- il y a 10 heures
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00De retour en direct avec vous sur BFM TV. Dans un instant, Donald Trump est-il sur le point de
00:05relancer les frappes contre l'Iran et de stopper le cessez-le-feu ?
00:09On va peut-être devoir le faire. Voilà ce que déclare ce soir le président américain.
00:13Briefing à la Maison-Blanche avec les plus hauts gradés de l'armée américaine.
00:16On vous détaillera notamment le plan possible présenté au président américain.
00:20Mais juste avant, et c'est une conséquence directe de cette guerre, la douche froide aujourd'hui pour l'économie
00:25française.
00:26Plus de croissance et une inflation qui augmente. On va notamment parler avec vous, Eric Coquerel.
00:30Bonsoir, merci d'être là. Député pour la France Insoumise, avec Marc Totti qui nous rejoint.
00:35Bonsoir, mon cher Marc. Je reprends. Économie, c'est e-taureau. Voilà, je cherchais le e-taureau.
00:41Amélie Rosic nous a rejoint également. Mais d'abord, Lisa, je viens avec vous sur les différents indicateurs économiques qui
00:48ont été dévoilés aujourd'hui.
00:50Et clairement, c'est pas bon.
00:51Oui, on va commencer par le prix du baril de Brent qui atteignait hier, on vous l'annonçait ici, les
00:55120 dollars.
00:56Son niveau le plus haut jamais atteint depuis 2022. Ce soir, le baril est à 114 dollars.
01:01Donc ça monte, ça redescend, mais c'est toujours extrêmement élevé.
01:04Autre indicateur, évidemment, la croissance à zéro.
01:07Le produit intérieur brut, c'est-à-dire la totalité des richesses produites par le pays, est resté stable au
01:11premier trimestre de cette année 2026 par rapport au trimestre précédent.
01:14La Banque de France prévoyait 0,3, finalement, c'est zéro. Et tout ça va de pair avec l'inflation,
01:202,2% d'inflation, une hausse des prix, expliquée évidemment en grande partie par l'afflambée des prix de
01:26l'énergie et du carburant, plus de 2 euros le litre.
01:28Donc forcément, ça se ressent dans le portefeuille et sur les dépenses.
01:31Éric Coquerel, on parlera tout spécifiquement du carburant dans un instant, mais que vous entendez ce soir, plus de croissance
01:35en France, on est à zéro, une inflation qui augmente de 2.
01:39Quelles mesures d'urgence est-ce qu'il faut prendre tout de suite ?
01:42Surtout pas les mesures que compte prendre le gouvernement, c'est-à-dire de baisser encore plus les dépenses publiques,
01:48tout simplement parce que ça va avoir un effet récessif sur l'économie.
01:51Et puis, il faut prendre très rapidement des mesures. Je parle du carburant, parce que tout part de là quand
01:56même au départ, pour bloquer les prix.
01:58Parce que tant que vous ne bloquez pas les prix, c'est-à-dire tant qu'en gros, à la
02:02pompe, les Français payent le carburant beaucoup plus cher qu'il y a quelques mois, c'est autant d'argent
02:07qu'ils ne vont pas dépenser ailleurs.
02:09Et donc, vous avez un effet récessif garanti. Donc, il faut prendre des mesures d'urgence. Je ne sais pas
02:14pour l'instant ce que permet les décrets qui existent, les mesures provisoires.
02:19Mais il faut les prendre, parce que plus on tarde, plus quelque part la situation va s'entraîner.
02:23Moi, j'étais la semaine dernière, vous savez, il y a eu un comité d'alerte. Le gouvernement nous a
02:29présenté un plan.
02:30Et j'ai dit moi-même qu'il me paraissait optimiste. Ça induisait 6 milliards de déficit en plus. Donc,
02:40voilà les mesures.
02:40Il y a une autre mesure qu'il faut prendre. Je l'ai dit tout de suite, on l'a
02:42peu dit. Sur les 6 milliards, vous avez 3,6 milliards qui sont l'augmentation des taux d'intérêt.
02:46Alors, les 6 milliards, c'est ce que va coûter, en tout cas pour l'instant, la guerre aux finances
02:53de l'État.
02:53Voilà. Avant ces chiffres.
02:54Dans les 6 milliards, il y a plus de la moitié qui vient de la hausse des taux d'intérêt.
02:563,6 milliards de taux d'intérêt qui sont donc d'extériorité. Ce n'est pas le poids de nos
03:00dettes est haute, c'est l'extériorité.
03:01Moi, je pense que la France devrait très vite prendre l'initiative vis-à-vis de Bruxelles pour essayer de
03:06faire en sorte que la BCE fasse ce qu'elle a fait pour le Covid.
03:09C'est-à-dire accepte de prêter directement aux États de façon à relâcher la pression des marchés par rapport
03:14à ça.
03:14Voilà. On m'a répondu en disant mais non, on n'en a pas besoin.
03:18Pardon, le ministre m'a dit ah mais non, parce que la dette, ce n'est pas si terrible.
03:21Je l'ai gardé, ça, pour le jour où on va nous recevoir.
03:23Il a dit ça, vraiment ?
03:26Incroyable !
03:26Je vous propose, je vous envoie la vidéo.
03:29Je lui ai même dit ça, figurez-vous, ça, je vais le garder.
03:33Parce qu'en gros, la dette n'est pas assez suffisamment terrible pour qu'on fasse ça.
03:37Moi, je pense qu'il ne faut pas attendre pour le faire vite, pour justement qu'on ne soit pas
03:41soumis à la pression des marchés.
03:42Vous parlez d'initiatives européennes sur la question de la dette et des intérêts.
03:46Est-ce que vous regrettez qu'il n'y ait pas eu d'initiative européenne sur la question du blocage
03:50des prix ?
03:51Je pense notamment aux cinq pays dont l'Allemagne, l'Italie, à laquelle la France n'a pas participé,
03:56qui ont envoyé cette lettre à la Commission européenne pour lui dire,
03:59voilà, sur la question des super profits des entreprises, des raffineries, des raffineurs,
04:03notamment Total Energy, il faut qu'on soit en capacité d'avoir un cadre juridique européen pour soit encadrer,
04:11ça, vous le regrettez ?
04:12Ça serait une autre Europe, une Europe qui puisse prendre des décisions de ce type-là,
04:18ça serait une autre Europe.
04:19Voilà, l'Europe, on sait qu'elle ne peut pas prendre ses décisions,
04:21donc ce que je crois que la France devrait faire, vous venez de le dire,
04:24c'est encourageant parce qu'il y a plusieurs pays qui sont prêts à prendre ce genre d'initiative, d
04:28'accord ?
04:29Peut-être c'est de se rapprocher de ces pays et de le faire déjà ensemble,
04:32parce que ça donnerait plus de poids.
04:34Bon, là, il y a de quoi faire.
04:36On l'a fait en 90, je rappelle, on a bloqué les prix,
04:39on a bloqué les marges des raffineurs producteurs,
04:41et Total, il se trouve que, c'est peut-être l'autre sujet,
04:43mais Total vient de faire 5 milliards d'euros de bénéfices,
04:46plus 51% par rapport à la même période l'an dernier,
04:49ils ont peut-être de quoi un peu payer.
04:51Alors, on va parler de Total et du carburant dans un instant,
04:53mais d'abord, Marc Toiti, Éric Coquerel dit ce soir,
04:55première chose à faire, surtout, il ne faut pas tailler dans les dépenses publiques.
04:58Je pense que vous êtes prêts de vous évanouir.
05:00Alors, déjà, juste, non, non, pas du tout, il m'en faut pas m'évanouir.
05:03D'ailleurs, juste pour revenir sur les chiffres que vous avez évoqués,
05:06qui sont incroyables, alors c'est vrai que c'est le chiffre global,
05:08on dit 0, en fait c'est moins 0,01%, mais sur la baisse du PIB,
05:11la baisser, c'est-à-dire que, comment voir,
05:13une autre baisse du PIB au deuxième trimestre,
05:15deux trimestres consécutifs, c'est une récession,
05:17et puis c'est une technique de récession.
05:18Mais ce qu'il faut savoir, c'est qu'au premier trimestre,
05:21qu'est-ce qui a soutenu la croissance ?
05:22C'est incroyable, la formation de stocks.
05:24C'est-à-dire qu'en fait, beaucoup d'entreprises,
05:25de manière préventive, par rapport à la hausse des coûts de production,
05:30du pétrole, etc., les stocks ont explosé.
05:32Ce qui veut dire que, tenez-vous bien ce chiffre,
05:34il n'est incroyable, personne ne l'a évoqué.
05:35Hors stocks, donc un élément un petit peu artificiel,
05:38le PIB français, au premier trimestre 2026,
05:42a baissé de 0,8%.
05:44Mais on avait eu le même système, d'ailleurs,
05:45au moment des droits de douane de Donald Trump,
05:47où en fait, on avait fait des stocks,
05:49ça descendait du vin, des deux...
05:50Mais c'est ça qui est dramatique,
05:51c'est que même l'année dernière, quand on vous dit,
05:53l'année dernière, on a eu 0,9% de croissance,
05:55hors stocks, on a eu seulement 0,1%.
05:56Donc c'est une croissance complètement artificielle.
05:59Idem, il y a deux jours, on a eu le chômage.
06:01Ça aussi, c'est incroyable.
06:03Chômage, donc les inscrits à France Travail.
06:06Donc tout le monde a titré, les journalistes,
06:08un peu tout le monde, en disant,
06:09oui, ça a baissé sur le trimestre.
06:10Sauf qu'au mois de mars, ça a explosé de 1,1%.
06:14Quand vous regardez les chômeurs de catégorie ABC,
06:17sans rentrer dans le détail,
06:18on est sur un plus haut depuis octobre 2019.
06:21Personne n'en a parlé.
06:22C'est ça la situation dramatique de la France aujourd'hui.
06:25Alors juste une chose, Marc.
06:26Ce que l'on voit ce soir,
06:28est-ce que c'est une réalisation,
06:29voire une anticipation du scénario toiti ?
06:32C'est-à-dire qu'on vous avait reçu la semaine dernière,
06:33on vous disait, en fait, d'ici la fin de l'année,
06:35on sera à 4% d'inflation.
06:37Et là, l'économie française va être dans de beaux draps,
06:39si je puis dire.
06:40Malheureusement, si vous voulez,
06:41j'avais déjà fait cette prévision il y a quelques semaines,
06:43mais c'est vrai que ça se confirme.
06:44Et je pense que, j'avais dit ça peu tôt, à l'automne,
06:46ça risque d'arriver avant.
06:47Parce qu'aujourd'hui, si on prend les chiffres de l'inflation,
06:49donc aux normes européennes,
06:51on est déjà à 2,5% d'inflation.
06:53Donc j'ai fait un scénario très simple.
06:55Je prends juste une petite augmentation de 0,2% par mois,
06:58et très vite, on va arriver à 4%.
07:00Et c'est ça qui est dramatique.
07:01Parce que, là encore, on parle de l'inflation,
07:03mais c'est une moyenne.
07:03On ne vit pas avec des moyennes.
07:05Quand vous prenez depuis 2021,
07:07parce que c'est ça aussi qui est très dramatique pour les Français,
07:09c'est que ce n'est pas juste un choc pétrolier,
07:11c'est deux chocs inflationnistes successifs.
07:14Un en 2021-2023, l'autre aujourd'hui.
07:17Ce qui veut dire que,
07:17quand vous prenez l'augmentation des prix depuis 2021,
07:21énergie, on dépasse les 50% de hausse,
07:23sur les prix à la consommation, en France.
07:25Et sur l'alimentaire, on dépasse les 25% de hausse.
07:28Donc évidemment, les salaires n'ont pas augmenté
07:30à l'aune de cette augmentation des prix.
07:32Juste pour répondre à votre question quand même sur la dépense publique,
07:35évidemment qu'il ne faut pas baisser les dépenses publiques
07:37qui soutiennent l'activité.
07:38Quand on voit que par contre, les dépenses de fonctionnement
07:40ont augmenté de 106 milliards d'euros
07:42depuis 2021, en France.
07:44Toute la puissance publique confondue,
07:45ça veut dire 24% de hausse.
07:47Quand vous regardez les dépenses sociales,
07:49sur la même période, elles ont fait 15% de hausse.
07:52Donc c'est ça qui ne colle pas.
07:52Vous vous dites que c'est trop.
07:53Évidemment, on ne peut pas augmenter les dépenses de fonctionnement
07:55de 106 milliards d'euros,
07:56alors qu'on a besoin effectivement
07:58de soutenir l'activité économique.
08:00Moi, je suis justement, juste pour terminer,
08:01pour une baisse des taxes qui pèsent sur l'essence,
08:05avec évidemment une réduction des dépenses,
08:06notamment de fonctionnement.
08:07Éric Coquerel.
08:08Les dépenses publiques dans le pays,
08:10elles ont baissé depuis 2017.
08:13C'est les chiffres.
08:14Elles ont baissé de 0,5 points par rapport au PIB.
08:17C'est la seule comparaison qu'il faut faire.
08:18Les histoires de valeurs,
08:19c'est comme la charge de la dette,
08:21vous donnez des chiffres,
08:22il faut toujours regarder par rapport à la richesse produite.
08:24Par rapport à la richesse produite,
08:26ce qui est vrai depuis 2017,
08:27c'est que les recettes ont baissé de 2 points,
08:292,5 points même,
08:30c'est-à-dire que,
08:31notamment par rapport aux cadeaux fiscaux
08:32qui ont été faits aux ultra-riches,
08:34ce qui est propre du macronisme,
08:35c'est de l'argent qui nous manque,
08:37environ 100 milliards d'euros désormais par an.
08:39Et les dépenses publiques,
08:40contrairement à ce qui est dit,
08:41ont baissé en réalité,
08:42c'est-à-dire qu'elles représentent 0,5% de moins.
08:45– Je termine,
08:46parce que ça a augmenté,
08:47autour de 2020,
08:48ça augmente,
08:48on sera à 58%.
08:49– Oui, mais bon,
08:50ça augmente quand même.
08:51– Alors attendez,
08:51je reviens là-dessus Marc.
08:52Cette année,
08:53vous avez raison de dire
08:54qu'il y a une augmentation par rapport à la dernière.
08:55Mais sur la tendance longue depuis 2017,
08:57ce n'est pas vrai,
08:58elles ont baissé très légèrement,
09:00mais elles ont baissé.
09:01Par contre,
09:01les recettes ont baissé beaucoup,
09:02ce qui me fait dire que,
09:04moi,
09:04je ne suis pas d'accord
09:05quand on crée des déficits
09:06parce qu'on fait des cadeaux fiscaux,
09:07en réalité,
09:08à des personnes qui,
09:09à quelques milliers,
09:10ça me paraît peut-être incroyable
09:11à tout le monde tourner la table,
09:12mais c'est la réalité du macronisme,
09:14à quelques milliers
09:15privent l'État
09:16et l'économie française
09:17de plusieurs dizaines
09:18de milliards de rentrées.
09:19Bon,
09:19ça,
09:19c'est un problème.
09:20Juste par rapport
09:21aux dépenses publiques,
09:22le problème,
09:23c'est que les dépenses publiques
09:23de fonctionnement,
09:24vous parlez,
09:25c'est les salaires,
09:26mais ça,
09:26c'est de la richesse.
09:27Les frais divers,
09:27c'est de la richesse.
09:29Je vais ajouter un autre chiffre
09:30par rapport aux risques de récession.
09:32Au moment de la crise du subprime,
09:34pourquoi la France
09:34ne rentre pas en récession,
09:36à votre avis ?
09:37Eh bien,
09:37quand on regarde le marché privé,
09:38il était à tonne,
09:39il était en récession.
09:40Ce qui a sous-tendu
09:41l'économie française
09:42à ce moment-là,
09:43c'est les dépenses publiques
09:44parce qu'on oublie de le dire,
09:45c'est aussi des recettes.
09:46Et c'est d'ailleurs la raison
09:47pour laquelle,
09:48contrairement à l'Allemagne,
09:49notre croissance a continué
09:50à être positive depuis deux ans
09:52parce qu'on a un matelas social,
09:54on a un système
09:55qui fait que,
09:55bon an, mal an,
09:56il y a quand même
09:57du pouvoir d'achat qui se crée.
09:58C'est d'ailleurs pour ça
09:59que les Allemands
09:59viennent d'en finir
10:00avec la règle d'or
10:01sur leur déficit
10:02parce que c'était en train
10:03d'étrangler leur économie.
10:04On va parler du carburant
10:05dans une seconde.
10:06D'abord, Amélie Rosy,
10:07il y a quand même une chose,
10:07c'est la trouille d'une certaine manière.
10:09C'est-à-dire que là,
10:09on voit bien que ça plonge
10:11parce qu'on consomme moins
10:12et parce que ceux
10:13qui peuvent épargner
10:15épargnent plus
10:16en prévision
10:17de ce qui pourrait se passer
10:18dans les mois qui viennent.
10:20Alors, sachant qu'on est déjà
10:21en Europe
10:21les champions de l'épargne,
10:23en France,
10:24on a beaucoup,
10:25beaucoup d'épargne
10:25et en général,
10:26quand on a peur,
10:27on épargne encore plus.
10:28Encore une fois,
10:28ceux qui ont les moyens
10:29de le faire
10:29parce que ceux qui n'ont pas
10:31les moyens,
10:31ils vont taper,
10:32enfin pardon,
10:33piocher plutôt,
10:34j'ai envie de dire,
10:35dans l'épargne.
10:36Évidemment, cette peur.
10:37Alors après,
10:38il y aura en plus
10:38des conséquences très concrètes.
10:40Je pense comme ça,
10:41alors ça paraît rien,
10:42mais je pense quand même
10:42aux vacances
10:43parce qu'il va y avoir
10:44un, les ponts de mai
10:44et puis ensuite
10:46les vacances d'été.
10:47On a vu qu'il y a déjà
10:49des annulations,
10:51des augmentations
10:51de billets d'avion
10:52parce qu'il y a
10:53augmentation de kérosène.
10:53Du coup,
10:54les gens vont voyager
10:55moins et ailleurs
10:56et l'économie,
10:57c'est aussi une histoire
10:57d'offres et de demandes.
10:58Donc de toute façon,
10:59il y a un moment donné
10:59où les billets d'avion,
11:00par exemple,
11:01ne vont pas continuer
11:02d'exploser
11:02si plus personne ne voyage.
11:04Vous voyez l'idée ?
11:05C'est le but.
11:05C'est-à-dire qu'enfin,
11:06on sait comment ça se termine.
11:08Quand les prix augmentent trop,
11:09à la fin,
11:10il n'y a plus d'activité.
11:11Ce qui est très dangereux
11:12quand on regarde
11:12les indicateurs avancés,
11:13justement.
11:14Par exemple,
11:14l'indicateur du climat
11:15des affaires de l'INSEE,
11:16encore une fois,
11:17je prends les chiffres
11:17tout à fait officiels.
11:18C'est en train de s'effondrer.
11:19Ça montre une baisse du PIB
11:21et surtout...
11:21Le climat des affaires,
11:22le moral des entrepreneurs.
11:23Tout à fait.
11:24Mais il y a pire que ça.
11:25C'est le moral des ménages.
11:26Incroyable.
11:27Le chiffre INSEE,
11:28encore une fois,
11:28de l'indice de confiance des ménages,
11:29rendez-vous compte,
11:30Maxime,
11:30aujourd'hui,
11:31on est plus bas
11:32que pendant le Covid-19
11:34en termes de confiance des ménages.
11:35On est plus bas
11:36que pendant les Gilets jaunes.
11:37C'est-à-dire pour montrer
11:38l'état de détresse des Français
11:39et notamment au niveau
11:41de l'augmentation du chômage
11:42et de l'augmentation de l'inflation,
11:43donc de la baisse
11:44du pouvoir d'achat.
11:45C'est ça qui est particulièrement important.
11:46On vient précisément au carburant.
11:48On va retrouver Marie Gentry
11:48du côté d'Abu Dhabi.
11:51Marie,
11:51les Émirats
11:52à proximité du détroit d'Hormuz
11:54avec un prix du baril
11:55qui est donc,
11:55encore une fois,
11:56ce soir,
11:57très haut.
11:57Pourquoi aussi haut ?
12:01Oui,
12:01le prix du baril de Brent
12:03qui est effectivement
12:04tellement élevé,
12:05même si c'est vrai
12:05que ça a diminué
12:06par rapport au pic
12:07qui a été atteint
12:07dans la journée
12:08à 126 dollars le baril.
12:10Pourquoi est-ce qu'il est donc
12:11si élevé ?
12:12Deux grandes raisons.
12:13La première raison,
12:14c'est que la situation
12:16reste paralysée
12:17dans le détroit d'Hormuz
12:17et Donald Trump
12:18a laissé entendre
12:19que cela pourrait durer
12:20encore plusieurs mois
12:21puisqu'il a rencontré hier
12:22des patrons
12:23de compagnies pétrolières
12:24et il a dit
12:25qu'il envisageait
12:25de prolonger
12:26le blocus naval américain
12:27pendant plusieurs mois.
12:28Donc en gros,
12:29la crainte que la guerre économique
12:30ne se poursuive
12:30pendant encore un moment.
12:31Et la deuxième raison
12:33pour laquelle
12:34les prix du baril
12:36de Brent ont flambé,
12:37c'est parce que
12:38les investisseurs
12:39craignent une reprise
12:41des hostilités.
12:42En gros,
12:43le fait qu'à la guerre économique
12:45qui se poursuit
12:45s'ajoute une reprise
12:47de la guerre militaire.
12:48Et ce qui montre
12:49à quel point
12:49les investisseurs
12:51sont inquiets,
12:51il y a cet article
12:52dans le Golf News
12:53qui est l'un des grands journaux
12:55ici aux Émirats Arabes Unis,
12:56article qui rapporte
12:57que les investisseurs
12:58et les experts
12:59prédisent
13:00que si la situation
13:00se poursuit
13:01non pas pendant des mois
13:02mais pendant des semaines,
13:03eh bien le baril
13:04de Brent
13:05pourrait atteindre
13:06les 150 dollars,
13:08voire même
13:09pour les plus pessimistes
13:10les 200 dollars.
13:11Marie-Jentric avec Anthony Métra
13:12en direct d'Abu Dhabi.
13:13Pour vous,
13:14Éric Coquerel,
13:14on bloque tout ?
13:15On bloque le prix des carburants ?
13:17Oui, oui,
13:17là dans l'urgence,
13:18on bloque le prix des carburants.
13:19Vous avez compris
13:20que je suis non pas
13:21pour bloquer
13:21la marge des distributeurs,
13:23ça ne rime à rien,
13:25les distributeurs,
13:26les marches sont très feuilles.
13:27Mais au niveau
13:28des raffineurs producteurs,
13:29parce que Total,
13:29on le voit,
13:30fait partie,
13:31entre guillemets,
13:32des profiteurs de guerre,
13:34excusez-moi l'expression,
13:35mais c'est ce qui s'est passé.
13:36Ils ont joué au niveau trading
13:37en Suisse,
13:38à la spéculation là-dessus,
13:39donc il y a de quoi.
13:40Mais ça pose une autre question
13:42dans cette histoire.
13:42Et là, je pense qu'on va
13:43peut-être se rejoindre,
13:44peut-être pas sur les solutions,
13:45mais sur l'analyse.
13:46On a changé de période.
13:48En fait,
13:49ce qui est en train
13:49de montrer cette guerre,
13:50c'est qu'on avait une économie
13:52basée en gros
13:53sur le libre-échange,
13:54généralisé pendant
13:55des dizaines d'années,
13:56avec une mondialisation capitaliste.
13:58Arrive Trump,
13:59pas seulement Trump,
14:00mais c'est vrai que
14:01Trump arrivant,
14:02on rentre dans un choc
14:03entre des puissances économiques
14:05et militaires,
14:06ça rappelle avant 14,
14:07excusez-moi de dire ça,
14:08mais vraiment,
14:09ça rappelle ça,
14:10et où du coup,
14:11on rentre dans des économies de guerre,
14:12on rentre sur des économies capitalistes
14:14qui sont basées sur l'armement,
14:15ça produit inévitablement
14:17des bouchées qui sont les guerres,
14:18et je crois que par rapport à ça,
14:19on ne peut pas, nous,
14:20continuer avec les mêmes recettes.
14:22Là, on est en train
14:23de faire des politiques,
14:24je vous assure que le gouvernement,
14:25il avance,
14:26il ne sait pas où il va.
14:27Là, on est en train
14:28de boucher avec des rustines,
14:29des poings, etc.
14:30Il ne sait pas où il va.
14:31Il faut avoir maintenant
14:33un vrai débat
14:33sur comment on fait face
14:35par rapport à la nouvelle période.
14:37Par exemple,
14:38il faut investir.
14:39Paradoxalement,
14:39il faut investir.
14:40Les Allemands le font.
14:41Les Allemands vont mettre
14:41un paquet pour investir.
14:43Si nous, on reste en retrait,
14:45je vous assure que
14:45notre souveraineté industrielle
14:47dans 10 ans,
14:47mais ça va être une catastrophe.
14:49Comment on fait pour investir ?
14:50C'est des questions qui se posaient.
14:51Là, je vous ai donné, par exemple,
14:52une idée avec la BCE.
14:54Mais en tout cas,
14:54on doit se poser ces questions-là.
14:56Continuer avec les mêmes recettes,
14:57je vous assure qu'on va
14:58à la catastrophe.
14:58Et dernier point,
14:59excusez-moi là-dessus,
15:00on rend une nation paradoxale.
15:02Parce que la présidentielle
15:04va se faire dans ce contexte.
15:06Ça change beaucoup de choses.
15:08Bon, ça veut dire qu'on devrait
15:09presque être dans la situation
15:10où on est capable,
15:11dès maintenant,
15:12d'avoir clos les débats
15:13et de prendre des positions,
15:14quelle que soit,
15:15ce que l'on se fait,
15:15mais pour réagir par rapport à ça.
15:17Et on se retrouve
15:18dans une difficulté
15:20très importante
15:20de ce point de vue-là.
15:22Voilà, c'est un peu
15:23ce que je croisais.
15:23Mais la difficulté,
15:24c'est l'urgence.
15:25Marc, je vous demande
15:25dans un instant
15:26s'il faut bloquer les prix.
15:28Je vais dire un point
15:29très rapidement,
15:30parce que par exemple,
15:30à l'Allemagne,
15:31justement,
15:31pourquoi est-ce qu'il y a peu
15:32aujourd'hui, entre guillemets,
15:33relancer la machine ?
15:34Non, mais non, c'est ça.
15:35Si, j'ai des questions
15:36à vous poser,
15:36j'y arrive pas.
15:37Justement, elle a limité
15:38effectivement ses déficits,
15:39ce que nous n'avons pas su faire.
15:41Oui, mais c'est vrai qu'il faut...
15:42Et juste le point important,
15:44vous avez dit
15:44un élément très important
15:45tout à l'heure,
15:46vous avez parlé du coût de la dette.
15:47Parce que je me souviens,
15:48peut-être pas vous,
15:48mais enfin,
15:49vous aviez dit
15:50que la dette,
15:51c'était pas grave.
15:52Non, j'ai dit
15:52que c'était pas une catastrophe.
15:53Sauf qu'on le voit aujourd'hui.
15:55Rendez-vous compte que cette année,
15:56la charge d'intérêt de la dette
15:57va nous coûter au moins
15:5970 milliards d'euros.
16:01Bientôt,
16:01100 milliards d'euros.
16:02En 15 ans,
16:031 000 milliards d'euros
16:04jetés par les fenêtres.
16:05Je ne mets pas de côté
16:06ce débat-là,
16:07mais simplement sur le carburant.
16:08Je vous pose la question
16:08de limiter les prix
16:09dans une seconde.
16:10D'abord,
16:11Marie-Jean Tric nous disait
16:11depuis Abu Dhabi,
16:12le baril,
16:13150, 200 dollars,
16:14c'est ce que craignent
16:15un certain nombre d'analystes là-bas.
16:16Non, moi j'y crois.
16:17Juste à la pompe,
16:18ça veut dire quoi ?
16:192,50 euros ?
16:19Si on monte à 200 dollars,
16:21évidemment.
16:21Regardez,
16:22on est aujourd'hui déjà
16:23autour des 100 dollars
16:24parce que là,
16:24ça monte parfois,
16:25mais il y a beaucoup
16:26effectivement de mouvements spéculatifs.
16:28C'est clair que là,
16:29ça devient complètement incontrôlable.
16:30Mais ce qu'il faut savoir,
16:31c'est qu'on l'a déjà vécu
16:33en 2008-2009,
16:34le baril était monté
16:35à 150 dollars.
16:36On parlait du peak oil,
16:37etc.
16:37Je ne rentre pas dans le détail.
16:38Et beaucoup d'analyses,
16:39justement,
16:39les grandes banques américaines
16:40disaient qu'on va atteindre
16:41250 dollars.
16:42Finalement,
16:436 mois plus tard,
16:44le baril était à 34 dollars.
16:45Pourquoi ?
16:46C'est très simple.
16:46C'est parce qu'en fait,
16:47si le baril va trop loin,
16:49ça va tellement casser
16:49l'activité économique
16:50que la croissance mondiale
16:52va s'effondrer
16:52et qu'il y aura moins
16:53de demandes de pétrole
16:54et le prix du pétrole
16:55va baisser.
16:56Est-ce qu'en attendant,
16:56vous êtes d'accord
16:56avec Eric Coquerel,
16:57il faut bloquer
16:59les prix à la pompe ?
17:00Moi, je pense encore une fois
17:00qu'il faut avant tout
17:01c'est baisser les charges.
17:02Parce que là,
17:03on parle des profiteurs
17:03de crise, etc.
17:04N'oublions pas qu'aujourd'hui,
17:05près de 60%
17:10du prix à la pompe,
17:11ça reste effectivement
17:12des charges.
17:12Ne l'oublions pas.
17:13Donc attendez,
17:14je termine,
17:14c'est que pour moi,
17:15c'est le vrai enjeu.
17:16C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
17:17on ne peut pas dire aux Français
17:18« Débrouillez-vous,
17:20c'est à cause de Total, etc. »
17:21On attend justement
17:22de dirigeants d'un pays
17:24de prendre des décisions.
17:25Et à ce moment-là,
17:26on réduit effectivement
17:27les taxes qui pèsent
17:28sur le pétrole,
17:29sur l'essence donc.
17:30Et à partir de là,
17:31on réduit d'autres dépenses
17:32pour éviter d'avoir
17:32un dérapage
17:33du déficit public.
17:34Excusez-moi,
17:34mais Marc Toiti,
17:35vous êtes paradoxal.
17:36Ah, pas du tout.
17:47Les dépenses de fonctionnement
17:50ne sont pas récessives.
17:51D'accord.
17:51Moi, je prends une chose,
17:52c'est que si vous faites ça,
17:53un, vous augmentez les déficits,
17:54donc la dette
17:55que vous dénoncez vous-même,
17:56et deux,
17:58comme vous pensez
17:59qu'il ne faut pas taxer
17:59les ultra-riches
18:00ni les grandes entreprises,
18:01ils sont allés baisser
18:02les dépenses publiques.
18:03Baisser les dépenses publiques,
18:04je l'affirme,
18:05et il n'y a pas quoi
18:05qu'il dit.
18:06Le FCA le décrit sans arrêt.
18:09Vous allez baisser
18:10encore plus la croissance.
18:11Mais ça, c'est...
18:12Il y a un autre point
18:14que je souviens à la conversation.
18:16Il y a un autre point
18:16que je ne comprends pas,
18:17Marc Toiti.
18:18Vous baissez les taxes.
18:19Le prix du baril
18:20continue d'augmenter.
18:22Ce que vous aurez gagné
18:23en baissant les taxes,
18:24vous allez le rattraper
18:24avec le prix du baril,
18:25et les téléspectateurs
18:26qui nous gardent
18:26paieront leur recense.
18:27Non, mais comme je l'évoquais,
18:28Maxime,
18:29le prix du baril va baisser.
18:30D'ici le second semestre,
18:31le prix du baril va baisser.
18:32Il ne pourra pas rester
18:33à ces niveaux-là.
18:33C'est inévitable.
18:34Parce que de toute façon,
18:35après, il y aura moins de demandes.
18:42S'il y a 5-6 mois,
18:43c'est le total qui doit payer.
18:44Excusez-moi.
18:45D'ailleurs, on est en capacité
18:46de faire pression.
18:50Je vous donne un exemple simple.
18:52Aujourd'hui, vous avez...
18:53Tout à l'heure,
18:53je parlais de dépenses
18:54de fonctionnement.
18:54Vous avez aujourd'hui
18:55700 ODAQ.
18:56Vous savez les ODAQ,
18:57ce que c'est ?
18:57Organismes divers
18:58d'administration centrale.
19:00Bref, ça coûte,
19:01je ne rentre pas dans le détail,
19:02ça coûte 150 milliards
19:03d'euros par an.
19:04Si vous réduisez
19:05ces dépenses,
19:06ça ne va pas avoir
19:07un effet récessif
19:08parce qu'il y a
19:08beaucoup de doublons, etc.
19:10Donc, à ce moment-là,
19:11vous avez une vraie politique
19:12et vous donnez
19:13une vision du monde.
19:14Vous donnez un horizon
19:14au français
19:15que nous n'avons pas
19:16aujourd'hui, malheureusement.
19:16Je ne comprends pas
19:18la fébrilité
19:20à l'idée
19:21de bloquer les prix
19:22et de les faire baisser
19:23puisque TotalEnergie
19:24sous pression politique,
19:26simplement,
19:27juste sous pression politique,
19:28a d'ores et déjà
19:30été en capacité
19:31de plafonner les prix
19:32pour le mois d'avril
19:33pas suffisamment
19:35et a annoncé aujourd'hui
19:37qu'il allait continuer
19:38de le faire
19:38pour les ponts
19:39du mois de mai
19:40et ceci simplement
19:41par la pression politique.
19:43Je ne vois pas
19:44pourquoi on aurait peur
19:45de bloquer les prix.
19:48En France,
19:48on n'a pas le droit
19:49de le faire.
19:50Il y a un code de commerce
19:51qui existe.
19:52Exactement.
19:52Il faut peut-être
19:53changer le code du commerce.
19:53On a un cadre juridique
19:54pour le faire.
19:55On a un cadre juridique
19:56pour le faire.
19:57C'est ce que je veux dire,
19:57c'est qu'il y a une façon
19:58plus simple de le faire
19:59et les Français
20:00en profitent.
20:00Il n'y a pas eu de pénurie.
20:02Éric Ocraine,
20:02on écoute,
20:03Michel Edouard Leclerc,
20:04sur Total justement,
20:05il était l'invité
20:05de leur closé
20:06sur BFM Business.
20:07Regardez.
20:08Total,
20:08c'est un fournisseur
20:09et c'est mon concurrent.
20:10Ce n'est quand même pas
20:11à moi de résoudre ce problème.
20:12Je suis pour qu'il fasse
20:13des efforts.
20:15Total,
20:15il faut...
20:16Mais donc auprès de vous
20:16en fait,
20:17qu'il vous fasse une réponse
20:18à vous quand il vous...
20:19Il faudrait qu'il puisse
20:20proposer aux distributeurs français
20:22de pouvoir vendre
20:23des produits Total
20:24au même prix d'ailleurs
20:25que son réseau.
20:25Il y a du profit
20:26qui s'est fait
20:27pendant le temps
20:28de cette guerre.
20:30Alors,
20:31il y a la guerre
20:32qui profite
20:33et il y a des entreprises
20:35qui profitent
20:35de cette guerre.
20:37Coquerel,
20:38Leclerc,
20:38même combat.
20:39Oui,
20:39il a une chose.
20:40Ce n'est pas grave.
20:43C'est plutôt bon signe.
20:45Parce qu'il le vit concrètement.
20:46C'est plutôt bon signe.
20:47L'histoire du plafondement
20:47de Total à 1,99,
20:49ça leur fait gagner de l'argent
20:49parce qu'effectivement,
20:50comme c'est l'autre
20:51qui achètent
20:52leur propre pétrole,
20:53ils vont faire un bénéfice
20:54et ils vont faire une bénéfice...
20:55Comme les autres
20:56ne peuvent pas faire la même chose,
20:57ils se retrouvent
20:58avec de facto
21:00le fait qu'ils héritent
21:02encore un peu plus
21:02de clientèle.
21:04Je vous le dis,
21:05là où Total
21:06fait ses bénéfices,
21:07c'est en amont.
21:08C'est avant.
21:08C'est en amont.
21:09Et c'est donc là...
21:10Attendez,
21:10je finis juste.
21:10Allez-y, allez-y.
21:11C'est donc là
21:12où il faut les bloquer,
21:13il faut bloquer les marches.
21:13Ça a été fait,
21:14je le répète,
21:14en 1990,
21:15il faut bloquer les prix.
21:16Juste pour répondre...
21:17Si par exemple,
21:18on imaginait ne baisser
21:19que les taxes,
21:20j'ai déjà dit
21:20le défaut que ça a.
21:21Le problème,
21:22c'est que quand vous baissez
21:23les taxes,
21:23vous n'êtes absolument pas sûr
21:24qu'il n'y a pas un effet
21:25d'aubaine à la pompe.
21:26C'est en général
21:27ce qui s'est fait
21:27qu'on a baissé la TVA.
21:28Le coût des restaurateurs
21:29il y a quelques années,
21:30ça s'était fait.
21:32Ce que vous dites,
21:32c'est qu'on n'est pas certain
21:33que ça...
21:34Non, bien sûr.
21:36Ça nous coûterait
21:36à la collectivité,
21:37parce que l'État,
21:37c'est nous.
21:38Mais en plus,
21:39on n'est pas sûr.
21:39Je vous assure
21:40que la seule solution...
21:41En plus,
21:42si vous avez raison,
21:43je ne suis pas si optimiste
21:45que ça,
21:45mais admettons qu'il y a
21:46des pourcentes 5 fois.
21:47Là, il n'y a pas
21:54bénéfice et encore plus
21:55peut-être y mettre
21:55pour que ce soit lui
21:56qui paye la note.
21:57Et puis après,
21:58comme ça,
21:59on pourra peut-être
22:00revenir à une situation normale.
22:01Mais je doute
22:02qu'on revienne
22:02à une situation normale.
22:03Donc après,
22:03ça pose l'autre question.
22:04Oui, simplement.
22:05Vous l'avez dit d'ailleurs,
22:06effectivement,
22:07les profits d'où viennent-ils ?
22:08Du forage,
22:09de l'exploitation.
22:09Donc ils sont faits
22:10à l'étranger.
22:11Comment voulez-vous
22:12que la France puisse taxer
22:13des profits
22:13qui sont faits à l'étranger ?
22:15C'est le total
22:15des entreprises
22:15que vous pouvez taxer.
22:16Non, parce que justement,
22:17ces profits sont déjà taxés
22:18à l'étranger.
22:20Donc il faudrait que
22:21la France puisse négocier
22:22avec les pays
22:23où il se trouve total
22:23et qu'elle réussisse à négocier.
22:25Premier point.
22:26Deuxième point.
22:26Attendez, deuxième point.
22:27Une fois que vous avez
22:28récupéré l'argent,
22:29comment vous le répercutez,
22:31cet argent ?
22:31Vous savez très bien
22:31que malheureusement...
22:32Comment vous le donnez ?
22:33Vous le donnez comment,
22:33en France ?
22:34Une fois que vous avez récupéré
22:35l'argent ?
22:35Si vous bloquez les prix.
22:36Si vous bloquez les prix.
22:37Non, non.
22:37Je parlais de la surtaxation
22:39des profits.
22:39Comment vous le répercutez ?
22:41Comment vous le distribuez ?
22:42Parce que vous savez bien
22:48que...
22:48un du monde des impôts
22:50et de la défense publique.
22:51Et donc à partir de là,
22:52augmenter encore l'attaque,
22:53ça n'aura pas d'impact positif.
22:56Et dernier point très important
22:57parce qu'on ne le dit pas assez.
22:58En 2020,
22:59quand le baril est tombé
23:00à 10 dollars,
23:02qu'a fait que Total ?
23:03Est-ce que Total a gagné de l'argent ?
23:04Elle a eu des pertes
23:05de 7 milliards d'euros.
23:07On ne peut même pas l'oublier.
23:07C'est ça qu'il faut faire attention aujourd'hui.
23:09Ne rentrons pas dans la démagogie.
23:11Il faut aujourd'hui,
23:12je pense que,
23:13faire porter le chapeau à Total
23:14encore une fois,
23:15même si on...
23:15Allez-y.
23:16On prend les 5 milliards.
23:17On les prend.
23:18On les confisque.
23:19On n'est pas un pécomiste,
23:20quoique.
23:20Mais bon,
23:21admettons qu'on les confisque.
23:22Qu'est-ce qui va se passer demain
23:23quand on a 200 milliards d'euros
23:25de déficit public,
23:263 500 milliards d'euros de dettes,
23:2775 milliards d'euros
23:29de charges d'intérêt de la dette ?
23:30C'est quoi 5 milliards ?
23:31Vous voyez donc,
23:32c'est ça qu'il faut faire attention.
23:33Il y a des problèmes
23:33beaucoup plus globaux.
23:35Non,
23:35parce qu'il n'y aura pas 5 milliards.
23:36Si on fait ça,
23:38le primat suivant,
23:39Total,
23:40se domicilie aux Etats-Unis.
23:41Donc,
23:41vous ne pourrez plus capter de l'argent.
23:42J'attends de voir,
23:43parce que,
23:43mine de rien,
23:44s'ils perdent le marché français,
23:45excusez-moi,
23:45ils y tiennent aussi.
23:46Et d'ailleurs,
23:47la preuve,
23:47c'est qu'encore une fois,
23:48quand ça s'est fait en 90,
23:49il n'y a pas eu de pénurie,
23:50etc.
23:51Et au Total,
23:53ce n'est pas si mal
23:53d'être adoucé à un Etat
23:54comme la France,
23:55y compris parce que,
23:56comme vous le savez,
23:57les questions des pétroliers,
23:59ça a un rapport
23:59avec la géostratégie.
24:00Bon,
24:01je reviens là-dessus.
24:02Total,
24:02ça fait maintenant des années
24:03qui font entre 10 et 15 milliards
24:07de bénéfices par an.
24:08Qu'ils font des dividendes
24:10qui ne cessent de progresser.
24:11Et là,
24:11ce qu'on vient de voir
24:12sur le premier trimestre,
24:13c'était ce qu'on...
24:13Nous,
24:14on l'avait dit,
24:14on avait dit,
24:15vous allez voir,
24:15ils vont augmenter leurs bénéfices
24:17pendant la guerre.
24:17C'est ce qui se passe.
24:18Au moins,
24:18constatons-le ensemble.
24:19En vendeur de paraplu,
24:20il augmente ses profits
24:21quand il pleut,
24:22c'est normal.
24:23Oui, d'accord,
24:23mais dans ces cas-là,
24:24c'est un peu normal
24:24de le faire payer,
24:25de le faire cotiser
24:26quand la guerre
24:27est quand même un peu
24:28à nos origines
24:33Il paye des impôts dessus,
24:34vous êtes d'accord.
24:35Vous savez très bien
24:35que Total,
24:36alors là,
24:36on va revenir sur autre chose,
24:38Total est très loin
24:39de payer l'impôt sur les sociétés
24:40que payent les PME,
24:41vous savez ça.
24:41On est d'accord.
24:42D'accord.
24:42Justement,
24:43il a ses profits
24:43que ce soit à l'étranger.
24:44Non,
24:44il fait des prix de transfert
24:45à l'étranger.
24:46On va raborder un autre sujet.
24:48Mais ils ont largement
24:49les reins,
24:50en tout cas plus,
24:50à mon avis,
24:51que la collectivité
24:52et les consommateurs.
24:53Et l'économie
24:54en pâtira moins
24:55si, effectivement,
24:56vous avez raison,
24:57ça dure quelques mois.
24:57Voilà,
24:58c'est la solution
24:58que vous proposez.
24:59Vous voudriez que le patron Total
25:01soit convoqué,
25:01là,
25:03par le ministre de l'Économie ?
25:03Il n'a pas besoin
25:04de le convoquer,
25:04il suffit d'activer
25:05le code L410-2
25:07du code du commerce.
25:09Ça a été fait en 90,
25:10je le répète,
25:11vous bloquez les prix,
25:12vous bloquez les marges
25:12au niveau des raffineurs
25:13et puis vous ramenez les prix,
25:15par exemple,
25:15à ce qu'il était avant-guerre.
25:16Et ça,
25:17c'est une solution,
25:18j'admets que ce n'est pas
25:19une solution
25:19si ça dure sur des années.
25:21Mais vous faites le pari
25:22que ça dure 4 mois.
25:23Il y a eu un projet de décret
25:24d'ailleurs qui a été fait
25:25et puis finalement il a été...
25:25Mais rendez-vous compte
25:26l'image qu'on va renvoyer
25:27au niveau mondial,
25:28si vous voulez.
25:29Mais c'est ça le gros problème,
25:30c'est qu'aujourd'hui,
25:31vous parlez par des taux d'intérêt.
25:33On sera vu comme un pays
25:34qui prend des mesures
25:35autres que de faire payer
25:36les consommateurs.
25:36Aujourd'hui,
25:3756% de notre dette
25:38est détenue par des non-résidents,
25:39par des étrangers.
25:40Je ne veux pas vous leur dire
25:41que ça y est,
25:41la France,
25:41ça redevient un pays communiste.
25:43Vous avez raison.
25:43Vous avez déjà été,
25:44en ce guillemet.
25:45À ce moment-là,
25:46ces investisseurs
25:47ne vont pas...
25:48Ce n'est pas Mokhelid,
25:49c'est Gorbatchev.
25:49Ces investisseurs
25:50vont évidemment
25:51encore moins acheter notre dette,
25:53donc les taux d'intérêt
25:53vont augmenter,
25:54ce qui va casser
25:55l'activité économique.
25:56C'est la raison pour laquelle
25:58je pense qu'il faudrait prendre
25:59une initiative vis-à-vis de la BCE
26:00sur des prêts directement...
26:02Mais on ne va pas faire
26:02la planche à billets
26:03parce que ça ferait de l'inflation.
26:04c'est pas ce qui s'est passé
26:04pour le côté.
26:05Merci Éric Coquerel,
26:06président de la commission
26:07des finances à l'Assemblée.
26:08Merci d'avoir été avec nous.
26:09Merci Marc Boiti,
26:10Merci Amélie Rodic.
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