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Aujourd'hui, c'est au tour de Loury Lag, explorateur professionnel et animateur de l'émission "Baroudeurs" sur RMC Découverte, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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TVTranscription
00:00C'est Face aux grandes gueules.
00:30Et racontez la vie de ceux qui y survivent.
00:34Inédit, Baroudeur, 28 jours en enfer.
00:36Vendredi 5 juin à 21h10 sur RMC Découverte.
00:39RMC Découverte, c'est le canal 24 de la TNT.
00:42Nous sommes avec Lourilag.
00:44C'est lui qui est l'explorateur de l'extrême.
00:46C'est le Baroudeur.
00:47Là, il va nous emmener au Honduras.
00:49Bonjour.
00:50Bonjour à tous.
00:50Merci de me recevoir.
00:51Ça donne envie quand on voit la bande-annonce.
00:54Ça a l'air d'être très spectaculaire.
00:56Pour vous, c'est des vacances.
00:56Des vacances, des vacances.
00:57Non, non, pas du tout.
00:58C'était très très dur.
00:59C'est un des programmes les plus durs que j'ai dû fabriquer.
01:02Pourquoi ?
01:03Pour la simple bonne lucraison que le plus grand prédateur,
01:06c'est l'humain, pour moi, à mes yeux.
01:08Et on va à sa rencontre sur ce programme,
01:10puisque l'idée et la promesse, c'est d'aller à la rencontre
01:13d'un métier extraordinaire dans un des endroits les plus reculés du monde.
01:16Et ce premier épisode, c'est le Honduras.
01:19On va à la rencontre des pêcheurs qui vont à 40 mètres de profondeur en apnée
01:23pour chercher ce qu'ils appellent l'or rouge, la langouste,
01:25qu'ils vendent au prix fort.
01:26Sauf que pour ça, il faut traverser les Etats-Unis.
01:31Traverser, pardon, le Honduras.
01:32Et pour traverser le Honduras, on a dû rencontrer les narcos.
01:36On a fait face à la jungle du Honduras, une des plus violentes au monde.
01:42Et c'est ce qu'on rencontre et ce qu'on découvre dans ce premier épisode,
01:44qui est très engagé, on va dire.
01:47C'était quoi le plus dur au Honduras ?
01:50Le plus dur, c'était de rentrer en vie.
01:53Et ce qu'on ne voit pas à l'écran, c'est qu'après ça, j'ai eu une infection
01:58des reins,
01:59une infection de la partie urinaire et que j'ai failli mourir avec 42 de fièvre.
02:03Donc finalement, j'ai chopé ça pendant le tournage.
02:05Et c'est contrairement à ce qu'on fait moi.
02:08C'était quoi du au bestiole, à l'hygiène, passé bus ?
02:11Franchement, qu'on se le dise, je n'ai pas essayé de chercher à comprendre.
02:15Parce qu'il y avait tellement de possibilités.
02:17J'ai bouffé des scorpions, j'ai traversé les rivières qui étaient dans un état pas possible.
02:22On a mangé pas correctement, clairement.
02:25C'est des pays qui sont sous-développés et pour lesquels il y a des très gros problèmes au niveau
02:29de la nutrition.
02:30Donc ça aurait pu venir de n'importe où.
02:32Et ce qui fait que j'ai passé une semaine à l'hôpital en rentrant.
02:35Lourilac, parlons de vous.
02:36Comment on devient baroudeur ?
02:38De quoi le parcours de vie ?
02:39Alors moi, mon parcours de vie, il est ce qu'il est, mais il est assez chaotique.
02:43J'ai une enfance très difficile avec un père assez violent qui, depuis, est décédé.
02:48Donc je reviens moins sur cette période de ma vie.
02:51Mais je me suis fabriqué dans une forme de survie dès le plus jeune âge.
02:55Jeune, j'ai fait de la détention.
02:57J'ai fait des arrêts cardiaques.
02:58J'ai toujours été plus ou moins dans une situation d'extrême.
03:01Ce qui fait qu'on arrive sur baroudeur avec un certain bagage.
03:05Je n'ai pas de prétention, aucune.
03:06Mais disons que j'ai un rapport à la peur un petit peu plus distant que la norme.
03:10Et il y a la survie aussi, alors.
03:11Et il y a une part de survie, puisqu'on est dans la jungle du Honduras.
03:15On le voit dans cet épisode.
03:17Il y a des scorpions, il y a des serpents, il y a des araignées.
03:21Comment on se sort pour ne pas tomber complètement dans la délinquance, justement ?
03:24Parce que vous êtes allé au zonzon, c'est ce que vous nous dites aussi.
03:27La prison, en fait, c'est une bonne expérience.
03:31Pour s'en sortir ?
03:32Non, je pense qu'en fait, la prison, il ne faut pas avoir peur.
03:35Moi, je n'ai pas peur d'en parler.
03:36Je trouve que pour un garçon comme moi, qui est extrêmement violent et qui s'est fabriqué
03:41dans une forme de rébellion, ça porte une situation où on se dit que la liberté,
03:49c'est quelque chose d'extraordinaire.
03:50Et je pense qu'être privé de sa liberté, c'est quelque chose qu'on ne peut pas découvrir
03:54tant qu'on ne l'a pas vécu.
03:55Et c'est ce qui m'a marqué, moi, le plus.
03:57Et je me suis dit, plus jamais je vais être enfermé, mais pour ces raisons-là.
03:59Et cette violence, vous dites, j'ai de la violence en moi.
04:02Ce type d'émission, ça permet justement de la canaliser, de l'utiliser positivement ?
04:08Disons qu'en tout cas, je peux me dépenser.
04:12Vous avez besoin de vous dépenser ?
04:13J'ai besoin de me dépenser, j'ai besoin de m'exprimer, j'ai besoin de prendre des risques.
04:17Ce format, il est totalement à la hauteur de mes ambitions.
04:20La chaîne a joué le jeu, c'était extraordinaire.
04:22Et Charles Comity, qui est celui qui écrit ce programme, est aussi quelqu'un de très armé.
04:27Moi, je pensais aussi à ceux qui filment.
04:30Exactement, c'est de celui qui en parle.
04:31Ils n'ont rien demandé, eux.
04:33Ah si, c'est lui qui écrit le programme, le salaud.
04:36C'est aussi physique pour lui.
04:39Vous savez, lui, il a quand même le meilleur rôle, parce qu'il m'a raconté un jour,
04:42il m'a dit, vous savez, j'ai écrit mes idées les plus folles sur un bout de papier
04:48en pensant que je ne rencontrerai jamais quelqu'un d'assez timbré pour réaliser ce programme.
04:52Et j'ai rencontré Lourilag.
04:54Et c'est comme ça qu'il m'a vendu le programme.
04:55Didier, tu as vu le...
04:56Du coup, moi, j'ai regardé un peu en avant-première.
04:58J'ai une question, pourquoi ?
05:01Non mais pourquoi ? Parce que je vais trahir un peu un secret.
05:04Je prends un exemple dans les...
05:06Pour pas tout spoiler.
05:07Dans l'1h20, 1h15 de programme, je ne prends qu'un exemple,
05:12mais il y en a 50 des exemples.
05:15Vous traversez un fleuve en pleine forêt et vous évaluez mal le courant.
05:22Votre équipe traverse en pirogue, vous vous traversez à la nage
05:24et finalement, vous dites à la fin que vous n'étiez pas sûr d'arriver au bout.
05:28Mais pourquoi se mettre en danger comme ça ?
05:30Il y a quoi de romancer et de scénariser dans votre programme ?
05:34Et du coup, s'il n'y a rien, ce que je pense, pourquoi se mettre autant en danger ?
05:41Très honnêtement, il n'y a absolument rien de scénarisé.
05:43C'est aussi la particularité de ce programme qui, pour moi, est très novateur
05:47parce que c'est un programme qui est 100% français.
05:49Donc ça, pour moi, c'est quand même quelque chose d'assez extraordinaire.
05:52C'est bien d'avoir des concepts français.
05:53Oui, mais c'est typiquement des programmes qu'on aurait pu acheter aux Etats-Unis,
05:56mais pour le coup, ils sont Frenchy.
05:59Pourquoi me mettre dans cette situation ?
06:00C'est vrai que le Honduras, pour être très honnête avec vous,
06:04je n'avais aucune idée de là où je foutais les pieds.
06:06Et Charles avait écrit l'épisode et j'ai découvert au fur et à mesure.
06:10Et je me suis dit, si je veux faire la différence avec quelque chose de vraiment très impactant,
06:15il ne faut pas qu'il y ait de bullshit, il ne faut pas qu'il y ait de blabla.
06:17Et donc, je vais vraiment traverser les environnements.
06:20Je vais me foutre dans la merde et je vais essayer de survivre
06:23comme ça aurait été le cas dans la réalité.
06:26et c'est ce qui s'est passé et c'est comme ça.
06:28Mais ce n'est pas sûr de survivre.
06:30Ce n'est pas sûr de survivre, ça c'est vrai.
06:31Ça, vous en êtes conscient quand même ?
06:33J'en suis conscient, oui.
06:33Vous ne dites pas, je suis complètement con, je n'aurais pas dû faire ça.
06:36Non, mais parce qu'au moment où ils vous signent,
06:39ils veulent qu'il y ait un peu plus qu'une émission quand même.
06:42Vous voyez, Lourine ?
06:43Non, mais très honnêtement, la notion de danger fait partie du métier.
06:48Et sans la peur ?
06:49La peur, elle est présente.
06:51Quand on rencontre les narcos, on est dans un univers.
06:53Quand on est en train de se noyer dans un fleuve, la peur.
06:55Non, elle est présente.
06:58Maintenant, après, moi, j'accepte cette part de risque.
07:01J'essaie de la minimiser au maximum.
07:04Encore une fois, c'était le premier épisode.
07:06Et on a dû se régler par la suite sur les autres épisodes
07:10parce qu'il y avait une prise de risque totale.
07:12Une baroudeuse, Joël.
07:13Une baroudeuse, oui.
07:14Alors moi, mes exploits se limitent à aller à 14 km heure sur un tapis de course.
07:19Pour moi, c'est déjà waouh.
07:20Donc, j'ai une sorte d'admiration répulsion pour ce type de programme.
07:25Et je vais vous expliquer pourquoi.
07:27L'admiration, parce qu'en fait, j'admire le dépassement de soi.
07:30Je suis vraiment quelqu'un qui est dans le dépassement de soi,
07:31toujours aller plus loin.
07:32Et des gens comme vous, qui vont jusqu'à ce niveau-là,
07:35je me dis, mais quel mental, qu'est-ce que ça doit être ?
07:37J'ai envie de vous ouvrir en deux et de disséquer la machine,
07:40de voir à l'intérieur qu'est-ce qui se passe, comment ça fonctionne, etc.
07:43Donc, ça, c'est pour l'admiration.
07:45Et puis, la répulsion, c'est de me dire, mais ce monsieur, en fait,
07:48qu'est-ce qu'il ferait s'il n'avait pas tout ça pour le canaliser ?
07:51Parce que j'ai l'impression, quand même,
07:52que c'est un type de profil de personnes
07:56qui ont des sortes de pulsions au-delà, en tout cas, de la moyenne
08:01et qui ont trouvé, entre guillemets, ce chemin-là pour se canaliser.
08:05Et je me dis, mais si on ne vous donne pas ça,
08:08est-ce que vous n'êtes pas un danger, pardon de dire ça comme ça ?
08:10Pour la société ?
08:11Vous n'êtes pas un danger pour la société ?
08:12Je serais un danger pour moi-même, en tout cas.
08:14Oui, mais je veux dire, parce qu'il y a tellement d'énergie pour faire ça.
08:16J'avais pris le moyen de canaliser tout ça, en fait.
08:18Oui, mais en fait...
08:19Vous faites beaucoup de sport, j'imagine.
08:20Oui, je fais plus de 20 heures d'entraînement par semaine,
08:23donc c'est mon métier aussi.
08:25Vous avez raison, dans un sens, il faut pouvoir se canaliser.
08:28Après, je n'ai aucune honte, moi, à accepter que partir en expédition
08:32ou réaliser des documentaires très extrêmes comme ça,
08:35ça me permette d'être meilleur.
08:37En tout cas, quand je rentre chez moi,
08:39c'est ce qui me permet, moi, de survivre dans le quotidien
08:40et de pouvoir m'occuper de mes enfants,
08:42dans ce qui, pour moi, est la vraie jungle.
08:44Est-ce que vous emmeneriez des jeunes avec vous ?
08:47Par exemple, vous voyez, on a des problèmes de délinquance en France,
08:50notamment chez les jeunes garçons.
08:53Est-ce que vous pensez que ce sont des choses, par exemple,
08:55parce qu'on parle du retour du service militaire,
08:57là, on est au-delà pour moi, enfin, j'apprécie qu'on est au-delà.
09:00Est-ce que vous pensez que ce sont des choses...
09:02Complètement.
09:04Mais clairement, ça, je vous le dis, pour moi, il y a deux choses.
09:07Si j'étais dans une forme de pouvoir,
09:10je mettrais six mois de voyage obligatoire,
09:12et six mois de service militaire minimum.
09:14Je trouve que c'est le strict minimum pour comprendre
09:17qu'il y a autre chose outre-continent,
09:19qu'il y a d'autres langues, qu'il y a d'autres communautés,
09:22qu'il y a d'autres difficultés que nous, on n'a pas,
09:25ou alors moins ici.
09:26Et aussi, l'espèce de rigueur.
09:29Là, je reviens, encore une fois, de la Légion étrangère.
09:32Il y a quelque chose d'extraordinaire dans l'apprentissage
09:35sur la rigueur militaire qu'il faudrait inculquer à nos jeunes d'aujourd'hui.
09:39Et moi, je n'ai aucun problème à l'assumer, ça.
09:42Et je trouve que, surtout dans la situation politique
09:45dans laquelle on se trouve aujourd'hui,
09:47on ne sait même pas par qui on est défendu.
09:49On ne sait pas qui et qu'est-ce qui va se passer
09:51s'il y a un problème.
09:52Et pour moi, c'est un souci.
09:54Emmanuel ?
09:55Moi, le programme m'a beaucoup plu.
09:59Parce qu'il y a une sincérité.
10:00C'est très bien compté aussi.
10:01Les commentaires sont super.
10:03C'est vivant.
10:04On ne s'ennuie pas du début jusqu'à la fin.
10:06C'est un univers que je connaissais un peu.
10:08Parce que j'ai fait mon service militaire
10:09comme chef de section en Guyane.
10:11Au 9e BIMA, qui est devenu le RIMA que vous connaissez.
10:13Je connais bien.
10:14J'ai fait des opérations jusqu'à Saül,
10:16au centre de la Guyane, et l'y portait.
10:18Et donc, je connais bien ce qu'on appelle la forêt profonde.
10:21Mais qui, dans mes souvenirs,
10:22est moins dense que ce que vous montrez au Honduras.
10:24Tout à fait.
10:25C'est vrai que pour avoir fait...
10:26Alors, je reviens de Guyane, là.
10:29Je viens de passer 30 jours en Guyane, encore une fois,
10:32à la fois pour pratiquer un nouveau stage
10:34au sein de la Légion étrangère avec le CEFEU.
10:36Il m'avait été proposé, mais que j'avais refusé aimablement.
10:39Oui, très engagé aussi, attention.
10:41Tente d'entraînement à la forêt équatoriale.
10:43Exactement.
10:44Vous avez une gueule à faire du cinéma.
10:45Pardon, je vous vois, là, vous avez un physique,
10:47vous avez une présence, vous avez du charisme.
10:49Ça tombe bien, je suis au cinéma après-demain.
10:51Vous êtes au cinéma ?
10:52Oui, après-demain.
10:52C'est comme Kassovitch m'aurait, là.
10:54Dans le film de Jérémy Régnier,
10:56qui est un acteur de Sinoche,
10:58qui a perdu son meilleur ami,
10:59que j'ai guidé au Pôle Nord il y a maintenant 3 ans,
11:02et son film sort demain, d'un monde à l'autre.
11:04Un super film sur le deuil et le dépassant.
11:06Aujourd'hui, il sort même aujourd'hui ?
11:07Non, il sort le 4 en avant-première
11:09et le 10 dans toutes les salles de...
11:11Ah oui, d'accord.
11:11Alors, justement, j'avais une question.
11:12Il y a un autre épisode sur l'Alaska,
11:15qui est un territoire que je connais en tant que touriste,
11:16qui est absolument gigantesque et inouï,
11:18et une question un peu burlesque,
11:21puisque vous avez été en difficulté en Alaska
11:24sur la banquise avec des animaux dangereux.
11:27Ma question, elle est éthicoloclase.
11:30C'est con un ours sur la banquise ?
11:32C'est curieux, un ours.
11:34C'est pas con, c'est très curieux.
11:35C'est-à-dire qu'à un moment donné,
11:37il se dit quelque chose d'assez normal.
11:39Il se dit, quel est le débile qui vient se foutre chez moi ?
11:42Voilà.
11:43Donc ça commence comme ça, forcément.
11:45Alors ça, c'est la première question.
11:47Une fois qu'il se pointe et qu'il se dit,
11:49il y a une petite odeur,
11:50on pourrait en faire un petit-déj.
11:52Ça, c'est effectivement...
11:53Et c'est pour ça que l'ours devient très dangereux pour nous
11:55et un prédateur qui peut nous dévorer.
11:58C'est que déjà, il pèse une tonne.
12:00Donc ça veut dire que si ça vence sur le camp
12:02et qu'il met un pied sur nous, on est mort.
12:04Et dans un second temps,
12:06dans certaines périodes de l'année,
12:08il a extrêmement faim
12:09et on peut se retrouver avec un prédateur
12:11qui est en chasse.
12:13Découvrez-le à partir de vendredi,
12:1521h10,
12:1628 jours en enfer
12:18du côté du Honduras.
12:20C'est Lourilag Baroudeur,
12:21l'émission qu'on vous conseille sur RMC Découverte.
12:23Merci Lourilag d'être passé par les JGA.
12:25A tout de suite.
12:26Un plaisir.
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