Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Ce lundi 27 avril, dans sa chronique, Annalisa Cappellini est revenue sur la relation entre l'Azerbaïdjan et la Russie qui s'est tendue, et le rapprochement entre Kiev et Bakou. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Laure Closier sur BFM Business.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Annalisa Capellini, le président ukrainien, était en visite en Azerbaïdjan ce week-end.
00:04Il a signé des accords en matière de sécurité et d'énergie.
00:06L'Ukraine qui se rapproche de l'Azerbaïdjan, c'est assez étonnant et c'est une mauvaise nouvelle pour la
00:11Russie.
00:11Oui, bien sûr, parce qu'au fur et à mesure que l'Azerbaïdjan se rapproche de l'Ukraine, il s
00:16'éloigne de la Russie.
00:17Alors, à ce stade, l'Azerbaïdjan et l'Ukraine ont simplement un partenariat,
00:21mais pourquoi pas, ça pourrait se transformer en alliance dans le futur.
00:25Et ça, ça serait très précieux pour les Ukrainiens.
00:27Pourquoi ? Tout d'abord, du point de vue de l'influence internationale.
00:30On sait que certains des accords signés concernent les drones de l'Ukraine
00:33et on sait que Zelensky essaye en ce moment de positionner son pays comme un expert dans la lutte anti
00:38-drone.
00:39Et puis, du point de vue militaire, alors on n'a pas tout à fait le détail de ce qui
00:42a été signé sur ce point,
00:43mais on sait que les deux dirigeants ont évoqué la possibilité d'une production conjointe d'armement.
00:48Ça aussi, ça serait un soutien très important pour Kiev.
00:51Alors, bien sûr, officiellement, l'Azerbaïdjan ne veut pas rompre les liens économiques qui le lient à la Russie pour
00:57l'instant.
00:57Mais vous imaginez bien que derrière les déclarations officielles,
01:00le rapprochement avec Kiev, c'est aussi un message envoyé à Moscou.
01:03Ça s'est tendu quand même ces derniers temps entre l'Azerbaïdjan et la Russie.
01:06Oui, il y avait eu plusieurs désaccords déjà, notamment la question du Haut-Karabakh,
01:09cette région disputée entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie qui avait même déclenché une guerre.
01:13Mais ce qui a vraiment abîmé la relation entre Moscou et Bakou,
01:16c'est l'accident de l'avion Azerbaijan Airlines,
01:19cet avion qui s'est écrasé le jour de Noël 2024 avec 67 passagers à bord.
01:23Alors, les Azerbaïdjanais l'ont dit assez vite, c'était une responsabilité des Russes.
01:28La Russie a nié pendant très longtemps.
01:29Puis finalement, Vladimir Poutine a fini par l'admettre très récemment.
01:33Pensez que les ministères des Affaires étrangères des deux pays
01:36ont publié une déclaration conjointe à ce sujet il y a deux semaines à peine.
01:40Vous voyez, c'est une guerre froide diplomatique qui commence à se tasser maintenant,
01:43mais qui a quand même duré un an et demi
01:45et qui a eu des répercussions évidemment sur la politique étrangère de l'Azerbaïdjan.
01:49Par exemple, Aliyev, le président azerbaïdjanais, a été absent du grand rendez-vous de Poutine,
01:54ce grand défilé qu'il avait organisé le 9 mai dernier
01:56pour commémorer sa victoire contre l'Allemagne nazie,
02:00enfin pas sa victoire, la victoire russe contre l'Allemagne nazie.
02:02Et au contraire, pendant cette année et demie,
02:04Aliyev a signé des accords stratégiques avec les Européens et avec les Américains.
02:08Compliquées aussi les relations entre la Russie et d'autres pays d'Asie centrale.
02:12Oui, en général, on remarque que la Russie perd de son influence en Asie centrale
02:16et c'est assez normal, c'est une des conséquences du conflit en Ukraine.
02:19La Russie se replie sur elle-même pour se concentrer sur le front ukrainien.
02:22C'est plutôt logique puisque maintenir cette stratégie presque impériale,
02:26qui est assez typique d'une grande puissance,
02:29coûte en réalité très cher du point de vue des ressources militaires,
02:32du point de vue du financement pur et en termes d'influence.
02:36Donc, déployer toute cette puissance au-delà de ses frontières coûte très cher.
02:39Aujourd'hui, la Russie ne peut plus vraiment se le permettre.
02:42Et puis, il y a un rôle actif aussi des pays d'Asie centrale
02:44qui ne veulent plus être seulement un lieu d'influence russe,
02:47comme ils l'ont été ces dernières décennies.
02:49Ils privilégient de plus en plus la diversification de leurs partenaires.
02:52Donc, ils discutent avec la Chine, par exemple, pour les projets énergétiques.
02:55Ils discutent avec les États-Unis.
02:57Ils discutent avec l'Europe pour les corridors économiques, avec la Turquie.
03:00Donc, de plus en plus, progressivement,
03:01ils s'affranchissent de l'influence exclusive des Russes.
03:04Objectif pour les Ukrainiens, que l'Azerbaïdjan soit une sorte de médiateur ?
03:08Oui, c'est ça.
03:09Parce que la semaine dernière, Vladimir Poutine a dit
03:12qu'il est prêt à déporparler avec Zelensky,
03:15mais déporparler à Moscou.
03:17Alors, évidemment, c'est plus une posture diplomatique qu'une réelle proposition.
03:20Et surtout, c'est inacceptable pour les Ukrainiens,
03:22qui, eux, ont répondu en proposant l'Azerbaïdjan.
03:25On verra bien ce que répondra le Kremlin.
03:27Merci beaucoup, Anaïs Acapelino.
Commentaires

Recommandations