- il y a 2 jours
Avec Maxime Reppert, vice-président du SNALC (syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur) et Jérôme Fournier (professeur d'histoire-géo et secrétaire national du syndicat SE Unsa)
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NewsTranscription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Jean-François Aquili.
00:04Le baccalauréat en question, faut-il être plus dur avec les élèves sur la notation ?
00:10Avoir le baccalauréat doit attester d'un certain niveau de maîtrise de la langue.
00:14Ce sont les mots d'Edouard Geffray qui a dévoilé ses priorités concernant le bac.
00:18Le ministre de l'éducation nationale insiste sur la qualité de l'écrit dans les travaux rendus par les candidats.
00:24Je vous rappelle que le bac arrive là.
00:26« Toute copie qui n'a pas un niveau suffisant en termes d'orthographe, de syntaxe et de grammaire
00:31ne peut pas avoir la moyenne au baccalauréat. »
00:34A expliqué hier le ministre lors d'une conférence de presse à Arcueil, c'est près de Paris, dans le
00:39Val-de-Marne.
00:41Durcissement des consignes sur l'orthographe, lutte renforcée contre la phrase, c'est autre chose.
00:45Mais aussi Asplanchet, il a décidé, le ministre de l'éducation et de l'éducation,
00:49de faire en sorte qu'on n'y vienne pas trop jeune.
00:53Ce sont quelques rares cas particuliers.
00:56Mais bon, voilà. Est-ce que c'est de la com ? Est-ce que ce sont des bonnes décisions
01:00?
01:00Pour en parler ce matin, Maxime Réperte, le vice-président du SNALC,
01:05le syndicat national des lycées, collèges, écoles et supérieures,
01:08qui va nous rejoindre dans un instant.
01:09Et ici présent, bonjour Jérôme Fournier.
01:12Bonjour.
01:12Vous êtes en studio, parlez bien près du micro.
01:14Professeur d'histoire géo et secrétaire national du syndicat SE, UNSA.
01:18Jérôme Fournier, que dites-vous de cette annonce spectaculaire du ministre de l'éducation nationale ?
01:24C'est une annonce qui n'arrive pas au bon moment.
01:26Ce n'est pas trois semaines du bac qu'on annonce aux élèves
01:30comment ils vont être évalués alors qu'on a des années pour les préparer avant.
01:34Donc le timing n'est pas bon et on a sûrement là un objet de communication.
01:38Ça leur met un petit peu la pression, comme on dit.
01:41Oui, bien sûr.
01:43Le bac, il est là pour évaluer ce que les élèves ont travaillé pendant un an, deux ans, trois ans.
01:49Enfin voilà, c'est le résultat de leur travail au lycée.
01:52Donc ce n'est pas maintenant qu'il faut leur dire comment ils vont être évalués
01:55alors qu'on ne les a pas préparés exactement à ces consignes-là.
01:58Ça veut dire que les 727 300 candidats qui vont plancher dans combien de jours ?
02:05Trois semaines.
02:06Trois semaines.
02:07S'ils ne sont pas bons en orthographe, ce qui est quand même un problème entre nous, on va en
02:11parler,
02:12ils peuvent rater leur bac.
02:14Alors qu'au fond, ils répondraient correctement, je ne sais pas, en histoire-géographie par exemple, à l'examen.
02:20Je suis assez peu certain de ça, en réalité.
02:24Le barème d'une épreuve, ce n'est pas que l'orthographe.
02:27Ou alors ça veut dire que demain, on ne se soucie plus des capacités et des compétences des élèves en
02:33maths,
02:33en histoire-géo, en philosophie, et on n'évalue qu'une épreuve d'orthographe.
02:39Donc on ne va pas mettre en dessous de la moyenne à des élèves qui ne maîtriseraient pas correctement l
02:47'orthographe.
02:48Ce n'est pas que ça le barème d'une épreuve.
02:49Oui, ce n'est pas que ça.
02:50Je cherchais le mot dans mes notes, le ministre de l'éducation nationale, Edouard Geffray, a dit
02:54que c'était une consigne valable avec discernement dans toutes les disciplines.
03:00C'est toute la nuance.
03:01Le avec discernement, ça veut dire que c'est l'essai à l'appréciation des enseignants comme vous ?
03:06En grande partie, oui.
03:07Mais de toute façon, les enseignants, ils n'ont jamais négligé l'orthographe dans l'évaluation d'une copie.
03:13Si une réponse n'est pas compréhensible parce qu'elle est mal écrite, la syntaxe est mauvaise,
03:18on ne reconnaît pas les mots, il ne faut quand même pas penser qu'on met le maximum de points
03:23à l'élève.
03:23Il y a le fond, mais il y a aussi la forme, notamment dans les matières littéraires.
03:28Comment est-ce que vous interprétez cette décision sortie très spectaculaire, disais-je, du ministre de l'éducation nationale, là
03:34maintenant ?
03:36Il y a une petite musique depuis un certain temps qui veut que si on a des résultats plus faibles
03:43à l'examen,
03:44l'examen a plus de valeur.
03:46On est dans cette logique-là.
03:47En fait, là, ils donnent des consignes qui amènent vers un peu plus de tri.
03:52On a un système scolaire qui trie et qui élimine au fur et à mesure.
03:56Et en considérant que, en triant, on donne plus de valeur à ceux qui ont réussi.
04:01C'est cette logique-là qui s'opère là.
04:03Est-ce qu'il y a derrière cette décision, et ce qui peut en découler, une dimension sociale ?
04:09Oui.
04:10Alors, ça c'est une vraie question.
04:11Oui, c'est une vraie question, parce que l'orthographe française est difficile par rapport à d'autres langues.
04:18C'est un fait, ça.
04:20Et donc, sa maîtrise est plus difficile.
04:24Donc, on voit bien, il y a des études qui ont été faites sociologiques là-dessus,
04:29que la maîtrise de l'orthographe est meilleure dans les catégories socioprofessionnelles plus élevées.
04:35Donc, il y a un marqueur social à la maîtrise de l'orthographe.
04:38Pour autant, ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas y arriver.
04:40La question, c'est, est-ce qu'on fait en sorte que la maîtrise de l'orthographe, comme du reste,
04:45parce que là, le ministre parle de l'orthographe, mais enfin, le bac, ça ne peut pas être que l
04:48'orthographe.
04:49Donc, est-ce que l'école, elle fait en sorte que tous les élèves réussissent,
04:52au niveau qu'on veut, au niveau auquel on veut les amener à la fin de leur scolarité ?
04:57Quand vous corrigez des copies vous-même,
05:02vous êtes attentif, j'imagine, à la syntaxe,
05:08aux accords, à la conjugaison, l'orthographe, évidemment.
05:11Vous êtes sévère, vous vous sanctionnez.
05:13Qu'est-ce que vous prenez en compte ?
05:17Je ne sais pas si c'est...
05:18C'est un point d'équilibre pour chaque élève ?
05:20Oui, ce n'est pas pour chaque élève, c'est un point d'équilibre entre ce qu'on attend sur
05:24le fond et ce qu'on lit sur la forme,
05:27et ce qu'on comprend de la forme, parce qu'une mauvaise syntaxe, c'est très vite une mauvaise argumentation.
05:32Moi qui suis professeur d'histoire-géographie, l'argumentation, c'est quand même quelque chose d'essentiel.
05:37Donc, si la maîtrise de la langue est faible, l'argumentation derrière est faible,
05:42donc forcément la note va être faible, ça fait partie d'un tout.
05:46Alors, il y a eu des périodes où on nous disait, dans certaines épreuves,
05:51qu'il y avait tant de points réservés à l'orthographe et à la maîtrise de la langue.
05:55Ce n'est plus le cas, mais ça ne veut pas dire pour autant que les enseignants, quand ils corrigent,
05:58ils ne prennent pas en compte cette dimension-là,
06:00mais c'est pris en compte autrement, dans chacune des questions au fur et à mesure.
06:04C'est laissé à la libre appréciation de chaque enseignant, j'imagine.
06:07Oui, avec des consignes de correction, comme on a toujours.
06:10Il y a un jury, il y a des inspecteurs qui nous donnent des consignes.
06:16Je rebondis sur ce que vous dites à l'instant.
06:18Quel est le taux de réussite gigantesque du baccalauréat aujourd'hui ?
06:22C'est de l'ordre de plus de 90%.
06:27Les correcteurs ont-ils aujourd'hui des consignes trop indulgentes
06:31pour éviter les mauvaises notes et maintenir ce fort taux de réussite
06:37qui est souvent critiqué comme une sorte de faunée, finalement,
06:42pour éviter les problèmes.
06:44On met la poussière sur le tapis en abaissant le niveau général
06:47et en laissant passer tout le monde.
06:48La plupart du temps, les consignes sont données pour corriger un exercice
06:54qui serait trop compliqué par rapport à ce qu'on a fait travailler aux élèves dans l'année,
06:58ou alors, avec la forme du bac telle qu'elle est aujourd'hui,
07:02vous savez que pour les épreuves de spécialité, les écrits,
07:05tous les élèves ne passent pas exactement l'épreuve le même jour,
07:08puisqu'on ne pourrait pas le faire.
07:09Avec les couplages d'épreuves, on est obligé de faire deux épreuves de maths,
07:14par exemple, deux épreuves de SVT, deux jours d'épreuve.
07:17Donc, ils n'ont pas les mêmes sujets, bien évidemment.
07:19Donc, les consignes, elles servent aussi à faire en sorte qu'avec des sujets différents,
07:25bien qu'ils aient été pensés avec le même niveau d'exigence au départ,
07:28mais on ajuste pour s'assurer qu'un groupe d'élèves n'ait pas été défavorisé par rapport à un
07:35autre.
07:35Vous diriez que le contrôle continu a affaibli la crédibilité du baccalauréat
07:40et créé des espèces d'inégalités entre les établissements ?
07:44Non. Nous, à l'UNSA, on est favorable au contrôle continu,
07:48alors pas intégral, avec une part de contrôle continu,
07:51parce que c'est aussi la récompense du travail régulier d'un élève dans l'année.
07:55Est-ce que, selon vous, derrière cette volonté du ministre de l'Éducation nationale
08:02de durcir le baccalauréat, il y a un objectif purement pédagogique
08:06ou alors est-ce qu'il y a peut-être une sorte de signal qui serait politique envoyé à l
08:12'opinion publique ?
08:14C'est plutôt la deuxième solution pour nous, c'est plutôt un signal politique.
08:18En fait, on a un ministre aujourd'hui qui sait qu'il ne fera pas de réformes,
08:22donc finalement, il n'a pas grand-chose à dire s'il ne fait pas de réformes,
08:25donc c'est aussi une manière de parler à l'opinion publique, à parler de l'école.
08:28Le bac, c'est un symbole important, c'est quelque chose d'important dans le système scolaire français.
08:34Donc, on ne travaille pas sur le fond des apprentissages quand on fait ce type d'annonce-là.
08:41Donc, nous, on préférerait qu'on se donne les moyens, on fixe un niveau à atteindre
08:47à la fin du collège, à la fin du lycée, à la fin de l'école, même si on veut,
08:51et on se donne les moyens que tous les élèves y arrivent.
08:53Ce n'est pas la logique de l'école française et c'est bien ce qu'on lui reproche, en
08:56fait.
08:57Jérôme Fournier, vous savez ce qu'on dit, c'est qu'il y a peut-être aujourd'hui une sorte
09:02d'enseignement à deux vitesses,
09:05c'est-à-dire que vous avez Paris avec ses exigences, l'île de France.
09:09Parcoursup devient un chemin de croix pour pas mal d'élèves qui sont dans des régions parfois reculées
09:16où le niveau est bien moins élevé.
09:18C'est-à-dire que si vous transposiez ces élèves du jour au lendemain dans certains lycées parisiens,
09:22ils ne suivraient pas, mais de fait, même avec des baccalauréens en poche dans des régions éloignées
09:27où le niveau est peut-être moins élevé, ils n'ont plus l'espérance, l'espoir d'accéder à des
09:34bonnes universités
09:35qui sont souvent, pas seulement, mais souvent en région parisienne.
09:39Est-ce qu'on n'est pas arrivé à un système aujourd'hui à deux vitesses ?
09:43Ce n'est pas Paris contre la province, parce qu'il y a des très bons établissements,
09:47des très bons lycées dans les grandes villes de province par exemple,
09:50ou même dans d'autres plus modestes.
09:53C'est très lié tout ça aussi à la sociologie des établissements.
10:00Je ne sais pas s'il y a un système à deux vitesses,
10:03mais après vous parlez de Parcoursup, on a un vrai sujet.
10:07Moi je préférais que le ministre s'empare du sujet de l'orientation par exemple,
10:11parce que Parcoursup c'est une plateforme qui sert à l'affectation,
10:16à l'orientation des élèves post-bac.
10:18Mais comment on s'y prépare ? Comment on fait en sorte que ce ne soit pas un élément de
10:24stress ?
10:24Oui, et les élèves sont laissés souvent, et les parents avec, livrés eux-mêmes devant une plateforme finalement,
10:32qui a remplacé peu à peu, supplanté les bons vieux conseils d'orientation de jadis,
10:37où il y avait un dialogue, il y avait un éclairage qui était plus à la mesure des attentes des
10:42uns et des autres.
10:42Le dialogue, il existe, les profs principaux le font ce dialogue avec les familles,
10:47mais cette plateforme, elle fait peur.
10:55Donc pour nous, ce qu'il faudrait vraiment envisager, c'est comment on travaille ce parcours d'orientation,
11:02et ça implique aussi les choix qu'on fait d'enseignement de spécialité au lycée, général et technologique.
11:09Et cette question-là, aucun ministre, et pourtant, vous savez comme moi qu'on en a vu passer beaucoup ces
11:14dernières années,
11:15aucun ministre ne s'empare vraiment de cette question-là, par exemple.
11:17Allez, on va réagir à ce que vous dites à l'instant.
11:21Nous attendons notre deuxième invité qui apparemment a des soucis pour nous rejoindre.
11:27Et oui, c'est la circulation dans Paris, c'est des choses qui nous arrivent à tous.
11:31Vous réagissez, vous n'hésitez pas, au 0826-300-300, le ministre de l'Éducation nationale est-il trop sévère
11:40?
11:41Est-ce que les profs, les enseignants que vous êtes, Jérôme Fournier, je le rappelle,
11:45est-ce qu'au fond, doivent-ils être bienveillants avec les élèves ?
11:49J'écoutais ce que vous disiez à l'instant.
11:51Est-ce qu'il faut jauger les choses au cas par cas ?
11:54Vous nous appelez 0826-300-300, vous réagissez après ces déclarations du ministre de l'Éducation nationale.
12:01A tout de suite pour la suite de La Vérité en Face.
12:04Le Grand Matin Sud Radio, La Vérité en Face, Jean-François Aquilie.
12:09Le ministre Édouard Geffray, qui veut sanctionner l'Éducation nationale,
12:13qui veut sanctionner les copies du bac mal rédigé, invité dans ce studio,
12:19Jérôme Fournier, professeur d'histoire géo, secrétaire national du syndicat SE,
12:23UNSA et Maxime Réperte, bienvenue, qui nous rejoint.
12:27Installez-vous, mettez-vous là, vice-président du SNALC,
12:31le syndicat national des lycées, collèges, écoles et études supérieures.
12:33Bonjour et bienvenue, installez-vous.
12:34Je vais vous faire écouter, en attendant que vous posiez,
12:38ce que dit Yanis Roder, l'historien de cette déclaration du ministre de l'Éducation nationale sur Sud Radio.
12:47C'est aussi un signal, je crois, envoyé à la fois aux élèves, mais aussi aux professeurs,
12:53de prendre en compte, de tenir compte du niveau d'expression écrite de leurs élèves.
13:00Ça veut dire aussi que les élèves doivent comprendre qu'écrire, ça demande des efforts,
13:06ça demande de la rigueur, ça demande du sérieux.
13:09Mais le signal, je pense que le signal est important.
13:12La langue, ça se maîtrise, la langue, ça se travaille, la syntaxe, l'orthographe.
13:17Et ce sont autant d'efforts qui permettent de structurer sa pensée.
13:21Maxime Réperte, bonjour, bienvenue.
13:23C'est chaud pour parfois nous rejoindre.
13:25Vice-président du SNALC, vous avez entendu évidemment les déclarations du ministre hier
13:30et notamment ce commentaire qui est fait à l'instant.
13:32Vous dites quoi, vous ? C'est un bon signal ?
13:36Non, c'est un faux signal.
13:38Écoutez, je pense que tous autour de cette table, nous sommes d'accord pour dire
13:43qu'il faut maîtriser la langue française, que l'orthographe, la syntaxe, la grammaire,
13:50la façon de s'exprimer, c'est quelque chose d'important.
13:53Nous sommes tous d'accord, je pense.
13:55Bon, maintenant, pour en revenir aux déclarations du ministre,
13:59je vais faire une comparaison qui va tout de suite résumer la chose.
14:03C'est comme si vous étiez malade et je vous dis, écoutez, vous êtes malade,
14:07on va vous maquiller un peu et vous verrez, ça ira mieux.
14:12Eh bien là, c'est un petit peu la même chose.
14:13Il faut être lucide, il faut être réaliste.
14:17Ces annonces, elles partent d'une intention qui est tout à fait louable,
14:22mais on reste dans une posture, une posture de communicant,
14:27une posture d'affichage.
14:30Mais comment vous l'expliquez ? Pourquoi ça arrive maintenant ?
14:33On est à quelques jours du bac.
14:34Et ça arrive maintenant pour montrer que, voilà, on essaye de montrer,
14:38vous savez, l'éducation nationale, c'est une belle vitrine,
14:41et c'est une succession de politiques d'affichage,
14:44pour résumer les politiques éducatives.
14:46On essaye de dire, en gros, regardez,
14:48on va vous montrer que le bac, ça a une importance.
14:52Alors d'ailleurs, au passage, pas tous les bacs,
14:54parce que la voie professionnelle s'est repoussée à 2027.
14:57Bon, pour des questions techniques.
14:59Mais le problème, c'est pas ça.
15:01Le problème, c'est que les jeunes ne maîtrisent pas la langue française.
15:05Et c'est pas en demandant d'être plus exigeants en termes de correction
15:09qu'on va changer de la donne.
15:11Regardez un petit peu le paradoxe.
15:13Pendant des années, on a diminué le volume d'heures d'enseignement en français.
15:20On demande parallèlement, chaque année,
15:23chaque année, on demande aux correcteurs, à des correcteurs,
15:26de remonter les notes quand ils sont trop stricts.
15:29Et là, aujourd'hui, on vous tient à un discours inverse.
15:31Je suis désolé, si on veut agir sur la maîtrise de la langue française,
15:35c'est pas ce type d'annonce qu'il faut faire.
15:36Jérôme Fournier, partagez le point de vue de Maxime Répert.
15:40Quelle est l'idée, en fait, faisons fi de ce que dit le ministre de l'Education nationale ?
15:45Bon, c'est trop tard, ça vient comme un cheveu sur la soupe,
15:48alors que les élèves préparent leur bac, là.
15:51Mais qu'est-ce que l'on fait avec cet abaissement général du niveau,
15:56au fond, de la maîtrise du français, donc de l'orthographe ?
15:59Qu'est-ce qu'on fait, là ?
16:01Il faut changer un certain nombre de méthodes d'enseignement
16:06pour atteindre un meilleur niveau, si c'est ce qu'on se fixe.
16:10Mais je répète ce que je disais tout à l'heure, faisons attention,
16:13le bac, ce n'est pas que l'orthographe.
16:15On ne peut pas baser la réussite ou l'échec des élèves au bac
16:18qu'à partir de l'orthographe.
16:20Ils ont des disciplines qui évaluent autre chose que ça.
16:22Donc, c'est un élément à prendre en compte, oui,
16:25mais ça ne peut pas être l'alpha et l'oméga
16:27de la correction du bac de cette année.
16:30Messieurs, est-ce que tout ça, ce n'est pas la résultante de,
16:33je commence par vous, Maxime Réperte,
16:36de l'impact désormais, ça date depuis quelques années,
16:40de l'irruption des écrans dans nos vies,
16:43dans la vie des jeunes, aujourd'hui, comme les adultes également,
16:46mais qui viennent, au fond, on va dire,
16:50fracasser l'enseignement des langues et de l'orthographe ?
16:53Vous avez raison. En fait, on arrive à cette situation-là
16:57parce que c'est un ensemble de phénomènes,
16:59y compris celui que vous venez d'écrire.
17:01Mais, en même temps, regardez ce qu'on a fait au niveau de l'école.
17:04Regardez l'exigence.
17:05Où est l'exigence vis-à-vis de nos élèves ?
17:09Cette exigence, elle n'existe plus.
17:11On a diminué le nombre d'heures.
17:13On a rendu le métier de moins en moins attractif,
17:17à tel point qu'il est difficile, aujourd'hui,
17:19de trouver des professeurs de lettres
17:21pour faire cours face aux élèves.
17:23Sans parler des méthodes pédagogiques
17:26qu'on a cassées,
17:30et il y a des problématiques autres,
17:32celle des écrans, c'est une excellente problématique,
17:34on se retrouve aujourd'hui dans une situation
17:37où il faut opérer d'urgence
17:39et où le ministre nous dit
17:40« Attendez, on va mettre un sparadrap ».
17:42Parce que la réalité, c'est ça.
17:43Il faut qu'on arrête de mentir,
17:45qu'on arrête de mentir aux auditeurs,
17:47qu'on arrête de mentir aux élèves,
17:48qu'on arrête de mentir aux parents,
17:49et à un moment donné,
17:51reconnaître les choses, les problèmes,
17:53tels qu'ils se présentent.
17:54Messieurs, il faut conclure.
17:55Dommage que vous soyez arrivés si tard,
17:57mais on entend bien les messages,
17:58qui sont les vôtres.
18:00Jérôme Fournier,
18:01que dites-vous à vos collègues ?
18:03Oups, indulgence, là, pour le bac ?
18:06Mais non, mais pas ni plus ni moins d'indulgence qu'avant.
18:09Je crois que les enseignants
18:11sont des professionnels sérieux,
18:13ils savent ce qu'ils font,
18:14et ils évaluent correctement.
18:17Et puis après,
18:18à partir de consignes qu'on leur donne,
18:19on ne peut pas le nier,
18:20mais on ne peut pas remettre en cause leur travail.
18:23Maxime Réperte,
18:24même conclusion pour vous ?
18:25Je pense qu'il faut redonner à l'enseignant
18:27sa place de professionnel.
18:29Il faut arrêter de les infantiliser,
18:31de les culpabiliser,
18:32de les isoler,
18:32parce que nous sommes des professionnels
18:34de l'éducation nationale.
18:36Donc rendez-nous notre professionnalisme,
18:38et reconnaissez notre travail.
18:40Voilà le message que j'aimerais adresser
18:42à notre ministre.
18:42Et j'imagine,
18:43pour ce qui est de l'éducation de nos enfants,
18:46rendez-vous en 2027.
18:47Ce sera l'un des grands débats,
18:48vous êtes d'accord avec ça messieurs ?
18:49C'est certain que ce sera sûrement
18:51un des débats importants.
18:52Allez, merci à vous.
18:53Merci à tous les deux,
18:53Jérôme Fournier et Maxime Réperte,
18:55d'avoir répondu à nos questions ce matin.
18:58Et bonjour Jacques Cardoz.
18:59Bonjour Jean-François.
19:00Vous êtes toujours mon orthographe ?
19:01Oui.
19:02J'essaye.
19:02Je me suis amélioré.
19:03Parce que ce n'était pas gagné
19:05quand j'étais jeune.
19:06C'est important.
19:07Oui, c'est important.
19:08C'est important de bien soigner son écriture.
19:10Vous savez quoi ?
19:10On parlera aussi éducation
19:12dans l'émission qui vient.
19:13Mettez-vous d'accord.
19:14Mettez-vous d'accord.
19:15On parlera du port de l'uniforme
19:16et d'un bilan qui est assez contrasté.
19:18On se posera également la question
19:19au sujet de Patrick Bruel,
19:21de savoir si le public va boycotter Patrick Bruel.
19:24Pourquoi ?
19:24Parce qu'il y a de plus en plus
19:26d'appels d'annulations.
19:28C'est attendu.
19:29Nos auditeurs, les avis sont très partagés.
19:31Très partagés.
19:32Je comprends qu'ils soient vraiment partagés
19:35parce qu'est-ce qu'il faut aussi
19:36faire la différence entre l'homme
19:38et ce qu'il a pu commettre
19:39et puis l'artiste.
19:40C'est toujours ce même débat.
19:42On parlera également
19:42de ce nouveau régime d'exception
19:45qui va permettre de s'affranchir
19:46des normes pendant deux mois.
19:47De quoi s'agit-il ?
19:48De l'état d'alerte de sécurité nationale.
19:50C'est une disposition
19:51qui a été intégrée
19:52à la programmation militaire
19:54qui a été votée hier au Parlement.
19:56Est-ce un régime spécial ?
19:58Est-ce une privation des libertés ?
19:59Vous nous appelez au 0 826 300 300.
20:01On sera avec les débatteurs
20:03bien entendu tout à l'heure.
20:04Et bonne émission à vous.
20:05Merci à vous.
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