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00:17Bonjour et bienvenue si vous nous rejoignez dans les informés, c'est parti pour votre rendez-vous de décryptage de
00:24l'actualité.
00:24Bonjour Renaud Delis. Bonjour Agathe. Allez une aujourd'hui, chômage, inflation, 2,2% en ce moment selon l'INSEE,
00:34contre 1% en avril.
00:35L'économie française ralentit après deux mois de guerre. Dans un instant, le ministre du Travail nous donnera sur France
00:42Info le montant de la revalorisation du SMIC.
00:46Il nous dira aussi ce que peut faire de plus le gouvernement pour le pouvoir d'achat des Français.
00:50Pour ne rien arranger, la trêve entre l'Iran et les Etats-Unis ne tient plus qu'à un fil.
00:56Peut-on encore sauver le cessez-le-feu ?
00:58Pour nous éclairer ce matin, nos informés, Alexandra Saviana, rédactrice France-Chef adjointe à l'Express. Bonjour Alexandra.
01:04Bonjour Agathe.
01:04Et Jean-Rémy Baudot, chef du service politique à France Info. Bonjour Jean-Rémy.
01:08Bonjour Agathe, bonjour à tous.
01:09On commence donc Renaud avec ce paysage économique très morose.
01:13Et cette crise qui dure, liée évidemment à la guerre au Moyen-Orient, après deux mois de guerre en Iran,
01:19deux mois de blocage du droit d'Hormuz,
01:20on voit les premières conséquences sont évidemment l'envol des prix des carburants depuis deux mois,
01:25mais aussi au-delà un certain nombre de nuages qui s'amoncèlent sur l'économie internationale et notamment sur l
01:30'économie française.
01:31Avec, vous le disiez, un retour de l'inflation.
01:33Elle était à 2,2% sur un an en avril selon l'INSEE.
01:36Elle est même à 2,5% sur un an selon le patron de la Banque de France, François Vildroit
01:42de Gallo,
01:43qui était l'invité de France Info ce matin.
01:44Et puis, le chômage, lui aussi, repart à la hausse.
01:47Les derniers chiffres ont été publiés ce matin.
01:50Il progresse de 0,2%, repasse au-dessus de la barre de 8% de la population active.
01:558,1% de la population active est aujourd'hui au chômage.
01:58C'est le plus haut niveau du taux de chômage en France depuis cinq ans.
02:02Dans ce contexte, le gouvernement se retrouve au pied du mur avec, d'une part, un certain nombre d'aides,
02:07de plans d'aide à des secteurs d'activité ou des aides directes en direction des automobilistes
02:13et de tous ceux qui souffrent des conséquences de la crise des prix des carburants.
02:16Jusqu'où le gouvernement peut-il étendre ses aides ? En a-t-il les moyens ?
02:19Et puis, l'hypothèse, évidemment, aussi d'une revalorisation du SMIC pour faire face au retour de l'inflation.
02:27Et c'est ce que Jean-Pierre Farandou, ministre du travail, nous annoncera dans un instant.
02:30Et justement, nous sommes en direct avec Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités.
02:35Bonjour, monsieur le ministre.
02:37Oui, bonjour.
02:38Merci d'être avec nous sur France Info.
02:40Renaud Delis en parlait à l'instant.
02:42Le taux de chômage en France a augmenté de 0,2 points au premier trimestre.
02:47Il atteint 8,1%.
02:49C'est son plus haut niveau en cinq ans.
02:52En hausse de 0,7 points sur un an, ce sont les chiffres de l'INSEE.
02:57Est-ce qu'il y a de quoi s'inquiéter et à quoi cette hausse est due, selon vous ?
03:02On s'attendait à ce que le taux de chômage glisse un petit peu compte tenu du contexte économique quand
03:08même particulièrement difficile
03:09dans lequel l'économie française fait face.
03:13On peut même considérer que l'économie française est assez résiliente quand on voit tout ce qui est la hausse
03:18des carburants,
03:18tout ce qui se passe en conséquence économique liée à la guerre en Iran et au blocage de l'étroit
03:23d'Hormuz.
03:24Pour autant, il faut aussi voir qu'il n'y a jamais eu autant de personnes dans l'emploi depuis
03:3150 ans.
03:31Donc il y a beaucoup de Français qui travaillent et tant mieux.
03:34Le taux de chômage des jeunes a même légèrement baissé.
03:37Et donc ça, c'est encourageant et ce qui prouve d'ailleurs que les politiques que nous conduisons par rapport
03:41à l'emploi des jeunes fonctionnent.
03:43Et en fait, on peut aussi voir qu'on a créé depuis 2019 plus d'un million d'emplois dans
03:49ce pays.
03:49Donc voilà, il y a quand même une dynamique de l'emploi, même si à court terme et compte tenu
03:53de l'environnement économique,
03:54il y a un petit dérapage sur le taux de chômage.
03:56Petit dérapage, mais est-ce que vous craignez que ça s'aggrave ?
04:00On va voir. Vous savez, alors ça, c'est la question qui est compliquée.
04:03Moi, je n'ai pas la boule de cristal pour savoir comment la crise économique due à la tension militaire
04:10en Iran peut évoluer.
04:12Il est certain que plus cette crise géopolitique durera, plus la tension sur l'économie française pèsera.
04:20Et effectivement, dans ce cas-là, ça peut être un peu plus compliqué.
04:23Les prévisions ne sont pas alarmistes.
04:25On voit bien qu'il y a cette capacité de résilience de l'économie française et donc de l'emploi,
04:29puisque l'emploi, il se fait dans les entreprises.
04:32Donc voilà, là, pour le moment, on observe tout ça.
04:35Pas d'alarmisme, mais vous attendez de voir.
04:37La conséquence la plus visible de cette crise, Jean-Pierre Farandou, c'est l'inflation.
04:40Elle était de 1% en avril sur un an.
04:43Elle est désormais de 2,2% selon l'INSEE.
04:47Le SMIC va donc augmenter.
04:50C'est automatique.
04:51Vous nous dites ce matin, vous pouvez nous dire de combien le SMIC va augmenter ?
04:57Oui, il y a plusieurs bonnes nouvelles pour le pouvoir d'achat des Français qui ont des revenus modestes.
05:02Donc au SMIC, d'accord, le SMIC va augmenter autour de 2,4%.
05:07On est en train d'affiner le deuxième chiffre après la virgule.
05:10Mais en tout cas, on peut annoncer déjà 2,4% d'augmentation du SMIC dès le 1er juin.
05:15Dès le 1er juin, d'accord.
05:17Ça représente combien pour un salarié au SMIC ?
05:21Pour un salarié au SMIC, ça fait environ 44 euros brut par mois de plus.
05:25Voilà.
05:26Donc c'est substantiel.
05:28On peut rajouter d'ailleurs à ça, vous savez, les primes carburants pour les gros rouleurs,
05:32pour les travailleurs modestes, qui font aussi une cinquantaine d'euros.
05:35Et ça, c'est à partir du 27 mai.
05:37Donc on a cette mesure carburant.
05:39Et ça, c'est pour 3 millions à peu près de travailleurs modestes.
05:41Et enfin, n'oublions pas la prime d'activité qui a été décidée dans le cadre du budget 2026.
05:46Et donc le 1er juillet, il y a aussi à peu près 3 millions de foyers qui toucheront 50 euros
05:51de plus par mois.
05:52Donc il y a quand même trois bonnes nouvelles pour les travailleurs modestes.
05:55Il y a le SMIC qui augmente au moins de 2,4%.
05:57Il y a les gros rouleurs travailleurs modestes qui vont toucher 50 euros par mois.
06:01Et la prime d'activité qui va aussi augmenter pour 3 millions de personnes, 50 euros au 1er juillet.
06:05Est-ce que la hausse du SMIC, Jean-Pierre Farandou, va être exonérée de cotisations sociales ?
06:11Ah non, non, non. Le SMIC, c'est du salaire.
06:12Le salaire, il faut des cotisations.
06:15Il faut des cotisations pour financer la sécurité sociale.
06:17Donc là-dessus, ça veut dire augmenter les salaires.
06:20Et les salaires sont soumis à cotisations sociales pour financer le système de protection,
06:24la sécurité sociale des Françaises et des Français.
06:26Et donc ça, ça ne mettra pas les entreprises en difficulté, selon vous ?
06:31Écoutez, c'est une application.
06:33Alors sur les entreprises, après, c'est la répercussion ensuite dans les minima sociaux.
06:37Et donc on sait que ça prend d'ailleurs quelques mois, branche par manche.
06:40Donc ce sont des négociations qui vont avoir lieu dans les branches considérées
06:45pour relever les minima sociaux.
06:47Bon, on est en France.
06:49En France, il y a un système de protection des gens qui touchent le SMIC.
06:52Ça s'appelle Célindexation.
06:54C'est un mec qui est connu.
06:55Il est là pour protéger les salariés modestes.
06:58Il fait partie de notre système social.
06:59Un coup de pouce pour le SMIC, Jean-Pierre Farandou.
07:04On vous entend.
07:04Vous avez rappelé aussi les autres aides déjà promises par le gouvernement.
07:08Sébastien Lecornu avait parlé d'autre chose.
07:10Il avait dit qu'il allait changer l'ampleur et l'échelle de ces aides.
07:13Et les annonces devaient avoir lieu en début de semaine.
07:16Nous sommes mercredi et toujours rien.
07:18Qu'attend le gouvernement pour annoncer de nouvelles mesures pour les Français ?
07:23Là, je pense que ça ne vous a pas échappé qu'il y a un virus qui est arrivé dans
07:27notre pays.
07:28Donc il faut faire face à cette potentielle difficulté sanitaire.
07:33Donc voilà, le Premier ministre a pris des engagements.
07:37Je pense qu'il les a envoyés en début de la semaine prochaine
07:40puisqu'en ce moment, le gouvernement est mobilisé
07:42pour reprendre la dimension de cette difficulté sanitaire.
07:46Donc on est là-dessus.
07:48Donc pas de panique, on ne dit pas nous inquiéter sur l'antavirus,
07:51mais ça vous empêche quand même d'annoncer des mesures
07:54qui devaient être annoncées en début de semaine pour les Français ?
07:58Elles sont affinées, elles sont ajustées.
08:00Je pense que les Français comprendront que le gouvernement fait face aux événements.
08:06Il y a cet événement antavirus qui est arrivé.
08:08Je pense qu'on sait que la santé publique est quelque chose de très important pour les Français.
08:11Je pense qu'il est normal que le gouvernement se concentre
08:14sur la gestion immédiate, rapide et efficace de cette difficulté sanitaire.
08:18Je pense que les Français le comprendront parfaitement.
08:20Je le redis, il y a quand même trois annonces.
08:21Le SMIC, c'est une revalorisation qu'on appelle mécanique du SMIC.
08:25Ce n'est pas un coup de pouce.
08:26Attention, vous avez dit coup de pouce, ce n'est pas le coup de pouce.
08:28C'est une revalorisation mécanique du SMIC
08:30qui est liée à notre système social français de au moins 2,4%.
08:33Les gros rouleurs, je le redis, c'est 50 euros à partir du 27 mai
08:37pour les travailleurs modestes.
08:38Les primes d'activité aussi qui sera relevées pour les gens qui touchent
08:41entre 1 et 1,5% du SMIC à partir du 1er juillet.
08:44Donc, c'est quand même un dispositif assez complet
08:46qui vient aider les travailleurs modestes
08:48devant les problèmes de pouvoir d'achat que peut rencontrer notre pays.
08:51Merci beaucoup Jean-Pierre Farandou d'avoir répondu aux questions de France Info.
08:55Renaud, qu'est-ce que vous retenez de cette prise de parole du ministre du Travail
08:59dans un contexte inflation, hausse du chômage
09:03et les Français qui ont du mal à arrondir les fins de mois ?
09:06Le gouvernement, de fait, tient compte de l'évolution économique
09:09et de cette situation et de ces nuages qui s'amoncèlent
09:12dans le dossier de l'économie française.
09:14On évoquait le retour de l'inflation qui accélère,
09:16le chômage qui remonte avec les chiffres qui ont été donnés ce matin par l'INSEE.
09:19Donc, c'est vrai que, d'une part, la revalorisation mécanique du SMIC
09:22annoncée par Jean-Pierre Farandou tient compte, évidemment, de cette réalité
09:25et de l'accélération de l'inflation.
09:26C'était attendu.
09:27D'autre part, il incise, Jean-Pierre Farandou, sur deux aspects, me semble-t-il,
09:30à long terme, le fait que le marché du travail a quand même enregistré un certain nombre de points positifs
09:37ces dernières années, qu'il n'y a jamais eu autant de personnes dans l'emploi depuis 50 ans,
09:41a dit le ministre, il y a un instant.
09:42Donc, le gouvernement essaye de relativiser la crise actuelle sur le marché de l'emploi,
09:46en disant que les perspectives, aussi, il est extrêmement prudent sur l'avenir.
09:49On voit bien qu'il s'agisse, d'ailleurs, du chômage ou de l'inflation,
09:52que le gouvernement est extrêmement prudent,
09:55qu'il y a peu de lisibilité liée, en grande partie, en tout cas, c'est l'explication qu'il
10:00nous donne,
10:00à l'illisibilité de la situation géopolitique, c'est-à-dire aux incertitudes, aux brouillards,
10:04évidemment liées d'abord à l'action diplomatique de Donald Trump.
10:07Et juste un tout dernier point, on a entendu le ministre expliquer,
10:10lorsque vous l'avez interrogé, sur l'attente des autres aides,
10:13outre la prime pour les gros rouleurs qu'il a évoquée,
10:15qui sera mise en œuvre à partir du 27 mai,
10:18des autres aides annoncées par Sébastien Lecornu.
10:21Alors, on l'a vu au fil des semaines, depuis le début de cette crise,
10:25le Premier ministre a tendance un peu, entre guillemets, à gagner du temps,
10:28à annoncer des aides par petits paquets,
10:31qui sont assez techniques, d'une part assez compliquées à mettre en œuvre,
10:34et puis visant tel ou tel secteur d'activité.
10:37Jean-Pierre Varandou a évoqué le fait que si elles n'ont pas été annoncées en début de semaine,
10:40ce serait à cause du début de la crise liée à l'antavirus.
10:44On n'est pas obligé de le croire sur ce plan-là,
10:46c'est-à-dire que je pense que ça n'empêche pas le gouvernement de dévoiler les aides si elles
10:49étaient prêtes.
10:49En revanche, là où c'est révélateur, me semble-t-il,
10:52c'est que politiquement, il est possible que le gouvernement se dise qu'après tout,
10:55entre guillemets, si j'ose dire, une crise chasse l'autre,
10:57et que la première préoccupation des Français,
10:59enfin une préoccupation qui est en train de croître, c'est la préoccupation sanitaire,
11:02ce qui peut permettre peut-être de gagner un petit peu de temps
11:05avant d'être peut-être contraint, si la situation économique continue de se dégrader,
11:09d'annoncer de nouvelles aides dans les jours ou dans les semaines qui viennent.
11:12Mais la priorité politique est peut-être effectivement maintenant désormais à l'antavirus.
11:16Avec Sandra Saviana, le ministre Renaud, il disait
11:19« Préfère voir le verre à moitié plein, pas d'alarmisme, dit-il,
11:23quant à la situation économique de la France, est-ce qu'on peut le croire ? »
11:29Il a parlé de boules de cristal et je pense que tout le monde est un peu dans la même
11:32situation.
11:33Ce qui est sûr, c'est que la crise au Moyen-Orient est partie pour durer,
11:37parce que même dans l'éventualité où on aurait un déblocage du détroit d'Ormuz,
11:41il va falloir faire revenir, redonner confiance aux entreprises et aux armateurs,
11:47ce qui veut dire que la crise va probablement se prolonger,
11:50ce qui veut dire que l'inflation, notamment au niveau des matières premières,
11:53au niveau du coût des transports, au niveau de l'essence,
11:56et puis ensuite, finalement, au niveau des produits manufacturiers,
11:59risque de se prolonger aussi, on risque d'avoir une augmentation
12:02et face à ça, le gouvernement promet effectivement et annonce cette réindaxation du SMIC
12:09et je voulais juste vous faire remarquer que le gouvernement avait eu l'intention
12:14de la supprimer dans le PLFFS en 2026
12:17et finalement avait été obligé de revenir sur cette mesure-là
12:20pour pouvoir boucler son budget.
12:23Donc finalement, ils sont obligés de remanger leur chapeau
12:25évidemment de l'annoncer
12:27et on voit qu'aujourd'hui, toute la question des déficits de 2027
12:33sur lequel Sébastien Lecornu s'annonçait très vigilant,
12:36c'est pour ça qu'il a toutes ses mesures aussi dilatoires sur les aides,
12:41ça va s'annoncer encore plus compliqué
12:43et on va avoir un problème de budget
12:45et un problème de déficit au niveau de l'État si la crise se prolonge.
12:49Et ce serait la double peine pour ceux qui gagnent le SMIC, Jean-Rémi,
12:52si cette inflation passait à la trappe dans un nouveau budget ?
12:55C'est évidemment le souci et on voit que la manière dont le ministre vient annoncer cette hausse,
13:01qui est certes une revalorisation mécanique,
13:03mais qui, d'une certaine manière, ce n'est pas juste un communiqué de presse,
13:05ils essaient de sanctuariser un petit peu ça.
13:09Évidemment, c'est important d'envoyer ces messages
13:10que les Français qui sont dans des situations les plus compliquées,
13:15eh bien, il y a une réponse politique,
13:17quand même elle est mécanique.
13:19Il faut juste avoir un chiffre en tête,
13:20il faut savoir que la moitié des Français gagnent entre un SMIC et 1,5 SMIC.
13:24Donc, la moitié des Français gagnent entre 1800 et 2700 euros bruts.
13:29On est l'un des pays en Europe où, en fait, il y a de plus de SMICardisés,
13:33comme on dit, de manière pas très élégante.
13:35Et aussi, en France, on a le plus de travailleurs pauvres.
13:38On a fait partie des pays où il y a le plus de travailleurs pauvres.
13:39Cette question, elle est aussi liée à la manière dont notre système social est géré
13:43et la manière dont ce qu'on appelle les trappes à bas salaires.
13:46C'est-à-dire que quand vous employez quelqu'un au SMIC, vous avez très peu de charges.
13:49Et dès que vous voulez l'augmenter un petit peu, vous avez énormément de charges qui arrivent.
13:52En gros, vous augmentez quelqu'un qui est au SMIC de 10%,
13:54ça vous coûte 18% de plus quand vous êtes un patron.
13:56C'est totalement dissuasif.
13:57Donc, en fait, il y a de nombreux Français qui sont bloqués au niveau du SMIC.
14:01Donc, cette réponse, elle est évidemment très importante.
14:03C'est 44 euros brut en plus.
14:05C'est évidemment important.
14:06Certains diront que c'est peu, mais c'est en réalité important.
14:08Mais la réponse sociale, la réponse globale,
14:11elle n'est pas du tout réglée par l'annonce de ce matin.
14:13Elle est importante, évidemment.
14:15Mais ça ne change pas du tout la configuration de notre économie,
14:18la configuration de la répartition des salaires en France.
14:20Effectivement, parce que ceux qui gagnent un peu plus que le SMIC,
14:22eux, ils ne sont pas revalorisés automatiquement en cas d'inflation de 2%, voire davantage.
14:28Ça, c'est un sujet de la présidentielle.
14:31Le fait que le travail peut y mieux.
14:32Plusieurs candidats ont mis ce sujet sur la table.
14:35On va continuer à en parler dans un instant
14:38et aussi de ce contexte géopolitique extrêmement abrasif et fragile
14:44entre l'Iran et les Etats-Unis.
14:45Mais pour l'instant, il est 9h21.
14:46Laissez l'info en une minute avec Maureen Sunia.
14:50Toutes les aides de l'État pour faire face à la hausse des prix des carburants
14:53vont être regroupées sur un site internet
14:55et il sera possible de faire sa demande à partir du 27 mai prochain.
14:58Un simulateur est aussi disponible en ligne pour vérifier si on est éligible ou non,
15:03annonce du gouvernement ce matin.
15:05Cette hausse des prix de l'énergie est liée à la guerre au Moyen-Orient.
15:08Une guerre qui a aussi une incidence sur le niveau du chômage.
15:12Il atteint 8,1% de la population active, le niveau le plus haut depuis 5 ans.
15:16Sur France Info, le ministre du Travail reconnaît un petit dérapage.
15:20Il annonce que le SMIC va augmenter de 2,4% le 1er juin prochain,
15:25soit 44 euros bruts de plus par mois.
15:27La patiente française atteinte d'un antivirus est toujours hospitalisée à Paris dans un état grave.
15:32Il s'agit de la seule française testée positive pour le moment.
15:36Le gouvernement assure que le virus ne circule pas actuellement en France.
15:39Et puis le parquet de Paris requiert la réouverture des investigations sur Luc Besson.
15:45Le réalisateur est accusé de viol par l'actrice Sainte-Bonne-Roy.
15:48Jusqu'à maintenant, la justice française s'est positionnée en faveur d'un non-lieu.
15:52Luc Besson conteste les faits.
16:00Les informés, Renaud Dely, Agathe Lambret.
16:06Les informés avec Alexandra Saviana, rédactrice en chef adjointe à l'Express.
16:10Jean-Rémi Baudot, chef du service politique de France Info.
16:13Renaud, le ton monte entre l'Iran et les Etats-Unis.
16:16Peut-on sortir de cette impasse ?
16:18Et Jean-Pierre Ferrandou, le ministre du Travail et des Solidarités, insistait il y a un instant sur ce contexte
16:22géopolitique très incertain qui conduit le gouvernement à être prudent quant aux perspectives économiques en matière d'emploi d'une
16:28part, en matière d'inflation aussi, au-delà des mesures que le ministre a détaillées il y a quelques minutes
16:33sur l'antenne, notamment la revalorisation du SMIC ou les primes pour les gros rouleurs ou la prime d'activité.
16:37Ce contexte géopolitique très incertain est donc lié au blocus, au blocage du détroit d'Or mousse d'une part,
16:44à ce cessez-le-feu extrêmement fragile, et vous le disiez, au ton qui monte de nouveau entre Donald Trump
16:50et l'Iran.
16:50Est-ce que finalement, Donald Trump, la diplomatie américaine ont un plan de sortie de crise ? Quel constat peut
16:57-on faire au bout de deux mois de conflits ?
16:59Voici ce qu'on disait il y a quelques minutes sur ce plateau, celui qui était votre invité, l'ancien
17:02ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.
17:05La paix par la force, ça ne marche pas. C'est comme ça, ça ne marche pas. Parce que la
17:09paix par la force, c'est en fait la guerre, c'est en fait le chaos, et au fur et
17:15à mesure, la force s'enlise, et la paix n'est pas au rendez-vous.
17:19Et on le constate là. Comment on peut prendre rendez-vous avec la paix alors ? C'est la négociation.
17:23La paix par le droit. La paix par la force, ça ne marche pas. Seule marche la paix par le
17:27droit.
17:28Alexandre Saviana, il a un plan de sortie, il a une stratégie, Donald Trump ?
17:33Il dit que oui.
17:34C'est sous pire.
17:36Oui, effectivement, parce que hier, il y avait Pitexet, le ministre de la Défense, de la guerre, comme on dit
17:43aujourd'hui, qui était devant le Congrès,
17:45et qui a typiquement refusé de donner les plans de sortie des Etats-Unis, les stratégies, devant une commission publique.
17:54Donc, en théorie, ils sont censés en avoir un. La vérité, c'est qu'aujourd'hui, on a quand même
17:59le sentiment d'avoir Washington qui navigue à vue et qui est un peu partagé entre deux grands courants.
18:04D'un côté, la ligne plutôt raisonnable, on va dire, c'est-à-dire les chefs d'entreprise et les
18:15moins faucons de Washington qui disent à Donald Trump,
18:18il faut que vous soyez raisonnable, il faut que vous négociez.
18:20Et de l'autre, on a justement les faucons. Donc, ceux dont la tradition, c'est plutôt d'aller vers
18:25la guerre et de prôner un conflit avec le Moyen-Orient,
18:27comme le sénateur Lindsey Graham, qui a été ministre sous le précédent mandat Trump, qui dit non, non, il faut
18:33continuer à maintenir la pression sur Téhéran.
18:36Et donc, on peut peut-être voir derrière les atermoiements de Trump et ses messages un peu contradictoires, souvent sur
18:42les réseaux sociaux, un symptôme de ces divisions à Washington.
18:46Et que peut faire la France et l'Europe dans ce contexte, Jean-Rémi ?
18:48On sait que la France, et on l'a appris hier soir, va lancer, je cite, une initiative à l
18:52'ONU sur sa position de mission, une mission neutre.
18:55C'est ce qu'a dit Emmanuel Macron hier soir. Difficile à dire, et on l'a bien senti, ce
19:00matin, Jean-Yves Le Drian dit que la France et l'Europe ont une voie à apporter,
19:04qu'elle a peut-être des solutions à apporter. Donc ça, c'est peut-être un point.
19:09Juste pour répondre à votre question précédente sur, est-ce que Donald Trump a un plan ? Je ne sais
19:12pas s'il a un plan, mais je pense qu'il a un problème.
19:14Et on parlait de l'inflation en France aujourd'hui. Cette question, elle se pose aussi. La politique erratique de
19:19Donald Trump, elle a des impacts aussi, évidemment, aux Etats-Unis.
19:22L'indice des prix à la consommation, donc l'inflation, 3,8% sur un an, en raison des prix
19:28à la pompe, mais aussi sur l'alimentation.
19:29Et ça, rappelons qu'on est à quelques mois d'élections majeures aux Etats-Unis, qui s'appellent les mid
19:33-terms, c'est les législatives en gros aux Etats-Unis.
19:35Et il n'est pas exclu que Donald Trump n'ait pas une toute petite pression de la part, notamment
19:39de son électorat, pour trouver une solution.
19:41Est-ce que la France peut jouer un rôle là-dedans au Moyen-Orient ? Je ne sais pas, mais
19:44Trump a un sérieux problème.
19:46Alexandra ?
19:46Il y a certaines voix qui s'élèvent dès aujourd'hui pour dire qu'il faudrait carrément que les Etats
19:51-Unis acceptent la défaite.
19:52C'est un article qui est paru notamment dans Via Atlantique, où il dit clairement que c'est la seule
19:58solution, la seule sortie de crise raisonnable,
20:00parce que les munitions des Etats-Unis ont été profondément usées par ces quelques semaines de conflit,
20:08qu'aujourd'hui les prix augmentent et que pour rassurer la population, ce serait la seule solution.
20:12Et sur le long terme, en fait, ce que ce conflit montre, c'est aussi une perte finalement de puissance
20:18des Etats-Unis,
20:19une perte dans leur statut d'hyperpuissance, parce qu'on voit qu'au niveau munitions, il suffit d'un conflit
20:27de huit semaines
20:27avec un pays qui est jugé comme moyen pour perdre du terrain et pour avoir des problèmes industriels.
20:34Et donc la question qui se pose aujourd'hui, c'est que se passerait-il dans un conflit avec une
20:39puissance beaucoup plus importante,
20:41typiquement la Chine ou la Russie ?
20:44Et dans ce contexte, selon un média américain, Donald Trump, il réfléchit à changer le nom de l'opération ?
20:48Oui, il a éventuellement changé le nom de l'opération, ce qui a priori n'est pas vraiment une solution
20:52pour sortir de la crise,
20:53donc cette opération pourrait devenir marteau de fer, c'est ça, après fureur épique.
20:59Juste un point, c'est que le constat qui vient de laisser Alexandre Savinat, qui est très juste sur la
21:02situation au bout de deux mois de conflit,
21:03il se heurte totalement au storytelling, au récit de Donald Trump, c'est-à-dire ce constat d'échec,
21:08de fait de la stratégie américaine à ce stade, alors que Donald Trump, de son côté, répète,
21:12je vais dire tous les deux jours, mais presque toutes les deux heures, que tout va bien,
21:16que c'est un immense succès américain, et donc d'abord de lui-même, évidemment, il s'attribue ce succès,
21:21que l'Iran est au bord de l'effondrement, que le blocus du blocus décidé par les États-Unis dans
21:28le Trois-Demps fonctionne parfaitement, etc.
21:29On voit bien qu'aujourd'hui, ce récit n'a plus grande crédibilité, et d'abord, sans doute, effectivement, aux
21:35yeux des électeurs américains.
21:36Merci beaucoup les informés, merci Alexandra Savinat, rédactrice en chef adjointe à l'Express, vous avez la une de l
21:41'Express ?
21:41Oui, alors, on examine le duel du siècle, Donald Trump et Xi Jinping, il y a nucléaire, robot quantique,
21:48et à la fin, ce sera la Chine qui gagne, et c'est dans les kiosques dès aujourd'hui, et
21:52pas demain, parce que demain, c'est férié.
21:53Avec cette une en noir et blanc, merci Jean-Amé Baudot, chef du service politique de France Info, merci Renaud.
21:59Merci Agathe.
21:59Et les informés reviennent ce soir à 20h avec Victor Maté.
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