00:00Au regard de Françoise Degoy dans cette drôle d'époque.
00:04Françoise, bonjour, soyez la bienvenue dans le studio de Sud Radio.
00:07C'est votre coup de sang, ce matin, c'est votre coup de sang sur ces milliardaires
00:11qui croient faire la pluie et le beau temps dans la présidentielle.
00:14Et oui, ils sont deux, mon cher ami. On ne voit qu'eux, on n'entend qu'eux,
00:17même si quand même, il faut le dire, le second est bien plus bavard que le premier.
00:21J'ai nommé, à ma droite, Vincent Bolloré et à ma gauche, Mathieu Pigasse,
00:25le duel des milliardaires.
00:26Enfin, il y a quand même une petite différence, Jacques, entre leur pouvoir d'achat.
00:30Bolloré pèse 10 milliards d'euros, Pigasse quelques centaines de millions d'euros.
00:34Mais à ce stade, on ne fait plus trop la différence.
00:36Et voilà Dupont et Dupont rentrant de plein pied dans la présidentielle.
00:40Le premier poursuit son agenda de droite radicale, méticuleusement.
00:45Concentration médiatique, CNews, Europe 1 et le JDD.
00:47Et la même ligne homogène depuis des années, le combat contre la gauche woke
00:52et même la droite woke, car tout ce qui est woke, ça commence à Emmanuel Macron.
00:56Bon, voilà, même Emmanuel Macron et woke.
00:58Ensuite, rachat de maisons d'édition pour publier des auteurs
01:01qui sont aussi bien souvent les chroniqueurs des plateaux télé, radio et du journal.
01:06Ça s'appelle les circuits courts en politique.
01:08Le second, moins flambéant et plus discret, car moins riche,
01:11se constitue quand même un petit empire.
01:13participation au monde, Media One, le géant de la production des contenus,
01:18les unrocs et désormais Radio Nova, ajouté à cela les festivals, les eurocaïennes et rock en scène.
01:24Pigasse, passé par le parti socialiste, version Strauss-Kahn, puis Fabius et la banque Lazare,
01:30se lance de plus en plus dans le bain.
01:32Sa passion, son rêve et sa frustration aussi.
01:34lui, qui n'a jamais osé, comme son collègue banquier Emmanuel Macron,
01:38aller jusqu'au bout et être candidat à la présidentielle.
01:42Frustraction maximale et séance peut-être de rattrapage pour 2027.
01:47En tout cas, il y croit de plus en plus et a fait de Radio Nova son arme idéologique.
01:53CNews contre Nova, excès contre excès, caricature contre caricature.
01:58Et ça marche ?
01:58Oui, en apparence, ça marche.
02:00Parce que, quoi qu'on en dise, CNews, Jacques continue sa cavalcade de quasi-leader.
02:04Europe 1 est revenu de l'enfer.
02:06Et le JDD, globalement, ne fait ni pire ni mieux que le JDD d'avant Bolloré.
02:11Côté Pigasse, Nova cartonne.
02:13La radio qui était un bijou de finesse, moi je l'écoutais,
02:16de programmation, de découverte musicale audacieuse mais confidentielle,
02:21est devenue une espèce de grosse usine à rire, à caricature
02:25et à débordement d'érapages antisémites grâce à ses humoristes.
02:30Pigasse assume toutes les blagues les plus vaseuses et on le voit partout.
02:34Et il assume d'être l'anti-Bolloré au nom du combat contre le Rassemblement National.
02:40Mais vous dites, il y a une limite.
02:41Mais oui, mon cher ami, nous sommes des vieux routiers de l'information et de la politique, vous et moi.
02:46Nous savons, on pourrait mettre Jean-François Aquilier aussi.
02:48On connaît tout ça.
02:50Il y a la limite, la première, c'est que la presse n'a jamais fait élire personne.
02:53Contrairement à ce qu'on croit, elle peut aider à créer un climat
02:56mais elle ne fait pas la décision finale.
02:59Souvenez-vous du monde qui fait campagne ouvertement pour Édouard Balladur en 1995
03:03avec le résultat qu'on sait.
03:05Souvenez-vous des grandes machines d'information qui font campagne
03:09pour le oui tambour battant à la Constitution en 2005
03:11avec le résultat qu'on sait, je peux multiplier les exemples.
03:15C'est aussi le charme de la France, voyez-vous mon cher Jacques.
03:18Les Français ont toujours leur libre arbitre qui prend le dessus au moment de voter.
03:22C'est assez limité aussi parce que, quel que soit le nombre de milliards que vous possédez,
03:27vous ne resterez toujours qu'un milliardaire extérieur au champ politique.
03:31L'exemple le plus criant, c'est Elon Musk.
03:33L'homme le plus riche, il est quasiment à 1000 milliards de fortune.
03:37Eh bien, lui, il s'est offert un président américain, carrément.
03:39A même été nové au gouvernement avant d'en être sorti piteusement.
03:44Car la politique, c'est un métier.
03:46Malgré tous les moyens utilisés et tout son argent,
03:49il a échoué Musk à faire élire l'AFD en Allemagne,
03:51ou Tommy Robinson en Grande-Bretagne.
03:54Les banquiers, les milliardaires, en fait, donnent le sentiment d'être surpuissants.
03:58Mais à la fin, c'est toujours la politique qui gagne et qui décide.
04:02Pourquoi ? Parce que, contrairement aux apparences,
04:05il ne reste que des pièces rapportées.
04:08C'est l'autre bataille présidentielle, celle des milliardaires.
04:11Merci Françoise Degoy, chronique à retrouver, bien sûr, sur sudradio.fr.
04:17Et puis, on vous retrouve un petit peu plus tard dans le courant de cette matinale, Françoise.
04:19Jean-François Aquilly a fait son entrée dans le studio de Sud Radio.
04:23Oui, ce sont des choses qui arrivent.
04:25Mais soyez le bienvenu.
04:26Ne rentrez pas avec cette mine presque défaite.
04:32Oui, écoutez, Jacques Cardoz, l'invité, c'est Laurent Panifou.
04:35C'est un ministre qu'on n'entend pas souvent, mais le sujet est très intéressant.
04:39C'est le ministre délégué en charge des relations avec le Parlement.
04:42Et si j'ai la mine députée, c'est que je voyais la liste des lois qui restent à voter
04:47avant l'été.
04:48Pourquoi ? Il y en a beaucoup.
04:49Il y a la fin de vie, promesse faite par le gouvernement de plier l'affaire avant l'été.
04:54Vous avez la loi d'urgence agricole, la loi justice criminelle de Gérald Darmanin,
04:59la loi riposte de Laurent Nunez.
05:00Mais c'est plutôt bien, c'est plutôt situé.
05:02C'est-à-dire que le gouvernement est à l'œuvre jusqu'au bout ?
05:04Nous avons encore 4-5 semaines avant l'été.
05:07Il n'y aura pas le temps, c'est ça que vous nous dites ?
05:08Il y aura-t-il une séance, une session extraordinaire cet été ?
05:12Les sénateurs n'en veulent pas, puisqu'il y a des élections à la rentrée sénatoriale.
05:17Donc tout ça est compliqué.
05:18C'est le grand embouteillage parlementaire qui arrive.
05:21Et c'est votre invité politique tout à l'heure, Jean-François Aquili,
05:27Laurent Panifou, ministre délégué en charge des relations avec le Parlement.
05:30Allez d'abord, on va se détendre un peu.
05:32Juste après ça, ce sera le Maillot Réveil.
05:34Sous-titrage Société Radio-Canada
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