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  • il y a 7 minutes
Alain Bauer, professeur émérite de criminologie au CNAM et auteur de "Intrigues à l'ONU" était l'invité de BFMTV ce vendredi 24 avril.

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Transcription
00:00Vous signez, je l'ai dit, un roman, Intrigue à l'ONU, un roman qui imagine une agence Mozart convoquée
00:06pour enquêter sur des négociations sous-marines entre Israël et Téhéran.
00:11Vous allez nous dire finalement si cette réalité pourrait rejoindre la fiction, puisqu'on l'a appris, une délégation américaine
00:18est en route vers le Pakistan.
00:19Ça veut dire peut-être que les négociations pourraient reprendre ?
00:22Alors d'abord, la fiction copie toujours la réalité en moins bien.
00:25Bien, curieusement, quand on pioche un peu, qu'on revient sur l'histoire, ce roman qui fait partie d'une
00:31série qui a commencé par comment est arrivée la guerre en Ukraine,
00:35comment va se dérouler la guerre à Taïwan, comment elle se prépare, celle qu'on ne regarde pas mais qui
00:39est face à nous,
00:41une partie sur le Vatican qui était un moment de vagabondage personnel,
00:46et puis celle-ci qui raconte des négociations secrètes qui ont vraiment eu lieu entre l'Iran et Israël,
00:52il y a quelques années, dans des conditions assez rocambolesques, mais toutes véritables.
00:57Il faut savoir que ces romans, c'est entre la moitié et deux tiers de vrais confirmés,
01:01un quart de vrais qu'on connaît entre nous, mais qu'on ne peut pas dire parce qu'il n
01:05'y a pas de confirmation encore,
01:07mais d'ici trois ans, cinq ans, dix ans, six mois, ça va être connu,
01:10et puis un peu de fiction pour enrober le tout et pour le rendre accessible au plus grand nombre,
01:14plutôt que de faire un traité de géostratégie de mille pages vendue très chère à quelques étudiants.
01:18En tout cas, c'est passionnant et on voit bien effectivement comment il y a les négociations officielles
01:23qu'on va tous observer et qui vont avoir lieu au Pakistan,
01:26mais qui ne disent rien des négociations qui sont en sous-main.
01:29Est-ce que ça veut dire quelque chose, là, cette délégation américaine qui va à Islamabad,
01:33ou est-ce que pour vous, finalement, elles ont toujours existé ?
01:35Alors, la négociation officielle, c'est ce qui vient acter l'échec ou la réussite des négociations souterraines,
01:41qui n'arrêtent jamais.
01:42Dès qu'il y a un conflit, une situation, une difficulté,
01:46depuis de très nombreuses années, et probablement depuis le blocus de Cuba
01:49par l'administration Kennedy qui nous a amenés au bord d'une guerre nucléaire
01:53alors que les Russes voulaient installer des missiles à Cuba tournés vers les États-Unis,
01:58il y a un espace neutre de gens qui se parlent tout le temps,
02:03qui ne s'énervent pas, qui ne s'engueulent pas, qui ne s'insultent pas,
02:07quelles que soient les conditions et que ce sont toujours des voies de négociation.
02:10Soit ce sont des nationaux qui parlent à d'autres nationaux,
02:13donc des Américains qui parlent à des Iraniens, etc.,
02:15soit on a des intermédiaires, les Omanais, les Turcs, désormais les Pakistanais,
02:21chacun ayant des intérêts propres, parfois ayant des intérêts à double ou triple capacité,
02:27à triple pavillon, pouvant être des agents doubles, des agents triples, des agents quadruples,
02:31mais permettant quand même que la discussion ait lieu,
02:35et de temps en temps elle peut aboutir à de la libération de prisonniers,
02:38à de la libération d'enfants enlevés, à des otages français retenus
02:44et qui soudain sont libérés.
02:45On a l'impression que ça arrive comme ça, comme par l'intermédiaire du Père Noël.
02:49Pas du tout, ce sont des mois, des années de négociations
02:51et surtout l'établissement d'un lien de confiance.
02:54La promesse est tenue, on libère quelqu'un, la contrepartie va avoir lieu.
02:58Si elle n'a pas lieu, alors il n'y a plus d'espace de négociation.
03:01Et donc il y a des négociations tout le temps, avec tout le monde,
03:04surtout avec ceux qu'on affirme détester,
03:06parce qu'à un moment ou un autre, c'est avec ces ennemis qu'on doit faire,
03:09si ce n'est la paix, en tout cas trouver un cessez-le-feu.
03:12Et pour cela, il faut des intermédiaires de confiance,
03:14le fameux tiers de confiance.
03:16Le Vatican en produit beaucoup, mais pas seulement.
03:18Donc quand on entend finalement que les négociations vont reprendre,
03:22qu'on va envoyer des caméras à Islamabad,
03:24vous dites que c'est soit qu'on se rapproche vers un accord,
03:27soit c'est l'échec complet de l'opération.
03:31Très intéressant d'entendre aussi.
03:32Les négociations continuent pendant ce temps-là.
03:34Pendant les travaux, les négociations continuent.
03:36Donc vous avez analysé les mots de Trump,
03:39le pouvoir des mots de Donald Trump,
03:41décryptage d'une redoutable mécanique de persuasion de masse.
03:44On y reviendra, puisqu'il a eu des mots très forts hier,
03:47en disant « we have to shoot and kill the boats ».
03:50Il parlait des bateaux poseurs de mines.
03:53Mais on va voir si vous êtes forts en analyse de la syntaxe des mots
03:56du ministre de la guerre, Pete X7. Écoutez-le.
04:00Dans cette nouvelle phase, l'Iran a un choix important,
04:04une chance de conclure un accord.
04:06Un bon accord, un accord sage.
04:09Dans ce cadre, les États-Unis ont imposé un strict blocus
04:14qui gagne en puissance chaque jour.
04:17Du golfe d'Omane jusqu'à l'océan,
04:20notre marine assure ce blocus sans hésiter et sans s'excuser.
04:25On a l'impression qu'on entend presque les mots de Donald Trump.
04:29Pour être nommé dans une administration Trump,
04:32il faut parler de Trump dans le texte.
04:34La différence entre Donald Trump, c'est qu'on a une variété assez large
04:37de modes d'expression, du très sage, très posé, très poli,
04:42très rationnel de notre point de vue,
04:45à « je t'insulte et je t'envoie des noms d'oiseaux ».
04:49Pete X7, on est plutôt sur une seule ligne de nage.
04:51C'est toujours la même, mais on lui a dit de dire « deal »
04:54parce qu'il y a une négociation, donc il a dit « deal ».
04:56Un peu plus tard, il a dit « on les tuera sans regret »
04:59et définitivement à peu près dans le même entretien,
05:03soit un peu avant, soit un peu après, je ne me rappelle plus.
05:05Là, on n'est plus carré avec Pete X7.
05:08Il est d'ailleurs là pour ça.
05:09C'est le ministre de la Guerre, ce n'est pas le ministre de la Défense.
05:12Le changement de nom est aussi un changement de culture et de rhétorique.
05:16Mais oui, bien sûr, il faut dire « deal » puisque le chef veut un « deal ».
05:19– Et il dit aussi qu'il va renforcer son blocus.
05:22– Qui n'en est pas un, ça n'a jamais été un blocus.
05:24D'abord, c'est un barrage filtrant puisque tout n'est pas bloqué.
05:27Je suis très surpris d'ailleurs de voir à la fois comment
05:30on peut à la fois si mal commenter des cartes si bien faites.
05:34Le blocus en tant que tel est un barrage filtrant
05:36qui ne concerne que les bâtiments iraniens,
05:38les bâtiments sous sanction, mais pas les bâtiments
05:41qui sortiraient des autres ports des pays du Golfe, y compris au Mans.
05:45Et alors, si vous regardiez, avec attention, je ne sais pas si vous avez une carte
05:49de l'Iran ou du Golfe, je vous en ai amené une qui vous montre
05:53là où sont les sujets intéressants.
05:55La flotte américaine, elle n'est pas dans le Détroit.
05:58Elle est au large du Détroit pour des raisons de protection
06:01de leurs propres bâtiments et de contrôle effectivement large
06:03de ce qui rentre et de ce qui sort.
06:05Mais avant d'arriver là, il y a un petit endroit ici,
06:09il y a deux ou trois ports pakistanais.
06:10Une partie de la flotte iranienne mouille dans le port pakistanais
06:14et devient une flotte qui sort d'un port pakistanais,
06:17une trentaine de bâtiments.
06:18Ça, c'est le prix à payer pour l'intercession du Pakistan,
06:22armé par les Chinois et amis des Iraniens,
06:25mais aussi le meilleur ami-ennemi des Américains,
06:28comme ceci avait été écrit après le 11 septembre.
06:30Les Pakistanais jouent toujours double ou triple jeu.
06:33C'est leur nature, c'est comme ça.
06:34Les États n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts.
06:36Les Pakistanais défendent leurs intérêts.
06:38Pourquoi ? C'est un pays fondé par un chiite, Alijina.
06:42Tout ça a toujours une histoire.
06:43Deuxièmement, ici, il y a la mer Caspienne.
06:45Là, il ne se passe rien.
06:46Les Iraniens peuvent faire passer par la Caspienne
06:48à peu près tout ce qu'ils veulent pendant ce temps-là,
06:50plus les infrastructures terrestres.
06:53Donc, il y a un semi-barrage filtrant.
06:57Là où les Iraniens, par contre, sont beaucoup plus efficaces,
06:59c'est qu'en faisant monter la tension,
07:01en disant que nous pouvons couler n'importe quel bateau,
07:03et surtout ceux qui nous viennent de pays hostiles,
07:06ou de pays ennemis, ou de pays qui pourraient être directement intéressés
07:10au fait de pousser les Américains à arrêter le, entre guillemets,
07:14blocus ou l'intervention militaire,
07:16c'est-à-dire les Chinois, les Indiens,
07:18mais aussi les Vietnamiens, les Philippines, les Japonais,
07:20tous ces pays qui sont au bord de la pénurie totale,
07:24qui n'ont plus de moyens, ni de gaz, ni de pétrole,
07:27et pour ce qui nous concerne, ni d'engrais, ni de bitume,
07:29ni même de précurseurs chimiques pour les médicaments.
07:33Il faut bien se rendre compte que l'effet blocus, entre guillemets,
07:37ce sont plutôt les Iraniens qui font un blocus que les Américains.
07:40Les Américains essayent d'empêcher une partie de la flotte iranienne
07:43de sortir ou de rentrer.
07:46Certains bâtiments sont quand même entrés,
07:47notamment des bâtiments chinois avec du perchlorate de sodium,
07:50ce qui permet de fabriquer le propergol,
07:53qui permet aux missiles iraniens de fonctionner.
07:56Vous voyez, tout le monde joue double ou triple jeu dans ces affaires,
08:00et une partie de ce qui passe par le Pakistan,
08:01c'est aussi une garantie pour le Pakistan
08:04de ne pas être entièrement étouffé économiquement
08:06et pétrolièrement dans cette affaire.
08:09Voilà, il y a toujours des petits accommodements,
08:11c'est ce qui permet à la négociation d'avancer.
08:13Donc, est-ce que vous pensez qu'effectivement,
08:15cette stratégie de Donald Trump d'étrangler l'économie iranienne,
08:18d'asphyxier l'Iran, avec donc non pas ce blocus,
08:21mais ce barrage filtrant, va marcher ?
08:23Ou au contraire, est-ce que via la mer Caspienne,
08:25ils peuvent envoyer du pétrole, etc ?
08:27Oui, mais beaucoup moins.
08:27C'est comme les Saoudiens,
08:29avec leur oléoduc sur Yambou,
08:33c'est un tiers de ce qu'ils exportaient avant,
08:34mais c'est toujours un tiers de plus
08:36que ce qu'on n'aurait pas si tout était bloqué.
08:38C'est plus compliqué pour le gaz qu'Atari,
08:42parce que là, la destruction de la raffinerie centrale,
08:45de l'usine à gaz, si on peut appeler ça comme ça,
08:48est un élément qui perturbe beaucoup les marchés.
08:51Mais oui, Ulysse Gosset, très justement, disait,
08:53« Je crois que pour la première fois,
08:55je comprends une logique stratégique dans ce que fait Donald Trump ».
08:58Alors, j'ai un avis un peu différent,
09:00non pas sur la fin de la phrase,
09:01parce que je partage le point de vue d'Ulysse,
09:03mais pour dire qu'en fait,
09:04il a toujours eu des stratégies aléatoires
09:07qui s'adaptaient au moment
09:09dont on considère qu'elles sont la preuve
09:11d'une irrésolution ou de contradiction,
09:13alors que je pense que c'est simplement
09:14une tactique qui s'adapte de manière transparente,
09:17au jour le jour, à la minute la minute,
09:18et qu'on est très perturbé par le fait de voir
09:20ce qui d'habitude se cache.
09:22Mais je dirais que c'est un point de vue
09:23d'interprétation de ce que...
09:26Alors, ce qui est intéressant, c'est qu'il y a
09:26quelques minutes sur ce plateau,
09:28Alain Bauer, il y a quelques minutes sur ce plateau,
09:30il y avait le général Vincent Desportes,
09:32effectivement, qui a eu quand même,
09:33on peut le dire, Thierry, pardon,
09:35des mots très durs avec...
09:38Oui, mais les deux regards ne sont pas contradictoires,
09:41c'est-à-dire qu'effectivement,
09:44il démarre chaque journée avec une page blanche,
09:46Donald Trump, et de manière totalement pragmatique,
09:50c'est-à-dire qu'il évalue ce qu'est l'état de la situation,
09:53l'état des rapports de force,
09:55et il calibre son message, son jeu,
09:57son positionnement tactique pour la journée.
10:00Et chaque jour est une nouvelle page blanche,
10:02et on recommence.
10:03Et c'est pour ça qu'il ne faut pas avoir nécessairement
10:07de contradictions,
10:08c'est plus une succession que des contradictions.
10:11Et ces ultimatums, ces menaces,
10:14ces échéances qui viennent et qui disparaissent,
10:16s'expliquent de cette manière-là,
10:18parce qu'elles sont autant, au fond,
10:19de ballons d'essai.
10:21Il balance une date, il balance une menace,
10:24il voit comment ça retombe,
10:26et suivant la manière dont cela retombe,
10:28eh bien, il adapte,
10:30et il passe à autre chose,
10:31s'il faut passer à autre chose.
10:33Et effectivement, ce qui peut paraître déconcertant,
10:35c'est qu'il le fait de manière transparente,
10:38en effet, sans aucun complexe,
10:40sans aucune difficulté à tourner le dos
10:43le lendemain à ce qu'il disait la veille,
10:45parce qu'il considère qu'au moment
10:48où il faut pousser quelque chose,
10:51il fait le bon choix.
10:52La guerre, selon Trump, si vous voulez,
10:54c'est une partie de prêt-à-porter,
10:55une partie de sur-mesure.
10:57Toutes les guerres fonctionnent
10:58avec une logique stratégique,
10:59le but final recherché.
11:02Pour Donald Trump, c'était le désarmement de l'Iran,
11:05pas le changement de régime.
11:06Pour les Israéliens, c'était l'effondrement de l'Iran,
11:08l'élimination du régime.
11:11Pendant cinq semaines,
11:12c'était le temps qui avait été vendu
11:13par Benjamin Netanyahou
11:15pour ce qu'ils appelaient la phase 1,
11:16ils ont fait la même chose,
11:17bombardé la même chose,
11:18dans les mêmes conditions,
11:19et ils ont été un peu surpris,
11:21voire même dépassés,
11:22par la résilience du pouvoir iranien
11:23après l'effet d'aubaine,
11:24de l'élimination d'à peu près tout le monde.
11:26Et ils ont découvert la défense mosaïque
11:28et le système qui a été mis en place
11:30il y a 20 ans,
11:31dans le cadre d'une guerre attendue
11:32et préparée par les Iraniens.
11:34C'est-à-dire qu'il n'y a pas un pouvoir iranien,
11:35il y en a 31,
11:37décentralisés,
11:38avec des remplaçants en 3, 4, 5 catégories,
11:40et ils ont été très surpris
11:41de la résilience du système.
11:44Mais deuxièmement,
11:45Donald Trump, lui,
11:45il change non pas tous les jours,
11:47plusieurs fois par jour,
11:49c'est un peu ce qui nous perturbe,
11:50mais il le fait de manière directe.
11:51Alors que d'habitude,
11:53le politicien classique vous dit
11:54« Ah non, non, j'ai pas changé »
11:56tout en changeant tout le temps,
11:57mais il ne vous le dit pas.
11:58Puis à la fin,
11:58quand il écrit ses mémoires,
11:59il dit « Alors là,
12:00si vous saviez ce que j'ai fait,
12:02oulala, tel jour,
12:02j'ai changé trois fois d'avis,
12:04je me suis énervé,
12:05j'ai viré mon chef d'État-major. »
12:07Parce que la guerre,
12:07ça change tout le temps,
12:09tout le temps.
12:09Mais l'objectif final est connu.
12:11Le drame pour l'option de Donald Trump,
12:12c'est qu'on a senti vaciller
12:14l'option finale
12:16à cause de la révolte des Iraniens
12:18très tôt en janvier,
12:20alors qu'elle n'était pas attendue aussitôt,
12:22qui a éliminé la plupart des leaders
12:24de la contestation,
12:26soit tués, soit emprisonnés,
12:28et dont certains sont encore
12:29éliminés au jour le jour
12:31dans des pseudo-procès.
12:32Deuxièmement,
12:33qu'ils n'ont plus d'interlocuteurs
12:34parce qu'ils ne arrivent pas
12:35à les identifier.
12:36Nous, on a mis un temps infini
12:37à imaginer et à comprendre,
12:39ce sera peut-être l'objet
12:40d'un prochain livre,
12:41que c'est le cercle Habib
12:43qui dirige l'Iran,
12:43qu'il y a eu un coup d'État,
12:45qu'il n'y a plus de monarchie
12:46au sens historique du terme,
12:48un chef religieux
12:50et un équilibre
12:51entre pouvoir civil
12:51et pouvoir militaire.
12:53Depuis l'élimination
12:54de l'Ayatollah Raménaï,
12:55et peut-être même
12:56au moment de son élection,
12:57il y a eu un rééquilibrage
12:59et désormais,
12:59les gardiens de la révolution
13:00contrôlent tout,
13:01mais pas tous les gardiens
13:02de la révolution.
13:02Une partie de gardiens
13:03de la révolution appartenant
13:05à une division spécifique
13:06qui a fait la guerre
13:07contre l'Irak
13:08et qui se réunit en secret
13:10et qui dirige
13:10une espèce de comité secret
13:13de gardiens de la révolution
13:14qui a profité
13:15de l'élimination
13:15de tout le monde
13:16pour dire que c'est que nous.
13:17Et donc, vous regardez
13:18tous ceux qui sont au pouvoir
13:19aujourd'hui,
13:20toute la ligne de direction
13:21encore survivante,
13:22ils appartiennent tous
13:23à ce cercle-là.
13:24Les seuls qui n'y appartiennent
13:25pas sont les civils,
13:26le président Pézeskian,
13:27le ministre des Affaires étrangères,
13:28etc.
13:29Donc, vous voyez bien
13:30que dès qu'ils sortent
13:30un millimètre hors du champ prévu,
13:34ils se font rappeler à l'ordre
13:35et dans des termes
13:35que je qualifierais
13:36d'aussi grossiers
13:37que Donald Trump,
13:37comme quoi tout le monde
13:38sait se servir du juron
13:40et de l'insulte
13:41quand il s'est nécessaire.
13:42Ce n'est pas un trumpisme
13:43en particulier.
13:45Évidemment.
13:46Et ce qui est intéressant,
13:47c'est de voir effectivement,
13:47vous parler de cette nouvelle génération
13:49de gardiens de la révolution,
13:50mais pas que.
13:51Ce n'est pas une nouvelle génération,
13:52ils ont 70 ans.
13:53Ils sont de la guerre Iran-Irak.
13:55ils ont réussi quand même
13:56à embrigader des jeunes,
13:59pour le coup.
13:59Toujours.
14:00Toujours.
14:00Mais on a l'impression
14:01qu'ils sont de plus en plus radicaux,
14:03surtout quand on voit ces images.
14:05Non, ils sont radicaux,
14:05pragmatiques, corrompus.
14:06C'est un truc un peu particulier.
14:07Radicaux, pragmatiques, corrompus
14:08et prêts à tout.
14:09Quand on voit ces images
14:10qui montrent effectivement
14:11l'emblème de cette guerre asymétrique,
14:13de ces gardiens de la révolution
14:15sur une petite vedette,
14:16comme ça qu'ils s'attaquent
14:17à un navire commercial,
14:20elles sont assez impressionnantes.
14:21Alors évidemment, c'est de la propagande,
14:23on vous a épargné la musique épique.
14:25C'est dommage.
14:26Qu'est-ce qu'elles disent,
14:27ces images ?
14:28Qu'est-ce qu'elles révèlent ?
14:28Ces images-là ne disent pas grand-chose.
14:30Ce qui était beaucoup plus impressionnant,
14:31c'est l'essaim de vedette.
14:33C'est une vedette
14:33qui attaque un bateau commercial
14:35tout seul au milieu de nulle part.
14:36Les outils font ça depuis toujours.
14:37Et quand Peter Epitexed dit
14:39« Ce sont des pirates »,
14:40c'est de la piraterie.
14:41Mais alors,
14:42elle a quelques centaines d'années
14:44la piraterie en question.
14:45Non.
14:45Ce qui était nouveau,
14:46c'est l'essaim.
14:46L'essaim de drones
14:48et l'essaim de vedette,
14:49c'est-à-dire la quantité,
14:51le processus qui s'appelle
14:52la masse contre la technologie.
14:53Les Chinois,
14:55comme les Iraniens,
14:56ont compris qu'on pouvait avoir
14:57la masse et la technologie.
14:59Et que l'essaim,
15:00l'essaim de guêpes,
15:01l'essaim d'abeilles,
15:02la flotte moustique.
15:02On appelle ça d'ailleurs
15:03la flotte moustique.
15:04La flotte moustique,
15:04vous prenez ça comme vous voulez,
15:05sont des éléments
15:06qui perturbent massivement
15:07les bâtiments lourds,
15:10compliqués,
15:11qui sont le cœur
15:13des flottes modernes
15:14de la guerre d'avant.
15:15L'Ukraine a démontré
15:17en liquidant la flotte russe
15:18dans la mer Noire
15:19et en faisant des combats
15:20de drones
15:21contre les Russes
15:23sur son territoire
15:24que tout avait changé.
15:26Mais nous,
15:26on a le plus grand mal
15:27à s'adapter à ce changement.
15:28Notre modèle
15:29est une guerre
15:30de gros porte-avions.
15:31Alors,
15:31ce n'est pas qu'il n'en faut pas.
15:32Les Chinois,
15:33par exemple,
15:33ont des porte-avions
15:34mais ils ont surtout
15:35des porte-drones.
15:36La démonstration des Chinois
15:37le 1er septembre dernier
15:38en disant,
15:39alors non seulement
15:40on a des prototypes
15:40mais on a des milliers
15:42et des dizaines
15:44de milliers de drones
15:45et donc,
15:45quelle que soit
15:46la qualité de vos défenses,
15:47on va la saturer,
15:49montre que nous pouvons
15:50vous infliger des dommages
15:51tels qu'à votre place,
15:53nous,
15:54on n'irait pas à Taïwan
15:55le jour où on décidera
15:56de récupérer Taïwan.
15:58Les Ukrainiens,
15:59les Iraniens
16:00ont la même politique,
16:01la même logique,
16:02la même système
16:03de décentralisation,
16:05l'adaptation à la technologie,
16:06la dronisation,
16:07la décentralisation,
16:08la myrvisation,
16:09plusieurs objectifs
16:10pour un seul opérateur,
16:12ce qu'on a vu
16:12dans les...
16:13ce qui a fait le plus
16:14de dégâts en Israël,
16:15c'est pas quand on arrive
16:16à intercepter un missile,
16:17ça c'était bien,
16:18c'est quand le missile
16:19est à tête multiple,
16:20à fragmentation.
16:21Et on a vu que même
16:22quand il était intercepté,
16:23comme on l'interceptait
16:23relativement tard,
16:24il provoquait beaucoup
16:25de dégâts du fait
16:26de l'effet secondaire
16:27de l'interception,
16:28ce qui a changé
16:29le système d'interception.
16:30La guerre est un
16:32perpétuel recommencement
16:33entre le glaive
16:34et le bouclier,
16:34rien de nouveau,
16:35mais là nous sommes
16:36obligés d'apprendre
16:37de plus en plus vite
16:38et nous sommes très en retard
16:39ce nouveau type de guerre.
16:42Alors sur le nouveau
16:42porte-avions qui arrive,
16:43le troisième porte-avions,
16:44ça fait trois groupes
16:45aéronavales au Moyen-Orient,
16:47il va y avoir justement
16:48un système locuste,
16:49je ne suis pas une experte,
16:50qui a été en expérimentation
16:51à San Diego
16:52il y a quelques jours,
16:53ce qui a obligé
16:54d'interrompre l'ensemble
16:54du trafic aérien
16:56au-dessus de l'aéroport
16:57de San Diego
16:58qui n'est pas le plus petit
16:58des Etats-Unis
16:59parce qu'on ne maîtrisait
17:00pas très bien l'outil.
17:02Alors rappelez-nous
17:02tout ce que c'est ?
17:03C'est un laser anti-drone ?
17:04C'est un laser anti-drone,
17:06multi-drone,
17:06c'est-à-dire qu'il n'en vise pas un,
17:08il arrive à en connecter beaucoup
17:12et il est censé,
17:13l'expérimentation n'a eu lieu
17:15qu'une seule fois pour l'instant,
17:17faire de la destruction massive
17:18de drones.
17:19Les Anglais ont un système
17:21rapid fire je crois
17:22qui lui est à coupure de son,
17:25enfin d'émissions radio
17:27et puis les Ukrainiens
17:29et nous-mêmes,
17:30nous avons un système
17:31qui est une vieille mitrailleuse
17:33Gatling,
17:34comme dans les westerns,
17:35enfin la version moderne,
17:36qui tire beaucoup,
17:37beaucoup, beaucoup de balles
17:38à très haute cadence
17:40et qui permet de détruire
17:42un essaim de drone
17:43quand il est relativement groupé.
17:45Donc chacun s'adapte
17:46comme il veut,
17:47c'est ce que les Ukrainiens
17:48ont par exemple vendu
17:50rapidement aux Etats du Golfe
17:51et qui donne de bons résultats
17:53parce que ça coûte
17:53aussi peu cher que le drone iranien.
17:55La question que je vous pose
17:57finalement Alain Bauer,
17:58c'est quel est l'état des forces
18:00finalement ?
18:01Quand vous voyez cet essaim
18:02de petites vedettes
18:03effectivement iraniennes
18:04contre des destroyers américains,
18:06si vraiment la bataille navale
18:07d'Ormus se déclare ?
18:09Elle n'aura pas lieu.
18:10Ça, ça n'aura pas lieu.
18:11Pourquoi ?
18:11Parce que personne ne va envoyer
18:13des petites vedettes
18:14contre un porte-avions.
18:15Beaucoup de drones, oui,
18:16parce que ça peut faire
18:17des dégâts sur le pont,
18:19toucher des avions, etc.
18:21Des torpilles
18:22ou des drones sous-marins,
18:23ce qui a été expérimenté
18:24une seule fois pour l'instant
18:25dans le Golfe d'Aumans,
18:27c'est possible.
18:27Les petites vedettes,
18:30elles ne vont pas finir,
18:31pas plus que d'autres.
18:32Par exemple,
18:33quand les Ukrainiens ont attaqué
18:34les premiers bâtiments russes,
18:36c'était avec des jetskis
18:37équipés de contacteurs
18:38de portes de garage,
18:40d'un GPS
18:41et avec du Semtex dessus.
18:43Ils en envoyaient 60
18:44pour qu'une ou deux
18:45arrivent à toucher.
18:47Alors là,
18:48c'était l'effet de concentration.
18:49Tout le monde a appris
18:50désormais de ça.
18:51C'est pour ça
18:51que les bâtiments américains
18:52sont aussi loin.
18:53Ça permet de voir de très loin.
18:54Donc, les vedettes
18:55et les gros destroyers
18:56ne se rencontreront pas.
18:58Par contre,
18:58si les Américains
18:59décident de tuer
19:00un essaim de vedettes,
19:01par exemple,
19:02avec un A-10,
19:03ce qui est vraiment...
19:04Qu'est-ce que c'est un A-10 ?
19:05C'est un canon fabriqué
19:06avec un avion autour.
19:08Voilà.
19:08Avec des ailes.
19:09Voilà.
19:09C'est très puissant,
19:10très destructeur.
19:11Ils voulaient le mettre au rebut.
19:12Évidemment,
19:13ils ont décidé de changer d'avis.
19:14Comme ils ont mis au rebut
19:16leurs démineurs,
19:17évidemment,
19:17ils ont changé d'avis
19:18parce qu'ils ont vu
19:19que les mines étaient toujours là.
19:20Vous savez toujours,
19:21il y a ce moment
19:21où le fétichisme technologique
19:24prend le dessus
19:25sur l'analyse de la réalité,
19:26surtout dans les guerres
19:27dites asymétriques.
19:28Donc là,
19:28on est en train
19:29de redevenir à la réalité.
19:30Mais là,
19:31si les Américains
19:31veulent détruire
19:32un essaim de vedettes,
19:33le A-10 fait une bougie
19:35tout à fait considérable.
19:36C'est-à-dire pour ça
19:36que les sorties en question,
19:38on ne sait pas bien
19:39où elles ont lieu
19:39et à quel moment
19:40elles ont lieu.
19:40Le film de propagande
19:41est bien fait,
19:42mais il a peut-être trois ans.
19:43Ceci dit,
19:44le jour où ça a lieu,
19:45il n'y aura plus de vedettes.
19:46Par contre,
19:46un drone sous-marin
19:47peut faire de gros dégâts.
19:48Ce fut le cas d'ailleurs
19:49avec un bateau de pêcheurs
19:50dans le Destroyer Kohl,
19:51dans le golfe d'Aden,
19:52qui a été la première grande attaque
19:54de ce qu'on croit
19:55devoir appeler Al-Qaïda.
19:56Je sens que ça fera déjà
19:57un quatrième roman
19:58d'espionnage martial.
20:00Merci Alain Beauvoir
20:01d'avoir été mon invité,
20:03l'invité du club BFM ce soir.
20:04Je rappelle,
20:05intrigue à l'ONU,
20:06une mission de l'agence Mozart.
20:08Merci infiniment.
20:09Et les mots de Donald Trump,
20:10je rappelle les règles d'or,
20:12quand même,
20:12ne jamais s'excuser,
20:13ni admettre ses erreurs,
20:15en tout cas,
20:15dans la bouche.
20:16Toujours gagner.
20:17Page 19.
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