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  • il y a 13 minutes
Ce vendredi 13 mars, dans sa chronique, Annalisa Cappellini a abordé la rencontre entre Emmanuel Macron et le président ukrainien à Paris, dont le pays souhaite à tout prix éviter d'être oublié face au conflit au Moyen-Orient. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Laure Closier sur BFM Business.

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Transcription
00:00Annalisa Capellini, le président ukrainien est à Paris aujourd'hui pour rencontrer Emmanuel Macron.
00:03Les Ukrainiens veulent éviter à tout prix d'être oubliés pendant le conflit au Moyen-Orient.
00:08Est-ce qu'ils vont y arriver ?
00:08C'est en tout cas ce que promet l'Elysée.
00:10Aucune crise, aucun développement ne va détourner notre attention de l'Ukraine.
00:14La réalité c'est que oui, l'Ukraine risque bien de faire partie des grands perdants,
00:18des victimes collatérales de ce conflit.
00:21Tout d'abord parce que l'attention internationale s'est totalement détournée du conflit en Ukraine.
00:25C'était pourtant la priorité absolue en matière de politique étrangère pour Donald Trump depuis un an.
00:31Là, au moins temporairement, ce n'est plus le cas.
00:33Et puis du point de vue strictement militaire, parce que les Etats-Unis ont utilisé ces derniers jours
00:37des centaines de missiles sur le sol iranien, tant en attaque qu'en défense,
00:41notamment des patriotes, les patriotes qui sont le fondement même de la défense ukrainienne
00:46parce qu'ils permettent de contrer les missiles balistiques russes.
00:49Sauf que là, en plus l'Ukraine a grand besoin de ces missiles patriotes
00:53puisque les attaques russes s'intensifient.
00:55Et les stocks qui auraient pu être livrés aux Ukrainiens sont considérablement réduits.
01:00En fait, chaque patriote utilisé dans le Golfe ne pourra pas protéger les villes ukrainiennes, évidemment.
01:04Du côté de la Russie, par contre, elle, elle profite de cette guerre ?
01:07Ah oui, évidemment, bien sûr.
01:08Tout d'abord du point de vue purement diplomatique
01:10parce que toutes les éventuelles pressions pour contraindre la Russie
01:14à s'asseoir à la table des négociations ont disparu.
01:17C'est un responsable européen cité par Politico.
01:20Et puis, on voit que sur le pétrole aussi, la pression américaine retombe.
01:24On le savait, on s'y attendait.
01:25Là, c'est confirmé.
01:26Washington vient d'autoriser la vente de pétrole russe jusqu'au 11 avril
01:31pour augmenter l'offre et pour essayer donc de calmer un petit peu le jeu sur le pétrole.
01:35Pour les Américains, c'est quand même un recul majeur
01:37alors que ça fait un an que Donald Trump bouge dans tous les sens
01:39pour essayer de couper le robinet du pétrole pour les Russes.
01:43Là, évidemment, c'est un recul.
01:45Avec une petite ruse, tout d'abord, c'est que l'autorisation ne concerne que le pétrole
01:49et les produits pétroliers qui ont été chargés à bord des navires avant le 12 mars.
01:55Selon Scott Bessent, c'est une manière de limiter les bénéfices financiers
01:58de cette manœuvre pour le gouvernement russe
02:00puisque la majorité des taxes sont prélevées au moment de l'extraction
02:04et non pas au moment de la vente.
02:06Ça, c'est ce que dit Scott Bessent.
02:08Oui.
02:09Mais en réalité, quand même, Moscou a réussi à renflouer ses caisses.
02:12Oui, c'est clair que c'est une aubaine financière quand même.
02:14Il y a deux facteurs qui favorisent la Russie.
02:16L'augmentation des volumes vendus.
02:18Bien sûr, les pays asiatiques en achètent beaucoup plus
02:20puisque le DAF compensait tout ce qu'ils ne trouvent pas au Moyen-Orient.
02:23Et puis, la hausse des prix.
02:25Et elle a un impact immédiat sur la Russie
02:27qui engrange 150 millions de dollars de revenus supplémentaires par jour.
02:31En fait, Moscou a tablé pour son budget sur un baril de pétrole à 59 dollars.
02:36Et il y a des études publiées par des médias pro-Kremlin
02:39qui disent que chaque hausse de 11 dollars du baril
02:43peut rapporter à la Russie 28 milliards de dollars supplémentaires
02:46d'ici la fin de l'année.
02:47Donc, évidemment, c'est immense.
02:49C'est ça, la nouvelle réalité tarifaire dont parle Vladimir Poutine
02:51qui, au passage, envoie un petit message aux Européens.
02:54Nous sommes toujours prêts.
02:56Nous allons vendre notre pétrole s'il est acheté.
02:59Donc, évidemment, ça donne une bouffée d'oxygène à la Russie
03:02dans une situation économique très compliquée.
03:04Et ça donne surtout à Poutine une raison de plus de poursuivre dans sa stratégie,
03:09celle d'une guerre d'usure dans laquelle le temps
03:11et surtout le chaos jouent toujours en sa faveur.
03:13Et la question de fond, combien de temps pour arriver à un pétrole
03:16à 150 dollars le baril ?
03:18Entre deux à trois mois de blocage sur les détroits d'Hormuz.
03:21D'Hormuz, ce sont les projections de Bloomberg.
03:23On va y revenir dans un instant avec Étienne Braque.
03:25Merci, Annalisa Capellini.
03:26Le Monde qui Bouge, t'as retrouvé en replay et en podcast.
03:28Merci, Annalisa Capellini.
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