Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:04Bonjour et bienvenue, si vous nous rejoignez, vous êtes dans les informés et c'est parti pour une demi-heure
00:09de décryptage de l'actualité.
00:11Bonjour Renaud Blanc. Bonjour Agathe.
00:13A la une aujourd'hui, ces deux questions. Jean-Luc Mélenchon, candidat une quatrième fois à la présidence de la
00:19République,
00:19est-il vraiment le mieux placé pour battre le Rassemblement National, comme il l'affirme ?
00:25Quelles conséquences aussi à gauche, alors qu'il prend un peu ses camarades de cours ?
00:30Et puis les prix du carburant. Michel-Edouard Leclerc, le président des centres Leclerc, appelle ce matin.
00:35Le gouvernement a anticipé le coup d'après, c'est-à-dire le mois de septembre, où les prix risquent
00:41d'augmenter, selon lui.
00:42Que peut faire l'exécutif pour nous éclairer ce matin ?
00:46Nos informés, Lou Frittel, journaliste politique à Paris Match, bonjour.
00:49Bonjour.
00:50Richard Verly, correspondant France et Europe du journal Suisse Blic. Bonjour Richard.
00:54Bonjour.
00:54Et Elia Bergel, notre journaliste maison, journaliste politique à France Info. Bonjour Elie.
00:59Bonjour.
00:59On commence donc, Renaud, avec ce premier sujet, une nouvelle candidature de Jean-Luc Mélenchon.
01:05Une candidature qui n'est pas une surprise. On n'imaginait pas le leader des Insoumis ne pas être dans
01:10la course à l'Elysée.
01:11Le candidat permanent, en titre d'ailleurs ce matin, Libération.
01:14Quatrième candidature donc pour Jean-Luc Mélenchon.
01:16Après 2012, 2017, 2022, le Mélenchon, troisième homme de leur dernière présidentielle, est apparu extrêmement calme et même souriant hier,
01:26loin du bruit et de la fureur.
01:28Il veut incarner l'expérience face à un monde en crise.
01:32Je suis candidat. Si vous voulez, c'est le contexte et l'urgence qui ont fixé la décision Insoumise.
01:40La discussion, ce n'est pas portée sur quel est le meilleur candidat du point de vue de je ne
01:45sais quoi, quelle est l'esthétique.
01:47C'était qui est-ce qui est le mieux préparé pour faire face à la situation qui arrive.
01:51Voilà, quatrième candidature pour l'Insoumis qui sait bien qu'il s'agit de sa dernière chance.
01:56Il aura 75 ans l'été prochain. Il avait obtenu en 2022, rappelez-vous, 22% des suffrages, mais avait
02:03loupé la qualification pour le second tour de 400 000 voix.
02:06Il a progressé à chaque élection. Maintenant, il part relativement tôt dans cette campagne.
02:11Mais en partant le premier à gauche, il reste le maître des horloges pour reprendre une expression plutôt macroniste.
02:16Premier constat, Elia Bergel, Jean-Luc Mélenchon coupe un peu l'herbe sous le pied de ses concurrents, là, non
02:21?
02:21Il les prend de vitesse ?
02:22Oui, exactement. Et c'est d'ailleurs toute la stratégie de Jean-Luc Mélenchon qui fait du calendrier électoral vraiment
02:29son atout numéro 1.
02:31Il part relativement tôt. On est en mai, en 2022. Il était parti, si je ne dis pas de bêtises,
02:36à l'automne, en novembre, très précisément.
02:38Donc là, il décide de partir tôt. Jean-Luc Mélenchon, il a théorisé quelque chose.
02:42C'est une image qu'il prend, celle de la tortue, comme dans les fables de La Fontaine.
02:46Ça ne sert à rien de courir, mais il faut partir au bon moment.
02:48Jean-Luc Mélenchon, il estime que maintenant, c'est le bon moment. Pourquoi ?
02:52Parce qu'à gauche, on a le PS qui est totalement divisé sur est-ce qu'il faut aller dans
02:56une primaire avec les écologistes ?
02:58Est-ce qu'il faut désigner un candidat socialiste ?
03:00On a les Verts qui sont un petit peu tiraillés également entre Marine Tondelier, qui est candidate à la primaire
03:06de la gauche.
03:07Une partie des écologistes qui estiment que Marine Tondelier n'est pas légitime à incarner les écologistes pour cette présidentielle
03:162027.
03:17C'est une sensation de cacophonie chez les uns, alors que chez les autres, à la France insoumise, on a,
03:22Jean-Luc Mélenchon le disait hier, un candidat, un programme, l'avenir en commun, et une équipe soudée autour de
03:27Jean-Luc Mélenchon.
03:28C'est vrai que Jean-Luc Mélenchon a pour lui une apparence de clarté dans un paysage à gauche très
03:33morcelé, l'offritel.
03:34Jean-Luc Mélenchon qui dit aussi que c'est le mieux placé pour battre le Rassemblement national.
03:39En tout cas, à gauche, c'est vrai que c'est lui qui a la boutique politique la plus structurée,
03:43avec effectivement, il le souligne, une équipe.
03:46Moi, ça me fait beaucoup penser en fait à 2022, ce qui est en train de se jouer la dernière
03:49fois.
03:49Pareil, on avait essayé de faire monter un peu la sauce autour d'autres candidats qui auraient pu représenter le
03:56PS, qui auraient pu représenter les communistes.
03:58Et tous se sont effondrés dans la dernière ligne droite.
04:00Pourquoi ? Parce qu'il y a eu une dynamique de vote utile, mais aussi parce que Jean-Luc Mélenchon,
04:04c'est quelqu'un qui est incarné.
04:06Et objectivement, vous posez la question aux Français dans des territoires ruraux, enfin dans des endroits pas très politisés, ils
04:13connaissent quatre personnes en France.
04:15C'est Emmanuel Macron, Jordan Bardella, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
04:18Donc effectivement, ils partent tout de suite avec un avantage certain.
04:21L'enjeu, franchement, pour la gauche, ces cinq dernières années, c'était d'essayer d'offrir une offre claire, d
04:26'essayer de se mettre d'accord, d'essayer.
04:30Ils ont couru après Jean-Luc Mélenchon pendant cinq ans, c'est ça la réalité.
04:33C'est que tout le monde les suit, Richard Verly. Principal atout, principale faiblesse de Jean-Luc Mélenchon pour vous
04:39?
04:39Le principal atout, c'est incontestablement cette notoriété, l'expérience sans doute.
04:44Dans un moment où on voit que les turbulences mondiales incitent peut-être les électeurs à rechercher des dirigeants qui
04:49savent de quoi ils parlent et qui savent ce qu'ils font.
04:53Après, la principale faiblesse, c'est que c'est l'éternel opposant.
04:56En tout cas, vu de l'étranger, vu de nos pays voisins, il est vu comme l'éternel opposant de
05:01gauche, celui qui au fond est très fort pour mobiliser les masses populaires à des moments donnés,
05:07pour trouver le bon tempo, pour réagir à une situation politique.
05:10On se souvient le nouveau front populaire, l'alliance à gauche pour les législatives.
05:15Je demande aux Français de me nommer Premier ministre.
05:17Tout ça, c'était bien vu, mais ça n'a pas marché.
05:20Donc, il n'est pas perçu, notamment, moi j'en ai parlé avec mes confrères européens en poste à Paris,
05:24pas perçu comme quelqu'un qui peut l'emporter.
05:27Donc, quand il dit qu'il est le meilleur candidat face au Rassemblement National, là, il y a un vrai
05:31doute.
05:31Même question, Elia Bergel, principal atout, principale faiblesse pour Jean-Luc Mélenchon ?
05:35C'est sa capacité à cliver, à réussir à imposer des thèmes dans le débat.
05:39C'est à la fois un atout et une faiblesse.
05:41C'est un atout parce que quand on impose des thèmes dans le débat, on force les autres partis politiques,
05:46soit dans son champ, à gauche ou ailleurs, à réagir en fonction de ce qui a été dit, de ce
05:50que Jean-Luc Mélenchon a dit.
05:51Mais en clivant, il consolide sa base, son socle devient de plus en plus solide et fiable.
05:59Mais à la fois, il se coupe d'un électorat peut-être plus modéré qui peut se dire,
06:04mais attendez, qu'est-ce qu'il a dit ? C'était quoi cette nouvelle polémique ?
06:07On pense la dernière en date sur sa prononciation des noms Epstein et de Raphaël Glucksmann.
06:13Évidemment que dans une optique d'élargir son socle électoral, ça peut lui porter préjudice.
06:17Là, avec cet épisode notamment, il est allé encore plus loin dans la radicalité.
06:21Vous, Lou Frittel, vous dites que Jean-Luc Mélenchon, c'est la gauche identitaire et qu'il fera campagne sur
06:26ce thème.
06:27La gauche identitaire, ça peut sembler un peu antinomique.
06:30Vous pouvez nous expliquer ce que vous voulez dire ?
06:32Jean-Luc Mélenchon, il voit tout par le prisme de l'identité, de l'essence.
06:37Donc c'est la couleur de peau, c'est le genre, c'est la religion.
06:42Il n'y a pas de possibilité finalement d'émancipation et de sortir au contraire de sa condition, quelle qu
06:47'elle soit au départ.
06:48Et ça répond à un clivage qui est très présent aujourd'hui et qui existe en fait depuis 2021.
06:53Moi, je me souviens vraiment de ce débat qu'il y avait eu entre Jean-Luc Mélenchon et Éric Zemmour
06:57juste avant la présidentielle.
07:00Et où c'était son meilleur adversaire.
07:03Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, la question économique, en fait, elle n'est pas tant importante quand vous vous
07:07retrouvez dans des débats.
07:09C'est vraiment, c'est une question plutôt de votre origine.
07:12Vous ne pouvez pas vous en émanciper.
07:14Et pour moi, Jean-Luc Mélenchon, quelqu'un qui ramène tout à cela, ça me fait vraiment penser à Jean
07:18-Marie Le Pen à la grande époque.
07:19Et d'ailleurs, vous l'avez effleuré. Mais c'est vrai que la plus grande faiblesse de Jean-Luc Mélenchon,
07:25c'est sans doute ces dérapages flirtants avec l'antisémitisme.
07:29Et aujourd'hui, vous avez quand même un vrai sujet aussi à gauche.
07:32C'est de savoir s'ils doivent tout accepter, y compris pour réussir à gagner.
07:38Effectivement, c'est ce que c'est.
07:39Sachant que le Parti Socialiste avait dit que ses propos de Jean-Luc Mélenchon étaient des propos antisémites.
07:44Et à la fin, il y a eu pourtant une sorte d'alliance, en tout cas des alliances qui ont
07:48pu se faire au mandat municipal, sans qu'il y ait une consigne nationale.
07:51Mais qui voulait dire, vous pouvez vous associer au niveau local.
07:55Ça s'était retombé sur la tête du Parti Socialiste.
08:00Et juste une dernière chose.
08:01Quand on regarde les études d'opinion, vous avez l'homme politique le plus détesté des Français, c'est quand
08:07même Jean-Luc Mélenchon.
08:07Il est plus qu'Éric Zemmour aujourd'hui.
08:09Donc pour vous, il est trop clivant, Renaud Blanc.
08:12Est-ce que la gauche, comme dit Lou Frittel, va continuer à courir après Jean-Luc Mélenchon ?
08:16Lou a parlé de 2022 en disant qu'effectivement, il avait atomisé les autres candidats de la gauche.
08:21Yannick Jeannot, c'était moins de 5%.
08:23Roussel, 2%.
08:24On se souvient d'Anne Hidalgo, 1,75%.
08:26Il n'y avait pas eu match.
08:27Il avait écrasé tout le monde.
08:28Là, ça s'annonce quand même beaucoup plus compliqué.
08:30La situation a changé.
08:31D'abord, certains veulent clairement la peau, j'allais dire, de Jean-Luc Mélenchon.
08:35Si vous prenez un Jérôme Gage ou vous prenez un Raphaël Glucksmann, ce sont des adversaires politiques qui veulent faire
08:42tomber Jean-Luc Mélenchon.
08:44Il y a effectivement ce que, rappelez-nous, ce petit fleur de la rhétorique antisémite.
08:48Puis il y a une petite musique qui commence à monter.
08:50C'est voter Mélenchon, c'est faire le jeu finalement du RN et c'est faire que le RN l
08:54'emporte au second tour.
08:56Donc il y aura sûrement match.
08:57D'ailleurs, dernière petite chose, dans les sondages, Jean-Luc Mélenchon est plus haut.
09:01Élie, je ne veux pas dire de bêtises, en partant que les dernières fois, il était à peu près entre
09:0411 et 13% dans les sondages.
09:06C'est plus qu'en 2022 où il était à 8%.
09:08Mais c'est aujourd'hui le même score du côté de Raphaël Glucksmann.
09:12Jean-Luc Mélenchon qui part avec un nouveau concept, celui de la Nouvelle-France, Elia Bergel.
09:16Et on voit qu'à chaque interview, il est sans cesse interrogé sur ce concept qui est assez clivant,
09:23qui divise même à gauche Fabien Roussel à critiquer le communautarisme du leader des Insoumis.
09:28C'est quoi ce concept de Nouvelle-France ?
09:30C'est la suite de ce qu'il avait déjà théorisé par le passé, qu'il avait appelé à l
09:34'époque la créolisation.
09:35Et la Nouvelle-France, c'est un concept que Jean-Luc Mélenchon entend opposer au concept à l'extrême droite,
09:40qui est celui du grand remplacement.
09:42C'est simplement de dire que les générations se remplacent, une génération chasse l'autre,
09:50et que la France d'aujourd'hui, elle est créolisée, c'est ce qu'il disait encore il y a
09:54quelques années,
09:55avec des gens issus de l'immigration, des Français issus des quartiers populaires.
10:00Et que c'est ça aussi le nouveau visage de la France, en opposition à ce que lui considère être
10:05une vision figée du pays,
10:06qui est celle portée aux yeux de Jean-Luc Mélenchon par la droite et l'extrême droite.
10:11Une France qui aurait des origines chrétiennes, et qui serait une sorte de monolithe d'ethnie et de religion.
10:19Richard Verlier, on a vu que Jean-Luc Mélenchon, à chaque campagne, a commencé de façon assez tonitruante et clivante,
10:26et puis au fur et à mesure, s'est un peu recentré.
10:29Est-ce que c'est la même stratégie qu'il s'apprête à mettre en œuvre ?
10:33Alors on verra, mais j'enlèverai le un peu.
10:35Il était vraiment, moi je l'ai suivi pendant deux campagnes, 2017-2022,
10:39le Mélenchon qui s'approche du premier tour devient rassembleur.
10:44Je dirais, il a presque des accents Jean Jaurès.
10:47Ça c'est sa force, Jean-Luc Mélenchon.
10:49Il y a un côté caméléon chez le personnage, et comme en plus il est un vrai tribun,
10:53qu'il est très pédagogue, qu'il sait parler aux gens, n'éliminons pas cet aspect.
10:57Puis il y avait eu quelques trouvailles technologiques, vous vous souvenez, les clones...
11:01Les hologrammes, les meetings en hologrammes.
11:03Voilà, les hologrammes, pardon.
11:05Tout ça avait quand même bien marché, donc je crois qu'il a cette capacité encore à convaincre,
11:09parce qu'on lui reconnaît ce courage, cette force, cette volonté de dire un certain nombre de choses qui déplaîtent.
11:17Après, la société bouge, et effectivement, les casseroles, si je puis dire, qu'il a du point de vue identitaire,
11:23ce qu'évoquait Lou, et puis globalement aussi l'âge.
11:26L'âge est un facteur, vous savez, il y a quand même une contradiction dans les termes.
11:29Vous parlez de la Nouvelle-France, et vous avez 75 ans.
11:32Très franchement, là, beaucoup d'électeurs vont se dire, est-ce qu'il est vraiment, même ceux qui sont favorables
11:37à la Nouvelle-France,
11:38est-ce que c'est lui qui peut la faire accoucher ?
11:40Lou Frittel ?
11:40Ah mais c'est la question qui avait été posée par notre consœur, justement, hier, et ce qui est intéressant...
11:44Anne-Claire Coudrelle lui a dit, vous parlez du grand remplacement, mais pas pour vous, quoi.
11:47Oui, exactement. Et quand on regarde le plus vieux président de la République, encore en fonction quand il quitte le
11:53pouvoir,
11:54c'est Général De Gaulle, il a 79 ans. Ensuite, c'est François Mitterrand, 78 ans.
11:58Mais ces gens-là sont arrivés au pouvoir 10 à 14 ans avant.
12:02Donc Jean-Luc Mélenchon commençant à 75 ans, ça veut dire que quand il finirait son mandat, il en aurait
12:0680.
12:07Quand on regarde le monde dans lequel nous sommes aujourd'hui, je pense par exemple à un Donald Trump,
12:10mais on ne peut aussi pas un Vladimir Poutine, ce sont des gens qui ont entre 79 et plus.
12:15Et quelle vision de l'avenir peuvent-ils proposer ? Comment peuvent-ils se projeter eux-mêmes ?
12:25Après, on peut se dire aussi qu'avec l'âge, on a de l'expérience.
12:28Peut-être que la question, elle est plus sur le positionnement.
12:30Est-ce que Jean-Luc Mélenchon n'est pas allé trop loin pour pouvoir se recentrer ?
12:33La question aussi, c'est comment il a été désigné à l'intérieur du parti.
12:37C'est quand même une organisation très, très verticale.
12:40Et c'est peut-être ça aussi le problème.
12:42Et ça ne lui donne pas, selon vous, une assise large et une dynamique ?
12:47À l'intérieur de la France insoumise, il n'y a pas photo.
12:49C'est le seul qui peut rassembler.
12:51Maintenant, on sait comment Jean-Luc Mélenchon fait entre guillemets le ménage.
12:54D'ailleurs, il y a beaucoup d'insoumis qui ont quitté le navire.
12:58Dans un instant, les informés, on va parler des prix du carburant.
13:02Le gouvernement reçoit les distributeurs à 10h30.
13:05Que va-t-il leur dire ?
13:06Quelle nouvelle mesure peut-il annoncer ?
13:09Mais pour l'instant, il est 9h19 et c'est l'Info en une minute avec Maureen Sunia.
13:13L'armée américaine sera attaquée si elle s'approche du détroit d'Ormuz, prévient l'Iran ce matin
13:18après l'annonce d'une grande opération militaire par Donald Trump.
13:21Le président américain entend escorter des navires en dehors de la zone.
13:2515 000 soldats sont mobilisés.
13:27Et cette guerre qui entraîne la hausse des prix des carburants fera l'objet d'une réunion ce matin au
13:31ministère de l'Économie.
13:32Les distributeurs de carburants sont invités concernant l'aide de l'État de 50 euros pour les travailleurs modestes qui
13:39roulent beaucoup.
13:39Il sera possible de faire sa demande à partir du 27 mai prochain.
13:43C'est une information France Info.
13:44Le groupe Bouygues annonce recruter cette année 8 500 personnes en France, dont 6 700 en CDI.
13:50Des techniciens de maintenance, d'installation, des électriciens, des conducteurs de travaux ou encore des conseillers de vente et de
13:56clientèle,
13:56principalement dans les métiers de la transition énergétique et de la décarbonation.
14:01Et puis le centre de l'archipel des Philippines, secoué par un séisme de magnitude 6 ce matin, une profonde
14:06secousse, mais aucun blessé n'a été signalé à ce stade.
14:11France Info
14:14Les informés
14:15Agathe Lambret
14:17Renaud Blanc
14:20Les informés avec Lou Frittel, journaliste politique à Paris Match, Richard Verly, correspondant France et Europe au journal Suisse Blik.
14:26Et Elia Berger, journaliste politique à France Info.
14:29Renaud, on passe à notre deuxième débat.
14:31Cette crise qui dure, des prix du carburant toujours trop haut et acteurs économiques et gouvernements qui cherchent des réponses.
14:38Oui, avec cette réunion dans un peu plus d'une heure à Bercy, entre le ministre de l'économie, Roland
14:42Lescure et les distributeurs de carburant pour évoquer la situation.
14:45Michel-Edouard Leclerc était votre invité il y a quelques minutes, un président du comité stratégique des magasins Leclerc.
14:52Voilà son message qu'il veut délivrer au gouvernement. Anticipez le coup d'après.
14:56J'invite le gouvernement à ne pas laisser ouvert dans l'immédiat la possibilité d'une renégociation,
15:02parce que ce serait donner des gages à plein d'industriels et d'intermédiaires, qu'on allait laisser passer l
15:08'inflation.
15:09Ils prendraient leurs gains, c'est les Français qui seraient tapés à la clé.
15:12Et donc moi je dis aujourd'hui, il faut pousser les industriels et les intermédiaires à renégocier en amont leur
15:17pétrochimie.
15:19L'inflation, comme ça on n'a pas à l'accepter.
15:21Alors on sent bien que Michel-Edouard Leclerc n'a pas trop envie de se faire dicter ce qu'il
15:26doit faire.
15:26La question est de savoir si le gouvernement a vraiment les moyens de faire pression sur les distributeurs.
15:31Est-ce que le gouvernement a les moyens de faire pression sur les distributeurs ?
15:34Michel-Edouard Leclerc disait, c'est bon là, la politique du bouc émissaire s'est terminée,
15:38le gouvernement a compris que ce n'est pas nous les fautifs, il fallait plutôt regarder du côté de Total
15:44ou des pétroliers.
15:45Écoutez, moi je crois que c'est une vision, pardonnez-moi, extrêmement française de l'économie
15:50et c'est étonnant que ça vienne de Michel-Edouard Leclerc.
15:53Les distributeurs, dans le cas de Total c'est un peu particulier,
15:57parce qu'ils ont toute la chaîne de l'extraction à la distribution en passant par le raffinage.
16:02Ce n'est pas le cas de tous les distributeurs de produits pétroliers.
16:05Mais le fait est que le pétrole est un marché mondial, ce marché est bousculé,
16:10rudoyé par Donald Trump et par la guerre contre l'Iran, et on ne sait pas où ça va aller.
16:15Donc de toute manière, si le gouvernement avait les moyens de tordre le bras aux distributeurs,
16:19ça durerait combien de temps ?
16:20Vous pensez que le gouvernement peut tordre le bras à ses compagnies pendant des mois
16:25si la crise dure des mois ?
16:26Ce qu'il ne faut pas espérer, il semble qu'un début de négociation se fasse jour.
16:30Donc je crois que c'est la loi du marché.
16:33Je pense que les Français le comprennent.
16:34D'ailleurs, il y a une colère, mais il y a aussi un calme social
16:38qui, à mon avis, vient du fait que beaucoup de gens comprennent
16:41que ça se passe dans le golfe Persique.
16:42Ce n'est pas la faute du gouvernement, ce n'est pas la faute de la France.
16:45Après, le vrai bon moyen pour un gouvernement, c'est quand même les leviers fiscaux.
16:49L'Allemagne vient d'en utiliser un en supprimant l'une des taxes sur les carburants.
16:54Le coût envisagé, c'est à peu près 1,7 milliard d'euros.
16:56On sait pourquoi le gouvernement français ne le fait pas, c'est parce qu'il a trop dépensé.
17:00C'est pour ça que quand Michel-Edouard Déclair appelle le gouvernement à anticiper le coup d'après,
17:04c'est-à-dire le mois de septembre, parce que selon Michel-Edouard Déclair,
17:07c'est à ce moment-là que les prix vont augmenter,
17:09le gouvernement est un peu démuni, non ?
17:11Si les caisses sont vides, si taxé total, c'est compliqué à faire
17:15parce qu'on ne peut pas taxer ses profits mondiaux,
17:17que peut faire le gouvernement ?
17:19C'est vrai que pour l'instant, les personnes avec qui j'ai échangé s'embêtent dans une impasse.
17:26Et après, si on va aussi sur la question un peu plus politique,
17:29on disait tout à l'heure qu'on est en train de revivre d'une certaine façon 2022.
17:322022, souvenez-vous que le thème de campagne,
17:35l'un des principaux thèmes de campagne, c'était le pouvoir d'achat.
17:37Sur fond, justement, déjà, juste avant la guerre en Ukraine,
17:40d'augmentation des prix de l'énergie renforcés par la crise en Ukraine.
17:45C'est à peu près ce qui se dessine aussi pour les mois prochains.
17:50En l'occurrence, si ça se passe ainsi, c'est sans doute le Rassemblement national
17:54et la France insoumise qui en tireront parti,
17:58ce qui pourrait créditer aussi un affrontement futur entre les deux, au deuxième tour.
18:02À quelques mois de la présidentielle, Elia Bergel, le sujet est quoi ?
18:05Récupéré, instrumentalisé ? C'est devenu un enjeu politique ?
18:10En tout cas, cette sort de prix des carburants,
18:12qui effectivement pèse énormément sur le pouvoir d'achat des Français,
18:14est au cœur des débats politiques du moment.
18:16Hier, Jean-Luc Mélenchon, on en parlait de Jean-Luc Mélenchon il y a quelques minutes,
18:19au moment de sa déclaration de candidature au venteur de TF1,
18:22a redit comment lui, il ferait s'il était chef de l'État,
18:26c'est-à-dire blocage des prix et nationalisation des activités pétrolières de Total en France.
18:32Il y a certains partis politiques qui proposent une baisse des taxes,
18:35comme ce qui se fait en Allemagne,
18:37une baisse des taxes gouvernementales sur les carburants.
18:40Pour le coup, les Insoumis sont contre, puisqu'ils disent que ça ferait moins d'argent dans les caisses de
18:44l'État.
18:45Le prix des carburants, c'est toujours un sujet politique.
18:46Il faut se rappeler qu'à l'époque de la crise des Gilets jaunes,
18:49on était entre 1,40 et 1,50 euros le litre.
18:52Aujourd'hui, Total Énergie plafonne à 1,99 le litre pour le diesel,
18:56donc 2 euros le litre pour l'essence, pardon.
18:582 euros le litre pour l'essence, c'est 2,25 euros le litre pour le diesel.
19:00On est bien au-delà de ce qui avait déclenché.
19:02Et encore, ça, c'est un prix plafonné.
19:03Et c'est un prix plafonné uniquement chez Total Énergie.
19:06C'est vrai qu'il y a la pression, on dit que le gouvernement met la pression sur les distributeurs,
19:10mais le gouvernement a vraiment la pression.
19:12Et Richard parlait de l'exemple des pays européens.
19:14On a vu l'Espagne, qui a effectivement baissé des taxes.
19:16L'Allemagne, qui n'est pas un gouvernement crypto-communiste que je sache,
19:21un gouvernement conservateur, l'Italie.
19:23Et l'Allemagne, c'est 17 centimes de moins par litre.
19:25Donc forcément, ça met la pression sur Sébastien Lecornu.
19:28Ça, l'Allemagne, c'est vraiment un symbole.
19:30Parce que ça a été un des derniers pays à faire un geste.
19:33Et en gros, le gouvernement français, Richard Verlis, disait
19:36tant que les Allemands ne font rien, on est tranquille.
19:38Mais si même l'Allemagne se met à baisser des taxes, là, la pression se croit quand même.
19:42Oui, absolument.
19:43Parce que l'Allemagne, enfin le gouvernement allemand,
19:45a complètement intégré le fait que cette crise va durer, justement.
19:49Et qu'il faut savoir discerner entre l'action publique,
19:53c'est-à-dire ce qu'un gouvernement peut faire, agir sur les finances publiques et les taxes,
19:57et la réalité du secteur privé.
19:59Parce qu'encore une fois, les distributeurs,
20:01ils ne savent pas ce que sera le marché du pétrole.
20:04Peut-être dans trois jours, dans une semaine, dans deux semaines.
20:07Imaginez que cette crise, que les hostilités reprennent.
20:10Donc, je crois que l'idée de faire pression sur des distributeurs,
20:13pourquoi je disais qu'elle me paraît très française,
20:14c'est parce qu'il y a derrière ce concept d'une économie encore dirigée par l'État.
20:20Et je crois malheureusement que dans les circonstances actuelles,
20:22ce n'est plus du tout le cas.
20:24Et sur la baisse, justement, des taxes,
20:26c'est vrai que l'Italie, elle, a mis en place ce dispositif.
20:30Ça lui a d'abord coûté 500 millions d'euros.
20:31Et finalement, ça a été absorbé par l'augmentation des prix de l'énergie.
20:37Aujourd'hui, le gouvernement italien refait ce dispositif.
20:41Ça va être à nouveau au moins 500 millions d'euros.
20:43Mais en réalité, c'est vraiment une rustine.
20:46Ça ne fonctionne pas si bien que ça.
20:48Mais d'ailleurs, même Michel-Édouard Leclerc,
20:49il a conscience que les caisses sont vides.
20:50Et ce qu'il demande au gouvernement ce matin, c'est de suspendre la loi des Crozailles
20:53qui empêche les grandes promotions sur les produits d'hygiène.
20:57Il dit comme les prix vont augmenter, laissez-nous faire de grandes promotions.
21:00Et il dit aussi au gouvernement, ne cédez pas aux agro-industriels
21:04qui veulent renégocier les prix
21:06parce que les prix à court terme ne vont pas augmenter.
21:08Ça ne sert à rien de renégocier tout de suite.
21:09Et ils vendent l'essence et ils voient bien qu'en ce moment,
21:11les Français sont en train de changer leur habitude.
21:13Moins 19% en avril sur le gasoil de consommation
21:16et moins 14% sur l'essence.
21:18Est-ce que de nouvelles annonces du gouvernement sont prévues,
21:21il y a Bergel, dans les prochains jours ?
21:22Ce qu'a dit le gouvernement au moment des dernières annonces,
21:25c'est qu'il y aurait peut-être des annonces à nouveau
21:27si jamais la crise devait se poursuivre dans le détroit d'Ormousse.
21:31Donc oui, il y aura très certainement de nouvelles annonces,
21:34mais c'est à chaque fois à la marge.
21:35pour certains secteurs, les agriculteurs, les gros rouleurs,
21:38infirmières, aides-soignantes, auxiliaires de vie.
21:41Et ça sera toujours, mois après mois,
21:42vraiment à chaque fois pour essayer de gagner du temps
21:44et de voir à quoi ressemblera demain.
21:45Des aides ciblées. Merci beaucoup les informés.
21:48Merci Lou Frittel, journaliste politique à Paris Match.
21:50À la une de Paris Match ?
21:52Ouh là, je ne sais plus.
21:53Eh bien, on va vous le dire dans un instant.
21:55Richard Verly, merci.
21:57Correspondant France et Europe du journal Suisse Blic.
21:59Merci beaucoup Elia Bergel, journaliste politique à France Info.
22:02Paris Match dans les meilleurs kiosques, précipitez-vous.
22:05Merci Renaud, on se retrouve demain.
22:07Avec plaisir.
22:07Et les informés reviennent ce soir à 20h avec Victor Mettet.
Commentaires

Recommandations