00:00Une entrepreneuse qu'on connaît bien ce matin avec nous, Maud Vinet.
00:02Bonjour, vous êtes la cofondatrice et directrice générale de Kobli.
00:05Là, on est dans l'univers du calcul quantique.
00:08Vous êtes là ce matin parce que vous annoncez une levée de fonds de 115 millions d'euros en série
00:11A
00:11pour commercialiser, je dis bien commercialiser, c'est pour dire que ça arrive,
00:15ces ordinateurs quantiques sur silicium.
00:18Nouvelle étape pour vous.
00:20Carrément, c'est un vrai milestone.
00:23Aujourd'hui, ça marque cette levée de fonds.
00:26Elle marque la transition entre démonstration technologique et exécution industrielle.
00:33Vous l'avez dit, nouvelle étape.
00:34Nous allons commercialiser nos ordinateurs quantiques.
00:38Ils seront disponibles sur le cloud à partir de fin 2026.
00:43Le premier accès cloud sera fourni via OVH.
00:47Oui, acteur français.
00:49Acteur français.
00:50Et donc, cette levée de fonds va nous permettre à la fois de continuer la R&D
00:58et augmenter la performance de nos ordinateurs quantiques,
01:03d'accélérer l'industrialisation, et on vient de le dire,
01:08de passer à la phase commercialisation et à l'expansion internationale.
01:13Anthony ?
01:14Parce que vous, votre atout, c'est un peu de mélanger le meilleur des deux mondes.
01:16Parce que c'est quubit sur silicium, c'est compliqué, évidemment,
01:19mais c'est en gros, c'est l'informatique quantique.
01:21Mais quand on dit sur silicium, c'est aussi, c'est l'ancien monde de l'informatique.
01:25C'est-à-dire qu'en termes de procédés de fabrication,
01:27on va pouvoir le faire beaucoup plus facilement qu'avec le quantique,
01:30tel que le pratique Google ou IBM, par exemple.
01:32C'est ça, en résumé ?
01:33C'est ça.
01:33En résumé, notre choix stratégique, il a été radical dès le départ.
01:38très pragmatique, au sens où notre métier, c'est de concevoir et développer et vendre
01:45des ordinateurs quantiques, pas de développer une industrie.
01:49Et donc, on s'est appuyé sur une industrie qui existe aujourd'hui,
01:54l'industrie du semi-conducteur.
01:56Ça a trois avantages.
01:57Ça permet d'aller plus vite et moins cher parce qu'on s'appuie sur une industrie qui existe
02:05et des gens qui savent faire tourner des usines.
02:09C'est un vrai métier.
02:10Ça limite le CAPEX.
02:13Aujourd'hui, les infrastructures sur lesquelles on s'appuie,
02:16elles ont reçu des milliards ou dépensé des milliards d'investissements pour se construire.
02:21Et donc, si on fait le regard, nos 115 millions,
02:25au regard des milliards qui sont levés par les Américains,
02:28c'est compétitif parce qu'on est à la marge.
02:31Et le vrai avantage compétitif, c'est pour nos clients.
02:36Ça nous permet de concevoir et fabriquer des ordinateurs quantiques
02:40qui s'insèrent dans l'infrastructure de calcul existante.
02:45Ça veut dire quoi ?
02:46Ça veut dire qu'ils s'insèrent dans les data centers et les supercalculateurs
02:49parce qu'en termes d'empruntes au sol,
02:51ils sont 100 fois plus petits que ce que la compétition Google et IBM peut concevoir.
02:56Et je suis un industriel, demain je passe au quantique, je suis votre client.
03:00Ça me coûte combien ?
03:01C'est-à-dire que c'est un prix à quoi ?
03:03On calcule comment en fait ce passage au quantique ?
03:06Alors, ce passage au quantique,
03:08je vais vous parler de création de valeur pour vous.
03:11Ce que la puissance du calcul quantique va vous amener,
03:15c'est un retour sur investissement,
03:17c'est un gain de productivité.
03:21Je vais passer à un exemple.
03:23Vous êtes un grand avionneur français, européen,
03:26et vous voulez designer la nouvelle aile de votre avion
03:31et la faire la plus aérodynamique possible
03:33pour qu'elle consomme le moins de carburant possible.
03:36Aujourd'hui, vous avez des grands logiciels d'éléments finis
03:41qui vous permettent de calculer la forme,
03:43qui n'ont pas la performance requise,
03:47la précision pour optimiser complètement l'aile.
03:51Donc, vous faites des essais en soufflerie.
03:53Ce que le calcul quantique permettra,
03:56c'est d'avoir une meilleure précision
03:59pour vous permettre d'avoir des designs
04:01qui vous éviteront tous ces passages en soufflerie
04:05et donc de gagner des mois.
04:08Mais là, vous me répondez direct,
04:09que ça vaut le coup puisque votre retour sur investissement
04:11est important.
04:12Mais ça coûte combien ?
04:14C'est à l'ordinateur ?
04:15Vous facturez comment ?
04:16Parce que c'est dans le cloud.
04:17Moi, je ne suis pas spécialiste.
04:18C'est un abonnement.
04:19C'est un abonnement, c'est quoi ?
04:20Alors aujourd'hui, on a des business models
04:24qui sont intermédiaires.
04:26Donc, vous pouvez accéder aux ordinateurs quantiques
04:29via le cloud.
04:31En fonction du fournisseur,
04:34aujourd'hui, vous avez un temps à l'heure,
04:36vous payez un temps à l'heure.
04:38Comme du modèle.
04:39Je ne sais pas, il y a un temps de calcul.
04:40Comme du code.
04:41Aujourd'hui, et j'en reviens à ce qu'on est en train de faire,
04:44c'est qu'on va respecter les mêmes codes.
04:47On veut que ça soit transparent pour l'utilisateur
04:49et donc il y aura des abonnements dans le cloud.
04:53Vous pourrez accéder à nos machines via le cloud
04:59en quantum computing as a service.
05:00Ça ne change rien pour l'utilisateur.
05:01En fait, le quantique, il est chez vous.
05:03Eux, ils voient juste que ça va plus vite et que c'est efficace.
05:05C'est transparent.
05:06Après, il y a certains utilisateurs qui vont acheter
05:08nos ordinateurs quantiques
05:10parce que soit ils ont des enjeux de vitesse d'exécution,
05:14de latence sur le système.
05:15Donc, ils ont les infrastructures qui sont chez eux.
05:18Soit ils ont des enjeux de confidentialité,
05:21de leurs données,
05:23ce qui fait que les infrastructures sont chez eux.
05:26mais le calcul quantique,
05:28l'enjeu, c'est de le rendre accessible
05:30et donc c'est ce qu'on fait chez Cobli.
05:32On fait des machines qui vont être compatibles
05:34avec l'infrastructure de calcul existante.
05:36Merci beaucoup Maud Vinet d'être venue ce matin
05:38pour cette levée de fonds de 115 millions d'euros.
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