00:00Notre invité ce matin, c'est Pierre Ornus. Bonjour, vous êtes le cofondateur et directeur général de CEMEIA.
00:06On fait un focus ce matin sur la télésurveillance médicale.
00:09Vous êtes spécialisé dans la néphrologie.
00:11J'ai vu des chiffres en préparant l'interview.
00:13Ça réduit le suivi par télésurveillance médicale, les hospitalisations de 26%, les temps médical de 73%.
00:21Si vous êtes là ce matin, c'est parce que vous faites une levée de fonds de 21 millions d
00:24'euros,
00:24parce que vous voulez suivre d'autres pathologies.
00:27C'est ça, exactement. Peut-être en deux mots, de quoi parle-t-on ?
00:31De télésurveillance médicale ou télésuivie, c'est un peu moins...
00:35C'est un peu moins hostile que le mot surveillance sur le patient.
00:38On préfère télésuivie. En fait, c'est un constat qui est relativement simple.
00:41Des patients, il y en a plus, qu'on vieillit parce qu'on grossit, etc.
00:46Et des médecins, des soignants, il y en a moins.
00:47Donc forcément, le temps médical disponible diminue.
00:50Et donc, entre deux visites, deux consultations, il se passe plein de choses.
00:53Et donc, la télésurveillance, le télésuivie, il est là pour dire
00:57si, entre deux visites chez le médecin, quelque chose se passe,
01:00on va alerter le médecin immédiatement pour qu'il puisse intervenir et éviter des complications.
01:04Et donc, effectivement, en faisant ça, on va limiter les venues à l'hôpital,
01:10on va limiter parfois les décès dans certaines pathologies.
01:12On va limiter tout ça et donc on va forcément améliorer le système de santé.
01:16Et donc, ce télésuivu ou télésurveillance, quelle forme ça prend ?
01:19C'est-à-dire que le patient, quand il est chez lui, doit porter des capteurs, des montres connectées ?
01:23Ça prend quelle forme ? Comment est-ce qu'on est capable d'avoir justement ces indicateurs-là ?
01:27Alors oui, c'est ça. On va avoir chez le patient un tensiomètre connecté,
01:31on va avoir des choses connectées.
01:33Le patient va aussi saisir des éléments dans son téléphone.
01:36On va avoir le sommeil, par exemple, du patient qui peut influer sur sa santé mentale.
01:41Et puis, on va avoir aussi des données qu'on va collecter.
01:44On prépare, par exemple, des labos d'analyse de ville, tout ce qui est analyse biologique,
01:47qu'on va pouvoir structurer, étudier, puis alerter s'il y a un problème.
01:50Est-ce que ça, ce n'est pas déjà fait ?
01:51Quand je vais faire des analyses médicales et que je suis un suivi parce que j'ai un problème de
01:56rein ou de foie,
01:57il n'y a pas forcément d'alerte chez mon médecin ?
02:00Aujourd'hui, non.
02:02Aujourd'hui, vous avez un PDF de biologie que vous recevez,
02:06que vous pouvez envoyer votre médecin qui le reçoit aussi.
02:08Mais nous, ce qu'on fait, c'est qu'on va l'étudier, le structurer,
02:11et puis alerter à chaque fois qu'il y a un problème.
02:14Par exemple, en néphrologie, un bilan de biologie, ça va être 50-60 résultats.
02:18Et les médecins n'ont plus le temps aujourd'hui de les lire un par un.
02:21Donc, on va dire, attention, il y a quelque chose qui se passe, allez voir.
02:24Ce qui a changé beaucoup, quand même, le marché, c'est que c'est remboursé depuis 2023.
02:27Donc, ça fait partie de l'offre de soins, en fait.
02:30Effectivement. On a parlé des résultats probants.
02:33Et donc, l'assurance maladie, aujourd'hui, il le rembourse sur quelques pathologies,
02:35pas toutes, une partie seulement.
02:38Et effectivement, ça a vraiment fait exploser le déploiement de cette technologie-là et les usages.
02:45Donc, je le disais, vous suivez les patients qui ont suivi en néphrologie,
02:50les greffés du poumon également, certaines formes de bipolarité.
02:54Qu'est-ce que vous voulez pouvoir, aujourd'hui, suivre que vous ne faites pas actuellement ?
02:58Alors, le champ est immense.
02:59Toutes les pathologies chroniques sont éligibles.
03:01Aujourd'hui, on fait des essais cliniques sur le diabète, sur la maladie digestive, sur la psychiatrie,
03:06comme vous l'avez évoqué, la dépression.
03:08Donc, le champ est immense.
03:09Aujourd'hui, c'est limité aux spécialistes, mais peut-être demain aux généralistes.
03:13C'est aussi une voie qu'on essaie de suivre.
03:15Est-ce que l'enjeu, à terme, c'est d'arriver à une forme de médecine prédictive ?
03:19C'est-à-dire, là, aujourd'hui, les algorithmes que vous utilisez,
03:21ils seraient capables de détecter carrément une dégradation potentielle
03:25avant même que le patient ne sente qu'il se passe quelque chose ?
03:29C'est ça, le but ultime ?
03:31Alors, à la fin, oui.
03:32Après, il faut rester humble aujourd'hui.
03:34On est vraiment sur des alertes, c'est-à-dire des choses dont on sait qu'elles sont problématiques.
03:37Donc, on va dire aux médecins, il faut regarder.
03:38Mais demain, avec les données collectées, vous parliez d'il y a tout à l'heure,
03:41on va pouvoir, effectivement, anticiper en amont les problématiques
03:45et donc les traiter en amont et entrer dans une médecine prédictive, effectivement.
03:50Donc là, votre sujet, c'est le déploiement commercial auprès de qui ?
03:54Auprès des médecins ? Est-ce que c'est eux qui doivent prescrire ça ?
03:56Tout à fait.
03:57Aujourd'hui, comme c'est remboursé par la force maladie, les médecins doivent prescrire.
03:59Donc, il faut qu'on aille voir les médecins, qu'on leur explique comment ça fonctionne,
04:02les hôpitaux, qu'on forme les patients aussi, qu'on leur explique tout ça
04:06pour pouvoir déployer largement et puis faire bénéficier de ça au maximum de monde.
04:10Et c'est quoi l'accueil, du coup, que vous recevez de la part des patients ?
04:13Vous le disiez tout à l'heure.
04:14On ne peut pas dire surveillance.
04:14Mais non, mais c'est exactement ça.
04:15Je pense qu'il y a un enjeu psychologique aussi sur le fait de ne pas être fliqué au quotidien
04:19aussi.
04:20C'est quoi l'accueil général ?
04:22Alors, c'est quelque chose que le médecin prescrit.
04:25Il y a quand même une confiance du patient dans son médecin.
04:27Après, le patient est libre de refuser, bien évidemment, de démarrer et d'arrêter à tout moment.
04:31Et on leur rassure au maximum sur les données qui sont hébergées en France, sur un cloud souverain.
04:38Et puis, on voit bien que c'est pour son bien-être.
04:41Et puis, on voit que les patients, au bout d'un moment, ce qui remonte, c'est de la réassurance.
04:44On ne dit pas, j'ai des données qui remontent, je ne sais pas ce qui se passe,
04:47mais au moins, je sais que mon médecin, il est au courant et que s'il y a un problème,
04:50on s'occupe de moi.
04:51Parce qu'aujourd'hui, vous recevez des bilans de biologie, vous avez plein de données,
04:54vous ne savez pas quoi en faire, vous ne savez pas ce que ça veut dire.
04:56Et qu'est-ce qui se passe ?
04:57Et là, il est rassuré, le médecin est au courant.
04:58Et s'il y a un problème, il va intervenir.
05:00Et le médecin, le fait d'avoir ses patients qui clignotent en permanence ou qui suivent, ça lui va, ça
05:05?
05:05Comment il gère toutes les informations qui lui arrivent ?
05:08Alors, bien sûr, on filtre, on trie.
05:10Il n'est prévenu que quand il y a des alertes, dans les cas les plus graves.
05:15Aujourd'hui, c'est même un gain de temps pour lui.
05:16Parce qu'aujourd'hui, un médecin, il le fait naturellement.
05:19Il s'occupe de ses patients tant qu'il peut.
05:21Et là, c'est automatique, c'est pré-filtré.
05:23Et donc, il peut vraiment son temps médical consacrer au patient
05:27et ne pas avoir à noter des données sur un papier pour voir ce qui se passe.
05:32Merci beaucoup Pierre-Henri, vous êtes venu ce matin pour nous parler de Séméa.
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