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  • il y a 9 heures
Aujourd'hui, c'est au tour de Guillaume Kasbarian, député Ensemble, fondateur du "Parti de la liberté", de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.

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00:01R.M.C. Face aux grandes gueules
00:05C'est un homme libre que nous accueillons, c'est Guillaume Casbarian, l'ancien ministre du logement,
00:12aujourd'hui à la tête de ce parti de la liberté, bonjour.
00:15Bonjour, on va tester votre liberté de parole.
00:17Le gouvernement envisage d'encadrer les marges des distributeurs sur les prix des carburants, c'est la bonne solution ?
00:23Je ne suis pas un grand fan de l'encadrement des prix et des marges,
00:26parce que généralement quand vous encadrez les prix, ça peut produire des ruptures de stock et des pénuries,
00:30c'est ce qu'on a vu dans plein de secteurs économiques et dans notre histoire.
00:32C'est toujours un levier qui est assez dirigiste, assez étatiste et qui fonctionne assez mal.
00:38Et en l'occurrence sur ce secteur-là, de ce que je comprends, la marge des distributeurs en réalité est
00:42assez faible,
00:42c'est quelques petits centimes, donc je ne vois pas très bien quelle usine à gaz on va créer et
00:47ce que ça va générer à la pompe.
00:48En revanche, de ce que j'ai compris, c'est que les distributeurs proposaient quelque chose qui peut-être peut
00:51mieux marcher,
00:51c'était de temporairement ne pas prélever les certificats d'économie d'énergie qui, eux, représentent entre 15 et 20
00:57centimes au litre.
00:58Alors peut-être qu'il y a quelque chose à faire de ce côté-là,
01:01mais je ne suis pas sûr que bloquer les prix, bloquer les marges, ça produise des effets escomptés.
01:04Je ne voudrais pas qu'on fasse des promesses en l'air aux Français et qu'on leur dise que
01:07tout d'un coup, par magie,
01:08parce qu'on a bloqué les prix et les marges, ça va marcher.
01:09On cherche un peu un bouquet mycède, on dit que c'est la faute du jour.
01:12Et puis dans plein de secteurs, ça ne marche pas.
01:14Quand vous bloquez les prix, dans plein de secteurs, ça ne fonctionne pas.
01:17Et c'est ce qu'on a vu, encore une fois, dans notre histoire.
01:19Pardon, mais ça fait 50 jours qu'on vit cette crise.
01:23Et M. Lecornu arrive avec cette proposition.
01:26Il n'y avait pas d'autre chose à faire ?
01:27Je vous dis, moi, je suis à l'écoute de ce que disent les acteurs.
01:29Et ce qu'ils disent manifestement, c'est que la marge des distribues, elle est assez faible.
01:32C'est 1 ou 2 centimes.
01:33Et que peut-être qu'il y a quelque chose à gratter côté certificat d'économie d'énergie qui sont
01:37prélevés.
01:38Non, on n'a pas envie de le faire, parce qu'il l'aurait déjà fait depuis 50 jours.
01:41Je comprends que ça patauge et qu'effectivement, ils ont du mal à trouver un dispositif qui marche bien.
01:44En revanche, moi, ce que j'encourage le gouvernement à faire, c'est de ne pas distribuer de chèques et
01:47d'aides à tout va.
01:48C'est quelque chose qui peut devenir très coûteux.
01:49Le bouclier énergétique, ça a coûté des dizaines de milliards d'euros.
01:52D'accord, mais regardez ce que font les Allemands, les Italiens, les Espagnols.
01:55Ils ont fait des économies sur leur compte structurellement depuis des années.
01:58Ce qui leur permet, quand il y a une crise, temporairement, de donner une aide, mais qui est très temporaire.
02:02Le problème de notre pays, c'est qu'on ne fait pas des économies structurelles assez massives.
02:05Et que du coup, quand la crise arrive, on a moins de moyens et moins de leviers que les autres.
02:09Et le vrai sujet, c'est d'être capable structurellement de baisser notre déficit, baisser notre dette.
02:13Et justement, nous donner des marges de manœuvre quand il y a des événements impromptus qui se présentent comme ça,
02:17pour pouvoir temporairement aider les uns et les autres.
02:20Mais comme il n'y a plus d'argent, comme ces économies n'ont pas été faites, on n'a
02:23pas la même latitude que les voisins.
02:24Le parti de la liberté que vous lancez, c'est le parti de ceux qui veulent travailler le 1er mai
02:29?
02:29C'est le parti de ceux qui veulent défendre la liberté dans la vie de tous les jours, dans l
02:33'économie, dans la vie privée, dans la vie quotidienne.
02:36Et effectivement, sur le 1er mai, moi je suis très favorable à la liberté des uns et des autres,
02:41de toutes les professions, de travailler le jour qu'ils veulent, quand ils veulent, librement,
02:45tant qu'on ne force pas les gens, bien sûr, et tant qu'ils sont rémunérés de façon juste.
02:49Là, en l'occurrence, le 1er mai, on proposait de rémunérer double avec un certain nombre de protections, bien sûr,
02:55des salariés.
02:56Mais le fait d'empêcher des professions d'ouvrir, d'empêcher des travailleurs de bosser, d'empêcher des magasins d
03:01'ouvrir,
03:02alors qu'en plus, certains restent ouverts, que des McDo ou que certaines grandes surfaces restent ouvertes,
03:06alors que le fleuriste ou le boulanger ne peut pas ouvrir, c'est quand même des règles complètement absurdes.
03:11Moi, je trouve ça un peu débit, excusez-moi.
03:12Pourquoi ce n'est pas passé, alors, à l'Assemblée ?
03:13Parce qu'il y a eu un manque de courage.
03:14C'est passé à l'Assemblée.
03:15Il y avait une majorité à l'Assemblée pour le voter, on l'a vu la semaine dernière.
03:18Il y avait le centre, la droite et le RN qui étaient prêts à le faire passer,
03:21et donc il y avait une majorité pour voter le texte.
03:23Le gouvernement a décidé de se carapater parce qu'ils avaient peur des syndicats et ils avaient peur de la
03:27gauche.
03:28Et donc, par manque de courage, ils ont laissé tomber l'affaire.
03:30Ce qui fait que le 1er mai, on va avoir des professions dans la galère, des artisans dans la galère
03:33et des salariés qui auraient voulu bosser librement et gagner plus parce que ça leur fait plaisir de bosser,
03:37qu'ils ont envie de le faire, qu'ils gagnent plus.
03:39C'est leur choix, en fait.
03:40On ne force personne.
03:42Malheureusement, encore une fois, on va les empêcher de faire ce libre choix
03:44et on va les contraindre avec des règles un peu absurdes.
03:47C'est le gravir milleil français, l'homme à la tronçonneuse ?
03:51Quand j'étais député, j'ai porté des propositions de loi libérale,
03:54la lutte anti-squat, la protection de la propriété privée, la lutte contre l'absentéisme aussi.
03:59Quand j'étais ministre, j'avais touché les jours de carence, la baisse du remboursement des arrêts maladie.
04:04J'ai voulu mettre fin au logement social à vie.
04:06Bref, moi, dans 9 ans où j'ai pratiqué la politique, que ce soit en tant que député ou ministre,
04:10j'ai essayé d'insuffler des mesures, des réformes, des projets qui étaient libéraux
04:13et qui s'inspiraient d'un grand courant français, qui est la défense de la liberté.
04:17La liberté qui est la première valeur de notre devise et qui nous réunit tous.
04:20Je l'espère, dans notre belle république.
04:23Charles ?
04:23Moi, je trouve ça évidemment sympathique sur le principe,
04:27puisque ce sont des idées que je partage.
04:30Moi, je pense qu'il faut même une révolution thatcherienne en France.
04:34Mais justement, je crains qu'on en fasse, qu'on utilise ça à d'autres fins.
04:40Je suis toujours amusé de voir, c'est remarquable d'ailleurs, les sortants, au bout de 10 ans de pouvoir,
04:48venir avec la même fraîcheur, nous expliquer ce qu'ils vont faire pendant les 5 ans qui viennent.
04:54Ça, je trouve ça incroyable.
04:55C'est vraiment l'élève au troisième conseil de classe de l'année qui explique qu'il va progresser,
05:03il va faire des efforts, etc.
05:05Alors que ça fait, depuis le mois de septembre, qu'il est en dessous de la moyenne.
05:09Donc, j'avoue être un peu circonspect.
05:13Je pense que vous appartenez à une famille politique qui n'a pas du tout gouverné
05:18selon les idées que vous prétendez défendre,
05:21puisque, bon, on a 1 500 milliards d'euros de dettes en plus.
05:24On est toujours le pays le plus fiscalisé du monde au bout de 10 ans de Macron.
05:28Et je n'ai pas observé qu'on ait appliqué ces principes-là.
05:33Et je me demande si votre parti n'est pas un satellite créé de toutes pièces
05:39pour attirer ceux qui seraient tentés par un autre vote plus libéral
05:44que celui que vous allez finalement soutenir,
05:47puisque, voilà, vous allez, je pense, mais peut-être vous allez me démentir,
05:52soutenir le candidat du Bloc central.
05:53On verra qui ce sera finalement une fois que la lutte titanesque
05:57entre Edouard Philippe et Gabriel Attal et Lecornu et Darmanin, etc.
06:01s'achèvera, il y en aura un qui sera candidat.
06:04Et vous allez le soutenir et mettre à son service votre parti libéral.
06:07Moi, je pense que ça n'est pas défendre les idées libérales que de faire ça.
06:11Je pense qu'il faut que le président lui-même soit avec sa tronçonneuse à la main
06:17or, je suis désolé, le Bloc central, il n'y a personne qui a une tronçonneuse dans la main.
06:21Il y a deux choses.
06:23S'ils ont un ciseau à ongles, c'est le maximum.
06:25Alors, Guillaume Calabari.
06:26Il y a deux choses dans ce que dit Charles Consigny.
06:28La première, c'est la cohérence entre les discours et les actes.
06:31Moi, depuis 2017, où j'ai été élu,
06:33je n'ai pas dit l'inverse de ce que personnellement j'ai fait et porté à l'Assemblée nationale.
06:36Quand j'ai porté une loi anti-squat,
06:38et quand j'ai voulu sortir les squatteurs le plus vite possible,
06:40c'était un projet libéral qui défendait la propriété privée.
06:42Je m'en suis pris plein la gueule de l'extrême-gauche,
06:45de tous les collectifs de mal logés qui m'ont dit
06:47« Mon Dieu, il est horrible, il est libéral, il défend la propriété privée ».
06:50J'ai assumé, je me suis pris des manifs dans la tête et des menaces de mort.
06:53Quand j'ai été au logement, j'ai voulu mettre fin au logement social à vie.
06:56Malheureusement, j'ai été dissous.
06:57Je n'ai pas pu aller au bout du projet,
06:58mais c'était un projet libéral qui venait à redonner de la latitude
07:00et à permettre aux Français d'être propriétaires.
07:02Et quand j'étais à la fonction publique,
07:03je ne me suis pas caché derrière mon petit doigt en disant
07:05« Il faut faire des économies, mais je ne sais pas en faire dans mon ministère. »
07:07Je suis allé à Bercy proposer moi-même des économies
07:10avec les jours de carence,
07:11la baisse des remboursements d'arrêt maladie,
07:13le gel du point d'indice et une réforme de la fonction publique.
07:15Donc moi, je ne me suis jamais caché.
07:16Je n'ai pas le sentiment personnellement ou alors des manqués moi.
07:19Et là, au dernier PLF,
07:22au dernier projet de loi de finances, au dernier budget,
07:24j'étais un des rares à apporter des mesures réelles d'économie
07:26sur les retraites, la baisse de remboursement,
07:29la suppression du remboursement des cures thermales,
07:33le gel des retraites,
07:34parce que personne n'était capable d'appuyer sur le bouton
07:37du gel des retraites,
07:39la suppression de 10% de la baisseur.
07:40En fait, si vous voulez, moi, je suis cohérent avec moi-même, Charles.
07:44Moi, ce que je vais faire là, c'est que dans les mois qui viennent,
07:46et plus on sera nombreux à défendre ces idées libérales dans le débat public,
07:48plus elles auront un espace, plus elles arriveront à percuter dans l'opinion.
07:51Moi, je défendrai des projets et des propositions les plus libérales possibles
07:55sur les questions économiques, sur les retraites.
07:57Vous avez parlé tout à l'heure de la capitalisation, je vais le faire.
07:59Et je vais, dans le débat public, les défendre le plus loin possible.
08:02Et à la fin, on verra bien qui parmi les candidats...
08:05– Vous allez raccrocher son bloc central et vous serez le libéral du bloc central.
08:08– Non, qui dans les candidats reprendra...
08:09Moi, je veux dire, Charles Consigny, je serais ravi...
08:12– De Consigny ?
08:13– Pas de Consigny, Charles Consigny.
08:14Je serais ravi qu'un maximum de candidats, d'où qu'ils viennent,
08:17reprennent ses idées et ses propositions.
08:18– Il y a David Lissena, sur votre segment, si je puis dire.
08:22– Bien sûr, qui défend la liberté, notamment les libertés économiques, sur certains aspects.
08:26On peut avoir quelques, d'ailleurs, différences, parce que tous les libéraux ne sont pas uniformes.
08:29Il n'y a pas un monopole de la pensée libérale.
08:30Il y a des sensibilités.
08:31Il y en a qui sont libéraux sur les questions économiques,
08:33d'autres qui le sont un peu moins sur les questions de société,
08:35voire même qui sont un peu conservateurs sur ces sujets-là.
08:37On a des sensibilités, mais moi, je ne vais pas taper sur ceux qui défendent la liberté.
08:41J'encourage toutes celles et ceux dans les responsables politiques
08:43qui veulent défendre la liberté à le faire.
08:44Je les y encourage, j'y contribue moi-même, et plus on sera nombreux.
08:48– Simplement, le bilan des dix ans, vous trouvez que c'est libéral ?
08:52Ce qui a été fait pendant le Covid, par exemple, c'était une défense de la liberté.
08:56Quand on a patrouillé au-dessus des chemins de campagne, en hélicoptère,
09:00pour vérifier que les gens n'y allaient pas.
09:01Quand on a envoyé des policiers sur les plages,
09:04pour demander aux gens de ne pas rester assis trop longtemps sur la plage,
09:07parce qu'on craignait je ne sais quoi, avec des gens assis sur les plages.
09:11C'était une défense de la liberté ?
09:12– Oui, mais il y a pu y avoir des bêtises pendant la Covid.
09:14Tout comme j'avais lisé les plages, ce n'était pas forcément l'idée libérale non plus.
09:17Mais il y a eu plein de personnes qui ont fait des erreurs pendant la Covid,
09:20pendant les crises successives.
09:21Globalement, il y a eu des réformes libérales qui ont été menées
09:23sur la réforme du marché du travail,
09:25la question de la fiscalité avec le PFU, le prélèvement forfaitaire unique,
09:30la baisse des impôts de production dont tout le monde nous bassinait depuis des années.
09:33Pardon, mais il y avait peu de monde à l'époque, je m'en rappelle,
09:35qui était prêt à soutenir la baisse des impôts de production.
09:37Les élus locaux n'en voulaient pas.
09:38Donc, il y a eu des choses libérales, d'autres qui l'ont été un peu moins.
09:41Il y a eu des crises successives qui sont venues heurter un certain nombre de réformes
09:44très vite, en réalité, dans le premier quinquennat.
09:46Et puis, vous avez, c'est vrai, Charles Consigny, si vous voulez que je le dise,
09:48il y a des personnes qui ne pensent pas exactement pareil dans le bloc central.
09:51Il y a des gens qui sont libéraux, assumés comme moi,
09:53et là, deux qui sont plus sociodémocrates.
09:55Il y en a qui ont des idéologies un peu différentes.
09:57Est-ce qu'il l'est, finalement, le président Macron ?
09:58Moi, je pense qu'il l'était, et c'était la philosophie de départ en 2016-2017.
10:02C'est exactement ce que je veux vous dire.
10:03Vous me faites penser...
10:04C'était l'idée de révolution à la base.
10:06Au jeune Macron de 2017, celui qui avait pondu le rapport à Thalie,
10:10qui voulait libérer le travail, qui avait porté les lois de travail,
10:14qui voulait, effectivement, décloisonner un peu les secteurs de certains secteurs économiques,
10:20mettre fin à certaines rentes, il s'en prenait au notaire, etc.
10:23Il y avait cet esprit libéral dans la campagne de Macron 2017.
10:26Mais comme le dit Charles, dix ans après,
10:30le libéral Macron s'est transformé en un étatiste, comme les autres.
10:33Il y a eu... Je vous rejoins sur le fait que le projet initial était un projet libéral.
10:37Il y avait le projet Révolution.
10:38Le premier pilier du programme s'était libéré, s'était réformé.
10:41D'ailleurs, les premières réformes d'Emmanuel Macron...
10:43Pourquoi tout ça n'a pas été tenu ?
10:44... s'étaient libérés des secteurs qui étaient sclérosés.
10:45D'accord, mais Guillaume, c'est intéressant de savoir pourquoi,
10:48finalement, il n'a pas pu tenir sa ligne.
10:50Est-ce qu'on peut être libéral en France ?
10:52Est-ce que les Français le veulent ?
10:53Parce que moi, ma théorie, c'est que les Français ne sont pas des libéraux dans l'âme.
10:56Je ne suis pas d'accord.
10:57Ils sont attachés à l'État-providence.
10:59Ils aiment bien quand même quand l'État intervient dans tous les domaines de leur vie.
11:03Parce qu'on a été tous biberonnés à ça.
11:06Moi, je trouve qu'en réalité, ils sont en attente de liberté.
11:08Quand on vous dit, il y en a marre des squatteurs, il faut les sortir,
11:10l'idée libérale sous-jacente, c'est la protection de la propriété privée.
11:13Quand ils vous disent, on a ras-le-bol de payer autant d'impôts,
11:15l'idée sous-jacente, c'est une idée libérale de baisser de la fiscalité.
11:17Quand on vous dit, on a ras-le-bol de ton impôts, sauf que quand l'augmentation de l'essence
11:23et du gasoil,
11:25ça représente à peu près 7 euros dans leur budget mensuel,
11:29ces mêmes gens demandent un chèque.
11:30Donc moi, je suis complètement d'accord avec Olivier.
11:33Je me demande si la France est vraiment libérale.
11:35Et moi, je me suis toujours demandé ce que vous foutiez en Macron.
11:38Je vais prendre votre exemple de votre profession de l'agriculture.
11:41Beaucoup d'agriculteurs, et il y a beaucoup de professions,
11:42disent, il y en a marre de la bureaucratie, de la paperasse, des serfas.
11:45On passe trop de temps à remplir des papiers.
11:48Plutôt que d'être dans nos champs et à travailler dans notre métier.
11:51Ce sous-jacent-là, qui est de dire stop à la bureaucratie,
11:54simplifions la vie des gens,
11:55et évitons de leur laisser passer trop de temps dans de l'administratif
11:58pour qu'ils puissent faire ce qu'ils veulent de leur vie professionnelle,
12:00l'idée sous-jacente des agriculteurs que j'écoute dans ma circonscription et ailleurs,
12:04c'est bien une idée libérale de débureaucratisation.
12:07Donc ce que je veux dire, c'est que vous, c'est l'allié de la Beauce,
12:09faites-leur baisser de 200 balles à l'hectare les primes PAC,
12:12et puis vous allez voir ce qu'ils vont vous dire.
12:15Ce qu'ils attendent, c'est qu'ils aient les mêmes règles que leurs voisins
12:18et qu'ils soient armés sur la concurrence internationale.
12:20Ce qu'ils attendent, c'est que ça soit plus simple,
12:22qu'on leur interdisse pas des produits en France
12:24qui sont autorisés partout ailleurs en Europe.
12:26Mais ça, c'est évident.
12:29La lutte contre la sur-administration, c'est bien une pensée libérale.
12:32Et donc je pense que même si on l'appelle pas comme ça,
12:33parce que le mot libéral est très connoté péjorativement,
12:37parce que toute la gauche pendant des décennies a voulu tuer cette idée
12:41et expliquer que le libéralisme, c'était quelque chose de méchant.
12:44Mais si vous prenez mesure par mesure, sujet par sujet,
12:48ces propositions-là de liberté, de redonner plus de liberté aux Français,
12:51moi je pense qu'il y a beaucoup de Français qui attendent de respirer,
12:54qu'on leur foute la paix, d'avoir plus de latitude,
12:55et plus de liberté individuelle.
12:56Vous disiez, liberté c'est le premier mot de notre devise,
13:00mais les Français sont plus attachés à l'égalité que à la liberté.
13:03Ce qui compte, c'est d'avoir la même chose que son voisin,
13:06ou en tout cas que le voisin n'est pas plus que moi.
13:08On en parlait avec les retraites.
13:10C'est l'égalité des droits, c'est le fait de dire d'où que vous veniez,
13:13quelles que soient vos parents, votre condition familiale,
13:15que vous ayez accès à la même chance, à l'égalité, au même mérite.
13:18Oui, mais c'est pas ça, il faut définir à ce moment-là,
13:20pardon de le racheter un peu après,
13:21mais peut-être qu'il faut redéfinir,
13:23et ce sera la tâche du prochain président de la République,
13:25quel est le périmètre de l'État ?
13:27Parce que ça, aujourd'hui, finalement,
13:29dès qu'on sort de chez soi, ou même chez soi,
13:31l'État est partout.
13:32Donc quel est le périmètre de l'État ?
13:33Est-ce que l'État doit être économique ?
13:36Est-ce que l'État doit être sur les valeurs régaliennes ?
13:39Est-ce que l'État doit être social ?
13:40Quel est le vrai périmètre de l'État ?
13:41Moi, je réponds clairement sur le sujet.
13:43Aujourd'hui, quel est le périmètre de l'État, aujourd'hui ?
13:45Sur 1000 euros qui vous sont prélevés à travers des taxes,
13:47des cotisations, des prélèvements, des impôts,
13:49sur ces 1000 euros-là, il y en a plus de 560 qui partent sur le social.
13:53Et quand je mets le social, c'est social, santé et retraite
13:56qui sont massivement des dépenses publiques
13:58qui expliquent qu'on vous prélève autant.
14:01Moi, ce que je souhaite, c'est qu'on réduise ce modèle social,
14:04qu'on réduise le poids des retraites,
14:05parce qu'aujourd'hui, les actifs ne peuvent plus supporter,
14:07qu'on augmente...
14:07Qu'est-ce que vous proposez sur les retraites ?
14:08Sur les retraites, je propose que, déjà,
14:10on désindexe une partie des retraites.
14:13Celles qui sont au-dessus du SMIC,
14:14je ne comprends pas qu'on continue à augmenter les retraites
14:15parce qu'elles sont payées par les actifs.
14:17Il faut bien avoir en tête que les retraites des retraités d'aujourd'hui
14:19sont payées par les actifs d'aujourd'hui.
14:21Plus vous avez des hommes politiques qui promettent d'augmenter les retraites,
14:25plus vous faites peser ce poids-là sur les actifs
14:27qui voient leur fiche de paye à un gros différentiel
14:29entre le brut et le net.
14:30Donc, il faut arrêter ces promesses en l'air
14:32de « on va augmenter toutes les retraites chaque année systématiquement »
14:35parce que si vous faites ça, vous surchargez les actifs.
14:36Donc, il faut désindexer à partir d'un certain niveau.
14:39Moi, je propose que 1400 euros, 1400, 1450 autour du SMIC,
14:43on dise « au-delà de ça, on désindexe ».
14:45L'autre élément, c'est qu'on passe à un nouveau système de capitalisation
14:48qui permet, et je crois que vous l'avez évoqué tout à l'heure,
14:50à certains de dire « il y a une retraite de base minimum
14:53qui permet à chacun de subvenir à ses besoins minimums. »
14:55Et au-delà, si vous voulez avoir plus,
14:57on vous incite à investir dans des dispositifs,
14:59est-ce que c'est des dispositifs immobiliers,
15:01des actions, des obligations, des exploitations agricoles,
15:03peu importe, mais qui vous permettent sur le long terme
15:05d'avoir un vrai rendement.
15:07C'est votre argent, c'est votre choix, c'est vos investissements
15:10et à la fin, vous en bénéficiez en tant que rente
15:12quand vous êtes à la retraite.
15:14On bénéficie d'une croissance qui est énorme.
15:16Quand vous regardez sur le long terme,
15:17les marchés boursiers, ils ont vachement augmenté.
15:19Et malheureusement, on a privé les Français de cette capacité
15:21de profiter de l'augmentation des marchés
15:23en leur disant « c'est que la répartition et que le système pré-fond ».
15:27Parce que le paradoxe, c'est que les fonctionnaires ont à fonctionner.
15:30Pas forcément question, c'est moi, c'est comment allez-vous...
15:34En fait, j'ai deux questions.
15:35C'est comment allez-vous faire pour que justement,
15:38ce mot libéral ne soit plus un gros mot ?
15:41Moi, je sais que quand je commence à dire que je suis libérale
15:44et que j'expose mes idées qui, pour le coup,
15:46sont plutôt des idées libérales sociales,
15:48c'est-à-dire que moi, j'investis sur le capital humain
15:51d'un entrepreneur à changer la face du monde, etc.
15:54Après, je suis pour la liberté.
15:56On défiscalise radicalement.
15:58On peut s'aligner, par exemple, à la Suède où on est à 12%.
16:01L'Irlande, avec 12% de fiscalité, a récupéré ses chaussures d'Apple.
16:04Donc nous, on s'assoit sur 12% des recettes d'Apple.
16:06Ça fait quand même un petit peu mal, hein ?
16:08Voilà.
16:09Donc, il faut changer ce mot.
16:10C'est comme je disais, pour les retraites à capitalisation,
16:12il faut arrêter de croire qu'en fait, la retraite par capitalisation,
16:15c'est un truc de gros riche qui va pouvoir investir.
16:17Ben, tu as des livrets bancaires qui vont se créer.
16:20Donc comment, voilà, justement, vulgariser le libéralisme,
16:23le rendre sociétal, populaire,
16:26populaire, et faire comprendre aux gens que ce n'est pas un gros mot de riche.
16:29Ils ne veulent pas de la réaction qu'ils profitent qu'aux riches.
16:30Mais exactement, il y a un enjeu à rendre ces idées-là de liberté populaire.
16:34Et on peut le faire.
16:35On l'a fait sur le squat, on l'a fait sur d'autres idées,
16:37sur lesquelles, sur la fiscalité, on peut le faire,
16:39sur lesquelles on peut montrer que plus de liberté,
16:42c'est bien pour les Français,
16:43et ça leur permet d'avoir un meilleur système
16:45dans lequel ils se sentent mieux, ils sont plus heureux.
16:47Et je pense qu'il faut réussir à vulgariser un certain nombre de ces idées-là,
16:50plutôt que d'en parler de façon trop théorique.
16:52Après, quand vous parlez de la capitalisation,
16:53je suis 1000% d'accord avec vous.
16:55La question, c'est comment est-ce qu'on donne les moyens aux salariés
16:57de capitaliser pour eux-mêmes ?
16:58C'est sûr que s'ils ont 30% de cotisation pour un système par répartition,
17:01ils ne vont pas avoir d'argent pour pouvoir cotiser pour eux-mêmes.
17:03Moi, ils vont me dire, vous êtes bien gentil,
17:04vous me parlez de capitalisation,
17:05mais avec quel argent vous voulez que je capitalise ?
17:07La seule façon d'y arriver, c'est si vous baissez les cotisations
17:10qui pèsent aujourd'hui sur eux,
17:11pour leur dire qu'ils ont un peu plus de liberté
17:13pour utiliser cet argent-là pour placer,
17:14pour leur propre avenir, avec ça, leur argent.
17:17Mais ça, vous ne pouvez pas le faire
17:18si vous continuez à augmenter la dépense sociale.
17:19Parce que plus vous augmentez la dépense sociale,
17:21plus vous êtes obligés d'augmenter les cotisations.
17:23Donc si on veut baisser les cotisations des travailleurs,
17:25si on veut leur permettre d'être libres,
17:27il n'y a pas d'autre sujet que de baisser la dépense sociale.
17:30Tant que vous augmentez la dépense sociale
17:32et que vous la laissez filer,
17:34vous ne pourrez pas donner aux actifs
17:35la latitude des désirs pour capitaliser.
17:37Mais moi, c'est ce que j'ai proposé.
17:39J'ai proposé des dizaines et des dizaines d'amendements.
17:43J'ai été un des rares en l'hémicycle
17:44à prendre, excusez-moi, mon courage à deux mains,
17:47pour dire on le fait.
17:48J'avais que des députés qui disaient
17:50il est hors de question de toucher au remboursement des cures thermales.
17:52J'avais que des députés qui disaient
17:54il faut continuer à indexer toutes les retraites sur l'inflation.
17:56Toutes sans exception.
17:57Il faut le remboursement des cures thermales, ça ne va pas tout régler.
17:59650 millions d'euros, moi je ne crache pas dessus.
18:01Mais en fait, si on commence à dire
18:02à un moment où on continue à rembourser tout et n'importe quoi,
18:05il ne faut pas s'étonner que la dépense continue à augmenter.
18:07Moi, c'est des amendements que je n'ai pas juste dit
18:09dans un plateau télé, je les ai déposés, je les ai votés.
18:11On était 20 dans l'hémicycle à les voter.
18:13Donc à un moment, il faut que les responsables politiques
18:14aient du courage de poser, de voter, d'appuyer sur le bouton
18:18et dire, bah oui, on accepte de baisser la dépense,
18:20pas parce qu'on est des méchants,
18:21mais parce qu'on veut redonner aux actifs, aux travailleurs,
18:23la capacité à investir pour eux-mêmes
18:25et donc à baisser leurs cotisations.
18:27Voilà, c'est pas ce que je veux faire.
18:28Un dernier mot, et là je m'adresse à l'ancien ministre que vous êtes.
18:31Qu'est-ce qui enquiste l'État aujourd'hui
18:34et qui empêche la réforme ?
18:36Le manque de courage.
18:37C'est uniquement le manque, parce que souvent...
18:39C'est pas le point de l'administration.
18:40On a eu d'ancien ministre, ils ont dit
18:41c'est la technosculture, c'est l'administration, c'est Bercy...
18:44Ouais, ça, ça m'énerve, parce que ça, c'est les politiques
18:45qui se défausent sur les fonctionnaires et sur d'autres.
18:48La vraie responsabilité, elle vient des politiques.
18:50Vous avez des politiques qui ont le courage,
18:51à un moment, de mener des réformes,
18:52de poser des projets de loi,
18:53de faire des décrets, de prendre leur courage à deux mains
18:55pour faire les choses.
18:57Et quand ils l'ont pas, l'administration, elle fonctionne.
18:59Et c'est pas toujours populaire.
19:00C'est vrai, moi, ça n'a pas été très populaire
19:02quand je me suis attaqué à l'absentéisme dans la fonction publique.
19:04J'ai eu droit à des manifs.
19:05Ça a probablement contribué, d'ailleurs,
19:07au fait que je sois débarqué par Bayrou
19:08quelques semaines plus tard.
19:09Mais j'ai eu des gens qui ont gueulé,
19:10parce qu'ils ont dit, mon Dieu, quelle horreur,
19:12il va augmenter les jours de carence
19:13et baisser le remboursement des arrêts maladie.
19:14Bah oui, j'ai assumé, c'était pas facile,
19:16et je suis pas allé pleurer
19:17en expliquant que je voulais pas le faire.
19:18Donc, à un moment, c'est une question de courage.
19:20Il y a des hommes politiques courageux,
19:22un peu partout d'ailleurs,
19:31il y a dans son gouvernement...
19:33Non mais, je vous ai demandé,
19:35Sébastien Lecornu, est-ce qu'il est courageux ?
19:36Vous dites dans son gouvernement...
19:38Je suis un peu échaudé,
19:39je suis un peu échaudé
19:39par ce qui s'est passé hier sur le 1er mai,
19:41où je vais vous dire que, franchement,
19:43la pilule est quand même grosse à avaler,
19:45parce que ça nous met dans une mouille,
19:46c'est pas possible,
19:46et parce qu'il a cédé au syndicat et à la gauche.
19:48Par contre, si vous voulez que je parle positivement
19:50de certaines personnes,
19:51il faut parler positif,
19:52il y a des ministres,
19:52Vincent Jambrun, par exemple, au logement,
19:55je trouve qu'il a des idées
19:56qui peuvent être libérales,
19:57qui permettent, là encore,
19:59de défendre la propriété,
20:00de réformer le logement,
20:01donc vous voyez qu'il a la volonté
20:02d'aller dans le front de l'arrière.
20:04Et il y a un peu de panache,
20:05vous lancez votre parti,
20:07vous prétendez défendre le libéralisme,
20:09et vous louez les hommes courageux.
20:11Lâchez ce bloc central
20:13qui a été incapable de croire ce soir
20:15pendant 10 ans.
20:16Écoutez,
20:16sortez-moi de là.
20:17Rejoignez Lysnard,
20:18faites quelque chose !
20:19Rejoignez Lysnard,
20:20rejoignez Rotaillot,
20:21ne rejoignez personne,
20:23mais montrez que vous êtes en rupture.
20:26Oui, Charles,
20:26vous êtes tout de suite dans la tactique
20:27On voit que vous êtes, en fait,
20:29dans une logique d'ajustement,
20:31on va faire un petit peu par-ci,
20:33un petit peu par-là, etc.
20:35Ce n'est pas comme ça
20:36qu'on instaura du libéralisme.
20:38Oui, mais ce qui est dedans,
20:38c'est transpartisan.
20:39Ce que je défends,
20:40c'est qu'il y a des libéraux de gauche,
20:41des libéraux de droite.
20:41Non, il n'y a pas de libéraux de gauche.
20:42C'est le en même temps du libéralisme.
20:43Et c'est mytho, les libéraux de gauche.
20:45Mais les libéraux de gauche,
20:46c'est Macron.
20:46C'est les éditorialistes de Challenge,
20:49c'est bidon, les libéraux de gauche.
20:51Charles,
20:51il y a des libéraux un peu partout,
20:54pas forcément à gauche,
20:55ça, je vous rejoins totalement.
20:57Mais pardon, au centre,
20:58il y a des libéraux...
20:59Excusez-moi,
20:59mais il y a des députés et des ministres
21:02qui défendent la liberté
21:03et qui existent aujourd'hui
21:05au centre, à droite, ailleurs,
21:08dans la société civile.
21:09Moi, je ne vais pas commencer
21:10à trier tout ça en disant
21:11qu'il n'y a qu'une seule personne
21:12qui a le monopole de la pensée libérale.
21:14Non, il y a des libéraux,
21:15il y a des gens qui défendent la liberté
21:16un peu partout.
21:17Il faut les rassembler,
21:18il faut bosser ensemble.
21:18Donc moi, je ne tape jamais
21:19sur ceux qui défendent la liberté.
21:21Sur les étatistes et les dirigistes
21:22qui, eux, sont très, très, très nombreux
21:24dans notre pays.
21:25Ça serait bien que les libéraux
21:26attaquent plutôt les dirigistes
21:27et les étatistes,
21:28que les libéraux s'attaquent entre eux.
21:30Merci, Guillaume Casparian,
21:32donc à la tête fondateur
21:33du Parti de la Liberté.
21:35On verra quel est le parcours politique
21:36jusqu'où il vous emmène
21:37d'ici la présidentielle.
21:39Merci d'avoir été avec nous.
21:40Il est 11h25.
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