- il y a 13 heures
Dans ce Zoom d’été, nous recevons le colonel Jacques Hogard, ancien officier supérieur de la Légion étrangère et fondateur d’une entreprise spécialisée en intelligence stratégique et en diplomatie d’entreprise à l’international. Il revient sur l’état matériel et moral de l’armée française ainsi que sur les perspectives qui s’offrent à elle dans un environnement continental et international dégradé.
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00:03Générique
00:12Mon invité du jour est bien connu des téléspectateurs de TV Liberté.
00:16Il s'agit du colonel Jacques Augard, officier supérieur,
00:18ancien parachutiste de la Légion étrangère.
00:21Bonjour colonel.
00:22Bonjour cher Ami, cher Olivier.
00:26Eh bien, sans surprise, on va parler de l'armée avec vous.
00:30Une question assez générale pour planter le décor.
00:32Quel est votre regard, quel regard portez-vous sur l'évolution de la défense française
00:38ces dernières années, disons depuis que vous avez quitté l'armée ?
00:42Je crois qu'il faut distinguer deux choses, la communication et le réel.
00:48En termes de communication, mais qui touche aussi le réel, parce qu'il faut être juste,
00:53il y a beaucoup d'efforts qui ont été faits, notamment financiers,
00:58pour remonter un peu en gamme cette armée française,
01:02qui est d'une grande qualité humaine, parce que je connais bien les hommes,
01:06il faut dire aussi les femmes, c'est pas qu'une question de mode, là pour le coup,
01:10il y a beaucoup de femmes dans l'armée française, et qui servent bien.
01:14Il faudrait aussi parler des civils, parce qu'on a beaucoup civilianisé l'armée,
01:18ils sont une part importante des effectifs aujourd'hui.
01:20Mais surtout, on a pris conscience que la politique débile, si je puis dire,
01:30qui consistait à vouloir tirer les dividendes de la paix,
01:34selon l'expression de M. Fabius à l'époque Premier ministre,
01:39était complètement hors sol, devait disparaître,
01:44au profit d'une reprise en compte de la réalité militaire,
01:49de la nécessité de remonter en puissance.
01:52Alors, c'est très imparfait, il y a des chiffres qui sont annoncés,
01:58qui n'engagent jamais à grand chose.
02:00Si on parle de la loi de programmation militaire, par exemple,
02:032024-2030, alors qu'il y a des élections présidentielles en 2017,
02:10on voudrait qu'en 2030, nous soyons remontés à 2,5 du PIB.
02:15Ce qui est normalement la norme exigée par l'OTAN,
02:20exigée par les États-Unis d'Amérique,
02:23pour nous garder dans le temps, en quelque sorte.
02:27Et puis, c'est une bonne norme, mais en fait, en réalité,
02:29il faudrait que la France consacre au moins 3 ou 4% de son PIB,
02:34si elle voulait avoir un outil de défense digne de ce nom.
02:39Alors, il y a des efforts qui ont été faits,
02:40en particulier en termes de matériel, d'équipement.
02:44Je prends par exemple le véhicule de combat d'infanterie, le Griffon,
02:50mais qui n'est pas encore en dotation en tous les régiments d'infanterie.
02:53Et Dieu sait si les régiments d'infanterie ont été diminués en nombre
02:58et en effectifs toutes ces dernières années.
03:01Or, l'infanterie, c'est quand même celle qui gagne les bataillons.
03:05Voilà. Donc, si vous voulez, il y a...
03:07Et alors, il y a aussi la condition militaire, dont on ne parle pas,
03:10qui doit être révisée aussi, pour pouvoir conserver des effectifs,
03:16fidéliser des effectifs.
03:18On a un problème de recrutement, aujourd'hui, dans les armées, c'est évident.
03:23À tel point que j'ai vu que l'armée de terre, ou les armées même,
03:25lançaient une campagne de recrutement civile,
03:30dans cet esprit de déléguer aux civils un certain nombre de tâches
03:36indispensables aux armées, mais qui étaient traditionnellement faites
03:39par des militaires jusqu'à présent.
03:42Alors, on avait commencé ça, même par la garde.
03:46quand vous voyez des emprises militaires confiées à des entreprises de gardiennage,
03:52c'est pour gagner des effectifs de combattants,
03:55au moins dans la théorie, au moins dans le raisonnement.
03:58– C'est une bonne chose ?
03:59– C'est une bonne chose, non, je ne pense pas que ce soit une bonne chose.
04:01On ne fait pas garder des entreprises militaires
04:03par une entreprise de gardiennage,
04:06dont on n'a pas vraiment le contrôle, en réalité, en plus.
04:09– Non, je ne crois pas.
04:10Je crois qu'en fait, il faut monter en effectifs,
04:16bien armés, bien équipés, bien entraînés,
04:20et bien considérés.
04:23Ça veut dire que c'est un gros budget,
04:25et on est, à mon avis, encore très loin de la réalité.
04:28– Alors, augmenter les effectifs, la qualité, tout ça,
04:31mais ce qu'on va pouvoir se demander aussi, c'est pourquoi ?
04:34Parce qu'on brandit parfois la menace russe, la menace intérieure,
04:38tout un tas de menaces qui sont plus ou moins pertinentes.
04:42Contre qui on se prépare ?
04:43– Vous avez raison, alors ça, c'est essentiel.
04:46Vous avez une espèce de phobie qui s'est installée depuis 2022,
04:52mais qui avait démarré, en fait, avant,
04:56où on désigne maintenant la Russie quasiment comme l'ennemi,
04:58alors qu'on n'est pas en guerre avec la Russie, que je sache,
05:02que la Russie ne tient pas à être en guerre avec nous, que je sache,
05:05mais on a désigné la Russie,
05:09et en fait, tout simplement, par reprise d'une idée fausse,
05:15qui est celle des États-Unis d'Amérique et de l'OTAN,
05:19qui n'ont pas compris, en fait, qu'à la chute de l'Union soviétique,
05:24à la chute du mur de Berlin d'abord,
05:26et puis suivi deux ans après l'effondrement de l'Union soviétique,
05:28eh bien, le monde changeait, et que la fédération de Russie n'est pas l'URSS.
05:36Et j'en veux pour preuve que trois dirigeants éminents de cette fédération de Russie,
05:43l'ex-URSS moribonde avec Gorbatchev,
05:48mais Yeltsin, ensuite, et surtout Poutine,
05:52ont souhaité le rapprochement très fortement.
05:56Ils ont demandé à entrer, à faire partie de la Maison commune européenne,
06:02pour employer les termes de l'époque,
06:04c'est-à-dire l'Union européenne, en réalité.
06:06Et même l'OTAN.
06:08L'OTAN, ça a été refusé, évidemment, avec mépris par Clinton.
06:13On leur a autorisé à avoir un ambassadeur de la fédération de Russie à l'OTAN.
06:20Il y a eu une période, d'ailleurs,
06:21où c'était un personnage remarquable dont le nom échappe à l'instant,
06:24mais ça n'a rien à voir.
06:26On a voulu marginaliser, repousser la fédération de Russie.
06:34Le dessin, la stratégie était américaine.
06:37Il s'agissait de casser l'Europe en deux,
06:40surtout pas de grande Europe unie,
06:42selon le vieux rêve gaullien de l'Atlantique à l'Oural.
06:46Alors, surtout pas.
06:48Et il fallait en profiter pour essayer de morceler un peu tout ça,
06:52pour que l'Union européenne, telle qu'elle est devenue aujourd'hui,
06:54c'est-à-dire un outil euro-atlantiste, euro-globaliste,
06:59soit tout simplement au service des intérêts américains.
07:02– Et si ce n'est pas la Russie contre qui on doit se préparer,
07:05contre qui on se prépare ?
07:06– Alors, je n'ai rien compris qu'à la première partie de la question, c'est vrai.
07:12Si vous voulez, il n'y a pas de grande puissance sans une vraie diplomatie,
07:15et une vraie diplomatie s'appuie obligatoirement, à un moment donné,
07:19sur une capacité militaire conséquente.
07:22La France a des atouts.
07:23On a l'arme nucléaire, et l'arme nucléaire autonome,
07:27car jusqu'à présent, si M. Macron ne fait pas trop de bêtises,
07:32encore dans l'année qui va venir, avant son départ des affaires.
07:38Mais on a cette puissance nucléaire autonome,
07:40ce que n'a pas la Grande-Bretagne.
07:41La Grande-Bretagne, elle est sous contrôle américain,
07:43pour l'emploi de son arme nucléaire.
07:45On a un siège au Conseil de sécurité de l'ONU.
07:50Si on ne le brade pas, et si on ne donne pas à l'Union européenne,
07:53à Mme von der Leyen ou à M. Mertz,
07:55le chancelier du Reich qui est en train de vouloir se ressusciter,
08:00c'est un atout précieux.
08:02On a le premier ou deuxième domaine maritime mondial,
08:07en fonction de la manière de compter,
08:10mais on est dans les tout premiers.
08:12On a une armée qui se tient correctement par sa valeur morale,
08:17mais pas par sa capacité matérielle en nombre et en effectif suffisante.
08:22Il faut la masse, nous n'avons plus la masse,
08:25et nous n'avons pas les matériels modernes en nombre suffisant.
08:29On pourrait parler des drones, par exemple,
08:31qui s'imposent comme la révolution de la guerre moderne aujourd'hui partout.
08:36Il y a de gros, gros efforts à faire,
08:38même si nos États-majors, la Direction générale pour l'armement,
08:42la Dégation générale pour l'armement, la DGA,
08:43nous dit prendre ce problème vraiment en compte.
08:46Donc oui, il y a des efforts qui sont faits,
08:48mais on est encore très, très loin du compte.
08:51Alors, pour quoi faire ?
08:53Pour exister, pour peser.
08:56Moi, je suis beaucoup plus inquiet, je vais vous dire,
08:58de la puissance allemande qui entend se restaurer.
09:04On entend des déclarations de M. Merz,
09:06qui ne représentent quand même pas grand-chose, je crois,
09:08aujourd'hui en Allemagne malgré tout, ça rassure.
09:11Mais quand même, ces déclarations disposées
09:14de la première armée du continent européen dans quelques années, etc.,
09:18des objectifs avec des moyens financiers et matériels
09:22qu'il annonce, qu'à mon avis, il n'a pas,
09:24parce que je pense que l'économie allemande
09:26est en train de démarrer une crise qui n'est pas finie.
09:31Merci à l'Europe d'ailleurs,
09:33parce que c'est un peu les hésitations européennes
09:37en matière d'approvisionnement énergétique vis-à-vis de la Russie
09:40qui ont provoqué tout ça.
09:42Tout est lié.
09:43Donc je crois qu'on a besoin d'une armée forte en France,
09:48parce que d'abord, on ne sait pas ce qui peut se passer à l'intérieur.
09:53Je pense qu'il y a un parti qui est un parti de guerre civile
10:00où tout le monde n'est pas dans la guerre civile
10:03parce qu'il y a des gens différents.
10:06Dieu merci, il y a des personnalités qui...
10:08Mais le LFI est un parti dangereux aujourd'hui
10:11pour l'unité de la nation.
10:13Il s'appuie sur des communautés
10:15qu'il a longtemps d'ailleurs combattues,
10:18autrefois au nom de la préférence française, etc.,
10:20et qui maintenant sont ses alliés objectifs.
10:23On sent très bien,
10:26je ne voudrais pas être prophète de mauvaise augure,
10:28mais on sent très bien qu'il y a un espèce de climat
10:31de pré-guerre civile
10:32que certains aimeraient bien installer définitivement.
10:35Voilà, alors il y aura des échéances électorales,
10:37on verra comment elles se passent, etc.
10:40Mais ça, ça peut être un souci, une certaine inquiétude.
10:44Donc voilà, moi je pense qu'on a besoin d'un outil militaire
10:48dans l'Hexagone et à l'extérieur de l'Hexagone,
10:51en particulier sur notre domaine ultramarin.
10:54Nous avons des possessions.
10:56Le gouvernement de M. Macron a commencé à brader la Nouvelle-Calédonie.
11:01C'est un drame absolu, la Nouvelle-Calédonie c'est un porte-avions
11:06dans une région du monde, indépendamment des populations
11:08et des devoirs que nous avons vis-à-vis de ces populations,
11:10mais je pense que c'est une fausse stratégique monumentale
11:14que de vouloir brader, parce qu'il s'agit un peu de ça,
11:17double nationalité sur la Nouvelle-Calédonie,
11:19qu'est-ce que ça veut dire ?
11:20C'est l'abandon de souveraineté.
11:24Voilà, ce gouvernement aura fait énormément de mal à la France,
11:27peut-être plus que les prédécesseurs,
11:29et c'est ce qui est terrible, on parlait des échéances électoires à l'avenir.
11:34Qu'est-ce qui nous attend ?
11:36Je vous avoue que je suis très inquiet,
11:39parce que je ne vois rien de très positif dans l'avenir proche,
11:44même si je suis persuadé qu'au bout du compte,
11:48c'est le bien qui triomphe, mais au bout du compte seulement.
11:51Justement, en parlant de l'élection présidentielle à l'avenir,
11:54vous disiez du mal de la France insoumise,
11:56ce qu'on peut entendre, et tout particulièrement sur TV Liberté,
11:59mais la France insoumise, en revanche, a quand même un atout
12:02en termes de politique extérieure, c'est une espèce de non-alignement,
12:05et elle a moins de tabou de la partie.
12:06– Alors c'est vrai, vous avez raison, ça c'est vrai,
12:09vous avez raison, vous avez raison de me corriger,
12:12parce que ça mérite d'être dit.
12:14Ce qui est vrai, c'est aussi une catastrophe à mes yeux,
12:22mais honnêtement, dès lors qu'il s'agit d'affaires internationales,
12:26je préfère mille fois les discours de M. Mélenchon
12:29à celui de tout un tas d'autres gens,
12:31qui me sont théoriquement plus proches.
12:34Que cela concerne le continent européen, l'Ukraine en particulier,
12:39et l'issue de cette guerre qui doit se terminer,
12:40que ça concerne le Moyen-Orient, que ça concerne le Caucase, etc.
12:46Oui, vous avez raison, malheureusement.
12:51– Il n'y a pas d'autre connu.
12:51– Pourquoi la droite française nationale, en particulier,
12:57a-t-elle déserté l'intelligence ?
13:00Parce que c'est déserté l'intelligence de dire,
13:03comme je l'entends répéter par M. Bardella par exemple,
13:08que la Russie a agressé terriblement l'Ukraine en 2022,
13:16alors que chacun sait que c'est l'Ukraine qui s'est auto-agressée
13:20dès 2014 par un putsch, le putsch Maïdan,
13:23qui a renversé un président élu pour mettre en place un pouvoir
13:28instrumentalisé par l'OTAN et par les États-Unis d'Amérique,
13:31et qui avait la volonté d'américaniser, d'OTANiser l'Ukraine
13:36pour pousser toujours plus loin en direction de la Russie.
13:40– Quitte à s'en prendre aux populations russophones de l'Est de l'Ukraine,
13:48on est entre 14 000 et 16 000 morts toutes ces années,
13:53qui sont des Ukrainiens tués par des Ukrainiens,
13:56des Ukrainiens russophones tués par des avions
14:00et des obus d'artillerie ukrainiens,
14:07et qui ont amené à un moment donné la Russie à sortir de sa réserve,
14:14pourtant longtemps contenue,
14:17longtemps les républiques sécessionnistes de l'Est
14:20ont demandé aux Russes d'intervenir,
14:23longtemps Poutine a résisté,
14:25et puis il a fini en février 2022
14:29par lancé cette opération, cette guerre,
14:33parce que c'est une guerre.
14:35– C'est une guerre qui a duré là plus de temps que la grande guerre.
14:37– Oui, oui.
14:38– Et est-ce qu'elle peut encore durer très longtemps ?
14:40Parce qu'on a l'impression parfois que ça va s'arrêter,
14:41Trump dit j'arrête ça en 24 heures finalement,
14:43ce n'est pas du tout le cas.
14:45– Je veux dire, en fait, Trump a une responsabilité,
14:49mais bon c'est Biden et ses prédécesseurs
14:52qui avaient la vraie responsabilité.
14:53si vous voulez, la doctrine Brzezinski,
14:58elle imprègne la politique américaine depuis longtemps,
15:01et elle les a amenés à cette situation
15:03qui était de vouloir vraiment s'en prendre à la Russie.
15:07C'est une phobie américaine au départ.
15:09La Russie est notre ennemi.
15:10Et il faut donc que l'OTAN considère
15:12que la Russie est l'ennemi de l'OTAN.
15:14Mais l'OTAN c'est l'Union Européenne,
15:17c'est pas moi qui l'ai dit,
15:18c'est Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l'OTAN,
15:20qui avait dit, c'est les deux faces d'une même pièce,
15:24l'OTAN et l'UE.
15:25Il n'a pas tort, c'est vrai.
15:26Et c'est ce qui se passe aujourd'hui.
15:28Donc là où il y a une véritable responsabilité,
15:32c'est l'Europe aujourd'hui,
15:33qui cherche absolument à faire durer cette guerre,
15:38en livrant des missiles à longue portée,
15:40en livrant des drones,
15:42en livrant des capacités industrielles,
15:44et en déversant un argent pas possible sur l'Ukraine,
15:48dont une partie d'ailleurs part à la corruption immédiatement,
15:52eh bien c'est l'Union Européenne,
15:53c'est Madame von der Leyen,
15:54et les, j'allais dire,
15:58les trois frères de la côte,
16:00il y en a un qui est parti,
16:01c'est Starmor,
16:02bon voyage,
16:04mais il reste Macron et Mertz,
16:06qui sont acharnés à faire durer cette guerre.
16:09C'est-à-dire, l'armée ukrainienne est exsangue aujourd'hui.
16:15Finalement, l'Ukraine ne tient que par l'investissement financier,
16:20technologique, en renseignement de l'Union Européenne.
16:25Alors, les Ukrainiens, pour revenir au matériel,
16:29les Ukrainiens ont développé des compétences en matière de drones,
16:33et est-ce que ça en fait une des armées les plus pointues
16:37en la matière dans le monde aujourd'hui ?
16:41– Je ne suis pas un spécialiste des drones,
16:42je ne dois pas vous dire des choses
16:46qui ne se vérifient pas forcément,
16:50mais pour moi, si vous voulez,
16:52les drones jouent un rôle là, c'est certain,
16:54les drones et les missiles.
16:56Tout ça, c'est quand même la technologie qui vient de l'Ouest,
17:01– Qui finissent par construire chez eux, également.
17:02– Bien sûr, sous licence ou pas sous licence, d'ailleurs, peu importe,
17:05mais bien entendu, ça c'est l'objectif de l'Ouest,
17:10moins des Américains.
17:11Les Américains, ce qu'ils intéressent, c'est de vendre.
17:13Alors, c'est très bien de vendre aux Européens,
17:15et si les Européens les donnent aux Ukrainiens à leurs frais, c'est parfait.
17:20C'est très cynique, mais c'est du trumpisme parfait.
17:23Il n'y a pas de surprise.
17:25En revanche, je trouve ça extrêmement grave,
17:27de la part de nos dirigeants,
17:29quand on voit l'état de nos économies,
17:32l'économie française, c'est un désastre, aujourd'hui.
17:3710 ans de Macron, 5 ans de Hollande avant,
17:40c'est un désastre, aujourd'hui, si on regarde les choses.
17:43Les faillites d'entreprises, de PME, en particulier,
17:45ne se comptent plus.
17:49Qu'est-ce qui marche en France, aujourd'hui ?
17:51On peut se le demander, vraiment.
17:53La santé est par terre, on parlait à l'instant de l'armée,
17:57je le dis, elle tient parce que c'est une valeur morale,
18:00mais elle ne tient pas matériellement, vous voyez ce que je veux dire ?
18:02La justice, c'est épouvantable.
18:06On a l'impression que ce pays est en train de se délabrer de partout,
18:10et on aurait besoin d'argent, de notre argent,
18:14et on va le donner,
18:16de manière totalement folle et inconsidérée,
18:19à un pays qui est un pays corrompu,
18:21et qui est une dictature,
18:23et qui est imprégné de symboles nazis.
18:27Moi, je suis désolé,
18:28mais moi, j'appartiens à une famille de soldats,
18:31de plusieurs générations.
18:34Mon père et mon grand-père,
18:35et mes grands-pères,
18:36ne se sont pas battus,
18:37et n'ont pas fait ce qu'ils ont fait
18:39pour qu'on en arrive là aujourd'hui, c'est scandaleux.
18:40– Après la symbolique nationale-socialiste,
18:43on la retrouve des deux côtés,
18:44puisqu'en Russie,
18:45il y avait quand même Prigogine et son camarade
18:47qui ont été dessoudés dans leur avion,
18:48qui étaient aussi des amateurs des collectionneurs.
18:49– Oui, mais peut-être plus folklorique,
18:52parce que vous n'avez pas en Russie,
18:54en Russie, on célèbre aujourd'hui plutôt
18:57la Grande-Russie, et même impériale,
19:00s'il faut, avec les…
19:04– Mais aussi communistes, donc…
19:06– Mais oui, c'est peut-être d'ailleurs
19:09la réussite de Poutine,
19:12c'est qu'il a réussi à réconcilier
19:15au moins la Russie sur son histoire.
19:17– Est-ce qu'on dirait ça
19:19si demain le chancelier allemand disait
19:20« Bon, maintenant, on célèbre toute l'Allemagne,
19:22y compris le Russie ? »
19:23– Il ne peut pas.
19:24– Parce qu'il y a une chape de plomb moral
19:26qui existe là, on n'est pas sûr.
19:27– Bien entendu, c'est aussi pour ça
19:29qu'il est très gêné vis-à-vis d'Israël,
19:32par exemple, ce bon chancelier Emertz.
19:35Mais pourquoi ne l'est-il pas vis-à-vis Zelensky ?
19:38Il pourrait l'être un peu…
19:39Vous voyez, les Polonais viennent de taper
19:42un grand coup dans la marme politico-médiatique,
19:45en retirant la grande croix de l'Aigle Blanc
19:48à M. Zelensky.
19:50Tout ça à cause de la glorification de Melnik,
19:52qui était un collaboratoire notoire des nazis,
19:57qui a assassiné, on ne sait plus exactement
20:00le nombre de Polonais et de Juifs,
20:04Polonais ou pas,
20:06exterminés par ce personnage.
20:10Zelensky l'honore aujourd'hui.
20:12Et nous, on l'invite à venir co-présider de Champs-Élysées.
20:17– Ce qui lui-même est d'origine juive,
20:19donc c'est paradoxal également.
20:21– Oui, mais qui est, avant tout, je vais vous dire,
20:23je pense que ce n'est pas paradoxal,
20:25je pense que c'est un…
20:27Vous avez des Juifs héroïques
20:28et vous avez des Juifs qui sont des salopards,
20:31comme partout, comme dans toutes les communautés du monde.
20:34Moi, je pense que c'est un garçon
20:35qui voit son intérêt personnel
20:37et celui de sa clique, de son camp.
20:41Il se maintient par la corruption.
20:44Donc vous avez…
20:45Lui, donnez-moi des milliards, donnez-moi des milliards.
20:48Et il les obtient.
20:50C'est ça, le plus faramineux.
20:52Donc moi, je ramène ça à l'aune.
20:55Le seul axe qui compte à mes yeux,
20:57c'est l'intérêt national français.
20:59Et je me dis, c'est une catastrophe.
21:01C'est une catastrophe.
21:02On délaisse les Français,
21:04on ignore leurs problèmes.
21:06Regardez, en cette période de canicule,
21:11je lis dans un journal sérieux,
21:13je ne sais plus si c'était le Chicago,
21:15que la France est le mauvais élève de l'Europe
21:18en matière de climatisation
21:19et d'équipement public face au froid.
21:23Je pense aux écoles.
21:24Il y a des écoles, vous avez des enfants petits.
21:29Par ces temps,
21:31on monte à 40 ou 45 degrés.
21:35Il faut y penser avant, quand même, tout ça.
21:37Ça demande de l'argent de climatiser des écoles,
21:41des dispensaires, des hôpitaux, etc.
21:45Si on n'a pas cet argent parce qu'on a donné
21:46une puissance étrangère corrompue,
21:48moi, je suis désolé, mais ça me fait hurler.
21:52Alors, de ce côté-là, c'est vrai,
21:55l'EFI est peut-être plus courageux,
21:59plus cohérent, d'une certaine manière,
22:01que d'autres dont je serais théoriquement plus proche.
22:04– Et il n'y a aucun autre candidat
22:07qui semble, pour vous, être à la hauteur
22:11sur ces questions de défense ?
22:13– Je vais vous dire, je pense qu'on est…
22:14– Il n'y a aucun militaire, cette fois-ci,
22:15pour le moment, qui est en lice.
22:17– Vous parlez… Non, il n'y a pas de militaire en lice.
22:19– Il y en a très peu qui ont fait leur service militaire.
22:21– De moins en moins.
22:23Macron n'a pas fait de service militaire, c'est dommage,
22:24parce qu'il aurait peut-être parfois
22:25un comportement un peu différent.
22:27Mais vous avez les candidats qui s'annoncent,
22:33il y a une pléthore de candidats.
22:36Franchement, le problème, c'est que vous en avez
22:38qui sont bien meilleurs que d'autres,
22:40mais qui ont peu de chances de pouvoir s'imposer
22:44parce que le système est fait de telle manière
22:47qu'ils seront contenés à 1,5 ou 2% ou 2,5%.
22:54Et puis, vous avez d'autres candidats
22:55qui sont un peu montés en puissance de manière artificielle
23:01et on veut vous faire un match à 2 ou à 3.
23:04Aujourd'hui, on voit bien ce qu'ils se dessinent.
23:06Alors, on ne parle plus de Marine Le Pen.
23:08Attendons le 7 juillet quand même pour savoir si…
23:11– Et quand on diffuse le Zoom, c'est très bien.
23:13On aura déjà le résultat.
23:14– On aura le résultat, voilà.
23:16Mais c'est vrai, pardon.
23:17Mais simplement, je veux dire, voilà.
23:21On voit bien que le système veut imposer
23:27Jordan Bardella face à un candidat
23:33qui pourrait être Édouard Philippe pour le système,
23:36système, Macron 10, qui veut durer ou d'autres.
23:40On a compris que le jeu natal était un peu dans les coins du terrain.
23:49Mais finalement, est-ce que la gauche sera capable
23:56de dégager un candidat unique et comment, etc.
23:59Mais le seul qui est de la gueule
24:00et qui est franchement un talent de tribun, c'est Mélenchon.
24:04On peut le détester, on peut ne pas l'aimer,
24:07on peut trouver tous les défauts de la Terre,
24:12mais il est quand même remarquable.
24:14– Et quelqu'un comme Édouard Philippe
24:15ou même comme Jordan Bardella,
24:17ce sont des gens qui peuvent aussi être pragmatiques.
24:22– Moi, Édouard Philippe…
24:24– Ce n'est pas trop, pour le monde,
24:25ce qu'il pense en matière de défense.
24:26– Oui, oui.
24:28Il donne quand même des signes.
24:30Si vous voulez, quand vous voyez Édouard Philippe
24:34se rendre à Kiev, etc.
24:39Et Bardella faire la même chose, finalement,
24:42en disant que finalement, les Russes, c'est nos ennemis,
24:47c'est vraiment la puissance menaçante pour la France.
24:50Je suis désolé, c'est catastrophique
24:53au plan de la réduction stratégique élémentaire.
24:55C'est-à-dire, ce n'est pas possible
24:57qu'un candidat à la présidence de la République,
24:58sérieusement, ose dire de pari bêtise, franchement.
25:02Donc, je sais que…
25:05Moi, je parle librement.
25:06Je n'appartiens à aucun parti.
25:08Je suis français.
25:10Ma seule qualité, c'est d'être français, patriote
25:13et convaincu de l'intérêt national.
25:18Pourquoi va-t-on titiller l'ours russe ?
25:24On le pousse dans les bras des Chinois,
25:28alors qu'il n'y a rien au départ pour que les Chinois s'entendent avec les Russes.
25:35Il y a des milliards de Chinois qui sont massés à la frontière russe orientale
25:41face à des territoires qui sont vides de population et riches.
25:47Donc, qu'a-t-on comme intérêt à vouloir systématiquement insulter la géopolitique ?
25:54Voilà.
25:54C'est mon dada, mais je pense qu'on a des candidats
26:02où nos candidats ont peur simplement de dire les choses,
26:07et c'est grave,
26:09et ils se font petit à petit neutralisés par la doxa,
26:14vous voyez ce que je veux dire,
26:15où vous avez la capacité à dire,
26:18voilà ce que je pense pour la France.
26:20Ah oui, il y a des candidats qui le font,
26:24mais qui sont un peu désunis.
26:26Moi, je crois vraiment qu'on est à un stade.
26:30Je sais que je vais choquer peut-être en disant ça,
26:32mais je le pense vraiment.
26:35La division, elle n'est plus droite-gauche.
26:39Certains rêvent de l'union des droites,
26:41mais c'est au-delà de ça.
26:43On n'a pas ces scapes.
26:44Je pense qu'il y a l'union à faire des gens qui aiment la France.
26:51Et vous avez des gens à gauche qui aiment la France,
26:53et qui veulent la souveraineté de la France,
26:55l'indépendance de la France,
26:57et vous en avez à droite.
26:59Alors au centre, je ne sais pas,
27:01je ne suis pas contre l'idée en soi.
27:03– Il y a toujours eu des...
27:04– Oui, oui.
27:05– Ils sont volants un peu.
27:07– Oui, c'est vrai.
27:07Mais, alors, en fait, le clivage aujourd'hui, à mon avis,
27:12il est entre patriotes, souverainistes, indépendantistes,
27:18allez, disons le mot,
27:20et soumis globalistes,
27:26avec toutes les déclinaisons qui vont derrière.
27:30– C'était la campagne de Marine Le Pen
27:31entre mondialistes et souverainistes ou nationalistes,
27:35n'importe quoi.
27:35– Oui, mais on en est où, aujourd'hui ?
27:38Le discours ?
27:41Les mots ont un sens.
27:43On ne peut pas galvauder les mots.
27:45Les Français sont des gens,
27:49des niveaux d'instruction différents,
27:51il y a tous les milieux représentés,
27:52il y a des intellectuels aux ouvriers,
27:55aux paysans, aux militaires,
27:58mais tout le monde réfléchit quand même.
28:00Il y a un bon sens français qui existe.
28:03Donc, il faut simplement expliquer aux gens les enjeux
28:06et leur permettre de s'exprimer.
28:09Moi, je pense que, si vous voulez,
28:11quand vous prenez, par exemple, l'Europe,
28:14il a fallu traiter de Lisbonne pour trahir
28:17le référendum sur l'Europe de quelques années auparavant,
28:20qui disait non à la Constitution européenne.
28:23Et on nous l'impose.
28:24Et on nous a corsetés,
28:26et on nous a mis sous une espèce de chape de plomb
28:29qui nous oblige à aller dans ce sens-là.
28:32Moi, franchement, je dis l'Union européenne d'aujourd'hui,
28:39sur le plan militaire,
28:40je suis sidéré de voir que certains parlent d'armée européenne.
28:45Quel est le jeune Français qui va aller se faire tuer
28:49pour le drapeau étoilé de l'Union européenne ?
28:55C'est viscéralement pour son drapeau, pour sa nation.
28:59– Mais il y a des coopérations quand même entre les armées…
29:03– Ça a toujours été, ça a toujours été,
29:06mais avec beaucoup de précautions.
29:11Vous savez, mon père était Saint-Syrien,
29:13il appartenait à la promotion 39-40,
29:16amitié franco-britannique.
29:17On a vu très vite ce que devenait
29:20cette amitié franco-britannique à Versailles-Kébir ou ailleurs.
29:23Ça le faisait sourire.
29:26Il disait, oui, je suis de la promo 39-40.
29:29Je n'aimais pas trop dire amitié franco-britannique.
29:32– Et puis 39-40, ce n'est pas les meilleures armées
29:34des années de l'armée française non plus.
29:35– Non, non plus.
29:36Mais oui, et la faute à qui ?
29:41La faute à qui ?
29:42Parce que l'armée française de 39-40,
29:47elle s'est bien battue.
29:49Elle a fait ce qu'elle pouvait.
29:52Il y a eu des sacrifices formidables.
29:54Mais on était face à une force mécanique supérieure,
29:59organisée, à la prussienne.
30:01Et nous, on entraînait des années de pacifisme belan.
30:09Donc, voilà, si vous voulez,
30:12je pense qu'on est à un tournant de notre histoire.
30:14Nous, Français, nous, la France.
30:16Moi, ce qui m'intéresse, c'est la France.
30:18J'ai une grande méfiance instinctive, naturelle.
30:21Je suis lorrain, d'origine, vis-à-vis de l'Allemagne,
30:24qui n'a jamais été notre amie,
30:26malgré les efforts faits par De Gaulle,
30:28Adenauer, etc., après la guerre,
30:30pour essayer de réconcilier ces deux pays.
30:37Mais une grande méfiance vis-à-vis de l'Allemagne.
30:39D'ailleurs, Mertz souligne cette méfiance tous les jours.
30:44Chaque fois, je l'entends parler,
30:45je me dis, mais ce type nous emmènera à la catastrophe.
30:49Et grande méfiance vis-à-vis de la perfide Albion,
30:53du Royaume-Uni, de la Grande-Bretagne.
30:55– Reste l'Italie, donc, tout que ça ?
30:57– Oui, mais non, vous avez raison.
31:00En fait, la France est quand même un pays latin,
31:03majoritairement latin.
31:04Et regardons l'Italie, regardons l'Espagne.
31:11Vous voyez, là aussi, l'Espagne.
31:14Dieu sait si je n'aime pas beaucoup le premier ministre Sanchez.
31:17Et alors, je vois qu'il a quelques soucis avec sa femme aussi,
31:20la corruption, etc.
31:22C'est vraiment le gauchiste borné au départ.
31:28Mais il a quand même des réflexes sains et courageux
31:33en matière de politique internationale,
31:36quand je vois son attitude vis-à-vis d'Israël
31:39et de ce qu'Israël fait au Moyen-Orient.
31:42C'est mon avis personnel.
31:44Donc, les choses ne sont pas si simples,
31:46elles ne sont pas si caricaturales
31:48qu'on voudrait les présenter,
31:50ni à droite ni à gauche, d'ailleurs.
31:52Mais moi, c'est pour ça que je dis que
31:54le vrai problème aujourd'hui,
31:56il est en franco-français.
31:59quels sont les Français qui veulent restaurer
32:03l'indépendance de la France,
32:05sa souveraineté et donc sa grandeur ?
32:07Et tout se décline derrière.
32:09Ça veut dire qu'il faut rebâtir une industrie,
32:11c'est-à-dire qu'il faut sauver notre agriculture
32:13alors que nous avions...
32:14C'était un des piliers de notre économie,
32:16de notre force.
32:18Il faut nous recréer une diplomatie
32:20qui est exempte,
32:21qui est par terre et déconsidérée.
32:23Et il faut nous doter d'un outil militaire
32:26qui soit conséquent.
32:28Voilà, on a tous les moyens pour ça.
32:30Sauf qu'il nous manque l'essentiel,
32:32c'est-à-dire un gouvernement de combat,
32:36dans le bon sens du terme,
32:39je ne veux pas dire qu'il parte à la guerre,
32:41surtout pas,
32:42mais qu'il entreprenne de redresser ce pays.
32:45Voilà, c'est pour ça que je prie tous les soirs.
32:49– Il nous reste quelques mois pour attendre,
32:52de voir si vous vous serons exaucés.
32:55Merci beaucoup, colonel Augard.
32:56À très bientôt.
32:57– À bientôt, merci beaucoup.
33:00– Sous-titrage ST' 501
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