00:00J'ai bien écouté que vous disiez que Mme Vogel, Mme Narassillen et moi-même n'avons jamais été maires,
00:05c'est vrai.
00:06Pour ma part, je n'ai jamais célébré de mariage.
00:08Mais qu'un ministre d'État vienne dire qu'en nous stigmatisant,
00:13comme nous prenons la parole sur cette question et comme nous n'avons pas célébré de mariage,
00:16nous aurions finalement pas notre mot à dire,
00:19ou en tout cas à moins d'égalité que celles et ceux qui se sont exprimés et qui ont déjà
00:24été maires.
00:24Je le dis sincèrement.
00:27Ici, nous légiférons tous à égalité.
00:28Nous sommes toutes et tous élus à égalité.
00:32Et je comprends que pour ma part, par exemple, j'ai été dix ans au SMIC.
00:37Et je comprends que beaucoup d'entre vous ne parlent pas de salaire et du SMIC parce qu'ils ne
00:41l'ont pas vécu.
00:42Voyez ? Jamais je n'oserai le dire.
00:44Je vous remercie de ce ministre.
00:53Cette proposition vise à encadrer juridiquement le mariage des personnes séjournant irrégulièrement
00:57sur notre territoire.
00:59Pour le dire plus simplement, cette proposition vise à ce que le mariage ne soit autorisé qu'aux personnes
01:05séjournant de manière régulière sur notre territoire.
01:10M. le Président, M. le Ministre, mes chers collègues, je dois vous avouer quelque chose, assez sincèrement.
01:21J'ai hésité à venir ce matin.
01:24Vraiment.
01:26Je suis un peu attristé.
01:30Attendez, je n'ai coupé personne.
01:32Essayons de nous écouter.
01:34Voir un peu sidérés.
01:36Et je dois vous avouer que j'ai un peu honte collectivement.
01:40Je suis arrivé il y a huit ans ici.
01:43Et je le pense sincèrement.
01:44Je pense qu'il y a huit ans, nous n'aurions pas eu ce genre de débat ici.
01:48Je pense, en vérité, je vous le dis, je pense que la question n'est pas le mariage entre un
01:55Français et une Française
01:56et un étranger et une étrangère en situation irrégulière.
02:00Je pense que c'est tout autre chose.
02:02Je pense que vous avez peur.
02:05Et vous nourrissez un fantasme, des illusions, parce que nous sommes dans un mouvement mondial
02:12où l'extrême droite est en train de ratisser partout, dans une alliance avec le grand capital.
02:20Et que, ici, vous vous dites...
02:23Mais laissez-moi parler.
02:24Et je ne pense pas qu'il y a un hasard du calendrier.
02:27Quand on fait d'affilée Mayotte, remise en cause du droit du sol,
02:34le 51e fois sur l'excuse de minorité et la justice des mineurs,
02:39la laïcité dans le sport,
02:42restreindre l'AME ou encore bientôt le débat sur restreindre les prestations sociales,
02:47je pense que vous donnez à chaque fois le point à l'extrême droite.
02:51Et je vous le dis, chers collègues,
02:53je pense que vous vous ferez avaler.
02:56Parce qu'ils ne vous reconnaîtront pas, en réalité, ce que vous essayez de porter.
03:00Ils le reconnaîtront à l'extrême droite.
03:02Mais si la seule question était
03:05est-ce que vous allez vous faire avaler ou pas par Marine Le Pen ?
03:07Je pourrais dire que ce n'est pas mon débat.
03:09Mais je pense que nous allons tous nous faire avaler.
03:12Et ça, c'est un problème.
03:14Écoutez bien, on sait quand arrive l'extrême droite au pouvoir,
03:18on ne sait jamais quand elle part, en réalité,
03:21et comment elle laisse l'État de la République.
03:24Pardon de vous le dire,
03:26mais l'amour, on parle d'amour.
03:29Il y a deux choses dont on...
03:31Vous pourrez faire toutes les lois d'interdiction.
03:35Restreindre, il y a deux choses que vous ne pourrez jamais enfermer.
03:38La liberté de penser et la liberté d'aimer.
03:42C'est ça la question.
03:43Et vous ne restreindrez pas ça avec un tampon administratif.
03:48Enfin, je vous dis une chose, puisque ça a l'air de...
03:52Vous ne croyez pas que les gens puissent se marier par amour.
03:55Alors revenons aux faits.
03:57Nourrissons pas les fantasmes.
04:00Nourrissons pas un bouc émissaire.
04:02Les faits.
04:03Les mariages blancs sont interdits.
04:06D'accord ?
04:07Et nous pouvons saisir le procureur, monsieur le ministre l'a dit,
04:10ou le maire demander une enquête administrative.
04:14Mais sérieusement, vous faites une proposition de loi
04:17comme si c'était un problème qui, dont,
04:20j'ai entendu l'auteur de la proposition de loi,
04:23les gens viennent l'interpeller.
04:25Je le dis sincèrement,
04:26personne ne m'a jamais parlé de cette question.
04:29Mais oui !
04:30Mais monsieur le ministre,
04:32vous n'avez donné aucun chiffre
04:33dans votre intervention.
04:36Ici, écoutez,
04:37on se bat sur les faits.
04:38On n'est pas sur un plateau télévision
04:40de désinformation à la CNews.
04:42Écoutons les faits.
04:44Donnez-nous les chiffres.
04:45Est-ce que c'est par dizaines, centaines, milliers
04:47ou dizaines de milliers ?
04:48Donnez-nous un chiffre.
04:50Enfin, la dernière chose.
04:51Nourrissons pas un fantasme.
04:54Un homme ou une femme qui se marient
04:55avec une personne en situation irrégulière
04:57n'ouvrent pas automatiquement
04:59le fait d'avoir un titre de séjour.
05:02D'accord ?
05:03Ça n'ouvre pas automatiquement
05:05le fait d'avoir un titre de séjour.
05:08Donc, la question est ailleurs.
05:10Et je vous dis, chers collègues,
05:11je pense que sincèrement,
05:14c'est trop.
05:15Et si nous continuons sur cette pente
05:17et à ne pas s'occuper des véritables problèmes,
05:20la question du réchauffement climatique,
05:22la question sociale,
05:22vous vous ferez avaler,
05:24mais pire, nous avalerons tous.
05:26Et dans trois ans,
05:27nous serons confrontés
05:29à un autre problème.
05:30Et là, vous porterez une responsabilité
05:33parce que vous avez ouvert
05:35une fenêtre d'Overton
05:36et permis que ces idées,
05:38elles prennent place
05:39dans la société,
05:40mais aussi dans cet hémicycle.
05:42Voilà.
05:43Et pas de leçon de morale.
05:45Je ne vous ai pas ressorti
05:45les propos de Georges Marchais
05:46sur les étrangers,
05:47sur leur manœuvre,
05:48sur le territoire national.
05:49Le lien entre capitalisme
05:51et immigration a déjà été dénoncé
05:52par le Parti communiste
05:53depuis très longtemps.
05:54Je m'étonne d'ailleurs
05:54que le Parti communiste
05:55qui évoquait le mariage
05:56comme un statut de petit bourgeois
05:57soit désormais devenu
06:00le pourfendeur
06:01de cette question ici.
06:03Mais c'est évidemment
06:04pour faire sourire l'auditoire,
06:05y compris vous-même,
06:06M. Guay.
06:07Je parle devant la Chambre
06:08des représentants
06:08des collectivités locales
06:09et il n'y a aucune attaque personnelle
06:10malgré ce que vous,
06:11vous avez pu faire tout à l'heure
06:12à la tribune,
06:14évoquant le fait
06:14que je puisse regarder Sceau
06:15qui n'est pas soucieux
06:16à la fois de l'État de droit
06:17et de la Constitution.
06:18Mais les trois premiers orateurs
06:20du groupe NUPES
06:21n'ont jamais été maires.
06:23Ce qu'ont pris la parole,
06:25c'est étonnant
06:25de la part des groupes
06:26de la gauche,
06:27ce n'est pas un maire,
06:30ce n'est pas un maire,
06:31M. le parlementaire,
06:32vous avez évidemment
06:33toute légitimité à vous exprimer,
06:34mais je constate,
06:35je constate,
06:36qu'aucun de vous trois
06:37n'a été en responsabilité
06:39de maire,
06:40comme nous l'avons été ici,
06:41je crois,
06:41à un certain nombre,
06:42y compris, me semble-t-il,
06:44dans certains groupes de gauche
06:45qui ont le bon sens,
06:47me semble-t-il,
06:47de considérer que,
06:48quand on est maire,
06:49on est pragmatique
06:50et on est en face
06:52de situations inacceptables.
06:54Et, vous savez,
06:55quand on est maire,
06:55on voit aussi,
06:56vous qui portent protégés
06:57les plus faibles,
06:58et vous avez bien raison,
06:59on voit aussi des personnes
07:00qui ne peuvent pas dire
07:02leur consentement libre
07:04et éclairé.
07:05L'officier d'État civil,
07:06l'agent municipal,
07:08comme le maire,
07:08voit bien qu'il y a une difficulté
07:10dans ce consentement libre
07:11et éclairé,
07:12et qu'il essaye
07:13de demander au procureur
07:13de la République
07:14des moyens d'aider
07:15ces personnes
07:16pour qu'effectivement
07:17le mariage
07:17ne soit pas un passe-droit.
07:19Donc, je pense que c'est
07:20assez révélateur
07:20que ceux qui se sont exprimés
07:22contre cette proposition de loi
07:23n'aient jamais été
07:24officiers d'État civil.
07:25Ou d'ailleurs,
07:26je veux dire à Mme Narassigat
07:26que, justement,
07:27vous dites,
07:28le maire n'est pas un juge,
07:29mais le procureur de la République
07:30n'est pas un juge.
07:31Et le maire agit
07:32au nom du procureur de la République
07:33en tant qu'officier d'État civil.
07:35D'ailleurs,
07:35si le maire porte une écharpe
07:36blanc-rouge,
07:36ce n'est pas parce qu'il est élu local,
07:38c'est parce qu'il est représentant
07:38de l'État,
07:39officier d'État civil
07:40et représentant du préfet.
07:42Et donc, bien sûr,
07:42comme le procureur de la République,
07:43il est la continuité de l'État.
07:45Il est aussi un agent de l'État,
07:46le maire.
07:46C'est ce qui fait
07:47sa différence fondamentale
07:47avec les autres élus
07:49qui n'ont pas le droit
07:49de porter l'écharpe blanc-rouge
07:51avec le bleu
07:51au début de son épaule.
07:53Bon, nous avons un débat
07:54gauche-droite.
07:57Gauche-droite ?
07:58Non, mais...
07:59Assumer,
08:00ce n'est pas grave.
08:01On est ici dans un Parlement
08:03pour débattre,
08:04échanger
08:05autour des idées,
08:06des faits.
08:07Je vous repose d'ailleurs
08:08la question,
08:09Monsieur le Ministre,
08:09et j'espère que vous pourrez
08:10apporter cette réponse
08:12pour qu'on ait un fait,
08:13de combien de cas parlons-nous ?
08:17De combien ?
08:18Parce qu'on m'a dit ici,
08:20quand je suis arrivé au Sénat,
08:21on légifère sur l'essentiel
08:23et donc sur la majorité des cas.
08:25Donc, je repose la question
08:27sur plusieurs dizaines,
08:29centaines de milliers
08:30de mariage chaque année,
08:31de combien de cas parlons-nous ?
08:33La deuxième question,
08:34je réponds,
08:35Monsieur Dominique,
08:36moi, je fais exact...
08:37J'essaie,
08:38et parfois il m'arrive
08:39de m'emporter,
08:40mais de faire attention aux mots.
08:42Oui,
08:44je n'ai pas dit
08:44que vous étiez
08:45d'extrême-droite.
08:46Je dis que vous courez
08:47après l'extrême-droite.
08:48C'est le réel.
08:49Mais vous pourrez relire,
08:51vous pourrez réécouter
08:52l'ensemble de mes propos.
08:54Et je sais qu'on est
08:55dans un moment
08:56d'inversion des valeurs,
08:58les défenseurs,
08:59la liberté d'expression,
09:00le sont pour porter
09:01leur racisme.
09:02Mais en réalité,
09:03Monsieur Demili,
09:05moi, je ne fais pas partie
09:06d'un gouvernement
09:07qui, aujourd'hui,
09:09ne tient que par,
09:10en réalité,
09:11la laisse de Madame Le Pen.
09:12C'est ça, le réel.
09:13Et vous pourrez dire
09:14que c'est la gauche
09:16qui fait monter le racisme,
09:17c'est y compris nous
09:19qui sommes en bataille
09:21face aux idées
09:22du Front National
09:23et les idées racistes.
09:25Et celles et ceux
09:25qui passent le plat,
09:26ce sont vous.
09:28Enfin, la dernière chose,
09:29je vous le dis,
09:30Monsieur le Ministre,
09:32j'ai bien écouté
09:33que vous disiez
09:34que Madame Vogel,
09:35Madame Narassien
09:36et moi-même
09:37n'avons jamais été maires,
09:37c'est vrai.
09:38Pour ma part,
09:39je n'ai jamais célébré
09:40de mariage.
09:40Mais qu'un ministre d'État
09:41vient de dire
09:42qu'en nous stigmatisant,
09:45comme nous prenons la parole
09:46sur cette question
09:46et comme nous n'avons pas
09:47célébré de mariage,
09:48nous n'aurions finalement
09:50pas notre mot à dire
09:51ou en tout cas
09:52à moins d'égalité
09:54que celles et ceux
09:54qui se sont exprimés
09:55et qui ont déjà été maires.
09:56Je le dis sincèrement,
09:59ici nous légiférons
10:00tous à égalité,
10:01nous sommes toutes et tous
10:02élus à égalité
10:03et je comprends
10:05que pour ma part,
10:07par exemple,
10:07j'ai été 10 ans au SMIC
10:09et je comprends
10:10que beaucoup d'entre vous
10:11ne parlent pas de salaire
10:12et du SMIC
10:13parce qu'ils ne l'ont pas vécu.
10:14Voyez ?
10:14Jamais je n'oserai
10:16merci mon cher collègue.
10:17Merci de ce ministre.
10:44Merci de ce ministre.
10:47Sous-titrage Société Radio-Canada
10:53Sous-titrage Société Radio-Canada
10:53Sous-titrage Société Radio-Canada
10:55Merci de ce ministre.
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