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  • il y a 3 jours
Ce lundi 4 mai, Antoine Larigaudrie a reçu Souleymane Jean Galadima, cofondateur de Sapians, dans l'émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Tout pour investir, la boîte à outils.
00:04Et on ouvre la boîte à outils avec Souleymane-Jean Galadima de Sapiens.
00:09Bonjour.
00:09Bonjour Antoine.
00:10Et donc on va parler des émergents, mais oui, parce qu'on parle beaucoup du marché européen,
00:13beaucoup du marché américain évidemment, qui dravent un petit peu la tendance.
00:16Puis c'est vrai que l'actualité entre résultats, décisions de banque centrale,
00:20on était plutôt focalisés là-dessus.
00:21Mais, mais, mais, mais, les émergents, on ne faut pas les perdre de vue.
00:24Et puis on a surtout, alors on va dire un paysage qui est en train de changer,
00:28avec des très grandes puissances au milieu de ce paysage un peu disparate,
00:32que ce soit l'Inde, la Chine, la Corée du Sud.
00:35Enfin, est-ce qu'il faut encore parler de marché émergent ?
00:37Après, la nomenclature est assez précise.
00:39Mais voilà, et puis des terres de conquête, que ce soit l'Amérique du Sud.
00:46Comment se présente le paysage des marchés émergents en ce moment-là,
00:50à l'heure où on se parle ?
00:51Alors, on considère que nous, c'est une vraie opportunité,
00:53que ce soit sous l'aspect obligataire ou l'aspect action.
00:57Et ce paysage, c'est presque un peu condescendant, d'ailleurs,
00:59de parler d'émergents, puisque ce sont de grandes puissances.
01:01C'est ça, Abad.
01:02Aujourd'hui, 40% du PIB mondial est drivé par les pays émergents,
01:0650% de la croissance.
01:08Et pour autant, on voit que c'est absent du MSCI World.
01:12C'est à peine 12% du MSCI All Country.
01:16Et on sent que, quand on se projette, entre guillemets, sur l'avenir,
01:19il y a de réelles opportunités.
01:20La Chine est le deuxième pays en termes d'intelligence artificielle.
01:23L'Inde, c'est 20% de production des médicaments génériques.
01:27Le Brésil est en train de dérouler également sur les biothèques.
01:29Donc, il existe des opportunités.
01:31Elles se traduisent aussi, d'ailleurs, dans les valorisations,
01:33puisque si on regarde, en effet, la valorisation dans les pays émergents,
01:38on est plutôt en moyenne sur 12 fois les bénéfices futurs,
01:41quand on est à 21 fois sur le S&P 500.
01:43Donc, la valorisation est intéressante.
01:45Le potentiel sur l'avenir est intéressant.
01:48Et donc, on a du mal, nous, des fois, côté conseiller multifamily office,
01:53à bien faire comprendre aux investisseurs que l'image que l'on avait des pays émergents
01:56dans les années 80-90 n'est pas du tout la même aujourd'hui.
01:59Il y a une forme d'asymétrie, une divergence,
02:02et qu'aujourd'hui, il existe des opportunités.
02:03Nous, on le voit sur l'obligataire et sur les actions.
02:05Oui, c'est ce que j'allais vous dire,
02:07parce que souvent, on parle des marchés émergents,
02:08on regarde les marchés actions.
02:09C'est vrai qu'il y en a certains qui progressent.
02:12Enfin, c'est assez fabuleux.
02:13On parlait de la Corée du Sud avec le réveil de la DRAM, de Samsung.
02:17Et encore une fois, est-ce qu'il est question de parler de marchés émergents
02:20quand on parle de la Corée du Sud ?
02:21Mais il n'y a pas que les actions, il y a aussi la dette.
02:24Et ça, c'est un point intéressant.
02:26Je note que, voilà, dans votre étude que vous nous apportez,
02:32généralement, les entreprises des pays émergents sont plus fiables
02:35en matière de gestion de leurs dettes que les pays développés.
02:39Exactement. En fait, il y a déjà une inefficience structurelle
02:43qu'on appelle en tout petit peu le plafond souverain.
02:45C'est-à-dire qu'une entreprise, par exemple, du pays comme l'Équateur,
02:48qui est notée triple C, ne peut pas avoir de note crédit supérieure
02:51à celle de son pays.
02:52Donc, cette même entreprise, en fait, qui a des fondamentaux financiers solides,
02:56qui est exposée à l'international, qui est résiliente,
02:59en fait, elle emprunte aujourd'hui en Équateur sur un coupon
03:02en taux d'intérêt à 10 %, alors qu'en fait, une entreprise équivalente en France,
03:06avec les mêmes fondamentaux financiers emprunterait en fait à 3 %.
03:09Est-ce qu'il y a trois fois plus de risques ? Non.
03:11Et donc, c'est pour ça qu'on considère qu'il y a une opportunité de marché
03:14à utiliser cette dette corporelle des pays émergents
03:17en complément d'une poche obligataire un peu plus traditionnelle
03:20pour venir doper la performance.
03:22Et comme vous l'avez dit, avec en plus un niveau d'endettement
03:25qui est sensiblement moins élevé sur les dettes corporelles des pays émergents
03:30versus les dettes corporelles des pays, effectivement, occidentaux.
03:33C'est super curieux, mais personne ne s'est penché sur ce paramètre technique
03:37parce que ça fosse complètement le paysage, en vrai ?
03:39Ça fosse le paysage.
03:42Il existe quelques exceptions, d'ailleurs, en France.
03:43On a des entreprises qui sont mieux notées que l'État français,
03:46mais malheureusement, ça ne s'applique pas, effectivement,
03:50sur les pays émergents.
03:52Et derrière, on a souvent aussi l'argument de dire
03:54« Oui, mais OK, les pays émergents ont un marché pas forcément liquide ou restreint. »
04:00Ce n'est pas du tout le cas.
04:00En fait, le marché de la dette corporelle des pays émergents,
04:02c'est 2500 milliards de dollars.
04:04C'est plus que le marché du high-ill d'Américains et Européens réunis.
04:08Donc, il y a de la liquidité, il y a un effet de levier mesuré,
04:11et en plus, effectivement, il y a ce potentiel de croissance actuelle
04:15et à long terme à pouvoir capter.
04:17Donc, nous, on considère, pour parler de chiffres,
04:19que c'est intéressant d'avoir entre 10 et 20 % dans sa poche obligataire
04:23d'obligataire pays émergents.
04:24À condition d'utiliser, en effet, des gérants capables de sélectionner
04:28ces entreprises corporelles, parce qu'on sera dans des géographies différentes,
04:31dans des domaines spécifiques, dans des analyses crédits un peu plus complexes
04:35qui nécessitent, en ce qui nous concerne, de la gestion active
04:38versus plutôt la gestion passive sur les larges capes mondiales.
04:41Mais là, effectivement, sur la dette corporelle des pays émergents,
04:44c'est bien d'avoir des gérants qui ont un track record,
04:46et notamment sur la partie défaut, supérieure au benchmark.
04:49Et nous, on aime bien utiliser, notamment, IVO dans l'allocation de nos investisseurs.
04:53Ok, à noter, parce que c'est vrai aussi qu'il y a cet aspect technique
04:56dont on vient de parler, et puis il y a aussi toute la technicité
05:00de l'organisation des indices.
05:02À savoir qu'il y a un indice MSCI World qui vous permet de jouer le World,
05:07mais il n'y a pas tous les pays dedans.
05:09Non, non, non.
05:09Là, il faut jouer le MSCI All Countries, si j'ai bon.
05:12Et même le All Countries, en fait, ce n'est que 12% d'exposition aux pays émergents.
05:17Donc, c'est déjà une première approche.
05:19Parce qu'effectivement, on voit des fois passer sur les réseaux,
05:21oui, vous faites un MSCI World en ETF 100%, et vous êtes exposé.
05:26Non, en fait, vous n'êtes pas exposé à 40% du PIB, 50% de la croissance.
05:31Donc, le MSCI All Countries est une première étape,
05:34mais nous, on conseille plutôt de faire à la limite du MSCI World
05:37et mettre 20% de MSCI Emerging Market,
05:40qui, accessoirement, en 2025, surperforme de près de 10,4%.
05:44Le MSCI World en termes de performance,
05:46donc il y a un vrai potentiel, certes, de volatilité,
05:50mais aussi de surperformance, en jouant les émergents,
05:53tant sur la partie obligataire que sur la partie, en fait, action.
05:56Et je répète, pour donner le chiffre sur la partie obligataire,
06:00l'effet de l'évier pour un corporal émergent,
06:03c'est une fois l'EBITDA,
06:04on est effectivement à près de deux ou trois fois l'EBITDA
06:06aux États-Unis et en Europe.
06:08Les deux, trois pays, les deux, trois zones émergentes
06:10qui vous intéressent le plus ?
06:11Aujourd'hui, on regarde énormément, notamment le Brésil,
06:13qui est effectivement un pays particulièrement intéressant,
06:15l'Inde, naturellement, la Chine aussi,
06:17puisque, notamment, la tech chinoise, je l'ai dit,
06:20est beaucoup moins valorisée, effectivement, que la tech US.
06:22Alors, on peut considérer que le risque géopolitique
06:26est ou non intégré dans le cours,
06:27donc on considère qu'il est intégré dans le cours.
06:28Donc, on considère que c'est intéressant de s'exposer sur ces pays.
06:32Il s'agira juste d'être vigilant sur l'impact,
06:34notamment, de ces pays émergents,
06:35notamment à l'Asie du Sud-Est,
06:36par rapport à la crise, effectivement, du détroit d'Hormuz,
06:39puisque ce sont des régions, malheureusement, fortement impactées.
06:41Oui, c'est ce que j'allais vous dire.
06:43Là, il y a quand même toute une zone en Asie du Sud-Est
06:45qui se voit un peu paralysée en matière d'activité économique.
06:48Il y a des restrictions à cause du...
06:49Il n'y a plus de pétrole, il n'y a plus d'essence, etc.
06:52Est-ce que ce n'est pas aussi quelque chose qui peut peser à l'avenir
06:55et sur lequel il faut être vigilant
06:56et justement jouer une gestion active
06:59vraiment avec des gens qui connaissent et qui savent ?
07:01Exactement.
07:01Pour jouer les bons territoires, les bonnes entreprises,
07:04celles qui, potentiellement, seront moins exposées
07:05à ces restrictions énergétiques
07:08versus, effectivement, une gestion un peu passive
07:10que l'on peut faire plutôt sur des larges caps globales américaines et européennes.
07:14Le timing est bon.
07:16Regardez un petit peu ce que donnent les performances des pays émergents
07:18et, au besoin, peut-être, appuyez un petit peu le curseur dessus.
07:22Merci beaucoup, Souleymane Jean, Galerima de Sapiens
07:25et une prochaine fois pour refaire le point
07:27sur les zones importantes sur lesquelles investir.
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