00:01— Drôle d'époque avec vous, Françoise de Goy.
00:03— Bonjour, Patrick.
00:04— Bonjour. Avec, à l'Assemblée nationale, un retour particulièrement embarrassant.
00:09Celui du député du Vaucluse, Raphaël Arnaud, dont plusieurs collaborateurs sont mis en examen
00:15ou, en tout cas, sont de près ou de loin touchés par l'enquête du meurtre de Quentin de Ranc.
00:21— Oui, alors, un retour hier, Patrick, en catimini, il faut quand même le dire, à l'Assemblée.
00:25Après un mois et demi, un mois et demi après la mort, il avait disparu, Raphaël Arnaud.
00:29C'était le 14 février, la mort de Quentin de Ranc.
00:32Arnaud avait disparu de la circulation et le voilà qui ressurgit discrètement à l'Assemblée.
00:37Et dans une interview fleuve sur le site Blast, qui est un site proche de la France insoumise,
00:43où il déroule sa défense et contre-attaque même, en expliquant que les antifas dénoncent
00:48depuis des années la montée de la violence de l'extrême droite.
00:50Alors, écoutez, là, on se pince un peu.
00:53Bien sûr que la violence d'extrême droite est réelle, elle existe.
00:55Mais en l'occurrence, c'est bien des militants antifas qui ont tabassé à mort Quentin de Ranc.
01:01Et parmi ces militants, eh bien, trois collaborateurs ou ex-collaborateurs de Raphaël Arnaud
01:05sont soupçonnés de complicité de meurtre.
01:07Il me semble, Patrick, que c'est... je suis même sûr, d'ailleurs, j'ai vérifié, remonté ma mémoire,
01:12que c'est la première fois qu'un député de la Nation siège à l'Assemblée
01:16avec un environnement professionnel impliqué dans un meurtre.
01:19Alors, est-ce qu'il peut et doit revenir siéger ?
01:22Oui, oui, Patrick. La réponse est oui, évidemment.
01:25La loi est la loi et le suffrage universel est indépassable.
01:27Raphaël Arnaud n'est pas celui qui a donné les coups de poing et qui a tué.
01:31Et même s'il est le fondateur de la jeune garde aujourd'hui dissoute,
01:34même si ses amis ou assistants semblent impliqués à différents degrés,
01:38ça ne fait pas de lui un meurtrier, encore moins un hors-la-loi.
01:41Il est élu et doit aller jusqu'à la fin de son mandat.
01:45Sinon, on décide qu'on s'assoie sur à peu près tout.
01:47La réalité, c'est que la France est une grande démocratie qui a une justice précise.
01:51Et Raphaël Arnaud, pour le moment, n'est en aucun cas coupable
01:55jusqu'à preuve du contraire de quoi que ce soit dans cette tragédie.
01:58Oui, bon, mais il y a la loi, vous l'avez rappelé, Françoise, vous avez raison.
02:02Mais il y a aussi la réalité politique, non ?
02:04Oui, et là, c'est différent.
02:05Hier, Raphaël Arnaud a fait profil bas.
02:07Il est d'ailleurs arrivé après les questions au gouvernement
02:09et est parti avant sans passer par la fameuse salle des quatre colonnes.
02:14Il n'y a pas eu de bronca.
02:14Il est passé avec Mathilde Panot.
02:16Tout doucement, mais il ne s'est pas arrêté avec les journalistes.
02:19Il n'y a pas eu de bronca.
02:20Pourtant, l'FI avait donné le ton en tenant une position très tranchée
02:24sur le droit de Raphaël Arnaud à siéger.
02:26Et c'est un peu tombé dans le vide,
02:28comme si tout le monde s'était donné le mot, finalement.
02:30Parce que les députés ont, semble-t-il, décidé
02:33de ne pas surenchérir sur ce retour.
02:35Bien sûr, on a entendu Pierre Cazeneuve, le macroniste,
02:39juger ce retour scandaleux.
02:40On a même entendu la présidente de l'Assemblée nationale.
02:42Il y a Anne Brun Pivet qui a frisé la bordure
02:45en déclarant qu'il est difficile d'exercer la fonction de député
02:48quand on a ce type d'accointance professionnelle et personnelle.
02:52Mais ça n'est pas allé plus loin.
02:54Pourquoi ?
02:55Certainement pour ne pas donner ce spectacle désolant électrique
02:58qui en fait nourrit le désaveu général des citoyens
03:01à l'égard de la politique
03:02et nourrit aussi, et ça c'est très important,
03:04la France insoumise et son miroir d'extrême droite.
03:07Je pense que Pierre Moscovici a parfaitement résumé
03:09l'état d'esprit général hier.
03:11On ne va pas en faire un fromage.
03:13Mais, mais, j'attends de voir quand même
03:16ce qui se passera dans cette Assemblée
03:18le jour où Raphaël Arnaud posera une question au gouvernement.
03:22C'est quand même assez malaisant.
03:24Ce député au cœur d'une affaire de meurtre,
03:27l'exemple venant d'en haut, je trouve ça assez dingue.
03:30La loi l'autorise à être là,
03:32mais est-ce qu'au fond, sa morale
03:34ne l'aurait pas dictée peut-être
03:36d'éviter de siéger ?
03:37Merci Françoise Degoy.
03:39Vous revenez tout à l'heure à 8h30
03:41pour le débrief de l'actualité
03:42avec Elisabeth Lévy.
03:44Après l'invité politique,
03:46votre invité politique,
03:47Jean-François Akili, tout à l'heure.
03:48Bonjour à 8h15.
03:49Bonjour Patrick, comme vous l'annonciez.
03:50Stéphanie Riste, la ministre de la Santé
03:53avec de nombreux sujets sur la table,
03:55notamment les fraudes sociales et fiscales
03:58et ce projet de loi très attendu qui arrive
04:01et cette double interpellation effectivement
04:03sur ces deux grands sujets
04:05qui préoccupent l'opinion sur le protoxyde d'azote.
04:09Vous avez entendu le père.
04:11Absolument.
04:11Et puis la pratique de la médecine esthétique illégale.
04:15C'est quand même assez surprenant
04:17avec de mauvaises influences
04:20sur les réseaux sociaux qui pellulent
04:22et un besoin d'encadrement.
04:24Et bien sûr, le docteur Devoir
04:25qui est un professionnel
04:26et ils sont concurrencés par des influenceurs.
04:29Oui, oui, bien sûr.
04:30Des barbiers, des coiffeurs
04:32qui font des injections.
04:33Méfiez-vous, Jean-François Akili,
04:34quand vous allez chez le coiffeur.
04:367h53, dans un instant,
04:38le Maillot réveille avec Régis Maillot.
04:41Quelque chose me dit qu'il va revenir
04:43un peu sur cet événement de la semaine.
04:45C'est quoi l'événement de la semaine ?
04:46A votre avis, vous allez savoir dans un instant.
04:48C'est bon.
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