- il y a 31 minutes
Chaque soir, Alice Darfeuille vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00On va évidemment passer à la grande actualité de cette journée et cette question, notamment quand sera-t-on si
00:06les ossements qui ont été retrouvés aujourd'hui, ce matin,
00:10à une dizaine de kilomètres du domicile des Jubilards, dizaines de kilomètres de Cagnac-Lémines, sont bien ceux de Delphine
00:17Jubilard.
00:17Des analyses médico-légales vont désormais avoir lieu pour confirmer s'il s'agit de sa dépouille.
00:24Selon les dernières informations de BFMTV, ce sont deux fémurs qui ont été retrouvés sur cette zone de recherche.
00:31Paul Conge fait partie des équipes de BFMTV qui est sur place. Bonsoir Paul. Quelles sont les dernières informations dont
00:37vous disposez ce soir ?
00:38Bonsoir.
00:41Écoutez, les dernières informations dont on dispose, c'est qu'effectivement les ossements qui ont été retrouvés ce matin sur
00:46les indications de Cédric Jubilard,
00:48ils contiennent deux fémurs, mais pas que. Il y a aussi d'autres os, selon nos dernières informations, un peu
00:53plus complets que ce qu'on avait imaginé,
00:55mais des restes qui restent tout de même incomplets, mais de l'aveu même de l'avocat de Cédric Jubilard,
00:59maître Pierre de Buisson.
01:01C'est déjà miraculeux que cinq ans et demi après l'effet des osseurs ait encore pu être retrouvé.
01:06Maintenant, il est vrai qu'il y a des éléments déconcertants dans cette découverte,
01:10parce que Delphine Jubilard a été enterrée, selon maître de Buisson, de manière rudimentaire.
01:16Et d'ailleurs, ce matin, après, pendant les découvertes, le corps a été exhumé très rapidement sur les indications de
01:22Cédric Jubilard,
01:23sous quelques centimètres, pas très profonds.
01:26Un chasseur nous disait d'ailleurs tout à l'heure que dans cette partie du Tarn, les sols sont très
01:30rocailleux,
01:31et c'est impossible d'y enterrer un corps profondément.
01:34C'est donc ce lieu qu'a choisi Cédric Jubilard pour enterrer Delphine Jubilard,
01:39et c'est étonnant parce qu'on n'est pas vraiment tout à fait à l'abri des regards ici.
01:42Vous le voyez, certes, autour de moi, il y a des champs, il y a des bandes de forêt,
01:45mais il y a aussi une départementale, des chemins, et pourtant, eh bien, personne, personne avant n'avait déterré,
01:50n'avait trouvé le corps de Delphine Jubilard.
01:52La zone n'avait d'ailleurs pas été fouillée par les gendarmes.
01:56Maintenant, ce soir encore, les gendarmes continuent de ratisser la zone parcelle par parcelle
02:00pour essayer de trouver peut-être de nouvelles choses, de nouveaux éléments.
02:03Mais maintenant, évidemment, vous l'avez dit, pour eux, la priorité absolue,
02:07c'est de confirmer que les restes qui ont été retrouvés sont bien ceux de Delphine Jubilard.
02:11J'insiste d'ailleurs sur ce point, Paul Conge.
02:13Vous nous dites ce soir que ce ne sont pas uniquement deux fémurs qui ont été retrouvés ?
02:22Non, pas uniquement deux fémurs, mais également d'autres os,
02:24plutôt des os d'une partie basse du corps, d'un corps humain,
02:29possiblement donc ceux de Delphine Jubilard.
02:31Merci Paul Conge et merci à Valentine Rib qui est avec vous sur place.
02:36Voilà donc pour ces dernières informations importantes.
02:40Dominique Rizet que nous donne évidemment Paul Conge.
02:45On n'est plus seulement à deux fémurs retrouvés.
02:46Ça veut dire que les enquêteurs, les gendarmes ont trouvé plus de choses sur cette zone.
02:50Oui, c'est vrai que ce corps, s'il a été enfoui, même partiellement,
02:57il n'est pas accessible à des animaux sauvages, pardon pour ce détail, mais c'est important.
03:02Il n'est pas accessible à des animaux sauvages qui peuvent avoir dispersé des parties du corps
03:08pendant ces cinq ans et demi.
03:10Donc, s'il a été enfoui par Cédric Jubilard,
03:17si on a retrouvé les fémurs, on va retrouver le reste du corps.
03:19Alors, il y a quelque chose quand même qui pose question.
03:22Tout à l'heure, on avait le maire au téléphone, le maire du village, pardon.
03:27Je vais vous retrouver moi aussi.
03:29Jean-Jacques Escoute.
03:30Jean-Jacques Escoutesse, Escoute, pardon monsieur le maire, si j'avais mis votre nom.
03:34Escoute, donc le maire de Mayoc, il nous disait, voilà, c'est un champ qui est cultivé.
03:39Il appartient à un agriculteur qui s'occupe de son champ, qui l'entretient.
03:44Mais il ne sait pas, le maire ne sait pas à quel endroit on a retrouvé le corps.
03:46Est-ce qu'on l'a retrouvé en bordure de ce champ ?
03:49Ou est-ce qu'on l'a retrouvé à un endroit où le cultivateur passe avec son matériel agricole ?
03:55En tout cas, pour l'instant, c'est vrai que ça pourrait expliquer,
03:58ça pourrait expliquer qu'on ait retrouvé des fémurs, peut-être d'autres parties du corps,
04:03et que la terre ait pu être bougée à cet endroit-là.
04:06Mais on est bien d'accord que ce soir, Jacques-Charles Fontbonne, bonsoir tout d'abord,
04:12les recherches continuent et vont continuer pendant plusieurs jours.
04:17Le dispositif qui a été déployé depuis hier est toujours en vigueur et sur site.
04:23Oui, alors pour compléter ce que disait Dominique à l'instant,
04:27alors est-ce que l'identification pose vraiment question ? Je ne pense pas.
04:31On n'imagine pas que Cédric Jubilat ait conduit des gendarmes à un endroit où se trouvait le corps d
04:37'une femme,
04:37sauf à supposer qu'il en ait eu plusieurs, ce qui est quand même tout à fait hors de propos.
04:43La difficulté étant maintenant de rassembler l'ensemble du squelette
04:48ou des restes qui permettront avec l'étude du squelette l'identification,
04:53notamment la formule dentaire, et puis de savoir s'il est complet.
04:56Est-ce qu'effectivement il a pu être bouleversé par un engin agricole s'il n'est pas enterré très
05:01profond ?
05:02Est-ce qu'il peut y avoir un phénomène de taphonomie,
05:04c'est-à-dire effectivement des animaux qui ont pu disperser quelques éléments ?
05:08Et est-ce qu'on ne peut pas trouver sur place un élément appartenant par exemple à Cédric Jubilat,
05:14un objet perdu, une arme, ou un objet qui pourrait être l'arme qui aurait servi au meurtre ?
05:21De toute façon, dans ce genre de choses, je dirais qu'on va absolument boucler,
05:26absolument fermer toutes les portes d'identification, de complétude du corps
05:30et éventuellement des causes du décès si on arrive à les déterminer cinq ans après.
05:33Alors c'était la question que j'allais vous poser, c'est-à-dire que ces ossements vont confirmer l
05:37'identité
05:38très probablement de Delphine Jubilat.
05:41Est-ce qu'ils pourront parler aussi sur les circonstances de son décès, où il est trop tard ?
05:45Alors, ils vont permettre aux médecins légistes de faire un diagnostic des causes de la mort par exclusion.
05:54C'est-à-dire que si l'on n'a aucune trace sur les os, les osselons, le crâne, c
06:02'est-à-dire des parties vitales,
06:04on pourra exclure une fracture, on pourra exclure quelque chose qui aurait causé la mort par un coup,
06:14par une arme, par une balle qu'on aurait retrouvée dans le corps.
06:19Ensuite, s'il s'agit d'une atteinte au muscle, au cou, ce qu'on appelle, le terme n'est
06:24pas très élégant,
06:25les tussumons qui ont forcément disparu puisqu'on n'a plus que le squelette cinq ans après,
06:29ce sera très difficile d'avoir très exactement les causes de la mort.
06:32On pourra dire ça n'est pas ça, ça n'est pas ça, ça n'est pas ça, mais il
06:35restera le mystère
06:37si au bout de ces trois questions, on n'a pas de réponse.
06:39On sait que ces ossements ont été retrouvés ce matin, tout est allé assez vite,
06:45c'est ce qu'a dit l'avocat de Cédric Juillard, et pourtant, en fin de journée,
06:49ces ossements exhumés étaient toujours sur le site des recherches.
06:52On sait pourquoi, Mathias Tesson ?
06:54On peut faire l'hypothèse que c'est parce que, pour l'instant, les recherches se poursuivent,
06:59que peut-être que les enquêteurs veulent envoyer à Pontoise et l'IRCGN,
07:03l'Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale,
07:05l'ensemble des ossements qu'ils vont découvrir,
07:07ou alors, je ne suis pas expert en la matière,
07:10mais peut-être que dès maintenant, sur site,
07:13ils procèdent sur ces ossements à des vérifications ou à des choses,
07:17de petits examens qu'ils pourraient réaliser sur place, je ne sais pas.
07:21Et puis, il y a aussi toute une partie de logistique
07:22pour transférer ces ossements en hélicoptère, j'imagine,
07:28depuis le Tarn jusqu'à Pontoise, ça prend du temps, etc.
07:32Les recherches vont se poursuivre aussi parce qu'il n'y a à ce stade
07:35que deux fémurs qui ont été retrouvés,
07:37d'autres os, manifestement, sans qu'on puisse les identifier encore à ce stade,
07:42mais il n'y a pas un corps complet.
07:44Donc, voilà, c'est pour ça que les recherches vont se poursuivre.
07:47N'oublions pas aussi que des objets pourraient être trouvés.
07:51Alors, évidemment, on est à plus de cinq ans maintenant,
07:53après la disparition de Delphine,
07:55mais il manque toujours son téléphone portable,
07:57le téléphone portable de Delphine Jubilard,
07:58qui n'a jamais été retrouvé.
08:00Est-ce qu'il s'en est débarrassé au même moment que le corps de Delphine ?
08:03C'est une hypothèse.
08:04On en parlera de ce téléphone portable parce qu'il reste introuvable à ce stade.
08:08L'avocat de Cédric Jubilard a été interrogé sur ce point ce soir.
08:12Il reste ambigu.
08:13En revanche, sur d'autres sujets,
08:16et on va l'écouter en longueur parce que je pense que c'est important,
08:18il a donné beaucoup de détails,
08:20notamment sur la manière dont se sont déroulées ses recherches ce matin,
08:23l'état d'esprit, selon lui, de Cédric Jubilard au moment des faits,
08:28pourquoi il a décidé de parler maintenant et de faire en sorte que cette enquête s'accélère.
08:33Écoutez-le.
08:35Ça a été un moment fort, très fort pour moi, mais aussi pour toutes les personnes qui étaient présentes,
08:39que ce soit les magistrats ou les enquêteurs, qui étaient très nombreux.
08:42C'est le dénouement inattendu de ce cinq années d'enquête extraordinaire dans une affaire hors normes,
08:48extrêmement médiatisée et un grand soulagement pour tous.
08:51Il a fait des déclarations spontanées, c'est-à-dire qu'on n'a pas eu besoin de lui poser
08:54la moindre question.
08:55Et à travers ces déclarations spontanées, il a déroulé le fil de cette soirée.
08:59Il a expliqué précisément ce qui s'était passé, quel était le contexte dans lequel cet acte abominable,
09:05et là je le cite, c'est lui qui parle d'un acte abominable, a été commis par Cédric Jubilard,
09:10comment il a déplacé le corps de son épouse et dans quelles circonstances il a enseveli le corps,
09:15là où les fouilles ont eu lieu ce matin.
09:16Donc il a fait des déclarations très précises, il a coopéré et collaboré entièrement avec la justice,
09:20comme les magistrats l'ont d'ailleurs rappelé.
09:22Le corps de Delphine a été enseveli par Cédric Jubilard dans un endroit très particulier,
09:26qui n'était pas préservé, ni des intempéries, ni d'une possibilité de manipulation extérieure,
09:32et d'autre part que ce corps a été enseveli de façon tout à fait rudimentaire.
09:38Ce qui est certain aujourd'hui, c'est que le drame est reconnu,
09:41le caractère abominable est reconnu par Cédric Jubilard lui-même,
09:45les regrets sont sincères, les informations ont été données en toute transparence,
09:48il y a un changement radical dans sa position,
09:50cela a permis de faire éclater la vérité, ce qui m'intéressait moi au premier chef.
09:54Ce qu'il espère, c'est simplement aider ses enfants à avoir une sépulture pour faire leur deuil,
10:02ça c'est quelque chose d'important, il m'a demandé de le dire, donc je le dis, et c
10:04'est la réalité,
10:05et il espère un jour, pas tout de suite, mais dans de nombreuses années, être peut-être réhabilité.
10:10Il a bien conscience qu'il n'attend rien de la justice, aujourd'hui, si ce n'est la vérité
10:14et la transparence.
10:15Il espère être réhabilité. Bonsoir Pauline Ronger, vous êtes l'avocate d'Emy, qui est une amie de Delphine Jubilard.
10:25Votre première réaction tout d'abord à ces mots, il espère être réhabilité.
10:30Alors on ne peut pas imaginer une seule seconde que Cédric Jubilard soit réhabilité au sens juridique du terme,
10:38donc je ne sais pas très bien ce qu'il a voulu signifier, peut-être réhabilité moralement, dans une empathie,
10:46peut-être qu'on croit à ses regrets, etc. Je pense que c'est ce qu'il a voulu dire.
10:52Je n'y crois pas non plus, parce qu'il est clair que Cédric Jubilard a simplement mis en place
10:59une deuxième stratégie.
11:01Il a vu que la première ne fonctionnait pas, que même en ayant bien caché le corps de Delphine,
11:08il y avait tous les éléments nécessaires pour le condamner, et le condamner à une peine très lourde.
11:14Donc il en a pris acte, et il essaie une seconde stratégie, la stratégie de la minimisation de sa responsabilité,
11:21c'est-à-dire oui, c'est moi qui ai causé sa mort, mais sans dire je l'ai tué,
11:26parce qu'évidemment l'intention de tuer, il va la nier.
11:29Donc il essaie de faire sauter ce qu'on appelle l'élément moral, l'élément intentionnel,
11:35pour obtenir une requalification, possiblement en violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
11:40Ou alors, j'ai entendu aussi que son avocat parlait d'un trop-plein d'émotions,
11:47ce qu'on entend souvent dans les féminicides,
11:49donc ça qui irait vers la recherche peut-être d'une altération de son discernement,
11:53qui est là aussi une notion qui permet de diviser la peine par deux.
11:57Donc clairement, c'est très jubilard, oui, c'est très bien, il a indiqué la localisation du corps de Delphine,
12:03maintenant qu'on ne se méprenne pas sur les motivations de ses révélations,
12:08il recherche bien encore quelque chose qui est dans son intérêt,
12:12réduire sa responsabilité, réduire sa peine,
12:15et qui n'est pas dans l'intérêt ni des proches de Delphine, ni de ses propres enfants.
12:20C'est ce que se dit votre cliente, donc, ce soir, Émy, cette amie de Delphine Jubilard,
12:26elle n'y voit que de la stratégie, voire de la manipulation.
12:31Oui, comme beaucoup d'autres parties civiles.
12:34Et mon analyse de professionnel, mon analyse d'avocate,
12:38qui a l'habitude des procès de féminicides, des défenses des auteurs de féminicides,
12:44est parfaitement en phase avec cette analyse.
12:48C'est d'ailleurs une défense qu'on voit très couramment, très classiquement,
12:53qu'on a vue dans beaucoup de dossiers de féminicides,
12:59et qui est mise en œuvre aujourd'hui comme deuxième essai,
13:05comme deuxième stratégie par Cédric Jubilard.
13:07Donc ça va être finalement le début d'une nouvelle affaire Jubilard,
13:10où le débat va reposer sur d'autres bases,
13:13alors des bases quand même un peu plus sérieuses que pour le premier procès,
13:18où là, on était vraiment face à une théorie absurde.
13:23Là, au moins, on va pouvoir avoir un vrai débat judiciaire,
13:28et ce sera sans doute quelque chose de plus intéressant,
13:32où on parlera de Delphine,
13:34où on décortiquera les mécanismes de défense de Cédric Jubilard,
13:39pour essayer, et on y arrivera,
13:43de déjouir sa tentative de diminuer sa responsabilité.
13:46Merci Pauline Rongier, merci pour votre réaction.
13:50Je viens vers vous, Dominique Rizet,
13:51mais juste au référent, réagir à maître Fanny Vial.
13:54Bonsoir.
13:55Vous êtes avocate pénaliste au barreau de Paris.
13:58Est-ce que vous partagez l'avis de cette avocate que l'on vient d'entendre,
14:02qui représente donc une amie de Delphine Jubilard,
14:04qui n'y voit qu'une stratégie finalement pour tenter d'atténuer sa peine
14:10lors de son procès en appel devant les assises ?
14:13Je crois qu'il faut être quand même prudent à ce stade,
14:15parce qu'on n'a pas entendu M. Jubilard,
14:20et ça va quand même reposer à un moment donné sur la justice, sur les jurés.
14:24Donc il ne faut pas préjuger un petit peu et faire le procès en amont.
14:28Je pense aussi qu'il n'y a pas de profil type d'auteur de féminicide,
14:33et que venir dire que ça s'inscrit dans une stratégie bien huilée,
14:36à mon sens, on ne peut pas aller sur ce terrain-là.
14:40Et puis surtout, je crois que la véritable question à cette audience en appel,
14:45ça va être celle de la crédibilité,
14:47parce qu'en fait, il va se jouer effectivement une qualification,
14:51avec une intention ou non.
14:53Et je veux rappeler quand même qu'on passerait,
14:56si on ne retient pas l'intention de tuer,
14:59à une peine de 20 ans encourue,
15:01puisqu'il y a la circonstance aggravante
15:03que l'auteur est le conjoint, l'ancien concubin.
15:06Donc c'est quand même une peine bien moindre
15:09que celle qui l'encourait si on venait à retenir la préméditation,
15:14qui est la réclusion criminelle à perpétuité.
15:15Ça va être ça, l'enjeu de ce procès en appel.
15:18On va l'écouter dans un instant, l'avocat de Cédric Jubilard,
15:21sur pourquoi il aurait décidé de lui porter des coups.
15:28Mais je voudrais qu'on se replonge un peu, Dominique Rizet,
15:30quand même sur ce qui s'est passé aujourd'hui là,
15:32sur ce terrain, à 10 kilomètres de Cagnac-Limine,
15:35à 10 kilomètres du domicile,
15:36parce que l'avocat de Cédric Jubilard,
15:38il a quand même décrit un moment particulier.
15:41Racontez-nous comment ça se passe dans ces moments-là.
15:44On extrait Cédric Jubilard de sa cellule.
15:46Il part avec qui ?
15:48Qui est sur place ?
15:49Ça a commencé hier.
15:51Hier, donc, confrontation, rencontre,
15:55entre la présidente de la cour d'assises,
15:56qui joue le rôle finalement de juge d'instruction maintenant,
16:00et puis l'avocat de Cédric Jubilard.
16:03Là, il indique un lieu.
16:05Très vraisemblablement, les gendarmes
16:07qui ont connaissance de ce lieu
16:10et qui sont les enquêteurs à la section de recherche de Toulouse
16:12ont déployé sur place des équipes
16:15pour cadenasser, verrouiller le terrain.
16:19Et puis, on extrait Cédric Jubilard de sa cellule.
16:22Donc, c'est l'administration pénitentiaire, désormais,
16:25qui s'occupe de ça.
16:27À une époque, c'était un peu la police, un peu la gendarmerie,
16:29mais c'est l'administration pénitentiaire maintenant
16:31qui prend en charge les détenus,
16:33en toutes circonstances,
16:35sauf évidemment Nino Ferrara, Redouane Faïd
16:38et Mohamed Amra,
16:40qui sont escortés par le RAID ou par le GIGN.
16:43Donc, on l'emmène sur place.
16:45Sur place, il retrouve son avocat.
16:49Il y a un système, évidemment, de sécurité tout autour.
16:51Il y a la présidente de la cour d'assises qui est ici.
16:56Il peut y avoir d'autres avocats, d'ailleurs,
16:58d'autres personnes.
16:59Le parquet.
17:00Et puis, il y a des experts qui sont ici.
17:03Et Cédric Jubilard leur indique, leur dit,
17:05voilà, c'est ici, on est à l'endroit.
17:09Et c'est allé assez vite.
17:11C'est ce que dit l'avocat de Cédric Jubilard.
17:12Il était sûr à 90%.
17:14Bien sûr.
17:15Et l'avocat de Cédric Jubilard,
17:16je ne le ferai que le citer,
17:18décrit un moment, moi, ça m'a interpellé,
17:20il parle d'un moment de réconciliation générale
17:23avec ceux qui étaient présents.
17:26Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ?
17:28Alors, c'est compliqué parce que, vous voyez,
17:30les mots de l'avocat, on est tous en train de les discuter,
17:33de les décortiquer, réconcilier.
17:35Alors, on lui repose la question.
17:36Il nous répond, eh bien, c'est faire en sorte
17:41que se comprennent enfin que marche dans le même sens désormais
17:45la justice, les enquêteurs, Cédric Jubilard, son avocat
17:50pour aller vers une œuvre de vérité
17:52et pour aller vers le prochain procès d'assises
17:55qui attend Cédric Jubilard.
17:57Et on sait aussi que ça ne sera plus le 21 septembre
18:00parce que techniquement, ça n'est plus possible.
18:02– Ça peut se passer comme ça ?
18:04Il peut y avoir, comment dire, des sentiments aussi
18:07qui traversent ceux qui sont là.
18:10On n'est pas juste dans le factuel,
18:12on n'est pas juste dans l'horreur des recherches.
18:14– Justement, alors, au-delà de la stratégie,
18:17je serais moins prudent que maître Ville.
18:19Elle est plutôt dans le sens de ce que disait maître Rongier
18:21à l'instant.
18:22Je vais parler comme un gendarme,
18:24mais j'y vois quand même vraiment une stratégie
18:27de disqualification de la peine.
18:28– Oui, mais on rentre dans l'élément moral,
18:32c'est-à-dire qu'en quelque sorte,
18:34en faisant cette démarche qui est gagnante-gagnante pour lui,
18:38il se réhumanise, c'est-à-dire qu'en fait,
18:40il n'est plus de façon incompréhensible
18:43le monstre qui a tué la mère de ses enfants.
18:46Maintenant, il donne une explication.
18:48En collaborant avec la justice, je dirais,
18:50il allait dire, alors mes propos sont mesurés,
18:53il revient en quelque sorte un homme bafoué,
18:56un homme trahi, un homme trompé.
18:57– Alors justement, écoutons-le, son avocat,
18:59sur ce point, sur la manière dont il explique son geste.
19:03– C'est qu'il a décrit les circonstances
19:06dans lesquelles ce couple s'est dégradé
19:07pendant des mois et quelques années et pendant des mois.
19:10Il a exprimé un regret très fort à l'idée d'être resté
19:13dans cette maison, puisque ça a eu un effet catastrophique,
19:16avec des tensions très fortes de part et d'autre,
19:19et évidemment, un basculement terrible,
19:23un acte abominable comme il le décrit,
19:24et au moment du passage à l'acte,
19:26un débordement émotionnel extrêmement fort
19:29qui a déclenché le passage à l'acte,
19:31totalement irréfléchi, qu'il regrette aujourd'hui,
19:35sincèrement, contrairement à ce qu'on peut entendre.
19:36C'est assez désagréable d'entendre dire encore aujourd'hui
19:39qu'il s'agit d'une manipulation,
19:40alors qu'il a reconnu l'intégralité des faits
19:42et qui nous a amenés sur l'endroit
19:43où il y a manifestement la sépulture de Delphine.
19:45– Mathias Tesson, chaque mot compte,
19:47j'imagine, dans ses propos.
19:50Quelle stratégie, puisqu'on entend parler
19:52de stratégie, évidemment, de tous les côtés,
19:55qu'est-ce qui se dessine, là,
19:56dans les propos de l'avocat de Cédric Jubilard ?
19:58– Tous les éléments de contexte, d'explication
20:02que Cédric Jubilard ou ses conseils
20:04pourront fournir à la Cour d'assises d'appel,
20:08aux jurés, parce qu'effectivement,
20:10désormais, il y a encore, en tout cas,
20:12des ossements qui ont été retrouvés,
20:14mais il manque un certain nombre d'informations.
20:16Que s'est-il passé ce soir-là ?
20:19Que s'est-il passé avant les faits ?
20:22Qu'a-t-il à dire sur le contexte du couple
20:24qui, rappelons-le, se séparait ?
20:27Delphine envisageait de refaire sa vie
20:29très rapidement dans les jours et dans les semaines
20:32qui ont suivi sa disparition.
20:35Est-ce qu'il y a un élément déclencheur
20:36à ce que son avocat qualifie
20:38de débordement émotionnel ?
20:41On le sait, ce soir-là,
20:42il y a manifestement eu des échanges
20:44entre Delphine et son amant.
20:45Est-ce que c'est cet élément-là
20:46qui fait, et je vais citer
20:50l'avocat de Cédric Jubilard,
20:51qui le fait dégoupiller ?
20:53Est-ce que c'est ça qui s'est passé
20:55cette nuit-là ?
20:57Il manque aussi les conditions
20:59de passage à l'acte.
21:00Est-ce qu'il s'agit de coûts
21:02qui ont été portés ?
21:03Ça, on ne le sait toujours pas.
21:05Est-ce qu'on sait du moins
21:08s'il l'a dit à la juge d'instruction,
21:11s'il a livré plus d'éléments
21:13sur ce plan-là, sur la manière
21:15dont il l'aurait tué, si c'est lui ?
21:17Non, c'est le secret de l'instruction,
21:19là encore, qui se déroule.
21:21Et donc, évidemment,
21:23on n'a pas le contenu
21:24de son audition d'hier.
21:27Mais très probablement,
21:28il s'est exprimé dessus.
21:29Est-ce qu'il a admis avoir porté des coups ?
21:31Est-ce qu'il a, je ne sais pas,
21:33admis l'avoir étranglé ?
21:34Est-ce qu'il a fourni
21:35d'autres explications ?
21:37Est-ce qu'il a aussi dit
21:39ce qu'il a fait du corps après ?
21:41C'est-à-dire qu'il a emmené
21:42les enquêteurs sur cette zone,
21:43mais est-ce qu'il a...
21:45Vous savez, il y a cette hypothèse
21:47qui consisterait à croire
21:48qu'il l'a mise sur ses épaules,
21:50qu'il l'a mise dans le coffre
21:52de la voiture,
21:53et qu'il a roulé au point mort,
21:55phare éteint,
21:56un certain nombre de temps
21:57avant de le déposer
21:59dans cet endroit.
22:00Voilà, ce sont tous ces éléments-là
22:02qui manquent encore aujourd'hui
22:04dans le récit et dans la chronologie
22:06exacte de ce qui s'est passé.
22:07Mais lui essaie quand même
22:09au travers de son récit
22:10d'écarter le côté prémédité.
22:12On est bien d'accord ?
22:13C'est ça qui se dessine ?
22:14Oui, complètement.
22:15Mais c'est vrai que la préméditation,
22:17elle se pose réellement
22:18lorsqu'on écoute notamment
22:21la mère de M. Jubilard
22:23qui vous explique
22:24qu'elle s'en veut beaucoup
22:26parce qu'elle aurait eu
22:27les confidences de son fils
22:28qui lui aurait dit
22:30qu'il voulait la tuer
22:32et qu'il n'en pouvait plus.
22:33Donc, la question de la préméditation
22:35et y compris avec ce qui vient
22:37d'être rappelé
22:37sur factuellement
22:39comment il s'est organisé
22:41après pour emmener
22:43le corps de la défunte,
22:45tout ça va poser quand même
22:47de lourdes questions.
22:49Et c'est vrai qu'à ce stade,
22:51on peut quand même imaginer,
22:54ne serait-ce qu'en termes
22:55de crédibilité,
22:56que les violences volontaires
22:58ayant entraîné la mort
22:59sans intention de la donner,
23:01ce soit peut-être
23:02un peu fort de café
23:04d'aller sur ce terrain-là.
23:06Pourquoi parle-t-il maintenant ?
23:07Il espère être réhabilité,
23:09il exprime des regrets
23:10très forts,
23:12il veut aussi entendre
23:14ce que disent ses enfants,
23:15c'est ce que nous dit
23:16l'avocat de Cédric Jubilard.
23:17Mais alors,
23:17qu'est-ce qui a pu se passer
23:19dans sa tête
23:20pendant quasiment six ans ?
23:22Écoutez, là encore,
23:23les explications
23:24de l'avocat de Cédric Jubilard.
23:26Ce qui est certain
23:27et on en a encore parlé
23:28aujourd'hui,
23:28c'est qu'il a commencé
23:30à décrire l'engrenage
23:31du mensonge
23:31dans lequel il s'est enferré
23:33et duquel il lui a été
23:34très difficile de s'extirper.
23:35C'est un processus psychologique
23:37qui peut être fascinant,
23:38qui est terrible
23:38et fascinant à la fois.
23:40Ça a pris du temps
23:40et il est évident
23:42que les considérations
23:43liées à ses enfants
23:44ont eu un rôle important.
23:46C'est évident
23:46puisqu'encore une fois,
23:47aujourd'hui,
23:48il cherche à être réhabilité
23:52et il exprime
23:53un repentir totalement sincère.
23:54Il s'est enfermé
23:55dans le mensonge
23:56pendant cinq ans,
23:57Dominique Rizet ?
23:58Il s'est enfermé
23:59dans le mensonge
24:00pendant cinq ans.
24:00Il était à l'isolement
24:01donc il souffrait.
24:03Les gendarmes
24:03se sont mal comportés
24:04avec lui.
24:05Je voudrais revenir
24:06sur ce que disait
24:07Fanny Vial à l'instant.
24:08C'est vrai qu'il va avoir
24:09du monde en face de lui.
24:10Il a ses avocats
24:11qui sont combattifs,
24:12qui préparent
24:14leur dossier.
24:15Quand l'avocat dit
24:16qu'il a des goupillés,
24:18sous-entendez,
24:19est-ce qu'il était
24:20dans son état normal ?
24:21Article 122,
24:22discernement altéré,
24:23discernement aboli,
24:24c'est ça que ça veut dire.
24:25Quand l'avocat dit
24:26qu'il a enseveli
24:28le corps sommairement,
24:29ça veut dire
24:30pas de prémédiation possible.
24:31Il est parti,
24:32il a paniqué,
24:33s'est débarrassé du corps,
24:34il l'a posé là.
24:35Mais en face de lui,
24:37si on a un Cédric Jubilard
24:38qui décide aujourd'hui
24:39de parler
24:40et pourquoi pas sincèrement,
24:41il a envie
24:43d'offrir une sépulture
24:45à la mère de ses enfants,
24:48il y a quand même
24:49l'homme qui va comparaître.
24:50Est-ce qu'il va rester
24:51le même
24:51que celui qu'on a connu,
24:53ceux qui ont suivi le procès,
24:54en tout cas,
24:54qui nous parlent
24:55d'un homme fermé ?
24:56C'est-à-dire que
24:56s'il a cette stratégie
24:58de défense,
24:59c'est celle de ses avocats,
25:00il va falloir que lui,
25:01il suive ses avocats,
25:02qu'il se lève dans le boxe
25:04et qu'il se mette à parler,
25:05ce qu'il n'a jamais fait,
25:06en disant profondément
25:08j'ai fait du chemin,
25:09ça fait six ans
25:10que je suis en prison,
25:10je regrette ce que j'ai fait,
25:12j'ai pris conscience,
25:13j'ai parlé avec ma psy
25:14en prison,
25:15donc il y a ça.
25:16Mais en face de lui,
25:16il aura du monde
25:17et vous le disiez
25:18tout à l'heure,
25:18Fanny,
25:19donc sa mère,
25:21sa mère Nadine,
25:22il lui parle
25:23sur le parking
25:24de son travail,
25:24l'anecdote que vous citez,
25:26il lui raconte
25:27que Delphine l'ignore,
25:28qu'elle veut partir
25:29et il lui dit
25:30j'en ai marre,
25:30je vais la tuer,
25:31je vais l'enterrer,
25:32personne ne la retrouvera.
25:33On l'a quand même,
25:34elle a été tuée,
25:39on est le 16 mai 2021,
25:40un mois avant
25:42qu'il soit mis en examen
25:43pour meurtre sur conjoint,
25:44il lui dit
25:45n'oublie pas,
25:46j'ai commis le crime parfait.
25:47Il va parler aussi
25:48à Marco,
25:49son co-détenu,
25:50enfin le détenu
25:50de la cellule d'à côté,
25:51en lui disant
25:52voilà ce que j'ai fait,
25:53il va parler à Séverine,
25:55son amoureuse,
25:56en lui disant
25:56j'ai passé mon bras
25:57derrière son cou,
25:57voilà comment je l'ai étranglé.
25:59Il y a quand même,
26:00quand je dis
26:01il a du monde
26:01en face de lui,
26:03les gens vont arriver,
26:04les avocats vont arriver
26:05avec tout ce matériel.
26:06Écoutons Jennifer,
26:07son ex-compagne,
26:09écoutons ce qu'elle disait,
26:11elle témoignait
26:11au micro de BFMTV
26:12de Maxime Rangstetter
26:14en septembre 2025.
26:17Ce que Cédric m'a dit
26:19vraiment,
26:19c'est dire qu'il me l'a
26:20vraiment dit
26:22et que en fait
26:24les discussions,
26:26le fait qu'il ait
26:28tué sa femme et tout,
26:28ça devenait banal
26:30dans les discussions
26:31qu'il avait avec moi
26:32et que c'était
26:34quelque chose
26:35qui était comme acté
26:36et que vraiment
26:39pour ceux
26:39qui en doutent encore,
26:42Cédric,
26:43vraiment,
26:44moi,
26:45je n'en doute plus
26:46parce qu'il l'a dit,
26:47redit
26:48et ça faisait partie
26:50des discussions.
26:51Quand on écoute
26:51cette Jennifer,
26:52on se dit qu'elle
26:54savait avant tout le monde
26:55ce qu'elle disait,
26:57c'est exactement
26:57ce qui est en train
26:58de se produire.
26:59Oui, mais je pense
27:00qu'il y a un double aspect
27:01aux déclarations
27:02qu'a faites
27:03Cédric Jubilard.
27:04J'ai commis le prime
27:05parfait,
27:06je vais la tuer.
27:07Il y a un élément,
27:08il y a un fil rouge
27:09dans ce dossier,
27:10c'est qu'il est toujours
27:11le maître du jeu
27:13et c'est tellement
27:14outrancier,
27:15c'est tellement dangereux
27:16pour lui
27:17de faire des confessions,
27:19pas des aveux,
27:20en parlant à l'entourage
27:21de la victime.
27:21Mais en même temps,
27:21il est le seul
27:22à détenir la vérité
27:23donc forcément
27:24c'est le maître du jeu.
27:25Et ça attire
27:26la lumière sur lui,
27:27c'est-à-dire que quelqu'un
27:28je dirais de normalement
27:29réfléchi ne tient pas
27:30ce genre de propos
27:31qui vont forcément
27:32l'accabler.
27:33Donc, pourquoi fait-il ça ?
27:35Est-ce que ça n'est pas
27:36simplement pour se mettre
27:37en valeur avec des éléments
27:38qui finalement sont
27:39assez peu vérifiables,
27:41parole contre parole ?
27:42Non, je n'ai jamais dit ça
27:43mais qui lui permettent
27:45d'être sur le devant
27:47de la scène,
27:48d'imprimer son rythme,
27:49d'imprimer des éléments
27:50qu'il va ensuite contester
27:52mais qui lui permettent
27:53j'allais dire
27:54de garder la main
27:55dans la conduite
27:56de l'enquête
27:56et puis d'un point de vue
27:58médiatique
27:58pour se mettre
27:59dans la lumière.
27:59Je vous l'avais dit,
28:01je ne vous ai pas menti,
28:02maître,
28:03c'est ce qu'il aurait
28:04adressé à son avocat
28:06au moment où les ossements
28:08ont été retrouvés,
28:09Dominique Rizé.
28:10Il parle de lui,
28:11il parle encore de lui,
28:12je, je, je,
28:14je vous l'avais dit,
28:16maître,
28:16je ne vous ai pas menti,
28:18on l'a questionné,
28:19on était tous ensemble,
28:22on a questionné son avocat.
28:24Moi j'aurais aimé entendre,
28:26ce qu'on aimerait entendre
28:27et la vérité
28:28de ce qu'il est dit,
28:29c'est qu'il y a un monde
28:30parfois,
28:31j'aurais aimé entendre
28:31une parole
28:32pour Delphine,
28:34une parole,
28:35mais qu'est-ce que j'ai fait ?
28:37Mais qu'est-ce qui m'a pris ?
28:39Je ne comprends toujours pas,
28:42comment j'ai pu lui faire ça ?
28:43Vous voyez,
28:44ce n'est pas ça,
28:45c'est je, je, je.
28:46On va peut-être écouter
28:47la manière dont il décrit
28:49son acte,
28:49il parle d'un acte abominable,
28:53c'est ce qu'a déclaré aussi son...
28:55Non, c'est son avocat
28:56qui parle d'un acte abominable.
28:58Non, il rapporte...
29:00Écoutons, écoutons.
29:01Est-ce qu'il nous dit,
29:01il m'a dit qu'il avait commis
29:02un acte abominable ?
29:04Il peut que vous y ayez...
29:05Il a fait des déclarations spontanées,
29:06c'est-à-dire qu'on n'a pas eu besoin
29:08de lui poser la moindre question.
29:09Il a expliqué précisément
29:10ce qui s'était passé,
29:12quel était le contexte
29:13dans lequel cet acte abominable,
29:15et là, je le cite,
29:16c'est lui qui parle d'un acte abominable
29:17a été commis par Cédric Jubilard,
29:19comment il a déplacé
29:21le corps de son épouse
29:22et dans quelles circonstances
29:23il a enseveli le corps
29:25là où les fouilles ont eu lieu ce matin.
29:26Donc, il a fait des déclarations
29:27très précises,
29:28il a coopéré et collaboré
29:29entièrement avec la justice,
29:30comme les magistrats l'ont d'ailleurs rappelé.
29:32L'objectif est accompli.
29:35C'est une journée triste pour la famille de Delphine,
29:37bien évidemment.
29:38Pour une fois, j'avais raison.
29:39Vous aviez raison, Alice.
29:40Il dit donc,
29:41il parle d'un acte abominable,
29:42mais ce qui est important aussi
29:43dans ce que dit son avocat,
29:45c'est que visiblement,
29:45il a livré des informations
29:47sur la manière dont il l'a transportée,
29:50comment il a enfoui ce corps.
29:53Ça, ça va compter quand même,
29:54ça va aider pour les heures qui viennent,
29:56pour les recherches.
29:57Oui, mais justement,
29:57je pense que c'est dans la même logique,
29:59c'est-à-dire qu'à partir du moment
30:00où il a reconnu les faits,
30:03il ne peut pas ne pas collaborer
30:05avec la justice,
30:06sinon ça n'a aucun sens.
30:07Oui, j'accepte cette réhumanisation
30:09dont je parlais à l'instant.
30:11Oui, c'est effectivement moi
30:12qui est comme il est fait.
30:14J'en apporte la preuve absolue
30:15puisqu'en donnant l'endroit
30:17où se trouve le corps,
30:18j'apporte aux enquêteurs
30:19un élément qu'ils ignoraient.
30:20Et puis, à partir de ce moment-là,
30:23tout s'enchaîne logiquement.
30:24On n'imagine pas un Cédric Jubilard
30:26qui avouerait et qui au dernier moment,
30:28au moment de se déplacer sur les lieux,
30:30refuserait d'aller indiquer aux enquêteurs
30:33sur l'endroit où se trouve potentiellement sa femme.
30:35Philippe Boxo est avec nous,
30:37médecin légiste, criminologue
30:38et auteur de la mort en face.
30:41Merci d'être avec nous
30:42sur l'antenne de BFM TV
30:44dans BFM Soir.
30:46Je voudrais avoir évidemment
30:47votre première réaction,
30:49première analyse à cette information.
30:50C'est l'une des informations importantes
30:52évidemment de cette journée.
30:54Des ossements retrouvés,
30:56de fémurs et même peut-être plus
30:58selon les informations de BFM TV
31:01qui ont été retrouvées ce matin.
31:02Qu'est-ce qui va se passer ?
31:03Est-ce que les choses vont s'accélérer
31:05assez rapidement ?
31:06Est-ce qu'on va savoir,
31:07dans les heures qui viennent,
31:09s'il s'agit bien de Delphine Jubilard ?
31:12Je crois qu'il y a un peu de doutes
31:13quant au fait que ce soit Delphine Jubilard.
31:15Il y en a 99,999% de chances
31:18que ce soit telle,
31:19mais néanmoins,
31:20on a besoin de certitude.
31:21Donc ce qu'ils vont faire en premier chef,
31:23puisqu'on n'a pas la tête,
31:25il ne sera pas possible
31:25d'examiner la dentition,
31:27il ne sera pas possible
31:27de faire ce que nous appelons
31:28l'appel dentaire,
31:30c'est-à-dire la recherche des dents,
31:31des soins qui ont été conférés aux dents
31:33et qui permettent d'identifier quelqu'un
31:35par comparaison entre la dentition
31:37retrouvée sur place
31:38et les fiches dentaires de la victime
31:41de son dentiste.
31:42Ça, on oublie,
31:43puisque semble-t-il,
31:44le crâne n'est pas là.
31:45Donc on est bien obligé de se tourner,
31:46c'est la dernière solution,
31:47c'est la meilleure aussi,
31:48c'est vers l'ADN.
31:50Alors j'ai peine à croire
31:51que la police n'a pas déjà
31:53l'ADN de Delphine Jubilard,
31:55prélevé sur une brosse à dents,
31:56sur une brosse à cheveux,
31:57via les membres de sa famille.
31:58Donc ils l'ont,
32:00j'en suis persuadé.
32:02Et puis d'autre part,
32:03ils vont avoir sur les eaux
32:04que l'on a retrouvées,
32:06même s'il y a 5 ans,
32:07il y a encore des traces d'ADN
32:08qui sont exploitables.
32:10Ce sera peut-être difficile,
32:11mais c'est faisable à mon sens.
32:12Et à partir de là,
32:13on pourra comparer les ADN
32:15et effectivement vérifier
32:16que c'est bien le corps
32:17de Delphine Jubilard.
32:18Ça, c'est la première chose.
32:19La deuxième chose,
32:20c'est que les eaux
32:21semblent avoir été dispersées.
32:22En tout cas,
32:23on n'a pas l'impression
32:24qu'ils ont un squelette complet.
32:26On a l'impression
32:26qu'ils ont des fragments
32:27de squelettes.
32:28Et d'ailleurs,
32:29ils sont toujours en train
32:30de quadriller la zone
32:31pour tenter de retrouver
32:33d'autres éléments
32:33qui auraient été dispersés.
32:35On a parlé d'une moissonneuse
32:36à un moment donné.
32:37On parle de beaucoup de choses.
32:38En fait, on n'en sait rien.
32:40Mais ce qui est sûr,
32:41c'est qu'on n'a pas tout
32:42pour l'instant.
32:42Sinon, on le saurait.
32:44Mais qu'est-ce que vous inspire,
32:45Philippe Boxo ?
32:46Il y a effectivement
32:46beaucoup de choses
32:47qu'on ne sait pas.
32:48Mais on a quand même
32:48des images qui nous parviennent
32:51grâce aux équipes de BFM TV.
32:52On voit bien que c'est
32:54un champ en jachère,
32:57visiblement.
32:58Le maire de la commune
32:59parlait tout à l'heure
32:59d'un sol très dur,
33:01pas plus de 15 à 20 cm de terre,
33:04des cailloux.
33:04Mais ce n'est pas non plus
33:05un terrain qui est totalement
33:06isolé du reste du monde.
33:08Il est accessible.
33:09C'est ce qu'il nous disait aussi.
33:10Ah oui.
33:11Eh bien, fréquemment,
33:12vous savez,
33:13quand on fait des battus,
33:14ça m'est déjà arrivé plusieurs fois
33:15de participer à des battus
33:15pour retrouver des cadavres
33:16avec les forces de l'ordre,
33:18on passe carrément à côté
33:19de certains cadavres
33:20qui pourtant sont à peine
33:21recouverts par des feuilles
33:23ou de la terre.
33:24Donc ça,
33:25ce n'est pas quelque chose
33:26d'exceptionnel.
33:27ça arrive.
33:28Ça arrive qu'on passe à côté,
33:30même dans des zones
33:30où l'on a fouillé.
33:33Dernière question,
33:34Philippe Boxo,
33:35sur ces recherches
33:38des ossements retrouvés,
33:40de fémurs,
33:41peut-être plus.
33:42Ça,
33:42ce sont les informations
33:43dont nous disposons
33:44depuis ce matin maintenant.
33:46Je le disais,
33:46les choses sont allées vite
33:47et en fin de journée,
33:49selon nos informations,
33:50ces ossements étaient
33:51toujours sur site,
33:52toujours sur place.
33:53pourquoi ne sont-ils pas
33:55transférés dans la foulée
33:56vers Pontoise
33:57où ils sont censés
33:58être analysés
34:00par les meilleurs experts ?
34:02Je crois qu'on est
34:03dans une phase
34:04pour l'instant de recherche.
34:05On est en train
34:05de les collecter,
34:07de les collationner.
34:08Ensuite,
34:08on va voir
34:09si tous les segments
34:10correspondent.
34:11On va faire une première
34:12analyse sur place.
34:13Ce n'est pas très difficile
34:14à faire.
34:14Et puis,
34:15il faudrait les analyses
34:15plus poussées à l'heure
34:16effectivement faites en laboratoire.
34:19Celles-là vont prendre du temps,
34:20notamment l'ADN
34:21qui va prendre quand même
34:22quelques heures.
34:22en fonction des difficultés
34:24ou non d'amplifier l'ADN
34:26que l'on va trouver
34:26sur les os.
34:27Et puis,
34:28ce que l'on cherche
34:29sur les os,
34:29évidemment,
34:29c'est des traces.
34:30Et sur les os,
34:31la seule trace
34:32qu'on peut trouver,
34:32c'est des traces
34:33de traumatisme,
34:34mais certainement pas
34:35des traces de strangulation.
34:36Ça,
34:36vous ne les trouverez pas.
34:37Donc,
34:38même si on a
34:38les os du cou,
34:39même si on a
34:40la région du cou,
34:41le crâne
34:41et le segment thoracique supérieur,
34:43s'il y a eu strangulation,
34:45il est vraisemblable
34:46qu'on ait aucune trace
34:47qui permet de le montrer.
34:49Merci beaucoup,
34:50Philippe Boxo,
34:51pour ces précisions.
34:53Revenons donc
34:54à ce qui s'est joué
34:55ce matin.
34:56En fait,
34:57c'est ce que nous disait
34:57le maire tout à l'heure
34:59de cette commune
34:59dont je n'arrive pas
35:00à retenir le nom.
35:01On l'a cherché tout à l'heure
35:02avec Dominique Lisset.
35:04Mayoc.
35:05Merci.
35:05On est donc à 10 kilomètres
35:07de Cagnac-les-Mines,
35:09Mathias Tesson.
35:10Les choses ont commencé hier
35:11et ça s'est accéléré ce matin.
35:13Le maire dit
35:13qu'il a reçu un coup de fil
35:14et qu'il a dû se rendre
35:15sur zone.
35:15Oui,
35:16si on retrace le fil
35:17des événements,
35:17effectivement,
35:18tout commence hier
35:18dans la plus grande discrétion
35:20quand Cédric Jubilard
35:21est extrait de sa cellule
35:22de la prison de Seyss
35:23dans laquelle il se trouve.
35:25En fait,
35:26il est d'abord présenté
35:27à une magistrate,
35:28pas n'importe laquelle,
35:30la présidente
35:30de la cour d'assises
35:31de Haute-Garonne
35:31qui est désormais
35:32la seule à avoir la main
35:33sur ce dossier
35:34qui est désormais
35:35complètement fermé.
35:37Dans ce bureau,
35:38il va confirmer
35:40ses aveux.
35:41Il va confirmer
35:42être à l'origine
35:42de la mort de sa compagne
35:44et il va dire
35:45détenir des informations
35:46très précises
35:47sur la localisation
35:47de son corps.
35:48Dès le lendemain,
35:49c'est-à-dire très tôt ce matin,
35:51ses recherches,
35:52ses fouilles sont organisées.
35:53Alors,
35:54une centaine de gendarmes
35:55qui convergent donc
35:56au même endroit,
35:57des gendarmes départementaux
35:58pour assurer la sécurité,
36:00les enquêteurs
36:01de la section de recherche
36:02de Toulouse,
36:03des gendarmes spécialisés
36:04de l'IRCGN
36:06qui sont aussi sur place.
36:07Tout ce petit monde arrive,
36:09dresse des tentes,
36:10comme on le voit,
36:11je crois,
36:12sur ces images.
36:13Et très vite,
36:14ils vont procéder
36:15à ces recherches
36:15sur un endroit vraiment
36:16très précis
36:17que Cédric Jubilard
36:18leur a indiqué.
36:19Et peu avant 10h,
36:21nous dit-on,
36:21c'est là qu'ils vont faire
36:23la terrible découverte,
36:24découvrir ces ossements
36:27sur ce champ,
36:29sur cette zone
36:30manifestement rurale.
36:32Et en fait,
36:32ces recherches
36:33ne se sont pas arrêtées là.
36:34Elles ont persisté
36:35encore dans la journée.
36:36Elles pourraient encore durer
36:37plusieurs jours,
36:38le temps que d'autres éléments
36:40puissent éventuellement
36:41être retrouvés.
36:42Il y avait quand même
36:43un escadron de gendarmerie mobile,
36:46section de recherche
36:46de tout,
36:47vous avez dit,
36:47l'Institut de recherche criminelle,
36:48cinq équipes
36:49cynophiles
36:50sur une même opération.
36:52C'est ce que nous faisaient savoir
36:55les experts
36:56qui sont habitués
36:56à intervenir
36:57sur ces plateaux.
36:58C'est énorme.
36:59D'habitude,
37:00c'est environ deux.
37:01Quel rôle
37:01ils ont pu jouer,
37:02messieurs ?
37:02Alors,
37:03l'escadron de gendarmerie mobile,
37:04c'est pour encercler la zone.
37:06Ils n'ont aucune compétence
37:07d'enquête,
37:08évidemment,
37:09simplement pour éviter
37:10que la presse,
37:11que des curieux,
37:12viennent perturber
37:13les opérations de recherche.
37:15Ensuite,
37:15les enquêteurs
37:16de la section de recherche,
37:17parce que ce sont
37:17les officiers de police judiciaire
37:19en charge de l'enquête,
37:20donc il y a toujours un PV,
37:21il y a toujours un acte
37:22de procédure
37:23qui est fait.
37:24Et puis ensuite,
37:25les gens de l'Institut
37:26de recherche criminelle
37:27de la gendarmerie
37:27pour les opérations
37:29de police technique
37:29sur place,
37:30c'est-à-dire
37:31le quadrillage de la zone,
37:32c'est-à-dire
37:33le collationnement
37:34des indices,
37:34des éléments de squelettes,
37:36puisqu'on a l'impression
37:36qu'effectivement
37:37ça n'est pas complet.
37:38et puis
37:39l'inventaire
37:42de tous les éléments
37:44qui sont retrouvés,
37:45photos,
37:46radars,
37:47tridimensionnels,
37:48survol avec des drones
37:50de façon à parfaitement
37:51situer dans l'espace,
37:52c'est-à-dire
37:52tous les éléments
37:53de police technique
37:54que l'on connaît
37:55avec une prise de scellés,
37:57avec un numérotage
37:58des scellés,
37:58un repérage
37:59sur le terrain
38:00de façon à avoir
38:01des constatations
38:02qui soient aussi complètes
38:03que possible,
38:04sachant que dans
38:05une enquête criminelle
38:06la seule chose
38:07qu'on ne peut pas refaire
38:09ce sont les constatations
38:10sur place.
38:11Tout le reste ça se refait,
38:12on peut refaire
38:12une perquisition,
38:13on peut refaire
38:13une autopsie.
38:14Lorsque l'on est parti
38:15de la scène de crime
38:16ou dans ce cas-là
38:17de la scène de dépôt du corps,
38:19on ne peut plus y retourner
38:20de façon évidemment
38:21aussi sereine
38:22et aussi efficace.
38:23Alors important de dire
38:24quand même pour compléter
38:24ce que vient de dire Jacques,
38:25c'est que les gendarmes
38:27vont pas seulement aujourd'hui
38:29rechercher les restes
38:31de Delphine Jubilard,
38:32ils vont aussi procéder
38:32à la mise en scène
38:36en 3D
38:37de la découverte
38:38de cet endroit
38:41où se trouvent
38:41les restes de Delphine.
38:43C'est-à-dire qu'ils vont filmer
38:44comme ils le font
38:45toujours maintenant
38:46avec cette fameuse caméra
38:47dont j'oublie toujours le nom,
38:49qui filme en 3D
38:50donc tout l'endroit
38:52afin de pouvoir y revenir,
38:54c'est-à-dire en dehors
38:55de cet endroit,
38:56on pourra dans une pièce
38:57quelque part
38:59reprojeter
38:59le lieu de la découverte
39:01du corps
39:01en 3D
39:02on pourra presque
39:03revenir le visiter
39:06en plus des films
39:07qui auront été faits
39:08évidemment des vidéos
39:09et ça permet
39:10ça permet aussi
39:11si on se pose une question
39:12de se réinstaller
39:15dans la scène de crime
39:16enfin c'est du virtuel
39:17c'est du virtuel
39:18mais c'est le monde
39:19de la police technique
39:21et scientifique
39:21dans lequel
39:22on avance
39:23et on marche aujourd'hui
39:24dans lequel on évolue.
39:25Allons justement sur place
39:26là où tous ces moyens
39:27que vous décrivez
39:28sont encore déployés
39:29ils vont rester
39:30pendant plusieurs jours
39:31parce que ça va continuer
39:33on est avec vous
39:34Paul Conge
39:35là où tout s'est joué
39:36donc aujourd'hui
39:37et vous avez pu échanger
39:40ces dernières heures
39:40avec différents interlocuteurs
39:42importants de cette affaire
39:43quelles sont les dernières informations
39:45dont vous disposez ce soir ?
39:49Oui effectivement
39:50et ce qu'on a appris
39:50dans ces dernières heures
39:52c'est que les gendarmes
39:53ce matin ont exhumé
39:54plusieurs ossements
39:55sur les indications
39:56de Cédric Jubilard
39:58et que parmi ces ossements
39:59exhumés
39:59il y avait donc
40:00deux fémurs
40:01ce sont les os de la cuisse
40:02mais aussi
40:02d'autres os humains
40:04on ne sait pas exactement
40:05en quelle quantité
40:06en revanche
40:07ce sont des restes
40:08incomplets
40:09mais l'avocat
40:10de Cédric Jubilard
40:11maître Patrick de Buisson
40:12nous disait tout à l'heure
40:13que c'était déjà
40:14miraculeux
40:15d'avoir retrouvé quelque chose
40:16plus de 5 ans et demi
40:17après les faits
40:18ce que nous dit aussi
40:19l'avocat
40:20c'est que
40:20Delphine Jubilard
40:21avait en réalité
40:22été enterrée
40:23par Cédric Jubilard
40:24de manière très rudimentaire
40:26et ce matin
40:27d'après plusieurs sources
40:28qui étaient présentes
40:29lors des fouilles
40:29et bien ces ossements
40:30ont d'ailleurs été retrouvés
40:32assez rapidement
40:33pas très profonds
40:34sous quelques centimètres
40:36et c'est vrai que
40:37dans cette partie du Tarn
40:38les sols sont très rocailleux
40:40c'est impossible
40:41d'y enterrer
40:42un corps très profondément
40:43et c'est donc ce lieu
40:44qu'a choisi Cédric Jubilard
40:46et il est étonnant
40:46il est étonnant
40:47parce qu'en fait
40:48on n'est pas tout à fait
40:48à l'abri des regards
40:49ici
40:50c'est vrai qu'autour de nous
40:51il y a des champs
40:52à perte de vue
40:52des bois
40:53mais il y a aussi
40:53des chemins
40:54une route départementale
40:55la D600
40:56qui mène jusqu'à Albi
40:57il y a donc du passage
40:58et pourtant
40:59personne
40:59personne n'avait retrouvé
41:00qui que ce soit ici
41:02depuis le mois de décembre 2020
41:03la zone n'avait d'ailleurs
41:04pas été fouillée
41:05par les gendarmes
41:06à l'époque
41:07alors maintenant
41:07ce soir
41:08demain et dans les jours à venir
41:09les enquêteurs vont continuer
41:10de ratisser la zone
41:11parcelle par parcelle
41:13pour essayer de trouver
41:14d'autres éléments
41:15d'autres ossements
41:15peut-être
41:16parce que maintenant
41:17pour eux
41:17la priorité évidemment
41:18c'est déjà de confirmer
41:20que ces restes
41:20sont bien ceux
41:21de Delphine Jubilard
41:22Paul Conge
41:23et Valentine Rib
41:25écoutez
41:26ce que raconte
41:27l'avocat de Cédric Jubilard
41:29de ce moment donc
41:30où les ossements
41:31sont retrouvés ce matin
41:33ce qui est intéressant
41:34c'est qu'il y a eu
41:34un moment rare
41:35très fort
41:36puisqu'encore une fois
41:37c'est l'aboutissement
41:37d'une enquête hors normes
41:38qui s'est accélérée
41:39depuis quelques mois
41:40depuis qu'on intervient
41:41dans le dossier
41:41et il y a eu un moment
41:43d'une forme de réconciliation
41:45de tout le monde
41:46alors malheureusement
41:47la famille n'était pas là
41:49ça aurait été bien
41:49si j'avais pu le faire
41:50j'aurais pu appeler
41:51moi-même les enfants
41:52j'ai demandé
41:53aux magistrats
41:54si je pouvais appeler
41:54les avocats des enfants
41:55pour les prévenir immédiatement
41:56les magistrats ont préféré
41:58le faire à ma place
41:58mais l'information
41:59a été transmise
42:00c'était très important
42:00pour moi
42:01que les enfants
42:02puissent avoir l'information
42:03de ma part
42:03et le soutien psychologique
42:04et le mien
42:05même si je suis l'avocat
42:06de Cédric Jubilard
42:07parce que j'ai un cœur
42:07qui bat moi aussi
42:08mais à côté de ça
42:09il y a eu un moment
42:10un beau moment
42:11de réconciliation
42:12avec avocat général
42:13d'un côté
42:14juge d'instruction de l'autre
42:15avocat de la défense
42:16enquêteur
42:16et évidemment
42:17Cédric Jubilard au milieu
42:18c'était un moment fort
42:20sur le plan professionnel
42:21évidemment
42:22et sur le plan humain aussi
42:23Pauline Rangier
42:24est de nouveau avec nous
42:25avocate d'Émy
42:27qui est une amie
42:27de Delphine Jubilard
42:29je voulais vous entendre
42:30à nouveau
42:30sur ce que décrit
42:31l'avocat de Cédric Jubilard
42:33ce moment de réconciliation
42:35qu'est-ce que ça vous inspire ?
42:38Alors je pense qu'effectivement
42:40ça a dû être
42:41un vrai moment
42:41d'émotion
42:43professionnellement
42:44et puis
42:44et puis
42:45oui humainement
42:46entre
42:48les professionnels
42:49de la justice
42:49parce que
42:50finalement
42:51tous concourent
42:52quand même
42:52à un idéal
42:54de justice
42:55et il faut quand même
42:56saluer
42:56c'est vrai
42:57le travail
42:58là des avocats
42:59de la défense
42:59qui ont permis
43:01d'arriver
43:02à ses demi-aveux
43:04et puis
43:04à la découverte
43:06du corps
43:07de Delphine
43:08maintenant
43:09je ne crois pas
43:11en un grand moment
43:12de sincérité
43:13d'émotion
43:14et
43:16de cohésion
43:17qui implique
43:18véritablement
43:19Cédric Jubilard
43:20et si je n'y crois pas
43:22c'est vrai
43:22que c'est au regard
43:24de la personnalité
43:26de celui-ci
43:27tel qu'elle a été
43:29expertisée
43:30décrite dans le dossier
43:31et tous les éléments
43:32du dossier
43:33alors bien sûr
43:35c'est aussi
43:37quelque chose
43:38que je mets en lien
43:39avec une expérience
43:40en matière
43:41d'affaires de féminicides
43:43où on voit bien
43:44que le chef
43:45du féminicide
43:46est toujours dans la recherche
43:47de son propre intérêt
43:48au moment de sa défense
43:50mais il y a aussi
43:51beaucoup d'éléments
43:52dans le dossier
43:52qui le montrent
43:54voilà
43:54donc
43:55je pense qu'effectivement
43:57c'est un beau moment
43:58de justice
43:59mais pourquoi
44:00dans ces moments-là
44:01Pauline Rongier
44:02les avocats des enfants
44:03ne sont pas présents
44:04il n'y a aucun avocat
44:05des partis civils ?
44:08alors je pense
44:09que ça aurait pu être le cas
44:11maintenant
44:11compte tenu
44:13de l'ampleur médiatique
44:15de cette affaire
44:16je peux tout à fait
44:18comprendre
44:18et même trouver
44:19qu'il s'agit
44:20d'une bonne décision
44:21de justice
44:22d'avoir pris la décision
44:23de le faire
44:24au maximum
44:25dans le secret
44:26pour que
44:26pour que
44:27les lieux
44:28ne soient pas
44:29ne soient pas trop
44:31pollués
44:31par
44:33voilà
44:33par des gens
44:35qui viendraient
44:35etc.
44:36que ça reste
44:36le plus secret possible
44:38ça c'est quelque chose
44:39que je conçois
44:40que je conçois très bien
44:42et donc
44:43donc oui
44:44c'est pas
44:44c'est pas un problème
44:46procédural
44:46qu'il n'y ait pas eu
44:47d'avocat de participer
44:48c'est plus peut-être
44:50un souhait
44:50de leur part
44:51vu le contexte
44:52et vu les circonstances
44:53merci Pauline Rongier
44:54vous vouliez réagir
44:55là-dessus peut-être
44:57moi ça m'a interpellé
44:58encore une fois
44:59ce moment de réconciliation
45:00ce qui peut se passer
45:02dans ces scènes
45:04qui sont quand même
45:05très particulières
45:06où il y a
45:07quelques interlocuteurs
45:09un peu à l'abri
45:10des regards
45:11je vous voyais
45:12écouter attentivement
45:12ce que disait
45:13maître Pauline Rongier
45:14oui effectivement
45:15c'est sûr
45:16qu'il y a eu
45:18peut-être
45:19une certaine maladresse
45:20de la défense
45:21puisqu'en fait
45:21lors de la conférence
45:23de presse
45:23il semblerait
45:24qu'aucun des avocats
45:25des partis civils
45:25n'était informé
45:26en fait
45:26de la tenue
45:27de cette conférence
45:28de presse
45:28et ce qui allait
45:29s'y dire
45:30donc ils apprennent
45:31en pleine conférence
45:32de presse
45:32qu'en fait
45:33il revient
45:34sur ce qu'il a dit
45:34qu'il fait des aveux
45:36donc ce sont des éléments
45:37extrêmement importants
45:38qu'il découvre
45:39en même temps
45:39que tout un chacun
45:40ce qui peut être
45:41plus que désagréable
45:43dans ce type de dossier
45:44donc ce que je voulais dire
45:47c'est qu'il ne s'agit pas
45:47d'une reconstitution
45:48où là la reconstitution
45:50effectivement
45:50c'est une convocation
45:51de toutes les parties
45:52à un dossier
45:53à une instruction
45:54effectivement
45:55tout le monde
45:55est amené
45:56à se déplacer sur place
45:57là on est dans le gel
45:59d'une scène
45:59qui n'est pas la scène
46:01de crime
46:01mais qui est la scène
46:02qui va suivre en fait
46:03la scène de crime
46:04donc on peut considérer
46:05qu'elle l'est
46:06et dans ce cadre là
46:08on est plutôt
46:09dans une phase
46:10où il y a
46:11les enquêteurs
46:11de l'ASR
46:12et puis
46:12toutes les polices
46:14techniques scientifiques
46:15qui en fait
46:16sont là pour effectivement
46:19tristement recomposer
46:20un petit peu
46:21ce qu'il reste du corps
46:22avec la précision
46:23et je pense que c'est important
46:24comme on est en train
46:25de parler
46:25de possibles strangulations
46:28qui seraient la cause
46:29du décès
46:30évidemment
46:31d'un os hyéroïde
46:32qui en fait
46:33est un os
46:34qui s'il est
46:35effectivement fracturé
46:37pourrait aller
46:38dans le sens
46:39d'une strangulation
46:40donc c'est tous ces éléments là
46:42en fait
46:42que l'on est en train
46:43de figer
46:44de geler
46:45on a parlé aussi
46:46de
46:47est-ce qu'il avait
46:48ou pas
46:49un couteau
46:50c'est le co-détenu
46:51qui en parle
46:52est-ce qu'au contraire
46:53il s'agit d'une strangulation
46:54donc le fait
46:55de ne pas amener
46:56autant de parties
46:58comme c'est le cas
46:59lors d'une reconstitution
47:00ça permet aussi
47:01à un moment donné
47:02de préserver
47:02une scène
47:03de crime
47:04on est dans le gel
47:05d'une scène
47:06sauf qu'on le fait
47:08plus de 5 ans
47:09après le drame
47:11c'est toute la difficulté
47:12évidemment de cette affaire
47:12je voudrais qu'on revienne
47:13ensemble avec vous
47:14deux messieurs
47:15sur les recherches
47:17les zones de recherche
47:18et comment les zones de recherche
47:19ont évolué
47:20au fil des ans
47:21je voudrais qu'on regarde
47:22tout d'abord
47:23d'où tout cela
47:24est parti
47:25on est donc
47:26à Cagnac-les-Mines
47:27finalement
47:28le premier
47:30lieu d'où partent
47:31les recherches
47:31on va aller voir
47:32peut-être s'afficher
47:32ces différentes zones
47:34c'est d'abord
47:35la gendarmerie
47:36de Cagnac-Mines
47:37c'est là que tout commence
47:38en fait
47:39bah oui parce qu'en fait
47:40un homme téléphone
47:41à la gendarmerie
47:42à 4h du matin
47:43en leur disant
47:43je comprends pas
47:44ma femme a disparu
47:45on a deux enfants
47:47je me suis endormi
47:48je me réveille ce matin
47:49elle a disparu
47:50elle n'est plus là
47:50donc qu'est-ce que font
47:51les gendarmes
47:52il appelle la gendarmerie locale
47:54la gendarmerie locale
47:55vient
47:55deux gendarmes
47:56un homme et une femme
47:57qui arrivent
47:58et qui lui demandent
47:58des circonstances
47:59il est en pyjama
48:01vous vous souvenez
48:01qu'il est en pyjama
48:02un pyjama ridicule
48:03c'est un Snoopy
48:05enfin pardon pour le ridicule
48:06un pilou
48:07un pilou
48:08c'est un homme
48:08un homme de 40 ans
48:09donc il les reçoit comme ça
48:11et les gendarmes
48:12qu'est-ce qu'ils font ?
48:13ils partent
48:14dans Cagnac-Mines
48:15on est en plein Covid
48:16et ils vont faire
48:18des tournées en voiture
48:19pour essayer de retrouver
48:19cette femme
48:20dont il dit
48:21qu'elle est partie
48:21avec leurs deux chiens
48:23des charpés
48:24alors il y a plusieurs zones
48:26du coup de recherche
48:27qui vont
48:28se constituer
48:29et ensuite ça va évoluer
48:30en fait autour
48:32de ce domicile
48:33des jubilards
48:34c'est de là aussi
48:35que tout part
48:36une fois que la disparition
48:37est signalée
48:38on cherche
48:39on cherche dans quel périmètre ?
48:41alors c'est la question
48:42parce qu'on dit
48:42c'est une zone
48:43qui n'a pas été fouillée
48:45c'est une règle
48:46de cercle concentrique
48:48c'est-à-dire qu'effectivement
48:49on cherche une femme
48:50qui est partie
48:50du plus près
48:52au plus loin
48:52et puis au bout
48:53d'un certain temps
48:54on recherche effectivement
48:55plutôt un corps
48:56ce qu'il faut dire
48:57c'est qu'on est
48:59nous dit le reportage
49:0110-15 kilomètres
49:02de l'endroit
49:03de la disparition
49:05on se dit
49:05tiens c'est pas loin
49:06pourquoi finalement
49:07les enquêteurs
49:08n'ont pas fouillé
49:08mais c'est pas 15 kilomètres
49:10le long d'un chemin
49:11c'est-à-dire que c'est
49:12un rayon de 15 kilomètres
49:13j'ai fait le calcul
49:14ça correspond à peu près
49:15à 700 kilomètres
49:16et avant les 10-15 kilomètres
49:17regardez
49:18on a d'abord
49:19les communes
49:21environnantes
49:21qui sont au coeur
49:23de l'attention
49:24et de ces enquêtes
49:26il y a Mirandole
49:28Bourgouniac
49:28Cagnac-Lémine
49:29donc
49:30et Lebois-Saint-Quentin
49:31là on n'est pas encore
49:32dans les 15 kilomètres
49:33on est bien d'accord
49:33parce qu'on progresse
49:35petit à petit
49:36parce qu'on progresse
49:36petit à petit
49:37ensuite il y a
49:38des éléments de contexte
49:39c'est-à-dire qu'on se dit
49:40souvent
49:41les gens qui ont
49:42un corps à cacher
49:43ça paraît évident
49:44vont dans des endroits
49:46qu'ils connaissent déjà
49:47où ils ont passé leur enfance
49:48où ils ont travaillé
49:49où ils sont partis en vacances
49:51parce qu'ils savent
49:52qu'à peu près
49:52dans un endroit particulier
49:53ils auront la possibilité
49:55de déposer un corps
49:56mais pour reprendre
49:57mon calcul de tout à l'heure
49:58on a une zone
49:59d'à peu près
49:59700 kilomètres carrés
50:00en comparaison
50:01Paris-Intramuros
50:03les 20 arrondissements
50:04correspondent
50:04j'ai regardé sur internet
50:06à 104 kilomètres carrés
50:08c'est-à-dire que c'est
50:096 fois
50:10ou 7 fois
50:10plus grand que Paris
50:11donc on comprend
50:12à ce moment-là
50:13que forcément
50:14c'est une zone
50:15qui n'a pas pu être fouillée
50:16vous imaginez fouiller
50:17cette fois
50:18la ville de Paris
50:19avec des ruisseaux
50:21avec des bois
50:21avec des excavations
50:23regardez on voit
50:23cette zone actuelle
50:24c'est cagnac et mine
50:24donc il y a des puits de mine
50:26il y a des endroits
50:27qui sont évidemment
50:27extrêmement difficiles
50:28donc vous dites
50:29tous les deux
50:29à ceux qui nous regardent
50:30ce soir
50:31et qui se demandent
50:32comment c'est possible
50:33qu'on soit passé
50:34en 5 ans
50:35plus de 5 ans
50:36à côté de ce corps
50:37que ça n'a rien
50:38de surprenant en fait
50:39bien sûr que non
50:40bien sûr que non
50:41regardez
50:41on a cherché Emile
50:43on a retrouvé son corps
50:45à 1000 mètres
50:46à peine 700 mètres
50:47de l'endroit où il avait
50:48disparu
50:49bon le corps a été déplacé
50:50mais il était resté
50:51dans cette zone-là
50:51dans laquelle on ne l'a pas retrouvé
50:54le corps d'Alexia Laval
50:55il était à 3 kilomètres
50:574 kilomètres
50:58de Grès-la-Ville
50:59il était dans un chemin
51:00on ne l'a pas retrouvé
51:01tout de suite
51:02le corps de Maëlys
51:03on ne l'a pas retrouvé
51:04c'est ces affaires
51:06où c'est finalement
51:08le meurtrier
51:08qui emmène les enquêteurs
51:10sur place
51:10c'est l'affaire Maëlys
51:17Maëlys
51:17lui a sans doute
51:20parlé à l'oreille
51:21il a décidé
51:21d'emmettre les enquêteurs
51:22sur place
51:23c'est l'affaire Fourniret
51:25Michel Fourniret
51:26qui dans le parc
51:27de son château magnifique
51:29qu'il a acheté
51:30avec l'argent du gang
51:30des Postiches
51:31le parc du château
51:32du Sautou
51:33décide un jour
51:34de dire aux enquêteurs
51:35Marie, la petite
51:36Elisabeth Brichet
51:37qui avait disparu
51:38à Namur
51:38et bien elle est enterrée là
51:40et donc il va y aller
51:41avec le procureur Charpenel
51:42qui va lui mettre
51:43souvenez-vous
51:44ce gilet pare-bas
51:45lourd
51:46et ses grosses lunettes
51:47de ski noir
51:48pour pas qu'il puisse
51:49il est entravé
51:50il a des menottes
51:52pour pas qu'il puisse
51:52s'enfuir en courant
51:53au milieu des arbres
51:54et donc Fourniret
51:56là c'est le maître du jeu
51:58et il va donner
51:59des instructions
52:00à l'homme
52:01qui pilote la pelleteuse
52:02en lui disant
52:02mais pas par là
52:03par ici
52:04mais ça veut dire
52:05que là sur les images
52:06qu'on l'aperçoit
52:06il va agacer le procureur Charpenel
52:07qui va lui dire
52:08taisez-vous Fourniret
52:09c'est moi qui vais
52:11donner les indications
52:12au type de la pelleteuse
52:14parce que du coup
52:14forcément on met ça
52:15en perspective
52:16avec ce qui s'est passé
52:17ce matin
52:17ça veut dire
52:18sur ces images
52:18de l'unique crise
52:19que l'on voit
52:20des moyens déployés
52:21non loin de là
52:22à un moment donné
52:23il y a eu Cédric Jubilard
52:25qui donnait des indications
52:26qui les guidait
52:27qui est arrivé
52:28qui leur a dit
52:28voilà c'est ici
52:30alors ensuite
52:31on voit cette petite pelleteuse
52:32il faut faire attention
52:33parce que pour Fourniret
52:34il y a une particularité
52:35les corps
52:36il avait lui-même
52:37une pelleteuse
52:38il avait creusé des trous
52:39dans le parc
52:40de son château
52:41et les corps
52:41de ses victimes
52:42étaient à 2 mètres
52:432 mètres 50
52:44donc il fallait évidemment creuser
52:45mais quand on creuse
52:46avec une pelleteuse
52:47il ne faut pas détruire
52:48les lieux
52:48il ne faut pas abîmer
52:49le corps
52:50qu'on va découvrir
52:50donc il faut gratter
52:51imaginer le travail
52:53quand même
52:53les enquêteurs
52:54sont à côté
52:55de la pelle
52:55et on gratte tout doucement
52:57et ensuite
52:58quand on commence
52:58à voir apparaître
52:59quelque chose
53:00on arrête tout
53:01on enlève l'engin
53:02et on y va
53:03avec des petits pinceaux
53:04comme les archéologues
53:05c'est l'archéologie
53:07c'est un travail
53:09je veux dire
53:11méticuleux
53:12mais au possible
53:13c'est au micro
53:14minutieux
53:15et encore
53:16le mot est faible
53:16c'est un euphémisme
53:17écoutons un autre extrait
53:19de l'avocat
53:20de Cédric Jubilard
53:21sur ce que Cédric
53:24aurait dit
53:25de la manière
53:26dont il a caché
53:27ce corps
53:28et l'endroit
53:29où il se trouverait
53:31le corps de Delphine
53:33a été enseveli
53:33par Cédric Jubilard
53:34dans un endroit
53:35très particulier
53:36qui n'était pas préservé
53:37ni des intempéries
53:39ni d'une possibilité
53:39de manipulation extérieure
53:41et d'autre part
53:43que ce corps
53:44a été enseveli
53:45de façon tout à fait
53:46rudimentaire
53:47voilà ce que je peux
53:48vous dire à ce stade
53:49qu'est-ce que ça indique
53:50ça
53:51enseveli
53:52de façon rudimentaire
53:53si c'est vrai
53:54évidemment
53:54si c'est vrai
53:55et la manière
53:55l'endroit
53:57dans lequel
53:58ces ossements
53:59se trouveraient
54:00alors ça peut dire
54:01ça peut dire
54:02deux choses
54:03par défaut
54:04sachant qu'on a
54:05un suspect
54:06qui est quand même
54:07extrêmement retort
54:08extrêmement malin
54:09si on a
54:10une fouille
54:11profonde
54:13faite
54:13de façon méthodique
54:15ça veut dire
54:16qu'elle a été faite
54:17avant
54:18antérieurement
54:19en fait
54:19vous savez
54:19on voit
54:20dans les westerns
54:21on a les deux méchants
54:22qui sont à l'ombre
54:23et le gentil
54:24qui est en train
54:24de creuser
54:25sa propre tombe
54:25ça prend des heures
54:27c'est très difficile
54:28et surtout
54:29comme le disaient
54:30les témoins
54:30si le sol
54:30est rocailleux
54:31ça
54:32ça détermine
54:32obligatoirement
54:33la préméditation
54:34maintenant
54:35un corps
54:36faiblement fouillis
54:37ça veut dire deux choses
54:38ça veut dire
54:39effectivement
54:39la précipitation
54:41parce que
54:41monsieur le juge
54:43je ne l'ai pas fait exprès
54:44et j'ai été pris de panique
54:45ou ça peut vouloir dire
54:46je sais qu'on va m'accuser
54:48d'une préméditation
54:49donc je dépose le corps
54:50d'une façon
54:51d'une façon
54:53plus facilement trouvable
54:54très intelligent
54:55un bon criminel
54:56oui mais jusqu'à présent
54:57il a montré des choses
54:59qui sont
54:59qui sont quand même
55:00assez malignes
55:01quant à la conduite
55:01de ses actions
55:02très intelligent
55:03ou très manipulateur
55:04diront certains
55:05il y a une énigme
55:06dans ce drame
55:07qui reste
55:09inexpliquée
55:10Mathias Tesson
55:11c'est le téléphone portable
55:12de Delphine Jubilard
55:13on ne l'a
55:14jamais retrouvé
55:15oui
55:16effectivement
55:16les enquêteurs
55:17l'ont cherché
55:18très longtemps
55:18ce téléphone portable
55:20qui peut-être
55:20est au cœur
55:22de ce qui s'est passé
55:23cette nuit-là
55:25parce qu'il a été acquis
55:27dans cette enquête
55:28qu'effectivement
55:29il y avait eu des échanges
55:30entre Delphine Jubilard
55:31et son amant
55:32cette nuit-là
55:33et que c'est peut-être
55:35la réception
55:35d'un de ses messages
55:36qui ce soir-là
55:38a fait basculer
55:39basculer les choses
55:40et ce téléphone
55:42n'a jamais été retrouvé
55:44il cesse
55:46d'émettre
55:47à un moment donné
55:48et il devient
55:49complètement
55:50complètement
55:50introuvable
55:51est-ce qu'il a été
55:53également
55:54dissimulé
55:55dans un endroit
55:56à proximité
55:56de là où
55:57les ossements
55:57ont été retrouvés
55:59est-ce qu'il a été
55:59placé ailleurs
56:01est-ce que
56:02plus de 5 ans après
56:03ce téléphone
56:04peut encore être
56:05exploité
56:06par les enquêteurs
56:07alors là encore
56:08je ne veux pas faire
56:09de conjecture
56:09parce que je ne suis pas
56:10expert en la matière
56:11mais bien sûr
56:12que ce sera
56:12ce sera difficile
56:14ce téléphone
56:15voilà c'est aussi
56:16peut-être la clé
56:17de cette énigme
56:17qui demeure encore
56:18ce soir
56:19parce que ça
56:20peut-être qu'au-delà
56:21des messages
56:21effectivement ça en dira
56:23aussi un peu plus
56:24sur le contexte du couple
56:25oui le contexte du couple
56:28et le trajet
56:30de Cédric Jubilard
56:31ce soir-là
56:33après le drame
56:34si Delphine
56:35avait son téléphone
56:36avec elle
56:36à ce moment-là
56:37un téléphone
56:38peut indiquer
56:39évidemment plein de choses
56:40et si ce que vient
56:41de dire Mathias
56:42sur ce téléphone
56:43ce que vous avez repris
56:44c'était cette fameuse
56:45phrase de l'avocat
56:46qui dit
56:47si les enquêteurs
56:48avaient bien bossé
56:49en 48 heures
56:50ils auraient pu
56:51résoudre le dossier
56:52c'est l'affaire
56:53est-ce que c'est
56:54parce que
56:54dans ce téléphone
56:55il y a quelque chose
56:56qu'on ne sait pas encore
56:58oui c'est ce que disent
56:59aujourd'hui
57:00les avocats
57:01de Cédric Jubilard
57:01moi je me mets toujours
57:02à la place
57:03des anciens avocats
57:04de Cédric Jubilard
57:05je me demande
57:05comment
57:06ils peuvent suivre
57:08cette journée
57:08et tous ces rebondissements
57:09auxquels on assiste
57:10on est de nouveau
57:11avec nos équipes
57:12sur le terrain
57:13Mathéo Rivière
57:14du côté de Cagnac-Lémin
57:15vous avez pu échanger
57:16avec des habitants
57:18ces dernières heures
57:19Mathéo
57:20qu'est-ce qu'ils vous ont dit ?
57:24D'abord vous imaginez
57:26que cette information
57:27a circulé massivement
57:29ici dans cette petite commune
57:30Cagnac-Lémin
57:31c'est environ
57:322000 à 3000 habitants
57:33donc une très petite commune
57:35ici dans le Tarn
57:36où on nous a fait
57:37part d'un ouf
57:38de soulagement
57:39d'abord
57:39à travers le témoignage
57:41d'une habitante
57:41qui nous racontait
57:42que depuis
57:43cinq longues années
57:44malheureusement
57:45sa commune
57:45était connue
57:46qu'à travers ce drame
57:47elle est soulagée
57:48d'en faire pouvoir
57:49tourner la page
57:50c'est le cas également
57:51de Louis
57:51notre habitant
57:52que nous avons pu croiser
57:53ici
57:54il nous expliquait
57:55faire des randonnées
57:56quotidiennes
57:57et que
57:57pour la première fois
57:59il n'allait pas se demander
58:00où était le corps
58:01c'est une question
58:02qu'il se ressassait
58:04en boucle
58:04dans sa tête
58:05c'est le cas également
58:06d'un autre habitant
58:07Gérard
58:08que nous avons pu rencontrer
58:09lui était très en colère
58:11envers Cédric Jubilard
58:13très en colère
58:13que ses aveux
58:14soient survenus
58:15cinq ans après
58:16parce qu'ici
58:16ça fait de très nombreuses années
58:18qu'on attendait
58:19de retrouver
58:20le corps de Delphine
58:22vous voyez ces messages
58:23on est juste devant
58:24le domicile
58:25du couple Jubilard
58:26où il y a
58:27depuis de nombreuses années
58:28une demande
58:29que justice
58:30et vérité
58:31soient rétablies
58:32pour Delphine
58:33mais également
58:33vous le voyez
58:34pour ses noms
58:34Louis et Elia
58:36où ce soir
58:36dans toute cette commune
58:38de Cagnac-Lémine
58:38les habitants
58:39sont unanimes
58:40leurs pensées
58:41vont vers les enfants
58:42du couple Jubilard
58:42pour qu'ils puissent
58:44enfin se reconstruire
58:45après ce drame
58:46Cagnac-Lémine
58:46Cagnac-Lémine