scandale.
05:06Il y a en plus possiblement des dysfonctionnements en amont dans les affaires qui ont été classées.
05:11Est-ce que tout a été fait pour pousser au bout les investigations ?
05:14Et puis en aval, à partir de janvier dernier,
05:16est-ce que les gendarmes qui avaient le dossier en main ont fait ce qu'il fallait ?
05:20Parce qu'il y a quand même cinq mois entre janvier et la date de la disparition de la jeune
05:24Liana.
05:24Système et réflexes archaïques,
05:26est-ce que vous partagez l'analyse d'Amori Bollet et Christian Fleche,
05:29vous qui êtes ancien directeur de la police judiciaire,
05:31quand on voit ces dossiers papiers,
05:33cette lenteur,
05:34alors qu'en effet, au vu de la gravité des faits,
05:36des choses devraient ressurgir.
05:37De quoi est-ce le nom, tout ça ?
05:39Il y a deux sujets.
05:39Les dossiers papiers, c'est l'archaïsme du système français
05:42qui fait qu'il y a encore des procédures papiers,
05:45qu'il y a encore des obligations d'avoir des PV signés,
05:48des PV avec une Marianne,
05:50un original, une copie conforme,
05:52et qui parfois entraînent des nullités
05:54si simplement ce genre de choses n'est pas respectées.
05:57Donc, ça évolue bien.
05:58Est-ce que c'est à ce niveau-là, au niveau d'Hoche ?
06:00Je ne sais pas.
06:01Ça, c'est le sujet aussi, une partie du sujet de l'inspection.
06:03Et après, il y a tout ce que vous avez évoqué, effectivement,
06:06de réactions ou de non-réactions
06:08par rapport à un dossier qui, notamment,
06:12sur un département comme le Gers,
06:14devrait être un dossier prioritaire.
06:15On imagine que ce n'est pas une zone urbanisée
06:18où il y a énormément de cas identiques.
06:20Ça devrait augmenter, naturellement, sur le haut de la ville.
06:22Il y a un prédateur sexuel qui a été dénoncé, déjà,
06:26avec des classements sans suite,
06:27et là, il est dénoncé avec des faits
06:29qui sont médicalement établis.
06:31Donc, ça devrait être le dossier prioritaire.
06:33J'aimerais qu'on aille au standard, dans une poignée de secondes,
06:35écouter Cathy, notamment Emma,
06:36qui écoute notre conversation
06:37et qui ont des questions, peut-être des récits à nous faire
06:40et qui aimeraient qu'on réagisse.
06:42Simplement, une question.
06:43On parle beaucoup de Gérald Darmanin
06:44qui a dit cette phrase qui peut paraître étonnante.
06:46Hier soir, je prendais mes responsabilités
06:48en tant que chef de l'administration,
06:50virgule, je rendrais le rapport public.
06:52Est-ce que ça vous choquerait,
06:54je vous pose la question à tous les deux,
06:55que dans une telle affaire,
06:56avec de tels dysfonctionnements,
06:57le chef de l'administration, Gérald Darmanin, démissionne ?
07:00Question flèche.
07:01Franchement, on n'en est pas...
07:03Il y a un enjeu politique.
07:04Mais que la question se pose, j'entends.
07:05Il y a un enjeu politique.
07:06Il y a deux ministères en cause.
07:08Il y a le ministère de la Justice
07:10et le ministère de l'Intérieur,
07:11puisqu'il y a la gendarmerie aussi qui est dedans.
07:14Donc, on n'en est pas à la responsabilité politique.
07:16Il y a, à mon avis, déjà,
07:18à établir qu'est-ce qui est le défaut de structure,
07:21et qui existe déjà depuis des années,
07:23et puis le défaut, les fautes individuelles
07:25qui peuvent être à l'occasion de ce dossier
07:28et qui n'entraînent pas forcément une responsabilité politique.
07:31Amoribour.
07:31Gérald Darmanin n'est pas responsable, évidemment, dans cette affaire.
07:35Les responsables, s'il y en a,
07:37ils sont au sein de la chaîne judiciaire
07:40et notamment, probablement, à Toulouse.
07:43Mais vous savez, même si on identifie,
07:45à l'issue de cette inspection du ministère de la Justice,
07:49le ou les responsables,
07:51seront-ils véritablement sanctionnés ?
07:53Est-ce qu'on va les révoquer ?
07:55J'en doute.
07:55Et où est-ce que ça va faire une Elias bis,
07:57ou un rapport, publication du rapport,
07:59et puis derrière, en fait, absolument aucune sanction ?
08:01Oui, donc on va les déplacer,
08:02ou alors on va les rétrograder.
08:04Ils ne seront pas, de toute façon, révoqués.
08:06Donc, c'est toujours le problème de la responsabilité
08:08qui est posée,
08:09la responsabilité des magistrats,
08:11qui, pour beaucoup, se considèrent comme des dieux,
08:12ou des demi-dieux, au-dessus des lois,
08:14alors qu'ils devraient être responsables,
08:16responsables et sanctionnés,
08:18si cela le nécessite.
08:190826 300 300,
08:20est-ce que la justice est encore capable,
08:22est-ce que l'État est encore capable de protéger nos enfants ?
08:240826 300 300,
08:26je vous propose qu'on marque une très très courte page de pause,
08:28quelques secondes,
08:29et on revient avec Cathy,
08:30Emma, qui nous appelle sur Sud Radio,
08:32on dialogue naturellement avec vous,
08:33vous voulez commenter, participer à la discussion,
08:35n'hésitez pas,
08:360826 300 300,
08:37à tout de suite.
08:38Le Grand Matin Sud Radio,
08:40la vérité en face,
08:42Maxime Liedot.
08:440826 300 300,
08:45nous sommes avec Christian Flèche,
08:47qui est l'ancien directeur de la police judiciaire,
08:49et Amoré Bollet,
08:50rédacteur en chef à l'heure actuelle,
08:52source précieuse aussi ce matin,
08:53parce qu'en permanence,
08:54en contact avec des policiers,
08:55des magistrats,
08:56des procureurs aussi,
08:57on s'interroge,
08:57bien sûr,
08:58sur cette continuité de l'affaire Liana,
09:0011 ans,
09:01c'était il y a une semaine,
09:01hier,
09:01on a retrouvé un corps,
09:02on attend les identifications formelles,
09:04un suspect,
09:05un casé judiciaire,
09:06long comme le bras,
09:06on se rappelle,
09:07dans des affaires différentes,
09:08mais avec,
09:09on va dire,
09:09une clé similaire,
09:10de l'affaire Lola aussi,
09:12de l'affaire Shaina,
09:12où il y avait eu des défaillances judiciaires,
09:15je vous propose d'aller au standard,
09:16au 0826 300 300,
09:17pour écouter Cathy,
09:19bonjour Cathy.
09:20Bonjour Maxime.
09:21Merci beaucoup d'être avec nous ce matin,
09:23merci beaucoup d'avoir,
09:23de prendre le temps,
09:25et de nous avoir appelé,
09:26on vous a fait patienter un petit peu,
09:28vous,
09:28qu'est-ce que ça,
09:30à quoi ça vous a ramené,
09:31cette discussion ce matin,
09:32que vous entendez sur l'antenne de Sud Radio ?
09:34Alors,
09:34par rapport à l'histoire de Liana,
09:37déjà,
09:38je tenais à présenter tout mon respect,
09:40à la famille,
09:41parce que moi-même,
09:42j'ai été victime de soustraction d'enfants,
09:45alors,
09:46c'était pas dans une procédure,
09:47comme celle de Liana,
09:49c'était dans une procédure parentale,
09:52et j'ai vu,
09:54et je me suis heurtée,
09:55au système judiciaire,
09:57avec de nombreuses défaillances,
09:59avec de nombreuses incompréhensions,
10:01et surtout,
10:02un manque de moyens,
10:03pour les auteurs de faits,
10:05mais par contre,
10:07une violence institutionnelle,
10:08pour les victimes.
10:10Mais c'est-à-dire que,
10:11pour qu'on comprenne,
10:12j'imagine que c'est votre ancien compagnon,
10:15qui visiblement n'avait pas les bons comportements,
10:17qui a essayé d'enlever votre enfant,
10:19et face à ça,
10:20la justice n'a pas pris de mesures d'éloignement,
10:23ne l'a pas sanctionnée,
10:24ne l'a pas entendue,
10:24n'a pas voulu s'intéresser à l'affaire,
10:26qu'est-ce qu'il s'est passé,
10:26Cathy ?
10:27Alors,
10:28mon fils a été soustrait,
10:29par mon ancien compagnon,
10:31lorsque nous sommes séparés,
10:33séparation sous forme de violence conjugale,
10:35il avait été déjà condamné,
10:37pour violence conjugale,
10:38sur son ex-compagne,
10:39chose que je ne savais pas,
10:40et il avait eu,
10:41un rappel à la loi,
10:42pour la compagne d'avant,
10:44malgré ça,
10:45malgré mes écrits au procureur,
10:47au ministre,
10:48personne n'a bougé,
10:49j'ai mis plus d'un mois
10:50pour pouvoir déposer plainte
10:52pour non-représentation d'enfants,
10:53en me présentant tous les jours
10:54à la gendarmerie,
10:55parce qu'on refusait ma plainte,
10:57j'ai mis trois mois
10:58pour récupérer mon enfant,
11:00et malgré tout cela,
11:03et malgré des expertises de psy,
11:05défavorables par rapport au papa,
11:07il y a eu quand même
11:08un droit de visite instauré,
11:09nous sommes deux ans après,
11:11et il y a toujours des violences,
11:12il y a un juge des enfants saisi,
11:13il y a des notes faites
11:14par les éducateurs,
11:16en disant alerte rouge sur le papa,
11:17il y a de nouvelles plaintes
11:18pour violences sur mineures
11:21de ma part,
11:22pour violences sur mineures
11:23de la part de la maman,
11:24de son fils aîné,
11:26et en fait,
11:27on est toujours là.
11:27Et ça fait deux ans
11:29que ça dure, Cathy ?
11:30Ça fait deux ans que ça dure.
11:32Ça fait deux ans que ça dure.
11:32Restez avec nous,
11:33je vous propose de participer
11:35à la conversation,
11:36je vous remercie de votre témoignage,
11:37Cathy Christian-Flech,
11:38vous êtes ancienne
11:38directeure de la police judiciaire,
11:39qu'est-ce qui peut bien se passer
11:41de rationnel ou d'irrationnel ?
11:42Est-ce qu'on accuse
11:43le code de procédure pénale,
11:44ou est-ce qu'il n'y a pas aussi
11:45une incompétence humaine
11:46quand on entend Cathy ?
11:46Un compagnon,
11:47rappel à la loi,
11:48condamné à violences conjugales,
11:50qui arrive encore aujourd'hui
11:51à avoir la garde de l'enfant ?
11:52Il y a plusieurs problèmes.
11:53D'abord, c'est une affaire
11:54qui est d'une nature
11:55complètement différente
11:56à celle qu'on vient d'évoquer,
11:58bien sûr.
11:59C'est une affaire
12:00où il faut trouver...
12:02D'abord, il y a des problèmes
12:03de délai, ça c'est clair.
12:05La justice, maintenant,
12:06est engorgée.
12:06Elle est engorgée aussi
12:07parce que notre système français
12:10ne réagit qu'aux faits divers
12:11et que sur un fait divers,
12:13on fait une loi,
12:14et après, il y a un empilement
12:16de textes qui font que
12:17la procédure devient
12:18de plus en plus compliquée
12:19et comme il y a des voies
12:21de recours possibles
12:22de plus en plus,
12:24la capacité des tribunaux
12:26à absorber les contentieux
12:28font que les délais s'allongent.
12:29Et donc, sur des sujets
12:31où le juge des enfants
12:32doit être impliqué, concerné,
12:35ça prend du temps
12:36et ça n'est pas concevable.
12:40mais c'est la réalité,
12:41c'est la réalité
12:42dont plein d'autres contentieux aussi
12:44et ça, c'est un sujet de fond
12:47et donc, j'espère que là,
12:50toutes ces affaires,
12:51maintenant, il y a un tournant politique
12:53qui risque de complexifier
12:54un peu les choses,
12:56mais toutes ces affaires
12:56aboutissent à une procédure
12:58qui soit plus simple
12:58et plus efficace.
13:00Amoribrelet,
13:00quand vous entendez
13:01le témoignage de Cathy,
13:02ça colle à ce que vous entendez,
13:04on va dire,
13:04dans la justice du quotidien,
13:06sans être infamant
13:07que vous traitez vous
13:08tous les jours,
13:09que vous étudiez tous les jours ?
13:10Bien sûr,
13:10mais ce sont des témoignages
13:12récurrents,
13:13j'en ai d'ailleurs vu encore
13:14ces derniers jours
13:14sur les réseaux sociaux,
13:15des mères de famille
13:16qui évoquent leur affaire,
13:19leur cas personnel
13:20et de fait,
13:22dans un certain nombre de cas,
13:23les services de police
13:24ou de gendarmerie
13:25n'ont pas fait leur travail.
13:26Ils sont censés,
13:27évidemment,
13:29prendre en compte
13:30la parole des victimes
13:31et de leurs proches
13:32et prendre en compte
13:33leur plainte.
13:34Donc, ça n'est pas normal,
13:35ce sont des dysfonctionnements
13:36scandaleux.
13:36Mais là,
13:37on paie très clairement,
13:38on l'a dit,
13:38en partie d'abord,
13:40le fait que la justice en France
13:41manque de moyens,
13:42la justice en France
13:43est clochardisée.
13:44Nous avons quatre fois moins
13:46de procureurs en France
13:47qu'ailleurs en Europe,
13:48notamment en Allemagne.
13:49Chaque année,
13:50sur 1000 euros
13:51de dépenses publiques,
13:52on dépense seulement
13:545 euros
13:54dans la justice.
13:56C'est absolument scandaleux.
13:57Et puis,
13:57on a aussi
13:57un rapport particulier
13:59à la pédocriminalité
14:00qui est un sujet tabou
14:01et il y a une omerta
14:02dans ce pays
14:03depuis des décennies.
14:04En France,
14:05on est dans un pays
14:05où au début des années 80,
14:08vous aviez encore
14:08des médias de gauche
14:09mainstream
14:10qui défendaient
14:11et promouvaient
14:12la pédophilie
14:13comme libération.
14:14En 1990,
14:15vous aviez un écrivain
14:17pédophile
14:17qui avait avoué ses crimes
14:19dans tous ses livres,
14:20M. Gabriel Masneff,
14:21qui faisait le malin
14:22sur Antenne 2
14:22sur le service public
14:24à la télévision.
14:25Et puis,
14:25il y a eu évidemment
14:26les procès outreaux
14:27dans les années 2000
14:28où la parole des enfants
14:29a été piétinée,
14:31violée,
14:32avec les conséquences
14:33que l'on sait.
14:33D'ailleurs,
14:33on n'a retenu
14:34aucune leçon
14:34de cette histoire.
14:35Et là,
14:36on le voit à nouveau
14:36avec le scandale
14:37dans le périscolaire
14:38où les affaires s'accumulent.
14:40Ça fait des années,
14:41des décennies
14:41que l'on sait
14:42qu'il y a des viols,
14:43des abus sexuels
14:44dans l'éducation
14:44et on n'a rien fait.
14:450,826,
14:46300, 300
14:47sur cette discussion,
14:49sur le fait que
14:50l'État soit encore capable
14:51de protéger nos enfants
14:55comptent comme il se doit
14:56ce titre d'affaire.
14:57Je remercie Cathy
14:57qui nous a appelé
14:58et qui a eu le courage
14:59de témoigner au 0,826,
15:00300, 300.
15:02Et je vous accueille.
15:02Emma, bonjour.
15:04Bonjour.
15:04Vous, vous avez aussi
15:06vécu une situation similaire
15:07face à une justice
15:08en tout cas
15:09qui a dysfonctionné
15:10vous concernant ?
15:11Oui, complètement.
15:13Concernant ma fille.
15:14Racontez-nous.
15:16La fille, il y a quelques années,
15:17avait reçu des messages anonymes
15:20via les réseaux sociaux.
15:22Un mec qui se faisait passer
15:24par un jeune lycéen
15:26qui a essayé un peu
15:27de la manipuler
15:28pour qu'à la fin
15:28de cette conversation,
15:29elle reçoive des photos
15:30d'elle dénudée
15:31sous une douche.
15:32Mais on ne savait pas
15:33d'où ça venait.
15:34Il n'y avait plus du tout
15:35de décor.
15:37Donc, elle m'appelle
15:38en catastrophe,
15:39en pleurs, en cris.
15:40Et donc, moi et son papa
15:42qui est toujours séparé,
15:43on s'appelle
15:44et on se donne rendez-vous
15:45à la gendarmerie
15:47spécialisée sur Toulouse
15:48qui s'occupe justement
15:50des plaintes
15:51concernant les enfants.
15:54Donc, on y va.
15:56Et pendant la procédure,
15:58déjà, on nous dit clairement
16:00que ça sera classé sans suite
16:01puisque ça vient d'Instagram
16:02et que les lois françaises,
16:03elles ont du mal
16:04à venir récupérer
16:06des dossiers
16:06sur ces réseaux.
16:08Et là, déjà,
16:09c'est la première colère
16:10parce qu'on se dit
16:10mon enfant est en train
16:11de recevoir
16:12des photos d'elle.
16:13Et on m'explique
16:14qu'on n'a pas les moyens
16:14d'aller vérifier,
16:15on n'a pas les moyens
16:16de partir en guerre contre eux.
16:17C'est ça.
16:18Donc déjà,
16:18c'est la première chose
16:19qui se passe.
16:21dans notre malheur,
16:22nous, on continue
16:23de notre côté
16:24à essayer de faire
16:24une enquête
16:25parce que du coup,
16:25on se dit
16:26alors c'est au lycée,
16:27c'est une de tes copines,
16:28c'est un parent,
16:29qu'est-ce qui s'est passé ?
16:30Où est-ce que t'as dormi ?
16:31À quel moment ?
16:32Puisque du coup,
16:33forcément,
16:33on se donne
16:34tous les champs de vision
16:36et elle reçoit
16:37d'autres photos
16:38et là, c'est pareil,
16:39c'est dans le même process.
16:40Mais on cherche,
16:41on continue
16:42et puis forcément,
16:42on continue à porter plainte.
16:43Et l'issue,
16:44pardonnez-moi Emma
16:45parce qu'on a encore
16:47deux petites minutes,
16:48concrètement,
16:50l'issue,
16:51ça a donné trois mois
16:52d'enquête
16:52avec son agresseur
16:53qui était mon mari
16:56qu'on est allé après
16:57par la suite
16:58porter plainte contre lui.
17:00Enfin,
17:00le papa de ma grande
17:01a porté plainte contre lui
17:02parce que ma fille
17:03nous a annoncé par la suite
17:04qu'il y avait eu
17:04des attouchements
17:05quand elle était petite
17:06mais qu'elle n'avait jamais
17:07osé nous le dire
17:08parce que forcément,
17:08c'était le papa
17:09de son petit frère
17:11et que forcément,
17:12elle risquait de briser
17:13une famine.
17:15De là,
17:16ça a été des semaines
17:17et des semaines
17:17de galère
17:18puisqu'en fait,
17:19l'administration
17:20toulousaine
17:20ont porté plainte
17:21au commissariat.
17:22Il fallait que ça
17:23amène à la gendarmerie
17:24qui puisse venir
17:25le récupérer
17:26près de chez nous
17:26mais en fait,
17:27les documents
17:27étaient toujours perdus.
17:29Donc en réalité,
17:30il a été reconnu coupable
17:32mais il est aujourd'hui
17:33en prison,
17:34il est en liberté ?
17:35Ça a mis 4 ans
17:37de procédure
17:39puisque chaque année,
17:39il manquait des dossiers
17:41donc il fallait reporter
17:42et comme il n'y a plus
17:43de place en justice,
17:44il faut reporter
17:45au bout d'un an.
17:46Là, aujourd'hui,
17:47il est condamné,
17:48il fait partie
17:48de la liste des prédateurs,
17:49il a un bracelet
17:50puisque du coup,
17:51c'est son premier délit
17:53et il n'est pas inquiété
17:55en fait.
17:56Donc une telle responsabilité,
17:57les faits que vous venez
17:58de nous citer
17:58pour se retrouver
17:59reconnus coupables
18:00mais en liberté
18:01avec un bracelet.
18:02J'imagine en plus
18:03le choc de savoir
18:04que c'est votre ancien compagnon.
18:05Merci beaucoup Emma
18:06d'avoir eu le courage
18:07de venir témoigner
18:08au micro de Sud Radio
18:09ce matin.
18:09Christian Flech,
18:10merci beaucoup
18:10d'avoir été avec nous ce matin.
18:12Ça va être une journée
18:14excessivement pénible pour vous.
18:15Vous allez, j'imagine,
18:16courir un peu partout.
18:17Je vous remercie
18:17d'avoir pris le temps
18:18de dialoguer.
18:18Ce n'est pas pénible.
18:19Je pense que si vous posez
18:21des questions,
18:22c'est bien que j'essaie
18:22d'éclairer avec mon expérience.
18:24Maintenant,
18:24la réalité c'est qu'il faut
18:26qu'on comprenne
18:26et j'espère que ce rapport
18:28sera rendu public
18:29assez vite
18:29et qu'il soit clair
18:31sur les responsabilités
18:33des institutions
18:34et les responsabilités
18:35personnelles.
18:36Merci beaucoup
18:36Christian Flech,
18:37ancien directeur
18:38de la police judiciaire
18:39d'avoir été avec nous ce matin.
18:40Merci beaucoup
18:40à Maurice Brulé,
18:41rédacteur en chef
18:41de Valeurs Actuelles
18:42avec un numéro
18:43qui colle,
18:44j'ai envie de dire,
18:45hélas avec l'actualité
18:46concernant les viols
18:47à l'école,
18:47l'omerta.
18:48On en parlait,
18:48vous avez utilisé le mot
18:49c'est bien une omerta
18:50en France
18:51en ce qui concerne
18:52les violences sexuelles
18:53contre les lumières.
18:54Merci beaucoup
18:54d'avoir été avec nous ce matin
18:55et bonjour Valérie Expert.
18:56Bonjour mon cher Maxime,
18:5910h midi,
19:00on va continuer évidemment
19:01effectivement
19:01beaucoup d'émotions ce matin
19:03et beaucoup d'appels
19:06donc continuez de nous appeler
19:070826 300 300
19:08pour parler évidemment
19:10de cette terrible affaire
19:12de ces dysfonctionnements.
19:13On en a parlé hier,
19:15on va continuer aujourd'hui
19:16et puis c'est quoi le problème ?
19:17Tout autre sujet,
19:19vous savez que les médicaments,
19:21vous n'en avez pas besoin
19:21cher Maxime,
19:22contre l'obésité.
19:24Je sais que vous êtes un gourmand.
19:27Ne racontons pas
19:28nos déjeuners.
19:29Non,
19:30l'obésité continue
19:32de progresser en France
19:33et ces médicaments
19:34Végovi et autres
19:35Mounjarro
19:36vont être remboursés
19:37pour les personnes
19:38en situation d'obésité morbide
19:40et il y a une polémique
19:41autour du remboursement
19:43de ces médicaments.
19:44On en parle avec vous
19:450826 300 300
19:47à tout de suite.
19:47Tout au long de cette émission
19:48bien sûr
19:48et je remercie Francine
19:50qui est la gagnante du jeu
19:51qui pourra partir
19:52avec Lagrange Vacances
19:53elle a envoyé le bon SMS
19:54au 7-20-18
19:55le mot sud.
19:56Félicitations ma chère Francine
19:57de CED
19:58vous allez pouvoir
19:59vous accorder une parenthèse
20:00bien méritée
20:0110h midi
20:02Valérie Expert
20:02moi j'ai le plaisir
20:03de vous retrouver demain
20:04dès 6h.
20:04Sous-titrage Société Radio-Canada
20:05Sous-titrage Société Radio-Canada
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