- il y a 11 heures
Les informés du matin du jeudi 13 mai 2026
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00:21Bonjour à tous, ravis de vous retrouver pour les informer, votre émission de décryptage de l'actualité comme chaque jour
00:26sur France Info.
00:27Jusqu'à 9h30, vous nous regardez sur le canal 16 de la TNT et vous nous écoutez évidemment à la
00:32radio.
00:32Deux thèmes comme chaque jour en débat aujourd'hui.
00:35On va débuter dans un instant avec la grande opération transparence du gouvernement sur fond de psychose et de crainte
00:41aussi autour de l'antavirus.
00:44On vous donnera les derniers chiffres alors qu'Emmanuel Macron affirmait il y a quelques jours que la situation était
00:49-elle sous contrôle ?
00:51On se posera la question et puis en deuxième partie de l'émission, le chômage en hausse des nuages noirs
00:57sont-ils attendus autour de l'économie ?
00:59Pour en parler, Fanny Guinochet, bonjour Fanny.
01:01Bonjour.
01:02Éditorialiste d'économie à France Info.
01:04Antoine Comte, bonjour Antoine.
01:05Bonjour Paul.
01:06Éditorialiste politique France Info, on vous connaît bien évidemment dans cette émission.
01:10Et Charlotte Tomaca, bonjour Charlotte.
01:11Bonjour Paul.
01:12Journaliste politique RFI.
01:14Notre premier thème et avant d'ouvrir le débat autour de l'antavirus, ces chiffres, 22 Français considérés comme cas
01:21contact n'ont pas de symptômes.
01:22Quatre enfants ont aussi été testés négatifs.
01:25Ce sont les chiffres donnés hier par le gouvernement qui tentent de rassurer ces dernières heures autour de l'antavirus.
01:33La situation est-elle vraiment sous contrôle ?
01:36La question pour vous les informer dans un instant.
01:38D'abord, je vous propose d'écouter ce que disait Stéphanie Riste.
01:41C'est la ministre de la Santé et elle était auditionnée hier après-midi à l'Assemblée Nationale.
01:48Actuellement, il n'y a pas de circulation du virus.
01:51Je pense qu'il faut commencer comme ça.
01:53Maintenant, la responsabilité du gouvernement, c'est d'anticiper tous les scénarios, même les inimaginables et donc même les pires.
02:02Anticiper tous les scénarios, même les pires, les plus inimaginables.
02:05Tout cela, évidemment, est quasiment du pain béni, Antoine Comte, pour les complotistes.
02:10Déjà, la psychose sur les réseaux sociaux, notamment la complosphère qui s'agite en tous sens.
02:16Est-ce une bonne opération que cette opération de transparence du gouvernement, politiquement ?
02:20Oui, je pense qu'ils ont raison de ne pas refaire l'erreur du Covid-19.
02:25Enfin, rappelez-vous, il y avait eu une forme de retard à l'allumage au moment de cette épidémie qui
02:31s'était déclarée rapidement.
02:33Bien évidemment, je ne compare pas les deux et les complotistes, justement, le font aujourd'hui un peu partout sur
02:38les réseaux sociaux.
02:39Il n'y a aucune comparaison, selon en tout cas les scientifiques, à avoir entre le Covid-19 et l
02:43'antavirus.
02:44N'empêche que, par contre, il y a une comparaison à avoir sur le traitement politique de ces affaires-là,
02:48de ces affaires sanitaires qui peuvent, en effet, toucher l'ensemble des Français.
02:53Et on a un gouvernement qui, cette fois-ci, a voulu montrer qu'il était à l'action dès la
02:56première minute.
02:57Et c'est vrai que c'est ce qui s'est passé avec ces nombreuses réunions autour du Premier ministre
03:00Sébastien Lecornu.
03:00Deux par jour.
03:01Deux par jour.
03:03Il y a des réunions aussi interministérielles, donc entre les différents ministères concernés,
03:08avec le ministère de la Santé qui centralise tout ça sous l'égide de Stéphanie Riste.
03:13Et puis, vous avez aussi des communications à la fois de pédagogie de la part du gouvernement,
03:18mais aussi pour rassurer les Français en disant, par exemple, sur l'affaire des masques,
03:22qu'on avait un stock suffisant, un stock stratégique de masques,
03:26contrairement à ce qui s'était passé, justement, lors de l'épidémie de Covid.
03:31Vous avez, en fait, un gouvernement qui communique presque à outrance.
03:33On se demande si ce n'est pas un peu too much de temps en temps.
03:35Mais on se dit qu'aussi, s'il ne le faisait pas, on lui reprocherait, justement, de ne pas prendre
03:40le sujet au sérieux.
03:41Donc voilà, on a un gouvernement qui marche un peu sur un fil,
03:44qui doit trouver un juste milieu, entre ne pas trop communiquer pour pas non plus trop inquiéter les gens,
03:49et de l'autre côté, quand même communiquer au moins chaque jour pour faire un point d'étape
03:54et dire qu'aujourd'hui, on a une épidémie qui n'en est pas une, en tout cas qui n
03:58'a rien à voir avec le Covid,
04:00et qu'il y a ce travail, cette pédagogie, cet exercice pour tenter de rassurer les Français.
04:06Fanny Guinochet, c'est le souvenir du Covid qui hante les gouvernants et les dirigeants politiques dans ce moment-là
04:11?
04:11Complètement.
04:12Et c'est vrai que, moi, j'ai trouvé plutôt astucieux de la part de Stéphanie Ritz, la ministre de
04:17la Santé,
04:18de se mettre un peu en retrait lors de sa conférence de presse par rapport aux scientifiques,
04:22d'essayer de porter la parole scientifique en avant, en disant, voilà, très factuellement, on en est.
04:27On va voir si l'exercice sur la longueur suit, parce que les points de transparence, vous le disiez, c
04:34'est bien d'en faire,
04:35mais on va voir si à chaque fois la transparence est là.
04:38A priori, le gouvernement veut communiquer, est-ce que ça suffit pour arrêter tous les débats,
04:46ou en tout cas les informations, les fausses informations, le complotisme, ça c'est une autre chose.
04:51En revanche, ça n'arrête pas la panique, parce qu'on voit que les ventes de masques, elles se sont
04:56quand même envolées.
04:57C'est ce que disent, selon une information de nos confrères de France Inter,
05:02les ventes de masques FFP2, elles ont été multipliées par 5 dans les pharmacies en une semaine,
05:08et vous avez un certain nombre de pharmaciens qui disent, aujourd'hui, on est en rupture, on est en pénurie,
05:13et c'est vrai que la question qui va vite se poser derrière, c'est, est-ce qu'on est
05:16capable de,
05:17si jamais ce virus prenait de l'ampleur, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, on le rappelle,
05:22mais est-ce que la France, derrière, sera capable de produire des masques ?
05:26Il faut savoir qu'après l'épidémie de Covid, il y avait un certain nombre d'usines, très clairement,
05:30de masques qui avaient fermé, parce qu'on n'en avait plus l'utilité.
05:34Et hier, pour la première fois, Matignon a communiqué sur le stock de masques,
05:38le jugeant suffisant pour tenir trois mois d'épidémie.
05:41Charlotte Tomaca, on parlait du douloureux souvenir du Covid, de cette obligation transparente,
05:46c'est ce que le mot d'ordre en ce moment pour le gouvernement, c'est de rassurer, absolument,
05:51de rassurer les Français d'éviter la psychose.
05:52Oui, bien sûr, et c'est ce que vous disiez précédemment, Antoine et Fanny,
05:56en fait, le gouvernement est quand même sur une ligne de crête, et c'est assez difficile,
05:59parce qu'il ne faut pas céder à la psychose en faisant trop de communication,
06:03mais aussi, s'il n'y en a pas assez, ça laisse fleurir les complotistes et les antivax,
06:08notamment sur les réseaux sociaux, donc on a beaucoup vu rejaillir ces derniers jours.
06:13Alors, il y a les oppositions aussi cette semaine qui sont montées au créneau à l'Assemblée nationale,
06:17notamment avec des députés LFI, des députés RN qui demandent plus de transparence,
06:21et je pense que c'est pour ça aussi que le gouvernement est à l'action,
06:24multiplie les réunions, multiplie les conférences de presse,
06:27en laissant bien sûr, donc on l'a vu et vous l'avez dit, la ministre de la Santé,
06:30qui était quasiment presque, je peux dire, inconnue du grand public et des Français,
06:35c'est elle qui est en première ligne.
06:36Matignon, enfin, le Premier ministre Sébastien Lecornu l'a envoyé déminer dès dimanche soir
06:41dans le journal de 20h de France 2 pour expliquer, pour rassurer Stéphanie Riste,
06:45il faut savoir qu'elle est médecin de formation,
06:47et donc c'est elle qui a pris la lumière dans cette crise.
06:51On voit peu apparaître le Premier ministre, il tweet beaucoup,
06:54comparé à d'habitude en fait,
06:57mais donc la ministre de la Santé, elle, est omniprésente,
07:01elle a d'ailleurs été, alors elle a fait sa conférence de presse avec des épidémiologistes,
07:06en effet, elle a pris du recul, elle a laissé la sphère scientifique parler et s'exprimer,
07:10parce que c'est le meilleur moyen de déminer et de rassurer aussi les Français.
07:15Elle est restée en retrait, mais elle a aussi été auditionnée dès le lendemain matin
07:19par la Commission des Affaires Sociales pour évoquer tous les nombres de masques,
07:24les liés à l'hôpitaux, la gestion de la crise sanitaire,
07:26donc à l'Assemblée Nationale, c'était mercredi matin hier,
07:29et donc il multiplie les conférences de presse et les prises de parole
07:33face à des oppositions qui réclament donc plus de transparence.
07:36Alors vous disiez, Charlotte, que Sébastien Lecornu tenait plutôt en retrait,
07:40on l'a beaucoup vu actif sur les réseaux sociaux,
07:42il y en a un autre qu'on a entendu cette semaine en marge de son déplacement au Kenya,
07:46c'est Emmanuel Macron qui estimait, écoutez un petit peu plus tôt dans la semaine,
07:49que la situation était absolument sous contrôle.
07:52C'est un virus qui est connu, dont les caractéristiques sont différentes
07:56de ce qu'on a pu connaître au moment du Covid-19,
07:58donc le gouvernement a pris les bonnes décisions,
08:00la situation est sous contrôle.
08:02Alors voilà, la situation est sous contrôle,
08:04est-ce qu'on peut l'affirmer aussi clairement Antoine Comte ?
08:06Tout à l'heure vous rappeliez à juste titre
08:07qu'on n'est pas dans le même ordre de grandeur que pour l'épidémie de Covid,
08:12on a 22 cas contacts qui sont pris en charge à l'hôpital Bichat à Paris,
08:17il y a vraiment un protocole aussi de prudence
08:18qui est respecté à la lettre par le gouvernement aujourd'hui.
08:21Oui, il y a un protocole de prudence mis en place exclusivement par la France,
08:25quand vous regardez nos voisins européens, par exemple les Anglais,
08:28les Britanniques, ils ne confinent pas dans les hôpitaux les cas contacts,
08:33alors que la France a décidé de le faire.
08:36Donc Emmanuel Macron peut-être qui va un peu vite en besogne
08:38en disant que c'est sous contrôle,
08:39parce qu'imaginez, ça dérape dans quelques semaines,
08:42on lui reprochera d'avoir dit ça.
08:44Je pense que s'il le dit, il a eu une certaine expérience politique,
08:48c'est qu'en effet, il a quand même la confirmation de la part des scientifiques
08:51que c'est un virus, un, qui n'a rien à voir avec le Covid-19, on l'a dit,
08:55deux, qui est connu des scientifiques,
08:56qu'en fait, c'est un antivirus, on ne le découvre pas,
08:58notamment la souche des Andes.
09:00En Argentine.
09:01En Argentine, qui a un taux de létalité qui est très fort,
09:03plus de 30% selon les scientifiques là encore.
09:07Donc voilà, en fait, c'est un virus qui est connu,
09:09qui est plutôt maîtrisé,
09:11et qui en effet est pris à temps.
09:14Voilà, et la France, en fait, espère d'ailleurs,
09:18parce qu'en fait, l'inquiétude est là,
09:19c'est-à-dire que les autres pays, aujourd'hui, je le disais,
09:23ne fonctionnent pas de la même façon pour isoler leurs cas contacts.
09:26Et d'ailleurs, la France a appelé à une harmonisation des règles avec ses voisins.
09:29Et donc l'inquiétude d'Emmanuel Macron et du gouvernement,
09:30elle est plutôt là en disant, nous, on fait le job,
09:33en tout cas, on pense le faire en isolant vraiment dans les hôpitaux tout le monde,
09:37en tout cas tous ceux qui peuvent être concernés par ce virus.
09:39On espère que les autres pays et nos voisins les plus proches qui ne le font pas,
09:43ne vont pas créer, du coup, une transmission du virus,
09:47et donc avoir un impact chez nous en France.
09:49Bon, voilà pour les derniers chiffres, la situation politique autour aussi de cet antavirus.
09:53On va refermer ce chapitre, en ouvrir un autre dans un instant,
09:56parler des nuages noirs autour de l'économie française.
09:59Mais d'abord, à 9h16, le fil info, Maureen Suignard.
10:02Une poignée de main, une parade militaire et des drapeaux américains.
10:05Donald Trump est arrivé en Chine pour une visite d'État.
10:08Il a rencontré le président chinois pendant plus d'une heure ce matin.
10:12Pékin assure que les deux chefs d'État ont notamment discuté du Moyen-Orient
10:15et de la guerre en Ukraine.
10:16Les deux pays ont prôné une stabilité des relations sino-américaines.
10:20Et en Ukraine, une nouvelle attaque russe pendant la nuit.
10:23Plus de 670 drones et 56 missiles ont visé le pays, selon le président ukrainien.
10:28On compte un mort et une trentaine de blessés.
10:31La cérémonie débute à midi, à Caen.
10:33Cérémonie présidée par le ministre de la Justice,
10:35deux ans après la mort de deux agents pénitentiaires au péage d'Incarville, en Normandie,
10:41tués lors de l'évasion du trafiquant Mohamed Amra.
10:44Ce dernier est maintenant emprisonné en France.
10:46Et puis, émission spéciale sur France Info.
10:48Ce soir, dès 20h, pour suivre l'annonce du sélectionneur de l'équipe de France,
10:52Yé Deschamps, la liste de joueurs qui seront au Mondial de foot le mois prochain.
10:57Un Mondial où il y aura une finale et il y aura des stars.
11:00On l'a appris ce matin.
11:01Les chanteuses Madonna, Shakira et le groupe de K-pop BTS
11:04seront les têtes d'affiches d'un spectacle à la mi-temps le 19 juillet prochain.
11:12France Info
11:15Les informés
11:19Paul Barcelone
11:20Avec ce matin, Charlotte Tomaca de RFI, Fanny Guinochet de France Info et Antoine Comte de France Info TV.
11:25La suite des informés donc avec notre deuxième débat.
11:28Une croissance qui s'essouffle, une inflation en hausse et des défaillances d'entreprises,
11:32on va en reparler dans le détail, qui s'accélèrent.
11:35Bref, les nuages noirs s'amoncèlent au-dessus de l'économie française avec un symbole.
11:39Le taux de chômage qui atteint 8,1% son plus haut niveau depuis cinq ans.
11:45Annoncé hier matin sur France Info par Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail.
11:52On s'attendait à ce que le taux de chômage glisse un petit peu
11:55compte tenu du contexte économique quand même particulièrement difficile
11:58lié à la guerre en Iran et au blocage des droits d'Hormuz.
12:01Il faut aussi voir qu'il n'y a jamais eu autant de personnes dans l'emploi depuis 50 ans.
12:06Donc voilà, il y a quand même une dynamique de l'emploi,
12:08même si à court terme et compte tenu de l'environnement économique,
12:11il y a un petit dérapage sur le taux de chômage.
12:14Alors, petit dérapage sur le taux de chômage, dit Jean-Pierre Farandou,
12:17c'était ici sur France Info hier matin.
12:19Fanny Guinochet, il faut nous aider à comprendre.
12:21Est-ce que ce taux de chômage 8,1%, la barre symbolique des 8% franchie,
12:25ça peut faire peur, ça peut interroger, ça pose plein de questions, on va se les poser.
12:30Il faut nous aider à faire le décryptage.
12:32Alors, c'est vrai qu'il est dans son rôle.
12:35Il ne va pas dire, alerte, vous n'allez pas trouver de job demain, ça va être terrible.
12:39Donc il dit, c'est un petit dérapage.
12:41La vérité des chiffres, c'est que quand même, ce n'est pas très très encourageant,
12:46parce que sur ce premier trimestre, effectivement, on passe au-delà de 8%, 8,1%.
12:53Vous l'avez rappelé, ça fait 5 ans qu'on n'a pas eu des chiffres aussi élevés,
12:56et surtout, ça fait en fait 5 trimestres que le taux de chômage en France est en train de progresser.
13:02Et là où c'est un peu préoccupant, c'est que quand vous regardez dans le détail,
13:06vous voyez que le premier trimestre, il n'y avait pas encore vraiment la répercussion de la guerre au Moyen
13:12-Orient.
13:13Donc c'est déjà une économie, une croissance qui s'essoufflait,
13:17mais on peut supposer qu'étant donné le mois de mars que l'on a eu,
13:22le mois d'avril que l'on a eu, et le mois de mai, on est déjà à la moitié
13:25qui se profile,
13:26le deuxième trimestre, côté taux de chômage, ne va pas être brillant.
13:31On voit vraiment, et les Français le voient tous les jours, autour de nous,
13:34nous avons de plus en plus de gens qui ont des difficultés à trouver du travail,
13:38à s'insérer sur le marché du travail.
13:39On voit aussi dans l'actualité un certain nombre de grosses enseignes qui baissent le rideau.
13:45On peut citer, hier c'était Minelli, quand même c'est une marque emblématique de chaussures,
13:50Bouchara, pareil, enseigne de tissus.
13:52Vous avez régulièrement, alors vous me direz, le commerce ça fait longtemps que ça va mal,
13:56oui mais ça fait longtemps que ça va mal dans le commerce, dans le transport,
13:59et vous avez, maintenant vous allez avoir les répercussions de ce conflit au Moyen-Orient
14:04qui fait que les entreprises, eh bien, elles rognent sur leur marge
14:07parce que les taux d'hydrocarbures sont nettement plus élevés
14:10et qu'elles vont être moins inclines à recruter.
14:14Charlotte Tomaca, est-ce que c'est un mauvais signal, un mauvais signal pour l'économie,
14:18un mauvais signal politique aussi pour Emmanuel Macron
14:20qui avait fait de la lutte contre le chômage un véritable cheval de bataille.
14:24On disait que le taux de chômage repasse au-dessus de 8%.
14:26Eh bien, quand le président de la République est entré à l'Elysée en 2017,
14:29le taux de chômage était à peu près à 9%,
14:32ce qui signifie donc que là, le taux de chômage est pratiquement égal à la date de 2017.
14:38Donc oui, en effet, c'est un mauvais signal pour le président de la République,
14:41mais aussi pour le gouvernement.
14:42On voit que malgré toutes les réformes qu'il a beau mettre en œuvre,
14:47le président de la République est en difficulté.
14:49Alors, vous m'arrêterez si je me trompe,
14:50mais il me semble qu'il y a aussi une réforme qui est entrée en vigueur,
14:53c'est-à-dire que maintenant, les bénéficiaires de minima sociaux
14:56sont comptés dans le chiffre des chômeurs,
15:00ce qui forcément n'aide pas...
15:02Mécaniquement.
15:03Mécaniquement, n'aide pas.
15:04C'est ça, mais vraiment, c'est quand même le ralentissement de la croissance
15:08qui fait qu'aujourd'hui, depuis plusieurs mois,
15:11l'économie française, on le voit avec une croissance à zéro,
15:14qui est complètement molle,
15:17c'est difficile de créer de l'emploi.
15:19Alors que, vous le rappeliez, en début,
15:21quand il est arrivé à l'Elysée,
15:23effectivement, il y a eu un retournement de la courbe.
15:269 à 8, entre 9 et 8%,
15:28un point d'écart, c'est beaucoup en termes de chômage quand même.
15:31Non, ce qui est compliqué pour Emmanuel Macron,
15:33c'est que la promesse qu'il a faite, en revanche,
15:35de rendre les clés d'Elysée avec un plein emploi,
15:39c'est-à-dire autour de 5%,
15:40là, elle est juste irréalisable.
15:43Ça, il ne tiendra pas, ou en tout cas, peut-être pas à cette promesse.
15:46Là, ça semble très compliqué,
15:46à un nom de la présidentielle,
15:47alors que, de toute façon, il ne pourra plus faire passer de réformes majeures.
15:50Et on le voit bien, de toute façon, à l'Assemblée nationale,
15:52il est complètement piaisé pour l'I, il n'a aucune majorité.
15:55Le gouvernement travaille sur des petits projets de loi,
15:57enfin, en tout cas, pas liés à l'économie.
16:01Le taux de chômage ne risque pas de baisser en un an,
16:04alors même que, lorsqu'il a été élu,
16:06alors certes, il bénéficiait d'un contexte un peu plus favorable
16:10lorsqu'un président est élu.
16:11Au démarrage, en général, on peut faire passer de grosses réformes.
16:13C'est ce qu'il a fait, la réforme de l'assurance chômage,
16:15de la SNCF, etc.
16:17Maintenant, là, ça va être beaucoup plus compliqué pour Emmanuel Macron,
16:20et d'ailleurs, il le sait.
16:22Alors, il bénéficiait aussi, vous l'avez dit,
16:23du contexte géopolitique compliqué,
16:25mais aussi de l'inflation,
16:26la concurrence de la fast fashion, le e-commerce.
16:28Ça fait beaucoup de choses pour lesquelles
16:30les entreprises françaises doivent s'adapter,
16:32et pour lesquelles le gouvernement n'a pas forcément
16:34de réponse à court terme.
16:35C'est vrai que le cocktail, Antoine Comte, fait quand même peur.
16:38Fanny parlait de la crise dans l'habillement,
16:41Charlotte de la crise dans la fast fashion,
16:43on parle de l'inflation, d'une croissance extrêmement molle,
16:45pour citer ce que disait Fanny à l'instant.
16:46Là, le cocktail est assez désespérant, j'ai envie de dire.
16:49Oui, et puis ça va, en effet, la promesse de faire baisser durablement le taux de chômage,
16:56ou en tout cas que le taux de chômage ne r'augmente pas,
16:58elle ne sera pas tenue d'ici la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron, là c'est clair.
17:01Et du coup, tous les candidats qui s'inscrivent un peu dans le sillage du macronisme,
17:04même si la plupart essayent de s'en dédouaner ou de s'en démarquer,
17:08ils vont récupérer ce mauvais bilan en pleine face.
17:11Donc ça, ça va être quand même quelque chose qui va être important,
17:14et ça va être sans doute un sujet aussi de la prochaine campagne présidentielle qui a déjà débuté.
17:18Mais quand même, il y a quelques points positifs pour Emmanuel Macron.
17:21Le taux d'emploi, on en parle peu, mais il est quand même à son niveau historique.
17:25Presque 70%, 69,5%, je parle sous le contrôle de Fanny.
17:30Mais voilà, et ça c'est quand même quelque chose de positif,
17:32c'est-à-dire qu'il n'y a jamais eu un taux d'emploi aussi important en France depuis
17:36de nombreuses années.
17:37Donc je pense que ça aussi, c'est un argument que les macronistes,
17:40ou en tout cas qu'Emmanuel Macron va mettre en avant,
17:43et il va dire, écoutez, moi aujourd'hui, je ne suis pas responsable du contexte international,
17:47je ne suis pas responsable de ce qui se passe,
17:50et qu'il y a des conséquences chez nous, directes, en France aussi.
17:53Fanny Guinoche, là-dessus, est-ce que les nuages noirs,
17:57puisque on parlait de ça tout à l'heure,
17:59qui s'amusèlent au-dessus de l'économie française,
18:01vont durer, ou comme la météo, vont finir par partir ?
18:03Eh bien écoutez, comme la météo, on n'en sait pas trop.
18:06On ne sait pas trop.
18:07À horizon quelques jours, oui.
18:11Ça risque de s'installer même.
18:13Après, tout va dépendre de la guerre et de la durée de ce conflit.
18:17Si demain, par miracle, nous avions une paix,
18:21que la circulation du détroit d'Hormuz se rétablisse,
18:27ça ferait une reprise.
18:29Sachant que quand même, le cours du baril de pétrole ne va pas redescendre,
18:34on l'a beaucoup dit, au niveau d'avant-guerre en Iran,
18:38puisqu'il y a des infrastructures qui sont abîmées et qui sont touchées
18:42et qu'il faudra reconstruire au Proche-Orient.
18:44Mais globalement, s'il y avait une détente du côté de la guerre en Iran,
18:50ça faciliterait les choses.
18:51Là, vraiment, ce qui fait monter l'inflation, par exemple, aujourd'hui,
18:55là, ces derniers mois, ces dernières semaines,
18:58c'est vraiment les prix des hydrocarbures.
19:00Alors, vous me direz, c'est un moment un peu...
19:02La France va essayer de prendre le pari de l'électrification.
19:05On attend un plan que doit détailler Sébastien Lecornu.
19:09Donc, on a quand même...
19:10Tout n'est pas totalement noir.
19:12On a quand même, dans notre environnement,
19:14le nucléaire qui nous porte.
19:15Mais c'est vrai que le temps de faire ce virage de l'électrification
19:18et de se défaire de cette dépendance aux hydrocarbures,
19:22aux énergies fossiles qui nous plombent aujourd'hui,
19:25eh bien, ça ne se fait pas du jour au lendemain.
19:27Même si on voit que les Français accompagnent le mouvement.
19:29Ceux qui le peuvent, ils sont passés à l'électrique.
19:31On baisse la consommation de carburant.
19:33Mais clairement, aujourd'hui, vu le cocktail,
19:36Emmanuel Macron, il a un combo économique
19:39qui n'est pas très encourageant.
19:41Antoine ?
19:42C'est vrai que le cocktail et le contexte un peu noir,
19:44même très noir, que vous décrivez,
19:46il n'incite pas aussi les employeurs à recruter.
19:49Aujourd'hui, vous avez finalement des employeurs
19:52qui hésitent à...
19:53Un peu la crainte du lendemain.
19:54Oui, parce qu'il y a cette incertitude.
19:57Et donc, ça joue aujourd'hui aussi
19:59dans ce taux de chômage qui augmente.
20:01Donc voilà, il y a aussi ce côté-là à voir.
20:03Mais c'est vrai qu'entre cette croissance qui n'est pas bonne,
20:06entre ce contexte international
20:07qui est extrêmement tendu et incertain
20:09et dont on n'est pas responsable
20:11finalement qu'on subit à distance,
20:13ben voilà, on va dire que les éléments,
20:17les planètes ne s'alignent pas
20:19pour qu'on ait un taux de chômage aujourd'hui qui baisse.
20:20Est-ce qu'à la fois, Charlotte Tomaca,
20:22le contexte international et les chiffres de l'économie,
20:25notamment autour du chômage,
20:26peuvent être des thèmes importants
20:27de la campagne présidentielle
20:28et avoir à ce point une influence
20:30sur le résultat du scrutin de 2027 ?
20:32Oui, évidemment.
20:32Je pense que la campagne va se jouer aussi là-dessus
20:34et notamment sur le pouvoir d'achat des Français
20:36qui est quand même un thème central
20:38dans l'actualité chaque jour.
20:40On sait que les Français sont en difficulté.
20:42Alors là, on parlait du contexte international,
20:44mais si on prend un peu de recul
20:45et qu'on revient en arrière il y a quelques mois,
20:48le pouvoir d'achat n'était pas non plus grandiose
20:52et le moral des Français n'était pas non plus au beau fixe.
20:56Donc évidemment, cette campagne,
20:57elle va se jouer là-dessus,
20:58d'autant que le RN n'a de cesse
21:01de remettre au centre du débat
21:03la question du travail,
21:05la question du travail qui paye.
21:06Marine Le Pen, dont on ne sait pas
21:08si elle sera candidate ou pas
21:09en fonction de sa condamnation,
21:11parle sans arrêt du travail
21:13qui devrait payer plus.
21:14Et c'est vrai qu'Emmanuel Macron,
21:16qui a beaucoup joué là-dessus,
21:18en fait n'a pas su,
21:19enfin n'a pas pu peut-être,
21:20en raison du contexte international,
21:23contexte économique,
21:24remettre au centre du débat
21:26la question du travail plus rémunérateur.
21:28Et on le voit sans arrêt,
21:29les politiques le rappellent sans arrêt,
21:31le problème du pouvoir d'achat des Français,
21:33du travail qui ne paye pas assez en France.
21:35C'est aussi un débat
21:37qui sera au centre de cette présidentielle 2027.
21:40Merci à tous les trois.
21:41Charlotte Tomaca,
21:42journaliste politique à RFI,
21:43Fanny Guinochet,
21:44on vous retrouve demain matin
21:45à Décrypte Agetco à 15h50,
21:48éditorialiste économique.
21:49et Antoine Comte,
21:49éditorialiste politique à France Info.
21:51On vous retrouve ce soir à 20h,
21:53les informés avec la liste de Didier Deschamps
21:55pour la prochaine Coupe du Monde de foot.
21:57Le rendez-vous est pris,
21:58et sinon demain matin,
21:59évidemment,
22:00à la même heure sur France Info.
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