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Ce mardi 12 mai, dans son édito, Raphaël Legendre est revenu sur le nouveau combat commun du Rassemblement national et de Renaissance, défendre les entreprises face au risque d'une réduction des allégements de charges. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Erwan Morice sur BFM Business.

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Transcription
00:00Raphaël Le Gendre, une fois n'est pas coutume, le RN et Renaissance font front commun contre un probable coup
00:04de rabot du gouvernement sur les allègements de charges.
00:07Oui, ça a fait réagir hier sur X, le président du RN, Jordan Bardella, et l'ancienne porte-parole du
00:15gouvernement de Gabriel Attal, Priska Thévenot.
00:18Les deux ont tweeté, ont réagi aux informations de BFM Business.
00:21On est très écoutés, qu'on vous donnait hier à savoir que le gouvernement s'apprêterait à passer un coup
00:28de rabot sur les allègements de charges des entreprises pour compenser la hausse du SMIC au 1er juillet.
00:35Et si on ne peut pas vraiment soupçonner ces deux personnalités politiques de collusion, force est de constater qu'ils
00:43disent à peu près la même chose.
00:46Pour le président du RN, le gouvernement va renchérir le coût du travail en France.
00:53Quand, pour l'ancienne porte-parole du gouvernement Attal, supprimer des allègements de cotisations, c'est augmenter les impôts des
01:02entreprises, Priska Thévenot,
01:03qui demandent au gouvernement de sortir, de confirmer ou d'infirmer cette information.
01:10Alors voilà, on a RN et Renaissance, deux parties pour une seule voie pro-business, un seul couloir de nage
01:18à la recherche des entreprises.
01:20Raphaël, il faut dire que la menace d'un coup de rabot d'un milliard et demi sur les allègements
01:23de charges, ça fait quand même réagir l'ensemble du patronat.
01:26Oui, effectivement, mais une fois n'est pas coutume, je dirais que c'est un peu tiré par les cheveux.
01:31On ne peut pas nous accuser, nous, BFM Business, de ne pas être pro-entreprise.
01:36On défend les chefs d'entreprise toute la journée sur cette antenne, mais dire que l'on va renchérir le
01:42coût du travail est un raccourci un peu rapide.
01:46Alors, c'est un peu technique, mais je vais tâcher de vous expliquer.
01:49Comme tous les allègements de charges sont indexés sur le SMIC, la hausse du SMIC qui est attendue au 1er
01:59juillet va entraîner automatiquement une augmentation de l'ensemble des allègements de cotisations patronales.
02:08Pour tous les salaires jusqu'à 3 SMIC, il n'y a que le SMIC qui va augmenter, mais tous
02:13les allègements généraux vont augmenter.
02:163 SMIC, c'est jusqu'à 5 500 euros brut au niveau des salaires.
02:21Donc, l'ensemble des entreprises profitent de ces allègements alors qu'au-delà du SMIC, les salaires n'augmentent pas.
02:29Il y a une forme d'effet d'aubaine dans l'augmentation de ces allègements de charges.
02:35Et ça, ça coûte cher, ça coûte très cher à la Sécu Air One.
02:39D'autant plus qu'on a eu pas mal d'inflation ces dernières années.
02:42Et donc, l'effet qu'on risque de connaître là, on le connaît beaucoup depuis 2022-2023.
02:48C'est comme ça que le coût des allègements généraux, c'est comme ça qu'on les appelle, des allègements
02:53généraux de cotisations patronales,
02:56est passé de 50 milliards en 2020 à plus de 80 milliards aujourd'hui.
03:01On est à 83 milliards précisément en 2026, plus 33 milliards d'euros en 6 ans.
03:08La facture est quand même considérable.
03:11Là, on parle juste de geler une dépense supplémentaire de 1,5 milliard.
03:15Un gel de dépense d'un milliard et demi quand on a augmenté cette dépense de 33 milliards, je pense
03:20qu'on peut le faire.
03:21Alors, le MEDEF, lui, affirme de son côté qu'une hausse du SMIC, ça se reporte sur les salaires au
03:26fur et à mesure.
03:27C'est vrai jusqu'à un SMIC, un SMIC et demi, c'est moins vrai au-delà et puis ça
03:32prend des années en réalité.
03:34Et de toute façon, je rappelle que d'ici 2030, il va falloir trouver quand même 100 à 120 milliards
03:42d'euros d'économie
03:44uniquement pour stabiliser le niveau de notre dette.
03:48Donc, si on commence à se chamailler pour 1,5 milliard d'efforts, ça risque d'être extrêmement compliqué.
03:55Donc, qu'on se le tienne pour dit, tout le monde va devoir participer à l'effort de redressement, y
04:01compris des entreprises.
04:02L'édito Raphaël Le Gendre, tous les matins.
04:04L'édito Raphaël Le Gendre, tous les matins.
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