- il y a 5 minutes
Avec Sophie Patout, directrice déléguée de l'Urssaf Caisse nationale
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NewsTranscription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Jean-François Acky.
00:05Il est 9h30 sur Sud Radio, aider ou sanctionner, quel est le rôle exact de l'Ursaf au moment où
00:13un grand nombre d'entreprises sont en difficulté,
00:15pour ne pas dire en détresse pour certaines, face à la hausse des coûts de l'énergie ?
00:20Le modèle social est-il en danger d'ailleurs ? Et que fait réellement l'Ursaf pour lutter contre la
00:25fraude ?
00:25Alors que le Sénat doit se prononcer définitivement cet après-midi sur le projet de loi contre les fraudes sociales
00:32et fiscales.
00:33Invité de ce studio, dans ce studio, bonjour à vous Sophie Patou.
00:36Bonjour, merci.
00:37Et bienvenue, directrice déléguée de l'Ursaf Caisse Nationale.
00:42Alors vous avez, avant de pousser la porte du studio, entendu les interpellations ce matin de Sébastien, de Brice, de
00:48Jacques,
00:49des chefs d'entreprise, des honnêtes gens qui ont été contrôlés sans crainte.
00:55Par l'Ursaf et qui pour des broutilles se sont retrouvés, eh bien, sanctionnés.
01:01Écoutez, ce que je vous propose, avant de commencer notre échange Sophie Patou,
01:05c'est peut-être que vous nous redéfinissiez rapidement les axes,
01:10et nous allons prendre un premier appel, les axes au fond d'action de l'Ursaf,
01:15qui est souvent perçu comme une sorte d'administration très coercitive.
01:19Oui, alors d'abord, merci, merci beaucoup de m'accueillir sur votre plateau,
01:24parce que l'Ursaf, en entendant beaucoup parler par Ouidire, mais en fait, on la connaît mal.
01:29Et le rôle de l'Ursaf, c'est tout simplement de financer notre modèle social,
01:35de collecter des cotisations qui ouvrent des droits très concrets pour chacune et chacun d'entre nous.
01:41quand vous vous faites rembourser une consultation chez le médecin,
01:46quand vous êtes hospitalisé, quand votre fille accouche,
01:50quand vos parents perçoivent une pension de retraite,
01:54tout cela, c'est grâce à la collecte des cotisations.
01:59L'Ursaf collecte, en fait.
02:01L'Ursaf collecte des cotisations, des contributions auprès de l'ensemble des entrepreneurs,
02:07des entreprises, des travailleurs indépendants,
02:09pour financer, reverser quotidiennement ces cotisations aux organismes qui versent des prestations.
02:16L'assurance maladie, l'assurance retraite, les caisses d'allocations familiales, France Travail.
02:20Ce rôle de collecteur, au fond, du modèle social français,
02:25ce l'Ursaf sans lequel, eh bien, ça ne fonctionnerait pas.
02:28Vous revendiquez également, Sophie Patou, un rôle d'aide aux entreprises,
02:34qui est moins connu, on va dire.
02:36C'est-à-dire quoi ? Vous vous conseillez ?
02:39Oui, c'est fondamental, parce que aider les entreprises,
02:43c'est préserver l'emploi, l'activité, et puis permettre la collecte des cotisations.
02:49C'est très concret, l'aide aux entreprises.
02:52Vous évoquiez le contexte économique difficile aujourd'hui.
02:56Eh bien, l'Ursaf accompagne les entreprises qui sont en difficulté.
02:59C'est-à-dire quoi ? J'ai un problème, j'ai fait « Allô l'Ursaf ? »
03:01Alors oui, il faut nous contacter, et puis il faut nous contacter surtout sans attendre,
03:04il ne faut pas avoir peur, j'allais dire, de passer la porte de l'Ursaf,
03:07parce que nous avons des solutions à proposer aux entreprises qui rencontrent des difficultés.
03:12Très concrètement, des délais de paiement, pour étaler le paiement de ces cotisations patronales,
03:17mais aussi des aides, notamment pour les travailleurs indépendants.
03:21Vous voulez dire quoi ? Ne pas attendre le contrôle et la sanction, il peut y anticiper ?
03:26Oui, il faut l'anticiper, parce qu'encore une fois, nous avons des conseillers
03:30qui peuvent vous répondre au téléphone, en accueil physique,
03:32et qui peuvent trouver des solutions aux difficultés que les entrepreneurs peuvent rencontrer.
03:38Un travailleur indépendant, par exemple, qui paye ses cotisations par rapport aux revenus
03:45qu'il a déclarés l'année précédente, il peut nous contacter pour moduler ces cotisations
03:50et les adapter aux revenus du moment.
03:51Donc ça, c'est important, ça fait partie des dispositifs qu'on met en place pour aider les entreprises.
03:55Et Sophie Patouille, une dernière donnée, et nous prenons un premier rappel, sur la fraude,
04:00parce qu'il y a des questions aujourd'hui au Sénat.
04:01La loi va être définitivement adoptée, d'ailleurs elle est jugée trop sociale
04:07et pas assez fiscale au passage.
04:09Donc là, vous luttez contre la fraude à l'URSSAF ?
04:12Il y a un chiffre précis, un volume ?
04:14Alors oui, l'URSSAF, elle est résolument engagée contre la lutte contre la fraude.
04:18L'année dernière, on a redressé 1,5 milliard d'euros de cotisations non déclarées ou sous-déclarées,
04:25donc c'est extrêmement important.
04:27On a 1 600 inspecteurs sur le terrain qui sont mobilisés au quotidien
04:31Et ça, c'est la fraude volontaire ou involontaire de la part des chefs d'entreprise ?
04:33Alors la fraude, c'est délibéré.
04:35Il ne faut pas confondre avec des erreurs, parce que ça arrive de faire des erreurs,
04:39et dans ces cas-là, on a le droit à l'erreur, et on est accompagné quand on se trompe.
04:45Mais la fraude, c'est une entreprise, un entrepreneur qui va délibérément éluder ses cotisations.
04:51Et c'est notre devoir de lutter contre la fraude, parce que c'est autant de droits sociaux
04:57qui ne bénéficient pas aux travailleurs dont le travail n'est pas déclaré.
05:04Chaque euro qui est fraudé, c'est un euro qui manque pour financer notre modèle social.
05:08Et puis surtout, pour l'ensemble des entreprises qui ne fraudent pas,
05:11et c'est la grande majorité d'entre elles,
05:14c'est permettre de pouvoir exercer dans un cadre loyal et équitable
05:20que de lutter contre les entreprises qui aient le fraude.
05:23Allez, bonjour à vous et bienvenue.
05:25Jean, vous nous appelez...
05:26Bonjour Jean, d'Orthèse, c'est dans les Pyrénées-Atlantiques.
05:31Oui, oui, oui, tout à fait, c'est dans les Pyrénées-Atlantiques.
05:35Bonjour à tous.
05:36Bonjour à tous.
05:37Bonjour Madame Patou.
05:39Voilà, je voulais simplement, je ne veux pas trop m'étendre,
05:43je voulais simplement, donc, exprimer mon cas, qui est un peu...
05:51Vous êtes artisan dans le bâtiment, dans la rénovation.
05:54Je suis artisan dans le bâtiment et plus précisément dans la rénovation,
05:57puisque j'axe un peu mon activité sur la rénovation plutôt que sur le neuf.
06:03D'accord.
06:03Voilà.
06:04Alors ?
06:05Donc, en 2010, j'ai eu un terrible accident.
06:13Ah, la communication a coupé avec Jean.
06:15Je me sentais un petit peu fragile au bout du fil.
06:18Jean artisan dans le bâtiment, dans la rénovation à Orthèse,
06:21on va peut-être le retrouver dans les Pyrénées-Atlantiques,
06:23qui a eu vraisemblablement un accident du travail.
06:26C'était en 2010.
06:27Alors, c'était en 2010.
06:28Nous vous retrouvons et vous étiez complètement à l'arrêt, Jean.
06:32Alors, j'étais à l'arrêt pendant un an, puisque j'ai eu la jambe presque broyée par une cloison
06:38qui m'est tombée dessus.
06:39Donc, enfin, bref.
06:40Et donc, pendant ce temps-là, en plus, je me suis aperçu...
06:44En plus, il n'y avait pas longtemps que j'avais changé de région, puisque je viens de la Savoie.
06:50Et j'ai été assuré auprès d'un assureur local, et qui m'a très mal assuré.
06:55Et c'est au moment de l'accident que je me suis aperçu que j'étais très mal assuré.
07:00Donc, je n'ai eu aucune indemnité.
07:02Le RSI, par contre, j'ai fait des courriers à plusieurs reprises pour expliquer mon cas.
07:12Et ils n'ont jamais rien voulu savoir.
07:15Donc, je n'ai pas eu aucune indemnité non plus.
07:18Ils ont continué à me demander toutes les cotisations.
07:23Ce qui fait qu'au bout d'un an, j'ai cumulé pratiquement un capital de...
07:28Enfin, une somme de 24 000 euros.
07:32Et ça, j'ai essayé de les payer, tant bien que mal, sur les prochaines années.
07:37Jusqu'à il y a deux ans et demi, puisque je dois vous donner aussi mon âge, j'ai bientôt
07:4277 ans.
07:43Ah oui ?
07:45Oui, voilà.
07:45D'accord, d'accord.
07:46Et donc, j'avais pris rendez-vous, et donc, ils m'ont envoyé un jour un courrier, donc recommandé,
07:52pour me demander la somme de 38 000 euros.
07:56C'est-à-dire qu'ils m'ont mis, non seulement avec le capital, ils m'ont mis les pénalités
08:02et les majeures actions de retard.
08:04Alors, je veux bien payer quand même le capital, mais me demander et de payer sur 60 mois, à cet
08:13âge-là, je peux vous dire que je l'ai un petit peu amère.
08:18Alors, Sophie Batou vous entend et va vous répondre éventuellement.
08:21Quelle est la question que vous souhaitez poser à Sophie Batou, Jean ?
08:23Eh bien, je voudrais savoir pourquoi on nous colle, surtout quand on a repris une activité après la retraite,
08:31de devoir encore payer des majorations et des pénalités, alors qu'à côté de cela,
08:37quand on voit des tas de personnes qui bénéficient de prestations de la sécurité sociale,
08:46sans avoir pratiquement jamais cotisé, et là, je me dis, eh bien, ce sont ceux qui travaillent encore qui sont
08:54pénalisés.
08:55Sophie Batou, vous répond.
08:56Alors ?
08:57Oui, alors je comprends la situation de Jean, qui a été effectivement très difficile.
09:03Alors, effectivement, quand quelqu'un a une dette vis-à-vis de l'Ursaf, il y a des majorations de
09:09retard qui sont calculées,
09:11mais celles-ci peuvent être remises.
09:13On peut demander à en faire la remise dès lors qu'on a payé les cotisations que l'on doit
09:19à l'Ursaf.
09:19Donc, par simple demande à l'Ursaf, quand vous avez réglé les cotisations dont vous êtes redevable,
09:24vous pouvez faire cette demande de remise.
09:27Et puis, ce que je souhaitais dire à Jean aussi et à l'ensemble des entrepreneurs individuels qui nous écoutent,
09:32c'est que depuis 2020, les travailleurs indépendants ont été intégrés au régime général de la sécurité sociale
09:38et ça a permis d'améliorer leurs droits sociaux, qui sont maintenant quasi équivalents à un solide des salariés.
09:45Le RSI a été subprimé.
09:46Le RSI, au passage, d'ailleurs, qui a été intégré au régime général de la sécurité sociale
09:53et qui permet aujourd'hui aux travailleurs indépendants de bénéficier de droits sociaux
09:58équivalents à ceux des salariés en termes d'indemnité journalière, en termes de retraite.
10:03Donc, ça aussi, c'est important. Les droits se sont améliorés.
10:06Et puis, dernière chose, quand vous rencontrez des difficultés comme celle-ci,
10:12encore une fois, il ne faut pas hésiter à nous solliciter.
10:15Nous avons des dispositifs.
10:16On peut aussi assurer une prise en charge globale d'une situation.
10:20On a un dispositif qui s'appelle HELP, qui est mis en œuvre avec l'ensemble des organismes de sécurité
10:26sociale
10:26et qui permettent d'aider un travailleur indépendant qui fait face à une difficulté professionnelle ou personnelle.
10:32Donc, ça, c'est important aussi.
10:33C'est l'URSSAF qui permet de la mise en contact avec l'ensemble des organismes de sécurité sociale.
10:37Alors, Jean, je ne sais pas si vous entendez la réponse de Sophie Patou.
10:40Vous êtes toujours là, Jean, j'imagine.
10:42Oui, oui, je suis toujours là.
10:44Je veux simplement dire qu'à la suite du courrier qui me demandait, justement, cette énorme somme,
10:51j'avais fait un courrier pratiquement de deux pages en expliquant plein de choses,
10:56vraiment en détail et en essayant d'avoir de la compassion aussi pour ça.
11:03Et donc, en guise de toute réponse, ça a été vraiment presque un mur de mépris.
11:12J'ai reçu cet échéancier de 60 mois, un point à la ligne.
11:16Il y a eu deux lignes.
11:18Vous devez cette somme-là sur 60 mois.
11:20Point à la ligne, terminé.
11:22Alors, Sophie Patou, c'est compliqué.
11:23Vous n'avez pas le dossier entre les mains, mais apparemment, il y a eu un help de la part
11:27de Jean
11:27avec ce courrier de deux pages et en guise de réponse, un échéancier.
11:31C'est un peu dur quand même, comme traitement.
11:34Oui, oui, je suis désolée de la situation que Jean a traversée.
11:38Alors, on fait en sorte de s'améliorer.
11:41On n'est pas parfait, mais nous mettons en place des dispositifs.
11:44C'est beaucoup de critiques là-dessus, Sophie Patou.
11:46C'est très coercitif souvent.
11:47On a l'impression qu'il y a une forme d'injustice qui est ressentie par les chefs d'entreprise
11:50qui travaillent, qui se retrouvent dans des situations à chaque fois.
11:52Chaque individu est un cas particulier et qui ne semble pas avoir de réponse face à l'administration.
11:57C'est ce qui est ressenti.
11:58Alors, on fait en sorte de donner des réponses.
12:00Et il ne faut pas hésiter à nous contacter.
12:03Vous avez plein de moyens de le faire par téléphone, par rendez-vous.
12:05Donc, Jean doit repartir à l'assaut de l'URSSAF et inlassablement.
12:09S'il a besoin de nous, il faut qu'il nous contacte.
12:12Oui, si sa situation n'est pas encore totalement réglée.
12:16Nous avons aussi des médiateurs dans chaque URSAF qui peuvent aider à dialoguer
12:21quand un entrepreneur rencontre des difficultés.
12:24Donc, on a toute une série de dispositifs qui permettent d'accompagner chacune et chacun d'entre vous.
12:30Encore une fois, on n'est pas parfait.
12:32On fait en sorte d'accompagner les entreprises, de répondre aux questions que vous vous posez,
12:38aux difficultés que vous rencontrez.
12:40Il faut vraiment nous contacter.
12:41On a des conseillers qui sont là dans chaque URSAF
12:44et qui peuvent répondre à vos préoccupations et trouver une solution avec vous.
12:48Allez, merci Jean pour ce témoignage.
12:49Repartir à l'assaut de l'URSSAF.
12:50Moi, je vous le conseille d'insister lourdement.
12:53Courrier, coup de fil, ne pas lâcher prise.
12:57Sophie Patou, vous restez avec nous, directrice déléguée de l'URSSAF, Caisse Nationale.
13:01Nous allons marquer une pause et poursuivre cet échange.
13:03L'URSSAF, donc, au moment où les entreprises souffrent énormément
13:09parce qu'il y a la situation économique et cette hausse spectaculaire des coûts de l'énergie.
13:15Que faire ? Quel est le rôle exact de l'URSSAF ?
13:17Souvent critiquée, mais aussi, et c'est moins connu, qui a un rôle d'aide pour les entreprises.
13:22On en parle avec Sophie Patou.
13:23Vous nous appelez au 0826 300 300.
13:27Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Jean-François Aquili.
13:32Vous nous appelez, comme vous le faites, depuis 9 heures.
13:35Et je sais que ça vous mobilise sur le rôle de l'URSSAF,
13:39à un moment difficile pour un grand nombre d'entreprises dans ce pays,
13:42avec Sophie Patou, qui est la directrice déléguée de l'URSSAF, Caisse Nationale.
13:46Sophie Patou, on a entendu les appels.
13:48Et cet échange que vous avez eu à l'instant avec Jean, dans une situation très difficile.
13:53Vous dites souvent que les cotisations financent notre modèle social, vous l'avez rappelé ce matin.
13:57Mais beaucoup de Français ont surtout l'impression de payer toujours plus pour des services qui se dégradent.
14:02C'est ça l'idée, en fait.
14:03Sophie Patou, la difficulté.
14:04Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
14:06On parle souvent de prélèvements, mais on oublie souvent ce que cela finance.
14:13Quand l'URSSAF collecte 100 euros de cotisation, de manière très concrète,
14:18il y en a 38 qui servent à financer l'assurance maladie, 29 pour la retraite, 9 pour le chômage,
14:277 pour la famille.
14:29Donc, c'est ce à quoi servent les cotisations, contributions dont chacun s'acquitte à financer le modèle social et
14:37à le financer quotidiennement.
14:38Vous n'avez pas la maîtrise de ce que deviennent les sommes en réalité ?
14:41Vous, votre job, c'est de collecter les sommes en question.
14:44Ensuite, c'est au gouvernement en place de voir ce qu'on en fait, grosso modo.
14:48Le reproche qui est fait de la gestion des cotisations sociales, quelque part, c'est hors votre propos, si je
14:54puis dire.
14:54Vous n'avez pas la maîtrise de ça.
14:56Oui, le rôle de l'URSSAF, c'est de collecter, de collecter le plus efficacement possible
15:01et de reverser le plus rapidement possible à tous les organismes qui servent des prestations.
15:07C'est ce que nous faisons au quotidien.
15:08Ce qui vous est reproché depuis ce matin, c'est une trop grande sévérité à l'égard de boîtes d
15:13'entreprises, de patrons qui sont sincères, en quelque sorte.
15:15On dit tout va bien, mon ami, ne t'inquiète pas.
15:17Petite tape sur l'épaule et puis hop, un petit 2000, un petit 40 000 à la sortie, on ne
15:21sait jamais, pour appliquer les textes strictement.
15:25Une question m'est venue en entendant ces témoignages, Sophie Patou.
15:28Est-ce que vos inspecteurs se sont payés au rendement ?
15:31C'est-à-dire, il faut qu'ils ramènent du chiffre et du coup, ils font du zèle.
15:35Alors ?
15:36Non, ce n'est pas une logique de rendement, c'est une logique d'équité, tout simplement.
15:41Nos inspecteurs, ils sont là pour faire des contrôles, des vérifications, pour assurer que la concurrence s'exerce loyalement sur
15:49tout le territoire.
15:50Et puis, il y a un point important que je voudrais souligner.
15:54On a parlé tout à l'heure de lutte contre la fraude, mais nos inspecteurs font aussi ce qu'on
15:59appelle du contrôle comptable d'assiettes, le contrôle classique.
16:02Et là, on est dans une démarche de bienveillance et d'accompagnement.
16:06Nous avons conscience que les obligations sociales, ça peut être complexe, que le premier travail de l'entrepreneur, ce n
16:12'est pas de faire de l'administratif.
16:14Nos inspecteurs, quand ils vont en entreprise pour faire un contrôle, ils font preuve de bienveillance.
16:21L'entrepreneur a droit à l'erreur, on a le droit de se tromper.
16:24Le rôle de l'inspecteur, c'est simplement de rétablir l'exactitude des déclarations.
16:28Et puis, ça, c'est un devoir d'équité, parce qu'il faut que chacun s'acquitte des cotisations qu
16:34'il doit, selon les règles qui sont les mêmes pour tout le monde.
16:36Alors, Dimitri, vous nous appelez de Reims. Bonjour.
16:40Oui, bonjour.
16:41Vous êtes coiffeur de votre métier.
16:44Exactement.
16:45Alors, c'était pour faire une petite parenthèse assez simple.
16:53J'ai retenu une phrase que, madame, vous avez dite.
16:58Bonjour, madame, d'ailleurs.
17:00Vous avez dit, vous savez, on est, en gros, on est humains, et nous aussi, on essaie de s'améliorer
17:06chaque jour, madame.
17:07À l'URSSAF.
17:08Alors, à l'URSSAF, vous représentez l'URSSAF, et vous dites, au nom de l'URSSAF, que vous-même, suite
17:14aux témoignages de ce cher monsieur de 77 ans,
17:18on lui réclamait de certaines sortes, ok, on n'est pas là pour parler, il n'y a pas de
17:22sujet sur ça.
17:23Seulement, vous dites, on est là pour s'améliorer, nous aussi.
17:26Mais la différence entre vous et nous, c'est que vous, vous cherchez à vous améliorer,
17:31mais quand il y a des difficultés, on ne vous tape pas dessus.
17:35Vous voyez, vous n'avez pas directement de prélèvement, de menaces, etc.
17:40Parce que nous, on prend ça comme des menaces.
17:42Nous aussi, on essaie de s'améliorer chaque jour.
17:44Le problème, c'est qu'on a une épée d'amoclès au-dessus.
17:47Alors, on s'améliore, mais moi, je reçois une lettre d'URSSAF,
17:50je ne peux pas leur dire, je suis désolé, j'essaye de m'améliorer.
17:54Oui, cher monsieur, vous allez vous améliorer, c'est gentil.
17:56Par contre, vous nous devez tant.
17:58Une petite anecdote, on a passé un hiver très difficile, très très difficile.
18:03Je ne me suis pas sorti de salaire pendant presque six mois.
18:06Le comptable m'a dit, là, il faut faire des fiches de paye à zéro.
18:09Je lui dis non.
18:10Je lui dis non, je ne fais pas des fiches de paye à zéro.
18:12On va maintenir mon salaire.
18:14Sauf que tous les mois, c'est 1100 euros pour l'URSSAF.
18:18Et moi, nada, zéro.
18:19Donc, en fait, j'ai travaillé tout l'hiver pour l'URSSAF.
18:21Mais ce n'est pas grave.
18:22Parce que vous me dites, vous avez cotisé.
18:23Quand ça ira mieux, vous pouvez vous ressortir l'argent, etc.
18:27Mais en fin de compte, mis bout à bout,
18:29mis bout à bout, tous les commerçants,
18:31tous les commerçants de France,
18:33on veut tous, limite, partir.
18:36Partir pourquoi ?
18:37Parce qu'on est taxé.
18:38Alors, ce n'est pas que l'URSSAF.
18:39Il y a de tout.
18:39Mais l'URSSAF, c'est vraiment quelque chose.
18:42Et quand vous dites, oui, mais on essaie de s'améliorer,
18:45n'hésitez pas à appeler.
18:47Vous savez, je vais vous parler en toute sincérité.
18:50Pourquoi aucun entre...
18:51Moi, je n'ai jamais vu un entrepreneur ou un chef d'entreprise
18:53qui va dire, en ce moment, je vais mal,
18:54je vais passer un petit coup de téléphone aux URSAF.
18:56Mais vous rigolez.
19:00Restez avec nous, Dimitris.
19:01Très intéressant ce dont vous témoignez ce matin.
19:04Sophie Patou, ce n'est pas faux.
19:07J'ai entendu également, quand vous avez dit cela,
19:09bon, ça nous arrive d'être peut-être parfois un peu trop coercitifs,
19:12c'est ce que vous dites en creux.
19:14On essaie de s'améliorer.
19:14Il a raison, Dimitri.
19:16Ils sont sincères, les chefs d'entreprise.
19:17Qu'est-ce que vous lui répondez ce matin ?
19:19Comme je le disais tout à l'heure,
19:20qu'ils ont droit à l'erreur
19:22et qu'on est là pour les aider
19:26à sécuriser leurs obligations,
19:28à comprendre les obligations auxquelles ils doivent faire face
19:32et puis à les accompagner quand c'est difficile.
19:35On peut aussi anticiper,
19:37il y a un certain nombre de dispositifs,
19:39de services qui sont proposés par l'URSSAF
19:42qui peuvent aider le chef d'entreprise
19:47à comprendre,
19:49être accompagné quand il en a besoin.
19:51Quand il crée son entreprise,
19:53quand il embauche un premier salarié,
19:55quand il met en place un nouveau dispositif,
19:57on a un service qui s'appelle Mon Conseil URSAF
19:59et qui permet d'être accompagné,
20:01d'avoir des conseils.
20:03Donc le droit à l'erreur,
20:04ce n'est pas théorique.
20:05Ça veut dire que,
20:07dès lors que vous l'évoquiez tout à l'heure,
20:10on ne fraude pas délibérément,
20:12l'URSSAF entend qu'on a pu se tromper.
20:15Notre rôle, encore une fois,
20:16c'est de rétablir l'exactitude d'une déclaration
20:18et de cotisation,
20:20mais on le fait en accompagnant,
20:22en expliquant,
20:23en donnant des conseils.
20:24Et donc,
20:25je répondrai à Dimitri,
20:26que si,
20:26en fait,
20:27il faut ne pas avoir peur
20:29de pousser la porte de l'URSSAF
20:31et nous contacter
20:32quand on a une question,
20:34quand on a besoin d'explications,
20:35parce que nous pourrons vous aider,
20:38nous pourrons trouver des solutions,
20:39nous pourrons répondre
20:40à vos interrogations.
20:41Dimitri,
20:42qu'est-ce que vous répondez directement ?
20:43On appellera de votre part.
20:46Oui.
20:50Un dernier mot avec vous,
20:51Dimitri,
20:52et j'apprécie votre témoignage
20:53très sincère.
20:54Vous les trouvez trop sévères,
20:55ces inspecteurs de l'URSSAF ?
20:57Ils vous font peur ou quoi ?
20:58C'est quoi l'idée ?
20:58Alors,
21:00oui,
21:00ce n'est pas de trop sévère.
21:02On est dans un système,
21:03bien sûr,
21:04qu'on bénéficie aussi.
21:05On est bien content
21:06quand on va chez le médecin,
21:07qu'on soit un petit peu remboursé,
21:10quand on va à l'hôpital,
21:11quand tout ça.
21:12En fait,
21:12ce n'est pas le modèle social,
21:13entre guillemets,
21:14que je critique.
21:15Parce que,
21:16nous,
21:17en tout cas,
21:18les salariés,
21:18les commerçants,
21:19etc.,
21:20mais surtout les petites entreprises
21:21et les moyennes entreprises,
21:22si vous voulez,
21:23je veux dire que demain,
21:24si tout le monde met la clé sous la porte
21:26pour ne serait-ce qu'une seule journée,
21:29mais le pays s'effondre.
21:30Il s'effondre.
21:31Alors oui,
21:32il faut arrêter aussi de dire
21:34oui,
21:34mais les grands groupes,
21:35etc.,
21:36etc.,
21:36oui,
21:36mais les grands groupes,
21:37ils génèrent énormément d'argent quand même,
21:38parce qu'ils ont des milliers
21:39et des milliers de salariés.
21:41En fait,
21:41on est toujours en train
21:42de nous mettre en confrontation
21:43entre les petites entreprises,
21:44les grandes entreprises,
21:45les salariés,
21:46et le diviser pour mieux régner,
21:48j'ai l'impression qu'il prône un petit peu.
21:50Alors qu'en fin de compte,
21:52je ne connais aucun commerçant
21:54qui se dit
21:55« moi,
21:55je n'ai pas envie de payer mes ursales,
21:56je n'ai pas envie de payer ma TVA,
21:57je n'ai pas envie de payer ici. »
21:58Non,
21:59jamais.
21:59Par contre,
22:00on entend toujours
22:00« c'est abusé, quoi.
22:02C'est vachement abusé.
22:04On paye trop,
22:05on paye trop,
22:05on paye trop.
22:06En plus de ça,
22:07on paye trop,
22:08on est matraqué
22:09au moins de petits problèmes,
22:10etc. »
22:11En fait,
22:11c'est juste ça.
22:11Payer pour payer,
22:13ça devient un peu chiant, quoi.
22:15On a bien compris le message.
22:16Dimitri,
22:16vous appellerez de la part
22:17de Sophie Patou
22:18dès que vous vous intervenez
22:19auprès de l'URSSAF.
22:19C'est une très bonne idée.
22:20Merci à vous
22:21pour ce témoignage depuis Reims.
22:22Il est temps de conclure.
22:22Ça va trop vite,
22:23Sophie Patou.
22:25Vous avez la sensation
22:26quand même
22:26que le message passe
22:28du côté de l'URSSAF,
22:29ce côté
22:30« nous voulons être aussi
22:32et avant tout
22:33une sorte de partenaire,
22:34si je puis dire. »
22:35C'est ce que vous revendiquez,
22:36en quelque sorte.
22:37Oui,
22:38le message passe,
22:39je l'espère.
22:40Difficilement,
22:40ce matin.
22:41Il se traduit par des actes.
22:43L'année dernière,
22:44on a accordé
22:44400 000 délais de paiement
22:46pour près de 4 milliards d'euros
22:47aux entrepreneurs.
22:49Donc,
22:49ça se concrétise
22:50par des actions
22:52extrêmement concrètes
22:54et qui touchent
22:55les entrepreneurs,
22:56les chefs d'entreprise
22:57qui en ont besoin.
22:59Donc,
23:00le message
23:00que je veux faire passer
23:01ce matin,
23:02c'est vraiment
23:02si vous rencontrez
23:04des difficultés,
23:05ne craignez pas
23:06de passer la porte
23:07de l'URSSAF.
23:07Il ne faut pas attendre
23:08parce que plus tôt,
23:09vous nous contacterez
23:11et mieux,
23:12nous trouverons
23:12des solutions
23:13avec vous.
23:14Pour vous aider...
23:15Déstresser la relation
23:16entre les entreprises
23:18et l'URSSAF,
23:20en quelque sorte.
23:21Oui,
23:21c'est l'objectif
23:23parce que
23:24c'est notre intérêt
23:26à tous
23:26qu'une entreprise tienne,
23:28qu'elle maintienne
23:29son activité,
23:30qu'elle continue
23:31à créer de l'emploi.
23:32Ça permet
23:33à notre modèle social
23:34de vivre.
23:36Votre auditeur précédent
23:37l'a souligné,
23:37on tient
23:38à notre modèle social,
23:40il nous ouvre
23:41à toutes
23:41et à tous
23:42des droits.
23:43Donc,
23:44pour ça,
23:44on a tout intérêt
23:45à accompagner
23:46nos usagers,
23:47les entrepreneurs,
23:48les entreprises
23:48et à bien les accompagner,
23:50bien les renseigner,
23:51bien les conseiller.
23:51D'où la nécessité,
23:52Sophie Patou,
23:53de cet exercice
23:55de démocratie,
23:57d'échange en direct
23:58avec les entrepreneurs.
23:59Merci à vous
24:01d'avoir participé
24:02au fond,
24:03à cet échange
24:04en direct
24:04sur l'antenne
24:05de Sud Radio.
24:06Merci,
24:06Sophie Patou,
24:07directrice déléguée
24:08de l'URSSAF,
24:08Caisse Nationale,
24:09un moment compliqué
24:10pour les entreprises
24:11et puis ce jour
24:11où le Sénat
24:12va enteriner définitivement
24:14cette loi
24:15sur la fraude
24:17fiscale et sociale.
24:18Bonjour,
24:18Valérie Expert.
24:19Bonjour,
24:20est-il au menu
24:20de Mettez-vous d'accord
24:21ce matin ?
24:22Écoutez,
24:23vraiment,
24:23restez avec nous.
24:24Dans un instant,
24:25je recevrai Patrice Duhamel
24:26pour son livre
24:27Le Crépuscule des Dieux,
24:29un livre passionnant.
24:30Il revient sur les maladies
24:31des présidents
24:32et c'est vrai que
24:33la santé des présidents
24:34aujourd'hui
24:35reste un tabou.
24:37Il revient,
24:38alors il fait une révélation
24:39assez forte sur Pompidou,
24:41Pompidou qui était malade,
24:43qui se savait malade
24:44au moment où il a été élu.
24:46Mais le livre raconte
24:47le secret organisé
24:48autour de la santé
24:49des présidents.
24:50Donc,
24:50pensez-vous qu'il faille
24:51mettre en place
24:52une sorte de conseil
24:54de médecin
24:55et assurer une certaine
24:57transparence ?
24:58On y reviendra
24:58avec lui.
24:59Et puis,
25:00le petit Mathéo,
25:01la violence dans les stades,
25:03la violence sur les terrains
25:04de foot en particulier
25:05et chez les plus jeunes.
25:07Ça fera partie
25:07de nos sujets
25:08à suivre à 11h.
25:10Et bonne émission à vous.
25:11Merci.
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