00:00Annalisa Capellini, le président ukrainien, était en visite en Azerbaïdjan ce week-end.
00:04Il a signé des accords en matière de sécurité et d'énergie.
00:06L'Ukraine qui se rapproche de l'Azerbaïdjan, c'est assez étonnant et c'est une mauvaise nouvelle pour la
00:11Russie.
00:11Oui, bien sûr, parce qu'au fur et à mesure que l'Azerbaïdjan se rapproche de l'Ukraine, il s
00:16'éloigne de la Russie.
00:17Alors, à ce stade, l'Azerbaïdjan et l'Ukraine ont simplement un partenariat,
00:21mais pourquoi pas, ça pourrait se transformer en alliance dans le futur.
00:25Et ça, ça serait très précieux pour les Ukrainiens.
00:27Pourquoi ? Tout d'abord, du point de vue de l'influence internationale.
00:30On sait que certains des accords signés concernent les drones de l'Ukraine
00:33et on sait que Zelensky essaye en ce moment de positionner son pays comme un expert dans la lutte anti
00:38-drone.
00:39Et puis, du point de vue militaire, alors on n'a pas tout à fait le détail de ce qui
00:42a été signé sur ce point,
00:43mais on sait que les deux dirigeants ont évoqué la possibilité d'une production conjointe d'armement.
00:48Ça aussi, ça serait un soutien très important pour Kiev.
00:51Alors, bien sûr, officiellement, l'Azerbaïdjan ne veut pas rompre les liens économiques qui le lient à la Russie pour
00:57l'instant.
00:57Mais vous imaginez bien que derrière les déclarations officielles,
01:00le rapprochement avec Kiev, c'est aussi un message envoyé à Moscou.
01:03Ça s'est tendu quand même ces derniers temps entre l'Azerbaïdjan et la Russie.
01:06Oui, il y avait eu plusieurs désaccords déjà, notamment la question du Haut-Karabakh,
01:09cette région disputée entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie qui avait même déclenché une guerre.
01:13Mais ce qui a vraiment abîmé la relation entre Moscou et Bakou,
01:16c'est l'accident de l'avion Azerbaijan Airlines,
01:19cet avion qui s'est écrasé le jour de Noël 2024 avec 67 passagers à bord.
01:23Alors, les Azerbaïdjanais l'ont dit assez vite, c'était une responsabilité des Russes.
01:28La Russie a nié pendant très longtemps.
01:29Puis finalement, Vladimir Poutine a fini par l'admettre très récemment.
01:33Pensez que les ministères des Affaires étrangères des deux pays
01:36ont publié une déclaration conjointe à ce sujet il y a deux semaines à peine.
01:40Vous voyez, c'est une guerre froide diplomatique qui commence à se tasser maintenant,
01:43mais qui a quand même duré un an et demi
01:45et qui a eu des répercussions évidemment sur la politique étrangère de l'Azerbaïdjan.
01:49Par exemple, Aliyev, le président azerbaïdjanais, a été absent du grand rendez-vous de Poutine,
01:54ce grand défilé qu'il avait organisé le 9 mai dernier
01:56pour commémorer sa victoire contre l'Allemagne nazie,
02:00enfin pas sa victoire, la victoire russe contre l'Allemagne nazie.
02:02Et au contraire, pendant cette année et demie,
02:04Aliyev a signé des accords stratégiques avec les Européens et avec les Américains.
02:08Compliquées aussi les relations entre la Russie et d'autres pays d'Asie centrale.
02:12Oui, en général, on remarque que la Russie perd de son influence en Asie centrale
02:16et c'est assez normal, c'est une des conséquences du conflit en Ukraine.
02:19La Russie se replie sur elle-même pour se concentrer sur le front ukrainien.
02:22C'est plutôt logique puisque maintenir cette stratégie presque impériale,
02:26qui est assez typique d'une grande puissance,
02:29coûte en réalité très cher du point de vue des ressources militaires,
02:32du point de vue du financement pur et en termes d'influence.
02:36Donc, déployer toute cette puissance au-delà de ses frontières coûte très cher.
02:39Aujourd'hui, la Russie ne peut plus vraiment se le permettre.
02:42Et puis, il y a un rôle actif aussi des pays d'Asie centrale
02:44qui ne veulent plus être seulement un lieu d'influence russe,
02:47comme ils l'ont été ces dernières décennies.
02:49Ils privilégient de plus en plus la diversification de leurs partenaires.
02:52Donc, ils discutent avec la Chine, par exemple, pour les projets énergétiques.
02:55Ils discutent avec les États-Unis.
02:57Ils discutent avec l'Europe pour les corridors économiques, avec la Turquie.
03:00Donc, de plus en plus, progressivement,
03:01ils s'affranchissent de l'influence exclusive des Russes.
03:04Objectif pour les Ukrainiens, que l'Azerbaïdjan soit une sorte de médiateur ?
03:08Oui, c'est ça.
03:09Parce que la semaine dernière, Vladimir Poutine a dit
03:12qu'il est prêt à déporparler avec Zelensky,
03:15mais déporparler à Moscou.
03:17Alors, évidemment, c'est plus une posture diplomatique qu'une réelle proposition.
03:20Et surtout, c'est inacceptable pour les Ukrainiens,
03:22qui, eux, ont répondu en proposant l'Azerbaïdjan.
03:25On verra bien ce que répondra le Kremlin.
03:27Merci beaucoup, Anaïs Acapelino.
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