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  • il y a 19 minutes
Pierre Hornus, cofondateur et directeur général de Sêmeia, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce lundi 8 juin 2026. Il s'est penché sur la levée de fonds de 21 millions d'euros par Sêmeia dans le but de révolutionner le secteur de la télésurveillance médicale, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Notre invité ce matin, c'est Pierre Ornus. Bonjour, vous êtes le cofondateur et directeur général de CEMEIA.
00:06On fait un focus ce matin sur la télésurveillance médicale.
00:09Vous êtes spécialisé dans la néphrologie.
00:11J'ai vu des chiffres en préparant l'interview.
00:13Ça réduit le suivi par télésurveillance médicale, les hospitalisations de 26%, les temps médical de 73%.
00:21Si vous êtes là ce matin, c'est parce que vous faites une levée de fonds de 21 millions d
00:24'euros,
00:24parce que vous voulez suivre d'autres pathologies.
00:27C'est ça, exactement. Peut-être en deux mots, de quoi parle-t-on ?
00:31De télésurveillance médicale ou télésuivie, c'est un peu moins...
00:35C'est un peu moins hostile que le mot surveillance sur le patient.
00:38On préfère télésuivie. En fait, c'est un constat qui est relativement simple.
00:41Des patients, il y en a plus, qu'on vieillit parce qu'on grossit, etc.
00:46Et des médecins, des soignants, il y en a moins.
00:47Donc forcément, le temps médical disponible diminue.
00:50Et donc, entre deux visites, deux consultations, il se passe plein de choses.
00:53Et donc, la télésurveillance, le télésuivie, il est là pour dire
00:57si, entre deux visites chez le médecin, quelque chose se passe,
01:00on va alerter le médecin immédiatement pour qu'il puisse intervenir et éviter des complications.
01:04Et donc, effectivement, en faisant ça, on va limiter les venues à l'hôpital,
01:10on va limiter parfois les décès dans certaines pathologies.
01:12On va limiter tout ça et donc on va forcément améliorer le système de santé.
01:16Et donc, ce télésuivu ou télésurveillance, quelle forme ça prend ?
01:19C'est-à-dire que le patient, quand il est chez lui, doit porter des capteurs, des montres connectées ?
01:23Ça prend quelle forme ? Comment est-ce qu'on est capable d'avoir justement ces indicateurs-là ?
01:27Alors oui, c'est ça. On va avoir chez le patient un tensiomètre connecté,
01:31on va avoir des choses connectées.
01:33Le patient va aussi saisir des éléments dans son téléphone.
01:36On va avoir le sommeil, par exemple, du patient qui peut influer sur sa santé mentale.
01:41Et puis, on va avoir aussi des données qu'on va collecter.
01:44On prépare, par exemple, des labos d'analyse de ville, tout ce qui est analyse biologique,
01:47qu'on va pouvoir structurer, étudier, puis alerter s'il y a un problème.
01:50Est-ce que ça, ce n'est pas déjà fait ?
01:51Quand je vais faire des analyses médicales et que je suis un suivi parce que j'ai un problème de
01:56rein ou de foie,
01:57il n'y a pas forcément d'alerte chez mon médecin ?
02:00Aujourd'hui, non.
02:02Aujourd'hui, vous avez un PDF de biologie que vous recevez,
02:06que vous pouvez envoyer votre médecin qui le reçoit aussi.
02:08Mais nous, ce qu'on fait, c'est qu'on va l'étudier, le structurer,
02:11et puis alerter à chaque fois qu'il y a un problème.
02:14Par exemple, en néphrologie, un bilan de biologie, ça va être 50-60 résultats.
02:18Et les médecins n'ont plus le temps aujourd'hui de les lire un par un.
02:21Donc, on va dire, attention, il y a quelque chose qui se passe, allez voir.
02:24Ce qui a changé beaucoup, quand même, le marché, c'est que c'est remboursé depuis 2023.
02:27Donc, ça fait partie de l'offre de soins, en fait.
02:30Effectivement. On a parlé des résultats probants.
02:33Et donc, l'assurance maladie, aujourd'hui, il le rembourse sur quelques pathologies,
02:35pas toutes, une partie seulement.
02:38Et effectivement, ça a vraiment fait exploser le déploiement de cette technologie-là et les usages.
02:45Donc, je le disais, vous suivez les patients qui ont suivi en néphrologie,
02:50les greffés du poumon également, certaines formes de bipolarité.
02:54Qu'est-ce que vous voulez pouvoir, aujourd'hui, suivre que vous ne faites pas actuellement ?
02:58Alors, le champ est immense.
02:59Toutes les pathologies chroniques sont éligibles.
03:01Aujourd'hui, on fait des essais cliniques sur le diabète, sur la maladie digestive, sur la psychiatrie,
03:06comme vous l'avez évoqué, la dépression.
03:08Donc, le champ est immense.
03:09Aujourd'hui, c'est limité aux spécialistes, mais peut-être demain aux généralistes.
03:13C'est aussi une voie qu'on essaie de suivre.
03:15Est-ce que l'enjeu, à terme, c'est d'arriver à une forme de médecine prédictive ?
03:19C'est-à-dire, là, aujourd'hui, les algorithmes que vous utilisez,
03:21ils seraient capables de détecter carrément une dégradation potentielle
03:25avant même que le patient ne sente qu'il se passe quelque chose ?
03:29C'est ça, le but ultime ?
03:31Alors, à la fin, oui.
03:32Après, il faut rester humble aujourd'hui.
03:34On est vraiment sur des alertes, c'est-à-dire des choses dont on sait qu'elles sont problématiques.
03:37Donc, on va dire aux médecins, il faut regarder.
03:38Mais demain, avec les données collectées, vous parliez d'il y a tout à l'heure,
03:41on va pouvoir, effectivement, anticiper en amont les problématiques
03:45et donc les traiter en amont et entrer dans une médecine prédictive, effectivement.
03:50Donc là, votre sujet, c'est le déploiement commercial auprès de qui ?
03:54Auprès des médecins ? Est-ce que c'est eux qui doivent prescrire ça ?
03:56Tout à fait.
03:57Aujourd'hui, comme c'est remboursé par la force maladie, les médecins doivent prescrire.
03:59Donc, il faut qu'on aille voir les médecins, qu'on leur explique comment ça fonctionne,
04:02les hôpitaux, qu'on forme les patients aussi, qu'on leur explique tout ça
04:06pour pouvoir déployer largement et puis faire bénéficier de ça au maximum de monde.
04:10Et c'est quoi l'accueil, du coup, que vous recevez de la part des patients ?
04:13Vous le disiez tout à l'heure.
04:14On ne peut pas dire surveillance.
04:14Mais non, mais c'est exactement ça.
04:15Je pense qu'il y a un enjeu psychologique aussi sur le fait de ne pas être fliqué au quotidien
04:19aussi.
04:20C'est quoi l'accueil général ?
04:22Alors, c'est quelque chose que le médecin prescrit.
04:25Il y a quand même une confiance du patient dans son médecin.
04:27Après, le patient est libre de refuser, bien évidemment, de démarrer et d'arrêter à tout moment.
04:31Et on leur rassure au maximum sur les données qui sont hébergées en France, sur un cloud souverain.
04:38Et puis, on voit bien que c'est pour son bien-être.
04:41Et puis, on voit que les patients, au bout d'un moment, ce qui remonte, c'est de la réassurance.
04:44On ne dit pas, j'ai des données qui remontent, je ne sais pas ce qui se passe,
04:47mais au moins, je sais que mon médecin, il est au courant et que s'il y a un problème,
04:50on s'occupe de moi.
04:51Parce qu'aujourd'hui, vous recevez des bilans de biologie, vous avez plein de données,
04:54vous ne savez pas quoi en faire, vous ne savez pas ce que ça veut dire.
04:56Et qu'est-ce qui se passe ?
04:57Et là, il est rassuré, le médecin est au courant.
04:58Et s'il y a un problème, il va intervenir.
05:00Et le médecin, le fait d'avoir ses patients qui clignotent en permanence ou qui suivent, ça lui va, ça
05:05?
05:05Comment il gère toutes les informations qui lui arrivent ?
05:08Alors, bien sûr, on filtre, on trie.
05:10Il n'est prévenu que quand il y a des alertes, dans les cas les plus graves.
05:15Aujourd'hui, c'est même un gain de temps pour lui.
05:16Parce qu'aujourd'hui, un médecin, il le fait naturellement.
05:19Il s'occupe de ses patients tant qu'il peut.
05:21Et là, c'est automatique, c'est pré-filtré.
05:23Et donc, il peut vraiment son temps médical consacrer au patient
05:27et ne pas avoir à noter des données sur un papier pour voir ce qui se passe.
05:32Merci beaucoup Pierre-Henri, vous êtes venu ce matin pour nous parler de Séméa.
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