00:00Mais d'abord, Didier, je le disais, même vous, dans cette guerre, vous arrivez d'être surpris, notamment...
00:05Oui, parce que ça n'a pas grand-chose à voir.
00:06Oui, vous allez dire, ça n'a pas forcément grand-chose à voir avec l'Iran, mais quand même, l
00:10'image nous a forcément interpellés aujourd'hui,
00:12parce que c'est une image envoyée par les Américains, d'un de leurs sous-marins nucléaires lanceurs d'engin,
00:18le voici, l'USS Alaska, au large de Gibraltar.
00:21À Gibraltar même, puisqu'il est rentré dans le port, dans la base navale britannique, accompagnée d'ailleurs par des
00:29commandos britanniques
00:30qui avaient été amenés spécialement de Grande-Bretagne pour le faire.
00:33Alors, c'est pas, effectivement, c'est pas fréquent, parce que là, c'est vraiment un sous-marin lanceur d
00:37'engin,
00:37c'est la classe Ohio qui est vraiment le cœur de la triade, enfin, dans la partie sous-marine de
00:46la triade de la dissuasion américaine.
00:48C'est un énorme sous-marin qui emporte 24 missiles balistiques, et c'est assez rare, effectivement, de les voir
00:58en surface,
00:59parce que le but du jeu, en général, pour eux, c'est d'être dilués pendant des mois sous la
01:03surface, invisibles et inaudibles,
01:05parce que la question du bruit est fondamentale.
01:08La dernière fois qu'il était venu, d'ailleurs, pareil, à Gibraltar, et c'était le même.
01:13C'était en 2021, et c'était donc il y a quatre ans.
01:19Et la fois d'avant, c'était en 1999, donc 21 ans avant.
01:24Et on savait pourquoi ?
01:26Alors, c'était de la logistique, disent-ils.
01:28On ne sait pas si c'est un problème technique ou si c'est juste de la logistique.
01:32Là, ce qui est intéressant, c'est qu'il y a eu un communiqué qui a été fait par la
01:36sixième flotte,
01:36qui a annoncé son arrivée, qu'ils l'ont montré, et qui dit que cette visite démontre les capacités,
01:42la flexibilité et l'engagement américain auprès de ses alliés de l'OTAN.
01:46Et donc, je pense que...
01:47C'est pour ça que vous dites que ça n'a rien à voir avec l'Iran ?
01:49Oui, je pense que... D'abord, parce que ce n'est pas l'Iran qui est...
01:51C'est avant la Chine.
01:52Ça, c'est les compétiteurs.
01:54C'est la Russie, c'est la Chine, c'est du lourd.
01:56Puis on est dans la grammaire nucléaire.
01:57On est dans la grammaire nucléaire, donc ce n'est pas l'Iran.
01:59Ce qui est intéressant, c'est de voir...
02:02Parce que j'ai regardé...
02:03On cherche à lire ce signalement, parce que c'est un signalement.
02:07Ce qui est intéressant, c'est...
02:11J'ai découvert un petit truc qui va bien, c'est que le matin...
02:15Enfin, ce matin, donc hier matin, à l'arrivée de ce sous-marin...
02:19Avant l'arrivée du sous-marin à Gibraltar,
02:24il y a un avion, et pas n'importe quel avion,
02:26qui s'est posé en Allemagne.
02:28Et c'était un Mercury E6B.
02:30Et voilà.
02:32Oui, mais alors là, vous n'êtes que deux...
02:33Vous n'êtes que deux à figer ce que vous venez de dire.
02:37Je suis désolé de vous décevoir, tous les deux.
02:39Et on va vous décriter l'affaire d'avoir les deux.
02:42Pourquoi ? Parce que l'avion dont je viens de vous parler,
02:44c'est en fait une plateforme de commandement de l'US Navy en vol
02:46qui permet de donner les ordres de tir à ces sous-marins,
02:50même s'ils sont en plongée.
02:51Et même s'ils sont très loin, et même s'ils sont cachés.
02:54En France, on avait l'Astarté, qui a été démonté,
02:57parce qu'on a trouvé des moyens alternatifs.
03:00Mais donc, ça veut dire quoi ? Le fait de coupler les deux ?
03:03Eh bien, c'est bien parce que vous avez, en fait,
03:04deux réponses à deux pays qui ont un peu craint
03:08et sur lesquels il y a un peu de tension avec les États-Unis
03:10dans le cadre de l'OTAN en ce moment,
03:12qui sont l'Allemagne.
03:13puisque là, je vous rappelle que Trump avait un peu menacé
03:16d'enlever un certain nombre de troupes de là-bas,
03:19qui, sur la question de l'Iran, ça s'est tendu là-dessus.
03:22Mais bon, on a sûr...
03:23Et la Grande-Bretagne, avec qui c'était aussi tendu,
03:25et vous voyez bien que...
03:26Ils vont agir à l'attard chez les Anglais.
03:28Voilà, le sous-marin rentre chez les Britanniques.
03:30Je pense qu'il y a de la part de l'État-major américain
03:33et de la direction politique américaine,
03:37une volonté de rappeler à l'ensemble de leurs partenaires européens,
03:40hors la France, qui, elle, est totalement autonome dans sa dissuasion.
03:44Mais aucun des autres, même les Britanniques,
03:46font partie du comité des plans nucléaires de l'OTAN.
03:49Je pense qu'il était...
03:51Les militaires ont convaincu Trump
03:52qu'il était temps de faire un geste en direction des pays européens
03:56sur le fait que le parapluie nucléaire américain...
03:59Parce qu'eux ont un parapluie nucléaire,
04:01à la différence de nous,
04:02qui essayons d'expliquer à nos partenaires européens
04:04quels sont les intérêts stratégiques communs.
04:06Le parapluie nucléaire américain,
04:08il y avait un petit doute dessus,
04:09avec toutes les âneries de Trump.
04:11Et je pense que là,
04:13on est en train de voir une manœuvre américaine
04:15pour montrer que...
04:17Et c'est ça, le sens du communiqué de la sixième flotte.
04:20C'est...
04:20Vous ne vous inquiétez pas.
04:22On est là.
04:22Le parapluie nucléaire américain est toujours là.
04:24Et nous avons deux moyens,
04:27cocomitants et cohérents,
04:28qui sont déployés en Allemagne
04:29et dans une base de Grande-Bretagne.
04:31Merci.
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