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  • il y a 4 heures
Ce mercredi 27 mai, Léa Dauphas, chef économiste chez TAC ECONOMICS, a abordé le moral des ménages en France se dégradant et à son plus bas depuis mars 2023, ainsi que la BCE se dirigeant vers une hausse des taux, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'éco du monde.
00:04Et pour l'instant, la confiance des ménages français recule plus que prévu au mois de mai.
00:08Léa Daufast nous accompagne, chef économiste de TAC Economist.
00:11Bonjour Léa, ravi de vous retrouver.
00:13Bonjour Guillaume.
00:14C'est la confiance des ménages qui recule en mai plus que prévu, à un plus bas de mars 2023
00:19désormais.
00:21Oui, effectivement, c'est le creux de la crise post-Ukraine.
00:24Donc on a deux points de mois en mai, on a eu cinq points de mois en avril,
00:28donc la dynamique, en fait, elle est mauvaise et ce n'est pas fini.
00:31Et ce qui était analytiquement intéressant quand on regardait l'enquête,
00:33c'est moins le niveau global qu'en fait la structure interne et les sous-indicateurs.
00:37On a deux signaux en simultané.
00:39Le premier, c'est l'anticipation de niveau de vie qui est au plus bas depuis juillet 2022.
00:43Donc en fait, les ménages intègrent une détérioration durable de leur pouvoir d'achat.
00:47Donc ça y est, l'inflation est passée dans la perception des ménages.
00:50Et puis la proportion à épargner qui reste à des niveaux records,
00:53bien au-dessus de la moyenne historique, qui était la grande problématique française.
00:56Et donc ces deux mouvements, quand on les met ensemble,
00:58c'est vraiment le signal d'un gel de la demande intérieure, pas seulement du trou d'air.
01:02Et puis ça s'inscrit en fait dans ce climat de tableau conjoncturel français
01:06qui se dégrade en fait assez fortement depuis le déclenchement du conflit.
01:10Alors le temps était déjà à zéro, c'est pas seulement lié à ça,
01:13mais en réalité, on a une croissance annuelle qui est attendue autour de 0,7.
01:18C'est un plus bas depuis le début des années 2010.
01:20Et derrière ce chiffre, effectivement, le revenu disponible réel devrait être négatif cette année.
01:25Les salaires nominaux progressent, mais en fait l'inflation les infecte.
01:28Le chômage, il repasse au-dessus des 8% et les faillites d'entreprises continuent de progresser.
01:34Donc on a vraiment les signaux concrets d'une économie qui absorbe le choc dans ses fondamentaux
01:38plutôt que seulement un effet transitoire de ce conflit.
01:42Bon du coup, le tableau est quand même vraiment pas très encourageant.
01:44Du coup, est-ce que ça peut un petit peu retenir la BCE dans sa volonté, semble-t-il,
01:51enfin en tout cas on l'anticipe comme ça, de relever ces taux le mois prochain ?
01:54Alors il y a quand même des éléments de résilience.
01:57On a l'aéronautique, la défense, l'électricité, on a cet effet soutien énergétique.
02:05L'inflation française, c'est une des plus basses de la zone euro,
02:07mais effectivement le constat, il n'est pas évident.
02:09Alors la BCE, ce qu'il faut regarder, a priori non.
02:12La hausse du mois de juin, elle est faite et elle est déjà pleinement pricée.
02:16Ce qui est intéressant, c'est qu'il faut aller lire le dernier discours de Schnabel
02:20dans lequel elle explique en fait que la BCE, elle a en fait déjà dépassé son propre scénario adverse de
02:26mars,
02:26lui, comme on le mentionnait, qui a assumé une normalisation rapide des prix du pétrole.
02:31Et donc le cœur du sujet, c'est qu'en fait on voit des signes croissants
02:34que le choc se propage à d'autres composantes du panier de consommation.
02:38Et donc c'était le wording BCE pour dire les effets de second tour commencent à se matérialiser.
02:42Donc le vrai dilemme, ce n'est pas juin, je pense que c'est réglé.
02:45C'est plutôt combien de hausse les marchés en price 2 avec une probabilité de 50% sur la troisième.
02:51Le vrai sujet, c'est l'impact négatif sur la croissance sera plus fort que prévu.
02:56Schnabel, elle le reconnaît.
02:57Et donc maintenant, c'est la Banque centrale sait qu'elle va faire mal, qu'il assume.
03:01Et c'est en fait plutôt le chemin d'après et comment ça propage.
03:04À suivre la décision de la BCE pour le mois de juin, sans doute une hausse de taux, vous le
03:07disiez,
03:08dans huit jours, ce sera la semaine prochaine, sa décision de juin.
03:10Merci beaucoup Léa Deffas, chef économiste de TAC Economics.
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