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  • il y a 2 jours
Avec Benjamin Morel, constitutionnaliste, docteur en sciences politiques à l'École normale supérieure Paris-Saclay, maître de conférences à l'université Paris Panthéon-Assas et auteur du livre "Nos communes, un avenir civique à réinventer" aux éditions de l'Aube, avec Terre à terres & l'Institut Terram

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##LA_VERITE_EN_FACE-2026-03-09##

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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Jean-François Aquili.
00:05La démocratie, la démocratie locale, est-elle en danger ?
00:100826 300 300, vous nous appelez si vous voulez réagir ce matin.
00:13J'accueille Benjamin Morel, bonjour.
00:16Notre invité, vous êtes constitutionnaliste, vous êtes un visage connu dans les médias.
00:22Docteur en sciences politiques à l'école normale supérieure de Paris-Saclay.
00:26Maître de conférence à Paris-Panthéon-Assas.
00:30Auteur de ce livre que vous publiez intitulé « Nos communes ».
00:36Je le montre à l'écran pour ceux qui nous suivent sur Youtube.
00:38« Nos communes, un avenir civique à réinventer » aux éditions de l'Aube avec Terre à Terre et l
00:43'Institut Terram.
00:44Un titre apaisé, mais un livre quand même qui secoue.
00:47Parce que ce que vous décrivez à l'intérieur, c'est...
00:51Nous votons ce dimanche, ça n'a échappé à personne.
00:54Vous dites en substance un scrutin menacé alors que le maire à longtemps était considéré.
00:59Vous savez, c'est le cliché de l'élu préféré des Français.
01:02Réalité qui se dégrade, pêle-mêle, crise de vocation, inflation normative, épuisement, démission en cascade, raréfaction des candidatures, inégalité dans
01:13l'accès au mandat.
01:14L'engagement municipal Benjamin Morel est-il au bord de la rupture ?
01:19Je vous pose la question en ce matin.
01:21On a en effet un engagement qui est un engagement... Déjà bonjour.
01:24Ah oui, je ne vous ai pas dit bonjour.
01:26Si vous m'avez dit bonjour, mais je ne vous avais pas répondu.
01:28C'est nul.
01:29Bonjour.
01:30Soyez le bienvenu sur Sud Radio, Benjamin Morel.
01:33Merci beaucoup.
01:33Alors, au bord de la rupture, l'engagement municipal ?
01:36On a en effet un engagement qui est aujourd'hui de plus en plus complexe pour les élus.
01:41Il faut voir qu'il y a deux grands éléments qui aujourd'hui freinent cet engagement.
01:46Le premier, c'est que cet engagement n'est pas forcément très compatible avec une vie personnelle.
01:50Aujourd'hui, quand vous êtes maire d'une petite commune, vous gagnez environ 1 500 euros.
01:56Alors, tout dépend d'un vote du conseil municipal, mais c'est ça maximum.
01:58Et de l'autre côté, vous ne pouvez que difficilement conjuguer ça avec une vie personnelle,
02:04encore moins avec une vie professionnelle.
02:06Ce qui fait qu'on a surabondance de retraités, bien souvent, parce que ce temps manque.
02:11De l'autre côté, il y a quand même un gros sentiment de...
02:14Ok, très bien, je m'engage, mais à quoi bon ?
02:17Pour quoi faire ?
02:17C'est-à-dire que si jamais je suis membre d'un conseil municipal,
02:22tout le pouvoir va au maire.
02:24Et donc, je suis un peu un organe consultatif, croupion.
02:28Si jamais je suis maire d'une petite commune,
02:30ou même d'une ville moyenne dans une grande aire urbaine,
02:34le pouvoir, il n'est pas là, il est à l'interco.
02:36Et donc, au fond, pourquoi ? A quoi bon ?
02:39Et ce double sentiment, à la fois que j'aimerais avoir une vie de famille,
02:44une vie professionnelle normale, et que de l'autre côté,
02:47ok, très bien, je vais bien m'engager pour l'intérêt général,
02:49mais pourquoi donc ? A quoi bon ? Puis-je faire quelque chose ?
02:52Ça crée une crise d'évocation.
02:54Alors, on ne va pas attendre la fin de l'émission pour évoquer ce que vous proposez,
02:57parce qu'il y a quand même des clés de résolution dans cet ouvrage.
03:00Je dis très bien votre livre, d'ailleurs, Benjamin Morel.
03:03Vous dites qu'il faut démocratiser le statut de l'élu.
03:07Il y a pas mal d'entrées là-dessus aussi.
03:08Vous évoquez même des histoires de formation pour les élus,
03:12parce qu'au fond, ils arrivent souvent, ils déboulent.
03:14C'est un peu de l'empirisme, à chaque fois.
03:16C'est très compliqué.
03:17Il faut voir que le Code général des collectivités territoriales,
03:20ce qui régit l'organisation des collectivités,
03:21c'est devenu un gros pavé.
03:23Et que donc, souvent, le sentiment d'être incompétent,
03:27de ne pas pouvoir gérer cette difficulté du mandat,
03:30fait que vous avez beaucoup d'aspirants élus qui renoncent.
03:34Au fond, ce que montre l'enquête,
03:35c'est qu'on a fait une enquête,
03:38avec l'Institut Thérable et le Laboratoire de la République,
03:40on a fait une enquête sur 10 000 sondés
03:42pour vraiment rentrer dans les détails
03:44et voir un peu quels peuvent être les freins à l'engagement.
03:46Les Français veulent s'engager.
03:48En gros, il n'y a pas de sentiment de
03:50« Non, mais en fait, ça ne m'intéresse pas. »
03:52Les Français sont malgré tout intéressés.
03:53Ils sont toujours intéressés.
03:54Mais les freins à l'engagement sont de plus en plus importants.
03:57Parmi ces freins, il y a en effet le sentiment d'incompétence.
04:00Et c'est le sentiment d'incompétence, évidemment, c'est classique.
04:03Mais vous le retrouvez notamment chez les femmes
04:05et vous le retrouvez notamment dans les classes populaires.
04:07Ça n'empêche pas certains candidats de se présenter.
04:11Ça n'empêche pas certains de se présenter.
04:12Mais souvent, dans les grandes villes...
04:16ça devient vite gênant.
04:18Alors, certains, entre guillemets, n'osent pas se présenter.
04:20Notamment dans des catégories
04:22qui développent ce sentiment d'illégitimité.
04:25Femmes, personnes originelles de l'immigration,
04:26classes populaires, etc.
04:28Et de l'autre côté,
04:30en effet, une fois que vous êtes aux manettes,
04:32ça peut créer un certain nombre de sujets,
04:34de difficultés.
04:35Parce que derrière,
04:35et même si on a quand même fait des évolutions législatives
04:37intéressantes ces dernières années là-dessus,
04:39derrière,
04:40vous avez une responsabilité qui est engagée
04:42si vous êtes mère.
04:43Oui, quel problème ?
04:44C'est la complexité croissante
04:47des textes
04:49qui s'appliquent à la vie locale,
04:51la fiscalité...
04:53Le niveau de compétence est extrême
04:54pour, au fond,
04:55une rémunération dérisoire.
04:57Il y a une complexité
04:59qui est en effet importante
05:00sur les politiques
05:01que vous allez devoir mises en scène,
05:02mises en place.
05:03Et puis, de l'autre côté,
05:04vous avez une complexité
05:06qui est inhérente
05:07à l'organisation même du millefeuille.
05:09C'est-à-dire que si vous voulez connaître
05:10les compétences de votre commune...
05:11Récemment,
05:12l'un de vos confrères m'avait dit
05:13« Mais dites-nous simplement
05:14quelles sont les compétences de la commune. »
05:16Je suis incapable
05:16de le dire simplement.
05:17Parce que si vous voulez connaître
05:18les compétences de votre commune,
05:19il va falloir que vous sachiez
05:20dans quel type de PCI,
05:23établissement public
05:24de coopération intercommunale,
05:25bref,
05:26dans quel type d'interco,
05:27votre commune est,
05:28communauté d'agglomération,
05:29communauté de commune,
05:30métropole, etc.
05:31Une fois que vous avez déterminé ça,
05:32il va falloir que vous compreniez
05:33qu'il y a des compétences obligatoires
05:34à transférer,
05:35des compétences optionnelles,
05:36et que peut-être
05:37des compétences obligatoires
05:38ont été transférées,
05:39mais que certaines compétences optionnelles
05:40ont été gardées.
05:41Il va falloir voir
05:42s'il n'y a pas des syndicats de commune,
05:43s'il n'y a pas des financements croisés.
05:45le maire de Marseille
05:45a moins de pouvoir
05:46que la patronne de la métropole.
05:49Exactement.
05:50Dans les grandes villes,
05:51les métropoles vont avoir
05:52un pouvoir beaucoup plus important.
05:54Mais comprenez bien
05:54que tout ça,
05:55c'est déjà pas très compréhensible
05:57pour les lecteurs,
05:57résultat sacré en partie de l'abstention,
05:59et puis pour l'élu,
06:00c'est un tantinet intimidant,
06:01voire désengageant.
06:02Et donc,
06:03c'est cette complexité
06:05dont on peut comprendre
06:06les ressorts
06:06en termes de politique publique,
06:08mais cette complexité
06:09qui devient extrêmement,
06:10extrêmement intimidante,
06:11et qui peut produire,
06:12en effet,
06:13un désengagement
06:13et de l'abstention.
06:15Alors,
06:15vous évoquez,
06:16on va dire,
06:17les nouveaux visages
06:18de la désertification démocratique
06:21Benjamin Morel,
06:22c'est ce que vous enseigne
06:24cette enquête.
06:25Le panel est large,
06:26quand même.
06:27Oui,
06:2710 000 sondés,
06:27ce qui permet vraiment
06:28de rentrer dans les détails.
06:29D'affiner les choses,
06:30et vous dites,
06:30près du quart des Français,
06:3224%,
06:32dont 17% plus tôt,
06:34et 7% certainement
06:35se disent prêts
06:36à présenter une liste,
06:37mais en même temps,
06:38il y a de moins en moins
06:39de candidats,
06:40en réalité.
06:40Si vous regardez,
06:41là,
06:42ces élections municipales,
06:43vous avez 70% des communes
06:45où il n'y a qu'une seule liste.
06:46L'objectif de la démocratie locale,
06:48ce n'est pas de choisir
06:49entre une liste
06:50et cette même liste,
06:51parce qu'il n'y a pas de choix.
06:52L'objectif,
06:53c'est de faire le choix
06:54d'un bilan et d'un projet.
06:55Donc,
06:55on peut se satisfaire
06:57que dans la plupart des communes,
06:58quand même,
06:59il y ait une liste,
07:00mais en revanche,
07:02on voit que l'objectif initial
07:03de la décentralisation,
07:04c'est quoi la décentralisation ?
07:05Ce n'est pas l'efficacité
07:06des politiques publiques.
07:07Je suis incapable,
07:09les études internationales
07:10ne le montrent pas,
07:11de vous dire que
07:12la décentralisation,
07:13c'est plus efficace
07:14que la déconcentration.
07:15Autrement dit,
07:16vous donnez le pouvoir au préfet.
07:17En revanche,
07:17la décentralisation,
07:18son objectif,
07:19c'est d'être plus démocratique
07:20que la déconcentration.
07:21Autrement dit,
07:22vous avez un échelon hyper local
07:23auquel les Français sont attachés,
07:25la commune,
07:25l'objectif,
07:26c'est de pouvoir choisir
07:27un projet
07:27et ensuite d'évaluer un bilan.
07:29Si vous n'avez pas
07:30une capacité
07:31à construire
07:32une opposition locale,
07:34la construction
07:34d'un espace public local
07:36et derrière,
07:37une opposition
07:38entre différentes visions
07:39de votre commune,
07:40vous tuez ça.
07:4170% des communes
07:43n'ont qu'une seule liste.
07:44C'est-à-dire que dans 60%
07:45des communes,
07:45vous avez une démocratie locale
07:47estropiée.
07:48Estropiée,
07:49on va dire monomaniaque.
07:51Benjamin Morel,
07:53le référendum de 1969
07:56voulu par le général de Gaulle
07:57qui a provoqué sa chute
07:59proposait une réforme
08:02assez spectaculaire
08:03en réalité
08:03de la décentralisation.
08:05Ça allait même au-delà
08:06puisqu'il lui disait
08:07inventer une sorte
08:08de France moderne,
08:09disait-il,
08:10où on attribuerait
08:12localement
08:12des pouvoirs accrus
08:14et on arrêterait
08:15de faire en sorte
08:15que Paris s'en occupe.
08:16Il y a ces aspects-là
08:17des choses aussi.
08:18De Gaulle,
08:19la réforme de 1969
08:20ce n'est pas vraiment
08:20une réforme de décentralisation.
08:22Il faut voir que De Gaulle
08:23envisage à l'époque
08:24des régions
08:24mais des régions
08:25dans lesquelles
08:26vous avez des représentants
08:27des maires
08:28et des représentants
08:30de la société civile organisée,
08:34des syndicats,
08:35du patronat.
08:35Bref,
08:35c'est une sorte de croisement
08:37entre les Césaires,
08:38les conseils économiques
08:39et sociaux régionaux
08:40et de l'autre côté
08:41une assemblée des maires.
08:43Et puis ces régions
08:44ont peu de pouvoir
08:44en réalité.
08:45C'est beaucoup plus
08:45une façon d'aménager le pays
08:47en incluant
08:48les partenaires sociaux.
08:49La vraie rupture
08:50en termes de décentralisation
08:51c'est en effet
08:52les lois sous Mitterrand
08:54avec comme exemple
08:55les lois de fer
08:57avec comme exemple
08:58et comme source d'inspiration
08:59ce qu'on a appelé
09:00à partir des années 30
09:01le socialisme municipal.
09:02En gros,
09:03on fait le bilan
09:04de ce qu'a été
09:04le socialisme municipal
09:05et on donne aux communes
09:07la capacité
09:08soi-disant d'agir.
09:10En réalité,
09:11quand vous regardez
09:11une commune
09:12dans les années 60-70
09:13elle avait probablement
09:14plus de pouvoir
09:15qu'aujourd'hui.
09:16Elle avait plus de pouvoir
09:17qu'après les lois
09:18de décentralisation
09:18parce que dans les années 60-70
09:19vous n'aviez pas
09:20d'intercommunalité.
09:21Dans les années 60-70
09:22vous aviez des leviers fiscaux.
09:24Regardez la taxe d'habitation.
09:26L'objectif de la décentralisation
09:27au fond c'est quoi
09:28pour les communes ?
09:29C'est de dire
09:29j'augmente la taxe d'habitation
09:31et en échange
09:32qu'est-ce qui va se passer ?
09:33On va rénover l'école.
09:34Si jamais tu fais le choix
09:35lors des prochaines élections municipales
09:37d'un candidat
09:37qui n'augmentera pas
09:38la taxe d'habitation
09:38très bien
09:39tu seras moins imposé
09:40mais derrière
09:41l'école sera dégueulasse.
09:42Il y a un choix.
09:43On évalue un bilan
09:44on évalue un projet
09:45avec un levier fiscal.
09:46On a supprimé
09:47la taxe d'habitation.
09:48On a supprimé
09:49avant ça
09:50la taxe professionnelle.
09:51Vous avez des marges
09:52de manœuvre
09:52des collectivités
09:53qui font que
09:53Nicolas Sarkozy
09:56et de l'autre côté
09:59dans les petites communes
10:00la plupart des compétences
10:02ayant été transférées
10:03à l'interco
10:04qui parfois
10:04fait plus de 100 communes
10:06vous comprenez bien
10:07que si je vis
10:07dans une petite commune
10:08par exemple de gauche
10:09dans une intercommunalité
10:11de droite
10:11le bilan c'est celui
10:12de qui ?
10:13De l'interco ?
10:14Du président d'interco ?
10:15Ou du maire ?
10:15C'est pas évident.
10:16Ce qui va créer
10:17évidemment
10:17le sentiment
10:18que la commune
10:19ne peut plus
10:19et ça d'un point
10:20de vue démocratique
10:21c'est terrible
10:21parce que
10:21le maire
10:22ça reste l'élu préféré
10:23des français
10:23celui qui est le plus
10:24en proximité.
10:25Si votre maire
10:26vous allez le voir
10:26et qu'il vous dit
10:27je suis désolé
10:28je sais que l'école
10:28est dégueulasse
10:29mais je ne peux pas
10:30je n'ai pas le levier
10:31financier
10:31ou ce n'est pas ma compétence
10:32et bien à ce moment-là
10:33ça donne le sentiment
10:34que le politique
10:34ne peut pas agir
10:35sur le réel
10:35et ça c'est un peu
10:36la tombe de la démocratie.
10:37Benjamin Morel
10:38dans un court instant
10:38après la pause
10:46de la guerre
10:48et aussi cette présidentielle
10:50qui semble parasiter
10:52oui ou non
10:52vous nous le direz
10:54le scrutin en question
10:55on a toujours dit
10:55que les municipales
10:56c'était un monde à part
10:57on votait pour le maire
10:58pour le conseil municipal
10:59et peu importe
11:00ce qui se passe à Paris
11:02mais là
11:03pour la première fois
11:04peut-être un an avant
11:05la présidentielle
11:06qui va compter
11:07au loupé peser lourd
11:08on a l'impression
11:09que nous commençons
11:10à lire
11:12les municipales
11:13à l'aune
11:13de ce qui se produira
11:14en 2027
11:14nous allons évoquer aussi
11:16les pistes de résolution
11:17de cette difficulté
11:19auxquelles sont confrontés
11:21les pouvoirs locaux
11:22la démocratie locale
11:23est-elle en danger
11:24avec Benjamin Morel
11:26vous nous appelez
11:27si vous le faites
11:28au 0826 300 300
11:30on devrait 44 minutes
11:31sur Sud Radio
11:31à tout de suite
11:32pour la suite
11:32de La Vérité en Face
11:33Le Grand Matin Sud Radio
11:35La Vérité en Face
11:37Jean-François Aquili
11:38avec notre invité
11:39Benjamin Morel
11:41constitutionnaliste
11:42je l'ai fait courte
11:42cette fois-ci
11:44auteur de
11:44Nos Communes
11:45un avenir civique
11:46à réinventer
11:48publié aux éditions
11:49de l'Aube
11:49avec l'Institut Terram
11:51et Terre à Terre
11:52vous publiez deux livres
11:53d'ailleurs
11:54j'ai bien compris
11:54en même temps
11:55parce qu'un deuxième arrive
11:56ça va être compliqué
11:56à gérer
11:57oui c'est compliqué
11:58à gérer
11:58c'est un livre
11:59qui paraît
12:02il ne vous a pas échappé
12:03qu'on était en pleine crise politique
12:04et que j'avais un peu
12:05très sur cette crise politique
12:06l'autre est sur la crise politique
12:07voilà c'est un livre
12:08qui s'appellera
12:09crise politique
12:09crise de régime
12:10et qui paraît aux éditions
12:11Guy Jacob
12:11à la fin de ce mois
12:12et en même temps
12:13cette crise
12:14elle se ressent
12:15à travers les pages
12:16de nos communes
12:16un avenir civique
12:17à réinventer
12:18Benjamin Morel
12:19nous votons dimanche
12:20est-ce que vous diriez
12:21que désormais
12:22on va prendre les choses
12:23à l'envers
12:23la présidentielle
12:24parasite
12:24ces municipales
12:26nous avons l'impression
12:26que là il y a la guerre
12:27on parle moins des municipales
12:29parce que forcément
12:30les écrans sont envahis
12:31des images de guerre
12:32il y a de quoi s'inquiéter
12:34déjà c'est un handicap
12:35peut-être
12:35nous allons voir ça avec vous
12:36mais la présidentielle
12:38on a l'impression
12:38qu'on fait une lecture nationale
12:40d'un scrutin
12:41réputé historiquement
12:42comme uniquement local
12:44il n'est pas uniquement local
12:46regardez
12:471946
12:50la flambée du gaullisme
12:51elle se passe
12:52lors d'élections locales
12:54prenez 1995
12:55Jacques Chirac
12:56vient d'être élu
12:56derrière il y a une vague
12:57bleue au municipal
12:58prenez 2001
12:59on dit la gauche a gagné
13:01parce qu'elle a gagné
13:01Lyon et Paris
13:02en fait c'est une bérésina
13:04pour la gauche un peu partout
13:05qui annonce ensuite
13:06le mauvais résultat
13:07de Yonez Jospin en 2002
13:08donc il y a deux électorats
13:10en fait
13:10vous avez un électorat
13:11qui est un électorat
13:11souvent plus âgé
13:12qui lit la presse quotidienne régionale
13:15qui s'intéresse réellement
13:18à ce qui se passe localement
13:19et qui vote
13:20pas que
13:21mais majoritairement
13:22pour des raisons locales
13:23et vous avez
13:24des abstentionnistes intermittents
13:26des gens qui s'intéressent peu
13:27à l'élection locale
13:28et qui vont voter
13:30soit pour sanctionner
13:31le pouvoir en place
13:33soit pour soutenir
13:34soit pour entretenir
13:35une dynamique
13:36ces derniers temps
13:37il y a un fait
13:37dont on a peu parlé
13:38ces quasiment
13:40dix dernières années
13:40mais qui est fondamental
13:41parce que
13:42c'est la première fois
13:42que ça arrive
13:43dans notre histoire républicaine
13:44on a eu une décorrélation
13:45du champ politique local
13:46et national
13:46en gros
13:47les forces politiques
13:47qui tiennent le champ politique national
13:49RN
13:50LFI
13:51macroniste
13:52sont assez faibles
13:53au niveau local
13:54les forces qui tiennent
13:55le champ politique local
13:56PS
13:57LR
13:57dans une moindre mesure
13:59PC
13:59radicaux
14:00etc
14:01sont faibles
14:02au niveau national
14:02résultat
14:03on n'a pas eu cet effet
14:04de vote sanction
14:05de nationalisation
14:05des élections
14:06depuis en gros
14:07l'élection d'Emmanuel Macron
14:08ça a donné quoi ?
14:09ça a donné des records
14:10d'abstention
14:10lors des dernières élections
14:11vous évoquiez
14:12la question
14:13est de la guerre
14:14et de la présidentielle
14:16c'est deux effets
14:17qui risquent de se neutraliser
14:18c'est-à-dire que
14:18d'un côté
14:19la guerre fait passer
14:20sous le boisseau
14:20en effet
14:21d'un point de vue médiatique
14:22l'élection municipale
14:23les abstentionnistes
14:24intermittents
14:25ceux qui votent
14:25pour des raisons nationales
14:26risquent de moins s'y intéresser
14:28donc de ne pas venir
14:29de l'autre côté
14:30la proximité des présidentielles
14:32peut plus les mobiliser
14:33et donc ça joue
14:34sur le taux d'abstention
14:35mais également
14:35sur le taux de nationalisation
14:37de ces élections
14:37Donc nous verrons bien
14:38le taux de participation
14:39personne ne peut savoir
14:41si les français
14:42vont aux urnes
14:42ce week-end
14:43ou s'ils vont
14:44et n'ont pas boudé
14:45mais au fond
14:45parce que les préoccupations
14:47sont ailleurs
14:48ignorées en quelque sorte
14:49en partie
14:50ce scrutin
14:51si important
14:52pour la vie locale
14:52C'est extrêmement important
14:54pour la vie locale
14:54on a fait un panorama
14:56je dirais terrible
14:57de la situation des maires
14:59il ne faut pas non plus exagérer
15:00c'est-à-dire que
15:01malgré tout
15:02ce qui est intéressant
15:03dans l'étude
15:03c'est que
15:04les gens qui ne se sont pas
15:05encore présentés
15:06ont une vision
15:07très alarmiste
15:08du mandat de maire
15:09ceux qui se sont déjà présentés
15:11se disent que
15:12malgré tout
15:12il y a des choses à faire
15:13et en effet
15:14c'est-à-dire qu'il ne faut
15:15pas non plus céder
15:16à la sinistrose
15:17malgré tout ce qu'on a dit
15:18ça reste
15:19un le plus beau mandat
15:20celui que vous avez
15:21vous avez vraiment
15:21la capacité de changer
15:22votre ville
15:23la changer
15:24je dirais
15:24de manière sensible
15:26architecturalement
15:27des choses qui se voient
15:28là où
15:28président de conseil départemental
15:30encore plus président
15:30de conseil régional
15:31ou député
15:32vous avez beaucoup moins
15:33de capacité d'agir
15:34techniquement
15:35sur le réel des français
15:36et donc
15:37en la matière
15:38c'est un mandat
15:38qui souvent
15:39est compliqué
15:40difficile
15:40mais malgré tout
15:41satisfaisant
15:42et donc
15:44engagez-vous
15:44alors les solutions
15:45pour essayer de sortir
15:46non pas de cette crise
15:47mais de cette
15:48c'est peut-être
15:49une morosité
15:50qui peut débouler
15:51sous une crise
15:52de la
15:52on va dire
15:53la vocation
15:53d'élus local
15:54vous dites par exemple
15:55qu'il faut retrouver
15:56j'ai lu ça dans votre essai
15:58une autonomie fiscale
16:00c'est quand même
16:01le nerf de la guerre
16:01vous l'avez évoqué
16:02à l'instant
16:02avec ces taxes
16:03qui ont disparu
16:04mais qui plombent
16:05les caisses locales
16:07et vous parlez
16:08d'arrêter
16:09finalement
16:09c'est quoi l'idée
16:10c'est d'arrêter
16:11de prélever
16:11l'impôt national
16:12de le redistribuer
16:14maladroitement
16:14dans les 30 000
16:15enfin 36 000
16:16communes de France
16:17c'est rétablir
16:18des leviers
16:18qui vont être
16:19des leviers
16:20permettant aux collectivités
16:21d'agir sur le taux
16:22d'un impôt
16:23c'était le cas
16:23avec la taxe d'éducation
16:24on va les déposséder
16:26d'une dîme nationale
16:28avec des caisses vides
16:29mais ça a toujours existé
16:30c'est à dire que
16:31on dit la France
16:32c'est un pays
16:33beaucoup plus centralisé
16:34que ses voisins
16:34c'est pas nécessairement évident
16:35notamment en matière fiscale
16:37l'Allemagne
16:38les pays scandinaves
16:39en fait la quasi-totalité
16:40des pays d'Europe
16:41ont toujours été
16:41beaucoup plus centralisés
16:43que la France
16:44parce que les impôts
16:44étaient prélevés
16:45au niveau national
16:45et ensuite répartis
16:46en France
16:47on a toujours
16:47une tradition
16:48depuis la révolution
16:49de fiscalité locale
16:50qui était en effet
16:51incarnée par
16:52les taxes
16:52qu'on appelait
16:53les taxes vieilles
16:54les quatre vieilles
16:55notamment avec
16:56cette taxe d'habitation
16:57et le fait d'avoir
16:58supprimé ces impôts locaux
16:59il faut voir que
17:00c'est ce que j'évoquais
17:01tout à l'heure
17:01sur mon petit exemple
17:02de je vais rénover l'école
17:04ça a deux effets
17:05fondamentalement pervers
17:06d'abord
17:07je tue une partie
17:08de la démocratie
17:09parce que je tue
17:09une partie du choix
17:10je transforme le citoyen
17:11en consommateur
17:13l'école est pas bien rénovée
17:14c'est de ta faute
17:15tu es maire
17:15mais si jamais
17:16j'ai renoncé
17:18à une hausse
17:18de la fiscalité
17:19c'est aussi un peu
17:20de la faute de l'électeur
17:20qui a décidé
17:21qu'il voulait payer
17:22moins d'impôts
17:23et donc il y a un côté
17:24responsabilisant
17:24il y a un côté
17:25commune
17:26école de la république
17:27et du consentement à l'impôt
17:28de l'autre côté
17:28et bien
17:30ça donne des marges
17:31de manœuvre au maire
17:31si j'ai pas les moyens
17:33en augmentant
17:34ma taxe
17:35je peux me donner
17:36les moyens d'agir
17:37Jean-Marie Morel
17:37en résumé en conclusion
17:38il faut revaloriser
17:40le statut
17:40de l'élu local
17:41ça c'est une
17:42sorte de serpent de mer
17:44mais ça devient
17:45une urgence
17:45si j'ai bien compris
17:47il faut simplifier
17:49les normes administratives
17:51parce que
17:51mais attention
17:52c'est à dire qu'on a l'impression
17:53qu'il y a une solution magique
17:54qui est la loi
17:55et qu'en la matière
17:56on pourrait
17:57tout changer
17:58en revalorisant
17:59par exemple
18:00le statut
18:00l'une des conclusions
18:01de l'enquête
18:02c'est que
18:02nous-mêmes
18:03individus
18:03je parle pas de l'état
18:04je parle pas de la loi
18:05avons souvent
18:06une mauvaise image
18:07de l'engagement
18:08en gros
18:08tu vas au conseil municipal
18:10pendant que
18:11moi je travaille
18:12et ça
18:12je juge que c'est pas bien
18:14et donc à partir de là
18:15si jamais nous-mêmes
18:17on change notre vision
18:18de l'engagement
18:18et de ceux qui s'engagent
18:19déjà on crée
18:20une dynamique
18:21d'engagement
18:22et donc
18:22c'est pas qu'un problème
18:23de loi
18:24c'est pas qu'un problème
18:25de normes
18:25c'est également
18:26un problème
18:27de représentation sociale
18:28et les représentations sociales
18:30elles dépendent de nous
18:31elles dépendent de chacun
18:31il nous reste une minute
18:32Benjamin Morel
18:33vous sortez votre boule de cristal
18:36il vous reste une minute dix
18:38qu'est-ce qui va se passer
18:40dans ces municipales
18:41vous sentez
18:42qu'on est calqué
18:43sur ce qui se produit
18:44désormais
18:45à l'Assemblée nationale
18:46une espèce de
18:46monde à touche-touche
18:48où on ne sait jamais
18:49vraiment ce qui se dégage
18:50où il risque d'avoir
18:51de grandes surprises
18:52qui se profilent
18:53on peut avoir
18:53des grandes surprises
18:54parce qu'encore une fois
18:55on a un électorat
18:55assez intermittent
18:57après on a une déstructuration
18:58du champ local
18:59et qui suit la déstructuration
19:02du champ politique national
19:03c'est-à-dire qu'au fond
19:04si vous regardez
19:05dans les années 60-70
19:06il y avait un communisme municipal
19:07on savait ce qu'était
19:08une ville communiste
19:09il y avait un socialisme municipal
19:10on savait ce qu'était
19:11une ville socialiste
19:12on avait même
19:13un gaullisme municipal
19:14on l'en peut oublier
19:15mais il y avait une doctrine gaulliste
19:16de la gestion municipale
19:16aujourd'hui
19:18tous les élus
19:19se veulent meilleurs gestionnaires
19:21les uns que les autres
19:21et au final
19:22ça aussi
19:23c'est assez délétère
19:24d'un point de vue démocratique
19:25donc il faut arriver
19:26à réinjecter de la politique
19:28au niveau local
19:28et cette politique
19:29réinjectée au niveau local
19:30elle implique également
19:32d'avoir des partis
19:33qui s'investissent
19:34qui pensent
19:34l'échelon municipal
19:35qui ne soit pas uniquement
19:37un conglomérat
19:38d'élus locaux
19:38et de gestionnaires
19:39et ça c'est un vrai travail
19:41qu'on doit tous faire
19:42et allons voter ce dimanche
19:44merci Benjamin Morel
19:45je rappelle le titre
19:46de votre essai
19:47nos communes
19:48un avenir civique
19:49à réinventer
19:50aux éditions de l'aube
19:52et puis l'autre
19:52qui sort en même temps
19:53c'est vous qui faites le pitch
19:54crise de politique
19:55crise de régime
19:56aux éditions
19:57Odile Jacob
19:58de Benjamin Morel
19:59pour le prix de deux
20:00il faut acheter les deux
20:01oui malheureusement
20:02il n'y a pas encore
20:03de prix de paquet
20:04merci Benjamin Morel
20:06et bonjour
20:07Valérie Expert
20:08et bienvenue
20:09bonjour
20:09mettez-vous d'accord
20:10sur quoi ce matin
20:11je pense qu'on va être d'accord
20:13ce matin
20:13l'augmentation du prix de l'essence
20:14encore et toujours
20:15on aime bien entendre
20:16nos auditeurs
20:17sur le sujet
20:18entendre leurs observations
20:21sur cette augmentation
20:22du prix à la pompe
20:24et d'une manière générale
20:25sur ce risque d'inflation
20:26qui nous guette
20:27à cause du conflit
20:28en Iran
20:29on va voir avec Félix Mathieu
20:31que les TGV low cost
20:32et bien
20:32ils ne sont plus
20:34très très low cost
20:35c'est un petit peu
20:35comme dans les avions
20:36il faut payer
20:37pour avoir une valise
20:39et la SNCF
20:40a fait des profits
20:42assez importants
20:43mais le Wigo
20:43figurez-vous
20:44a augmenté
20:45de 185%
20:47ses prix
20:48donc là aussi
20:49on attend vos témoignages
20:50on va parler évidemment
20:50des municipales
20:51est-ce que vous avez déjà
20:52fait votre choix
20:540826 300 300
20:55bonne émission
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