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  • il y a 2 jours
Avec Arnaud Teyssier, historien et essayiste, auteur de "Charles De Gaulle : l'angoisse et la grandeur" (Editions Tempus, sortie en poche ce jeudi)

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##LA_VERITE_EN_FACE-2026-06-03##

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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Jean-François Aquili.
00:05Que dirait le général de Gaulle de la France de 2026 ?
00:11C'est une vraie question que nous pouvons nous poser ce matin à l'occasion de la sortie dans les
00:16salles de La Bataille de Gaulle, L'Âge de Fer, un film, un long métrage.
00:22C'est le premier, il y en a deux, signé Antonin Baudry, l'un des films les plus attendus du
00:28cinéma français, Très gros budget, avec Simon Abcarion pour incarner le général.
00:35Je crois que c'est 70 millions d'euros le budget.
00:37Pour en parler ce matin, bonjour, non pas du film seulement, mais du général en 2026.
00:42Bonjour, Arnaud Tessier, bienvenue.
00:43Vous êtes historien essayiste, auteur du très remarqué Charles de Gaulle, L'angoisse et la grandeur aux éditions Timpus, qui
00:50sort en poche, m'a-t-on dit.
00:52C'est une preuve du succès, quand un livre est décliné en poche, c'est que ça va bien.
00:57Bienvenue Arnaud Tessier, d'un mot, et vous nous appelez au 0826 300 300, je prends vos appels dès que
01:02vous appelez.
01:03Arnaud Tessier, vous avez vu le film en avant-première, vous ?
01:06Oui, je l'ai vu, oui.
01:07Vous l'avez critiqué dans Le Point ?
01:10Oui, sur le site du Point, j'ai fait une critique assez sévère.
01:15Et pourquoi ?
01:16Parce que ce n'est pas de Gaulle.
01:18D'abord, il y a beaucoup de...
01:21Il y a des éléments historiques un peu curieux, mais je ne vais pas faire l'inventaire.
01:26Ce n'est pas une histoire de bouton de guêtre, comme je dis, c'est des choses quand même assez
01:30lourdes.
01:31Et puis même...
01:31Un exemple de liberté avec l'histoire ?
01:34Ah bah oui, c'est-à-dire que l'assassinat d'Arland, c'est un jeune homme exalté, alors qu
01:38'en fait, il y avait un complot très élaboré.
01:40Il y a toute une histoire derrière l'assassinat d'Arland.
01:43Il y a des curiosités.
01:45Vous évoquiez Churchill hors micro, aussi.
01:47Oui, et puis surtout, on a l'impression que de Gaulle, c'est un militaire qui déboule de nulle part.
01:53En mai 40, alors qu'il a toute une existence avant, il est connu, il a publié des livres, le
01:59milieu politique le connaît.
02:01On ne voit pas du tout la période qui précède l'armistice, où il s'oppose à l'armistice, où
02:05il rencontre Churchill.
02:06Mais c'est surtout la vérité psychologique.
02:08Malgré le talent de l'acteur qui joue de Gaulle, et qui par moment, par moment, c'est mon carréant,
02:13on voit qu'il a travaillé son rôle.
02:15Il y a des moments où il a la bonne intonation, le bon regard.
02:18Mais le texte ne va pas, parce qu'on nous présente de Gaulle comme quelqu'un, une sorte de Don
02:21Quichotte.
02:23Alors, ce n'est pas tout à fait contre des moulins à ventre, mais enfin, on nous présente une sorte
02:28de Don Quichotte.
02:29Alors qu'en fait, de Gaulle est quelqu'un de très réaliste, qui croit sincèrement, en 40, et c'est
02:33ça le sens du 18 juin 40,
02:35que la guerre sera gagnée par les alliés, que les Etats-Unis entreront en guerre, que la guerre sera gagnée.
02:40Mais il pense qu'il faut que la France fasse partie de ceux qui vont gagner.
02:44Donc il a une vision en réalité.
02:45Oui, il est très réaliste, de Gaulle.
02:47Il sait ce qu'il fait.
02:49Je vais prendre un premier appel, mais tout d'abord, première question à Renaud Tessier.
02:53C'est un peu le propos ce matin.
02:55Que dirait le général de Gaulle de la France d'aujourd'hui ?
02:59J'ai envie de vous dire, s'il revenait là, tiens, pour une semaine en France, là, enfin il y
03:03est toujours,
03:04mais quel serait, selon vous, son premier diagnostic ?
03:06Qu'est-ce qu'il dirait, le général de Gaulle ?
03:08Je ne peux pas parler à sa place, mais je dirais qu'il ne serait pas surpris.
03:11Oui, parce que même dans les mémoires d'espoir, dont il a engagé la rédaction peu de temps avant sa
03:16mort,
03:17et qu'il n'a pas pu achever, il dit que le danger d'un retour au vieux système politique
03:23est possible.
03:23Donc il dirait, je pense, qu'avez-vous fait de ma Vème République ?
03:26Que j'ai mis tant de peine à construire, et puis il dirait, vous êtes très affaibli intérieurement,
03:32donc comment pouvez-vous affronter les dangers extérieurs ?
03:35Parce qu'il serait très frappé aussi, finalement, du monde un peu démodé dans lequel nous vivons.
03:39Il dirait aux Français, je ne vous comprends plus, peut-être, à l'inverse du discours d'Alger.
03:45Mais de Gaulle n'était pas si sévère envers les Français, il était sévère envers ceux qui les dirigeaient,
03:49qui oubliaient que la politique d'un pays, le gouvernement d'un pays, c'est un réalisme sans faille.
03:56Il parlait souvent, tout le temps, de la grandeur de la France, le général de Gaulle.
04:01Est-ce que ce mot a encore un sens aujourd'hui, ou du moins dans celui que le général imaginait
04:08?
04:08Ce pays qui était prospère, qui était capable d'être indépendant, de défier l'oncle Sam, si je puis dire,
04:17de se dire que l'Europe, non, ce n'est pas possible, ou l'OTAN, enfin, peu importe.
04:22Qu'est-ce qu'il dirait le général aujourd'hui ?
04:25La grandeur, pour de Gaulle, ce n'est pas une sorte d'exaltation rhétorique d'une puissance révolue.
04:31Pour de Gaulle, la grandeur, c'est l'ambition.
04:33De Gaulle considérait que les Français devaient être à la hauteur de la France,
04:37qu'ils n'étaient pas propriétaires de la France, qu'ils venaient des tréfonds de l'histoire,
04:40qu'ils avaient un avenir, parce qu'ils se projetaient toujours dans l'avenir.
04:43Et c'était ça, la vision de de Gaulle.
04:45Il fallait être à la hauteur de la France, il fallait avoir une ambition nationale,
04:48et tirer les Français vers le haut.
04:50C'était ça, l'idée de grandeur.
04:52Ce n'était pas, encore une fois, une exaltation rhétorique.
04:54Et ça reposait sur le courage de désigner le réel.
04:58Je crois que c'est surtout ça qui a fait la force de Gaulle.
05:00C'est ce qu'il fait le 18 juin 40, c'est ce qu'il fait en 58.
05:03Il nomme ce qu'il voit, il voit ce qu'il voit.
05:06Comme disait Peggy, il ne suffit pas de désigner ce qu'on voit, il faut voir ce que l'on
05:11voit.
05:11Il voyait le monde dangereux dans lequel la France entrait, l'Europe entrait.
05:15Et pour cela, il voulait une Europe forte, politique,
05:17et pas simplement un marché commun étendu aux politiques.
05:21Et il voulait une alliance équilibrée avec les Etats-Unis,
05:23parce qu'il savait qu'un jour ou l'autre,
05:25les Etats-Unis étaient susceptibles de se désintéresser du continent européen.
05:28Donc c'est surtout, je crois, l'attachement au réel,
05:31au réel et à la désignation du réel, qui fait la force de de Gaulle.
05:35De fait, je rebondis sur ce que vous dites à l'instant,
05:37je ne vous demande pas un commentaire politique,
05:39mais plutôt historique, une sorte de transposition.
05:42Quand vous prenez l'actuel et le lointain successeur,
05:44le président Emmanuel Macron,
05:46confronté à des périls, je pense notamment à la crise sanitaire,
05:49ou la guerre en Ukraine,
05:51vous diriez qu'il y a quelque chose de,
05:54comment dit-on, gaulliste, gaullien,
05:56Je préfère gaullien.
05:58Gaullien, c'est mieux, c'est mieux, c'est plus adapté d'ailleurs.
06:01Vous préférez donc gaullien,
06:03dans l'attitude du président actuel,
06:04où il y a quelque chose qui rappelle ce que fut la France du général de Gaulle,
06:07où nous sommes dans un modèle complètement différent aujourd'hui.
06:10Non, je ne parlerai pas de la posture du président de la République.
06:13Ce qui est certain, c'est qu'il a la chance,
06:15enfin, il a l'atout incroyable,
06:17que n'ont pas ses collègues européens,
06:19il a l'atout incroyable d'avoir quelque chose qui reste des institutions.
06:22C'est-à-dire cette chaîne de décisions très courte,
06:24en matière militaire et diplomatique.
06:26Ça, c'est général, ça ?
06:27Et ça, c'est le lec du général de Gaulle.
06:29Et c'est pour ça qu'on a adopté, sous sa présidence,
06:31la dissuasion nucléaire tous azimuts.
06:33J'ai Emmanuel Macron,
06:35quelles que soient les qualités ou les défauts qu'on lui prête,
06:37il est détenteur,
06:39et ça, j'ai entendu François Hollande le dire aussi,
06:41quand il a dit un jour,
06:42je ne sais pas si tout le monde est ou a été ou sera gaulliste,
06:45mais tout le président de la République a été ou sera gaullien à un moment donné,
06:48parce que le président de la République en France
06:50a une capacité de décision dans les crises internationales
06:53qu'aucun autre chef d'État,
06:54sauf sans doute le président des États-Unis, n'a.
06:56Et ça, c'est un lec du général de Gaulle.
06:58Et ça reste,
06:59même si nos institutions, par ailleurs, sont très abîmées.
07:01Si on prend un peu de recul,
07:02quand François Mitterrand accède au pouvoir en 1981,
07:05il est l'opposant historique au général de Gaulle
07:07et à ses successeurs.
07:09On a l'impression qu'il épouse,
07:11François Mitterrand,
07:12quelque part, les codes du gaullisme
07:15dans sa gestion des affaires de l'État.
07:17Parce qu'au fond, il est dans les pas du général
07:19et ce sont les institutions de la Ve République
07:23qui dépassent les locataires.
07:24Son projet politique n'était pas gaullien.
07:27Non, pas du tout.
07:27Parce qu'il a fait la décentralisation d'une manière
07:29qui n'était pas conforme.
07:31Les privatisations et tout le reste.
07:32Il y a beaucoup de choses qui ne sont pas du tout gaulliennes
07:34et même très anti-gaulliennes chez François Mitterrand.
07:36Mais c'est vrai que, par contre,
07:38il a adopté, notamment sur le plan international,
07:41cette sorte de personnage
07:42qui est une grande force de nos institutions.
07:44Il l'a montré, d'ailleurs,
07:45dans le soutien qu'il a apporté aux États-Unis.
07:47Notamment au moment de la crise des zéromissiles
07:49ou au moment de la première guerre du Golfe.
07:52Donc François Mitterrand avait parfaitement compris,
07:54parce que c'était un homme de pouvoir,
07:56les atouts que présentaient les institutions
07:57lorsqu'il s'agissait de prendre position
07:59sur le plan international.
08:01Vous diriez aujourd'hui,
08:02parce que vous êtes un fin connaisseur,
08:03je rappelle que vous êtes auteur de
08:05Charles de Gaulle,
08:05l'anglois, c'est la grandeur.
08:06Vous le décrivez, d'ailleurs, dans votre essai,
08:09il y a une forme de sensibilité,
08:12presque de fragilité.
08:13Non, ce n'est pas le cas,
08:14parce qu'il était capable d'affronter tous les périls,
08:16mais il y a une forme de doute, peut-être,
08:18qu'il manifeste,
08:19enfin même si c'est un homme de décision,
08:21quand même, et de vision.
08:22Il y a des moments où il hésite
08:24entre plusieurs hypothèses,
08:25et il le dit lui-même,
08:26d'ailleurs il dira,
08:26il y a plusieurs moments de ma vie
08:27où j'ai hésité,
08:30j'ai failli partir, etc.
08:31Il le dira après mai 68,
08:32à propos de Baden-Baden.
08:34Donc il lui arrive d'hésiter
08:35entre plusieurs parties,
08:36mais la différence entre de Gaulle
08:38et beaucoup de politiques hésitants,
08:39c'est qu'une fois qu'il a pris son parti,
08:41il dit, comme il dit lui-même,
08:43j'ai pris mes résolutions.
08:44C'est quelqu'un,
08:45c'est pas quelqu'un,
08:45et c'est là que le film aussi,
08:47on voit une image fausse de de Gaulle,
08:49c'est quelqu'un qui peut douter,
08:51qui peut avoir des moments de doute
08:55et d'angoisse, d'angoisse.
08:58Mais c'est quelqu'un qui ne désespère jamais,
09:00ni de la France,
09:01ni d'une certaine manière
09:03du destin de la France.
09:04Il y a une différence entre l'angoisse
09:06et le désespoir.
09:07C'est quelqu'un qui maîtrise son angoisse.
09:09Je vais vous poser une question
09:10après la pause,
09:11c'est maintenant l'heure de la pause.
09:13Est-ce que,
09:15beaucoup de responsables politiques
09:16se réclament aujourd'hui du gaullisme ?
09:17Il y a eu le parti gaulliste
09:19et ses avatars,
09:20si je puis dire,
09:20ou c'est ce qu'il en reste aujourd'hui.
09:23Est-ce qu'il y a encore,
09:24à vos yeux,
09:25des héritiers aujourd'hui ?
09:26Je vous pose la question,
09:27réfléchissez,
09:27vous avez le temps,
09:28c'est la pause.
09:29On se retrouve,
09:30vous nous appelez,
09:310826 300 300,
09:32vous n'hésitez pas,
09:33pour la suite de La Vérité en Face.
09:36Le Grand Matin Sud Radio,
09:37La Vérité en Face,
09:39Jean-François Aquilly.
09:41Avec Arnaud Tessier,
09:43historien, essayiste,
09:44auteur de Charles de Gaulle,
09:45l'angoisse et la grandeur
09:46aux éditions Timpu,
09:47ce qui sort en poche,
09:48vous m'avez dit,
09:49c'est aujourd'hui.
09:49C'est demain,
09:50jeudi, c'est demain.
09:51Bravo.
09:52Édition poche,
09:53c'est plutôt la preuve du succès.
09:55Nous évoquons la bataille de Gaulle,
09:58l'âge de fer,
09:58le premier volet cinématographique,
10:00signé à Antonin Baudry,
10:01que vous avez critiqué,
10:02parce que vous trouvez
10:03qu'il prend un peu trop de liberté,
10:04avec la personnalité du général
10:06et quelques événements majeurs.
10:08Peut-être un premier appel,
10:11nous sommes avec Jean-Paul,
10:12que vous appelez de Toulouse,
10:13Jean-Paul,
10:13vous voulez réagir.
10:14Bonjour Jean-Paul.
10:15Oui, bonjour Jean-François,
10:17et bonjour à votre...
10:19Arnaud Tassier.
10:20Arnaud Tassier.
10:23On ne peut que réagir
10:25sur De Gaulle,
10:28ce qu'a fait De Gaulle,
10:30qui était...
10:31S'il revenait,
10:32donc,
10:33en voyant la France,
10:34dans l'État où est la France,
10:36donc il trouverait
10:37qu'on a en déliquescence,
10:38on est cadence complète.
10:40On a besoin d'avoir des gens
10:42qui aient une certaine vision,
10:43une vision du pays,
10:45une vision de comment fonctionne le pays.
10:48De Gaulle,
10:49Arnaud Tassier,
10:50pourra donc
10:53apporter des précisions.
10:55Avant la Deuxième Guerre mondiale,
10:56je crois que De Gaulle
10:57avait publié un muscule
10:59sur la guerre future,
11:02donc il préconisait
11:03de mettre des divisions,
11:04de créer des divisions
11:05de blindés.
11:06De blindés, oui.
11:07Donc, voilà,
11:07tout le monde lui a rayonné.
11:09en Allemagne.
11:11On a une communication
11:12un peu difficile,
11:13on ne vous entend pas très bien.
11:14Vous disiez, Jean-Paul,
11:15tout le monde lui a rayonné.
11:16C'est ce que vous disiez.
11:17Voilà,
11:18tout le monde lui a rayonné,
11:19mais sauf les Allemands.
11:21Donc, côté Allemands,
11:24les Allemands sont empressés
11:25de créer des divisions,
11:26des divisions de blindés.
11:27Donc, on a vu,
11:28effectivement,
11:28l'efficacité que ça a eue
11:30dans la Deuxième Guerre mondiale.
11:32Mais après,
11:32donc, au niveau de...
11:33On a besoin d'avoir,
11:34effectivement,
11:35des visionnaires,
11:35des gens qui regardent
11:36plus loin que la pointe
11:37de l'orgodasse.
11:39De Gaulle, donc,
11:41nous a quand même créé
11:42le nucléaire civil,
11:44le nucléaire militaire.
11:46Donc, est allé dans l'aéronautique,
11:48est allé dans l'espace.
11:50Donc, il y a eu tout un tas
11:51de choses qui...
11:54de raisonnements à long terme.
11:55Alors que nous,
11:56effectivement,
11:57tous nos politiques,
11:59depuis 10, 20, 30 ans,
12:01n'ont que des raisonnements
12:02à très, très court terme.
12:03Ce qui fait dire
12:04à la plupart des Français,
12:06que nos politiques
12:08sont soit incompétents,
12:10soit malhonnêtes,
12:10ou les deux, généralement.
12:12C'est, effectivement,
12:12le raisonnement général
12:13du français, maintenant,
12:15sur les politiques.
12:16Ce qui explique
12:17que les gens
12:17ne vont plus aux urnes.
12:19Mais, à l'heure actuelle,
12:20des gens qui ont
12:21une certaine vision,
12:24il n'y en a pas.
12:26On a entendu
12:28des investissements
12:30énormes
12:30pour créer
12:31des data centers
12:32en France,
12:32mais des data centers,
12:33c'est de la poudre aux yeux.
12:34ce n'est pas ça
12:35qui va réindustrialiser
12:37la France.
12:38L'industrie a été démolie,
12:40complètement démolie,
12:41et on continue
12:43de démolir,
12:44effectivement,
12:44ce qui reste.
12:45Jean-Paul,
12:46je vais faire réagir
12:46Arnaud Tessier.
12:48Je l'ai vu acquiescer
12:49à certains de vos propos.
12:51Vous disiez,
12:51à l'instant,
12:52effectivement,
12:53un homme qui avait
12:54des visions
12:54de long terme.
12:55Arnaud Tessier,
12:56je pense que vous
12:58partagez ce point de vue.
12:59Tout à fait.
13:00Et d'ailleurs,
13:01c'est frappant
13:02de voir déjà
13:03dans les débats
13:04autour de l'élection
13:04présidentielle
13:05que cette dimension
13:06est oubliée.
13:07L'élection présidentielle,
13:08on ne choisit pas
13:09un programme politique.
13:11Ça, c'est les élections
13:12législatives.
13:13On choisit un candidat
13:14qui propose une vision,
13:15une vision de long terme,
13:16quelqu'un qui va désigner,
13:18nommer le réel,
13:19c'est-à-dire l'état actuel
13:20de la société française
13:22et des problèmes
13:22très graves
13:23qui se posent à elle,
13:24et puis proposer une voix.
13:26C'est ça,
13:26c'est ça tout à fait
13:27ce que De Gaulle proposait.
13:28C'est le sens
13:29de l'élection présidentielle.
13:31J'entends souvent,
13:32j'ai croisé
13:32un certain nombre
13:33d'hommes politiques
13:33dans ma vie,
13:34j'entendais toujours,
13:36y compris de gens
13:36qui se seraient dit
13:37plutôt gaulliens,
13:38que leur propos
13:39c'était d'améliorer
13:40la vie quotidienne
13:41des Français.
13:41C'est vrai que c'est important
13:42d'améliorer la vie quotidienne
13:43des Français.
13:44Mais dans un monde
13:45qui est le monde
13:45dans lequel nous vivons,
13:46je n'ai pas besoin
13:47de vous le décrire,
13:47ne serait-ce que
13:48sur le plan international,
13:49sur le plan intérieur,
13:50je n'ai pas besoin
13:50de vous le décrire non plus,
13:52il ne s'agit plus
13:53d'améliorer
13:53la vie quotidienne
13:54des Français.
13:54Il s'agit d'assurer
13:56le destin de la France,
13:57d'assurer à la France
13:58un destin qui soit
13:59à la fois sûr
14:00et prospère.
14:01Oui, absolument.
14:02Et là-dessus,
14:04je voulais vous poser
14:05la question tout à l'heure
14:06que ceux qui se réclament
14:07du gaullisme,
14:09Arnaud Tessier,
14:10ils existent vraiment,
14:12les héritiers
14:12du général de Gaulle,
14:13il y a eu le parti
14:16gaulliste,
14:17officiel,
14:18RPR est devenu
14:18l'UMP,
14:19devenu le Républicain,
14:20tout ça change
14:20de sobriquet à chaque fois,
14:22mais les héritiers
14:23sont là ?
14:24Parce que beaucoup
14:24font des bancs de cabri
14:26pour se réclamer
14:28du gaullisme.
14:29Moi j'ai plutôt
14:29l'impression
14:30que c'est un peu
14:30un travail à des découpes,
14:31on pioche
14:32dans ce qui est censé
14:33être l'héritage gaullien,
14:35telle chose,
14:35telle chose,
14:36telle chose,
14:37et puis telle autre,
14:37et puis on laisse
14:38de côté le reste.
14:39Non, je pense que si
14:40on veut se dire gaullien
14:42aujourd'hui,
14:42je ne vais pas distribuer
14:44des brevets de gaullistes
14:45ou de se dire gaullien,
14:46mais si l'on se dit
14:47gaullien aujourd'hui,
14:48il faut d'abord avoir
14:49la conviction
14:51que d'abord faire
14:52un diagnostic courageux
14:53sur l'État du pays,
14:55mais vraiment courageux
14:56sur tous ses aspects.
14:57Ensuite,
14:57il faut avoir
14:58une vision ambitieuse
14:58de l'État.
14:59Alors souvent à droite,
15:00j'entends critiquer l'État,
15:02l'excès de normes,
15:03l'excès de bureaucratie,
15:04il faudrait voir d'abord
15:05d'où viennent
15:05les excès de normes
15:07et de bureaucratie,
15:07je ne suis pas sûr
15:08qu'ils viennent de l'État.
15:08Donc il faut un État fort
15:09et dynamique
15:10et planificateur,
15:12il faut la volonté
15:13d'avoir une société
15:14réconciliée avec elle-même,
15:15ce qui suppose
15:16un État social,
15:17certes pas un État obèse
15:20mais un État qui prend en charge
15:22la cohésion sociale
15:23de la société
15:24et puis il faut
15:24un État souverain,
15:25un État souverain
15:26qui s'exprime
15:27comme un État souverain
15:28en Europe et dans le monde
15:30et pour cela,
15:31il faut être fort intérieurement.
15:32C'était la grande idée
15:32de De Gaulle.
15:33La force du dedans
15:35conditionne la force du dehors
15:36et je pense qu'il y a
15:38un travail de réforme intérieure
15:39énorme à faire
15:40mais je l'insiste beaucoup
15:41sur ce côté
15:42rôle de l'État
15:44et assumer
15:45la cohésion sociale du pays.
15:47Un discours politique
15:48qui fait l'impasse
15:49sur ces deux sujets
15:50ou qui passe son temps
15:51à dénigrer l'État
15:52ou à renier
15:55les fondements,
15:56je ne dis pas
15:58l'État actuel,
15:59il y a des défauts
16:00bien sûr,
16:00il y a des dérives
16:00mais qui est renier
16:01les fondements
16:02de l'État social gaullien
16:03ne peut pas se dire gaullien.
16:04Le gaullisme social
16:05c'est une expression
16:06qui date un peu déjà,
16:07certains s'en réclament toujours,
16:09Xavier Bertrand et autres,
16:12ça prend son sens aujourd'hui
16:14ou c'est presque redondant d'ailleurs ?
16:16Philippe Séguin
16:16que j'ai bien connu disait
16:17mais le gaullisme social
16:18je ne sais pas ce que ça veut dire
16:19il disait que le gaullisme est social.
16:21Il n'y a pas besoin d'adjectif.
16:23Je tiens à remercier Jean-Paul
16:24pour son intervention
16:25depuis Toulouse
16:26et son regard
16:27sur le gaullisme aujourd'hui.
16:28Est-ce qu'on peut être gaulliste
16:30Arnaud Tessier
16:31dans une société
16:33qui est marquée
16:34par la modernité
16:35les réseaux sociaux
16:36la vitesse
16:37l'accélération
16:38l'immédiateté
16:39et cette défiance
16:40envers les institutions
16:41qui existaient jadis
16:43de son vivant.
16:44Oui bien sûr
16:45et les institutions
16:46de la cinquième
16:47de Gaulle a dû les installer
16:48à la force du poignet
16:50si j'ose dire
16:50il lui a fallu des années
16:52et puis il a eu mai 68
16:53qui a ébranlé
16:55les institutions
16:55encore toutes neuves.
16:56Oui bien sûr
16:57mais je pense que
16:59la défiance des français
17:00envers les institutions
17:01vient du fait
17:02que les politiques
17:03eux-mêmes
17:04depuis 30 ou 40 ans
17:05se sont écartés
17:06de la logique institutionnelle
17:08de la cinquième république
17:09et il y a en particulier
17:10quelque chose
17:10qui est fondamental
17:11c'est que dans l'esprit
17:12des institutions
17:12et dans la lettre des institutions
17:14le peuple s'exprime
17:15par l'élection
17:16de ses représentants
17:17et par le référendum
17:18or depuis 20 ans
17:19on a complètement
17:20laissé tomber
17:21le référendum
17:21on vous parle tout le temps
17:23de démocratie directe
17:24comment rétablir
17:24le contact
17:25avec le peuple
17:26il y a des dispositions
17:28constitutionnelles
17:29très claires
17:29que de Gaulle a voulu
17:30et c'est le recours
17:31au référendum
17:32or il y a 20 ans
17:33le référendum
17:34n'a pas donné
17:35ce qu'on attendait
17:35dans les cercles dirigeants
17:36donc on n'en fait plus
17:38vous savez
17:39c'est la fameuse phrase
17:39de Giscard
17:40le référendum
17:41c'est très bien
17:41quand la réponse est oui
17:43qu'est-ce qui dans la pensée
17:45du général
17:46demeure le plus actuel
17:48ce sera notre conclusion
17:49et à l'inverse
17:50qu'est-ce qui appartient
17:52définitivement
17:53au 20ème siècle
17:53le général est-il
17:54un homme du 20ème siècle
17:55pas du passé
17:56mais d'un siècle révolu
17:57il est l'homme
17:58un peu de tous les siècles
17:59vous savez
18:00il disait toujours
18:00c'est une blague
18:02il disait
18:02ça fait 2000 ans
18:03que je me tue à le répéter
18:04je pense qu'il est
18:05un peu de tous les siècles
18:06ce qui fait
18:07l'actualité terrible
18:08de ce que disait
18:10de Gaulle
18:10c'est que de Gaulle pensait
18:12que les démocraties
18:13étaient des régimes fragiles
18:14qui évoluaient par nature
18:15dans un environnement dangereux
18:17et que les périodes
18:18de paix et de prospérité
18:19n'étaient que des parenthèses
18:20et donc il pensait
18:21une démocratie
18:22il n'avait pas tort
18:23mais non il n'avait pas tort
18:24quand on voit
18:25depuis sa mort
18:26depuis 70
18:27et il pensait donc
18:28une démocratie comme la France
18:29qui était un grand pays
18:30devait avoir des institutions fortes
18:32et une armature morale puissante
18:34et donc
18:35pour se protéger
18:36pour pouvoir être respecté
18:38et se protéger
18:38dans un monde dangereux
18:39et donc pour lui
18:41ce qui était essentiel
18:42c'était d'entretenir les français
18:43non pas dans une angoisse permanente
18:44mais de leur dire
18:46qu'il y avait des raisons
18:46d'être angoissés
18:47mais qu'il y avait la volonté aussi
18:49de dominer cette angoisse
18:50aujourd'hui
18:51les peuples sont un peu poussés
18:52au désespoir
18:53et on ne leur donne plus
18:54d'horizon véritable
18:55et ce sera le mot de la fin
18:56merci à vous
18:57Arnaud Tessier
18:58historien
18:59essayiste
18:59vous pouvez aller vous procurer
19:00Charles de Gaulle
19:01l'angoisse et la grandeur
19:02audition de Timpus
19:03en poche
19:04ça veut dire que vous pouvez
19:05l'amener à la campagne
19:06à la plage
19:07très bonne lecture
19:08merci à vous
19:09merci
19:09pour ce regard réactualisé
19:11si je puis dire
19:11du général de Gaulle
19:12et bonjour Valérie Expert
19:14bonjour Jean-François Akili
19:15mettez-vous d'accord sur quoi ?
19:17et bien écoutez
19:17on va commencer avec
19:19c'est quoi le problème
19:20avec le coup de gueule
19:21du docteur Hamon
19:22à propos de
19:24ces pseudo-thérapeutes
19:26qui sont sur Doctolib
19:28donc il estime
19:30qu'il ne devrait y avoir
19:31que des médecins
19:32sur cette plateforme
19:34donc on va en parler
19:35et puis le PSG
19:38toujours la suite
19:40des émeutes
19:41avec le Premier ministre
19:43qui dénonce
19:43l'inversion
19:44des valeurs
19:45qui consistent
19:45à incriminer
19:46les forces de l'ordre
19:46et puis ces condamnations
19:48qui n'en sont pas
19:49pour beaucoup d'entre nous
19:51à savoir
19:52très peu
19:53ont été condamnés
19:53à de la prison ferme
19:54malgré des casiers judiciaires
19:56longs comme le bras
19:57voilà
19:58allez bonne émission
19:59merci
19:59ciao
20:00ciao
20:00ciao
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