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Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Il y a assez peu de... Enfin non, je ne vais pas dire ça comme ça, parce que si je
00:03suis contredit par les éléments, par les faits dans quelques jours, j'aurais l'air malin.
00:07Mais il y a quand même un vrai risque, voilà comment je veux dire, il y a quand même un
00:10vrai risque, Elsa Vidal, que Trump aille la semaine prochaine voir Xi Jinping
00:16avec un des trois d'Hormuz toujours bloqué, toujours paralysé, avec le dossier nucléaire évidemment toujours sur les bras,
00:23enfin qu'il n'ait pas vraiment, comment dire, de trophée à apporter sur le bureau de Xi Jinping.
00:28Oui, il y a un risque et ce risque, il réside principalement dans la capacité des négociateurs iraniens à tenir
00:35les rênes de ceux qui, dans le régime,
00:38ne souhaitent pas cette négociation et ont déjà tenté de la faire échouer. On y reviendra plus en détail, mais
00:44il y a quand même eu des déclarations contradictoires,
00:46il y a même eu des prises de parole venant de l'armée iranienne, disons, disant nous n'avons pas
00:52tiré sur les installations des Émirats Arabes Unis
00:55contre toutes les évidences. En tout cas, on peut en déduire que peut-être cette partie de l'armée n
01:00'a pas participé aux tirs
01:02et donc qu'il n'y a pas que des positions unifiées au sein des Iraniens.
01:08Et donc, il pourrait effectivement, pour certains d'entre eux, vouloir gâcher la fête de Donald Trump,
01:13encore une fois, ce pouvoir de nuisance que l'Iran détient et donc il sait qu'il s'agit de
01:20sa ligne de vie.
01:20En réalité, contre cela, il va falloir que Donald Trump leur donne des assurances. Il veut que lui-même puisse
01:27rencontrer Xi Jinping en toute égalité.
01:31Ulysse, d'un mois, ensuite Netanyahou et Tel Aviv en direct.
01:34Trump pourra toujours dire à Xi Jinping qu'il a tout essayé et qu'il a même proposé un accord
01:39de paix à l'Iran et que c'est l'Iran qui refuse.
01:43L'Iran allié des Chinois.
01:44Et ce qui est très important, c'est qu'hier, on en avait déjà parlé, mais le ministre iranien des
01:49Affaires étrangères avait fait le voyage de Pékin.
01:50Pourquoi ? Pas simplement pour déguster un bokeh chinois, mais pour vraiment essayer de préparer cet accord.
01:57Or, on sait que les Chinois veulent aussi la réouverture du Golfe Persique.
02:01Ils en ont besoin parce que ça fait flamber les prix en Chine et la croissance n'est pas très
02:06bonne en ce moment en Chine
02:07et ça bloque aussi l'approvisionnement concret en pétrole.
02:09Donc, Trump et Xi Jinping, au fait, ils ont le même objectif, réouvrir le détroit d'Hormuz.
02:16Alors, la question, c'est quelle sera la pression que va exercer la Chine sur l'Iran, à quel point,
02:20si l'Iran refusait de céder ?
02:21Qu'est-ce qu'ils vont mettre en jeu ?
02:23Mais en réalité, si effectivement il y a cette entente entre Trump et Xi Jinping, l'Iran va devoir finir
02:30par céder,
02:32même si c'est existentiel et même si pour eux la bombe est une fierté.
02:36Ils comparent tout ça. Vous savez, les Iraniens, quand vous leur parlez de la bombe, ils vous disent
02:39« Mais qu'est-ce que vous me dites, les Français ? »
02:41Et le général de Gaulle, alors, quand il a eu la bombe atomique, les Américains n'étaient pas d'accord.
02:46Donc, évidemment, ça n'a rien à voir. On est dans une autre époque, etc.
02:49Et le régime iranien, est-ce qu'il est ? On ne va pas y revenir.
02:52C'est un régime terroriste, c'est un régime oppressif qui a tué des dizaines de milliers d'opposants, etc.
02:59Mais sur le fond, ils regardent dans la région, qui a la bombe atomique ?
03:03Le Pakistan, Israël, même si Israël refuse de le reconnaître, mais Israël a la bombe.
03:09L'Arabie saoudite ne rêve que de ça.
03:12Et la Corée du Nord. Regardez la Corée du Nord.
03:14Trump a voulu négocier. Finalement, ça n'a pas abouti, avec son grand ami Kim Jong-un.
03:20Et donc, finalement, ils se disent « Pourquoi pas nous ? »
03:23Alors là, ils sont dans une situation où, finalement, ils sont obligés de céder d'une manière ou d'une
03:27autre, parce qu'ils risquent de tout perdre.
03:29La question, c'est à quel moment ils auront ce sentiment-là, et à quel moment ils vont choisir entre
03:34le martyr et la négociation et un accord.
03:37On a bien répété ces derniers jours qu'Israël poussait pour une reprise des opérations militaires.
03:44Ça n'est pas, visiblement en tout cas pour l'instant, le chemin que semble prendre Donald Trump,
03:48puisqu'encore une fois, on vous parle de cet accord qui est en négociation.
03:50Écoutez la réaction ce soir de Benjamin Netanyahou.
03:54Nous restons en contact permanent avec nos amis aux États-Unis.
03:57Je m'entretiens avec le président Trump presque tous les jours.
03:59Mes collaborateurs et les seins sont en contact quotidiennement, y compris aujourd'hui.
04:03Et je vais m'entretenir avec le président Trump plus tard dans la soirée.
04:06Il y a une coordination totale entre nous, il n'y a pas de surprise.
04:09Nous partageons des objectifs communs.
04:11Et celui le plus important est l'élimination de toutes les matières enrichies en Iran
04:15et le démantèlement de ses capacités d'enrichissement.
04:19Le président Trump estime qu'il peut y parvenir d'une manière ou d'une autre.
04:24Amélie Rosic en direct de Tel Aviv.
04:26Officiellement, donc, coordination totale.
04:28Il n'y a pas une feuille de papier à cigarette entre Netanyahou et Trump ce soir.
04:34Oui, absolument, c'est ce qu'explique le Premier ministre israélien.
04:38Et de toute façon, depuis des jours désormais, Israël communique quotidiennement sur son état de préparation
04:44si jamais il devait y avoir une augmentation d'intensité du conflit avec l'Iran.
04:50Et aujourd'hui, avant Benyamin Netanyahou, c'était le chef d'état-major de Tzal, le général Zamir,
04:55qui était en déplacement au sud Liban.
04:57Là-bas, c'est l'offensive contre le Hezbollah qui ne faiblit pas.
05:00Nous étions à la frontière toute la journée avec Juan Palencia et Nadav Alami.
05:04Et nous l'avons constaté, des avions de combat israéliens en action.
05:07Au moins, une frappe contre une position du Hezbollah.
05:10Et puis pas mal aussi de drones de surveillance.
05:12Ce déplacement sur le front libaniste est donc aussi l'occasion de rappeler la doctrine de l'armée sur l
05:18'Iran.
05:19Tzal se prépare à une possible intensification des opérations.
05:22Voilà ce qu'a dit le chef d'état-major.
05:24Nous avons une opportunité historique de transformer la réalité régionale dans cette guerre multifront.
05:29Il a souligné lui aussi la coopération continue avec l'armée américaine.
05:34Une manière donc, une nouvelle fois, de dire qu'ils sont sur la même ligne.
05:38Mais bon, concrètement, Israël attend et pendu au faux vert des États-Unis.
05:42Et le général a averti tout de même, nous disposons encore d'une série de cibles prêtes à être frappées.
05:47Nous sommes en état d'alerte élevé pour reprendre une campagne puissante et étendue
05:51qui approfondira nos acquis et affaiblira davantage le régime iranien.
05:56Pour affaiblir le régime iranien, selon Israël, il n'y a qu'une voie.
06:00C'est de réduire la menace notamment nucléaire et sécuriser l'uranium enrichi.
06:05Les 440 kilos, en tout cas les informations dont nous disposons, enrichis à 60%.
06:10Donc effectivement, ce soir, même ligne, Israël-États-Unis.
06:13Mais Israël continue de pousser et d'attendre le feu vert de Donald Trump.
06:18On dit Kroen Palensin, directeur de Tel Aviv.
06:20Ulysse Gossé, lève la main.
06:21Oui, parce qu'on peut ajouter que Benjamin Netanyahou va appeler Donald Trump ce soir.
06:26Pour justement avoir un point, je dirais, direct, non pas droit dans les yeux, mais en direct avec lui.
06:32Et dans son intervention, Netanyahou a dit une chose qui est quand même extrêmement intéressante.
06:36parce que quand on lui dit, finalement, Trump est en train de tout lâcher aux Iraniens,
06:40il répond, il n'y a pas de surprise.
06:43Nous avons des objectifs communs et l'objectif le plus important est de retirer d'Iran
06:47toutes les matières enrichies et de démanteler les capacités d'enregistrement de l'Iran.
06:51C'est ce qui est prévu dans l'accord, dans le protocole, dans le mémorandum d'une page.
06:56Alors, on ne connaît pas encore la réponse de l'Iran.
06:58Mais on voit bien qu'il y a une forme, finalement, d'acceptation de la part de Netanyahou
07:02s'il y a effectivement le retrait des 440 kilos d'uranium
07:06qui permettent, au passage, vous vous souvenez, Raphaël Grossi, vous l'avez dit,
07:1010 ou 11 bombes.
07:11– 10 ou 11 bombes.
07:12– Voilà, et puis les capacités d'enrichir pendant les 12, 15 prochaines années.
07:17Si Trump obtient ça, il peut raisonnablement dire à son opinion publique,
07:21malgré toutes les critiques, vous voyez, j'ai quand même réussi à obtenir ça.
07:24Mais encore une fois, l'Iran n'a pas encore dit oui.
07:26– Elsa, on voit tous les obstacles qui pourraient se dresser sur la route d'un accord.
07:30Il y en a un de plus, c'est qu'au sein du régime iranien,
07:33ils ne sont pas tous d'accord sur l'accord,
07:36et sur le fait de devoir négocier, sur le fait de devoir aboutir à un accord avec les Américains.
07:40– Oui, on peut dire qu'il y a, sans parler de modérés,
07:43au sein non seulement des négociateurs,
07:46mais aussi des figures qui finalement co-gèrent actuellement l'Iran,
07:51en l'absence de présence vraiment active de Moustaba Khamenei,
07:55et bien il y a des lignes qui s'entrecroisent et parfois ne sont pas véritablement compatibles.
08:02Et notamment, il y a le président du Parlement, Mohamed Khalibaf,
08:07que vous voyez en deuxième position à partir de votre droite sur l'écran,
08:11qui lui a encore aujourd'hui dans un message vocal insisté sur le fait
08:17qu'il fallait se préparer à une reprise des opérations militaires,
08:21insisté sur le fait qu'à Hormuz, tous les incidents d'hier montraient que l'Iran avait changé l'équation
08:28et qu'il ne laisse pas du tout supposer qu'on soit lancé dans une entreprise de négociation.
08:35Bien sûr, on peut aussi parler de Vaidi, qu'on a cité tout à l'heure avec Olivier,
08:42qui est le commandant-chef des Gardiens de la Révolution, qui lui est encore plus dur.
08:46La plupart de ces hommes, à part le président Pézezkyan, sont passés par la guerre en Irak
08:55et ils ont un passé commun, un passé sur le front.
09:00Ils se fréquentaient.
09:02On sait que Khalibaf, Moshetabar Khamenei, mais aussi Vaidi dînaient une fois par semaine,
09:08déjeunaient une fois par semaine ensemble et se tutoient.
09:11Et eux, ce sont ceux qui pensent que l'Iran a plus à tirer d'une guerre qui dure que
09:17d'une négociation productive.
09:18Je vais citer Khalibaf, le président du Parlement iranien.
09:21L'ennemi dans son nouveau plan, l'ennemi ce sont les États-Unis,
09:23dans son nouveau plan avec un blocus naval, cherche à exercer une pression économique et une propagande médiatique
09:28pour nous forcer à nous rendre.
09:31Nous n'excluons pas la possibilité d'une attaque militaire, en particulier des attaques terroristes.
09:36Le plan de l'ennemi vise à affaiblir l'Iran de l'intérieur.
09:39D'ailleurs, il y a une partie du régime, les gardiens de la Révolution, notamment Olivier Weber,
09:44qui ne veulent pas, ne serait-ce que parler avec les Américains.
09:47Et on en reparlera dans quelques minutes sur BFMTV de ce navire français
09:54qui a été ciblé par un missile aujourd'hui dans l'étroit d'Hormuz.
09:57Ce sont notamment ces gens-là qui tirent éventuellement pour saboter
10:01toute tentative de négociation avec les Américains.
10:03Oui, absolument. Il ne faut pas exclure non plus les actions de la marine moustique.
10:06Vous savez, tous ces petits bateaux, alors je ne parle même pas des sous-marins type Radir
10:10qui font à peu près 29 mètres de long, des sous-marins munis de poche pratiquement,
10:13mais je parle des Zodiaques, il y en a un qui s'appelle la Zaïe en particulier,
10:18qui peuvent faire très mal.
10:19Là, c'est intéressant parce que dans la déclaration de Ralibaf,
10:22le président du Parlement, il parle de reddition, il nous force à la reddition.
10:25Ça veut dire quoi ? C'est-à-dire qu'éventuellement, on peut négocier.
10:27Mais deuxièmement, c'est un appel presque au patriotisme,
10:30pas au nationalisme, au patriotisme perçant, il ne faut pas l'oublier.
10:33Mais si on tape trop, et ça a été paramétré d'ailleurs par le Pentagone de la CIA,
10:36si on tape trop sur les centrales énergétiques,
10:38la centrale par exemple d'Ebavane qui est la grande centrale d'électricité,
10:41ils font les 42% d'électricité à Téhéran,
10:44qui est une grosse ville, c'est 15 millions d'habitants,
10:45il fait très chaud l'été, là on est déjà pratiquement en été,
10:48il fait très froid l'hiver, etc.
10:49Ils ont besoin d'électricité, si on tape là-dessus,
10:51on sait très bien qu'il y aura un effet de bascule du peuple iranien
10:53un peu plus du côté des radicaux.
10:54Et simplement, il y a, si on revoit l'organigramme commenté par Elsa tout à l'heure,
10:59il y a la partie à gauche, on va dire, des laïcs, entre guillemets,
11:02Araqchi, le ministre de la France étrangère,
11:03Peseksyan, qui est un chirurgien d'ailleurs, cardiologue,
11:07qui ne sont pas des fanatiques.
11:08Et après, vous avez d'un côté Ralibaf,
11:10qui est peut-être un peu plus pragmatique que son chef suprême,
11:13qui est Ahmad Vaidi.
11:15Ce n'est pas Moustaba Ramenei, qui est pratiquement hors de capacité de parler,
11:19on lui fait lire des discours, on lui fait lire des messages,
11:21mais c'est Vaidi qui a le pouvoir en fait.
11:24Or, il y a deux lignes pour conclure,
11:26il y a soit la mainmise qui continue des passes d'Aran,
11:29des guerriers de la révolution sur l'économie,
11:31c'était 60% avant le début de la guerre,
11:33soit, et à ce moment-là on se dit,
11:35on arrête les frais parce qu'on a besoin en même temps
11:37de payer les soldats, de payer nos familles,
11:38c'est quand même presque 90 millions d'habitants,
11:4010 millions de personnes qui profitent de ce système,
11:42jusqu'au bazari, etc., les grands commerçants,
11:45ceux qui faisaient l'impôt export sur Dubaï,
11:46qui est une chambre de compensation, je le rappelle,
11:48pour les banques iraniennes de l'extérieur,
11:51qui ne sont pas soumises au système SWIFT,
11:53ils sont privés d'accès au système international,
11:54et puis deuxièmement après, des radicaux,
11:56qui diraient non, c'est la fuite en avant,
11:58et c'est un terme qui a donné le nom
12:00à un drone qu'on voit survoler
12:02quand on le voit en Ukraine, le Shahed.
12:05Shahed ça veut dire quoi ? Ça veut dire martyr.
12:06Il y a une partie de ses gardiens,
12:07et c'est la branche qu'incarnerait Ahmed Vaidi,
12:10le chef des guerriers de la révolution,
12:11qui est l'ancien ministre de l'intérieur,
12:13l'ancien ministre de la défense,
12:14c'est lui qui a suivi des attentats à Buenos Aires
12:17contre les synagogues, en particulier
12:18et autres attentats de par le monde,
12:20eux, c'est la ligne dure, ils sont prêts
12:22à la fuite en avant, et là, à ce moment-là,
12:25on est un peu plus dans la radicalité
12:26que la négociation.
12:28Ça peut tout faire capoter,
12:30Bertrand Gallichet ?
12:33La pression interne
12:34et les divisions internes
12:36chez les Iraniens ?
12:36Oui, et il y a un élément intéressant
12:39qui a été évoqué tout à l'heure,
12:41c'est le fait que
12:42les frappes qui ont eu lieu
12:44récemment sur les Émirats arabes unis
12:46n'ont pas été revendiquées,
12:48n'ont pas été assumées,
12:49et c'est très intéressant
12:51parce que ça montre
12:52qu'effectivement,
12:54il y a un processus décisionnel
12:56qui n'est pas forcément
12:57complètement unifié
12:58au sein du régime
12:59et que certains
13:00peuvent appuyer sur un bouton
13:03sans avoir à référer à d'autres
13:05et qu'une fois que les frappes
13:07ont été exécutées,
13:09eh bien, ces silences radio,
13:11on n'en parle pas
13:11parce que, justement,
13:13ça risquerait
13:14de montrer la poussière
13:16qui se trouve sous le tapis,
13:17c'est-à-dire, au fond,
13:18les bisbilles au sein
13:19des plus importants dirigeants iraniens.
13:22On voit les obstacles.
13:23L'un des obstacles,
13:24ça pourrait être Trump, évidemment,
13:25Trump lui-même,
13:26au vu des zigzags,
13:28au vu des allers-retours.
13:29On va voir ça avec vous,
13:30l'isalaire,
13:31parce que Trump parle beaucoup
13:32de calendrier,
13:33et il le fait encore ce soir,
13:36mais le sien change sans arrêt.
13:39Depuis le premier jour de la guerre,
13:41le 28 février,
13:41la guerre commence
13:42et Donald Trump donne
13:43une conférence de presse
13:44à la Maison-Blanche
13:44durant laquelle il annonce
13:46solennellement qu'il a prévu
13:47que le conflit dure,
13:47je le cite,
13:48quatre à cinq semaines,
13:50ce qui donne une fin de la guerre
13:51à la louche au 28 mars
13:53ou au 4 avril.
13:54Sauf que le 1er avril,
13:55au matin,
13:56Donald Trump annonce
13:57que la guerre sera terminée
13:58dans trois jours
13:59selon ses prévisions,
14:00dit-il.
14:01Le 4 avril,
14:01donc, on reste là
14:02dans les clous
14:03initialement plantés
14:04pour annoncer la paix.
14:05Quelques heures plus tard,
14:06changement de cap,
14:07nous allons attaquer l'Iran
14:08avec une extrême violence
14:09dans les deux à trois semaines,
14:11dit le président américain.
14:12Changement de croix
14:13sur le calendrier,
14:14donc, le président américain
14:15annonce donc une attaque
14:16le 15 ou le 22 avril.
14:18Le 6 avril,
14:20alors que les cases
14:20de ce calendrier
14:21nous rapprochent
14:22de la nouvelle attaque
14:22annoncée par Donald Trump,
14:23il remet une pièce
14:24dans la machine de guerre
14:26avec une phrase
14:26sans équivoque,
14:27toute la civilisation
14:28pourrait être effacée
14:29en une nuit
14:30et ça pourrait être
14:31demain soir.
14:33Nouveau retournement
14:33de situation,
14:34le lendemain,
14:35aux antipodes
14:36de la déclaration
14:36de la veille,
14:37Trump annonce
14:38qu'il accepte
14:38de suspendre
14:39les bombardements
14:40et les attaques
14:40en Iran pour deux semaines.
14:42C'est donc le début
14:42du cessez-le-feu.
14:43Sauf qu'à là,
14:44à une semaine
14:44de la fin du délai,
14:45Trump dit dans une interview
14:46qu'il pense que la guerre
14:47est finalement bientôt terminée.
14:48Mais,
14:49quelques jours plus tard,
14:50une fois encore,
14:51changement de programme,
14:52un poste sur son réseau social
14:53Tchouf,
14:54l'Iran n'arrive pas
14:55à se ressaisir,
14:56ils ne savent pas signer
14:56un accord non nucléaire,
14:58ils ont intérêt
14:58à se réveiller vite.
14:59Fini,
14:59monsieur gentil,
15:00nous sommes à ce moment-là
15:01le 29 avril,
15:03Trump explique donc au monde
15:04qu'en fait,
15:04il peut frapper
15:05quand il le souhaite,
15:06tout arrêter
15:06quand il le souhaite,
15:08comme ce soir,
15:08quand il annonce d'abord
15:09dans une interview
15:10que dans l'idéal,
15:11la guerre se terminera
15:12avant son départ
15:13pour la Chine
15:13la semaine prochaine,
15:14puis finalement,
15:15l'Iran a une semaine
15:16pour signer un accord,
15:18puis finalement,
15:19pas de date butoir,
15:20pas de date limite,
15:21c'est toujours aussi flou.
15:22Oui,
15:22c'est la dernière information
15:23ce soir effectivement,
15:24Trump dit,
15:24il n'y a plus de date butoir
15:25à El Zavidal.
15:26Non.
15:26Tout le monde avait la Chine
15:27en tête,
15:28alors lui,
15:28il ne va pas dire évidemment,
15:29il le dit,
15:29ce serait bien qu'on ait un accord
15:32avant que j'aille en Chine
15:33le jeudi prochain,
15:35mais sinon,
15:35il n'y a pas de date butoir.
15:36Oui,
15:37mais c'est la définition ultime
15:38de la puissance en réalité,
15:39c'est d'être maître du temps
15:41et dégagé de toutes les contingences.
15:43Et en ce sens,
15:44c'est assez proche,
15:45je pense,
15:45d'un mode d'exercice du pouvoir
15:46qui moi me rappelle fortement
15:48le mode d'exercice du pouvoir
15:50de Vladimir Poutine notamment.
15:51Vous planez au-dessus des événements,
15:53vous déléguez aux autres
15:55le soin de faire en sorte
15:57qu'ils arrivent,
15:58mais c'est ça l'extrême,
16:00la totale souveraineté.
16:02Vous êtes en vous-même
16:03un acteur au-dessus
16:04de toutes les règles
16:05et vous n'êtes pas responsable
16:07de les suivre.
16:08Vous les fixez,
16:09vous ne les suivez pas.
16:10Oui,
16:10Olivier Weber,
16:11lui aussi,
16:12peut avoir une responsabilité
16:14dans le fait qu'on ne soit
16:15toujours pas à un accord,
16:17on soit éventuellement
16:18à ce mémorandum d'une page,
16:19mais pour l'instant,
16:19on n'y est pas.
16:20Trump a une grande responsabilité
16:21là-dedans.
16:22Oui,
16:23mais elle est partagée
16:24parce qu'évidemment,
16:24on est deux à négocier
16:26avec l'Iran
16:27et encore une fois,
16:28ils ont le temps long
16:28pour eux
16:29et lui,
16:30il a les mitums
16:30qui vont arriver.
16:31Il y a quand même
16:31une partie de la base MAGA
16:32qui n'est pas favorable
16:34à la poursuite de la guerre.
16:34Il y a certains élus républicains
16:38au Congrès
16:38qui commencent à manifester
16:40des oppositions.
16:41Et alors,
16:41dans cette guerre,
16:42ce qui a été omis par Trump,
16:43pourtant c'est ce qui a été mis
16:44sur le tapis
16:45par le Patagone et la CIA,
16:46c'est la guerre non militaire,
16:47je veux dire,
16:48le côté économique.
16:48Les Doutras d'Hormuz,
16:50ça fait à peu près,
16:50on va dire 26 ans,
16:52que les Iraniens
16:53se préparent sérieusement
16:55à cela.
16:55Et peut-être même depuis
16:57la guerre des tankers
16:58pendant les guerriers
16:58en Irak,
16:5980-88,
17:00en 84,
17:00au milieu de la guerre,
17:02il y a les Pazara,
17:02les guerriers à la révolution
17:03qui ont tapé sur les tankers,
17:05sur les pétroliers.
17:05Et ça,
17:05donc ça avait fait exploser
17:06les cours du pétrole.
17:07Donc on connaît la musique
17:08du côté iranien.
17:09Après,
17:10il y a aussi le troisième volet
17:12qui est en fait l'impact
17:13sur les pays du Golfe,
17:14on en parlait tout à l'heure.
17:15Les Émirats,
17:15quand l'un des Émirats,
17:17l'un des ministres
17:18des Émirats arabes unis
17:19appelle Trump en disant
17:20« Vous savez,
17:20le problème c'est que c'est nous
17:21qui sommes impactés,
17:22c'est nous qui sommes visés,
17:23etc. »
17:23Et il y a un papier dans le New York
17:24quand même très intéressant
17:25tout à l'heure
17:25disant que finalement
17:26les dégâts occasionnés
17:28aux dizaines de bases américaines
17:30dans la région
17:35que Trump n'a pas pris en compte
17:36tout de suite,
17:37il est maintenant obligé
17:38d'en prendre compte
17:40et deuxièmement,
17:41il l'aura dans sa besace
17:42quand il ira à Pékin
17:43le 14 et 15 mai.
17:44Ulysse ?
17:44Le calendrier de Donald Trump,
17:46comme le disait Lisa Hadef,
17:48c'est loin d'être anecdotique
17:49parce qu'en fait,
17:51ça change tout au Congrès.
17:52Vous savez que la Constitution
17:54et surtout une mesure,
17:56une loi datant de 1973
17:58impose au président
17:59de consulter le Congrès
18:00qui décide ou non
18:01de lui accorder
18:02les pouvoirs de faire la guerre.
18:04En changeant calendrier,
18:06il n'a pas atteint
18:07le délai des 60 jours.
18:09En signant un accord de paix,
18:11si c'est le cas,
18:12il n'a même plus besoin
18:13d'aller voir le Congrès.
18:14Donc il s'est moqué
18:15du Congrès depuis le début
18:16alors qu'il est tout de même républicain.
18:18Ce Congrès,
18:18il devrait mieux le traiter.
18:19En fait,
18:20c'est le pouvoir impérial,
18:21c'est la présidence impériale de Trump.
18:23Donc il pourra dire
18:24aux sénateurs démocrates
18:26« Vous voyez,
18:27je n'avais pas besoin de vous
18:28et j'ai fait la paix
18:29avant même que vous me donniez
18:30l'autorisation ou pas
18:31de faire la guerre. »
18:32Donc c'est vraiment important
18:33cette question pour les Américains
18:34parce que ce qui est en jeu,
18:36c'est finalement
18:36les fondements
18:37de la démocratie américaine.
18:38Et on parlait
18:39des élections de mid-term,
18:40bien sûr,
18:41c'est là aussi
18:42un moment important
18:43et là,
18:43il ne pourra pas changer
18:44le calendrier.
18:45Mais qu'est-ce qu'il peut faire
18:46d'ici là ?
18:46Il peut changer
18:47la carte électorale.
18:48C'est ce qu'il fait régulièrement.
18:49On l'a vu en Floride,
18:51on l'a vu au Texas.
18:52D'ailleurs,
18:53les démocrates le font aussi,
18:54un peu de découpage
18:55à leur avantage.
18:57Tout le monde le fait.
18:58Mais Trump le fait,
18:59je dirais,
19:00de façon très efficace
19:01pour essayer de rétablir
19:03un petit peu
19:04une chance
19:04de gagner
19:05ces élections de mid-term.
19:06S'il arrive
19:07avec un accord
19:08avec l'Iran,
19:09je pense que sa cote
19:10de popularité
19:11qui est quand même
19:11très basse,
19:12l'une des plus basses
19:12de l'histoire
19:13dans un premier mandat
19:14ou même dans un deuxième mandat
19:15mais dans la première année
19:16du deuxième mandat,
19:17eh bien sa cote de popularité
19:18va remonter
19:19et en tout cas,
19:20chez ses partisans,
19:21elle va exploser.
19:23Elsa Vidal,
19:23ça c'est le scénario
19:24idéal pour Donald Trump.
19:26Oui, évidemment.
19:27Mais je dirais
19:29le paradoxe
19:31ou l'ironie
19:31et que c'est idéal
19:32pour nous aussi.
19:33En réalité,
19:33on aurait bien besoin
19:34du point de vue
19:35de la population française,
19:38des coûts à la consommation,
19:40de la perspective
19:41d'une inflation durable
19:42et d'une accumulation
19:43de cette inflation
19:45dans tout le système économique
19:47que les blocus
19:49du Détroit-Dormuz
19:50s'arrêtent
19:51et surtout que la diplomatie
19:52peut-être multilatérale
19:54puisse commencer.
19:55Et ça,
19:55c'est l'urgence
19:56pour tous désormais.
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