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  • il y a 16 heures
Le monde économique a encore trop mal à penser comme le vivant. Pour Thomas Breuzard, ce décalage est l’une des causes principales des crises que nous connaissons. Pourtant, le vivant devrait être vu comme une source d’apprentissage pour les entreprises, alors que plus de 50 % du PIB mondial dépend directement ou indirectement de la nature selon le World Economic Forum.

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Transcription
00:12Et comme toujours, on commence avec l'édito. Thomas, pourquoi est-ce si difficile pour le monde économique de penser
00:18comme le vivant ?
00:18Déjà, c'est quoi le vivant ? Je pense que si on posait la question, tout le monde répondrait sans
00:22doute différemment.
00:22C'est la nature qui nous entoure, c'est la biodiversité, ce sont les écosystèmes naturels qui nous rendent tant
00:27de services
00:28pour avoir de l'air pur, de l'eau de qualité, et d'ailleurs qui est fondamental pour vivre et
00:31pour réaliser nos activités économiques.
00:33Alors s'inspirer du vivant, c'est sans doute pas naturel pour tout le monde, et c'est bien ça
00:36le problème, surtout pour le monde économique,
00:38parce que notre économie, elle, elle est construite sur l'extraction, la séparation des parties prenantes, la standardisation,
00:45alors que le vivant fonctionne exactement à l'inverse, et ça, nos invités le diront sans doute mieux que moi,
00:49de l'interdépendance, de la sobriété, de la coopération et du temps long, ce qui n'est pas vraiment le
00:54prisme économique,
00:54surtout dans ce monde qui va si vite se décalage, il est d'ailleurs probablement au cœur des crises que
00:58nous traversons aujourd'hui.
00:59Alors pourquoi le monde économique a-t-il autant de mal à regarder le vivant comme une source d'apprentissage
01:03?
01:03Eh bien, probablement déjà un manque de clairvoyance face à des signes aux faibles qui deviennent de plus en plus
01:07majeurs.
01:08Pendant longtemps, la biodive, elle a été perçue comme un sujet naturaliste parfois, un enjeu périphérique,
01:13une sorte d'externalité non stratégique pour les entreprises, alors qu'aujourd'hui,
01:17et là vous allez voir que ce sont des acteurs économiques qui le disent, la situation devient très tendue.
01:23Commençons par le GIEC de la biodiversité, le IPBES, qui nous dit dernièrement que 75% des écosystèmes terrestres
01:30sont déjà significativement dégradés, et ça, ça a des conséquences économiques.
01:33Je glisse sur une étude du World Economic Forum, qui nous dit à quel point le PIB mondial dépend directement,
01:38indirectement de la nature, plus de 50%.
01:40On a aussi des études de la Banque Centrale Européenne qui le disent,
01:43le vivant donc n'est pas un décor de l'économie, c'est sans doute son infrastructure cœur,
01:47et aujourd'hui, trop négligé.
01:48Je termine sur de nouveau le World Economic Forum, qui classe la paire de la biodiversité
01:52parmi les dix principaux risques économiques des dix prochaines années.
01:55Et alors, qu'est-ce que le vivant oblige à changer dans la manière de piloter une entreprise ?
01:58Alors le problème, c'est que le vivant, dans sa complexité, ne peut pas se piloter,
02:02comme on a pu le faire pour les euros ou pour le carbone, en ayant des logiques comptables,
02:06en cherchant des indicateurs toujours simples pour des systèmes qui sont en fait trop complexes,
02:10et aussi pour compenser ce qui ne peut pas réellement se compenser.
02:14Le vivant, lui, il est local, il est contextuel, repose sur des équilibres fragiles,
02:17il oblige donc forcément à changer de logiciel, à penser les sols, les écosystèmes,
02:22les cycles à résonner en impact cumulé et pas séparé, en acceptant aussi une dose d'incertitude,
02:26ce qui n'est pas vraiment ce qu'aiment les entreprises en général.
02:28Et du coup, comment est-ce qu'on motive le passage à l'action ?
02:31Alors, pour mieux protéger ce vivant, commencer déjà par s'en inspirer,
02:34on va beaucoup l'évoquer aujourd'hui.
02:36S'inspirer, c'est accepter aussi une remise en cause plus profonde du coup de nos modèles d'affaires,
02:40revoir la conception des produits, des services, repenser la relation aux territoires sur lesquels on opère,
02:44travailler en collectif, investir sur le temps long.
02:47Autrement dit, le vivant révèle les limites de nos modèles économiques actuels,
02:51mais il y a aussi dans ce vivant un potentiel formidable,
02:53on va parler aujourd'hui du biomimétisme, qui fait partie de ces potentiels,
02:57observer comment le vivant peut résoudre des problèmes complexes,
02:59comment il s'adapte, les stratégies d'adaptation deviennent un sujet cœur pour le monde économique,
03:03comprendre comment des systèmes sont robustes, sobres et résilients avec très très peu de ressources,
03:07et puis traduire ces principes dans nos façons de concevoir, de produire et même de décider.
03:12Parce que le biomimétisme n'apportera peut-être pas tant de réponses
03:15qu'il apportera les meilleures questions à se poser pour transformer ces modèles d'affaires.
03:18Alors comment on passe de l'inspiration à des décisions concrètes et actionnables ?
03:22Alors ça c'est surtout nos invités, et aux féminins cette semaine,
03:25puisque j'y tiens la semaine dernière, on a eu un petit décalage masculin au lendemain plus féminin,
03:30nos invités plus que moi auront la réponse.
03:32Le vivant, ce n'est pas un supplément d'âme pour l'économie, c'est sa condition de viabilité.
03:35J'espère que cet édito l'a bien explicité.
03:38De plus en plus d'organisations explorent, et ça c'est ce qu'on va faire aujourd'hui,
03:41une gouvernance inspirée des écosystèmes qui intègrent la nature dans les processus de décision,
03:45des nouvelles formes de coopération pour répondre avec plus de justesse
03:48aux besoins de notre société qui est essoufflée.
03:50Les humains s'essoufflent, le vivant s'essouffle, il est temps de réinventer la machine.
03:53Et puis développer des produits et services parfois révolutionnaires,
03:56par les solutions qu'ils proposent et par l'efficience de leur mise en œuvre.
03:59Merci beaucoup Thomas, on passe au pour ou contre.
04:01Sous-titrage Société Radio-Canada
04:05...
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