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  • il y a 20 minutes
Ce lundi 1er juin, Antoine Larigaudrie a reçu Gustav Sondén, cofondateur de Colbr, et Matthias Baccino, conseiller senior pour la croissance Trade Republic, dans l'émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Tout pour investir, le déchiffrage.
00:06Gustave Sanden de Colbert qui s'installe.
00:09Bonjour et merci d'être là, ainsi que Mathias Baccino de Trade Republic.
00:13Bonjour.
00:15Ouais, j'en parlais en début de...
00:17Déjà on dit pas ouais, on dit oui.
00:19Ma maman va me disputer.
00:22On en a parlé là en début d'émission.
00:25On a l'impression qu'on nage en pleine ambivalence
00:31et en pleine schizophrénie de la part de la sphère économique française.
00:35Je me souviens qu'on avait débuté la semaine dernière avec Cap PME
00:40où on avait des discours absolument véhéments des responsables et des patrons français
00:44disant c'est quoi ce pays où on considère l'entreprise comme un ennemi ?
00:47On est nul, de toute manière on va vers la déflation, on est fichu, machin.
00:53Enfin, il y avait un discours, mais d'un déprimant au possible.
00:58On a même la Banque de France qui en a rajouté une couche quand même cette semaine
01:02en disant qu'elle allait réviser ses perspectives de croissance.
01:05De toute manière, on a une croissance négative sur le trimestre qui vient de s'écouler.
01:10On a une inflation qui s'est bien calée, donc le mot stagflation revient à fond.
01:14Et ce matin, Softbank, Amazon, Schneider Electric, ça y est, on a rechaussé les lunettes roses.
01:22À nouveau, on est les meilleurs et c'est génial et on va prendre partie de l'intelligence artificielle pour
01:26booster la croissance.
01:28Qu'est-ce qui se passe ? Il faut prendre le moyen terme et il faut arrêter de sortir des
01:32discours polarisés, ça va bien.
01:34On reste un territoire attractif, certes avec beaucoup de défauts, mais les gens n'ont pas peur de venir investir
01:41chez nous.
01:41Enfin, je ne sais pas, 75 milliards d'un coup là par Softbank, ça reste un très très joli coup.
01:47Est-ce qu'il ne faut pas calmer un petit peu les choses et essayer de retrouver une certaine forme
01:52de rationalité là-dedans, Gustave ?
01:54Je pense qu'un État, c'est un peu comme une entreprise, c'est-à-dire qu'il y a
01:57un actif, un passif et il y a aussi du produit et du résultat.
02:02Nous, on crée beaucoup de charges financières, on a un passif qui est un petit peu hors de contrôle, c
02:07'est notre dette.
02:07En revanche, on a des sacrés actifs et ça, on n'est pas les seuls à l'identifier.
02:13Et ces investisseurs qui investissent sur la France, ils n'investissent pas sur le passif et la gestion du passif,
02:19clairement pas, mais ils investissent sur les actifs.
02:21Et parmi les actifs stratégiques qu'on a et l'avance structurelle qu'on a pris par rapport à des
02:26voisins européens et même la plupart des pays de l'OCDE,
02:29il y a évidemment cette indépendance énergétique, en tout cas sur le plan électrique, qui est clairement ici l'argument
02:37qui capte 70-80% de tous les effets d'annonce qu'on entend.
02:43Je crois qu'on est autour, là pour l'instant, le chiffre c'est 87 milliards d'euros investis.
02:47Pour rappel, au premier de chose France, on était à 2 milliards en 2018.
02:51Donc il y a quand même une évolution assez intéressante et je me suis amusé à regarder 2024, on est
02:55à plus 600% par rapport à 2024, c'était il n'y a pas si longtemps.
02:57Donc il y a l'effet effectivement inflaté que produit l'IA un peu partout et on en parle suffisamment
03:03pour ne pas avoir à le recommander.
03:05Mais en tout cas, on voit que cet actif énergétique et l'attractivité du territoire aussi, parce qu'on n
03:10'est pas un pays avec un climat tempéré,
03:12qui permet aussi l'installation de ces équipements, fait qu'on est aussi en train de capter ce type de
03:18flux.
03:18Donc voilà, pour conclure, on a un actif qui est quand même séduisant, qui vient compenser notre passif.
03:23Mathias, en plus il y a un truc qui est intéressant, c'est vrai que je n'en ai pas
03:26parlé,
03:26mais Softbank annonce cette décision massive d'investissement en France,
03:31le jour même où le fonds d'investissement en technologie japonais devient la première café de la bourse de Tokyo.
03:39Bon, il y a une concomitance assez rigolote, mais au-delà de ça, c'est vrai qu'on a des
03:44décisions d'investissement
03:45qui sont nécessairement archi-concentrées, je dirais comme l'économie du moment,
03:49c'est-à-dire que la croissance, elle est du côté de l'IA, mais tant mieux, on engrange,
03:52on a un tissu de production énergétique qui est attrayant, qui est décarboné, qui n'est pas trop cher,
03:58et ça, ça reste évidemment, et Gustave l'a dit, l'argument numéro un.
04:03Voilà, au milieu du pessimisme de la semaine dernière et de l'euphorie de ce matin,
04:07encore une fois, il y a un moyen terme qui n'est pas si mauvais et qui est plutôt attrayant
04:12même.
04:12On peut être dans une approche réaliste entre l'optimisme et le pessimisme,
04:19et je suis désolé Antoine, je vais probablement un peu casser l'ambiance,
04:24mais les annonces de ce matin sont in fine une très mauvaise nouvelle,
04:31puisque vous avez quasiment 100 milliards, si je ne dis pas de bêtises, d'euros
04:35qui vont être investis dans des infrastructures qui sont en France,
04:40parce que la France a des atouts énormes, mais c'est investi par qui ?
04:44Par des fonds étrangers.
04:46Donc, qui va récupérer le rendement de ces investissements ?
04:50Qui va récupérer le profit généré par ces infrastructures ?
04:54C'est des fonds étrangers.
04:55Donc, je me rappelle, j'ai été très marqué il y a deux semaines
04:59par l'audition d'Arthur Mensch à l'Assemblée nationale,
05:01et c'est très bien qu'effectivement la France ait des atouts énormes
05:06pour prendre une forme de leadership dans l'intelligence artificielle en Europe.
05:10C'est tellement dommage que ce ne soient pas des fonds français
05:14qui investissent là-dedans.
05:16Comment on peut se réjouir du fait que d'autres pays
05:20viennent littéralement récupérer de la croissance en France ?
05:25C'est de la croissance qui ne va pas alimenter l'économie française, tout simplement.
05:30Non, mais ça je suis d'accord, mais regardez par exemple,
05:32il y a le fonds Ardian, il y a Foxconn,
05:36il y a pas mal d'établissements publics qui vont être au soutien,
05:39et puis d'une manière ou d'une autre, cette croissance, on va la récupérer.
05:43Les data centers, c'est Schneider Electric qui va s'en occuper,
05:45Legrand, etc.
05:46Il y a tout un tissu qui va bosser autour quand même.
05:48Mais pas récupérer le rendement in fine de cet investissement,
05:52qui est fait, quand même, on ne peut pas comparer les 75 milliards de soft bank
05:56à ce qui est fait par les fonds français et européens, malheureusement.
05:58Non, non, non, bien sûr que non.
05:59C'est beaucoup plus faible.
06:00Donc l'Europe a besoin, on le dit depuis, je le dis depuis trois ans sur cette antenne,
06:07d'une union de l'épargne et de l'investissement en Europe.
06:09Et des marchés de capitaux.
06:10A besoin des marchés de capitaux unifiés et beaucoup plus puissants.
06:15Et ça reconnecte avec une autre information intéressante,
06:19qui est celle de Rexécode, qui a publié une étude nous expliquant
06:22que l'allocation de l'épargne des Français était très mauvaise
06:26et ne rapportait pas suffisamment aux Français.
06:28Entre autres, parce que ce n'est pas suffisamment investi.
06:30Et je suis tombé sur une information que peut-être vous n'avez pas, messieurs,
06:34qui est qu'en France, en 1997, on avait voté des fonds de pension
06:38par capitalisation dans notre pays.
06:41Ça a été annulé par la dissolution faite par Jacques Chirac et Dominique de Villepin.
06:45Et le gouvernement, je ne sais pas, a ensuite annulé cette loi,
06:48qui était la loi Thomas.
06:49Si ces fonds avaient été mis en place,
06:51aujourd'hui, ils auraient 1 500 milliards de capitaux
06:54dans les fonds de pension français.
06:56Et là, on pourrait investir.
06:58Voilà.
06:58Donc, oui, c'est une bonne chose que la France soit un territoire attractif.
07:02C'est normal.
07:02On a des qualités et des atouts, des actifs,
07:05comme tu disais, très forts.
07:08Mais on est comme, je ne sais pas moi, celui qui court un marathon
07:13avec une main dans le dos, un pied dans un sac et un bandeau sur les yeux.
07:17Donc, on continue, malheureusement, d'augmenter encore la semaine dernière
07:22les impôts sur les entreprises françaises,
07:24sur les salaires payés par les entreprises françaises.
07:26Et là, on s'aperçoit qu'il y a 4 milliards de trous supplémentaires
07:29dans le déficit de la Sécu,
07:30que la France était en récession technique sur le 1er trimestre 2026
07:34et que le pouvoir d'achat va baisser.
07:36Donc, moi, je trouve intéressant cette période
07:39parce qu'elle permet de révéler au grand public et au grand jour
07:43les fragilités du système économique français
07:46alors qu'on s'approche d'un grand débat national
07:48pendant un an avec l'élection présidentielle à venir.
07:51Donc, essayons de regarder la réalité économique de la France en face
07:55pour pouvoir discuter ensemble des solutions pendant la campagne.
07:58Oui, complètement.
08:00L'autre événement du week-end,
08:01bon, le PSG qui gagne la Champions League.
08:03Gustave, vous avez relevé quelques petits chiffres quand même.
08:07On est les rois du monde
08:08et pourtant, là aussi,
08:10on n'est pas encore parmi les top guns du football européen
08:14en termes de puissance économique.
08:16Il reste encore à faire.
08:18C'était dur d'échapper, effectivement, à la nouvelle.
08:21C'était une très bonne nouvelle économique pour le PSG,
08:23peut-être un peu moins bonne pour la mairie de Paris.
08:26Voilà.
08:27En tout cas, les gains associés, c'est 150 millions d'euros.
08:30C'était 154 l'année dernière.
08:32Ça, c'est les gains sportifs.
08:33Évidemment, tous les gains indirects.
08:34Et c'est là que le bas blesse.
08:36Le PSG, c'est déjà le quatrième club le plus riche d'Europe.
08:38Donc, ce n'est pas non plus si mauvais.
08:39Mais il y a un petit retard structurel qui est lié à des défis
08:44qui sont difficiles à transformer.
08:46Le stade, qui est beaucoup plus petit que les trois principaux leaders
08:51qui sont le Real Madrid, le FC Barcelone et le Bayern de Munich.
08:54Donc, nécessairement, moindre entrée.
08:56Exactement de 20-25% quand même chaque année.
08:59Et l'attractivité quand même de notre championnat,
09:01qui n'est pas exactement celle de la Première Ligue ou de la Liga Espagnole,
09:05qui fait qu'on a là encore un retard de revenus d'à peu près 15%
09:09par rapport à nos amis étrangers.
09:13Mais c'est quand même un sacré saut.
09:15Un quatrième club européen, deux ligues des champions d'affilée.
09:18C'est bon pour l'attractivité de la ville et du pays,
09:21malgré effectivement les petits excès qu'on a pu apercevoir.
09:24Oui, d'autant qu'il y a un effet aspirateur.
09:26C'est vrai, ce problème de niveau, effectivement, de notre championnat.
09:31Je veux dire, on a quand même un ballon d'or
09:33qui sort d'une petite équipe de première division.
09:38Je parle comme un daron qui vient du Havre et tout.
09:42Il y a un effet ruissellement quand même.
09:44À un moment donné, le championnat s'améliore en qualité
09:46et va s'améliorer économiquement parce que, voilà, il y a cet effet.
09:50Une locomotive comme l'Allemagne a sa locomotive historique
09:53qui est le Bayern de Munich.
09:54Maintenant, ce qui serait bien, c'est qu'effectivement,
09:55le ruissellement se fasse et qu'on arrive aussi,
09:58typiquement, la mairie de Paris avait bloqué un rachat
10:00du Parc des Princes dont on peut discuter.
10:03Mais en tout cas, il y avait des intentions de capitaux privés,
10:06étrangers certes, mais pour venir effectivement
10:09transformer le Parc des Princes, moderniser, améliorer ses revenus.
10:11Et là encore, on voit que sur des micro-exemples symboliques
10:14comme celui-ci, on n'est pas forcément
10:17une politique qui est en phase avec ces projets-là.
10:20Mathias, un commentaire ?
10:21On peut aussi rappeler que l'Union Bordeuble en rugby
10:23vient de gagner deux ans de suite
10:25la Champions League de rugby européenne,
10:28ce qui met la France, pour les sports collectifs,
10:32vraiment sur le toit de l'Europe.
10:33C'est la preuve qu'on est capable de faire quand même des belles choses
10:36aussi collectivement, puisque le championnat, pour le coup, national de rugby
10:41est l'un des plus performants du monde, sinon le plus performant du monde.
10:44Et il se développe aussi économiquement, donc c'est une bonne chose.
10:48On peut espérer que le basket prenne le relais,
10:51entre autres grâce à l'apport d'image de Victor Wembanyama,
10:56qui est en train d'amener les Spurs en finale de la NBA.
10:59Donc c'est intéressant de voir qu'une pratique
11:02qui est positive pour la cohésion sociale,
11:05positive pour le tissu économique aussi dans les territoires,
11:07parce que les clubs de sport dans les territoires sont parfois importants.
11:10Bien sûr, on n'oublie pas, Bègle d'ailleurs,
11:12ce n'est pas un des plus gros budgets du top 14, loin de là.
11:15Pas forcément, non.
11:16Il est quand même devenu important au fil des années,
11:18mais ce n'est pas forcément le plus gros non plus.
11:20Ils ont une équipe absolument magistrale, c'est exceptionnel.
11:23Ils ont un aîlié de feu.
11:26Non, non, c'est vraiment une très, très belle équipe, effectivement.
11:29Non, non, mais ça, on peut s'en féliciter.
11:31Ah, il faut qu'on dise un mot de SpaceX,
11:34parce que là, c'est vrai que ça a été la semaine du grand n'importe quoi,
11:37la semaine passée, avec des chiffres de valorisation.
11:39Elon Musk qui revoit un petit peu ses ambitions à la baisse.
11:41Bon, on voit ce qu'il cherche à faire.
11:43Essayer de bien réussir son introduction.
11:45Une introduction dont finalement tous les analystes
11:47et toutes les grandes voix de Wall Street,
11:49après avoir badé, là aussi, une certaine forme d'ambivalence,
11:52en disant que ça va être le top gun des introductions en bourse,
11:56on va en mettre partout.
11:58Ben ouais, non, mais ils disent,
12:00ouais, mais c'est ça qui va être introduit en bourse.
12:03Il ne va pas y avoir de droit de vote.
12:05Est-ce que ça ne va pas, en fait,
12:07introduire plus de déséquilibre qu'autre chose ?
12:09Parce que tout l'argent qui doit être mis dans l'introduction en bourse,
12:12il faut bien qu'il vienne de quelque part.
12:14Donc, est-ce qu'on ne va pas vendre massivement des actions
12:16pour participer à l'IPO de SpaceX, etc.
12:19Il y a pas mal de questions en ce moment à Wall Street, Gustave.
12:22Vous vous rappelez, on avait amorcé déjà le sujet,
12:23qui est quand même le grand sujet boursier la semaine dernière.
12:26Je disais qu'ils vont rentrer en fast track dans les grands indices boursiers
12:30et donc capter des flux, forcer des ventes.
12:32Et donc, en captant des flux et forçant des ventes,
12:34a priori, bénéficier au cours de bourse à l'introduction
12:38de manière mécanique, en fait,
12:39sans forcément discuter des convictions.
12:41Et il se trouve que, du coup, cette captation des flux,
12:44elle a suscité l'intérêt des investisseurs.
12:46On le disait aussi, SpaceX, en secondaire,
12:48ça traite quasiment comme une action primaire.
12:50Oui, il y a plein de solutions.
12:52Il y a effectivement déjà beaucoup de spéculations sur ces titres.
12:54Mais là, ce qu'on commence à voir, c'est en indirect,
12:56au travers d'OPC.
12:58Donc, par exemple, il y a le Scottish Pension Investment Trust,
13:02qui n'est pas vraiment le fond le plus discuté habituellement,
13:06qui a 17% de sa capitalisation investie sur SpaceX,
13:09qui était plutôt un fonds PPR qui traitait avec une décote,
13:12qui maintenant traite avec une surcote de plus 7%
13:14en attente de cette introduction.
13:16Il y a 7 OPC et ETF qui ont été créés spécifiquement
13:19pour traiter l'action SpaceX de manière indirecte.
13:22Il y en a 14 qui sont en attente d'approbation.
13:25Les 7, là, ils ont déjà capté 14 milliards d'euros,
13:28sachant que, vous l'avez dit en introduction, Antoine,
13:30on rappelle que l'allocation, en fait,
13:33de SpaceX qui va être mise en bourse,
13:36on parle de 5% de capi,
13:37donc entre 50 et 80 milliards de valos.
13:40Donc, il y a déjà 14 milliards qui traitent avant même l'IPO
13:44pour une IPO totale de 50 à 60 milliards.
13:46Donc, effectivement, il risque d'y avoir embouteillage au portique,
13:53je ne sais pas si on peut dire ça comme ça, la semaine prochaine.
13:56Mathias, juste une chose sur la tech américaine.
14:00D'elle, je veux bien croire que,
14:02OK, les perspectives mirifiques de l'IA, plus 30%.
14:07Et 260%, je crois, depuis le début de l'année.
14:11Quasiment, oui, plus de fois de fois.
14:13Mais je suis le premier à trouver que c'est justifié,
14:17dans certains cas, de voir de très, très fortes hausses,
14:20comme ça, se dégager,
14:21parce que des entreprises changent de dimension.
14:24Là, OK, d'elle, ces revenus de l'IA
14:26vont être, dans quelques mois, largement supérieurs
14:29à ceux qui dégagent en vendant des ordis.
14:31Bon, on sait que même le pivot,
14:34je suis même étonné qu'il n'ait pas été fait
14:36que maintenant, les ordinateurs d'elle
14:38ne soient pas construits par un sous-traitant à 100%.
14:41Mais est-ce que c'est bien révélateur
14:43de quelque chose de précis ?
14:45Ou est-ce que c'est, encore une fois,
14:47cette sorte d'accélération vers l'inconnu ?
14:50On met plus 30 parce que voilà, plus 30 parce que l'IA.
14:53Micron aussi, c'était totalement dingue.
14:56Oui, Sky Enix aussi.
14:58Bien sûr.
14:59Donc...
14:59Alors, la mémoire, il y a l'effet rareté.
15:01On est d'accord.
15:02D'elle, là, je ne sais pas.
15:04L'enjeu fondamental, c'est la durabilité de tels revenus.
15:10C'est-à-dire qu'une fois qu'on a investi
15:12quelques centaines de milliards de dollars
15:14dans des capacités de calcul qu'elles ont été construites,
15:19qu'est-ce qui se passe ?
15:20Quel est le taux de renouvellement des infrastructures dans la durée ?
15:24À quelle vitesse il faut maintenir ces investissements ?
15:27Et donc, pour ces entreprises-là, le chiffre d'affaires ?
15:30Est-ce qu'il est possible de maintenir une trajectoire de croissance
15:34de 750% des revenus ?
15:37Probablement pas.
15:38Donc, le gros enjeu, ça va être la diversification du business model
15:42de ces entreprises en termes de sources de revenus
15:45et bien sûr, la durabilité.
15:47Parce que si on se projette dans un an
15:51et qu'on compare les chiffres d'affaires trimestriels
15:54de dans un an à ceux actuels,
15:58il est quand même très possible
16:00qu'ils soient, à ce moment-là, plus faibles
16:02si les infrastructures ont été faites.
16:04Donc, c'est cette mécanique du flux de revenus
16:08et la durée pendant laquelle il peut être maintenu
16:12qui va être déterminante pour la valorisation de ces entreprises.
16:15Est-ce que...
16:16C'est higher for longer, un petit peu comme pour les taux,
16:18comme pour le pétrole.
16:19C'est vrai, c'est un peu ça.
16:21Je dois dire qu'on est sans doute nombreux
16:23à être surpris par la capacité de NVIDIA, par exemple,
16:27à maintenir des revenus trimestre après trimestre
16:31extrêmement élevés.
16:33De même pour Google,
16:34c'est moins le cas pour Meta, par exemple.
16:36C'est plus inquiétant chez Oracle.
16:38Donc, très probablement que les trimestres qui viennent
16:41et les résultats des trimestres qui viennent
16:43vont faire une sorte de tri
16:45entre les entreprises qui auront bien géré
16:48cette vague d'hypercroissance gigantesque
16:50et celles qui se sont probablement trop excitées
16:54sur ces chiffres d'affaires
16:55et qui n'auront pas été capables de déployer
16:57les logiques business pour maintenir ces revenus.
16:59Ça va être un enjeu de durabilité des revenus.
17:02Gustave, il y a une question que je me pose.
17:04Là, on voit une remontée assez nette
17:07de tout ce qui est Dassault Systèmes, Capgemini.
17:09On est encore passé la semaine dernière
17:11par une grande vague de...
17:14Parce que je ne sais pas qui, Claude ou un autre,
17:17avait annoncé un nouveau modèle d'IA.
17:18Donc, on s'est dit, on va détruire les logiciels.
17:21Comme une espèce de réflexe conditionné.
17:23Là, on a un Jensen Wang
17:24qui a quand même les mains dans le cambouis,
17:26qui sait de quoi il parle,
17:27qui est l'architecte d'IA,
17:29qui dit, mais arrêtez avec ça.
17:31On ne va pas détruire d'emplois,
17:33on ne va pas détruire d'entreprises.
17:34Au contraire, on a besoin des entreprises,
17:36du logiciel,
17:37parce que c'est eux qui ont les données,
17:39c'est eux qui ont les processus industriels.
17:41Claude ne va pas nous inventer
17:45ex nihilo l'écoulement des fluides
17:48autour d'un Airbus.
17:49Il a besoin des données Dassault Systèmes
17:50pour pouvoir opérer.
17:51Vous voyez ce que je veux dire ?
17:52Et c'est ça qu'il dit,
17:53il faut arrêter ce phénomène de destruction.
17:55Il l'a déclaré ce week-end.
17:57C'était assez intéressant d'ailleurs,
17:58ce point.
17:59Est-ce que vous pensez que justement,
18:01on a là, enfin, des preuves
18:03qu'il faut arrêter avec cette espèce de,
18:05comment on appelait ça ?
18:06L'assassination ?
18:09L'assassinat de toutes les entreprises
18:11de logiciels ?
18:13Ce qui est sûr,
18:13c'est que c'est un peu extrême.
18:15Présumer qu'effectivement,
18:16tout va disparaître,
18:17c'est présumer que toutes les compétences
18:18métiers valent rien,
18:19tous les processus métiers valent rien
18:20et qu'effectivement,
18:21la donnée vaut rien,
18:22ce qui serait un peu soudain
18:22comme changement de discours.
18:26Et effectivement, Claude,
18:27c'est un jeune homme
18:28avec beaucoup de potentiel.
18:31Mais en revanche,
18:31si on n'est pas formé,
18:32qu'on ne lui donne pas
18:33les bons outils,
18:33qu'on ne lui donne pas
18:34les bons process,
18:35qu'il n'a pas de compétences métiers,
18:36il faut le skiller,
18:37comme on dit dans le jargon de Claude.
18:39Si vous n'avez pas de skill
18:40à lui transmettre,
18:41il va vous faire du cloud.
18:41Et ça se voit.
18:43Oui, on connaît.
18:44Une fois qu'on a fait l'effet
18:45waouh,
18:45c'est le mimi,
18:46c'est le rara,
18:46c'est le miracle,
18:47on n'est plus trop ébloui.
18:50Et donc,
18:51on se rend compte
18:51qu'on a bien besoin
18:52de ces compétences
18:53qu'on a transmises
18:54à ces différentes entreprises.
18:56Et d'ailleurs,
18:56si on regarde plus froidement
18:57les résultats,
18:59encore une fois,
18:59cette année,
19:00qu'est-ce qui porte
19:01la remontée
19:02des marchés financiers ?
19:03Ce n'est pas la hype,
19:05ce n'est pas la survalorisation,
19:07c'est les résultats.
19:08Comme en 2019,
19:09comme en 2023,
19:10et c'était des années
19:11pas trop mauvaises
19:12pour les marchés.
19:12Quand c'est les résultats
19:13qui poussent
19:14et que ce n'est pas
19:14les valorisations
19:15qui poussent,
19:16c'est plutôt une bonne nouvelle.
19:18Je m'intéresse beaucoup
19:19à la partie emploi
19:20et impact sur l'emploi.
19:21Oui, ça c'est super intéressant.
19:23Ça va impacter demain
19:24potentiellement
19:24le pouvoir d'achat des gens.
19:25Donc, dans mon rôle
19:27d'éducateur financier,
19:27je m'y intéresse.
19:28Bien sûr.
19:29Et j'observe
19:29qu'il y a quelques jours,
19:31Sam Altman,
19:32qui n'est pas très habitué à ça,
19:35a dit qu'il s'était trompé.
19:37Ce qui, avec l'ego
19:38qu'il semble avoir,
19:39n'est pas naturel
19:40visiblement chez lui.
19:41Mais là, il a dit
19:41que son intuition
19:44l'avait planté.
19:45Parce qu'il a dit...
19:46Il a vu une hallucination
19:47comme il y a...
19:48Il y a deux ans, peut-être.
19:49Il y a deux ans,
19:50il avait dit
19:51que ça allait être
19:51effectivement ce qu'on appelle
19:52la job apocalypse.
19:54Donc, en gros,
19:55destruction de la moitié
19:56des emplois,
19:57chômage de masse,
19:58crise sociale,
19:59avec l'urgence
20:00du revenu universel.
20:01Et là, il nous a dit
20:02que son intuition
20:04l'avait planté.
20:04Et que très probablement,
20:06en fait,
20:06il n'y allait pas
20:07y avoir
20:08de job apocalypse
20:10à cause de l'intelligence
20:11artificielle.
20:12Alors, est-ce qu'il dit ça
20:14pour faire remonter
20:16la cote de popularité
20:17de OpenAI
20:18et la sienne
20:19avant une éventuelle
20:21introduction en bourse
20:21d'OpenAI ?
20:22Peut-être.
20:23Néanmoins,
20:24ce n'est pas le premier
20:24à le dire récemment.
20:25Et j'ai hâte de voir
20:26ce que les études
20:28qui vont nécessairement sortir
20:29dans les mois qui viennent
20:30par les grandes institutions
20:31financières internationales
20:32diront.
20:33Parce qu'effectivement,
20:34la conviction à ce stade,
20:35c'est quand même plutôt
20:36une modification des jobs
20:37plutôt qu'une suppression.
20:39C'est ça.
20:40D'autant qu'on avait
20:41le patron d'Enthropic
20:42qui, lui,
20:42il y a encore
20:44deux semaines,
20:45était archi-agressif
20:46en termes de toute manière
20:49les jobs d'entrée de gamme
20:50du côté de la tech,
20:51c'est terminé,
20:52l'IA va tout remplacer.
20:54Là,
20:55il tend à être démenti
20:56quand même
20:57par ces deux-trois déclarations.
20:59En tout cas,
20:59le débat évolue.
21:00C'est vraiment à suivre
21:01de manière très intéressante.
21:03Et est-ce que,
21:03évidemment,
21:04dans les licenciements massifs
21:05dont on nous a parlé
21:06aux États-Unis récemment,
21:07il n'y a pas un peu
21:08de bonnes excuses
21:10de l'IA
21:11pour assainir
21:13la force de travail
21:14énorme
21:15qui a été recrutée
21:16post-Covid ?
21:17Peut-être.
21:18Bon,
21:19messieurs,
21:19merci infiniment.
21:20Des chiffrages absolument passionnants.
21:22Mathias Baccino,
21:22Trade Republic,
21:23Gustave Sanden de Colbert.
21:25Merci d'avoir été avec nous
21:27pour déchiffrer cette actualité
21:28encore une fois passionnante.
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