- il y a 6 minutes
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Les conséquences de cette guerre sur vous, on va vous donner ce soir les tout dernières infos sur ce que
00:04prépare le gouvernement
00:05comme nouvelles aides à propos du carburant, évidemment, conférence de presse attendue jeudi.
00:10Qui va être aidé ? On verra ça dans une seconde.
00:12Nous rejoignent Marc Toitier. Bonsoir Marc. Merci d'être l'économiste et conseiller chez Itoro.
00:17Olivier Babaud, bonsoir Olivier, essayiste et président de l'Institut Sapiens.
00:21Lisa Adeph, donc, les toutes dernières indiscrétions sur ce que doit annoncer cette semaine Sébastien Lecornu comme nouvelles aides.
00:28A priori, Sébastien Lecornu devrait annoncer de nouvelles mesures qui entreront en vigueur le 1er juin ou amplifier les aides
00:35déjà existantes.
00:36Je vous rappelle qu'à ce stade, il y a une indemnité de carburant de 50 euros pour environ 3
00:39millions de gros rouleurs.
00:41Ce sera peut-être plus après jeudi.
00:43Et des aides ciblées pour certaines professions, pêcheurs, transporteurs, agriculteurs, entreprises du BTP.
00:48Pareil, ce sera peut-être plus après les annonces de jeudi.
00:50Verdict donc jeudi en fin d'après-midi, si tout va bien.
00:53Si tout va bien. On a juste l'impression d'une chose Marc Toitier,
00:56c'est que le gouvernement est devenu champion du monde dans le fait de gagner du temps.
01:00Oui, c'est clair.
01:01On est au 80e jour de guerre.
01:02C'est ça, et puis surtout l'augmentation des prix qui étaient déjà là avant la guerre.
01:06Je le dis toujours, mais au mois de février de cette année, donc avant le choc pétrolier,
01:11les prix de la consommation avaient augmenté de 0,7% sur un mois.
01:13Là, il y a eu 3% de hausse en 3 mois.
01:16On va bientôt atteindre, je pense, 4 voire 5% d'inflation malheureusement.
01:19On a dit bon, peut-être le 1er juin on va voir ça.
01:21Et puis bon, ça reste quand même des usines à gaz.
01:23Alors qu'il faudrait, je pense, des mesures globales pour tous les Français,
01:27réduisant effectivement peut-être certaines taxes,
01:29mais en réduisant également certaines dépenses publiques,
01:31parce qu'il faut les financer, ces baisses de taxes.
01:33Donc on est quand même très très loin du lot.
01:34Et puis surtout, dans le même temps, le drame s'est aggravé pour l'économie française.
01:38C'est que le chômage est en train d'augmenter, est en train de flamber.
01:42On est à 8,1% au sens de ce qu'on appelle le bureau attentionnel du travail.
01:48Tout chômeur confondu, on est à 16,9% de taux de chômage.
01:51Donc évidemment, vous avez le chômage qui augmente, l'inflation qui augmente,
01:55ce qui fait baisser le pouvoir d'achat.
01:56Évidemment, ça n'arrange pas la situation.
01:58Des faillites d'entreprises sur des sommets historiques.
02:00Donc c'est-à-dire que le chômage va encore augmenter demain.
02:02Donc il y a quand même un décalage entre la réalité de l'économie française,
02:05encore une fois, ce sont les chiffres de l'INSEE, de la Banque de France.
02:08C'est des chiffres tout à fait réels.
02:10Et puis, ce que propose le gouvernement, on a encore eu hier,
02:13on a eu un petit débat interposé entre M. le ministre de l'économie et moi-même,
02:18sachant que je l'ai dit dans un journal, effectivement, ces chiffres sont réels.
02:22Et lui disait, non, non, la France, tout va bien en France, elle fait face,
02:25tout se passe bien dans le meilleur des mondes.
02:26Non, on ne peut pas.
02:27Je pense que là, il faut être optimiste, mais il faut être aussi réaliste.
02:30Je vous donne d'autres chiffres ce soir.
02:31Vous voyez s'afficher le prix notamment, le prix du baril qui est reparti à la hausse ces dernières heures.
02:39Et ce soir, qui est à la baisse, mais on tourne autour encore de 110 dollars,
02:43le prix du samplon 95, il n'a jamais été aussi haut.
02:47Le gasoil a un peu baissé, mais le prix du samplon 95 n'a jamais été aussi haut.
02:50On ne peut pas faire comme si ça n'existait pas, ces chiffres-là, Olivier Babot.
02:52Il va bien falloir aider à un moment donné, réellement aider, si je puis dire.
02:56Ce qui est vrai, c'est que le gouvernement essaie de gagner de l'argent,
02:57parce que là, vraiment, le temps, c'est de l'argent,
02:59parce que chaque semaine que vous gagnez, c'est des millions, des dizaines de millions,
03:03peut-être des centaines de millions.
03:03Vous êtes d'accord sur le fait que le gouvernement essaie de gagner du temps ?
03:06Oui, mais alors, le gouvernement est assez franc, parce que le ministre de l'Économie
03:09a quand même dit que le quoi qu'il en coûte, c'est terminé.
03:12Et là, je crois qu'ils ont été tout à fait honnêtes.
03:14Le problème de la France aujourd'hui, c'est que nous n'avons plus de marge de manœuvre.
03:18Pour avoir des marges de manœuvre substantielles, pour aider de façon générale,
03:22comme on rêverait de le faire l'ensemble des consommateurs,
03:24il faudra avoir des moyens que nous n'avons plus,
03:25que d'autres pays, comme l'Espagne, comme l'Italie, ont réussi à avoir.
03:30Mais nous, c'est absolument impossible.
03:31Nous sommes condamnés à des mesures extrêmement ciblées,
03:33dont il est très probable qu'elles ne satisfassent pas et qu'elles ne soient pas suffisantes,
03:37parce que le premier tour, c'est l'essence qui est la première des choses qui monte.
03:40Mais derrière, c'est tout ce qui est produit avec de l'énergie.
03:43Je vais vous apprendre un truc.
03:44Quasiment tout est produit avec de l'énergie.
03:45C'est-à-dire que les céréales, l'industrie, tout a besoin d'énergie.
03:51Les services aussi, même si c'est un tout petit peu moins.
03:54Mais vous avez un effet de deuxième tour, si vous voulez,
03:57qui va arriver dans un second temps plus longtemps,
03:59mais qui va être beaucoup plus vaste, beaucoup plus important.
04:02C'est quand, Olivier Babot ?
04:03Ça va dépendre, par exemple, l'augmentation du coût de l'essence pour l'agriculture.
04:09Vous avez à peu près un an, peut-être, de décalage,
04:13mais ça dépend des marchés.
04:14Les engrais, ça peut être très rapide.
04:17L'industrie lourde, ça peut être très rapide, l'industrie lourde,
04:20parce que vous êtes très consommateur d'énergie.
04:21Donc tout de suite, vous êtes obligé d'impacter vos prix.
04:24Et donc, par effet de résonance, ça arrive à toute l'économie.
04:27Et là, évidemment, il n'y a aucune aide ciblée.
04:30Il n'y a aucun chèque que le gouvernement peut sortir.
04:33Nous sommes totalement à l'os.
04:34Nous ne pouvons plus faire quoi que ce soit d'un point de vue budgétaire
04:37parce que le problème du budget 2027, qui va être discuté à l'automne,
04:41c'est qu'il va falloir essayer enfin de passer sous la barre des 5%.
04:44Ça va déjà être très difficile.
04:45Sauf si on baisse les dépenses publiques, parce qu'on l'oublie.
04:47Oui, mais Marc, on n'en rêve pas.
04:49Encore une fois, il faut une volonté politique.
04:51Aujourd'hui, c'est là le vrai enjeu.
04:52C'est-à-dire que quand on voit ces dépenses publiques de fonctionnement,
04:55je ne parle même pas du social, qui a augmenté de 106 milliards d'euros depuis 2021,
04:5924% de hausse.
05:01Aujourd'hui, on sait qu'on a tous ces ODAQ,
05:04l'organisation d'administration.
05:06Ah, ça, c'est votre marotte.
05:07C'est mon truc, ça.
05:07Parce qu'il y en a 700.
05:09Ça coûte 150 milliards d'euros.
05:11L'argent est là.
05:13Nous sommes, ne l'oublions pas, numéro 1 du monde des dépenses publiques.
05:16Il y a de la dépense publique.
05:18Donc, il faut peut-être réallouer, baisser certaines,
05:20peut-être réduire certains impôts, certaines taxes.
05:23Mais là, c'est clair que sinon, le déficit public va augmenter.
05:25Et un élément très important qui s'est produit ces derniers jours,
05:28c'est l'augmentation des taux d'intérêt.
05:30Et donc ça, bien sûr, ça concerne l'État,
05:31puisque ça va lui coûter plus cher pour financer sa dette,
05:35qu'à peu près 75 milliards d'euros cette année,
05:37après 65 milliards d'euros l'année dernière.
05:39Mais ça coûte aussi cher aux Français.
05:41Parce que tous les taux de crédit augmentent,
05:43ça veut dire pour les entreprises, pour les ménages,
05:45ce qui va donc alimenter encore une fois la récession.
05:48Le secteur de l'immobilier également va souffrir.
05:50Donc, c'est ça qui aujourd'hui est très dangereux.
05:51Alors, on va accueillir Jean-Christophe Repon.
05:53Bonsoir et merci d'être avec nous.
05:54Parce que la question que posait à l'instant Olivier Babot,
05:58c'était de savoir quand arriverait le deuxième tour,
06:01le troisième tour de cette inflation.
06:02C'est-à-dire que quand les hausses de prix de l'essence vont se répandre.
06:05Vous, vous représentez la Confédération de l'artisanat
06:07et des petites entreprises du bâtiment, la CAPEB justement.
06:11Et on a beaucoup d'artisans qui nous disent,
06:13qui nous envoient des messages en disant
06:14« Mais tous les jours, tous les jours,
06:15quand j'allume mon ordinateur le matin, quand j'arrive au boulot,
06:18j'ai des mails qui tombent avec des fournisseurs qui nous disent
06:20« Ben voilà, aujourd'hui, c'est plus 10% sur les tuiles,
06:22c'est plus 15% sur le parpaing, sur le ciment, etc. »
06:28Quelle hausse vous êtes en train d'encaisser, si je puis dire,
06:31vous dans votre domaine ?
06:32On a déjà commencé depuis plus d'un mois et demi à encaisser des hausses
06:36de 5 à 20% d'augmentation.
06:39Et je rappelle juste aussi que nous, nous avons déjà vécu
06:42la hausse de l'énergie et la guerre ukrainienne
06:44où nous avons pris 30% d'augmentation des matériaux
06:47et qui fait que du coup, l'artisan du bâtiment, la TPE,
06:52les artisans sur l'ensemble du territoire,
06:53ont une baisse d'activité depuis plus de deux ans et demi
06:55et que nous sommes en crise depuis plus de deux ans et demi.
06:58Nous sommes en récession, vous parlez de chômage,
07:00nous avons détruit 30 à 40 000 emplois en deux ans et demi
07:04et nous prenons en plus maintenant cette hausse des matériaux
07:07qui va aller de 5 à 20%.
07:09Elle est sûrement majoritairement réaliste et objective
07:13mais elle fait que nos carnets de commandes baissent
07:16et que le pouvoir d'achat des particuliers est plus difficile
07:19pour pouvoir engager des travaux de rénovation dans ce qui l'en suit.
07:23Donc c'est pour ça que nous, on a proposé...
07:24Mais juste une chose, pardon, vous dites que ces hausses sont justifiées
07:26parce qu'on a vu que l'autorité de la concurrence allait regarder un peu
07:29ce qui se passe du côté des contrats
07:30pour voir si toutes les hausses qui sont réclamées,
07:33notamment par les fournisseurs, sont justifiées
07:36et peuvent être reliées d'une manière ou d'une autre
07:37à ce qui se passe du côté du détroit d'Hormuz.
07:39Depuis la guerre d'Ukraine et la hausse de l'énergie en 2022,
07:44on a demandé, nous, d'avoir un observatoire
07:46qui permettait de comprendre mieux l'augmentation des prix des matériaux
07:49et des fabricants, des revendeurs, des distributeurs
07:52et qu'on comprenne bien ce à quoi est due l'augmentation de l'énergie.
07:56Comme le disait tout à l'heure votre chroniqueur,
07:59c'était vrai que l'énergie, le pétrole, est dans tous les composants du prix.
08:04Et donc nous, on veut avoir juste un observatoire
08:06qui nous permette d'avoir la réalité de l'augmentation des prix.
08:09Et là, on a vu qu'on a augmenté très rapidement
08:11dès 15 jours après le début de la guerre du Moyen-Orient
08:15de 5 à 10 % et maintenant 20-25 % sur les prix.
08:19Donc nous, on veut juste que la filière dans son ensemble
08:22soit responsable et qu'elle permette toujours de l'activité.
08:25Et c'est ce qui pose problème.
08:27Et c'est pour ça qu'on a proposé, nous, au Premier ministre,
08:28et on sait très bien que les finances publiques ne méritent pas,
08:31ne portent pas la capacité du quoi qu'il en coûte.
08:35Donc on est très respectueux du déficit français.
08:39Et donc on a proposé de baisser la TVA sur la rénovation
08:43pour redonner 5 points d'activité aux particuliers ici.
08:48– Il y a plusieurs choses dans Christophe Ropon.
08:49Juste une chose, Olivier Babaud, là, quand M. Rompon nous dit
08:52en gros, 15 jours après le début de la guerre, on avait déjà des hausses,
08:56certains en profitent.
08:57– C'est possible.
08:59– C'est tout ce que j'arriverais à arracher aujourd'hui à Olivier Babaud.
09:02– Non mais ça n'est pas sans exemple, en particulier dans la grande distribution.
09:04On sait que quand tout le monde s'attend à des hausses de prix,
09:07d'ailleurs il y a des gens qui me l'ont dit en privé,
09:09vous vous rendez compte que vous pouvez passer des négociations
09:11beaucoup plus facilement, ça c'est Noël tout d'un coup.
09:14On vous prend là où d'habitude on vous pinaille
09:15sur le moindre dixième d'augmentation,
09:17là tout d'un coup on passe parce qu'on s'y attendait.
09:19Et c'est vrai qu'il y a des entreprises qui se refont un peu de marge.
09:22Et c'est là que c'est intéressant de dire
09:23que malheureusement nous ne sommes pas,
09:25toutes les entreprises ne sont pas à égalité vis-à-vis de cette inflation.
09:27– Pourquoi ?
09:28– Quand vous êtes par exemple dans le domaine du BTP,
09:29vous êtes très en concurrence,
09:31vos clients n'ont pas de capacité de solvabilité tellement plus grande,
09:34vous ne pouvez pas augmenter énormément votre prix.
09:35Et puis vous avez deux effets,
09:36non seulement vous avez l'énergie,
09:37mais il faut rappeler qu'il y a un effet terrible.
09:39On va augmenter le SMIC mécaniquement
09:41puisqu'ils vont indexer sur l'inflation de 2,4% pour suivre l'inflation.
09:45Ça veut dire que vos salariés au salaire minimum,
09:48par définition, ils vont être augmentés.
09:49C'est-à-dire que vous allez avoir une autre pression sur vos charges.
09:51– Pardon, si je me place du côté du salarié,
09:53ça veut dire qu'on va absorber l'inflation, une partie de l'inflation.
09:55– Il y a les entreprises, pour le dire d'une autre façon,
09:57qui ont la capacité d'absorber en augmentant leur prix
10:00et donc de reconstituer leur marge.
10:02Et il y en a d'autres, malheureusement beaucoup,
10:04qui n'ont pas du tout cette capacité.
10:05Et pour elles, ça peut être qu'elles ont déjà des rentabilités
10:07qui sont très faibles, ça peut être des moments très difficiles.
10:09– Oui, par contre, attention, parce que quand effectivement
10:12les prix vont trop loin, quand l'inflation va trop loin,
10:14effectivement, il faut rappeler que cette inflation,
10:16il y a eu deux chocs inflationnistes.
10:18D'abord en 2021 et aujourd'hui, si on prend l'énergie,
10:21depuis 2021, plus 56%, l'alimentation, plus 25%.
10:26Par contre, c'est la règle de l'offre et la demande.
10:28C'est-à-dire que quand les prix vont trop loin,
10:29malheureusement, tout le monde va perdre à la fin.
10:31Parce que la demande va inévitablement baisser.
10:33Et donc, il y aura une baisse de l'activité,
10:35donc une hausse du chômage, donc encore moins de revenus.
10:37Vous voyez, c'est un cercle vicieux extrêmement dangereux.
10:39Donc, il faut vite l'arrêter.
10:41Sinon, la France qui est quasiment déjà en récession,
10:44ça va encore s'aggraver.
10:44– Oui, mais quand vous entendez les artistes du BTP
10:46qui nous disent, il faut baisser la TVA, par exemple.
10:48– En tout cas, il faut aujourd'hui, encore une fois,
10:52il faut que ce soit très percuté, la baisse de la TVA.
10:54Moi, je pense qu'il faut baisser effectivement
10:56plus des taxes, par exemple, sur l'essence,
10:58voire certains impôts.
11:00Mais pour ce faire, évidemment, il faut réduire
11:02certaines dépenses publiques.
11:03Sinon, on n'y arrivera pas.
11:04Nous sommes déjà numéro 1 quasiment de la zone euro
11:06en termes de déficit public.
11:07Donc, ça va être encore plus grave demain.
11:08Donc, les taux d'intérêt vont encore augmenter.
11:10Vous voyez, c'est le cercle perniciel là aussi.
11:11Donc, voilà, nous payons, il faut le dire,
11:13les erreurs des gouvernements précédents
11:16pendant des années où on a justement
11:18laissé filer les comptes publics.
11:19On a dépensé n'importe comment les données publiques
11:21qui sont, je vous le rappelle, nos impôts.
11:23Ne l'oublions pas.
11:24Et donc, aujourd'hui, on a besoin justement
11:25de soutenir la machine.
11:26Là, il n'y a plus personne.
11:27Voilà, nous payons ces erreurs.
11:28– Olivier.
11:29– La baisse de la TVA, oui, évidemment,
11:30c'est extrêmement tentant.
11:31D'ailleurs, on aurait pu dire,
11:32il faut toujours rappeler,
11:33à peu près 50% du prix à la pompe,
11:35c'est pour l'État en réalité,
11:37avec même, d'ailleurs, il faut le dire aussi,
11:39des taxes sur les taxes.
11:40– Des taxes sur les taxes.
11:40– TVA sur la taxe.
11:42Ça, c'est le génie français,
11:43exactement comme la CSG non déductible
11:44qui revient à payer deux fois.
11:45Mais enfin bon, ça, c'est le génie
11:47de l'invention de Bercy.
11:49Oui, on pourrait, dans l'absolu,
11:50si on avait les moyens,
11:51on pourrait essayer de faire cet État Hédredon
11:54qui se rêve un peu Hédredon depuis longtemps,
11:55mais qui n'en a plus les moyens en réalité
11:57parce qu'une baisse de TVA,
11:58un point de TVA,
11:59c'est entre 8 et 10 milliards,
12:00à taux plein.
12:018 et 10 milliards par les temps qui courent,
12:03c'est énorme.
12:04Nous ne pouvons absolument pas,
12:05on les charge désespérément déjà.
12:07– Donc vous dites pardon
12:08à ceux qui nous regardent ce soir,
12:09par exemple sur le carburant,
12:10on attend jeudi normalement
12:11des annonces du Premier ministre,
12:12ne vous attendez pas…
12:14– Ça ne sera pas Noël au mois de mai.
12:15– À Las Vegas.
12:15– Non, ça ne sera pas Noël au mois de mai.
12:17Ça, il n'y a absolument aucune chance.
12:18Ça va être le plus limité possible
12:19avec un grand débat sur
12:21quelles sont les professions
12:22qui sont vraiment des gros rouleurs,
12:23qui sont les professions
12:24qui sont touchées,
12:24ces BTP jusqu'à où ?
12:26Parce que quand vous ouvrez,
12:27c'est un peu comme pour les emplois pénibles,
12:28quand vous ouvrez la porte,
12:30tout le monde va pouvoir avoir…
12:32Tout le monde dit
12:33bah oui, moi j'en ai besoin
12:34pour travailler,
12:35on est intensif,
12:35on se déplace beaucoup
12:36et pourquoi pas,
12:37je ne sais pas quoi,
12:37les VRP,
12:38ils se déplacent beaucoup.
12:39Tout le monde a une très bonne raison
12:40de dire moi je suis prioritaire,
12:42il va falloir que l'État
12:42probablement va mettre
12:43des limites extrêmement importantes.
12:45– C'est pour ça
12:46qu'il faut une mesure globale je pense
12:47et moi je pense que l'État
12:49a les moyens,
12:49encore une fois l'argent est là,
12:50simplement il n'y a pas
12:51de volonté politique.
12:52– Il n'y a pas de légitimité politique
12:53pour faire passer
12:54une baisse des dépenses.
12:55– Il n'y a pas de volonté politique,
12:56il n'y a pas de légitimité aussi
12:56mais on n'a plus le choix,
12:58tous les pays au monde l'ont fait.
13:00Je rappelle que nous sommes
13:00numéro 1 du monde
13:01des dépenses publiques,
13:02numéro 1 du monde des impôts.
13:03Donc c'est évident
13:03qu'il faut réduire
13:04ces deux agrégats
13:06si on veut relancer
13:07l'économie française.
13:07Mais c'est clair que
13:08je n'attends rien malheureusement
13:09de ce gouvernement.
13:10– Il ne se passera rien
13:11avant juin, juillet 2027.
13:13– Alors, si on a quelque chose
13:14d'ici là, on verra bien.
13:15Mais c'est ça qui est dramatique.
13:16Moi je pense que vis-à-vis
13:18des Français aujourd'hui,
13:19c'est un vrai manque de respect
13:20pour ne pas dire du mépris
13:21parce qu'ils souffrent les Français.
13:22On parlait des entreprises,
13:23certaines peut-être
13:24font des marges
13:24mais nous avons des records
13:26historiques de faillites
13:27d'entreprises
13:27aujourd'hui en France.
13:29Des petites entreprises,
13:30des moyennes entreprises
13:30et même des grandes entreprises.
13:32Je veux dire derrière,
13:33des milliers d'emplois
13:34qui vont disparaître.
13:35Donc encore un chômage
13:36qui va augmenter.
13:37Donc voilà,
13:38il faut aujourd'hui justement
13:40prendre le poids par les comptes
13:40sinon il y a un danger.
13:42C'est une crise sociale
13:43et sociétale.
13:44Parce que tôt ou tard,
13:45les Français vont bien se réveiller.
13:46Par contre,
13:46jusqu'en 2027,
13:47attend jusqu'en 2027,
13:48je sais, c'est ce que veut
13:49le gouvernement
13:49mais est-ce qu'on va pouvoir
13:50attendre jusqu'en 2027
13:51si ça continue comme ça ?
13:52– On voyait,
13:54on voit toujours
13:55dans les stations-service
13:55Total Energy
13:56qui reprend pour ce week-end
13:57lundi de Pentecôte,
13:58on le rappelle,
13:58lundi férié,
13:59la semaine prochaine,
14:00son blocage des prix.
14:01L'essence à 1,99€,
14:02le diesel à 2,09€.
14:04Ça veut dire qu'en fait,
14:05on délègue
14:06une espèce de blocage
14:07des prix
14:07uniquement dans les stations
14:08Total.
14:09Le gouvernement,
14:09comment dire,
14:10s'accommode de ça,
14:11c'est tout ce qu'il peut faire
14:11d'une certaine manière ?
14:12Là, pour le coup,
14:13ça ne coûte pas grand-chose.
14:14– On est déjà bien contents.
14:15Certains même étaient tentés
14:17d'essayer de faire de Total
14:18le grand méchant de l'histoire.
14:19Alors qu'en toute objectivité,
14:21c'est quand même
14:21les seuls à faire ça.
14:22C'est le seul pays
14:23où ils le font.
14:24C'est la seule entreprise
14:25qui le fait.
14:26C'est en France
14:27avec quelque chose
14:28qui leur coûte honnêtement
14:28de l'argent.
14:29Encore une fois,
14:30la plupart de ce que vous payez
14:31à la pompe,
14:32c'est déjà pour l'État.
14:34Et en effet,
14:34si l'État avait mis
14:35de l'ordre dans sa maison,
14:36– Oui, mais on va vous dire
14:36que malgré tout,
14:37il y a 5 milliards de profit
14:38au premier trimestre.
14:39– Oui, alors c'est toujours
14:40le même débat,
14:41comme on le sait.
14:41– Ils ne sont pas faits ici.
14:42– Sur la distribution,
14:43c'est très perdant.
14:44En revanche, c'est vrai
14:44que les concurrentes…
14:45– Vous les retenez,
14:47les concurrentes totales…
14:48– Oui, on commence
14:49à avoir compris le drill maintenant,
14:50mais les concurrentes totales
14:51sont un peu fondées
14:52à dire, quand même,
14:53c'est une forme
14:53de concurrence déloyale,
14:55on interdit de vente à perte,
14:56théoriquement,
14:57alors ce n'est pas vraiment
14:57de la vente à perte,
14:58mais enfin, en tout cas,
14:59d'un point de vue commercial,
15:00c'est quelque chose
15:01qui est notable
15:02pour les concurrents.
15:04Enfin, on ne peut pas
15:04critiquer totales
15:05sur cette affaire-là,
15:06c'est quelque chose
15:07qui aide objectivement
15:08beaucoup de Français,
15:09et c'est un effort
15:10qui n'est pas négligeable.
15:12– C'est incroyable.
15:12– Elsa Vidal, Elsa Vidal.
15:13– J'ai une question
15:13pour vous deux.
15:15En 2018,
15:16avec les Gilets jaunes,
15:17on était face
15:18à une hausse des carburants
15:19qui était bien plus modérée
15:21que celle-ci.
15:22On a vu quand même
15:23un embrasement
15:23et une mobilisation
15:24quasi générale du pays
15:26pendant de nombreuses semaines.
15:28Pourquoi, selon vous,
15:29quel mécanisme entre en jeu
15:31à l'heure actuelle
15:32pour expliquer
15:32qu'il n'y ait pas
15:34justement de mouvement social
15:35qu'il se soit déjà engagé ?
15:38– Je pense qu'il y a une question
15:40pour les Gilets jaunes
15:41de conjonction,
15:42à un moment donné,
15:43des mécontentements
15:44qui font qu'une allumette
15:46met le feu.
15:47Vous avez aussi
15:48une forme de ressenti
15:49qui n'est pas forcément
15:49le même
15:49en fonction de ce que
15:50vous avez déjà vécu.
15:52Les choses peuvent
15:53s'accumuler aussi
15:54au bout d'un moment
15:55et créer plus facilement
15:56quelque chose
15:57qui va être de l'ordre
15:58de la réaction.
15:59Et donc,
15:59ça n'est pas tout à fait
16:00aussi rationnel
16:01que le même pourcentage
16:02qui provoque
16:02le même soulèvement.
16:04Mais enfin,
16:04on n'est pas à l'abri,
16:05comme le disait Marc,
16:06d'autant plus que la situation
16:07économique avec une croissance nulle,
16:09si elle n'est pas négative,
16:11va être de plus en plus difficile.
16:12Une forme de ce qu'on appelle
16:13de stagflation,
16:14quelque chose
16:14qu'on avait déjà vue
16:15au moment des premiers
16:15chocs pétroliers,
16:16c'est-à-dire le pire des cas.
16:17Normalement,
16:18quand on a de l'inflation,
16:19on a plutôt de la croissance
16:20et on a plutôt de l'emploi.
16:22mais pas de croissance.
16:23La inflation
16:23mais pas de croissance.
16:24C'est double peine.
16:25Baisse du PIB.
16:26Donc là, c'est la double peine.
16:27Je pense que la clé,
16:28ça va être le chômage.
16:29C'est-à-dire qu'effectivement,
16:30par rapport aux Gilets jaunes,
16:30justement,
16:31il y avait à ce moment-là
16:32des mesures qui avaient été
16:33prises par le gouvernement.
16:34Là, ce n'est pas vraiment
16:34des mesures,
16:35ou du moins,
16:35c'est des non-mesures
16:36qui n'ont pas été prises.
16:38C'est un mouvement global.
16:39Par contre,
16:40le chômage avait tendance
16:41à baisser.
16:42Là, il est en train
16:42de repartir très fortement
16:44à la hausse.
16:44Donc, c'est ça
16:45qui, je pense,
16:45à la fin.
16:46S'il n'y a pas un minimum
16:47de respiration des Français,
16:48un minimum de soutien,
16:49d'aide,
16:50ne serait-ce que verbale,
16:51qu'on arrête de les mépriser
16:52en leur disant
16:52« mais non, tout va bien,
16:53tout va bien se passer ».
16:54C'est ça qui, à mon avis,
16:55peut être la goutte d'eau
16:56qui fait déborder le vase.
16:57Parfois, on entend dire
16:58qu'il y a une forme de résignation
16:59ou de crainte de l'avenir.
17:00Oui, mais c'est le cas.
17:02Mais justement,
17:02si on n'a rien à perdre,
17:03après, évidemment,
17:04et ce sera le chômage
17:05qui sera la clé.
17:06Parce que quand là,
17:06on a 8,1%,
17:08je pense qu'on sera
17:09malheureusement
17:09à 9% de taux de chômage
17:10assez rapidement en France.
17:12Là, ça peut évidemment
17:13craquer avec un taux de chômage
17:14des moins de 25 ans
17:15de plus de 21%.
17:16Ne l'oublions pas.
17:19Vous faites les mêmes prévisions
17:20que Marc Toiti ?
17:21C'est-à-dire une fin d'année
17:24apocalyptique,
17:25mais on n'est pas loin
17:25dans le discours de Marc Toiti,
17:27c'est-à-dire une inflation
17:28à 4-5%,
17:28un chômage qui arrive
17:29autour de 9% ?
17:30Je pense que l'inflation
17:31sera un peu inférieure,
17:32en tout cas.
17:33Je l'espère,
17:33mais je le pense aussi.
17:34Tout va évidemment dépendre
17:35de l'évolution du conflit
17:36et ça, c'est très difficile
17:37à prévoir.
17:38Et on va en parler
17:38dans une seconde.
17:39La situation sera extrêmement difficile,
17:40c'est tout à fait vrai.
17:40Il faut dire que le gouvernement
17:41est dans son rôle
17:42quand il est un peu
17:42dans la méthode Coué
17:43parce qu'ils savent
17:43que les déclarations
17:44ont un côté un peu
17:45une prophétie autoréalisatrice.
17:47Donc, vous avez intérêt
17:48à prétendre que tout va bien,
17:49que tout est sous contrôle
17:50parce que si par malheur
17:53vous soutenez le contraire,
17:54vous accéléreriez la crise.
17:56Mais enfin,
17:57nous qui sommes indépendants,
17:58c'est notre devoir
17:59de dire que la situation
18:00n'encourage pas vraiment
18:01à l'optimiste.
18:02Merci à tous les deux.
18:03Dire la vérité
18:03juste pour le gouvernement,
18:04même si c'est un gouvernement,
18:05on doit dire la vérité aux Français
18:06parce que quand après
18:07on est face à la réalité,
18:08alors là,
18:09ça risque justement
18:09de faire des déclenchements
18:11type gilet jaune.
18:13Merci Marc Toiti,
18:14merci Elie Babaud
18:15d'avoir été avec nous en direct.
18:16Merci également
18:16à Jean-Christophe Repon
18:17qui était à distance avec nous.
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