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  • il y a 10 minutes
Avec Elisabeth Lévy

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##SOYEZ_LIBRES-2026-06-02##

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News
Transcription
00:00Dans ma bouche, un instant, ça veut dire tout de suite en réalité.
00:03Bonjour Elisabeth Lévy, vous allez bien ?
00:04Oui, bonjour Jacques, bonjour à tous.
00:06Alors vous êtes un brin agacé ce matin par le tapage autour des débordements,
00:10autour de la Ligue des Champions.
00:12Pour vous, les violences du PSG ont entraîné une bataille d'interprétation.
00:16Oui, c'est plus le non-tapage qui est peut-être agacé.
00:19Oui, il y a une guerre des récits politiques et médiatiques.
00:23À droite, on a parlé de chaos, parfois de guerre civile, de barbare, ça c'était Schioti,
00:28de racailles décérébrées, ça c'est bien.
00:31C'était Valérie Pécresse pour la grosse et le service public audiovisuel.
00:37C'était quelques débordements dans une fête extraordinaire, ça c'est Emmanuel Grégoire.
00:43Le problème, donc, ce n'est pas la violence, ce sont primo les violences policières
00:48et dosio, la droite et l'extrême droite qui instrumentalisent ces expressions d'énergie juvénile.
00:55En gros, c'est la police et c'est News qui gâchent la fête.
00:58Alors, rappelons que ces sympathiques débordements ont fait deux morts,
01:01blessés de 178, peut-être je ne suis pas à jour,
01:04force de l'ordre et qu'on ne compte pas les saccages bris de vitrine, incendie de poubelle ou de
01:09voiture.
01:09Donc, je ne renverrai évidemment pas dos à dos ces deux récits.
01:13Alors, il est possible, parce qu'il n'y a pas de trébuchet pour cela,
01:17il est possible que certains exagèrent, qu'on en parle trop,
01:20parce que probablement, oui, il y avait effectivement seulement quelques milliers de casseurs, j'imagine,
01:26et des centaines de milliers de fêtards pacifiques et joyeux.
01:31J'en ai vu beaucoup dans Paris.
01:33Donc, c'est difficile de bien nommer les événements, de bien les mesurer.
01:37Est-ce que c'est des scènes de guérilla, des meutes ?
01:40Comment doit-on en parler ?
01:41Mais le plus insupportable, Jacques, c'est la minimisation ou le déni.
01:46Il ne faut pas en parler pour ne pas faire le jeu de, qui vous savez, l'extrême droite, bien
01:51sûr,
01:51et le champion de France du noyage de poissons.
01:55C'est Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur,
01:57qui trouve finalement, en substance, qu'on est un très grand pays de maintien de l'ordre.
02:02Mais les mots rassurants ne vont pas faire disparaître le réel.
02:05Bon, en même temps, c'est ce qu'on attend d'un ministre de l'Intérieur.
02:07Alors, que faire ?
02:09Non, non, non, moi, je ne crois pas.
02:11On attend de lui comme des autres, d'abord, de voir ce que l'on voit.
02:16La vieille formule de Charles Péguy.
02:18Surtout quand l'événement est aussi prédictible et prédit que celui-là.
02:22Parce que c'est terrible, on dirait qu'on parle d'une tornade, d'un phénomène naturel.
02:26On sait que ça va arriver, mais bon, on ne peut pas l'empêcher.
02:29On dit juste barricadez-vous pour limiter les dégâts.
02:33Alors, moi, je ne crois pas qu'il y ait une baguette magique policière
02:36pour calmer une foule ou casser l'effet d'entraînement de la violence.
02:40Pour maintenir l'ordre, il faut qu'il y ait un ordre à maintenir.
02:43Alors, bien sûr, tout le monde le dit, Bruno Retailleau, beaucoup d'autres,
02:47une justice plus sévère serait certainement dissuasée,
02:51puisqu'il n'y a pas eu de peine de prison ferme du tout,
02:55prononcée, y compris pour les agresseurs de policiers hier.
02:58Mais je crois que l'important, c'est quand même d'essayer d'abord de comprendre
03:01pourquoi en France, et spécifiquement en France,
03:05toute liesse collective dégénère en chaos.
03:07Pourquoi à Paris et pas à Londres ?
03:09Par exemple, là, parce qu'Arsenal a quand même gagné le championnat d'Angleterre.
03:14Alors, Thomas Legrand, dans Libération, à sa réponse,
03:17c'est dû à l'effet cocotte minute créé par la relégation territoriale
03:22et le harcèlement sécuritaire.
03:23C'est la faute à la police.
03:25Bon, c'est absurde, ce serait drôle si ce n'était pas si terrible,
03:29parce qu'évidemment, il n'y a aucune dimension sociale dans cette violence.
03:32Il n'y a même pas de prétexte comme la mort d'un jeune,
03:35comme dans l'affaire Naël.
03:37C'est le pur plaisir de casser ce qu'on pourrait appeler un nihilisme d'atmosphère
03:41qui veut tout, tout de suite.
03:43Et puis, tout de même, on ne peut pas l'ignorer.
03:48Il y a une dimension culturelle.
03:49Il y a parmi les casseurs, beaucoup d'enfants, de petits-enfants de l'immigration.
03:54Je précise, s'il faut encore le préciser,
03:57que ça ne signifie pas, évidemment, qu'il y a dans les enfants de l'immigration
04:01une majorité de casseurs.
04:02J'espère qu'on comprend bien le distinguo.
04:06Alors, et c'est faux, je reviens donc.
04:09Il y a une ultra minorité de racailles
04:12qui viennent des mêmes quartiers,
04:13souvent avec les mêmes réflexes culturalis.
04:16C'est faux. On dit qu'ils ne respectent rien
04:18parce qu'ils ne respectent pas ni leur prof, ni la police.
04:21Mais en fait, non, ça c'est faux.
04:23Parce qu'il y a certains de ces casseurs
04:25qui attaquent les policiers,
04:26mais qui feraient moins les malins
04:31devant l'imam du quartier.
04:33Donc, pour une part,
04:35il n'y a pas une seule explication,
04:36cette violence, ça traduit
04:39une désaffiliation,
04:39un refus de la loi collective,
04:42donc, pour faire courir,
04:43Jacques, un échec de l'assimilation.
04:45Alors, le résultat de tout ça,
04:46c'est que mon ami adjoint Jean-Baptiste Roque,
04:49qui est père de deux adolescentes,
04:51ne les laisse pas comme des milliers
04:53de pères de famille, je suppose.
04:55Ne les laisse pas aller à Paris
04:56les soirs de matchs
04:57ou de feux d'artifice.
04:58C'est ça qu'aujourd'hui,
05:00on appelle le vivre ensemble.
05:01La bataille...
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