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Le président de la République Emmanuel Macron participe à la commémoration des 25 ans de la loi Taubira, en présence de Christiane Taubira, ancienne députée de Guyane, ex-ministre de la Justice, et Khaled El-Enany, directeur général de l'Unesco, ce jeudi 21 mai à l'Élysée.
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00:00Madame la Présidente de l'Assemblée nationale,
00:02Mesdames, Messieurs les ministres,
00:04Monsieur le Premier ministre,
00:06Monsieur le Directeur général de l'UNESCO,
00:09Mesdames, Messieurs les ambassadeurs,
00:12Madame la Défenseur des droits,
00:13Mesdames, Messieurs les parlementaires,
00:15Mesdames, Messieurs les présidents de départements,
00:18maires, élus,
00:20Mesdames et Messieurs les directrices et directeurs,
00:22Mesdames et Messieurs, en vos grades et qualités,
00:24chers amis,
00:28La loi du 21 mai 2001
00:32reconnaissait et qualifiait
00:34la traite négrière et l'esclavage dans sa vérité
00:38un crime contre l'humanité.
00:43Et l'histoire retiendra que cette loi fut portée
00:49avec force et dignité
00:51par Christiane Taubira.
00:54Cette force et cette dignité,
00:57nous l'avons retrouvée pour ceux qui étaient nostalgiques.
01:01Nous en avons retrouvé les accents,
01:05le chant sourd,
01:07les résonances de Césaire à Marie-Scondé
01:10et cette voix aussi singulière,
01:13française,
01:15qui, de l'Océanie,
01:17en passant par l'Amazonie jusqu'à nos Caraïbes,
01:20chante notre langue différemment.
01:25Vous l'avez redit, Madame la Ministre,
01:27chère Christiane,
01:28avec beaucoup de force,
01:29cette loi venait de loin
01:32et elle était nécessaire.
01:34Elle était nécessaire
01:35et la présence que je retrouve aujourd'hui
01:37montre combien
01:37elle dit quelque chose
01:39de ce que nous sommes,
01:42de ce qu'est la France,
01:45de ce que sont évidemment nos territoires ultramarins
01:47et la possibilité de continuer cette histoire,
01:50mais aussi de notre relation avec le continent africain,
01:53avec le continent américain,
01:55avec l'Océanie et le Pacifique.
01:58Alors il y eut bien des débats,
02:00et ils existent toujours,
02:03pour s'interroger sur la pertinence
02:05de lois dites mémorielles,
02:07faut-il légiférer sur l'histoire ou pas,
02:09jusqu'où elle est.
02:10Mais au fond,
02:11cette loi nommait et reconnaissait,
02:13et elle était l'aboutissement,
02:14en effet,
02:17de siècles de souffrance,
02:19de siècles durant lesquels
02:21cette mémoire singulière et douloureuse
02:23avait été transmise,
02:27partagée,
02:28de génération en génération,
02:30au sein de familles antillaises,
02:32réunionnaises,
02:32guyanaises,
02:33maoraises,
02:35africaines et tant d'autres.
02:36Parfois, on voulait la faire taire,
02:38parfois, elle ne faisait que se murmurer,
02:41mais elle était passée
02:44de main en main,
02:45de mère en fille,
02:46de famille en famille.
02:48Elle fut parfois écrite.
02:52Elle était là.
02:54Oui, il a fallu convaincre chacun
02:56que ce combat était celui de la République,
02:59encore et toujours.
03:02que l'oubli ne devait pas ensevelir les victimes
03:05et que la République avait certes
03:06aboli deux fois l'esclavage
03:08en 1794 puis en 1848,
03:11mais elle ne l'avait pas encore qualifiée.
03:15Ainsi a fini par s'imposer
03:17le jugement de l'histoire
03:18que la loi reconnut comme telle.
03:21C'est pourquoi cette loi était nécessaire.
03:2525 ans plus tard,
03:26où en sommes-nous ?
03:29Vous l'avez rappelé,
03:30vous venez de le dire.
03:32Le président Hérault, cher Jean-Marc,
03:34l'a dit aussi.
03:36La loi du 21 mai 2001
03:38a permis l'essor
03:39d'une recherche historique rigoureuse.
03:41Elle a inscrit le 10 mai
03:42comme journée nationale de commémoration.
03:44Elle a donné une reconnaissance légale
03:46à une douleur
03:47que certains voulaient
03:48et veulent encore minimiser,
03:51ignorer, refouler.
03:55Elle a permis la Fondation
03:58ô combien importante
03:59et nous l'avons pérennisée,
04:02consolidée, installée
04:03là où elle devait être,
04:05comme une évidence aujourd'hui.
04:09Alors que reste-t-il à faire ?
04:13Puisque vous avez rappelé
04:15au fond toute cette légende des siècles
04:17sur laquelle s'adossait
04:18et dans laquelle s'enracinait ce texte,
04:21que reste-t-il à faire ?
04:25Beaucoup, en vérité.
04:28D'abord,
04:30et cela vient d'être évoqué,
04:34le Code noir.
04:37En effet, il subsiste encore un texte
04:40qui n'aurait jamais dû survivre
04:41à l'abolition de l'esclavage,
04:43encore moins traverser les siècles jusqu'à nous,
04:44un texte qui n'a jamais fait l'objet
04:47d'une abrogation formelle par la République,
04:49au point que cet oubli
04:53est comme devenu une faute.
04:56Je veux ici citer, évidemment,
04:58ce qu'on appelle le Code noir
04:59promulgué en mars 1685
05:01sous l'égide de Louis XIV,
05:03rédigé sous l'autorité de Colbert.
05:0660 articles.
05:0760 articles destinés à organiser
05:09la mise en esclavage d'êtres humains
05:11dans les colonies françaises.
05:1360 articles pour réduire les Africains
05:16à l'état de biens meubles,
05:18prescrire les châtiments corporels
05:20les plus abominables,
05:22organiser la séparation des familles,
05:25nier enfin à des centaines de milliers
05:27d'hommes, de femmes, d'enfants
05:29leur humanité fondamentale.
05:34Certes, depuis l'abolition de l'esclavage
05:36du 27 avril 1848,
05:38ce terrible Code ne produit plus
05:40d'effet juridique.
05:42Mais précisément,
05:44le droit n'est pas seulement
05:46une mécanique d'effet.
05:48Le silence, voire l'indifférence
05:51que nous maintenons depuis près
05:53de deux siècles à l'égard
05:55de ce Code noir n'est pas un oubli,
05:58mais est devenu une forme d'offense,
06:00un défi à ce qui nous fonde
06:02depuis 1789.
06:05C'est pourquoi je demande
06:07au gouvernement de faire sienne
06:08la proposition de loi
06:10visant à abroger le Code noir
06:13qui doit être débattu
06:15le 28 mai prochain
06:16à l'Assemblée nationale.
06:28Je veux ici saluer le travail
06:30de nombreux historiens
06:31qui ont soulevé ce débat,
06:32l'ont porté jusque dans la sphère politique,
06:34saluer le député Max Mathiassin
06:36et des parlementaires à ses côtés
06:38qui ont ouvert ce chantier nécessaire
06:40en déposant cette proposition de loi,
06:43conformément au vœu et à l'engagement
06:44qu'avait pris François Bayrou,
06:46alors Premier ministre.
06:47Oui, la France va enfin abroger
06:50le Code noir,
06:52non pas pour l'effacer de notre histoire.
06:56Les archives demeureront,
06:58les historiens continueront leur travail,
07:00les musées continueront de l'exposer,
07:03mais pour affirmer clairement
07:06que son maintien est une trahison
07:08de ce qu'est la République
07:10et parce que la République française
07:12doit enfin se donner les moyens de dire
07:14dans sa propre langue juridique,
07:16avec la même solennité qu'elle a su déployer
07:18pour d'autres textes de mémoire.
07:20Oui, ce texte est contraire à notre Constitution,
07:24contraire au droit de l'homme du citoyen,
07:26contraire à l'égale dignité
07:27de tous les êtres humains
07:29que nous professons comme une valeur fondatrice.
07:31Oui, en nous reconfrontant
07:34à ce que la France
07:36a pu faire
07:39avec lucidité,
07:40nous aurons à dire non.
07:45Car il est une part du peuple français
07:47pour qui le 10 mai, le 23 mai
07:50ne sont pas des dates abstraites,
07:53pour qui les noms de Toussaint,
07:55l'Ouverture, Louis d'Allégresse,
07:57Solitude,
07:59Joseph, Ignace ou tant d'autres
08:00sont des noms de familles
08:03au sens le plus profond,
08:06pour qui l'histoire de l'esclavage
08:07n'est pas un passé révolu,
08:09mais une origine
08:10à laquelle on revient sans cesse,
08:12une blessure
08:12que l'on transmet sans le vouloir,
08:14une mémoire
08:15que l'on ne sait parfois pas
08:17comment tenir
08:18sans qu'elle vous consomme.
08:22Alors abroger le code noir,
08:24c'est dire à cette part essentielle
08:25de notre peuple
08:26que son histoire,
08:28sa mémoire
08:29est aussi celle de la nation
08:31elle-même,
08:32toute entière.
08:44Alors, il y a devant nous
08:47ce défi,
08:48cette autre grande question
08:51qui est sous-jacente
08:52à ce qu'a convoquée à l'instant
08:55la ministre Christiane Taubira,
08:57qui est celle de la réparation.
09:02Grosse affaire,
09:03dirait-on à Haïti.
09:07Immense question
09:08que d'ailleurs
09:09nous avons su affronter
09:10à plusieurs reprises
09:11sur des questions
09:12de mémoire très contemporaines
09:13comme avec les harkis.
09:16La question, c'est
09:17comment réparer
09:20un tel crime,
09:21comment réparer
09:21quand des générations après
09:24les choses sont là
09:24et c'est une promesse tenable.
09:26En tout cas,
09:27c'est une question
09:28qu'il ne faut pas refuser.
09:32Mais c'est une question
09:33sur laquelle il ne faut pas
09:34non plus faire
09:35de fausses promesses.
09:36Et je vais essayer
09:37de vous dire,
09:38et sans doute
09:42cette réflexion
09:43et ces décisions
09:43sont encore inachevées
09:45car nous cheminons
09:46tous ensemble,
09:48mais c'est tout ce que
09:49depuis 25 ans
09:52et ces dernières années,
09:53nous avons essayé
09:54de faire collectivement
09:55avec notre propre histoire,
09:57avec l'histoire
09:58qui nous lie
09:58avec le continent africain,
10:01avec nos Caraïbes,
10:02l'Océanie, l'Amérique.
10:05On ne peut pas réparer
10:06au sens,
10:07je parle sous le contrôle
10:09d'un éminent académicien,
10:12au sens où,
10:13étymologiquement,
10:14on pourrait le dire,
10:15c'est-à-dire rétablir
10:16un État premier
10:17et effacer les traces.
10:18C'est impossible
10:19et ça n'est pas souhaitable.
10:22Mais réparer,
10:23c'est d'abord
10:26restaurer la juste place.
10:30Et donc,
10:30c'est d'abord l'éducation.
10:32C'est par là
10:32que vous avez commencé.
10:34Vous l'avez rappelé.
10:35Vous l'avez rappelé,
10:36c'est le cœur d'ailleurs
10:37de la mission
10:37de l'éducation nationale,
10:39évidemment,
10:39de ce que fait la Fondation,
10:41de ce qui a été fait
10:42depuis 25 ans
10:43de manière encore plus ardente.
10:45Et c'est pour ça
10:46que j'ai une gratitude
10:46très profonde
10:48pour nos enseignants
10:50qui sont ici présents
10:51et les directrices,
10:53directeurs,
10:53rectrices et recteurs.
10:56Le concours
10:57de la flamme
10:58de l'égalité à l'école
10:59est évidemment clé,
11:00mais tous les concours,
11:02tous les enseignements,
11:03le changement des programmes
11:04et tout ce qui nous reste
11:05à faire
11:06est essentiel,
11:07qui consiste
11:08à remettre
11:10la pleine place
11:12de cette histoire
11:13dans l'histoire
11:14de la République
11:15et de la France.
11:17Et donc,
11:18la première des réparations
11:20consiste
11:21à restaurer
11:22la vérité
11:23dans notre histoire,
11:24à lui donner
11:24toute sa place,
11:25à redonner des noms
11:27aux héros,
11:30à leur redonner un sens,
11:32à leur faire réhabiter
11:33les lieux,
11:33comme nous l'avons fait
11:34d'ailleurs en 2023
11:35avec Toussaint
11:36l'ouverture
11:36au Fort de Joux.
11:37et à mesurer
11:39d'ailleurs
11:40la cruauté
11:41au carré
11:43lorsqu'il a fallu
11:45mettre
11:46ce héros,
11:47ce soldat,
11:48celui qui au fond
11:49était plus républicain
11:50que les Français eux-mêmes,
11:52dans le fort
11:52le plus reculé
11:53de toutes les côtes
11:55afin d'être totalement sûr
11:56qu'il ne puisse jamais
11:57s'en échapper
11:58et mourir dans le froid
11:59et si loin
12:00de sa terre natale.
12:03L'éducation donc,
12:05pilier essentiel
12:06pour commencer
12:06à réparer.
12:08La recherche ensuite,
12:10vous l'avez dit,
12:11la fondation,
12:12là aussi,
12:13pour la mémoire
12:14de l'esclavage
12:14joue un rôle essentiel.
12:16Là aussi,
12:18l'éducation nationale,
12:19l'enseignement supérieur
12:19ont continué ce travail,
12:22mais c'est poursuivre
12:22les fonds dévolus
12:23aux études
12:24sur l'histoire coloniale,
12:25sur l'histoire
12:26de l'esclavage,
12:27de la traite,
12:28afin de les mettre
12:29à la hauteur
12:30de notre ambition mémorielle
12:31et afin surtout
12:31que ce travail
12:32de vérité,
12:33d'histoire,
12:33c'est-à-dire,
12:34continue de se faire.
12:36Je veux ici dire
12:37combien ces dernières années
12:39nous avons placé
12:40au-delà de la question
12:43de la traite,
12:44de l'esclavage,
12:46la question de la recherche
12:46scientifique
12:47comme étant au coeur
12:48de toute forme
12:48de réparation
12:49sur notre propre histoire
12:51coloniale
12:52avec l'Algérie.
12:53Je souhaite
12:54que nous puissions
12:55reprendre le travail
12:56de cette commission mixte,
12:57mais aussi pour une histoire
12:58plus contemporaine
12:59comme nous l'avons fait
13:00avec le Cameroun,
13:01avec le Rwanda,
13:02dans des gestes,
13:03je crois,
13:04mémoriaux
13:04qui sont essentiels
13:06et par un travail scientifique
13:08où ces commissions mixtes
13:09ont pu avancer,
13:11faire révéler la vérité
13:12et du coup pouvoir
13:17donner tout son sens
13:18à notre histoire
13:19et là,
13:20oui,
13:21la réparer.
13:22C'est-à-dire
13:23y ajouter des pans
13:23qui avaient disparu,
13:25remettre des faits,
13:26des actes,
13:28redonner une place
13:29à des traces
13:29qui avaient été effacées,
13:31à des récits
13:32qui avaient été
13:35travestis.
13:37La recherche
13:39essentielle.
13:40Ensuite,
13:41c'est de continuer
13:41à donner des lieux,
13:43de les nommer.
13:45La fondation,
13:46on a un ô combien important
13:48et c'est aussi pour ça
13:49que nous avons voulu
13:49le mémorial des victimes
13:51de l'esclavage,
13:52et je me réjouis
13:53de pouvoir l'inaugurer
13:54à Paris au début
13:55de l'année prochaine
13:55avec vous,
13:56là où fut adoptée
13:58la Déclaration universelle
13:59des droits de l'homme
14:00au Trocadéro.
14:02Je tiens à remercier
14:03toutes les associations,
14:04le ministère des Outre-mer,
14:06je sais l'engagement aussi
14:07qu'a eu votre prédécesseur,
14:08Manuel Valls,
14:08madame la ministre,
14:09pour finaliser ce projet,
14:11l'ensemble des ministères,
14:12des associations qui sont là
14:13et qui ont su trouver l'accord
14:15et les artistes, évidemment.
14:18Et ce mémorial aura une place
14:20essentielle dans notre capitale
14:21et viendra en quelque sorte
14:23comme prolongé ou dialogué
14:25avec le Memorial Act
14:26de Pointe-à-Pitre,
14:27des lieux aussi.
14:30Et puis,
14:31pour continuer de réparer,
14:32il faut restituer,
14:35c'est-à-dire redonner
14:37à l'histoire de nos partenaires,
14:38et je le dis ici,
14:39devant les ambassadrices
14:40et les ambassadeurs
14:41qui sont là,
14:42car cette mémoire,
14:43la violence qui va avec
14:46l'esclavage,
14:47la traite,
14:48qui a été aussi
14:48avec la colonisation,
14:50s'est accompagnée
14:52de raptes.
14:55Et donc,
14:55la restitution
14:56que nous avons décidée
14:57des oeuvres,
14:58elle contribue
14:59à ce geste de réparation,
15:01c'est-à-dire dans un cadre
15:04qui a été dûment défini
15:06de la même manière
15:07par les chercheurs,
15:08par les plus grands spécialistes
15:09qui ensuite
15:10a cheminé,
15:10qui a donné lieu
15:11à ce texte de loi,
15:12voté à l'unanimité
15:13il y a quelques jours,
15:14promulgué il y a quelques jours
15:15à peine,
15:16de pouvoir restituer
15:19des oeuvres
15:20qui avaient été volées
15:22dans ce même geste
15:25de violence.
15:26La restitution des oeuvres,
15:28des biens culturels,
15:29qui sont aussi et souvent
15:29des biens cultuels
15:31et religieux,
15:33participe de ce chemin
15:35de réparation.
15:39indissociable de cela,
15:40il y a,
15:41et c'est au fond
15:42ce que votre texte de loi
15:43il y a 25 ans a fait,
15:45la reconnaissance.
15:48Reconnaître,
15:48c'est nommer,
15:49c'est mettre des mots,
15:50c'est inscrire pleinement
15:52dans notre histoire,
15:52mais ce n'est pas un geste
15:54léger.
15:55Et ce parcours
15:56de la reconnaissance,
15:57nous ne l'avons pas terminé.
15:58C'est de continuer,
15:59comme vous l'avez fait,
16:00comme par prétérition,
16:01à divulguer
16:02et à expliquer
16:03quelle est notre histoire,
16:04l'histoire de nos lieux.
16:06Celui-ci, en effet,
16:07construit avec
16:09l'argent,
16:11de la traite,
16:13de l'exploitation,
16:14du sucre,
16:16parce que le financier Croza
16:18voulait rendre heureux
16:20contre D'Evreux,
16:21que sa fille puisse contracter
16:22un beau mariage.
16:24Ce lieu a été financé
16:25par l'un,
16:26comme beaucoup de lieux
16:26de la République.
16:27Faut-il pour autant
16:28les abattre,
16:29les effacer ?
16:29Faut-il démolir les statuts ?
16:31Non, je l'ai déjà dit.
16:32Ce n'est pas ça,
16:32le sens de l'histoire.
16:33Ce n'est pas ça, réparer.
16:35Ce serait encore
16:35cassé davantage.
16:37Mais il faut le reconnaître,
16:39le nommer,
16:41le partager
16:44et lui donner
16:45sa juste place
16:46dans notre histoire.
16:47Parce que c'est ce qui nous permet
16:48de continuer d'avancer,
16:50tel que nous sommes
16:51et avec aussi,
16:53et dans nos Outre-mer,
16:55et avec aussi
16:55le continent africain
16:56et tous nos partenaires.
16:57Si nous ne reconnaissons pas
16:58aucune chance
16:59qu'on puisse bâtir l'avenir,
17:01nous sommes comme l'ange
17:02de clé
17:03qui est pris entre
17:04le vent
17:05qui l'amène vers l'avenir
17:06et un regard
17:07qui est constamment
17:08rivé vers le passé
17:09parce qu'il n'a pas digéré
17:10ce passé,
17:11parce qu'il n'a pas reconnu
17:12lui-même.
17:13Ce travail de reconnaissance,
17:15ce parcours,
17:15c'est celui
17:16que nous devons poursuivre.
17:17Et c'est aussi,
17:18il se fait par un va-et-vient
17:21constant
17:21entre la science,
17:22le travail qu'il faut poursuivre
17:23avec les historiens
17:25et le geste politique.
17:26Et il n'est pas terminé.
17:28Et je veux ici situer
17:29dans ce travail
17:30ce parcours de reconnaissance
17:32évoquer deux travaux
17:33qui me tiennent à coeur
17:34et qui sont importants
17:35pour nous,
17:37tant que Français,
17:38et pour notre relation
17:39avec les Caraïbes et l'Afrique.
17:42C'est d'abord le travail
17:43qu'on a enclenché
17:45avec Haïti
17:47il y a un an.
17:50Il est très important,
17:51il relève de cette éthique
17:52de la responsabilité.
17:55Nous avons reconnu
17:56que Charles X
17:57avait en 1825
17:59infligé à la jeune république
18:00d'Haïti
18:01le remboursement
18:02d'une dette
18:03pour prix du départ
18:03de la puissance coloniale française.
18:05Indument,
18:06nous avons reconnu.
18:07Et cette dette
18:08était d'autant plus cruelle
18:09qu'elle frappait
18:10une nation d'anciens esclaves
18:11qui s'étaient libérés
18:12par les armes.
18:13On n'a même des valeurs
18:14de la révolution
18:14et de la république.
18:16Et c'est pour cette raison
18:17que nous avons
18:18d'un commun accord
18:18avec les autorités haïtiennes
18:20réunis des historiens
18:22de nos deux pays,
18:22des spécialistes,
18:23et je remercie
18:24ceux qui ont à piloter
18:25cette commission
18:27et je souhaite
18:28que le gouvernement
18:28leur donne tous les moyens
18:29de continuer,
18:30d'avancer dans leurs travaux
18:32pour justement
18:33revisiter cette histoire
18:35et de manière
18:35la plus exacte possible
18:36établir les responsabilités
18:38de tous les acteurs,
18:40la réalité
18:41et les réparations possibles.
18:43Ce travail était nécessaire
18:45et la commission
18:47est à l'oeuvre,
18:48je le sais,
18:48depuis plusieurs mois.
18:49Je souhaite qu'elle puisse
18:50en décembre prochain
18:51nous rendre ce travail.
18:53Puis il y a un autre
18:55dialogue du même ordre
18:56que nous commençons
18:58avec l'Afrique
18:59et avec mon ami
19:00John Dramani Mahama,
19:03président du Ghana,
19:05initiateur
19:05de la résolution évoquée.
19:09La France ne l'a pas votée
19:10cette résolution
19:12mais de manière
19:12totalement assumée
19:13et je l'ai expliqué
19:14au président du Ghana
19:16parce qu'on aurait dû
19:18sans doute faire mieux
19:18le travail en amont
19:20collectivement
19:22mais parce qu'on a refusé
19:23la formulation explicitement
19:25hiérarchisant
19:25les crimes contre l'humanité
19:27et je pense d'ailleurs
19:28que ce n'était pas
19:28une bonne démarche
19:30et d'ailleurs
19:31ces crimes contre l'humanité
19:33sont eux-mêmes inséparables
19:34et j'ai toujours refusé
19:34toute hiérarchie
19:35et je pense qu'on aurait
19:37ouvert des débats
19:37dans notre société
19:38et on aurait d'ailleurs
19:40acté je pense
19:41une hiérarchisation
19:41qui dans la période
19:42que nous vivons
19:43n'aurait pas été salutaire.
19:45Néanmoins,
19:46je l'ai dit
19:47parce que j'ai
19:48de longues échanges
19:49avec le président
19:49avant, après,
19:50il est venu ici,
19:51on en a longuement parlé,
19:53on ne peut pas
19:54simplement s'arrêter
19:55à cette résolution,
19:56on ne peut pas
19:56ne pas entendre
19:57ce qu'il y a derrière
19:58qui est justement
19:59une demande de justice,
20:01toujours de réparation
20:04et donc ensemble
20:06nous en avons parlé
20:07et j'ai d'abord accepté
20:09l'invitation du président
20:10Mahama
20:10de participer
20:12au suivi
20:12de la mise en oeuvre
20:13de la résolution
20:14de l'Assemblée générale
20:14en m'adressant
20:15à la conférence
20:16que le Ghana accueillera
20:19dans un mois
20:20mais nous avons décidé
20:21de lancer ensemble
20:22un travail scientifique
20:24international
20:24avec un ancrage
20:26franco-ganéen
20:27mais assumant
20:28la participation large
20:29de nos scientifiques
20:30en la matière
20:32pour établir
20:33les éléments scientifiques
20:35et faire des recommandations
20:36très concrètes
20:37aux décideurs politiques.
20:39Même si on n'est pas d'accord
20:40avec la formulation,
20:41on ne peut pas balayer
20:42d'un revers de main
20:43cette résolution,
20:44en effet,
20:45ce mouvement
20:45qui s'est établi
20:46et qui sinon viendra
20:48à créer de nouveaux clivages
20:49dans le monde
20:50que nous connaissons
20:52et qui,
20:53en quelque sorte,
20:54serait vécu
20:55vu comme une forme
20:56de mépris
20:57ou de refus de voir.
20:59Nous devons engager
21:00le dialogue,
21:01le travail
21:02avec honnêteté
21:03pour continuer
21:04ce chemin.
21:06Et donc,
21:06là encore,
21:07nous allons mener ce travail.
21:09S'il est l'affaire de tous,
21:10la France
21:12va continuer
21:13de prendre sa part
21:13et de la prendre
21:14depuis longtemps
21:14et je souhaite
21:15qu'avec nous,
21:16Etats,
21:16organisations internationales
21:18et régionales,
21:18l'UNESCO,
21:19l'ONU,
21:20l'Union européenne,
21:21la communauté caribéenne,
21:22l'Union africaine,
21:23etc.,
21:24et toutes les fondations aussi
21:25comme la Fondation
21:26pour la mémoire
21:26de l'esclavage
21:27et l'association
21:28participent de ce mouvement
21:30car il est essentiel.
21:33Mais pour autant,
21:34en faisant cela,
21:37nous devons avoir
21:38l'honnêteté
21:38de nous dire
21:38qu'on ne pourra
21:39jamais réparer ce crime,
21:41totalement,
21:42parce que c'est impossible.
21:45Mais qu'est-ce que cela nous dit ?
21:48D'abord,
21:48je pense l'honnêteté
21:51de dire les choses
21:52et de ne pas se tenir
21:53de fausses promesses.
21:56Mais cela nous dit que
22:00ce parcours
22:01de reconnaissance
22:03et de réparation,
22:05nous devons accepter
22:07le fait
22:08qu'il n'a pas
22:09de point final.
22:14On ne peut pas
22:15clôturer ce qui s'est passé,
22:16mais que nous devons
22:17sans cesse
22:18le recommencer
22:20et que nous devons
22:21sans cesse
22:23continuer d'avancer.
22:24Mais que vous ne pourrez pas
22:24un jour
22:26mettre un chiffre,
22:27mettre un mot
22:28qui viendrait
22:29donner un point final
22:31à cette histoire
22:33parce qu'elle continue
22:34de circuler.
22:35D'abord,
22:36elle continue
22:36et continuera
22:37de circuler
22:37entre les Caraïbes,
22:39les Amériques,
22:40l'Afrique
22:41et la France.
22:42Mais c'est à nous,
22:44par ce parcours
22:45de reconnaissance,
22:47de réparation assumée,
22:49de lui donner
22:50un nouveau visage.
22:51Et j'ai été frappé
22:52de voir que
22:52quand on a,
22:53par exemple,
22:54restitué au Bénin
22:55les oeuvres
22:56qui avaient été volées
22:57dans la brutalité
22:58il y a plus d'un siècle,
22:59ces 26 pièces
23:01du trésor d'Abaumé,
23:04la manière
23:05dont nous l'avons fait,
23:06pensé, conçu,
23:07n'a pas été
23:08un point final.
23:09Des artistes contemporains
23:11béninois sont venus créer.
23:12Ils sont venus exposer
23:13ici, à la conciergerie.
23:15Ils sont venus continuer
23:16le travail et le dialogue.
23:18Ils se sont réappropriés
23:19ces oeuvres
23:20qu'on leur avait volées
23:21pour en faire
23:21des mythes contemporains.
23:23Et des jeunes français
23:24sont venus redécouvrir
23:25Béanzin
23:26et ces figures
23:27qui avaient disparu
23:28ou qu'ils ne venaient plus voir
23:29quand c'était dans nos musées
23:30parce que des artistes
23:31de leur génération
23:32sur le continent africain,
23:33d'un seul coup,
23:35venaient réinventer
23:36cette histoire.
23:37Si nous avons le courage,
23:39la lucidité,
23:39la volonté
23:40de dire
23:41qu'il n'y a pas
23:41de point final,
23:42les générations à venir
23:44continueront
23:44de faire circuler
23:45cette histoire.
23:46Les souffrances,
23:47mais cette fois-ci,
23:48les souffrances
23:49qui ne sont plus
23:49tuées ou murmurées,
23:51mais qui sont transcendées,
23:54recrées,
23:56réinventées.
23:57Et on leur redonnera
23:58toute la place
23:59dans nos institutions.
24:01Et c'est exactement
24:02le même chemin
24:03que nous devons faire
24:04pour nous-mêmes en France.
24:07la réparation au fond,
24:08et je veux ici
24:09faire un affreux plagiat,
24:11mais comme je le cite,
24:12ce ne sera pas un plagiat,
24:13mais m'inscrire
24:14dans les pas
24:14du philosophe Rachid Benzine
24:16qui travaille en ce moment
24:17sur une notion
24:19un peu orpheline
24:20de notre philosophie,
24:21de notre pensée,
24:22le chagrin.
24:24Et il a raison
24:25de dire que
24:28nos nations
24:29sont traversées
24:30par des chagrins
24:32individuels
24:32ou collectifs.
24:34Et nous ne savons pas
24:36les prendre.
24:38Et il y a
24:39des fausses promesses
24:40faites aux chagrins.
24:41Les uns,
24:41en ne voulant plus
24:42les entendre,
24:43chagrin d'hier
24:44ne vient plus m'ennuyer
24:45avec ça,
24:45on va passer à autre chose,
24:47fini la repentance.
24:48Ou les autres,
24:49fausses promesses,
24:50ton chagrin est indépassable
24:51et je vivrai avec toi
24:53dans un chagrin éternel
24:54qui va,
24:55en quelque sorte,
24:56désunir le pays.
24:59Un chagrin
24:59se porte
25:00et ils se portent ensemble.
25:03Et la vraie reconnaissance
25:05et réparation,
25:05c'est d'accepter tous ensemble
25:07de porter
25:07ces grands chagrins
25:08de la France
25:09et de la République
25:10qui est d'avoir reconnu
25:11ces crimes
25:12que sont la traite
25:13et l'esclavage,
25:14de continuer
25:15à en faire
25:16ce travail de vérité,
25:17de l'enseigner,
25:18de rechercher,
25:19de continuer de créer,
25:20de l'assumer,
25:22de le reconnaître
25:25et de se dire
25:26c'est nous
25:26et on le porte ensemble,
25:28chacun avec vos histoires,
25:29avec nos histoires.
25:31Nous n'avons pas
25:32la même histoire
25:34les uns et les autres
25:36par rapport
25:36à ces crimes,
25:37mais nous les portons ensemble
25:39parce que nous sommes ensemble
25:40la France.
25:42Et je terminerai là-dessus.
25:44Je suis profondément convaincu
25:46qu'il y a 25 ans,
25:47la loi que vous avez portée,
25:49tout ce travail
25:50que fait la Fondation,
25:51que toutes et tous
25:52vous faites
25:53dans vos associations,
25:54vos écoles,
25:55vos parlements,
25:56ce que nous sommes
25:57en train de faire là
25:58est évidemment
25:59un travail nécessaire
26:01pour inventer l'avenir,
26:04mais nécessaire
26:04à nous-mêmes.
26:06Il y a cette
26:07sempiternelle question
26:09qui revient
26:11dans notre pays,
26:12quelle est
26:13l'identité française ?
26:18C'est ce chemin.
26:21C'est ce chemin.
26:23Et l'identité française,
26:25elle est faite
26:27de ces formidables
26:28faits d'armes,
26:29de ces grands récits,
26:30de ces grandes aventures.
26:31Elle est faite aussi
26:31des crimes
26:32qui ont été commis,
26:33de ces pages,
26:34de son histoire
26:35qu'elle doit regarder
26:36avec lucidité.
26:37Mais la France
26:38et sa République
26:39est faite
26:39de citoyennes
26:40et de citoyens
26:41qui ont vécu
26:42cette histoire
26:42et parfois
26:43de chaque côté.
26:45Mais ils l'ont vécu ensemble
26:46et ils vivent
26:47surtout aujourd'hui
26:48ensemble.
26:49Et la possibilité
26:51de vivre ensemble
26:51ce qui est
26:52ce qui nous fait
26:53une nation,
26:54c'est de faire
26:55ce parcours
26:56de reconnaissance
26:57et d'assumer pleinement
26:59et de reconnaître
27:00cette histoire.
27:01Il n'y a pas
27:01d'identité française
27:03ni dans le déni
27:04de ce qui s'est fait,
27:06ni dans le déni,
27:07l'effacement
27:08de ce qui est là,
27:09ni dans le refus
27:10d'avancer
27:10sur les reconnaissances
27:11ou les réparations,
27:12ni dans le repli
27:14exclusif
27:14sur ces histoires
27:15où d'autres
27:16voudraient promettre
27:17que la réparation
27:18possible est intégrale
27:19ou que la vraie lutte
27:21est dans un communautarisme
27:22contemporain.
27:23Le vrai,
27:25la véritable
27:26identité française,
27:28c'est d'avoir
27:29fait des grandes choses,
27:31c'est de reconnaître
27:31aussi
27:33les crimes graves
27:34que nous avons pu faire
27:35et c'est de continuer
27:37de vouloir avancer
27:37ensemble.
27:40Cette histoire
27:41y participe
27:42et ce que nous sommes
27:42en train de faire
27:43y participe.
27:44C'est pourquoi
27:46nous aurons toujours
27:47la réparation
27:50imparfaite
27:51parce que cette histoire
27:52est intranquille.
27:55Alors,
27:55chère Christiane,
27:56il n'y a aucune chance
27:58que nos lèvres
27:58soient couvertes de miel
28:02parce que nous continuerons
28:03à dire des choses
28:04qui offensent,
28:05bousculent
28:06et nous continuerons
28:07d'avoir besoin
28:08dans la République
28:08à le faire
28:09parce que cette histoire
28:10n'est pas finie
28:13parce que la reconnaissance
28:14est un parcours
28:15et il ne s'achève pas
28:17et par ce qui fait
28:18au fond notre identité,
28:19c'est sans doute
28:20à coup sûr
28:22cette intranquillité.
28:24C'est le fait
28:24que nous sommes fiers
28:25de ce que nous sommes,
28:26que nous aimons notre histoire,
28:27que nous l'embrassons
28:28avec force,
28:31que nous détestons
28:32que qui que ce soit
28:32dans le monde
28:33nous donne des leçons
28:34ou nous conduise,
28:34mais que nous sommes prêts
28:35dans le même temps
28:36à reconnaître
28:38et à réparer
28:39quand des crimes
28:40ont été commis
28:41et à leur donner
28:42leur place
28:43dans notre histoire.
28:45Cette intranquillité
28:47est inséparable
28:48de la liberté,
28:49de l'égalité
28:50de la fraternité française
28:52parce qu'elle vient
28:53de très loin,
28:54elle aussi
28:55et elle s'accoude,
28:57s'adosse
28:58sur des siècles
28:59qui ont bâti
29:01cet universalisme français.
29:03Je crois très profondément
29:05que ce combat,
29:06celui que vous portez,
29:08celui que nous continuerons
29:09de porter
29:09et ce travail
29:10que je viens ici
29:11d'essayer de rappeler
29:13qui est le nôtre
29:15depuis ces années
29:15et que vous conduisez
29:19est un travail
29:20qui rassemble
29:22et je finirai là-dessus.
29:24C'est l'unité de la France
29:25qu'il y a derrière
29:26et c'est sa beauté.
29:28Et le défi qui est le nôtre
29:29c'est de porter cette unité
29:30à travers
29:31cet universalisme républicain
29:34qui n'efface pas,
29:35qui ne néglige pas,
29:37qui ne cantonne pas,
29:39mais qui porte
29:40toutes ces histoires,
29:42qui reconnaît,
29:43qui assume,
29:44mais qui voit
29:45dans chacune
29:47une citoyenne,
29:50un citoyen.
29:53Merci du courage
29:55il y a 25 ans.
29:55merci de continuer
29:58d'être intranquille
29:59et au fond,
30:01derrière tout cela,
30:02il y a une volonté
30:03de continuer
30:04à avoir
30:06ensemble
30:07des exclamations
30:09et ensemble
30:11à refuser
30:13de s'habituer
30:15ou de s'accoutumer
30:16à rien.
30:18Vive la République
30:19et vive la France.
30:26applaudissements
30:32applaudissements
30:33Quand les enfants
30:36de la patrie
30:38le jour de gloire
30:40est arrivé
30:42contre nous
30:44de la terre
30:46et eux
30:47les tendances
30:49en gloire
30:50élevées
30:52les tendances
30:53en gloire
30:54élevées
30:56entendez-vous
30:58dans les compagnes
31:00mugir
31:02ces féroces
31:03soldats
31:04ils viennent
31:06jusque dans vos bras
31:08égorger
31:10vos fils
31:11et vos compagnes
31:12aux hommes
31:15et citoyens
31:17pour nous
31:18nous bataillons
31:20marchons
31:23marchons
31:24que ça
31:27perd
31:29une
31:30mauvaise
31:31avec
31:32une
31:32opinion
31:34club
31:34applaudissements
31:39apprend
31:39قال
31:42«ziehons
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