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  • il y a 16 minutes
Avec Harold Cobert, écrivain et professeur de français au lycée Passy Saint-Honoré, auteur de "Foi de prof : Une année dans l’enseignement privé catholique" (éd. du Rocher, 2026)

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##SUD_RADIO_VOUS_EXPLIQUE-2026-03-04##

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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Patrick Roger.
00:04Il est 7h40, Sud Radio vous explique ce matin sur une projection à l'école
00:09qui est faite par l'Institut des études de politique publique.
00:13Dans 10 ans, 2035, c'est demain en fait, la moitié des élèves dans les collèges seraient dans le privé.
00:21Selon cette projection, alors c'est la démographie qui explique effectivement tout ça,
00:26nous allons en parler avec vous, Harold Cobert, bonjour.
00:30Vous êtes écrivain, professeur de français au lycée Passy-Saint-Honoré, auteur de « Fois de prof »,
00:37je montre votre livre qui est sorti une année dans l'enseignement privé et catholique aux éditions du Rocher.
00:42Est-ce que ça vous surprend, cette étude, cette projection ?
00:47Écoutez, oui et non, d'un point de vue mécanique, puisque la natalité a énormément baissé,
00:51on se doutait bien qu'au bout d'un moment, il y allait y avoir une sorte de nouvelle répartition.
00:56Après, ce que je trouve très étonnant, c'est que la Cour des comptes en 2022-2023
01:04avait expliqué que globalement en France, la part du privé par rapport à l'enseignement général représente à peu près
01:0920%.
01:11Et c'est limité de fait par rapport aux moyens que l'on alloue au privé par rapport au public.
01:18Et donc je m'étonne comment cela va-t-il être possible qu'il y en ait 50%.
01:21Est-ce que ce sera un simple effet mécanique ou aussi l'effet d'un choix ?
01:25Ça, je ne sais pas si l'étude le précise ou non.
01:27Non, absolument, effectivement. Alors, il faut regarder en détail cette étude.
01:32Vous avez écrit votre livre, justement, après un an dans l'enseignement, dans le privé.
01:38Qu'est-ce que le privé a que le public n'a pas ?
01:41Ou qu'est-ce qui diffère, effectivement, entre les deux ?
01:43Il me semble que dans le privé catholique sous contrat, en tous les cas, nous avons une plus grande liberté
01:47pédagogique.
01:49C'est-à-dire qu'on respecte les programmes, évidemment, puisque nous sommes sous contrat.
01:52Mais dans la manière de les mettre en pratique, on a une plus grande liberté.
01:57Et surtout, en tout cas, en ce qui me concerne, on m'a laissé, par exemple, en seconde,
02:02sanctionner à partir du second trimestre, sauf bien évidemment pour les élèves 10 et autres,
02:06les fautes de grammaire.
02:08Parce qu'aujourd'hui, ça ne se sanctionne.
02:10Alors, ça n'est pas officiel, il n'y a aucun texte qui dit « vous n'avez pas le
02:12droit d'eux ».
02:13Mais cependant, dans les faits, par exemple, au baccalauréal l'année dernière,
02:18il y a un syndicat qui s'était ému d'une note qui avait circulé,
02:21disant que si, dans une copie, il y avait un embryon d'introduction, il fallait valoriser,
02:26que surtout, et pour moi c'était le pire,
02:29si les phrases sont compréhensibles phonétiquement,
02:32il faut valoriser cette capacité de compréhension phonétique.
02:34Donc, effectivement, certes, il n'y a pas de texte qui est interdisable,
02:37mais on ne peut pas le sanctionner concrètement.
02:39Or, on confond, il me semble, la rigueur et le rigorisme,
02:44l'autorité et l'autoritarisme.
02:45Et là où le privé catholique n'a pas capitulé, c'est sur ces points-là.
02:49Oui, des points qui sont fondamentaux, évidemment, dans l'enseignement.
02:55Et alors, peut-être que cette projection, certes, il y a la démographie,
02:58c'est ce que l'on dit, effectivement, qui va changer,
03:00mais il y a peut-être aussi une défiance dans notre école publique, non ?
03:04À travers, aujourd'hui, ce qui est enseigné, et la manière dont ça peut être enseigné.
03:09Et malgré la volonté de certains profs, bien sûr, certains enseignants,
03:13qu'on salue d'ailleurs au passage.
03:14Oui, c'est-à-dire, je ne jetterai jamais l'opprobre sur les professeurs du public,
03:19ils font vraiment comme ils peuvent.
03:20C'est surtout d'un point de vue de la hiérarchie, des rectorats et autres,
03:23où il y a eu tout un tas de réformes qui ont amené à une baisse des exigences.
03:27Et en réalité, si on dit que le niveau des élèves baise,
03:30ce n'est pas parce que les élèves sont plus idiots qu'avant,
03:33ou que vous et moi, à l'époque où nous passions notre bac,
03:35c'est simplement que comme on a baissé le niveau d'exigence,
03:38ils ne peuvent pas s'élever plus.
03:40Oui, oui.
03:40Est-ce que, du coup, à travers cette projection,
03:44il faut se mobiliser pour rappeler à protéger,
03:48peut-être aussi, l'enseignement public ?
03:50Je pense, et ce qui serait intéressant d'ailleurs,
03:52c'est le point que j'ai, c'est-à-dire,
03:54il me semble que l'enseignement privé catholique,
03:56dans ce qu'il continue de faire,
03:58pourrait devenir une sorte de source d'inspiration
04:01pour que le public redevienne ce qu'il était,
04:02parce qu'aujourd'hui, il semblerait qu'à certains égards,
04:06le privé catholique soit devenu le public d'hier,
04:09qui avant était d'une excellence bien supérieure à celle du privé.
04:13Oui, c'est ça.
04:14Parce que l'Institut appelle, d'ailleurs au passage,
04:17à répartir plus équitablement les fermetures de classes,
04:21de revoir aussi les règles du financement privé.
04:24Alors, j'ai regardé ça parce que ça m'a semblé étrange,
04:28parce que je crois que l'on disait que pour deux classes du public fermé,
04:33on allait enfermer une dans le public,
04:35mais dans ce cas-là, ça représente un tiers,
04:38et ça veut dire que, normalement, comme je vous le disais,
04:41le privé catholique représente 20%.
04:43Et je crois qu'il demandait par conséquent
04:46qu'il fallait au moins pour trois classes de public fermé,
04:48enfermer deux dans le privé,
04:50mais si on fait ça, ça représente deux cinquièmes,
04:52c'est-à-dire 40%.
04:53Si on veut respecter la règle des 20%,
04:55cette demande est fausse.
04:56Oui.
04:57Bon, fois deux profs,
04:58c'est le titre de votre livre,
05:00parce que quand on est enseignant,
05:02il faut avoir la foi.
05:03Vous, vous la gardez,
05:04vous êtes un jeune prof.
05:06Un jeune prof de 51 ans,
05:07ça fait un an et demi que j'enseigne,
05:08j'ai rempilé cette année avec trois classes,
05:11et je suis très heureux d'avoir beaucoup plus d'élèves.
05:14Mais ce que j'ai découvert dans cette première année,
05:16précisément, c'est que les élèves,
05:18quand on monte le niveau d'exigence,
05:21ils en sont capables,
05:22ils ont ça en eux,
05:23et c'est eux qui m'ont redonné foi
05:24dans l'avenir tout court,
05:26parce que l'avenir, c'est eux.
05:28Ils ont l'âge de notre avenir,
05:29c'est eux qui seront notre avenir.
05:30Donc, du coup, vous encouragez,
05:31là, les gens qui se disent,
05:32tiens, mais est-ce que je peux être prof ?
05:33Pourquoi pas ?
05:34D'autant qu'on le disait ce matin,
05:36le concours est revu, là.
05:37Maintenant, à Bac plus 3,
05:38on peut devenir enseignant.
05:39Oui, on peut, tout à fait.
05:42Mais après, ce qui est plutôt bien,
05:44ceux qui voudraient le devenir maintenant,
05:46ce dont on peut être certain,
05:47c'est que s'ils le font,
05:48vu que les conditions, quand même,
05:50dans le public,
05:51les conditions de travail
05:52sont extraordinairement dangereuses,
05:53on sait, avec le procès de Samuel Paty,
05:56il y a que certains jouent leur peau tous les jours,
05:58dans le privé catholique, nous non.
06:00Mais si, dans une deuxième partie de vie,
06:03comme c'est mon cas,
06:04on décide de le faire,
06:05c'est qu'on le fait pour d'autres raisons,
06:06on le fait parce qu'on a envie de transmettre.
06:07Oui, complètement.
06:09Non, mais ça, c'est vrai,
06:09sur le procès Paty,
06:12bien sûr, ça souligne aussi la fragilité
06:14de certains enseignants sur place,
06:16qui, dans certaines classes, pardon...
06:19Oui, en tous les cas,
06:20eux, ils vont travailler la peur au ventre.
06:21Moi, je ne vais pas travailler la peur au ventre.
06:23Ça, c'est certain.
06:24Merci beaucoup, Harold Cobert,
06:26foi de prof, c'est aux éditions du Rocher.
06:29Merci d'être venu ce matin,
06:30en direct, sur Sud Radio.
06:31Merci, monsieur.
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