- il y a 11 heures
Charles Delfieux, président et fondateur d'Univity, était l'invité de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce lundi 27 avril. Il s'est penché sur la levée de fonds d'Univity pour sa constellation sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.
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00:01– Tech & Co, la quotidienne, l'invité.
00:05– Ça s'appelle Univiti et Charles Delfieu est avec nous ce soir,
00:10président et fondateur d'Univiti. Bonsoir Charles.
00:12– Bonsoir François, merci de nous accueillir à nouveau.
00:14– Écoutez, on est ravis, c'est vrai qu'on s'était parlé il y a quelques mois de cela,
00:18et alors vous êtes de retour ce soir sur le plateau de Tech & Co
00:21pour nous annoncer cette clôture d'une belle levée de fonds de 27 millions d'euros.
00:26Peut-être avant de rentrer dans le détail et ce que va vous apporter cet argent,
00:30revenir sur les fondements de Univiti.
00:33Vous êtes une boîte qui gère l'Internet spatial
00:37pour redonner la connectivité entre autres aux opérateurs télécoms,
00:41s'ils le désirent. Expliquez-nous un petit peu comment ça marche tout ça.
00:45– Oui, écoutez, c'est déjà un bon résumé François.
00:47En fait, notre objectif, il est tout simple,
00:48il est de permettre aux opérateurs télécommunications terrestres du monde entier
00:52d'offrir à leurs clients, que ce soit des particuliers ou des entreprises,
00:56un accès à la connectivité depuis l'espace,
00:58comme ils le font aujourd'hui à travers les réseaux terrestres de télécommunications.
01:01Aujourd'hui, à travers les réseaux terrestres de télécommunications,
01:03vous avez accès à la fibre qui vous permet d'avoir du très haut débit
01:05chez vous, dans votre entreprise.
01:07Vous avez aussi accès au réseau cellulaire
01:09qui vous permet de connecter votre téléphone portable.
01:11– La 4G, la 5G.
01:12– La 4G, 5G, à des antennes relais.
01:14Nous, on veut faire la même chose
01:16avec une infrastructure qui n'est pas terrestre,
01:18mais qui est une infrastructure spatiale,
01:19avec une constellation de satellites de télécommunications.
01:22– Quand on vous écoute, on entend véritablement la solution Starlink.
01:27Quelle est votre différence avec Starlink ?
01:29– Alors, la différence avec Starlink,
01:30elle est à la fois commerciale et elle est technologique.
01:34Commerciale, pourquoi ?
01:34Parce que notre modèle d'affaires,
01:36la manière dont on va générer des revenus,
01:38c'est de travailler avec les opérateurs télécommunications terrestres du monde entier.
01:41On veut être la constellation, l'infrastructure spatiale,
01:44d'une certaine manière, amie des opérateurs de télécommunications du monde entier.
01:47Et on veut être le chénon manquant, cette infrastructure spatiale
01:50auxquelles aujourd'hui ils n'ont pas accès,
01:52qui leur permettra d'offrir à leurs clients
01:53cet accès à connectivité compétitive depuis l'espace.
01:56Là où, de manière globale, pas forcément systématique, mais globale,
02:01un acteur comme Starlink,
02:02ou bien vous pourriez aussi mentionner par exemple Amazon Leo,
02:04un autre géant américain,
02:06a vocation, dans la plupart des cas,
02:08d'offrir son service de connectivité spatiale directement à l'utilisateur final.
02:13D'une certaine manière, et ça c'est une forme de révolution,
02:17d'évolution marquée du secteur de télécommunications,
02:19d'une certaine manière, Starlink et Amazon Leo
02:20sont en train de devenir des premiers opérateurs de télécommunications globaux.
02:26Mondiaux.
02:27Mondiaux et globaux.
02:28Exactement.
02:29Mais si mes souvenirs sont bons,
02:32Starlink propose justement parfois des infrastructures aux opérateurs télécoms
02:36dans des zones blanches, etc.
02:37Je crois qu'il y a même des opérateurs français
02:38qui utilisent la solution Starlink.
02:40pour désenclaver numériquement certaines régions.
02:43Oui, le modèle d'affaires nominal d'un Starlink,
02:46c'est de commercialiser directement à l'utilisateur final.
02:49Dans certaines exceptions,
02:50ils peuvent offrir des services,
02:51par exemple ce qu'on appelle le backhauling,
02:52c'est-à-dire le raccordement des antennes relais,
02:55des opérateurs de télécommunications
02:56pour que ces mêmes opérateurs puissent opérer.
02:57Par exemple, on est en haut d'une montagne,
02:59il faut qu'on couvre une vallée,
03:01la fibre n'arrive pas, il n'y a pas de 5G,
03:04là on est obligé de se tourner vers le satellite.
03:05Voilà, exactement.
03:06En fait, plutôt que de tirer la fibre
03:08sur des kilomètres ou des dizaines de kilomètres,
03:10vous installez l'infrastructure,
03:12l'antenne relais, le pylône,
03:13qui au lieu d'être connecté au réseau terrestre,
03:15va finalement regarder dans l'espace.
03:16Et aujourd'hui, ce qu'on est en train de faire,
03:18et ça c'est vraiment une disruption fondamentale
03:20du secteur de la télécommunication,
03:21c'est que pour la première fois
03:22dans l'histoire des télécommunications,
03:24vous pouvez avoir accès à la connectivité du l'espace,
03:26à un prix et une qualité de service
03:28qui est comparable au réseau terrestre.
03:29Et ça, c'est un game changer
03:30pour l'industrie des télécommunications terrestres.
03:32Très bien, mais est-ce que techniquement,
03:34vous êtes aussi bon que les concurrents
03:36que vous venez de citer ?
03:37Parce que si vous vous adressez
03:39aux opérateurs télécom,
03:40il faut avoir une qualité de service
03:42au moins aussi bonne
03:43que ce que peut proposer Starlink.
03:46Vous avez tout à fait raison,
03:47et on avance dans ce projet
03:48avec beaucoup de persévérance,
03:49mais aussi beaucoup d'humilité.
03:51Il est clair qu'un acteur comme Starlink,
03:53demain Amazon, selon toute vraisemblance,
03:55ce sont des acteurs qui ont placé
03:57la barre très haut
03:58en termes de performance et de prix.
04:00Donc, pour être aussi compétitif d'eux,
04:02nous, qu'est-ce qu'on fait ?
04:03On s'appuie sur l'innovation technologique.
04:05Et parmi les innovations technologiques
04:06qui sont propres à Univiti,
04:07il y a le déploiement
04:08de la constellation à très basse orbite.
04:10On déploie nos satellites
04:11plus bas que les autres
04:12pour améliorer les performances,
04:14améliorer aussi accessoirement l'usage.
04:15Donc, plus bas encore que Starlink ?
04:17Oui, on est en dessous
04:17des stations spatiales habitées.
04:20Ok, donc on est à quelle altitude à peu près ?
04:22Autour de 375 km.
04:24Ok, alors que Starlink
04:26est aux alentours des 500, c'est ça ?
04:27Voilà, traditionnellement,
04:28ils ont déployé l'essentiel
04:30de leur constellation
04:31autour de 500, 550 km.
04:32D'accord, et le fait d'être
04:33200 km plus bas, ça change quoi ?
04:36Écoutez, en fait,
04:38quand vous êtes plus bas,
04:39vous avez besoin de moins d'énergie
04:41pour transmettre
04:41une quantité d'informations.
04:43Finalement, votre téléphone portable
04:44qui communique avec une antenne relais,
04:46c'est quoi ?
04:46C'est un partage d'informations,
04:48ça a besoin d'énergie.
04:49Et quand vous êtes plus bas,
04:50toutes choses égales par ailleurs,
04:51vous avez besoin de moins d'énergie
04:52pour connecter votre satellite
04:54à votre smartphone
04:55où il y a un terminal utilisateur DIA.
04:57Et ça, ça nous permet
04:58ou d'améliorer la performance,
05:00c'est-à-dire le débit,
05:01ça nous permet aussi
05:01d'améliorer la latence,
05:03ça nous permet aussi
05:03de proposer des terminaux
05:05qui sont de plus petite taille
05:06et donc moins chers.
05:07Oui, parce que vous êtes plus près,
05:08en fait, de l'utilisateur final.
05:10Exactement.
05:10Et donc des antennes
05:11des opérateurs télécoms,
05:12parce que c'est ça l'objectif aussi.
05:13Et aussi, lorsqu'on connecte,
05:14effectivement,
05:15les antennes relais,
05:15on sera plus près
05:16des antennes relais,
05:17donc des antennes
05:18des opérateurs télécommunications.
05:19Parce que les opérateurs télécoms,
05:20ce n'est pas que
05:21votre seule cible
05:22de clients potentiels ?
05:24Non, c'est la cible principale.
05:26D'accord.
05:27On vise au-delà des zones
05:28qu'on pourrait qualifier
05:29zones blanches
05:30à travers le globe,
05:32également le marché du maritime,
05:33le marché de l'aérien.
05:34Et pour de tels marchés,
05:36on pourrait être amené
05:37à travailler avec des revendeurs
05:39de connectivité
05:39qui sont spécialisés
05:41dans les marchés maritimes,
05:42dans les marchés aériens
05:43qui ont évidemment
05:44aussi leur particularité.
05:45Mais par exemple,
05:46vous parlez du marché aérien,
05:47de la connectivité dans l'avion.
05:48Aujourd'hui, on voit que Starlink
05:49est exceptionnellement bon
05:51dans les avions.
05:52Moi, j'ai eu la chance
05:53de prendre un avion
05:53avec Starlink,
05:54c'est dingue,
05:54on a l'impression
05:55d'être à la maison.
05:56Est-ce que ce n'est pas vain,
05:58finalement,
05:58de vouloir se battre
05:59contre ce géant américain ?
06:01Et vous avez parlé de Léo aussi
06:03qui arrive à Amazon.
06:05Donc il y a aussi
06:05cette notion de souveraineté,
06:06c'est-à-dire qu'il faut
06:08avoir une solution française,
06:09en tout cas européenne.
06:11Avant de parler de souveraineté,
06:12on est très heureux
06:13que vous évoquiez le sujet.
06:14Je reviens rapidement
06:15sur votre aventure
06:16dans l'avion.
06:17Finalement,
06:18c'est l'illustration
06:18une fois de plus
06:19que désormais,
06:19où que vous soyez,
06:21sur terre,
06:22sur mer,
06:23dans les airs,
06:23vous pouvez accéder
06:24à une collectivité
06:25qui est comparable
06:25à celle que vous avez à la maison.
06:26Quand vous y pensez,
06:27quand vous prenez un peu de recul,
06:28c'est vraiment l'illustration
06:29d'une vraie révolution
06:31dans le secteur
06:32des télécommunications.
06:33Vous parlez de souveraineté,
06:34c'est extrêmement important.
06:36On pourrait parler
06:37de souveraineté géopolitique,
06:38on pourrait aussi parler
06:40de souveraineté industrielle
06:41qui ne se souvient pas
06:43des menaces
06:44d'un Starlink,
06:45d'un gouvernement américain
06:46qui, auprès de l'Ukraine,
06:47menaçait
06:48de couper le service.
06:49Je crois qu'aujourd'hui,
06:51on a la chance
06:51de pouvoir travailler
06:52avec des acteurs institutionnels,
06:53des acteurs commerciaux
06:54et des manières télécommunications
06:55qui veulent effectivement
06:56ne pas être dépendants
06:58d'une solution dominante.
07:01Ce qui ouvre la place
07:03à de la compétition,
07:04ce qui ouvre la place
07:04à des marchés pour Univiti.
07:06Charles,
07:08vous allez nous expliquer
07:09en quoi cette levée
07:10de 27 millions
07:11va changer la donne,
07:12mais quand on voit
07:12un petit peu
07:13les investissements
07:14pour avoir
07:15un réseau mondial
07:17de connectivité,
07:18haut débit,
07:18faible latence,
07:20dans l'espace,
07:21ça coûte des milliards,
07:22non ?
07:22Comment vous...
07:23Quelle est votre vision ?
07:26Je ne suis pas en train
07:27de dire que 27 millions,
07:28ce n'est pas bien,
07:29c'est très bien,
07:30mais est-ce que ce n'est pas
07:31qu'une goutte d'eau
07:32face à ce mur
07:33d'investissement
07:34auquel vous devez faire face ?
07:36Comme vous avez reçu,
07:37on avait annoncé
07:38une levée de fonds
07:39précédemment,
07:39trois fois inférieurs,
07:40vous voyez,
07:41on progresse étape par étape.
07:43Nous, aujourd'hui,
07:44avec cette levée de fonds,
07:45on va pouvoir réaliser,
07:47on va pouvoir mettre en œuvre
07:47l'ensemble de notre programme
07:48de dérisquage technologique
07:50de notre solution,
07:50c'est-à-dire qu'on va arriver
07:51à un niveau de maturité
07:52de notre solution
07:53de connectivité spatiale
07:54qui nous permet,
07:55dans un deuxième temps,
07:56d'envisager
07:57la production de masse,
07:58l'industrialisation,
07:59le passage à l'échelle
08:00de notre solution
08:00de connectivité
08:01qui va requérir,
08:02comme vous l'avez dit,
08:03des investissements massifs.
08:05Mais ces investissements massifs,
08:06ils sont à comparer
08:07avec les investissements
08:08que réalisent tous les ans
08:10nos clients,
08:11que sont les opérateurs
08:12de télécommunications,
08:13qui se chiffrent
08:14à plusieurs centaines
08:15de milliards de dollars
08:17investis chaque année
08:18dans les réseaux terrestres.
08:19Donc, investir,
08:20hors de grandeur,
08:21un milliard par an
08:21dans une infrastructure
08:23spatiale partagée,
08:24c'est à relativiser
08:25avec le montant
08:26des investissements
08:26qui sont à réaliser
08:27à travers le monde
08:28sur les infrastructures
08:29terrestres de télécommunications.
08:30Parce que là,
08:30vous visez tous les opérateurs
08:31du monde entier, en fait.
08:33Oui, absolument.
08:33Un maximum de pays,
08:34un maximum d'opérateurs
08:35pour finalement rendre
08:36notre constellation
08:37la plus efficace possible,
08:39la plus utilisée
08:40à travers le monde.
08:41Et notre modèle de financement,
08:42d'une certaine manière,
08:43il est comparable
08:44à d'autres infrastructures
08:46terrestres,
08:47capacitives,
08:47massives,
08:48telles que les capsulmarins,
08:50dont les investissements
08:51également peuvent se compter
08:51en plusieurs centaines
08:52de millions d'euros,
08:54de dollars,
08:54voire milliards.
08:55On va emprunter
08:56ce même modèle de financement
08:57en l'extrapolant
08:59au spatial.
09:00Mais ce qui marche
09:00aujourd'hui
09:00sur les capsulmarins,
09:01c'est parce que les capsulmarins,
09:02c'est une technologie
09:03qui a été totalement dérisquée.
09:06Et nous,
09:06avec cette série A,
09:07on va achever
09:08le dérisquage
09:08de notre solution
09:09pour préparer le terrain
09:10à des investissements
09:12capitalistiques
09:12pour le déploiement
09:13de cette infrastructure
09:14partagée,
09:14neutre,
09:15pour les opérateurs
09:16de télécommunications,
09:17pour leur conférer,
09:17vous l'avez dit tout à l'heure,
09:18une forme de souveraineté industrielle.
09:20Une dernière question,
09:21combien de satellites
09:22faudrait-il
09:22pour créer votre réseau mondial ?
09:24On a deux objectifs,
09:27une couche minimale
09:28à 1 600 satellites
09:29qui nous permettra
09:30évidemment de couvrir
09:31l'ensemble du globe,
09:32nous permettra
09:33de prétendre
09:34à des parts de marché
09:35d'union significative.
09:35De lancer le service,
09:36en tout cas,
09:371 600 satellites ?
09:38On en a besoin
09:38de beaucoup moins
09:39pour lancer le service
09:40parce qu'on peut commencer à...
09:43Beaucoup moins.
09:44On est sur une petite poignée
09:45de centaines
09:46pour offrir déjà
09:47une qualité de service
09:48tout à fait compétitive.
09:501 600,
09:51ça nous permet non seulement
09:52d'avoir une couverture globale,
09:53ça nous permet aussi
09:53d'offrir une redondance
09:54du service
09:55avec plusieurs satellites
09:56qui sont en vue.
09:57Et on planifie,
10:00on conçoit
10:00notre outil industriel
10:02pour pouvoir demain
10:03déployer jusqu'à
10:043 400 satellites.
10:06Donc vous voyez,
10:07les ambitions restent intactes
10:08depuis que vous nous avez
10:09reçus pour la première fois
10:10et on continue à progresser
10:12dans la mise en œuvre
10:12de notre projet.
10:13Merci beaucoup Charles Delfieux.
10:15Bonne chance, bon vent
10:16pour la suite de ce projet
10:18passionnant,
10:19Univiti.
10:19Vous en êtes le président
10:20et fondateur avec cette info,
10:22donc cette levée
10:24de 27 millions d'euros.
10:25Merci beaucoup.
10:25Merci à vous.
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