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Les clefs d'une vie de Marie-Paule Belle
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-05-04##
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PersonnesTranscription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:06Vous avez grandi sous le soleil de la Côte d'Azur
00:08avant de découvrir la lumière des projecteurs à Paris.
00:11Vous bouclez aujourd'hui la boucle avant de retourner dans l'ombre, si j'ose dire.
00:15Bonjour Marie-Paul Belle.
00:17Bonjour Jacques.
00:18Alors c'est vrai que vous allez dire au revoir au public au Théâtre de Passy à partir du 19
00:23mai,
00:23mais on va se dire bonjour aujourd'hui en évoquant ce long parcours,
00:27c'est 50 années de carrière, c'est quand même beaucoup.
00:30Oui, même 56 ans parce que j'ai commencé en 70 et à l'écluse.
00:37Justement, on va en parler puisque le principe des clés d'une vie, vous le savez,
00:40c'est d'évoquer votre parcours à travers des dates clés.
00:43La première ne vous concerne pas directement,
00:45mais je crois qu'elle est importante dans votre souvenir.
00:47Le 30 juin 1965, vous ne chantez pas encore,
00:51mais vous assistez à un concert mythique.
00:57Les Beatles, She Loves You.
00:59Car ce soir-là, vous êtes à Nice et c'est un choc total.
01:03Complètement, j'étais vraiment comme les fans.
01:07Hystériques, mais pas dans les cris, dans la sidération en fait.
01:11Tellement c'était parfait et tellement c'était des musiciens.
01:14Et j'étais en admiration sur les harmonies des voix.
01:18Et vraiment, j'étais fan, vraiment fan.
01:20Je crois que le concert avait débuté à 23h au Palais des Expositions de Nice,
01:25après une longue première partie.
01:28Et c'était absolument hallucinant, car vous découvriez les Beatles.
01:33Ah oui, oui, complètement.
01:36C'était vraiment quelque chose de tellement nouveau.
01:39Puis c'était une révolution sociale dans la musique.
01:43C'était la musique de la jeunesse.
01:46Et en même temps, c'était des vrais musiciens.
01:49Donc moi qui suis musicienne, j'étais fascinée, vraiment.
01:52Je crois que ce soir-là, vous avez échappé à des jets d'eau.
01:55Oui, c'est vrai.
01:59J'avais oublié, mais c'est vous qui me le rappelez.
02:01Ils ont arrosé le public parce qu'ils étaient trop excités.
02:05En fait, on les a refroidis un peu.
02:07Oui, il y avait des évanouissements dans la salle.
02:10Et dans la salle, il y avait deux débutants, un couple débutant qui était fan des Beatles.
02:13C'était Guy Bedos et Sophie Dormier.
02:15Ah, je ne savais pas.
02:16C'est bien.
02:17Alors, il se trouve que les Beatles et votre guitare, c'est quand même très différent.
02:21Parce qu'au départ, la guitare s'est née avec votre amour des yéyés et des apaches, je crois.
02:27Oui, mais qu'est-ce que vous en savez, ça ?
02:30C'est incroyable.
02:31Je ne suis même pas sûre que je l'ai raconté quelque part.
02:34Mais c'est incroyable.
02:35Et c'est vrai que les apaches sous Richard Anthony, ça vous fascinait.
02:43Et ça a été pour vous la découverte de la musique ?
02:47De la guitare plutôt ?
02:48Oui, de la guitare.
02:49Parce que comme je jouais du piano depuis toute petite, mais bon, on ne trouve pas des pianos partout.
02:54Et puis surtout des bons pianos.
02:56Donc j'avais appris toute seule à transposer quelques accords pour pouvoir amener un instrument de musique dans les stages
03:04de ski.
03:04Des choses comme ça.
03:05Oui, surtout qu'au départ, votre avenir, c'était plutôt la médecine comme votre père.
03:10Oui, je voulais continuer la tradition familiale.
03:14Et comme j'étais nulle en maths et qu'à ce moment-là, pour faire médecine, il fallait être très
03:19bonne en maths,
03:20j'ai fait des études de psycho en pensant que je ferais psychoclinique.
03:25Oui, c'est la seule chose que vous avez ratée finalement.
03:28Oui, j'ai stoppé au doctorat.
03:30Alors, vos premières années, donc très très jeunes, c'est Pont-Saint-Maxence dans l'Oise près de Paris,
03:36avec un père qui est vraiment le patron des environs, parce qu'il est médecin.
03:41Oui, les médecins de famille.
03:45Et à cette époque, vous savez, les médecins faisaient tout.
03:49Ils étaient réveillés la nuit pour les accouchements et tout ça.
03:52Il n'y avait pas tant de spécialistes.
03:54Donc, c'était vraiment... Il était adoré.
03:56C'était un médecin très ancienne école qui écoutait beaucoup les gens.
04:01Oui, d'ailleurs, il a été regretté.
04:02Aujourd'hui, à Pont-Saint-Maxence, il n'y a même plus de pédiatre.
04:06Donc, on fait appel à une consultation bimensuelle de pédiatrie.
04:09Ah bon ?
04:09À l'hôpital, oui.
04:10Vous en savez des trucs. Ah bon, je ne savais pas.
04:13Alors, vos parents, je crois, se sont connus en jouant à la Marelle.
04:18Vous me l'apprenez, je ne savais pas.
04:20À l'école, oui.
04:21Oui, à l'école, ça y est. Parce que leurs parents étaient amis et médecins tous les deux.
04:27Les deux papas étaient médecins et ils se connaissaient depuis longtemps.
04:32Et donc, mes deux grands-pères étaient... Il y en avait un qui était chirurgien et l'autre médecin de
04:37famille.
04:38Et je crois que... Je ne sais pas si vous avez joué à la Marelle et vous, enfant.
04:42Oui, oui, oui.
04:43Ça vient d'un vieux français méro qui signifie le palais. Le palais qu'on lance pour la Marelle.
04:47Les papas... Oh, j'aime bien parce qu'avec vous, je me cultive.
04:51Alors, votre père a quand même signé une chanson dans sa vie. C'est celle-ci.
04:55Oui.
04:55Vous m'avez dit, on a souri, le mieux est l'ennemi du bien.
05:02Ce ne serait pas mal de faire le pire.
05:06Tout vient à point.
05:07Oui.
05:07Votre premier disque, c'est un collector.
05:10Oui, absolument.
05:12Mais il écrivait des petits poèmes comme ça.
05:16Il était très content que je fasse... que j'enregistre des chansons.
05:22Maman était plus réticente parce qu'elle avait peur de ce milieu, entre guillemets.
05:30Et si vous avez enregistré ce premier disque, Marie-Paul Bell, c'est après avoir remporté un concours qui s
05:36'appelait Chapeau à Télé-Monté-Carlo.
05:38Oui.
05:39C'était un concours télévisé qui s'appelait Chapeau où on sélectionnait des candidats comme The Voice aujourd'hui.
05:48Et alors, il s'appelait Chapeau parce qu'il sélectionnait quelquefois des candidats un peu ringards.
05:53Et donc, il les faisait passer exprès et si le public décidait que c'était ringard, on lui mettait un
06:02chapeau sur la tête avec une grande dégoulinade de roulement de batterie.
06:06Et ça faisait rire le public.
06:08C'est le principe du radiocrochet des années 30 où on sortait avec un crochet viré par l'animateur.
06:14Oui, c'est ça.
06:15Et donc, vous, vous avez gagné.
06:16Oui.
06:17Et vous avez gagné, je crois, avec cette chanson grâce à laquelle vous avez accédé à la finale.
06:21Faudrait voir à pas mélanger les torchons avec les servillettes, le malheur et l'imbécilité, la fringale et le boucheur.
06:29Alors là, je crois qu'il n'y a que vous et moi qui connaissons cette chanson.
06:31Point de vue de Jean-Arnulf, qui est un chanteur engagé des années 60.
06:35Oui, et qui chantait à l'écluse aussi et que j'avais rencontrée.
06:39Et j'adorais cette chanson et je la trouvais tout à fait vraie.
06:45Et donc, voilà, je l'avais décidé de la chanter.
06:49Et comment vous avez accédé à la finale ?
06:50Ça a été une suite éliminatoire ?
06:52Oui, c'est ça.
06:53C'était...
06:53Je ne sais plus si c'était toutes les semaines ou...
06:56Enfin, il y avait une série d'émissions.
06:59Et puis, il y avait la grande finale annuelle.
07:02Et j'ai gagné successivement toutes les étapes.
07:06C'est un moment d'émotion quand même parce qu'on ne s'attend pas à gagner.
07:09Ah non, non.
07:11J'ai été très très émue et c'était important pour moi parce qu'il y avait des professionnels le
07:17jour de la finale dans la salle.
07:19Et donc, j'ai été comme reconnue pour la première fois.
07:23Donc, j'ai été très émue.
07:24Et je crois que le pianiste vous a glissé à l'oreille.
07:27Vous ferez une belle carrière.
07:28Oui, c'est incroyable.
07:30Oui, j'en ai la chair de poule encore.
07:31Alors, il a dit exactement, en s'adressant au public, devant tout le monde, il a dit, vous voyez cette
07:39petite, elle ira très loin.
07:41Voilà.
07:42Alors, ça a commencé par un 45 tours qui était innovateur.
07:46Un 45 tours, il y avait quatre titres et là, il y avait deux titres.
07:49C'est une collection qui s'appelait Gemini liée au vaisseau spatial.
07:53Ah oui, je ne savais pas pourquoi, mais c'était la première fois qu'on mettait deux titres sur un
07:5845 tours.
07:59Et j'ai inauguré cette série-là.
08:01Chez CBS.
08:02Voilà.
08:03Et effectivement, ça n'a pas tellement marché.
08:05Non, on ne peut dire pas du tout.
08:08Mais ça vous a rendu le contrat même.
08:11Oui, je ne me souviens plus comment ça s'est terminé, mais certainement oui.
08:15Alors, la chanson aussi, il y a quelqu'un qui a été très important dans votre goût pour la chanson,
08:19c'est votre grand-mère Corse.
08:21Ah oui, parce que déjà, elle chantait des chansons corse traditionnelles en Corse.
08:29Et elle chantait tout le temps.
08:30Et ma mère aussi chantait tout le temps.
08:32On chantait beaucoup dans la famille.
08:35Et pour moi, c'était quelque chose de naturel.
08:38Donc, c'est vrai que j'y pense souvent encore.
08:43Et puis, effectivement, il y a eu le piano.
08:45Et le piano, je crois que c'est votre mère qui jouait du piano.
08:48Et c'est grâce à elle que vous avez commencé au piano, Marie-Paul Belle.
08:51Oui, parce que ça a été en fait, maman, mon premier professeur.
08:57Elle m'a appris à mettre les mains bien placées sur le clavier.
09:02Je me souviens que comme j'étais petite, j'avais trois ans et demi,
09:06elle me disait qu'il fallait faire comme si je tenais une pomme dans la main.
09:10et puis que je la retourne sur le clavier pour que le bout du doigt touche le clavier
09:20et ne pas jouer avec les doigts raides comme certains pianistes de jazz,
09:24entre autres Memphis Slim qui jouait vraiment avec les doigts presque recourbés.
09:29Et alors, je crois que vous avez pris des cours ensuite pendant quelques années
09:32avec une règle absolue, il ne fallait pas vous traumatiser.
09:37Oui, maman avait vu le professeur de piano en disant
09:44surtout, même si elle ne travaille pas, vous ne la grondez jamais
09:48et vous ne lui faites jamais de reproches
09:51parce qu'elle, elle avait beaucoup souffert étant petite
09:54quand elle travaillait mal ou qu'elle faisait mal les passages de pouces dans les gammes.
09:59Elle recevait des coups de règle sur les doigts.
10:01Et c'était sévère à cette époque.
10:04Et donc, elle avait un tellement mauvais souvenir de ça
10:06qu'elle voulait toujours que je sois dans le confort et surtout le plaisir.
10:12Elle avait dit, je veux que la musique et le piano soient toujours un plaisir
10:16et un réconfort pour ma fille.
10:18Et ça a duré des années de plaisir finalement.
10:20Oui, ça a toujours été une joie
10:24parce que quand je sortais du lycée, je me précipitais au piano avec les copains.
10:28Je veux dire, c'était toujours comme une récompense.
10:32Au lycée, ce n'était pas terrible.
10:34Je crois que la seule remarque que vous avez eue sur le carnet de troisième,
10:37c'est merci de nous avoir fait rire.
10:39Oui, c'est vrai.
10:41Vous êtes bien renseigné.
10:43Qu'est-ce qui s'est passé ?
10:44Parce que j'étais le clown, le pitre de la classe.
10:49Et même les profs, ils ne pouvaient pas s'empêcher de rire.
10:52Donc, merci de nous avoir tant fait rire.
10:55Et ça ne vous a pas empêché d'avoir le bac grâce à un petit refuge,
10:58grâce à un dessin de poussin, je crois.
11:00Un dessin de poussin.
11:01Ah oui, mais écoutez, vous savez plein de choses comme ça.
11:05J'ai peut-être dit ça une fois dans un interview.
11:07Oui, parce que j'avais l'option sans science naturelle,
11:11et j'avais un oral,
11:13et j'avais fait l'impasse sur la grenouille.
11:16Et pof, elle feuillette mon cahier de TP,
11:20de travaux pratiques,
11:21et elle me dit la grenouille.
11:23Et moi, je fais, ah oui,
11:26j'ai fait sur le tableau du patient,
11:29j'allais dire, du candidat précédent.
11:31Je dis, ah oui, c'est une bonne idée, la grenouille.
11:34Et je me disais, merde, alors je ne sais rien.
11:37Et puis, elle tourne les pages,
11:39et elle tombe sur le poussin.
11:41Et elle me dit, oh, comme il est bien dessiné, ce poussin.
11:43J'ai dit, oh, j'ai adoré le poussin.
11:45Ah, mais elle dit, faisons le poussin, alors.
11:48Et grâce à ça, j'ai eu ça.
11:49Voilà, ça, ça a été le début.
11:51Puis ensuite, il y a eu la chanson.
11:52Et une date que vous n'avez pas oubliée,
11:54le 20 janvier 1970.
11:57À tout de suite sur Sud Radio,
11:58avec Marie-Paul Belle.
12:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
12:02Sud Radio, les clés d'une vie,
12:04mon invité Marie-Paul Belle.
12:05Nous parlons tout à l'heure de vos adieux,
12:08de vos au revoir plutôt,
12:09au théâtre de Passy à partir du 19 mai.
12:1220 janvier 1970,
12:14une audition que vous n'avez pas oubliée.
12:17Non, vraiment.
12:19C'était à l'écluse.
12:21et un cabaret de la rive gauche.
12:24Il y en avait deux.
12:25Il y avait l'écluse et l'échelle de Jacob.
12:27Et pour pouvoir se faire connaître,
12:30les jeunes talents passaient des auditions dans ces cabarets.
12:34Ils étaient sélectionnés.
12:35Ils pouvaient montrer leur répertoire
12:37et essayer de se faire connaître.
12:40Et donc,
12:42ça a été ce jour-là
12:44que j'ai été engagée
12:46pour chanter à l'écluse.
12:47Et donc, c'était très émouvant.
12:49Il se trouve que l'écluse,
12:50on a un peu oublié.
12:51Il y avait un couloir, je crois,
12:52de 12 mètres pour accéder à la Seine.
12:54Il y avait 80 places.
12:57Oui, très serrées.
12:5880, vraiment.
13:00On était les uns sur les autres.
13:01Et je crois que vous chantiez à 20 centimètres du public.
13:04Pardon ?
13:04Vous chantiez à 20 centimètres du public.
13:06Ah oui, oui, oui, c'est ça.
13:07Et la loge, vraiment,
13:09était tellement étroite
13:10qu'on ne pouvait même pas étendre ses bras
13:13sur la largeur.
13:14C'était la cabine des Marx Brothers
13:16dans Une nuit à l'opéra.
13:17Ah oui, c'est ça.
13:18Alors, vous faites donc cette audition.
13:20Vous commencez à la guitare
13:22avec cette chanson.
13:24Quand retourne chez Vogue,
13:26je suis rentrée.
13:27Oh, mais vous l'avez, cette chanson ?
13:29C'est incroyable.
13:30Je ne savais pas qu'elle existait encore.
13:34La Rêveuse, vous ne saviez pas
13:36qu'elle existait encore ?
13:37Non, non, je ne pensais pas
13:38qu'il y avait un enregistrement de ça.
13:39C'est incroyable.
13:41Et c'est vrai que vous commencez comme ça.
13:42Alors, vous avez un peu peur.
13:43Vous vous dites
13:44est-ce qu'on va me jeter ou non ?
13:45Oui.
13:46Et on vous dit de continuer.
13:47Oui, oui, oui.
13:50Et même, il me semble
13:51qu'on m'en a fait chanter une autre
13:53alors que tout le monde
13:54ne chantait qu'une chanson.
13:55On me dit
13:55qu'est-ce que vous avez d'autre ?
13:57Et je crois que j'ai chanté
13:58Nosferatu.
13:59Exactement.
14:00Et puis, vous vous êtes mis au piano,
14:01ce qui a été une première
14:03depuis le départ de Barbara ?
14:04Oui, personne n'avait touché le piano.
14:06Donc, j'étais très, très impressionnée.
14:09Surtout que le piano
14:11était tourné dans le sens inverse
14:12où je chante d'habitude.
14:14Donc, ça me changeait
14:17mes automatismes
14:18pour regarder le public.
14:19Il fallait que je me tourne à gauche
14:21alors que d'habitude,
14:22je me tourne sur la droite.
14:23En même temps,
14:24vous avez demandé l'autorisation
14:26et on vous a accordé ce règle.
14:28Oui, oui, oui.
14:29Oui, c'était très émouvant.
14:31Je me disais
14:33qu'elle s'est assise
14:34sur ce tabouret.
14:36Je me faisais tout le film,
14:37quoi, vraiment.
14:38Et au piano,
14:40pour l'audition,
14:41vous avez chanté ce titre.
14:42« Vol, gang et moi »
14:46« Ça n'allait pas tout seul »
14:49« Il était fort en gueule »
14:53« Moi sur la clé »
14:56« Fa, fa, fa, fa, fa, fa, fa, fa, fa, fa, fa, fa, fa, fa, fa, fa, fa, fa, fa,
14:57fa, fa, fa, fa, fa, fa, fa. »
14:58« Fait-il t'immédiatement ? »
14:59Comment est née cette chanson ?
15:01Écoutez, franchement,
15:03je ne m'en souviens plus vraiment,
15:05mais bon,
15:06elle est née
15:08de la collaboration
15:09avec mes deux auteurs de l'époque,
15:12mon ami d'enfance,
15:13Michel Grisolia,
15:14et ma compagne,
15:15Françoise Malé-Joris,
15:17qui écrivait des chansons
15:18pour son plus grand plaisir,
15:20parce qu'elle disait
15:21que ça l'a changé
15:22de l'écriture solitaire
15:23de la romancière.
15:25Et d'ailleurs,
15:26quand on vous demande
15:26si vous avez d'autres chansons,
15:28vous vous dites
15:28« Oui, j'en ai beaucoup d'autres en réserve. »
15:30Et effectivement,
15:30Michel Grisolia,
15:31que vous appelez Gris-Gris d'ailleurs,
15:33est votre complice,
15:34je crois que vous l'avez connu
15:35au lycée Masséna à Nice.
15:36Oui,
15:37c'est-à-dire qu'il était
15:38au lycée Masséna
15:39avec mon frère,
15:42et donc,
15:42c'était le meilleur ami de mon frère,
15:45et puis il venait tout le temps à la maison,
15:46donc on en a commencé
15:48à écrire des chansons comme ça,
15:50comme un jeu d'enfant
15:51qui a continué en fait.
15:53Il a écrit des chansons,
15:54et il y a aussi des romans,
15:55et il y a un de ces romans
15:56qui est devenu un film très célèbre,
15:58qui s'appelait
15:58« L'inspecteur de la mer »,
15:59et c'est devenu
16:00« Flic ou voyou »
16:01avec Belmondo.
16:02Oui, oui, c'est vrai.
16:05J'ai été très fière
16:06à ce moment-là de lui,
16:07enfin toujours,
16:08j'ai été très fière
16:09parce que c'était
16:10un très grand talent.
16:12Alors,
16:12l'écluse commence donc,
16:13vous êtes engagée,
16:14et vous allez faire
16:16un parcours du combattant
16:17parce qu'à l'époque,
16:17pour vivre,
16:18il faut faire plusieurs cabarets,
16:19Marie-Paul Belle.
16:20Oui,
16:20on était payé vraiment
16:21des clopinettes,
16:22je veux dire,
16:23il fallait en faire
16:23deux ou trois dans la nuit,
16:26donc ça ne nous payait
16:27même pas le taxi
16:28parce qu'on était obligés
16:29de prendre un taxi,
16:30après il n'y avait plus
16:31de métro,
16:32après une heure du matin,
16:33donc finalement,
16:35c'était vraiment
16:36pour le plaisir
16:37et pour se faire connaître
16:39qu'on faisait ces cabarets.
16:40En même temps,
16:41il fallait courir
16:41d'un endroit à l'autre.
16:42Avec la guitare ?
16:43Oui.
16:44Oui, oui, oui.
16:45Et je crois qu'en plus,
16:46vous étiez devant un public
16:47qui écoutait parfois,
16:48mais pas toujours.
16:49Oui,
16:50parce qu'il y avait
16:50des jeunes étudiants
16:52qui venaient
16:52pour découvrir
16:53des nouveaux talents,
16:54mais aussi pour chahuter.
16:55Oui.
16:56Donc,
16:58ils criaient des choses,
17:00l'injure,
17:02enfin,
17:04dont je me souviens le mieux,
17:08c'était à poil la greluche,
17:10parce qu'en fait,
17:11j'avais chanté
17:11dans un cabaret
17:13qui faisait un jour
17:14strip-tease
17:15et un jour chanson,
17:16et les gens se trompaient
17:18de jour
17:18et pensaient que
17:19j'ai chanté
17:20avec la guitare
17:21et que j'allais
17:22enlever la guitare
17:23et que j'allais me dénuder.
17:24Donc,
17:25ils étaient très énervés.
17:26Là,
17:27c'est drôle quand je raconte,
17:28mais ce n'était pas drôle
17:29parce qu'ils étaient
17:30à la limite
17:30de la méchanceté.
17:31À poil la greluche,
17:33vraiment,
17:33ils s'énervaient.
17:35Et comment on fait
17:35pour continuer
17:36dans ces cas-là ?
17:37On ne s'en occupe pas.
17:40On continue
17:40et puis on attend
17:42que ça passe,
17:43mais c'était difficile.
17:45Alors,
17:45il y avait aussi
17:46un autre cabaret
17:47qui était
17:48l'échelle de Jacob
17:49avec Susie Legrun
17:49qui n'était pas
17:50une femme facile.
17:52Non,
17:52et puis elle était
17:53très près de ses sous.
17:55Quand elle nous réglait
17:56le cachet,
17:58elle nous réglait
17:58dans une enveloppe
17:59et puis il y avait
17:59le nom des chanteurs
18:01qui nous avaient précédés
18:03et qui étaient barrés
18:03au crayon
18:04parce qu'elle ne voulait
18:05user qu'une enveloppe
18:06par soir
18:07et non pas donner
18:08une enveloppe
18:09par artiste.
18:12Mais oui,
18:13en dessous de 5 personnes,
18:17on ne chantait pas
18:17parce que ça ne payait
18:18pas le whisky.
18:20Donc,
18:20il fallait qu'il y ait
18:21au moins 5 personnes
18:22et quelquefois,
18:23il y avait des quarts
18:25d'étrangers
18:26qui venaient
18:27de japonais,
18:28par exemple,
18:29pour montrer
18:29ce qu'était
18:30le cabaret
18:31de la vie parisienne,
18:32etc.
18:33Donc,
18:33non seulement,
18:34quelquefois,
18:35il n'y avait pas
18:35beaucoup de monde,
18:36mais en plus,
18:36ils ne comprenaient pas
18:37un mot de français
18:38et il y avait
18:39un traducteur
18:40mais il fallait bien
18:41qu'ils écoutent
18:42ce qu'on chante
18:42et puis qu'ils traduisent
18:43après.
18:44Donc,
18:44tous les gens
18:45riaient en décalage
18:47alors qu'on était
18:47plus loin dans la chanson.
18:49C'est des souvenirs
18:50incroyables.
18:51C'est fou.
18:51En même temps,
18:52cette dame a quand même
18:53découvert le luron
18:54et Brel.
18:55Brel,
18:56elle est la première
18:57à avoir cru en Brel
18:58et je crois que Brel
18:59l'a remerciée
19:00quand il a fait
19:01ses adieux
19:01à l'Olympia
19:02pendant 15 jours
19:03de l'Olympia
19:04et il est allé
19:05juste après
19:05donner un récital
19:07gratuit
19:08à l'échelle de Jacob
19:11parce qu'elle avait
19:12des ennuis financiers.
19:13C'était bien sûr
19:14archi plein,
19:15vous imaginez.
19:16Mais il n'y avait
19:16aucun média,
19:17ça se savait
19:18par la bouche à oreille.
19:19Alors,
19:20il y a eu
19:20la psycho-assentier
19:22et puis je crois
19:23que vous avez fait
19:23un mémoire
19:24sur l'asthme quand même.
19:25Oui,
19:26parce que c'était
19:27j'étais asthmatique
19:28quand j'étais petite
19:29et puis c'était
19:30c'est une maladie
19:32qui est très souvent
19:33liée à la mère
19:34et moi
19:36j'avais
19:38une relation
19:39vraiment fusionnelle
19:40avec ma mère
19:41et
19:43j'étais asthmatique
19:44quand j'étais petite
19:45et j'ai perdu
19:46ma mère
19:46très jeune
19:47j'avais 23 ans
19:49et à 23 ans
19:51quand j'ai perdu
19:52ma mère
19:52j'ai plus eu
19:53de crise d'asthme
19:54donc je veux dire
19:56j'étais
19:57un cobaye
20:00tout à fait
20:01crédible
20:02pour parler
20:03de ce cas-là.
20:04Et puis vous avez
20:05été enquêtrice,
20:06vous avez été
20:07une pionnière
20:07du marketing
20:07avec des enquêtes
20:09sur le matelas
20:09je crois.
20:10Sur ?
20:11Le matelas.
20:11Oui, le matelas
20:12et alors c'était
20:13terrible
20:14mais je vous admire
20:16vraiment Jacques
20:17avant de répondre
20:18à votre question
20:18il faut que je vous dise ça
20:19parce qu'à chaque fois
20:20je suis sidérée
20:22parce que vous savez
20:23alors que
20:24je ne sais pas
20:25où j'ai raconté ça
20:27mais
20:28vous savez des trucs
20:30incroyables
20:30sur toutes les biographies
20:32vraiment je vous admire.
20:34Oui alors
20:34pour en revenir au matelas
20:36il fallait que je fasse
20:37des petits boulots
20:38pour gagner de l'argent
20:39quand j'étais étudiante
20:40et donc il fallait
20:41que je demande
20:42que j'aille chez les gens
20:43avant qu'ils partent travailler
20:46pour leur demander
20:47leur marque de dentifrice
20:48et de matelas
20:49et bon
20:50comme je pensais
20:51qu'ils pouvaient me dire
20:52n'importe quoi
20:53pour se débarrasser
20:53et fermer la porte
20:54on m'avait dit
20:55qu'il fallait que j'aille
20:56vérifier dans la chambre
20:58si c'était bien vrai
20:59donc les gens
21:01ils ne voulaient pas
21:01me laisser rentrer
21:02c'était une horreur
21:03parce que le lit
21:04n'était pas fait
21:05ou j'en sais rien
21:05mais à 7h30 du matin
21:07aller chez les gens
21:08pour aller vérifier
21:10que le matelas
21:10est bien ça
21:12et non pas ça
21:13je veux dire
21:13oui je m'en souviens
21:15très bien de ça
21:15et puis vous avez échappé
21:17quand même à l'univers
21:18des bas antivaristes
21:19vous auriez pu travailler
21:20dans les bas antivaristes aussi
21:22oui
21:22ça je ne me souviens plus
21:24très bien de l'anecdote
21:25mais je sais
21:25je sais que j'ai
21:27travaillé
21:28enfin j'ai failli
21:29travailler
21:30avec
21:31avec un
21:32une société
21:33oui
21:33de bas antivaristes
21:35mais je ne sais plus
21:35très bien le détail
21:37franchement
21:37finalement vous avez oublié
21:39le bas pour aller vers le haut
21:40c'est à dire la chanson
21:41et on va continuer à en parler
21:43avec une autre date
21:44très particulière
21:45un duo
21:46le 12 mars 1977
21:48à tout de suite
21:49sur Sud Radio
21:50avec Marie-Paul Belle
21:52Sud Radio
21:53les clés d'une vie
21:54Jacques Pessis
21:55Sud Radio
21:55les clés d'une vie
21:56mon invité
21:57Marie-Paul Belle
21:58nous parlerons tout à l'heure
21:59non pas de cet adieu
22:00mais au revoir
22:00parce qu'on ne sait jamais
22:02qui est au théâtre de Passy
22:03à partir du 19 mai
22:05et puis
22:0512 mars 77
22:07un numéro 1 des Carpentier
22:09un duo étonnant
22:10vous êtes dans un lit
22:12avec Serge Lamar
22:16ça je m'en souviens très bien
22:18je ne me souviens pas de la date
22:20sans plus de mensonge
22:21sans plus de chalouzie
22:24une scène étonnante
22:26deux lits
22:27avec un décor luxueux
22:30oui puis le lit
22:31qui était
22:31où on était
22:33chacun
22:33comme dans un lit séparé
22:35puis les deux lits
22:36se rapprochaient
22:36et faisaient un lit
22:37de deux places
22:38exactement
22:38et c'était pour un numéro 1
22:40des Carpentier
22:41comment s'est née
22:42cette séquence ?
22:44je ne sais pas du tout
22:45franchement
22:45je ne m'en souviens plus
22:47mais je sais que
22:50on m'avait demandé
22:51de faire un duo
22:52avec Serge
22:52parce qu'à ce moment-là
22:53j'ai tourné
22:54avec lui
22:55dans ses tournées
22:56j'ai eu la chance
22:57de faire énormément
22:58de concerts
22:59parce qu'il tournait
22:59énormément
23:00c'était la période
23:01de je suis malade
23:02etc
23:03et puis comme
23:04on s'est lié
23:06d'une très très
23:07grande amitié
23:08on faisait
23:10les étapes
23:12ensemble
23:12dans ma petite
23:13Hostine
23:14et je veux dire
23:15on se racontait
23:16nos vies
23:16on prenait
23:17des fourrures
23:18extraordinaires
23:19c'est comme mon frère
23:20vraiment Serge
23:20oui
23:21ça va y mal
23:22se passer au début
23:23parce que
23:23je crois
23:24qu'il a voulu
23:25que vous
23:26vous asseyez
23:26sur ses genoux
23:27la première fois
23:27que vous vous rencontrez
23:28mais écoutez
23:29vous savez tout
23:30tous les détails
23:31c'est incroyable
23:32oui c'était
23:33à l'écluse
23:34justement
23:35parce qu'il y avait
23:35une émission de télévision
23:36qui était tournée
23:37sur les artistes
23:40qui avaient débuté
23:41dans ce cabaret
23:42et il y avait Serge
23:43qui était toujours
23:44un peu comme ça
23:46taquin
23:47on va dire
23:48et à cette époque
23:50bon
23:50je veux dire
23:51les filles se révoltaient
23:52pas comme elles se révoltent
23:53aujourd'hui
23:54il n'y avait pas
23:54le mouvement MeToo
23:55et donc
23:57il avait un peu
23:58les mains qui
23:59baladeuses
24:00on va dire
24:00il voulait
24:03que je m'assoie
24:03sur ses genoux
24:04et moi je connaissais
24:05pas ce type
24:05mais je disais
24:06mais qu'est-ce qu'il veut
24:07et tout ça
24:08ça m'énervait
24:09après on en a parlé
24:11on a beaucoup ri
24:11mais parce que
24:14après
24:14il m'a vraiment
24:15protégé
24:16pris
24:17dans ses tournées
24:19dans ses concerts
24:20partout
24:20il m'a vraiment
24:21lancé
24:22il y a deux personnes
24:22qui m'ont aidé
24:23c'est Françoise
24:24Malé Joris
24:25et lui
24:26sans eux
24:27je ne serais pas là
24:27aujourd'hui
24:28mais à ses débuts
24:29on n'imaginait pas
24:30la carrière
24:31que Serge Lama
24:31ferait
24:32surtout après son accident
24:33ah oui oui
24:34c'est sûr
24:34mais il a été
24:36beaucoup aimé
24:37beaucoup aidé
24:38après son accident
24:39donc
24:40il a été porté
24:41par ça
24:42heureusement
24:43et
24:43c'est vrai
24:44mais il avait
24:46une telle personnalité
24:47que moi je pense
24:48c'était obligé
24:49qu'il perce
24:50mais il fallait
24:51tenir le rythme
24:51avec lui
24:52parce qu'après le concert
24:53c'était la fête
24:54ah oui
24:56il m'appelait
24:57la chanteuse
24:58de matinée
24:58parce que
24:59je ne pouvais pas
25:01la vie commençait
25:02après les concerts
25:03et comme après les concerts
25:05il y avait la signature
25:06des spectateurs
25:09qui venaient faire signer
25:10leur programme
25:11et tout ça
25:11ça durait quelquefois
25:12une heure et demie
25:13deux heures
25:14donc on est
25:15on entrait au restaurant
25:17vraiment
25:17encore on avait
25:18de la chance
25:18de trouver quelquefois
25:19un restaurateur
25:20qui voulait bien
25:22rester ouvert
25:22mais
25:24on arrivait
25:24il était une heure et demie
25:25du matin
25:26et moi je m'endormais
25:27dans la soupe
25:28vraiment
25:28j'en pouvais plus
25:29parce que c'était vraiment
25:30beaucoup de fatigue
25:31donc il m'appelait
25:32la chanteuse de matinée
25:34alors il y a quand même
25:35quelques journées
25:36en campagne
25:36je crois que vous êtes
25:37beaucoup promenée
25:37dans la campagne
25:38avec lui aussi
25:40il y a eu des promenades
25:41en tournée
25:42vous alliez
25:43loin de la troupe
25:44vous promenez
25:45dans la nature
25:45oui
25:45non c'était pour faire
25:47pour amuser
25:48les copains
25:49on faisait comme si
25:50on avait fait
25:51des pauses
25:53vraiment
25:55on va dire
25:56amoureuses
25:57et alors on se mettait
25:58des feuilles
25:59dans les cheveux
26:00comme ça
26:01pour faire croire
26:01qu'on avait fauté
26:04et que c'était pour ça
26:05qu'on avait un peu
26:06de retard
26:07en tout cas
26:07il a toujours vécu
26:09comme ça
26:09Serge Lama
26:10aujourd'hui encore
26:11il continue à vivre
26:12la nuit
26:13quand on veut le voir
26:14c'est vers 18h30
26:1419h
26:15pour l'interview
26:16pas avant
26:16et c'était aussi
26:17le cas de Jean-Louis Jobert
26:18le chef des compagnons
26:19de la chanson
26:19quand il a arrêté
26:21sa carrière
26:22il a continué à vivre
26:23comme en tournée
26:24en se couchant
26:25à 3h du matin
26:25ah oui
26:26non ça
26:28oui mais Serge
26:29il est vraiment spécial
26:30vous avez raison
26:32il commence à vivre
26:33à 17h
26:34alors je crois aussi
26:35qu'il a été très important
26:36pour vous
26:37quand vous avez eu
26:38un coup de mou
26:38et qu'il est venu chez vous
26:39vous remontez le moral
26:40Marie-Paul Belle
26:41ah oui
26:43j'ai eu une hépatite B
26:45donc j'étais très très fatiguée
26:47je voulais arrêter
26:48de chanter
26:49et tout ça
26:51et il m'a
26:53il m'a piqué au vif
26:55il m'a dit
26:57tiens j'aimerais écouter
26:59tes nouvelles chansons
27:00tout ça
27:00donc je lui ai chanté
27:02quelques chansons
27:03et puis il me critiquait
27:04sans arrêt
27:05il me démolissait tout
27:07et moi ça commençait
27:08à me gonfler
27:09mais vraiment
27:10et au fur et à mesure
27:12je luttais pour défendre
27:14ce que je chantais
27:16tout ça
27:16et là il a éclaté de rire
27:17il m'a dit
27:18tu vois que tu peux pas arrêter
27:20et donc j'ai continué
27:22et d'ailleurs une chanson
27:23est née de ses rendez-vous
27:24mon nez
27:26l'été il flamboit devant moi
27:29ce qui fait croire
27:30que je bois
27:31au voisin mal intentionné
27:34mon nez
27:35c'est vrai que cette chanson
27:36mon nez
27:36est née
27:37à la suite de ses rendez-vous
27:39oui
27:40parce que
27:41un jour
27:42dans la voiture
27:44en faisant la route
27:45on parlait
27:47de ce qui nous avait ennuyé
27:48dans la vie
27:49ou complexé
27:50moi je disais
27:51c'était
27:51que
27:52c'était mon nez
27:53mais que je voulais pas
27:55me faire de chirurgie esthétique
27:57etc
27:57il m'a dit
27:58mais non
27:58ton nez
27:59il est très bien
28:00et tout ça
28:00et le soir
28:01il m'a
28:02il m'a apporté
28:04le texte
28:04de mon nez
28:05j'ai dit
28:05mais tes yeux fous
28:06il m'a dit
28:06tu vas chanter ça
28:07tu vas me mettre une musique là-dessus
28:09je lui ai dit
28:09mais jamais
28:11et pensant
28:13détruire la chanson
28:14j'ai écrit
28:15une bourrée
28:17au vergnat
28:18avec un rythme
28:19tan tan tan
28:20tan tan tan
28:21tan tan tan
28:22tan tan tan
28:22et je lui montre ça
28:24le soir
28:24pensant qu'il allait jeter
28:26le truc
28:26il dit
28:27c'est super
28:28c'est très bien
28:28tu la chantes ce soir
28:30et j'ai chanté
28:31ça a très bien marché
28:33donc il avait raison
28:34un autre soir important
28:35et je crois
28:36que c'est la peur
28:36de votre vie
28:37le 11 février 2003
28:38il fête ses 60 ans
28:39à Bercy
28:40et vous arrivez sur scène
28:41à la fin
28:42Marie-Paul Belle
28:43Oui parce qu'il ne me prévient pas
28:47son impresario
28:48Simone Marouani
28:49vient me chercher, moi j'étais parmi les spectateurs
28:52et elle vient me chercher
28:53avec une lampe électrique et tout
28:55elle me dit viens viens tu vas lui faire une surprise
28:57comme ça quand il sort de scène
28:59tu seras derrière le rideau
29:01et tu peux l'embrasser et tout
29:03il va être si content et tout
29:04donc moi je la suis naïvement
29:06et puis je me mets derrière le rideau
29:09et quand il sort
29:10il me voit et il est très content
29:13il m'embrasse et il dit surtout ne bouge pas
29:15surtout reste là
29:16donc je fais ce qu'il me dit
29:18et il retourne sur scène
29:21et j'entends et je suis très content
29:23d'avoir mon amie
29:25Marie-Paul Belle qui la voit là
29:28et Simone me pousse
29:29et je me retrouve devant 18 000 personnes
29:31qui hurlent
29:33c'était une horreur
29:34j'étais très contente, il m'a fait souvent le coup
29:37de me faire des surprises comme ça
29:38parce qu'il sait que je suis très très traqueuse
29:40et c'est pas tout
29:42parce qu'après il vous a indiqué le piano
29:43et vous avez chanté ceci
29:45une petite cantate
29:47du bout des doigts
29:50obsédante et maladroite
29:52monte vers toi
29:54une petite cantate
29:56c'est une chanson en plus importante pour vous
29:58pour Barbara et pour Serge
29:59oui bien sûr
30:01parce que c'est une chanson
30:03qui a été écrite
30:04lors de son accident de voiture
30:06où il a perdu sa compagne
30:08qui était la pianiste de Barbara
30:10et qui s'appelait Liliane Benelli
30:13et donc
30:14c'était très émouvant pour tout le monde
30:17et c'est un très bon souvenir ça
30:20on vous a souvent comparé à Barbara
30:22en disant que vous êtes la nouvelle Barbara
30:23et je crois que la découverte de Barbara
30:26pour vous c'est une chanson
30:27qui s'appelait Pierre
30:28oui absolument
30:31et j'aimais beaucoup déjà l'intro
30:34où elle fredonne comme ça
30:36et je trouvais qu'il y avait un climat
30:40j'étais adolescente
30:41et j'ai adoré
30:41après j'ai découvert
30:43toutes ces autres chansons
30:45et c'était vraiment mon modèle
30:46mes deux modèles
30:47c'était Barbara et Brel
30:49et il se trouve en plus que quelqu'un
30:52un grand écrivain Eric Orsona
30:53a découvert Barbara à 8 ans
30:55grâce à cette chanson aussi
30:57ah je savais pas
30:58et ça l'a marqué à vie
30:59et c'est peut-être pour ça
30:59qu'il est devenu écrivain
31:00ah c'est super
31:01ça c'est bien de me dire ça
31:04alors Barbara effectivement
31:05vous l'avez rencontré
31:06au départ
31:06quand il y avait une première l'Olympia
31:08elle envoie des fleurs
31:09elle passe un coup de téléphone
31:10et des fax
31:11elle envoyait beaucoup de fax
31:13et puis un soir
31:16elle fait une première l'Olympia
31:17vous êtes là
31:18et elle va venir vous voir à la sortie
31:20ah oui ça c'était incroyable
31:22parce que
31:23après
31:24donc les artistes qui étaient là
31:28faisaient la queue
31:31attendaient à la porte de sa loge
31:34pour venir la féliciter
31:35moi j'étais dans la file d'attente
31:37donc
31:38et Romanelli
31:39Roland Romanelli
31:40qui était son accompagnateur
31:42et le mien aussi
31:43va lui dire
31:44que je suis dans la file d'attente
31:46et est-ce que je peux venir
31:48et tout ça
31:48et donc
31:49elle dit
31:49mais attends
31:50je viens
31:51et elle sort de la loge
31:53elle remonte toute la file d'attente
31:55et elle m'embrasse
31:56devant tout le monde
31:57moi je suis rouge
31:58comme Sud Radio
31:59et elle me dit
32:02j'adore ce que vous faites
32:03et elle m'embrasse
32:04tellement fort
32:06vraiment
32:07c'est un très très grand souvenir
32:09et vous l'avez retrouvé
32:10lorsqu'il y a eu
32:10une chanson caritative
32:11la chanson de la vie
32:15Alice Donard avait monté le groupe
32:16alors ce qu'on ne sait pas
32:17c'est que Barbara
32:18qui ne voulait pas chanter avec les autres
32:19elle a interprété en studio
32:21toute seule
32:22un extrait
32:33on voit les séquences sur Youtube
32:35où elle est avec son casque
32:36et elle fait des gestes
32:36exactement
32:37comme s'il était en scène
32:38oui et alors
32:39il y avait des parties
32:41où il fallait chanter en chœur
32:42très en place
32:43tout le monde en même temps
32:44et alors c'était Alice Donard
32:46qui avait fait la chanson
32:47et donc elle dirigeait
32:49de la cabine
32:50comme ça
32:50et Barbara
32:52elle faisait toujours
32:52des variantes
32:54comme ça
32:56et Alice lui dit
32:57de la cabine
32:58mais Barbara
32:59dans les moments
33:01où le chœur
33:03intervient
33:03il faut chanter
33:04comme tout le monde
33:05et elle avait répondu
33:06mais ma chérie
33:07je ne sais pas
33:08je chantais comme tout le monde
33:11et ça a été effectivement
33:12c'était au profit
33:12de l'association
33:13l'association de Marie-Claire Noah
33:15oui
33:15qui était
33:16les enfants de la terre
33:17exactement
33:18et puis il y a une autre chanson
33:19qui vous a marqué
33:20et je crois que vous l'avez chanter
33:22le soir de la mort
33:24de cette interprète
33:25qui est le mien
33:29avec des cathédrales
33:31pour uniques montagnes
33:33et de noirs clochers
33:35comme mâles de cocailles
33:37vous étiez à l'Olympia
33:39le soir de la mort de Brel
33:40oui j'étais très très émue
33:42et je ne savais pas quoi faire
33:44je ne savais pas si je devais en parler
33:46ou si je devais zapper
33:48je me dis non je ne peux pas
33:50ne pas en parler
33:50parce que bon
33:52et donc à un moment donné
33:54entre deux chansons
33:55j'ai dit
33:55et voilà
33:56je viens d'apprendre
33:57la mort de Jacques Brel
33:58j'étais très secouée
33:59et tout
34:00et heureusement
34:01que je savais cette chanson par coeur
34:03puisque c'est elle
34:04qui m'avait fait gagner
34:06un concours de chant
34:08et j'ai dit
34:09bon ben
34:10je vais vous chanter
34:11le plat pays
34:11et j'ai chanté le plat pays
34:13sans Brel
34:14Barbara
34:14et peut-être Lama
34:15vous n'auriez peut-être pas chanté autant
34:17non
34:17je ne sais pas
34:20mais vraiment
34:21c'était
34:21oui c'était très émouvant
34:23Brel vous a marqué tout de suite
34:25ah oui
34:25tout de suite
34:28j'habitais Nice
34:29à ce moment là
34:31et j'ai été le voir
34:32dans une salle
34:33qui n'existe plus
34:35qui s'appelait
34:35le casino
34:38et j'ai vu
34:39les deux artistes
34:40qui m'ont le plus marqué
34:41Barbara et Brel
34:42dans cette salle
34:43et ce qui m'avait le plus marqué
34:45c'est qu'ils se donnaient
34:46tellement Brel
34:47ils chantaient
34:49comme ça
34:50debout
34:51avec un micro-pied
34:52sans bouger de sa place
34:54et il transpirait tellement
34:55qu'il avait un fil
34:57comme ça
34:57comme une petite rivière
34:59qui tombait de son mouton
35:00de son menton
35:02en bas
35:03devant ses chaussures
35:04et devant ses chaussures
35:05il y avait une flaque
35:06une flaque d'eau
35:08de sueur
35:09tellement il transpirait
35:10c'était incroyable
35:11je crois qu'il changeait
35:12deux fois de chemise
35:12en 45 minutes
35:13ça ne m'étonne pas
35:15alors ça
35:16c'est le passé
35:17et l'avenir
35:18c'est le 19 mai
35:202026
35:20on en parle
35:21dans quelques instants
35:22sur Sud Radio
35:22avec Marie-Paul Bell
35:23Sud Radio
35:25les clés d'une vie
35:25Jacques Pessis
35:27Sud Radio
35:27les clés d'une vie
35:28mon invité
35:29Marie-Paul Bell
35:3019 mai 2026
35:32retour en scène
35:33à Paris
35:33au théâtre de Passy
35:34vous êtes déjà passé
35:35plusieurs fois
35:36et là c'est un spectacle
35:37qui s'appelle
35:37Au revoir et merci
35:38car vous avez décidé
35:40après 56 ans de carrière
35:41de faire non pas vos adieux
35:43mais vos au revoir
35:44c'est gentil
35:45oui parce que
35:47j'ai 80 ans
35:49je me dis
35:50je ne vais pas chanter
35:50jusqu'à 90 ans
35:52il est temps de s'arrêter
35:53autant s'arrêter
35:54quand la voix
35:54a encore la même couleur
35:56et quand j'ai encore
35:57de l'énergie
35:58pour envoyer
35:59la voix
36:00d'une façon
36:02satisfaisante
36:03pour le public
36:04vous n'avez pas 80 ans
36:05vous avez 4 fois 20 ans
36:06plutôt au fond de votre coeur
36:08oui
36:10mais
36:12j'y pense jamais
36:14il y a comme
36:14un très grand décalage
36:16entre ce que je pense
36:17intérieurement
36:18et mon corps
36:19qui me rappelle
36:20à l'ordre
36:21quelques fois
36:21alors
36:22une soirée
36:23pour évoquer
36:24tout votre parcours
36:25il faut choisir
36:25les chansons
36:26c'est pas simple
36:26oui c'est très compliqué
36:29parce que
36:30je dois mettre
36:31mes premières chansons
36:33les chansons
36:34du départ
36:35du début
36:37les chansons
36:38que le public aime
36:40qui ne sont pas
36:41toujours mes préférées
36:43et les chansons
36:44que moi j'aime
36:44pour me faire
36:45un peu plaisir
36:46quand même
36:46donc qui sont
36:47moins connues
36:48souvent
36:48alors l'un de vos premiers
36:49succès
36:49c'est celui-ci
37:00au départ
37:01c'est un film
37:02muet allemand
37:02de 1921
37:03d'ailleurs
37:04ils avaient fait croire
37:05que le comédien principal
37:06Max Schreck
37:06était un vampire
37:07c'est pour la promotion
37:09et ça avait marché
37:10c'est incroyable
37:11je savais pas ça
37:12alors cette chanson
37:13je crois qu'elle a une histoire
37:14c'est à dire
37:14que vous avez été pompier
37:15de service à la télévision
37:16dans l'émission
37:17samedi soir
37:17de Philippe Bouvard
37:20oui mais vous voyez
37:22je me souvenais plus
37:23c'est vous qui me le rappelez
37:24c'est incroyable
37:25en fait je crois
37:26qu'il vous a appelé
37:27l'après-midi
37:28vous deviez chanter une chanson
37:30ah oui
37:30et vous avez chanté deux chansons
37:32je me souviens
37:32oui parce que
37:33Michel Delpech
37:34à la répétition
37:35était parti
37:36parce qu'il voulait
37:37deux chansons
37:37et que Bouvard lui avait dit
37:40mais tout le monde
37:41ne chante qu'une seule chanson
37:42ici
37:43et il était parti furieux
37:44pensant
37:46le laisser vraiment
37:47dans l'embarras
37:47parce que c'est
37:48l'enregistrement
37:49c'était le soir
37:50et à ce moment-là
37:51on m'a appelé
37:51en catastrophe
37:52et rien que
37:53sûrement pour faire
37:54bisquer
37:55Michel Delpech
37:56il m'a fait chanter
37:57deux chansons
37:58alors que ça n'était
37:59jamais arrivé
38:00donc
38:00je m'en souviens très bien
38:02j'étais l'assistant de Bouvard
38:03à l'époque
38:03je me souviens de votre arrivée
38:05et de la répétition
38:06mais en quelques instants
38:07c'était parti
38:07ah oui
38:08je me souviendrai
38:10toute ma vie
38:11de cette émotion
38:12c'était fulgurant
38:13puis après
38:13le lendemain
38:14j'avais tous les médias
38:15qui venaient alors
38:17quand sort votre album
38:18etc
38:19moi j'avais pas d'album
38:20j'étais comme ça
38:21propulsée du jour au lendemain
38:23ça a changé votre vie
38:24complètement
38:25non mais je l'ai dit
38:27partout
38:27que c'est grâce à Philippe Bouvard
38:29que j'ai été vraiment médiatisé
38:32alors ici
38:33vous chantez à l'échelle de Jacob
38:34et juste en face
38:36habite Françoise Maléjoris
38:38et on vous propose
38:39d'aller la voir un jour
38:40oui
38:41un jour
38:43je regarde
38:44la vitrine
38:45de l'échelle de Jacob
38:46où il y avait
38:47le programme
38:48du soir
38:49et je rencontre
38:51une amie
38:52de Nice
38:53une amie d'enfance
38:55qui est juste
38:56en face
38:56de
38:57de chez Françoise
38:59et qui me dit
39:00oh mais
39:00c'est incroyable
39:02et tout ça
39:02mais tu sais que j'habite
39:04en face
39:04chez Françoise Maléjoris
39:06parce que Françoise
39:07elle avait des chambres
39:08comme ça
39:08elle avait un très grand appartement
39:10un duplex
39:11sur deux étages
39:12de 220 mètres carrés
39:14et elle avait des chambres
39:15comme ça
39:15qu'elle passait à des copains
39:17qui ne savaient pas
39:17où aller
39:18etc
39:18et qui restaient
39:19quelques fois des mois
39:21quelques fois même des années
39:24c'était un genre
39:25on habitait tous ensemble
39:26un genre de communauté
39:28comme au Moyen-Âge
39:29une communauté d'artistes
39:31et le soir
39:32on se réunissait
39:33on se réunissait
39:34il y avait des grandes tablées
39:35chacun montrait
39:36ce qu'il avait fait
39:37dans la journée
39:38son travail
39:38etc
39:39et donc elle me dit
39:40d'ailleurs
39:41j'habite chez Françoise
39:42je suis
39:43viens je vais te la présenter
39:44je dis ah bon
39:46mais moi
39:46j'étais complètement intimidée
39:48parce que c'était
39:49la période
39:49de la maison de papier
39:52vraiment
39:52le roman
39:53le plus connu
39:54et très
39:55très
39:55un best-seller
39:56de Françoise
39:57et on parlait
40:00beaucoup d'elle
40:00donc ça m'impressionnait
40:02donc on rentre
40:03dans l'appartement
40:04et il y avait
40:05un couloir
40:06et sur ce couloir
40:08donnaient plusieurs pièces
40:09dont la chambre
40:10de Françoise
40:11et je rentre
40:12dans le couloir
40:13et mon amie
40:14crie
40:14Françoise
40:15je veux te présenter
40:16une amie d'enfance
40:17et tout ça
40:18Marie-Paul
40:18elle dit
40:18venez
40:19venez
40:19venez
40:20et elle était
40:20dans sa chambre
40:21en train de se sécher
40:22les cheveux
40:23parce qu'elle venait
40:24de se laver la tête
40:25et elle avait
40:26une serviette éponge
40:27et donc je voyais
40:28que la serviette
40:29elle se frottait la tête
40:30et après
40:31elle a soulevé
40:32la serviette
40:33et j'ai vu
40:33deux grands yeux bleus
40:34et tout
40:34c'est mon premier contact
40:35avec Françoise
40:36et je crois qu'à l'époque
40:37elle a trouvé une idée
40:39c'est que vous pouviez
40:39très bien faire
40:40Sainte-Catherine
40:42je ne me souviens pas
40:43parce qu'elle faisait
40:43des mystères
40:44ah oui
40:45dans un mystère
40:46oui
40:46c'est comme ça
40:48que j'ai commencé
40:49à faire des chansons
40:50avec elle
40:51parce qu'elle
40:52elle pensait
40:53que le plus beau cadeau
40:54qu'on puisse offrir
40:55à un ami
40:55c'est de son temps
40:56et de son travail
40:59et donc
41:01elle écrivait
41:02pour Noël
41:03spécialement
41:04un spectacle
41:05un genre de comédie musicale
41:07où il fallait écrire
41:08des musiques
41:10des chansons
41:10elle écrivait des chansons
41:11en alexandrin
41:12il y avait une histoire
41:13elle demandait
41:14à tous ses amis
41:15à sa famille
41:16s'ils voulaient jouer dedans
41:17quelquefois
41:18il y avait 10-15 personnes
41:19qui disaient
41:20oui moi
41:20moi je veux faire
41:21le pape Borgia
41:22moi je veux faire
41:24le sphinx
41:25elle écrivait
41:27sur les demandes
41:28de ses amis
41:29une histoire
41:30qui se tenait
41:31complètement debout
41:32pour que
41:32chacun puisse
41:34s'exprimer
41:35et avoir son rôle
41:37et son rêve
41:38et donc voilà
41:39j'ai commencé
41:39à travailler
41:40avec elle
41:40comme ça
41:41et ensuite
41:42vous lui avez présenté
41:42Michel Grisolia
41:43vous avez commencé
41:44à travailler ensemble
41:45et un soir
41:46il y a une partie
41:47de Scrabble
41:47je crois que vous jouiez
41:48beaucoup au Scrabble
41:49oui beaucoup
41:50mais alors ça
41:50je ne me souviens pas
41:51de ce souvenir
41:52il se trouve que
41:52le Scrabble
41:53d'abord c'est un architecte
41:54new-yorkais au chômage
41:55après la crise de 1929
41:56qui s'appelait
41:57Alfred Mosher Butz
41:58qui a inventé
41:58le Scrabble
41:59il s'est inspiré
42:00du New Yorker
42:01pour trouver
42:03la numérotation
42:03des lettres
42:04et le prix des lettres
42:05et c'est en jouant
42:06en Scrabble
42:07que vous avez commencé
42:07à fredonner une chanson
42:09et Michel vous a dit
42:10on arrête la partie
42:11on fait la chanson
42:12et cette chanson
42:13c'est celle-ci
42:13je ne suis pas parisienne
42:16ah bon
42:16je ne me souvenais pas
42:17que c'est
42:18alors ça c'est incroyable
42:19j'ai dû le raconter
42:20quand ça s'est arrivé
42:22mais j'avais oublié
42:23alors là
42:24ah oui
42:25c'est en faisant du Scrabble
42:27oui qu'est-ce qu'on a joué
42:28souvent
42:28oui
42:31alors cette chanson
42:32vous avez déjà pensé
42:33à la mélodie
42:33et puis ensuite
42:34tout ça est né
42:35avec Michel et Françoise
42:37carrément
42:37d'une façon improvisée
42:39oui oui oui
42:40parce que la mélodie
42:41elle est venue
42:42au départ
42:43d'un mystère
42:44dont on parlait
42:44tout à l'heure
42:45qui se passait
42:46dans les années 1900
42:48et ce mystère
42:49s'appelait
42:50le sabot de l'orpheline
42:51et c'était une pauvre
42:53une pauvresse
42:54et tout ça
42:55qui après
42:56réussissait dans la vie
42:57et donc
42:57ça se passait
42:58dans les années
42:59au Fennbach
43:00on va dire
43:00et donc il fallait
43:01que j'écrive
43:02une chanson
43:02avec ce style-là
43:03une musique
43:04avec ce style-là
43:05et c'est comme ça
43:06que c'est venu
43:07oui et puis les premières paroles
43:08c'est vous qui avez dit
43:08je ne suis pas parisienne
43:09parce que vous n'étiez pas parisienne
43:11mais non
43:11c'était instinctif pratiquement
43:13oui complètement
43:14et puis c'est un peu
43:14mon histoire
43:15parce que j'habitais Nice
43:17j'ai fait toutes mes études
43:19à Nice
43:19et pour continuer
43:21en psycho
43:23parce que je m'étais arrêtée
43:24à la licence
43:25pour avoir la maîtrise
43:26et faire les deux certificats
43:27de maîtrise
43:27il fallait monter à Paris
43:28ou à Aix
43:29et moi je me suis dit
43:30à Paris
43:31parce qu'il y a les cabarets
43:32donc j'ai dit
43:33oh mais non
43:33c'est mieux
43:34à Paris
43:35à mes parents
43:36et donc
43:37j'ai commencé comme ça
43:39les cabarets
43:40et en même temps
43:40j'ai fait mes deux certificats
43:42de maîtrise
43:42et je pense
43:43qu'il n'y a pas
43:44un seul concert
43:44où vous n'avez pas chanté
43:45la parisienne
43:46non
43:47et un jour
43:48j'ai voulu la chanter
43:49au début du tour de chant
43:51en me disant
43:51bon ben
43:52comme ça
43:52je l'envoie au début
43:53on n'en parle plus
43:54et ils me l'ont redemandé
43:55à la fin
43:56donc je la mets tout le temps
43:57à la fin maintenant
43:58finalement
43:59alors cette chanson
44:00a fait oublier
44:01peut-être
44:01qu'il y a des couplets
44:03plus sérieux
44:03dans votre répertoire
44:05comme celui-ci
44:07Berlin
44:08ah oui
44:09des années 20
44:10j'aime beaucoup
44:11cette chanson
44:12oui oui
44:16je me souviens
44:17c'est l'une de vos chansons
44:18préférées
44:18Berlin des années 20
44:19oui je me souviens
44:20très très bien
44:21du moment où
44:22du départ de cette chanson
44:24on était au petit déjeuner
44:25avec Grigri
44:26enfin Michel Grisolia
44:27et Françoise
44:28et Grigri était en train
44:30de lire la biographie
44:32de Marlène Dietrich
44:33et donc
44:34ça m'a transportée
44:35dans cet univers
44:36des années 20
44:37et je me suis mise au piano
44:38et j'ai trouvé
44:39les deux premiers accords
44:40et donc
44:45tout de suite
44:46ça m'a mis dans le climat
44:47et elle est descendue
44:48comme ça
44:48d'un seul trait
44:49la chanson
44:50et c'est vrai que
44:50Marlène Dietrich
44:51vous fascine
44:51ah oui oui
44:52ah oui ça
44:54il y a deux personnes
44:55qui me fascinent
44:55il y a Marlène Dietrich
44:56et Marilyn
44:58et il se trouve
44:59qu'elle a failli
44:59ne pas tourner le film
45:00parce que
45:00le comédien principal
45:02Emile Janning
45:03ne voulait pas
45:03de Marlène Dietrich
45:04il voulait Gloria Swenson
45:06ou Louise Brooks
45:06ah bon
45:07et que c'est Joseph
45:07von Sternberg
45:08qui a insisté
45:09pour que Marlène
45:10joue le rôle
45:11de l'ange bleu
45:11c'est incroyable
45:12je savais pas
45:13j'adore quand vous parlez
45:14de trucs comme ça
45:15parce que
45:16j'apprends plein de trucs
45:18avec vous
45:18ah moi ce que j'ai appris aussi
45:20c'est qu'il y a une chanson
45:21qui ne vous correspond
45:22absolument pas
45:23malgré le titre
45:25vieille
45:25si déjà
45:26je pouvais être vieille
45:29pour qu'enfin
45:30ma douleur
45:31s'en sommeille
45:34vieille
45:34parce que
45:35vous l'avez écrite
45:36très jeune en plus
45:37et vous n'êtes pas vieille
45:38c'est gentil
45:39pourtant j'ai 80 ans
45:40mais c'est vrai
45:41que dans ma tête
45:42j'en ai 40
45:44quoi
45:44cette chanson
45:45est née il y a longtemps
45:45en plus
45:46ah oui
45:48je ne sais plus
45:49exactement
45:50mais je veux dire
45:51j'ai beaucoup aimé
45:53cette chanson
45:54elle marchait très bien
45:54sur scène
45:55parce qu'elle correspondait
45:57aussi
45:57à l'esprit de la vie
46:00telle que vous la voyez
46:02oui peut-être
46:04ça me paraissait
46:06tellement loin
46:07je veux dire
46:08le moment où
46:10j'allais être vieille
46:11donc je veux dire
46:12j'étais un peu
46:13en contradiction
46:14avec cette chanson
46:16et je veux dire
46:17j'envoyais tout
46:19tout ce que je pouvais
46:20dedans
46:23c'était un bon souvenir
46:24et quand vous avez
46:25débuté à l'écluse
46:26est-ce que vous imaginiez
46:27Marie-Paul Bell
46:28un tel parcours ?
46:30oh ben non
46:31bien sûr que non
46:32c'est venu étape par étape
46:34au fur et à mesure
46:35sans que je m'en rende compte
46:37parce qu'en fait
46:38je pense que
46:39le fait que je sois
46:40une femme
46:40déjà ça a aidé
46:42parce qu'il n'y avait pas
46:42beaucoup de chanteuses femmes
46:44le fait que je chante
46:46des textes aussi
46:47parce que bon
46:47s'il y avait des femmes
46:48c'était
46:49elle chantait des choses
46:51c'était la période
46:52du YI
46:53quand j'ai commencé
46:54donc
46:55chanter du texte
46:56être une femme
46:56et aussi chanter de l'humour
46:58parce qu'il n'y avait personne
46:59qui chantait des chansons humoristiques
47:01donc tout ça a fait
47:02que ça a fait
47:03un petit courant sur moi
47:05mais je ne sais pas
47:06si j'aurais percé autrement
47:10pourtant j'avais vraiment
47:11l'envie d'y arriver
47:12mais j'ai tout fait
47:15pour qu'on m'écoute
47:17alors vous êtes au théâtre de Passy
47:19jusqu'au 31 mai
47:20du mardi au samedi
47:21à 20h30
47:21et le matiné
47:22le dimanche à 16h
47:24mais on peut imaginer
47:25une tournée derrière
47:26vous n'allez pas vous arrêter
47:27comme ça ?
47:28je ne sais pas ça
47:28il faut demander
47:29à mes producteurs
47:30pour l'instant
47:30on n'en a pas encore parlé
47:32mais je les vois demain
47:34vous avez envie de continuer
47:35même
47:35parce que même
47:37si vous arrêtez
47:38ce n'est pas tout de suite
47:38on n'arrête pas comme ça
47:40des jours au lendemain
47:41oui
47:42franchement je ne sais pas
47:43ce qu'il y a
47:44c'est que les tournées
47:45c'est très fatigant
47:46donc maintenant
47:47vu mon grand âge
47:48c'est vrai que
47:49je freine un peu là-dessus
47:51donc c'est pour ça
47:52que je fais une série
47:53de concerts à Paris
47:54parce que les gens
47:54et que je l'annonce
47:55bien à l'avance
47:57comme ça les gens
47:57ont le temps de réserver
47:59leur hôtel
47:59et leurs billets de train
48:00et donc que je reste sur place
48:02c'est moins fatigant
48:03physiquement
48:04et puis les tournées
48:05elles sont liées quand même
48:06à une de vos chansons
48:07qui figurent
48:07elles aussi
48:08dans chacun de vos récitals
48:10ça aussi c'est une chanson
48:26qui est incontournable
48:27oui c'est vrai
48:28et puis bon
48:29elle est sautillante
48:31c'est l'image que j'ai
48:32auprès des gens
48:32je sautille sur mon tabouret
48:34de piano
48:35il y a ça
48:36il y a Wolfgang
48:37la parisienne évidemment
48:39mais
48:41c'est vrai que
48:43les gens
48:44aiment bien finalement
48:46taper dans les mains
48:47se réjouir
48:49et moi j'ai une tendance
48:51à aller plus
48:52vers l'autre facette
48:53j'aime bien les chansons
48:54mélancoliques
48:55les chansons graves
48:57je me sens plus à l'aise
48:58dedans
48:59mais bon
48:59il ne faut pas faire
49:00un long tunnel
49:01de plomberie quand même
49:02exactement
49:03alors je rappelle
49:04donc du 19 au 31 mai
49:06du mardi au samedi
49:07à 20h30
49:08le dimanche
49:09à 16h en matinée
49:10pour l'instant
49:11jusqu'au 31 mai
49:12mais si ça marche
49:13vous allez peut-être
49:14revenir un peu
49:14parce que vous allez
49:15qu'est-ce que vous allez faire
49:16si vous ne chantez pas
49:17je regarderai les autres
49:18vous avez vraiment envie
49:20de regarder les autres
49:21ah oui oui
49:23je me tiens au courant
49:24quand même
49:25c'est une façon
49:25de préparer l'avenir
49:26peut-être votre avenir aussi
49:28c'est gentil
49:29merci beaucoup
49:30en tout cas
49:30c'est un au revoir
49:31et pas un adieu
49:32j'en suis convaincu
49:33merci Marie-Paul Bell
49:34et merci pour tout
49:35ce que vous donnez au public
49:36et ce que vous continuez à donner
49:37oh merci Jacques
49:39ça me donne la chair de poule
49:41merci beaucoup
49:42les clés d'une vie
49:42c'est terminé pour aujourd'hui
49:43on se retrouve bientôt
49:44restez fidèles
49:45à l'écoute de Sud Radio
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