- il y a 5 mois
Les clefs d'une vie de Nicole Bertolt
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-04-07##
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PersonnesTranscription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:06Vous avez consacré votre vie à contribuer à la postérité d'un génie méconnu de son vivant, Boris Vian.
00:12Vous racontez dans un livre votre quotidien dans l'ombre d'une œuvre dont le rayonnement n'a pas fini
00:18de traverser des générations.
00:20Bonjour Nicole Bertholdt.
00:21Bonjour Jacques Pessis.
00:22Vous a publié Ma vie en Vian chez Fayard, un livre consacré à Boris Vian.
00:27Il se trouve que vous avez beaucoup travaillé avec Ursula Kubler-Vian pendant des années, cité Veyron.
00:34Et vous racontez ça dans un livre avec votre propre parcours.
00:37Et le principe des clés d'une vie, c'est d'évoquer quelqu'un, donc Boris Vian, mais aussi votre
00:41parcours à travers ce livre.
00:43Donc, des dates clés.
00:44Et la première concerne Boris Vian.
00:46Le 11 novembre 1944, il crée son premier club de jazz avec Claude Luther, rue de Rennes.
00:52Ça ne va pas durer longtemps parce que les voisins se plaignent et parce que ça fait beaucoup trop de
00:57bruit.
00:58Oui, en tout de suite résumer comme ça, Boris Vian, c'est formidable.
01:02Moi, j'adore.
01:03Le jazz et beaucoup de bruit.
01:04Voilà.
01:04Et puis, le 11 novembre, c'était une date à ne pas sortir.
01:08Oui, et du reste, ils ont terminé au poste de police.
01:10C'est toujours là, oui.
01:11Boris et Claude Luther.
01:12Ça, je le tiens directement de Claude Luther.
01:13Oui, c'est fou.
01:15Absolument.
01:15On ne se rendait pas compte que Boris Vian allait devenir mythique.
01:19Alors, c'est vrai que Boris Vian a commencé à jouer de la trompette, je crois, très très jeune, à
01:2414 ans.
01:25Oui, à une quinzaine d'années, en tout cas, m'a dit son frère et sa soeur.
01:30Parce que tout simplement, et là, encore une fois, on va tout de suite rentrer dans le vif du sujet,
01:34Boris Vian est atteint d'une maladie de cœur et on va essayer d'exaucer un peu tout ce qui
01:38va lui faire plaisir.
01:40Et ce qui va lui faire plaisir, c'est jouer de la trompette.
01:41C'est un peu antinomique quand on est malade du cœur, sauf que le père, il va accéder à son
01:45désir
01:46et il va lui acheter une trompette d'occasion qui deviendra plus tard une chanson, d'ailleurs, de Henri Salvador,
01:51que vous connaissez bien.
01:53Exactement.
01:54Alors, ça se passe à Ville d'Avray où il est né et je crois qu'au fond de la
01:58villa,
01:58il y a une salle de balle où il va y avoir les premières surprises parties
02:01où Boris va jouer de la trompette, Nicole Berton.
02:04Oui, c'est vrai et ça, encore une fois, c'est tout à fait l'imagerie de la famille heureuse,
02:09merveilleuse.
02:09Le papa s'est tout fait de ses mains, d'ailleurs les frères aussi, il a trois fils et une
02:14petite fille derrière
02:15et ils vont construire une salle de balle eux-mêmes.
02:18Et il faut savoir que dans cette salle de balle, lorsqu'on pousse, qu'on fait glisser certains panneaux,
02:23il y a des petits coins secrets parce que quand même, les trois garçons sont des adolescents
02:28et vont bien entendu essayer de draguer les filles lors de ces surprises parties.
02:31Oui, car les trois musiciens, ce sont les trois garçons, les trois Boris Vian et ses deux frères.
02:36Oui, il y a un frère aîné qui s'appelle Lélio, puis Boris, puis ensuite Alain.
02:42Alors c'est vrai que la musique, ça l'a tout de suite passionné Boris Vian.
02:45Oui, de toute façon, il naît dans un environnement musical.
02:48Sa maman est pianiste, concertiste et de très très bon niveau.
02:53Elle sait aussi jouer de la harpe, elle est soprano et elle, elle se...
02:57Enfin, tous ces moments de liberté, je veux dire, elle les consacre à la musique et notamment au piano.
03:02Quant au papa, il aime par-dessus tout écouter Carlos Gardel et le tango.
03:08Mais Boris, lui, c'est plutôt le jazz directement.
03:10Oui, mais peut-être parce que comme tous les enfants, il a envie de ne pas faire comme les parents.
03:15Donc il n'a pas envie de se consacrer à la musique classique.
03:18Et d'ailleurs, aucun des enfants n'apprendront le solfège d'ailleurs.
03:22Ils feront tout à l'oreille.
03:24Et puis, il n'a pas envie non plus de faire comme les autres,
03:26à tel point que l'école communale de Boris Vian, ça va se passer à la maison.
03:31Oui, de toute façon, la famille est très très aisée.
03:34Ils sont rentiers l'un et l'autre.
03:36Et c'est tout aussi bien, quand on a quatre petits-enfants qui suivent,
03:39d'avoir un précepteur à la maison.
03:41Donc déjà, on commence comme ça tranquillement.
03:44En plus, la maman Vian et le papa Vian, ils ont une capacité à donner toute liberté
03:52à leurs enfants.
03:53Voilà.
03:53Donc, c'est les enfants qui choisissent.
03:55Mais les enfants sont très doués, particulièrement doués.
03:58Je crois qu'à huit ans, il sait lire et écrire.
04:00Il est incollable sur la littérature, pratiquement.
04:03Alors, Boris a dit qu'il avait écrit et lit à l'âge de quatre ans
04:06et qu'il avait tout lu jusqu'à mot passant à l'âge de huit ans.
04:09Vous imaginez déjà la prétention quand même.
04:12Mais est-ce que tout est vrai ?
04:14Eh bien, je vais vous dire que c'est vrai, pour l'avoir vraiment su de Juliette Gréco.
04:18Parce que c'est Juliette Gréco et Boris qui ont démonté la bibliothèque familiale
04:23après la mort du papa, on en parlera peut-être, en 1944.
04:27Et Boris lui a montré tous les livres, effectivement, qu'il avait lus.
04:30C'est tout à fait authentique.
04:31Et puis, il est aussi très doué, Boris Vian, Nicole Berthold, pour le jeu d'échecs.
04:35Hum, alors, jeu d'échecs.
04:38Son rêve eût été de jouer au moins huit parties simultanées.
04:42Ça, c'était son rêve, d'avoir des plateaux, en fait, à étages, comme ça.
04:46D'ailleurs, il en avait fait, d'ailleurs, un schéma, que nous avons à la maison, un petit dessin et
04:50tout.
04:51Il est évidemment doué aux échecs.
04:54C'est, comment dire, c'est l'alliance de la littérature et des mathématiques.
04:57Ça, c'est l'esprit Vian.
04:58Et ça, c'est l'esprit tout de suite, je veux dire, très jeune, de Boris.
05:02Et il m'a joué contre un voisin qui n'est autre que Jean Rostand.
05:04Voilà.
05:05Alors, on y vient tout de suite, parce que ça, c'est pas banal.
05:08La famille Vian, ils ont quand même deux voisins prestigieux.
05:11Alors, la famille Rostand.
05:13Alors, qui est Jean Rostand ?
05:14Jean Rostand n'est ni plus ni moins, quand même, le fils d'Edmond,
05:17qui est une véritable star en France.
05:20Edmond Rostand, il faut le dire.
05:21Et donc, Jean, qui est biologiste de son État,
05:24mais lui aussi, qui a pris des chemins un peu détournés avant d'être biologiste,
05:28il adore les enfants Vian.
05:30Et savez-vous pourquoi, cher Jacques Pessy ?
05:32Pourquoi ?
05:33Parce qu'il leur commande des vers de terre, des grenouilles, des insectes.
05:40Et alors, les petits enfants Vian, ils parcourent toutes les mares alentours,
05:44et notamment les fameuses étangs de ville d'Avray,
05:46et ils vont lui ramener des sacs entiers de tous ses invertébrés.
05:51D'où certaines chansons qui en viennent directement.
05:53Et puis, le drame, je crois, Nicole Berthold, c'est la crise de 1929 qui ruine la famille Vian.
05:59Oui, alors c'est une crise mondiale abominable, terrible, bien entendu, qui fait beaucoup de malheureux.
06:05J'ai envie de dire que chez les Vians, on va essayer de ne pas le vivre comme un drame.
06:09Mais il y a peut-être une chose qu'on pourrait noter, et ça je le sais vraiment directement de
06:13la petite sœur,
06:14c'est que de la pianiste maman, elle s'est mise à tricoter,
06:18parce que pendant les froids d'hiver, il n'y avait plus de quoi chauffer,
06:21et il fallait à un moment donné aussi avoir des bons pullevers et des bons manteaux.
06:26Et c'était terminé les manteaux de fourrure, etc.
06:28Et c'est vrai que la famille a quasiment, quasiment perdu toute leur fortune.
06:33Pourquoi ?
06:34Tout simplement parce qu'ils s'en fichent des rapports d'argent.
06:36Ils n'ont pas cet esprit, ils sont quand même des grands artistes dans l'âme,
06:39et ils vont effectivement très mal placer leur denier,
06:43et ils vont perdre quasiment toute leur fortune.
06:45A tel point qu'ils vont être obligés, je crois, de louer la maison, les fauvettes, à la famille Ménouine.
06:50Mais oui, et là on arrive à effectivement un autre nom prestigieux, merveilleux.
06:54Alors, ils vont louer effectivement leur villa,
06:57et puis ils vont se rabattre sur la maison des gardiens,
07:00dont ils vont faire un étage supérieur, pour se loger.
07:03Ils sont quand même sept à se loger.
07:05Il y a les quatre enfants, il y a les parents,
07:07et puis il y a Tata qui s'occupe des enfants, c'est très important.
07:10Et alors, là, arrive, mais alors vraiment en grande pompe,
07:15monsieur et madame Ménouine avec leurs trois enfants,
07:18Yehoudi, Yalta, Ebziba.
07:21Et alors là, c'est extraordinaire.
07:23Ils sont hauts en couleur, papa et maman Ménouine.
07:25Oui, et puis Yehoudi est exactement comme Boris, un enfant surdoué,
07:29puisqu'il a commencé le violon à quatre ans,
07:31et qu'il a joué en public il y a huit ans.
07:33Mais oui, quand il arrive à Ville d'Avray, dans la maison des Viants,
07:37il a déjà quinze ans, Yehoudi.
07:39J'ai eu la chance de le rencontrer plusieurs fois.
07:42Il en parle, d'ailleurs, dans ses mémoires,
07:44parce que c'est très touchant pour lui.
07:46Il a tout de suite adopté la famille Viant.
07:49Pourquoi ? Parce qu'ils ont tous un peu le même âge.
07:50Et surtout, une chose rare, très rare,
07:54c'est que ses mains valaient de l'or et étaient assurées très très chères.
07:58Et avec les Viants, il arrivait de temps en temps à s'enfuir
08:02dans le parc de Saint-Cloud et à faire de la bicyclette
08:06avec Alain, Boris et les lions.
08:08Et ça, il s'en est souvenu toute sa vie.
08:11Et en même temps, vous avez assisté, je crois,
08:13à l'inauguration d'une plaque pour Yehoudi et Boris Vian devant la maison.
08:19Oui, à Ville d'Avray, aujourd'hui.
08:21Alors, il y a une plaque, bien sûr, encore une fois,
08:23on l'évoquait pour Jean Rustand,
08:24parce qu'il a fait quand même quelque chose d'assez extraordinaire,
08:27Rustand, par rapport à ses recherches.
08:29Mais donc, il y a eu une plaque assez rapidement.
08:31Et puis, une plaque pour les Ménouines.
08:33Et puis, dans un troisième temps,
08:34une plaque pour Boris Vian que j'ai eu la chance d'inaugurer
08:38avec Ursula Vian.
08:39Oui, sans entrer dans la maison.
08:41Sans entrer dans la maison, oui.
08:42Oui, ça, c'est assez cocasse, j'ai envie de dire.
08:47Les personnes qui ont acheté la maison en 54,
08:49du vivant de Boris, d'ailleurs,
08:51c'est toujours la même famille.
08:53Pas facile, pas facile, Vian,
08:56et le contexte social, parfois.
08:58Pas toujours évident.
08:59Il se trouve qu'il y a quelqu'un qui va beaucoup compter
09:01dans les jeunes années de Boris Vian,
09:03Nicole Berthold, c'est Claude Abadie.
09:05Oh oui, Claude.
09:06Quel personnage merveilleux.
09:08Ça, j'aimais beaucoup, Claude.
09:09Il y a deux, trois choses qui m'ont vraiment plu en lui.
09:13Mais alors, la chose la plus drôle,
09:15c'est qu'il n'aimait pas l'œuvre de Boris Vian.
09:18Alors, à chaque fois qu'on se voyait,
09:19il me disait, je l'ai vu pendant des années,
09:21et alors il me disait,
09:24je ne comprends pas pourquoi ce mec-là,
09:25il est si connu.
09:27J'ai beau relire, je ne comprends toujours pas.
09:29Alors qu'il a été clarinettiste
09:30et qu'il a débuté avec Boris Vian.
09:32Ah, mais complètement.
09:33Claude a embauché Boris en 1942.
09:37Et puis, il n'a pas embauché que Boris.
09:38Il a embauché Alain à la batterie,
09:41Lélio à la guitare.
09:42Alors, il le disait très gentiment,
09:45avec grande affection.
09:46Il disait, oh, ils n'étaient pas très bons,
09:48les frères Vian.
09:49Mais enfin, ils étaient drôles.
09:51Et puis, ils connaissaient très, très bien le jazz.
09:53Ça, c'était important.
09:54Et puis, ils ont quand même fait danser les troupes américaines
09:56dans Paris à la Libération.
09:58Oui, oui.
10:00Claude était vraiment quelqu'un qui connaissait extrêmement bien le jazz
10:03et qui a fait des arrangements fabuleux sur des tas de standards.
10:06Et donc, il était appelé à droite à gauche
10:08pour aller, effectivement, jouer dans les cantines américaines,
10:12ce qu'on appelait, ou des grands hôtels,
10:14où tous les Américains qui étaient de passage
10:16ou qui sont restés en France allaient jouer.
10:18La chose la plus drôle que faisait de temps en temps Claude,
10:21c'est qu'il donnait une petite conférence
10:23sur la clarinette.
10:25Et alors, il l'appelait la cla-cla, la riri et la nénette.
10:29Et il se trouve aussi que Boris Vian avait écrit un indicatif pour l'orchestre.
10:44C'est extraordinaire parce qu'aujourd'hui, tout le monde connaît cette chanson.
10:47On ne sait pas forcément que c'est de Boris Vian.
10:49Alors, je suis complètement d'accord avec vous, Jacques.
10:51Et c'est complètement étonnant parce que Boris n'a jamais déposé les paroles.
10:55En français, il faut quand même savoir que c'est un standard américain qui s'appelle « whispering ».
11:00Et Boris n'aurait parfaitement plus le déposé.
11:02Et il ne l'a jamais fait.
11:03Et c'est tombé dans le domaine public.
11:05Et pourquoi ?
11:06Oh, ben ça, c'est Boris tout craché.
11:08Et à un moment donné, c'est là...
11:11Ça s'organise un jour, en fait, au tabou, en 1947,
11:15où en fait, il a dans l'oreille ce petit schéma-là.
11:18Et on lui demande de faire un indicatif pour la radio, pour Radio France.
11:23Et il va faire ça.
11:24Et il n'a pas du tout idée de ce qu'il faut faire derrière.
11:26Voilà.
11:27Ça ne l'intéresse pas.
11:27Le tabou qui était le temple de l'existentialisme,
11:30où Boris a vraiment joué à ses débuts.
11:33Complètement.
11:33En fait, c'est Juliette Gréco qui découvre ce petit lieu.
11:36En fait, c'est un endroit de nuit
11:38où tous les imprimeurs du coin à Saint-Germain-des-Prés
11:40en fait, se réunissent.
11:42Et cette cave, en fait, elle sert d'entrepôt de papier, etc.
11:45Et même de cave à charbon.
11:47Et en fait, Juliette va amener Boris un jour
11:49et va lui dire, écoute, j'ai trouvé un lieu insolite
11:51et il semblerait qu'on puisse, de temps en temps, y faire de la musique.
11:55Voilà.
11:55Alors, il y a la musique, mais il y a aussi la chanson
11:57qu'on va évoquer à travers la date du 4 janvier 1955.
12:02A tout de suite sur Sud Radio,
12:03avec Nicole Berthold pour parler de Boris.
12:06Sud Radio, les clés d'une vie.
12:08Jacques Pessis.
12:09Sud Radio, les clés d'une vie.
12:11Mon invité Nicole Berthold pour ce livre
12:13Ma vie en Vian chez Fayard.
12:15Boris Vian, il est lié à votre vie
12:17pour des tas de raisons qu'on évoquera tout à l'heure.
12:20Vous avez notamment travaillé beaucoup
12:21Cité Véron avec Ursula Kubler-Vian,
12:24sa femme, sa deuxième femme.
12:25Et vous le racontez dans ce livre,
12:27comme vous racontez Boris Vian,
12:29qu'on continue à évoquer à travers la date
12:31du 4 janvier 1955.
12:34Ce soir-là,
12:35il fait ses débuts sur scène
12:37aux trois baudets.
12:38On ne peut pas dire qu'il soit heureux
12:39de faire ses débuts sur scène.
12:41Non, alors,
12:42il s'est essayé dans beaucoup de domaines,
12:44mais alors ça, par contre,
12:45chanter sur scène,
12:46ce n'était pas possible.
12:47Et ça, il a réussi à le faire
12:48parce que Ursula l'a traînée
12:50chez une professeure de chant
12:51puisque elle-même,
12:52elle allait chanter un opéra,
12:54l'opéra de Katsu,
12:55de Kurt Weill,
12:56et Bertolt Brecht,
12:57et elle voulait effectivement
12:59indiquer à Boris
13:00que s'il devait chanter,
13:01il fallait qu'il prenne quelques cours.
13:02Il a fini par accepter,
13:04mais il avait un trac,
13:05mais monumental.
13:07Alors,
13:07c'est au théâtre des trois baudets.
13:09Jacques Canetti en est le directeur.
13:11Il a remonté ce théâtre de Montmartre
13:13où Brel et Brassens ont débuté
13:15avant Boris Vian.
13:17Et donc,
13:17ce soir-là,
13:18il chante ses chansons
13:19Possibles et Impossibles,
13:21parmi lesquelles,
13:21celle-ci.
13:23Mon oncle infâme bricoleur
13:24faisait en amateur
13:25des bombes atomiques
13:27sans avoir jamais rien appris.
13:29C'était un vrai génie,
13:30question travaux pratiques.
13:31La Java des bombes atomiques,
13:33encore un classique.
13:34D'ailleurs,
13:35Regénie a commencé à chanter
13:36parce que Jacques Canetti
13:37lui a demandé
13:38de rendre hommage à Boris Vian
13:39avec cette chanson.
13:40C'était un interprète
13:41fabuleux sur mesure.
13:43Moi,
13:44j'ai en tête aussi,
13:45il y a bien sûr
13:45la Java des bombes atomiques,
13:46mais il y a Arthur
13:47ou Tamil Kors
13:48qui est sensationnel.
13:49Ce sont en fait des histoires
13:50que Boris raconte.
13:52Et avec un début,
13:53un milieu,
13:54une chute,
13:54etc.
13:55Et c'est extraordinaire.
13:56Et Canetti,
13:57que j'ai bien sûr aussi
13:58beaucoup,
13:59beaucoup connu,
14:00approché,
14:01et on a eu
14:02même une discussion
14:02autour de Boris,
14:04il disait vraiment
14:05que c'était
14:06un des plus grands interprètes,
14:08un des plus grands compositeurs,
14:10pardon,
14:10pas compositeurs,
14:11auteurs de chansons.
14:12Et d'ailleurs,
14:13il le vouvoyait.
14:14Il vouvoyait deux personnes.
14:15C'était Brassens
14:16et Evian,
14:17d'ailleurs,
14:17Jacques Canetti.
14:18Et il avait vraiment
14:19une grande admiration
14:20pour ces deux personnes.
14:21Mais on sent
14:22quand on voit
14:22les images
14:23de cette époque
14:23que Boris
14:24est presque gêné
14:25d'être sur scène.
14:26Il s'excuse de chanter.
14:27Oui,
14:28oui,
14:28il n'est pas à l'aise.
14:29Il n'est pas à l'aise
14:30déjà avec son physique
14:31parce que les trois Baudet,
14:32vous devez le savoir,
14:33Jacques,
14:34c'est très très bas,
14:35c'est très très bas de plafond.
14:36Boris,
14:37il fait 1m88.
14:38Alors,
14:38il se sentait déjà
14:39complètement écrasé.
14:41Et puis,
14:42il s'était fait faire
14:42un costume sur mesure
14:43mais qui était assez rigide,
14:45que nous avons toujours d'ailleurs,
14:46mais qui est assez raide.
14:48Et puis,
14:49vraiment,
14:49il avait du mal,
14:50de toute façon,
14:51à chanter.
14:52Il ne peut pas être
14:53un bon chanteur.
14:53Puis,
14:54il y avait une seule loge
14:55pour tout le monde.
14:56Et quand on imagine aujourd'hui
14:57que Brel,
14:57Brassens,
14:58Béard et Vian
14:59ont occupé cette loge,
15:01alors qu'elle a été détruite,
15:02elle est mythique.
15:02Ah oui,
15:03oui,
15:03complètement.
15:04À l'époque où
15:05il fait ses chansons,
15:06son petit tour de chant,
15:08en général,
15:09il présente
15:094,
15:105,
15:106 chansons.
15:11Il change.
15:12Et puis,
15:12on peut nommer
15:13quand même ses pianistes,
15:14Jimmy Walter
15:15et Alain Goraguer,
15:16qui sont également
15:18les compositeurs
15:19de toutes ses chansons.
15:20Voilà.
15:20Et parmi ses chansons,
15:21il y en a une
15:22qui est un classique
15:23plus que jamais.
15:23Monsieur le Président,
15:27je vous fais une lettre
15:30que vous lirez peut-être
15:33si vous avez le temps.
15:37Je viens de recevoir...
15:38L'un des premiers refrains
15:40censurés à la radio,
15:42déconseillés à la radio.
15:43Ah, censurés,
15:44parce que j'ai pu voir,
15:45j'ai pu voir effectivement
15:47dans le fichier,
15:48il y a bien marqué censurés
15:49avec un tampon,
15:50etc.
15:51J'ai envie de dire que
15:53vraiment,
15:54je le dis du fond du cœur,
15:55je continue toujours
15:56d'avoir les larmes aux yeux
15:57quand je donne
15:57des autorisations
15:58concernant l'utilisation
15:59de ce déserteur.
16:01La chanson est sublime,
16:02c'est une sorte de complainte.
16:03Boris est inspiré d'ailleurs
16:05d'autres chansons
16:06qui avaient été écrites
16:07dans le même esprit
16:08pour la guerre de 14-18.
16:10En fait, là,
16:11on est à la fin
16:11de la guerre de Chine
16:12et au début
16:13de la guerre d'Algérie.
16:14Donc, la censure.
16:15Oui, bien sûr.
16:16Bien sûr,
16:16c'est malvenu forcément
16:18de dire aux jeunes
16:19de ne pas aller faire la guerre
16:20et tout,
16:20sauf que malheureusement,
16:22les temps
16:23n'ont pas changé
16:25et c'est vrai
16:25que Boris Vian,
16:26c'est plutôt de cela
16:28dont il a eu besoin.
16:30Il a eu besoin
16:30de s'exprimer là-dessus
16:31parce qu'il avait très peur
16:32que l'être humain continue,
16:34que ce soit la seule réponse
16:35à l'humanité
16:36de faire la guerre.
16:38Et Ursula me racontait
16:39que souvent,
16:39le matin,
16:40il en vomissait
16:41tellement il était malheureux,
16:43tellement il était malade.
16:44Mais quand on sait
16:46que la seule personne
16:47qui a accepté au départ
16:49d'écrire,
16:49d'interpréter cette chanson,
16:50c'est Mouloudji,
16:51personne ne voulait.
16:52Personne ne voulait
16:53et même des gens
16:55un peu connus
16:56et même des copains
16:56que Boris avait contactés
16:58ne voulaient pas.
16:59Alors son copain Mouloudji,
17:00que Boris appelait d'ailleurs
17:01Moulagaufre,
17:03Mouloud Moulagaufre,
17:03il donnait des surnoms
17:04à tout le monde.
17:05Alors Mouloud,
17:06c'était quelqu'un
17:06de merveilleux.
17:07Donc ils ont fait
17:08un espèce de pacte,
17:09c'est que tous les deux,
17:10ils ont réécrit
17:10quelques paroles différentes
17:12et Mouloud
17:12devait effectivement
17:13aller à l'Olympia
17:15à la fin de l'année,
17:16je crois que c'était
17:17en septembre
17:17ou octobre 54
17:19et donc ils ont accepté
17:20tous les deux
17:21en réécrivant
17:21et en réaménageant
17:22la chanson
17:23de pouvoir
17:24la chanter sur scène.
17:25C'était très courageux
17:26de la part de Mouloudji.
17:28Je crois qu'il a également
17:29fait une tournée
17:29dans les villes d'eau,
17:31Boris Vian.
17:31Alors Boris,
17:32effectivement,
17:33à la suite
17:34de cette interprétation
17:36de Mouloudji,
17:37donc fin 54,
17:38en 55 et 56,
17:41Boris Vian va faire
17:41une tournée.
17:42D'ailleurs,
17:42il devait même faire
17:43cette tournée,
17:43on ne sait pas ça,
17:44mais il devait faire
17:45cette tournée
17:46avec Henri Salvador
17:47d'ailleurs.
17:48Et puis ça ne s'est pas fait
17:49pour des raisons
17:50de la maladie de cœur
17:51de Boris.
17:52Donc ils vont partir
17:53avec Goraguer
17:55au volant,
17:56d'ailleurs tous les deux,
17:57et au piano,
17:58j'ai envie de dire,
17:59et vont partir
18:00dans tout un tas
18:00d'endroits
18:02Evian,
18:03les Cévennes,
18:04etc.,
18:05pour arriver jusque là-haut
18:06en Normandie,
18:07ils vont faire
18:08cette tournée ensemble
18:09qui va très mal
18:10se passer.
18:11Ah bon ?
18:12Elle va mal se passer
18:13parce qu'à chaque fois
18:14que Boris interprète
18:15le déserteur,
18:17il y a quelques personnes
18:18qui montent sur scène,
18:19on ne peut pas dire,
18:20qui sont des militaires,
18:21anciens militaires,
18:21et qui vont monter
18:22sur scène
18:23pour empêcher Boris
18:25de dire sa chanson.
18:26Alors il faut savoir
18:27qu'Henri Salvador
18:28est très lié à Boris Vian.
18:29D'abord,
18:29le premier disque
18:30d'Henri Salvador,
18:31au dos de la pochette,
18:33il y a quelques mots
18:33de Boris Vian.
18:34Oui, tout à fait.
18:36Ils sont très liés
18:37et puis alors,
18:38ils ont quelque chose
18:38en commun,
18:39Boris et Henri.
18:40C'est que Henri,
18:41c'est un immense
18:44guitariste de jazz.
18:46Et ça,
18:46on l'oublie trop souvent.
18:47Mais moi,
18:48j'ai passé des soirées
18:49avec lui
18:49d'un niveau
18:50fantastique.
18:51Alors,
18:51quand il était parti,
18:52c'était merveilleux.
18:53Et donc,
18:54tous les deux,
18:55ils vont décider
18:56d'écrire
18:56les premiers rock.
18:57et ils vont enregistrer
18:59ces premiers rock.
19:00Et il y a un troisième
19:00qu'il faut citer.
19:02C'est Big Mac.
19:03Alors,
19:03est-ce qu'on dit,
19:04Jacques,
19:04est-ce qu'on dit
19:05qui est Big Mac ?
19:05C'est Michel Legrand.
19:06Leur copain.
19:07Et justement,
19:08parmi les rock'n'roll,
19:09il y a Rock'n'roll Mops.
19:11Rock'n'roll Mops
19:13Avec du pain meuré
19:14Rock'n'roll Mops
19:16Et du bif dégâché
19:17Rock'n'roll Mops
19:19Avec un impasse-ball
19:20C'est incroyable.
19:21C'est Boris Vian,
19:22Henri Salvador.
19:24Et d'ailleurs,
19:24pendant des années,
19:25on n'a pas su
19:25qu'Henri Cording
19:26c'était d'Henri Salvador.
19:27Mais exactement.
19:28Et ça,
19:28c'est toujours pareil.
19:29Le côté pastiche,
19:31le côté potache,
19:32peut-être aussi
19:33qu'on peut dire
19:33de Boris Vian,
19:34d'inventer
19:35des tas de choses.
19:36Donc,
19:36en fait,
19:37on a Michel Legrand Big Mac
19:38et donc Henry Cording.
19:42Vous voyez le jeu de mots.
19:43Et puis,
19:43à l'époque,
19:44il se trouve que
19:44Boris Vian a travaillé
19:45en coulisses
19:46puisqu'il a été nommé
19:47directeur artistique
19:48des disques Fontana
19:49et va superviser
19:51beaucoup de micro-sillons.
19:53Ça,
19:54c'est le bonheur
19:54pour Boris.
19:55Et ça,
19:55on le doit également
19:56à Jacques Canetti
19:57qu'il ne faut pas oublier.
19:58Jacques voit que Boris
19:59ne s'en sort pas
20:00et il va lui proposer
20:01de diriger
20:02chez Philips
20:03une collection de jazz.
20:04Et Boris,
20:05petit à petit,
20:06va en plus
20:06créer un label
20:08Fontana
20:08mais la chose
20:09qui est la plus merveilleuse
20:10c'est que la première chose
20:11qu'il va faire
20:12c'est un label
20:12qui s'appelle
20:13Jazz pour tous.
20:14Il estime que tout le monde
20:16doit aimer le jazz,
20:17que tout le monde
20:18va écouter du jazz
20:19et ce n'est pas faux.
20:21À l'époque,
20:21Sidney Bechette
20:22est passée par là.
20:23Oui,
20:23et en même temps,
20:24on se souvient de
20:25Pour ceux qui aiment le jazz
20:26de Franck Tenno
20:27et Denis Philippakie,
20:28c'était une émission confidentielle.
20:30Le jazz intéressait
20:31peu de gens
20:31et je me souviens même
20:32de Gérard Calvi
20:33me disant
20:33dans mes jeunes années
20:34le jazz
20:35c'était une musique
20:36de sauvage.
20:37Mais complètement.
20:38Donc Boris
20:39s'est mis en tête
20:41quelque part
20:43de...
20:43peut-être d'éduquer,
20:45j'ai envie de dire,
20:46les auditeurs.
20:47D'ailleurs,
20:48quelqu'un l'a nommé
20:49jazzologue.
20:50Je trouve ça merveilleux
20:51parce que dans ses rubriques,
20:52il essaye d'expliquer
20:54finalement
20:54qu'est-ce qu'est le jazz,
20:55où est le jazz,
20:56comment le positionner
20:57et donc il va
20:59à travers ses rubriques
21:00qu'il écrit aussi
21:01dans Jazzot,
21:02le fameux journal
21:04tenu par Luc Panassier
21:05et Charles Delonnet,
21:07il va essayer justement
21:08d'apprendre
21:09et ça va marcher
21:11et ça va fonctionner.
21:12Le problème,
21:13c'est qu'il travaille
21:13tout le temps,
21:14Boris Vian,
21:15Nicole Berthold.
21:16Ça oui,
21:16ça pour travailler,
21:17il travaille tout le temps,
21:18il ne sait pas faire autrement.
21:19C'est-à-dire que c'est
21:20quelque chose
21:21qui lui est arrivé
21:21dès la petite enfance.
21:23On a tendance parfois
21:23à imaginer
21:24que c'est sa maladie de cœur
21:26qui va l'envahir
21:27au point qu'il a envie
21:28d'oublier
21:29et donc comme beaucoup
21:30il devient hyperactif.
21:32Pas exactement.
21:33Ça c'est quelque chose
21:34qui lui est vraiment propre
21:35dès la prime jeunesse.
21:38Ça, sa soeur me dit
21:39c'était vraiment
21:40un drôle de personnage,
21:41un drôle d'oiseau
21:42quand il était enfant.
21:43Il avait la capacité
21:45de faire trois ou quatre choses
21:47simultanément tout le temps
21:48et ça vraiment
21:49dès l'enfance.
21:50Et en même temps,
21:51il y a eu un malaise cardiaque
21:52en 1956
21:53et un second le 23 juin 1959
21:55dont il ne va pas réchapper
21:57hélas.
21:57Oui, bien sûr.
21:58Il va effectivement,
22:01grâce à sa force d'esprit
22:03et à sa force physique d'ailleurs,
22:05il va résister.
22:06Il aurait dû mourir
22:07au moins trois ou quatre fois
22:08en 1956,
22:10en 1957,
22:10en 1958.
22:12effectivement,
22:12le dernier œdème pulmonaire
22:14lui sera fatal
22:15simplement en joie 59.
22:17Mais c'est un mort vivant
22:18mais il résiste,
22:19il résiste
22:20parce qu'il a des choses
22:21à dire
22:21et des choses à faire.
22:22Et des choses à dire
22:23et à faire,
22:24toujours en actualité
22:24et on va l'évoquer
22:26à travers une autre date,
22:27le 25 septembre 1990.
22:29A tout de suite
22:30sur Sud Radio
22:30avec Nicole Berthold
22:31pour parler de Boris Vian.
22:33Sud Radio,
22:34les clés d'une vie,
22:35Jacques Pessis.
22:36Sud Radio,
22:36les clés d'une vie,
22:37mon invité Nicole Berthold.
22:39Nous parlerons tout à l'heure
22:40de ce livre
22:40Ma vie en Vian
22:41chez Fayard
22:42puisque Boris Vian,
22:43vous avez vécu Boris Vian
22:46à travers Ursula Kublaire
22:47et à travers la cité Véron.
22:49Et donc,
22:49on a évoqué
22:50le parcours de Vian.
22:51Il disparaît en 1959
22:52mais sa postérité
22:54va commencer
22:54et le 25 septembre 1990,
22:57c'est la date
22:58de la naissance officielle
22:59de la fondation Boris Vian
23:01qui est une association
23:02déclarée par Ursula Kublaire,
23:05sa femme.
23:06Et c'est vrai
23:06qu'Ursula Kublaire,
23:07je crois qu'il l'a rencontrée
23:09quand il faisait
23:10des textes
23:11pour des ballets
23:12de Roland Petit.
23:13Alors,
23:14il l'a rencontrée,
23:15ça,
23:15ça viendra après,
23:16mais il l'a rencontrée
23:18lors d'un cocktail
23:19chez Gallimard
23:19parce que Boris Vian,
23:21on pourrait tout de suite
23:22faire le lien
23:23et parler de Gallimard
23:24et Vian,
23:25c'est très important,
23:26souhaite être éclaté
23:27écrivain.
23:28D'ailleurs,
23:28il ne va jamais dire
23:29qu'il est écrivain,
23:29il va dire qu'il est
23:30homme de lettres.
23:31Ça,
23:31ça l'amuse beaucoup plus
23:32déjà pour commencer
23:33et donc,
23:35il fait la chose
23:36que font tous les écrivains,
23:37hommes de lettres,
23:38auteurs,
23:39peu importe,
23:40à l'époque,
23:40c'est d'aller
23:41au cocktail
23:42chez Gallimard.
23:43Et là,
23:43Ursula Vian,
23:45qui arrive à Paris
23:46parce qu'elle veut faire
23:47du modern jazz
23:48et qu'elle faisait
23:49de la danse classique
23:49dans sa ville natale
23:50de Zurich,
23:51elle va se retrouver là
23:53parce qu'une copine
23:54lui dit
23:54tiens,
23:55si tu veux aller
23:56à un cocktail,
23:56rencontrer du monde,
23:57commencer un peu
23:58à parler français.
23:59Ursula ne parle que
24:00le Zurichois,
24:01le Suisse alémanique
24:01et l'allemand.
24:03Et là,
24:04il y a un jeune homme
24:05qui parle allemand.
24:07Ça ne se dit pas
24:07à l'époque,
24:08mais dans les familles
24:09bourgeoises
24:10et dont Boris faisait partie,
24:12on parle l'allemand.
24:13Et donc,
24:14il va pouvoir
24:14lui adresser la parole.
24:15Et il est subjugué
24:17par son triangle parfait
24:19qui dit isocèle
24:20de cette jeune femme
24:22avec un petit menton pointu
24:23et deux yeux verts immenses.
24:25Donc,
24:26ensuite,
24:26lorsqu'il va écrire
24:28un livret
24:29pour un ballet
24:29de Roland Petit
24:30et Jean-Mère,
24:31il va la retrouver.
24:31Oui,
24:32exactement.
24:33C'est tout à fait
24:33une bonne entrée en matière
24:34puisqu'il apprend
24:35qu'elle est danseuse,
24:36donc elle s'entraîne.
24:37Elle est d'un très haut niveau,
24:39Ursula.
24:40Elle est niveau
24:41vraiment
24:42pour rentrer
24:43dans n'importe quel ballet classique.
24:44Sauf que ça ne l'intéresse pas.
24:46Elle n'aime pas
24:47la musique classique,
24:49donc grand point,
24:50effectivement,
24:51avec Boris Jean pour parler.
24:52Elle a envie de découvrir
24:53Alban Berg,
24:54elle a envie de découvrir
24:57les opéras contemporains.
24:58Et donc,
24:59il se rencontre par là
25:00et Boris,
25:01qui,
25:02à un moment donné,
25:03cherche de nouvelles voies
25:04puisque personne ne veut
25:05de ses livres,
25:06il va lui écrire des ballets.
25:08Voilà.
25:08Et il se trouve aussi
25:09que Boris vient de quitter
25:10Michel,
25:11sa première femme
25:12et ses enfants,
25:12parce qu'il n'avait plus rien
25:13à se dire.
25:14Oui,
25:15il n'avait plus rien à se dire.
25:16Alors,
25:16on peut le dire comme ça,
25:18c'est un grand raccourci,
25:19mais on pourrait ajouter
25:21quelque chose.
25:22Et là,
25:22je m'adresse à Michel,
25:23si elle m'entend,
25:24qui est décédée à 97 ans
25:26en 2017,
25:27que j'ai beaucoup fréquenté,
25:29donc la première épouse
25:29de Boris.
25:31Michel considérait
25:32qu'elle était sartrienne.
25:34Donc,
25:34pendant l'époque
25:35de Saint-Germain-des-Prés,
25:36elle va se rapprocher,
25:37elle va beaucoup se rapprocher
25:39de Jean-Paul Sartre
25:41de Jean-Paul Sartre
25:42et de Simone de Beauvoir.
25:44Et quelque part,
25:44c'est vrai que ça va les séparer.
25:46Et puis,
25:47Michel,
25:47elle commence à avoir du mal
25:49avec les Vernon Sullivan,
25:50c'est-à-dire avec le double
25:51de Boris Vian,
25:52avec,
25:52j'irais,
25:53cracher sur vos tombes,
25:54avec les morts
25:54tous la même peau,
25:55etc.
25:55Ça va être compliqué,
25:56finalement,
25:57dans ce couple.
25:58Et ils vont finir
25:59par se séparer en 49
26:00et Boris va s'installer
26:02à Saint-Tropez,
26:03d'ailleurs,
26:03à cette période-là.
26:04Et donc,
26:05c'est en 50
26:05qu'il rencontre
26:07un cocktail chez Gallimard,
26:08Ursula Kubler.
26:09Et Saint-Tropez,
26:11il va y aller souvent.
26:12Et d'ailleurs,
26:12on doit l'un des premiers
26:14clips de l'histoire
26:15à Boris Vian
26:16avec cette chanson.
26:17Je suis snob.
26:20Je suis snob.
26:22C'est vraiment
26:23le seul défaut
26:25que je gobe.
26:27En fait,
26:28Saint-Tropez
26:29est à l'époque
26:29un petit village,
26:31un port
26:31où Bardot
26:32a à peine débarqué.
26:34Et quand je parle de clips,
26:35c'est-à-dire qu'il a tourné
26:35des images
26:37où il est sur le port
26:38de Saint-Tropez.
26:38Ah oui,
26:39et complètement,
26:39ça c'est merveilleux.
26:40Ils ont fait
26:41un petit film
26:42avec Pavio.
26:45Excusez-moi,
26:45je ne me souviens pas
26:46de son prénom.
26:47Paul Pavio.
26:47Paul Pavio.
26:48Paul Pavio.
26:49Et du reste,
26:50dans ce petit clip
26:52apparaît
26:52Michel Piccoli.
26:54Oui.
26:54Il a une vingtaine d'années.
26:55Michel est grand ami
26:56de la famille.
26:57On s'est rencontrés
26:58bien sûr
26:58maintes fois aussi.
27:00Et il a décidé,
27:01Boris,
27:03d'aller sur le port
27:04avec sa Richard Brazier,
27:06sa voiture adorée,
27:07qui va dans les 60 à l'heure
27:08dans les descentes,
27:09mais à peine 15 à l'heure
27:11dans les montées.
27:12Et c'est une Richard Brazier
27:13qui date de 1911.
27:15Boris l'adore.
27:16Et Boris,
27:17effectivement,
27:18demande à Pavio
27:19de la filmer
27:19parce que c'est extraordinaire.
27:22Saint-Tropez,
27:23c'est l'été,
27:24mais il y a Paris.
27:25Et Paris,
27:26je crois qu'alors
27:27qu'il est pratiquement
27:28à la rue,
27:28Ursula va découvrir
27:29grâce à une agence immobilière
27:31un appartement
27:33cité Véron.
27:34Oui,
27:35alors l'histoire
27:35est un petit peu difficile
27:37parce que donc
27:37Boris a quitté Michel,
27:40a quitté le domicile
27:41conjugal du reste.
27:42C'est comme ça
27:43que ça se dit à l'époque
27:44et donc n'a pas
27:45la garde de ses enfants.
27:46Il habitait
27:46chez ses beaux-parents,
27:47Faubourg-Poissonnière
27:48dans le 10e.
27:49Et il va falloir
27:50à un moment donné
27:51effectivement qu'il trouve
27:52quelque chose
27:52puisqu'il ne va pas
27:53rester à Saint-Tropez.
27:55Il ne va pas y rester
27:55même si c'est très tentant.
27:58Il faut qu'il retourne
27:59à Paris
28:00et il va louer
28:01un petit studio
28:02de 10 mètres carrés
28:03au 8 boulevard de Clichy.
28:05Alors Ursula
28:06va le rejoindre
28:07en 51,
28:0852.
28:09Ils ont beau
28:10beaucoup s'aimer
28:1010 mètres carrés
28:11à 2,
28:11c'est quand même
28:12un peu difficile.
28:13Et il va se trouver
28:14que Ursula
28:15à force de chercher,
28:16de poser la question
28:17aux uns,
28:18aux autres
28:18elle va avoir
28:20la possibilité
28:21avec un monsieur
28:22qui s'appelle
28:23Monsieur Dimanche,
28:24elle va avoir
28:25la capacité
28:25de visiter
28:26un petit deux-pièces
28:28qui sont les anciens
28:29ateliers
28:29du Moulin Rouge.
28:30Et le Monsieur Dimanche
28:31lui dit
28:32vous allez avoir
28:33un voisin
28:34tout à fait extraordinaire
28:36et très connu
28:38et il s'agit
28:39de Jacques Prévert.
28:40Et carrément,
28:41ils ont partagé
28:41la même terrasse
28:42pendant des années
28:43au-dessus du Moulin Rouge
28:44mais en voyant
28:45le Moulin Rouge
28:46de dos.
28:47Ah oui,
28:47alors ça c'est assez drôle
28:48effectivement.
28:49Ça va bien
28:49avec leur esprit
28:51pataphysicien.
28:51On est bien d'accord
28:52que si vous voyez
28:53sur le boulevard de Clichy
28:54le Moulin Rouge,
28:56une espèce de grand vide
28:57derrière le Moulin Rouge
28:58avec ses magnifiques ailes
28:59et donc si vous passez derrière
29:02comme ils ont eux
29:04la capacité
29:05de pouvoir passer derrière
29:06vous vous retrouvez
29:07devant une grande terrasse
29:08qu'on appelle
29:08la terrasse
29:09des trois satrapes.
29:11On verra après
29:12qui sont les trois satrapes.
29:13Et il y a en fait
29:14l'appartement
29:16de Jacques Prévert
29:17qui fait une ligne droite
29:18l'appartement
29:19de Boris Jean
29:20une autre ligne droite
29:21et puis il y a
29:22de l'autre côté
29:23tout un tas de gens
29:24assez extraordinaires
29:26qui vont arriver
29:26dans pas très longtemps.
29:27Oui,
29:27qui est d'autres personnes
29:29et il y a aussi je crois
29:30la troupe de Romain Bouteille
29:32qui a habité
29:32dans le quartier.
29:34Tout à fait.
29:34Eux ils arriveront
29:35à la fin des années 60
29:36et ils occuperont
29:37pendant 8 ans au moins
29:39la terrasse
29:40des trois satrapes.
29:40Il y a une vraie amitié
29:42entre Prévert
29:43et Vian
29:44à tel point
29:44que Prévert
29:45dit souvent
29:46si vous voulez voir
29:47un vrai poète
29:47vous sonnez à côté.
29:49Oui, oui, oui
29:49ça c'est tout à fait
29:51vrai
29:51et tout à fait extraordinaire.
29:53Ils se connaissent
29:54depuis l'époque
29:54de Saint-Germain-des-Prés.
29:56En fait on a peut-être
29:57oublié
29:57qu'avant Saint-Germain-des-Prés
29:59il y a eu Montparnasse
30:00et donc
30:02Jacques Prévert
30:03fréquentait bien sûr
30:03Montparnasse
30:05sauf que
30:06après la guerre
30:07tout le monde
30:07s'est rapatrié
30:08à Saint-Germain-des-Prés
30:09dont Prévert
30:10mais peut-être que Prévert
30:12c'était plus
30:13tout à fait son monde
30:14parce qu'on a oublié
30:15aussi quelque chose
30:16de très important
30:16c'est qu'il a eu
30:17un accident très grave.
30:18Il est tombé
30:19Il est tombé
30:19du premier étage
30:20du poste parisien
30:21Oui, exactement
30:24et il est tombé
30:25par la fenêtre
30:26et il a été
30:26très très handicapé
30:28pendant des semaines
30:29et des semaines
30:30et donc en 48
30:31ça correspond
30:32à l'époque
30:32de Saint-Germain-des-Prés
30:33et en fait
30:34il habitait
30:35les hôtels
30:36et il n'avait pas envie
30:38finalement
30:38de fréquenter
30:39le monde de la nuit
30:40etc.
30:40et donc
30:41petit à petit
30:42il s'est mis en retrait
30:44Jacques
30:45et lorsqu'il est arrivé
30:46à la cité Veyron
30:47en 53
30:48il a eu comme
30:49une deuxième vie
30:50extraordinaire
30:51et là il a retrouvé
30:52ce grand jeune homme
30:53qu'il considérait
30:54quand même
30:54un peu comme
30:55un fils spirituel
30:56Exactement
30:57et je sais que
30:57tous les deux
30:58ne sont jamais allés
30:59au moulin rouge
30:59alors que c'était
31:00juste en va
31:01Exactement
31:02Il se trouve que
31:03Boris disparaît
31:04mais qu'un homme
31:04va rentrer dans
31:05la vie d'Ursula
31:06un garçon
31:07que Boris lui a présenté
31:08qui était acteur
31:09qui est Monsieur D
31:11Ah oui
31:12alors Monsieur D
31:12alors effectivement
31:13ça c'est assez étonnant
31:14alors Monsieur D
31:16Juliette Gréco
31:17le nommait
31:17Hot D
31:18alors Hot
31:20parce qu'il était
31:20terriblement séduisant
31:22et D
31:23parce qu'en fait
31:24il n'était pas très grand
31:25et il était aussi grand
31:26qu'un D à coudre
31:27le disait-elle
31:28parce qu'en fait
31:29il était couturier
31:30et alors il dansait
31:31le bebop comme personne
31:32et il était aussi comédien
31:34mais comme beaucoup
31:35ils avaient plein de métiers
31:36donc il était couturier
31:38il était danseur de bebop
31:39il faisait un peu de radio
31:41il conduisait ses dames
31:43en empruntant des voitures
31:45il les raccompagnait
31:46donc il était un peu
31:46chauffeur de taxi
31:47version Uber
31:48avant l'heure
31:49et puis
31:49effectivement
31:50de temps en temps
31:51il acceptait des petits rôles
31:52alors un soir
31:54Boris rentre à la maison
31:55et dit à Ursula
31:56écoute
31:57habille-toi tout de suite
31:58il faut qu'on aille voir un gars
31:59il est beau
32:00il est beau
32:01mais il est mauvais
32:02mais il est mauvais
32:03tu ne peux pas savoir
32:04mais toutes les filles
32:05en sont dingues
32:05alors il faut que tu viennes
32:07avec moi pour aller le voir jouer
32:08voilà
32:09il s'agissait de D
32:10et ils ne se sont plus quittés
32:11et puis dans cet appartement
32:12beaucoup de gens ont défilé
32:14il y en a un qui est venu
32:16et qui admirait
32:17Boris Vian plus que tout
32:18d'ailleurs il y doit sa carrière
32:19c'est Serge Gainsbourg
32:20ah oui alors ça c'est assez incroyable
32:22Serge est venu
32:24à rencontrer Boris
32:26en 58
32:27un peu de temps avant
32:28il faut savoir que c'est Boris Vian
32:29qui a écrit le premier article
32:32sur Serge Gainsbourg
32:33qui passait chez Milleur-Larsouille
32:35où Boris Vian
32:35quelquefois jouait du piano
32:37voilà
32:37de la trompette
32:38oui oui de la trompette
32:39voilà tout à fait
32:40il aurait pu jouer un peu de piano
32:41s'il avait voulu
32:42mais il laissait Gainsbourg faire
32:44qui était un excellent pianiste
32:45et donc ils se sont retrouvés
32:46à la maison
32:47et bien sûr Serge a été très intéressé
32:50par toute la discothèque de Boris
32:52et notamment
32:52tous les disques classiques
32:54qu'il pouvait avoir
32:55et la discothèque de jazz
32:56et il faisait effectivement
32:57à l'époque souvent
32:59des ponts l'un et l'autre
33:00sur la musique classique
33:01et la musique de jazz
33:02ce qu'on ne faisait pas du tout
33:03à l'époque
33:04et Serge
33:06plus tard
33:07après la mort de Boris
33:08est venu aussi chez Prévert
33:10c'est là où il a demandé
33:11l'autorisation de faire
33:12sa fameuse chanson de Prévert
33:15et puis plus tard
33:16il a aussi rencontré Ursula
33:18une fois
33:19deux fois
33:19trois fois
33:20huit fois
33:21douze fois
33:21il a rencontré Ursula
33:23parce qu'il avait
33:23l'idée d'un projet
33:25pas banal
33:26et ce projet
33:28malheureusement
33:28n'a pas abouti
33:29mais il y a quand même
33:30une chanson qui est née
33:31de leur rencontre
33:32que Serge Eljani
33:33a interprété
33:34quand j'aurai du vent
33:40dans mon crâne
33:42quand j'aurai du verre
33:46sur mes os
33:47c'est une chanson
33:50parole de Boris Vian
33:51musique de Gainsbourg
33:52ce qu'on a un peu oublié
33:53ah oui mais je vous remercie
33:54vraiment de la passer
33:55parce que c'est vraiment
33:56alors là
33:58comment dire
33:59le tandem parfait
34:00je veux dire
34:00ils ont tout à fait
34:02le même esprit
34:03l'un et l'autre
34:03Serge est venu à la maison
34:04jusqu'à sa mort
34:05et même fois
34:07j'ai pu observer
34:08vraiment
34:09il y a des fois
34:09je me disais
34:10que j'avais peut-être
34:11presque un petit peu
34:12Boris avec moi
34:12moi qui ne l'ai jamais rencontré
34:14mais pour revenir
34:15sur ce projet commun
34:16c'était en fait
34:17le rêve de Serge
34:18était d'adapter
34:19j'irais cracher
34:19sur vos tombes
34:20pour l'écran
34:22alors il se trouve aussi
34:23qu'il y a quelqu'un
34:23qui a beaucoup compté
34:24à cette époque
34:25et que vous avez vu
34:25mille fois citer Véron
34:27c'est François Caradec
34:28puisque François Caradec
34:29fait partie du collège
34:31de pataphysique
34:31et je crois que
34:32le collège de pataphysique
34:34qui a été créé en 48
34:35par le docteur Sandomir
34:36une société de recherche
34:38savante et inutile
34:39Boris Vian
34:40en a été le Benjamin
34:41ah oui oui
34:42c'est très important
34:43dans la vie de Boris Vian
34:44j'ai envie de dire
34:45on revient à la terrasse
34:47des trois satrapes
34:48satrapes étant un
34:50on va dire
34:51un titre honorifique
34:53et très important
34:54alors les trois satrapes
34:56sont Jacques Prévert
34:57et Boris Vian
34:58et le troisième satrap
34:59était le chien
35:00Hergé
35:01de Jacques Prévert
35:03et donc il a un diplôme
35:04on a trempé
35:05sa petite patte
35:06dans l'encre
35:06etc
35:07ils ont tous
35:07leur diplôme
35:08Boris en était
35:09très épris
35:10de ce collège
35:11il avait trouvé
35:12j'ai envie de dire
35:13une nouvelle famille
35:14il est d'abord
35:14grand écarisseur
35:17en 1953
35:18pour le collège
35:19de pataphysique
35:20car
35:21les pionniers
35:22ceux qui ont mis
35:23en place
35:24le collège
35:25de pataphysique
35:25ont vu
35:26sa pièce
35:27en 1948
35:28les caressages
35:29pour tous
35:29ah oui
35:30et alors ça
35:31quand ils ont vu
35:31cette pièce
35:32qui était quand même
35:33très particulière
35:34à l'époque
35:34et très osée
35:35ils se sont dit
35:36ce gars là
35:37il faut qu'on le rencontre
35:38c'est un pataphysicien
35:39dans l'âme
35:39et ensuite
35:41Boris est devenu
35:42s'attrape
35:43parce qu'ils ont décidé
35:45qu'il était
35:45le plus pataphysicien
35:47de tous les pataphysiciens
35:48et puis c'était lié
35:49aussi à son
35:50sa relation
35:52très amicale
35:53très professionnelle
35:54avec Raymond Queneau
35:55qui était
35:56aussi
35:57à l'origine
35:58de la publication
36:00de Vercoquel
36:01Plancton
36:02dès 1944
36:03tout de même
36:04chez Gallimard
36:04un livre de Boris Lian
36:05qui est devenu un classique
36:06mais qui à l'époque
36:07n'a pas marché
36:08tout ça
36:08vous le racontez
36:09dans un livre
36:09qu'on va évoquer
36:10à travers la date
36:11de sa sortie
36:11le 4 mars 2026
36:13à tout de suite
36:14sur Sud Radio
36:14avec Nicole Bertolt
36:16pour parler
36:16d'elle et de Boris Vian
36:18Sud Radio
36:19les clés d'une vie
36:20Jacques Pessis
36:21Sud Radio
36:22les clés d'une vie
36:23mon invité Nicole Bertolt
36:24on a beaucoup parlé
36:25de Boris Vian
36:25et il se trouve
36:27que vous avez publié
36:28le 4 mars 2026
36:29chez Fayard
36:30un livre
36:31Ma vie en Vian
36:32où vous racontez
36:33votre parcours
36:34vos jeunes années
36:35et votre rencontre
36:36avec Boris Vian
36:37d'abord
36:37pourquoi ce livre
36:38puisque vous êtes toujours
36:39une femme restée dans l'ombre
36:42il est tombé sur moi
36:44ce livre
36:44il n'était pas écrit
36:45il était déjà tombé sur moi
36:46ça n'a pas été simple
36:47je crois pour deux raisons majeures
36:51parce que Patrick Vian
36:52le fils de Boris
36:53est décédé
36:54le 24 février 2023
36:56et au moment
36:57où il est décédé
37:00Patrick
37:00il m'a semblé évident
37:02de laisser une trace
37:04d'expliquer
37:05un certain nombre de choses
37:06parce que gérer une œuvre
37:07comme celle de Boris Vian
37:08c'est une aventure
37:09complètement incroyable
37:11invasemblable
37:11c'est une sorte de roman
37:13et puis peut-être
37:14que j'ai eu envie aussi
37:14de le faire pour mes enfants
37:15parce que régulièrement
37:17ils disent
37:17maman on ne sait pas très bien
37:18qui tu es
37:19en dehors de Boris Vian
37:21vous avez grandi
37:22même avant de connaître
37:23l'univers de Vian
37:24entre la Savoie et Paris
37:26dans des conditions
37:26très difficiles
37:27c'est-à-dire que vous avez tout eu
37:28des parents durs
37:30qui se battaient
37:31le harcèlement
37:32vous avez tout subi
37:33oui on peut le dire
37:34comme ça
37:34et finalement
37:35quand on a une vie
37:36de patachon
37:37comme la mienne
37:38on va faire en sorte
37:39de tout oublier
37:41mais en même temps
37:42ce qui vous a sauvé
37:43dans ces années difficiles
37:44c'est Boris Vian
37:45la lecture de Boris Vian
37:46oui on peut le dire
37:47comme ça
37:47je pense vraiment
37:48que je serais morte
37:49je pèse mes mots
37:50quand je dis ça
37:51s'il n'y avait pas eu
37:52d'un seul coup
37:54un état de grâce
37:55qui m'a été donné
37:56lorsque
37:56deux fois
37:57lorsque vraiment
37:59j'ai lu pour la première fois
38:00Boris Vian
38:01à l'âge de 13 ans
38:02où j'ai découvert
38:03l'herbe rouge
38:03ça m'a ouvert
38:05des horizons uniques
38:06alors là
38:07on retourne
38:08à la pataphysique
38:09l'art de la pataphysique
38:10c'est la science
38:11des solutions imaginaires
38:12et quand j'ouvre
38:14l'herbe rouge
38:15ça me donne
38:16des solutions imaginaires
38:17et puis
38:18il se trouve
38:19dans ce livre
38:19vous racontez
38:20vos jeunes années
38:20et je laisserai
38:21à celles et ceux
38:22qui liront
38:22le soin de découvrir
38:23tout ce que vous avez vécu
38:25est quand même assez étonnant
38:26et puis vous faites
38:26une rencontre
38:27avec cette personne
38:28dont vous allez bien sûr
38:29reconnaître la voix
38:30c'est difficile à dire
38:32parce que
38:33il aurait fallu
38:35le voir
38:37Ursula Kubler
38:38que vous avez rencontré
38:39dans des circonstances
38:39étonnantes
38:40là aussi
38:40c'est le destin
38:41Nicole Berthold
38:42merci de me faire écouter
38:44la voix d'Ursula
38:45vraiment merci beaucoup
38:46ça me touche profondément
38:48Jacques
38:48parce qu'effectivement
38:50je rencontre Ursula
38:51via en Kubler
38:52une situation
38:53où normalement
38:54ça n'arrive pas
38:56ces fameux hasards
38:57qui ne sont jamais
38:59exactement des hasards
39:00mais des rencontres
39:00avec un R majuscule
39:02je suis dans un tout petit village
39:03dans les Pyrénées orientales
39:06j'ai Paul Sou
39:08pas trop
39:09de gens qui s'occupent
39:10de moi
39:10j'ai ma professeure
39:12d'histoire
39:12et de géographie
39:13qui prend soin de moi
39:15et qui va me prêter
39:16sa petite maison
39:17pour aller en vacances
39:18j'ai tout juste
39:1919 ans
39:20et au moment
39:20où je monte dans le train
39:21elle me lance
39:22ah oui
39:22au fait
39:23je ne t'ai pas dit
39:23mais dans ce village
39:24il y a la femme
39:25de Boris Vian
39:26qui y habite
39:28femme de Boris Vian
39:29qu'est-ce que ça veut dire
39:29d'un seul coup
39:30ça fait écho en moi
39:31mais
39:31moi je suis
39:33je suis terrorisée
39:34ce n'est pas mon monde
39:35je ne sais pas communiquer
39:37et tout
39:37et puis je vais petit à petit
39:40effectivement
39:40la rencontrer
39:41Ursula Vian
39:42Kubler
39:43en personne
39:44lors d'un vernissage
39:45qu'elle va faire
39:46dans sa maison
39:47une maison très ouverte
39:48une maison ouverte
39:49et vous la surprenez
39:50car vous ne lui parlez pas
39:51de j'irais cracher
39:52sur vos tombes
39:53oui c'est vrai
39:54qu'Ursula
39:55avec son accent
39:57zuricois
39:58sa voix grave
39:59est posée
40:00elle me dit
40:01qu'est-ce que tu as lu
40:03et là je lui réponds
40:06j'ai lu deux livres
40:07l'herbe rouge
40:08et l'automne à Pékin
40:09ah
40:11c'est bien
40:11ça me change
40:12on ne va pas me parler
40:14de l'écume des jours
40:15et de j'irais cracher
40:16sur vos tombes
40:17et le destin fait
40:19encore vous le racontez
40:20dans le livre
40:20Nicole Berthold
40:21qu'un jour vous débarquez
40:22avec votre baluchon
40:23cité Véron
40:24et vous allez occuper
40:25la chambre réservée
40:26à Patrick
40:27oui c'est vrai
40:28que c'est une histoire
40:29invraisemblable
40:30mais il m'arrive
40:30des coups durs
40:31dans la vie
40:32et je sais que
40:32Ursula Vian
40:33sera toujours là
40:34je le sens
40:35c'est quelque chose
40:36qui s'est tissé
40:36entre nous
40:37tout de suite
40:38et lorsque je vais avoir
40:40des gros coups durs
40:40je vais effectivement
40:41débarquer chez elle
40:42alors non seulement
40:44elle va faire venir
40:45un médecin
40:45non seulement
40:46elle va me faire à manger
40:46non seulement
40:47elle va me proposer
40:48de dormir là
40:49mais je vais y rester
40:50huit ans quand même
40:52et pendant ces huit années
40:53vous connaissez la famille
40:54notamment Alain
40:55le frère de Boris
40:57qui va vous apprendre
40:58beaucoup de choses
40:59sur lui
40:59oui ça c'est merveilleux
41:01ça je le fais
41:02de ma propre initiative
41:02parce que Ursula
41:03c'est quand même
41:04assez isolé
41:04mais moi j'ai besoin
41:05de savoir
41:07autour de Boris
41:08ce qu'il y a
41:09etc
41:09donc je vais prendre
41:12je vais prendre le droit
41:14si je puis dire
41:15toute seule
41:16d'aller voir
41:17Alain
41:18parce qu'il a une boutique
41:19complètement incroyable
41:20boutique qui était
41:21tout à fait fréquentée
41:22d'ailleurs par son frère
41:23Lelio
41:24qui est encore vivant
41:25mais par Boris
41:25pendant des années
41:26quand Boris en fait
41:27ne pouvait pas rentrer
41:28chez lui le soir
41:29parce que ça se terminait
41:30à point d'heure
41:30à Saint-Germain
41:31ils dormaient tous
41:32dans la boutique d'Alain
41:33qui est rue Grégoire de Tours
41:35et alors la chose
41:36qui m'a tellement plu
41:37c'est qu'il me parlait
41:39de ses parents
41:40de Ville d'Avray
41:42de Landmer
41:42la maison de vacances
41:44qu'ils avaient
41:44du côté de Cherbourg
41:45et il m'en parlait
41:47vrai
41:47pour reprendre
41:48un mot que vous connaissez bien
41:49Il se trouve aussi
41:51qu'Alain dirige
41:52cette boutique
41:53qui est une boutique
41:53d'instruments
41:54très particuliers
41:55moi je me souviens
41:56de Jérôme Savary
41:57qui a acheté
41:58pour un spectacle
41:59marine de Montreuil
42:00un orgue
42:00chez Alain Vian
42:02Oui tout à fait
42:03Jérôme Savary
42:04oui on peut le nommer
42:05parce que
42:05qu'est-ce qu'il était
42:06vianesque lui aussi
42:08qu'est-ce qu'il aimait
42:08l'oeuf de viand
42:09et on s'y est retrouvé
42:11plusieurs fois d'ailleurs
42:12avec Savary
42:13chez Alain
42:14et c'est vrai qu'Alain
42:15il avait décidé
42:17c'est là où
42:18les frères viand
42:18ils étaient quand même
42:19pas bannots
42:20et Alain il avait décidé
42:22de faire collection
42:23d'instruments rares
42:24et il a notamment
42:25trouvé une guitare lyre
42:26par exemple
42:27une guitare harpe
42:29qu'il avait offert
42:30à Boris
42:30et qui est toujours
42:31à la cité Véron
42:31Il se trouve aussi
42:32que vous arrivez
42:33donc cité Véron
42:34à un moment
42:35où finalement
42:36les comptes
42:37ne sont pas en état
42:38où le ménage
42:38n'est pas fait
42:39et vous allez vous plonger
42:40là-dedans
42:41Nicole Berthold
42:42C'est bien de le dire
42:44comme ça
42:44c'est parfait
42:45parce que c'est quand même
42:46comme ça que ça se passe
42:47à la cité Véron
42:48tout est à faire
42:50on ne se rend pas compte
42:51on ne se rend pas compte
42:52à quel point
42:53Boris a laissé
42:54une oeuvre
42:54immense
42:55en fait
42:55on parle
42:57en centaines de manuscrits
42:58en milliers de pages
43:00tout est à faire
43:01alors d'autres que moi
43:02l'ont fait
43:02dans les années 60-70
43:04vous nommiez François Caradec
43:06mon Dieu
43:07merci de nommer
43:08François Caradec
43:09c'était effectivement
43:10une personne
43:11qui a amené beaucoup
43:12avec Noël Arnaud
43:13tous deux pataphysiciens
43:15qui ont recommencé
43:16je veux dire
43:17quelque part
43:17à rendre hommage
43:18à l'oeuvre
43:19qui était
43:20antémortem
43:21qu'on ne connaissait pas
43:22et après
43:22à l'oeuvre posthume
43:23oui parce qu'en plus
43:25Ursula Kubler
43:25avait dit
43:26il n'est pas question
43:27qu'on oublie l'horizon
43:28je ne veux pas
43:29qu'on me reprend
43:29un jour
43:30d'avoir oublié
43:30un inédit
43:31donc tout va être classé
43:32et vous allez
43:33pendant des années
43:34travailler sur des enveloppes
43:35en les classant
43:36Nicole Berthold
43:37oui
43:38on va dire que
43:39en gros
43:39j'ai un peu calculé
43:40une douzaine d'années
43:41pendant une douzaine d'années
43:43toutes les années 80
43:44et une partie des années 90
43:47on a classé le patrimoine
43:48et moi j'ai classé
43:50alors les manuscrits
43:51certes
43:51et j'ai lu toute l'oeuvre
43:53de Boris Vian
43:53sur manuscrits
43:54ça c'est une spécificité
43:55que je m'octroie
43:57c'est certainement la chose
43:58pour moi
43:58dont je suis le plus fière
44:00voilà
44:01je crois qu'il y avait
44:0130 000 pages de textes
44:03et surtout très peu de ratures
44:05très peu de ratures
44:06beaucoup de dessins
44:09on réécrit
44:10de temps en temps
44:12un mot pour un autre
44:14on change des prénoms
44:16on met une majuscule
44:18ou on enlève une majuscule
44:19au mot Dieu
44:20etc
44:21ce genre de choses
44:22on n'a jamais trouvé
44:22une foutre d'orthographe
44:23sur un manuscrit
44:24de Boris Vian
44:25alors il se trouve aussi
44:26que de son vivant
44:27hélas
44:27les livres n'ont pas bien marché
44:29mais que ça va changer
44:30complètement
44:31quand vous arrivez
44:32justement à la cité Véron
44:33c'est le hasard
44:34ou le destin
44:34et que le premier éditeur
44:36à se pencher
44:37sur l'oeuvre de Boris Vian
44:38c'est Jean-Jacques Pauvert
44:39qui débute
44:39oui alors Jean-Jacques Pauvert
44:41lui il est fasciné
44:43par l'oeuvre de Vian
44:44il va faire une chose
44:45toute simple
44:45c'est qu'il va racheter au poids
44:48le stock de l'écume des jours
44:50qui n'est plus publié
44:52par Gallimard
44:52qui ne veut plus de ce titre
44:54et donc Jean-Jacques Pauvert
44:55croit profondément en Boris
44:58donc il va faire la chose
44:59la plus simple du monde
45:00il se dit
45:00on va publier déjà
45:01tout de suite
45:02les grands romans
45:03c'est à dire
45:04l'écume des jours
45:05l'arrache-coeur
45:06l'herbe rouge
45:07et puis
45:08dans ce même temps
45:09Ursula découvre
45:11on revient sur Gainsbourg
45:12et sur Reggiani
45:13on revient sur la poésie
45:15et Prévert
45:15il va découvrir
45:17par le truchement d'Ursula
45:19les 23 poèmes
45:21de Je ne voudrais pas crever
45:22et il va en sortir
45:24un recueil merveilleux
45:26car Ursula a retrouvé
45:27une nuit
45:28cette pochette
45:30avec ces poèmes
45:31dont elle ne connaissait pas
45:32l'existence
45:32et en plus à l'époque
45:34Pauvert a fait scandale
45:35parce qu'il a publié
45:35le Marquis de Sade
45:36et quelques autres livres
45:37et là
45:38Boris Vian
45:39c'est presque une façon
45:40de se racheter
45:41en forme de poésie
45:43de tout ce qu'il a publié avant
45:44puis il y a un autre homme
45:45qui intervient aussi
45:46c'est un jeune éditeur
45:48Christian Bourgois
45:49ah oui
45:49Christian bien sûr
45:50lui rende hommage
45:51parce que
45:51il a fait tellement
45:53pour Boris
45:54tout comme Jean-Jacques
45:55il croit en Boris
45:56il faut
45:56c'est très important
45:58il faut y croire
45:58parce qu'il n'y a rien
45:59on est sur un terrain vierge
46:01alors il va faire une chose
46:03lui Christian
46:03qui est aussi importante
46:05que ce qu'a fait
46:05Jean-Jacques Pauvert
46:06pour l'écume des jours
46:08Christian lui va dire
46:09à Ursula
46:10moi ce que je vais faire
46:11et je le prends sur moi
46:13juridiquement
46:13je vais republier
46:15j'irai cracher
46:16sur vos tombes
46:16qui est toujours
46:18sous le coup de la loi
46:19oui qui est normalement interdit
46:20mais les temps ont changé
46:21là il n'y a pas eu de problème
46:22et il n'y a pas eu de problème
46:23enfin la cage d'escalier
46:25de la cité Véron
46:26a quand même été taguée
46:27je peux vous dire
46:28et pas d'une façon
46:29très sympathique
46:30en même temps
46:31une nouvelle génération
46:33découvre Boris Vian
46:34et aujourd'hui encore
46:35des jeunes de 20 ans
46:36lisent Boris Vian
46:37grâce à tout ça
46:38ah oui oui
46:38c'est ça qui est merveilleux
46:39vous voyez
46:40quand j'ouvre la porte
46:41pour des visites
46:42qui sont ma foi assez rares
46:43mais enfin je le fais
46:44bien volontiers
46:44il y a toujours
46:46toujours des jeunes jeunes
46:47c'est-à-dire
46:47tous les âges
46:49tous les âges
46:49parlent à Boris Vian
46:51et Boris Vian
46:51parle à tous les âges
46:52et puis il y a la consécration
46:53c'est-à-dire la pléiade
46:55oui alors ça c'est extraordinaire
46:57du reste
46:58le jour où j'ai reçu
46:59le double exemplaire
47:00puisqu'en fait
47:01c'est un coffret
47:01avec un volume 1
47:02et un volume 2
47:03là je me suis permis
47:04de m'adresser à Boris
47:05vraiment je lui ai parlé
47:07je lui ai dit
47:09j'espère
47:09j'espère vraiment
47:10qu'on a rempli notre mission
47:12Ursula et moi
47:13il y a trois personnes
47:14qui ont fait la pléiade
47:15Marc Lapran
47:15François Roullemann
47:17et Christelle Gonzalo
47:18qui ont fait un travail
47:19extraordinaire
47:20et effectivement
47:21pour faire rentrer
47:22Boris Vian à la pléiade
47:23ça a mis des années
47:23parce qu'au départ
47:24personne n'en voulait
47:25ah oui
47:26ça ça a mis des années
47:27je peux vous dire
47:28que ça date de même
47:29de l'époque de François Caradec
47:31et ils avaient décidé
47:32déjà à l'époque
47:33de faire justement
47:35une édition complète
47:36il fallait
47:37parce qu'il y avait
47:37tellement de documents
47:38il y avait tellement de manuscrits
47:39il y avait tellement de choses
47:40à aborder
47:41il voulait effectivement
47:43faire déjà
47:45cette pléiade
47:46et vous savez
47:46à qui il devait demander ?
47:48Non
47:48à Pierre Macorland
47:49Pierre Macorland
47:51aurait fait la préface
47:52et aurait accompagné
47:53et à l'époque
47:53Pierre Macorland
47:54on était tout à fait d'accord
47:55et depuis les hommages
47:56à Boris Vian n'ont pas cessé
47:58ce sont les festivals
47:58c'est une exposition
47:59à Beaubourg
48:00tout y est passé
48:01à chaque fois
48:01le public est là
48:02et à chaque fois
48:03vous vous en occupez
48:04Nicole Bertotte
48:05oui j'essaye
48:07j'essaye j'ai envie de dire
48:08de remplir ma mission
48:09jusqu'au bout
48:10j'ai dit
48:11que
48:13que je quitterais
48:14mes fonctions
48:14quand j'aurais emmené
48:15Boris à l'opéra
48:17et à l'opéra
48:18c'était un de ses rêves
48:18oui c'était vraiment
48:19un de ses rêves
48:20un rêve qu'il voulait
48:21d'ailleurs faire
48:22avec
48:22avec Georges Delru
48:23son grand ami Georges Delru
48:25ils ont fait un opéra
48:26en 53 puis en 57
48:27enfin la version opéra
48:28en 57
48:29du Chevalier de Neige
48:30et Boris et Georges
48:32voulaient faire un opéra
48:34qui se serait appelé
48:35le mercenaire
48:36et qui rendait hommage
48:38à tous les gens
48:39qui effectivement
48:40perdent la vie
48:40pendant la guerre
48:41et Boris
48:42pour lui
48:43c'était un art complet
48:44et c'était très important
48:46et il avait envie
48:47de terminer sa vie
48:49car il se savait condamné
48:50en 59
48:51en faisant
48:52en réalisant cet opéra
48:53qui se serait appelé
48:54le mercenaire
48:55alors aujourd'hui
48:56l'appartement
48:57de la cité Véron
48:57existe toujours
48:58celui de Prévert
48:59aussi
49:00mais ça a été un combat
49:02oui c'était un combat
49:05à ma foi
49:05mais enfin
49:06on est en bon voisinage
49:07comme disait Jacques
49:08à Boris
49:09alors on va continuer
49:10d'ouvrir notre porte
49:11car le moulin rouge
49:12a bien compris
49:13que c'était très bien
49:14qu'on ouvre notre porte
49:15tous les trois
49:16le moulin
49:16Prévert
49:17Vian
49:17une team gagnante
49:19oui car en effet
49:20l'appartement appartient
49:21le moulin rouge
49:22et le moulin rouge
49:23a accepté
49:24que vous continuez
49:25à défendre
49:26l'oeuvre de Boris Vian
49:26comme Eugénie
49:27défend l'oeuvre de Prévert
49:28oui tout à fait
49:29et puis en plus
49:30on fait les mêmes choses
49:31on est dans l'art populaire
49:32aussi
49:33c'est important
49:34et bien nous
49:34nous sommes exactement
49:35à l'heure
49:35pour vous remercier
49:37rappelez que
49:38Ma vie en Vian
49:38où il y a plein de révélations
49:39sur Boris Vian
49:40et sur vous
49:41c'est chez Fayard
49:42merci de l'avoir écrit
49:43puis merci de continuer
49:44à défendre une oeuvre
49:45qui ne va pas finir
49:47comme ça
49:48qui va encore toucher
49:48plein de générations
49:49Nicole Berthold
49:50merci Jacques Pessy
49:51j'espère
49:52j'en suis certain
49:53les clés d'une vie
49:53c'est terminé
49:54pour aujourd'hui
49:55on se retrouve bientôt
49:55restez fidèles
49:56à l'écoute de Sud Radio
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