- il y a 4 mois
Arnaud Montebourg intervient chaque vendredi aux côtés de Paola Puerari pour livrer son analyse sur les grands enjeux économiques et géostratégiques, notamment en termes de souveraineté industrielle & énergétique de la France et de l’Union Européenne, au cœur de l'actualité.
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00:00C'est les 19h sur EBFM et comme chaque vendredi désormais, c'est l'heure de votre nouveau rendez-vous.
00:04Made in Montebourg avec, quelle surprise, Arnaud Montebourg.
00:07Bonsoir Arnaud.
00:08Bonsoir Paola, comment ça va ?
00:09Je n'ose pas vous demander si vous allez mieux que la France, mieux que le monde, ça c'est
00:13une évidence.
00:14Mieux que le monde, ça c'est ça.
00:15Mieux que le monde, je rappelle que vous êtes ancien ministre de l'économie,
00:17qu'aujourd'hui vous êtes retiré de la vie politique et que vous êtes entrepreneur.
00:21Effectivement, on l'a vu lors de cette édition spéciale, le monde est bloqué,
00:26l'économie est bloquée à cause de ce détroit dormuse.
00:28Évidemment, les Français en font les prix, ils le voient bien à la pompe avec la montée des carburants,
00:35mais on apprend aujourd'hui qu'on pourrait être en pleine pénurie de kérosène
00:39et ça c'est une nouvelle très intéressante qui menace les vacances des Français.
00:43Le cours du kérosène est passé, un petit chiffre quand même, de 750 dollars la tonne à 1900 dollars.
00:52Donc vous allez avoir des compagnies aériennes qui ne vont pas pouvoir continuer à assurer leur vol,
00:56d'abord parce qu'elles vont sortir des prix de marché acceptables et tous les longs courriers sont en train
01:01d'être menacés.
01:02Donc vous avez en temps normal une compagnie aérienne à 20% de coûts d'exploitation liés au kérosène,
01:09ça passe à 45%, presque la moitié.
01:11Donc Air France, résultat annoncé qu'il est possible, s'il y a prolongation du blocage du détroit dormuse,
01:18que 45% sur ces vols sur l'Asie sont menacés.
01:23L'Italie vient de décider le rationnement dans les aéroports.
01:27Et les compagnies aériennes sont tout à fait libres de voler,
01:30donc il est possible que les vacances des Français lointaines soient menacées.
01:36Je vais vous dire, écoutez, moi j'ai décidé depuis plusieurs années d'emmener mes enfants dans le plus beau
01:42pays du monde,
01:42le leur, je leur dis allez visiter la France, c'est comme ça qu'on va s'organiser.
01:46Mais c'est la situation dans laquelle aujourd'hui les compagnies aériennes anticipent les scénarios.
01:53Évidemment, le plus beau pays du monde c'est le nôtre, Arnaud Montebourg évidemment,
01:58mais on pense à tous ces Français qui ont de la famille à l'étranger,
02:00ça veut dire qu'aujourd'hui moi si je prends mon guide avion,
02:03j'hésite à cliquer parce que peut-être il va y avoir une pénurie.
02:07Regardez l'alerte qui est tombée effectivement de l'Agence internationale de l'énergie,
02:10l'Europe n'a peut-être plus que 6 semaines de kérosène,
02:14ça veut dire qu'on va vers une paralysie totale de la France cet été.
02:18Pour l'instant, les prix sont en train de flamber dans les billets d'avion
02:21puisqu'il y a une surcharge de 100 euros sur les vols long courrier,
02:26c'est plus 130 euros sur Paris-New York, aller-retour,
02:29et plus 30 euros sur tous les vols européens.
02:31Donc on voit bien que, sur la plupart des compagnies, j'allais dire, historiques,
02:36donc on voit bien que les prix sont en train de s'envoler là aussi.
02:39Donc il y a un moment, quand les prix sont trop élevés,
02:42la clientèle va descendre et les vols, les compagnies vont annuler les vols.
02:45Donc c'est probablement, en cas de prolongation du scénario, ce qui va se passer.
02:49Et qu'est-ce que peut l'Union européenne alors pour nous protéger ?
02:52Si l'Union européenne était capable de résoudre nos problèmes, on le saurait.
02:56Comme vous le savez, j'ai pris quand même quelques habitudes critiques,
03:00et bien nécessaires car l'Union européenne...
03:05Ça ne m'a pas étonné.
03:06Devant l'Histoire, c'est de servir les peuples européens.
03:09Pour le moment, elle les dessert.
03:10Donc c'est normal qu'on exerce la critique,
03:13qu'on lui demande de se réformer, de se transformer.
03:15Ce n'est pas le cas.
03:16Donc si Bruxelles avait une solution, on l'aurait su.
03:19Pour le moment, il n'y en a pas.
03:19Ils vont faire des colloques, des réunions, peut-être des rapports.
03:22Il y a eu le rapport Draghi, il y a eu le rapport l'État.
03:24Il y a eu beaucoup de rapports.
03:26Il n'y a jamais de décision.
03:28Donc écoutez, ne comptons pas sur Bruxelles,
03:30et débrouillons-nous autrement.
03:31Et pourtant, Bruxelles a quand même proposé à tous les pays européens
03:35effectivement de rationner, de mutualiser leur kérosène.
03:38Évidemment, elle veut mettre un coup d'accélération sur la transition verte
03:42pour les vols à mobilité durable aussi.
03:45Mais j'ai aussi lu qu'elle évoque la possibilité
03:46d'importer du kérosène alternatif depuis les États-Unis.
03:49Oui, c'est ça.
03:50C'est-à-dire qu'en fait, le fauteur de troubles est remercié pour ses efforts.
03:55Ça a toujours été la politique atlantiste de la commission de Bruxelles.
03:58Quant à la mutualisation du kérosène,
04:01faudrait-il encore qu'il y en ait suffisamment ?
04:02On peut mutualiser du rien, mais cela ne nous mène pas très loin.
04:07Donc on n'a pas de grande solution si les difficultés se poursuivent.
04:12On a peut-être une solution pour ceux qui se le permettent,
04:15parce qu'effectivement, on voit bien que le carburant ne baisse pas,
04:18ou en tout cas pas suffisamment,
04:20et que le baril du pétrole est encore remonté aujourd'hui de 5%
04:23après la possibilité de reprise de frappe américaine.
04:28On peut prendre la voiture.
04:30Alors si on prend la voiture, ça va vous coûter une fortune.
04:32On a préparé un petit tableau, Arnaud,
04:34pour montrer que les péages ont augmenté chaque année,
04:36sans exception.
04:37C'est-à-dire 2023, plus 4%,
04:392024, plus 3%,
04:412025, 0,92%,
04:432026, encore un petit coup, un pari-lion aujourd'hui.
04:46Un aller-retour, c'est 80 euros.
04:48Et Arnaud, c'est ce soir, c'est votre plaidoyer.
04:51Non, effectivement.
04:52Effectivement, dans cette période où chaque euro compte pour nos compatriotes,
04:57la question des péages autoroutiers revient sur le devant de la scène.
05:02Je rappelle que ce sont nos autoroutes qui ont été privatisées par Dominique de Villepin,
05:08alors qu'il était Premier ministre en 2006,
05:10et les autoroutes ont été cédées pour 14 milliards d'euros
05:15et ont rapporté comme profit dans la poche de ceux qui sont les actionnaires de ces compagnies privées,
05:22rapporté 76 milliards, 5 fois plus,
05:26avec un bénéfice net de 24%, c'est du jamais vu,
05:30ce qui fait que ces autoroutes construites,
05:33entretenues, étendues avec le travail et la sueur des Français
05:36sont devenues une rente en or massif pour les concessionnaires privés.
05:40Et c'est d'ailleurs exactement ce qui se passe à chaque fois qu'on privatise un monopole.
05:44Le monopole permet d'abuser de la situation,
05:47personne ne peut le contredire, il n'y a pas de concurrence.
05:49Et une commission d'enquête sénatoriale,
05:52un rapport de l'Inspection générale des finances,
05:54un autre de la Cour des comptes,
05:56ont toutes convergé vers le même résultat,
05:59la rentabilité des compagnies privées autoroutières est trop élevée.
06:04Il y a même certains professeurs de droit qui ont expliqué
06:07que les concessions pouvaient être juridiquement reprises par l'État pour 1 euro,
06:13écoutez bien,
06:14afin d'éviter ce que certains dirigeants politiques appellent
06:16le racket des automobilistes,
06:18ce qui n'est pas tout à fait faux,
06:19c'est un terme un peu excessif,
06:21mais ce n'est pas tout à fait faux,
06:23car le droit du service public et des concessions publiques
06:27interdit la surrentabilité des concessions de services publics.
06:30Car oui, les autoroutes en France et en Europe sont des services publics.
06:34Alors, reprendre les autoroutes, c'est-à-dire les nationaliser,
06:37les reprendre dans le giron de l'État,
06:39c'est une bonne idée,
06:40non pas pour instituer, comme certains le préconisent, la gratuité,
06:44mais pour assurer que la manne des péages
06:46ne part pas en dividende,
06:48mais s'investit dans le reste du réseau routier,
06:51qui n'est pas concédé, qui est gratuit,
06:53ou dans la modernisation des lignes ferroviaires.
06:55Je pense à tous les usagers de la ligne Paris-Limoges,
06:58qui n'arrivent pas à avoir des trains qui arrivent à l'heure, par exemple.
07:01Alors, le gouvernement, le corps nu, a choisi d'attendre la fin des concessions,
07:05c'est-à-dire de 2032 à 2037,
07:07pour répartir autrement la manne des péages.
07:09Donc, ils attendent la fin des contrats.
07:11Donc, les automobilistes vont devoir payer encore
07:15pendant entre 6 et 11 ans,
07:17avec des péages excessifs dans la main des concessionnaires privés.
07:19Et on voit bien que certains Français commencent à se rebeller, Arnaud,
07:23puisqu'il y a eu une action collective de Français devant le Conseil d'État.
07:28Alors, une association, effectivement, des usagers de la route,
07:32là-dedans, vous avez les professionnels de la route,
07:34les sociétés de transport,
07:36comme des particuliers, ont décidé de passer à l'attaque
07:38et demandent en justice le remboursement rétroactif sur 5 années
07:42des péages surfacturés.
07:44Et ils engagent une procédure d'action de groupe,
07:46ça veut dire qu'en fait, vous vous groupez comme victime
07:49pour obtenir derrière un seul avocat,
07:53une seule procédure, un seul tribunal,
07:55pour obtenir la réparation d'un préjudice collectif.
07:59Ça en coûtera à une entreprise de transport 700 euros,
08:03à un particulier 35 euros.
08:05Donc, c'est accessible à n'importe qui,
08:08pour tous ceux qui considèrent qu'ils ont été victimes
08:11de ces surfacturations.
08:13Je rappelle que l'Inspection générale des finances
08:14considère que les péages sont surévalués à hauteur de 58%.
08:18Alors, comme souvent, en l'absence d'action d'un gouvernement,
08:21la société s'organise pour obtenir justice et application du droit.
08:26Alors là, pour ceux qui sont intéressés,
08:27il s'agit de la plateforme MyLeo,
08:30M-Y-L-E-O,
08:32qui a déjà engagé des actions de groupe
08:33sur les airbags Takata, que vous connaissez,
08:36ou les moteurs PureTech.
08:37Et d'ailleurs, je pense qu'en ce qui me concerne,
08:40je vais moi-même demander le remboursement personnel
08:42de mon trop perçu comme automobiliste.
08:44Et d'ailleurs, je vais vous dire s'il y avait...
08:46Mais devenez leur avocat, Arnaud, vous avez été avocat,
08:48que vous pourriez porter ce combat ?
08:50Je suis sensible à ce combat.
08:52Je considère que la plaisanterie est assez durée.
08:54Et nous sommes là en excès de pouvoir
08:56et en excès de profit
08:58de la part des compagnies privées autoroutières.
09:01D'ailleurs, le gouvernement Lecornu
09:03aurait pu prendre la décision
09:04de bloquer les tarifs
09:06de façon unilatérale, au moins jusqu'à la fin des concessions.
09:08Au moins pour garantir le pouvoir d'achat des automobilistes.
09:11C'est une décision, d'ailleurs,
09:12j'en appelle au gouvernement.
09:14C'est peut-être ce qu'il faut faire maintenant,
09:16en plus du remboursement du trop perçu.
09:18Parce que ça aussi,
09:19ce sera un préjudice qu'il faudra traiter.
09:22Eh bien, on invite officiellement
09:23le ministre des Transports
09:24à venir vous répondre, effectivement,
09:26plutôt que de bloquer les prix de l'essence.
09:27Est-ce que déjà, on pourrait bloquer
09:28les prix des péages,
09:30sachant que peut-être
09:30vous ne pourrez pas prendre l'avion cet été ?
09:32Beaucoup de mauvaises nouvelles.
09:33Mais une bonne nouvelle, finalement,
09:35dans l'actualité aussi cette semaine.
09:36Emmanuel Macron
09:37était dans l'allié Conseil des ministres
09:39délocalisé mercredi à Montluçon,
09:42inauguration d'une mine de lithium.
09:44Vous allez nous dire
09:44pourquoi c'est important,
09:46le lithium,
09:46pour être souverain, Arnaud.
09:48Et Emmanuel Macron
09:49a fait une grande, grande annonce.
09:52C'est la méthode Notre-Dame de Paris.
09:55Ce n'est pas compliqué.
09:56C'est-à-dire un projet identifié,
09:59une chaîne de commandement claire,
10:01des gens à qui on rend compte
10:03et des délais records
10:04qu'on doit tenir.
10:05C'est la méthode Notre-Dame de Paris.
10:07150 grands projets stratégiques,
10:0971 milliards d'investissements,
10:11des cathédrales industrielles.
10:13La formule est jolie,
10:14mais c'est un coup de com'
10:15ou vraiment on se réjouit ?
10:17D'abord, il faut se réjouir
10:18que les problèmes
10:19de blocage administratif
10:22et judiciaire de notre pays
10:23soient traités.
10:25Aujourd'hui,
10:25pour construire un poulailler,
10:27il faut entre 3 et 5 ans.
10:28Un poulailler.
10:29C'est-à-dire à peu près autant
10:30pour réparer Notre-Dame de Paris.
10:32Donc on voit bien
10:33qu'il y a un problème
10:33avec la multiplication des normes
10:35et aucune des initiatives
10:37qui ont été prises
10:38par tous les gouvernements,
10:39quels qu'ils soient,
10:40n'ont produit leurs effets.
10:42Donc quelle est la situation ?
10:44On a besoin de réindustrialiser
10:46et pour bâtir une usine simple,
10:50mais qui produit de la richesse
10:52sur le territoire,
10:53permet de financer nos besoins publics,
10:57parce qu'elle paie des impôts,
10:59embaucher les personnes
10:59qui travaillent autour,
11:01je pense à ce monsieur Le Duff,
11:03Bridor.
11:03Or, il a obtenu des autorisations
11:07en 2021
11:08pour construire une usine
11:09à Liffret près de Rennes
11:10pour produire des brioches,
11:13du pain brioché.
11:15Il y a eu des recours.
11:17Ça le menait à 2027
11:18avec les deux ans de travaux.
11:19Donc il a dit,
11:20j'abandonne.
11:20Il est allé construire son usine
11:23au Portugal
11:24et en Allemagne.
11:25Est-ce que franchement,
11:26on ne marche pas sur la tête ?
11:28Alors, c'est un décret
11:30qui vient d'être pris
11:30par le gouvernement,
11:31qui a été annoncé
11:32par le président de la République,
11:33qui dit,
11:34il y a un chef de projet
11:36qui dispose du pouvoir
11:37de déroger
11:37à toutes les règles absurdes
11:39et un calendrier impératif
11:40qui permet de réduire
11:42les délais de construction
11:43de l'ensemble des projets
11:45structurants,
11:46pas les petites choses,
11:48mais quand même,
11:49vous appelez ça
11:49les cathédrales industriels,
11:51en tout cas,
11:51quand on a besoin
11:52de construire une usine,
11:53aujourd'hui,
11:53on n'y arrive pas.
11:54Moi-même,
11:55j'en ai construit
11:56dans la compagnie
11:57des amendes
11:58que je dirige
11:59et que j'ai fondées.
12:00Ça a été quand même
12:01une galère.
12:02Et, en vérité,
12:03c'est un décret
12:04qui vient limiter
12:05les recours.
12:06Vous êtes obligés
12:07de prendre un avocat,
12:08on n'était pas obligés,
12:09vous êtes obligés
12:10d'aller en cours
12:10administratif d'appel
12:11tout de suite,
12:12il n'y a pas
12:12deux degrés de juridiction,
12:13et en plus,
12:14vous êtes obligés,
12:15vous avez deux mois
12:15pour tout dire.
12:16Donc, aujourd'hui,
12:18le Code de l'environnement
12:19est passé
12:19de 1 000 à 3 000 articles,
12:21vous avez des doublons,
12:22des triplons
12:23dans les procédures,
12:24nous avons là
12:26une loi de simplification
12:27qui est un pas
12:29intéressant en avant,
12:30il faut le saluer.
12:31Une loi de simplification,
12:32c'est très bien.
12:33Dommage que ça n'ait pas
12:34été étendu
12:35pour tous les polayers
12:36de France.
12:37Effectivement,
12:38on va continuer
12:38à parler
12:40de la situation
12:42dramatique,
12:42on peut le dire,
12:43catastrophique,
12:44économique,
12:44puisque la guerre en Iran
12:45a une addition
12:46très salée,
12:47selon Sébastien Lecornu,
12:49selon Bercy
12:49et Roland Lescure,
12:50eh bien,
12:51elle coûterait déjà
12:51aux Français
12:526 milliards d'euros.
12:54Va-t-on vers des coupes
12:55budgétaires ?
12:55On va en débattre
12:56ce soir avec Raquel Garrido.
12:58Bonsoir,
12:59venez de nous rejoindre
12:59ancienne députée
13:00cofondatrice
13:01du mouvement
13:02L'après.
13:02est-ce que,
13:03selon vous,
13:05Arnaud,
13:05on va vers une nouvelle
13:06cure d'austérité ?
13:07Est-ce qu'on n'a pas
13:08le choix que de faire
13:09là des économies ?
13:10Austérité,
13:11je ne crois pas.
13:12Nous sommes devant
13:13une situation
13:13où le gouvernement
13:15annonce,
13:16et d'ailleurs,
13:16ça a été validé
13:17par le comité
13:18d'alerte
13:18des finances publiques,
13:19c'est une institution
13:20interne à Bercy,
13:21qui examine
13:23les dérapages
13:24par rapport
13:24à l'autorisation
13:25budgétaire
13:25donnée par le Parlement.
13:26Vous savez dans
13:27quelles conditions
13:27a été voté
13:28ou presque pas voté
13:29le budget
13:31de cette année
13:32et qu'est-ce qu'on constate ?
13:33Il y a 1 milliard
13:34de dépenses militaires
13:35supplémentaires
13:36liées à la guerre,
13:37donc ça c'est
13:37des dépenses en plus,
13:38et 3 milliards 6
13:39qui sont liées
13:40au surcoût
13:41lié à la dette.
13:42Donc la dette,
13:43c'est l'augmentation
13:44du taux d'intérêt,
13:460,7% de plus,
13:47ça fait 3 milliards 1,6.
13:49Donc le budget
13:50qui a été voté
13:50est quasiment par terre.
13:52Donc qu'est-ce qu'on fait ?
13:53Est-ce qu'on se contente
13:55de dire
13:56que ce n'est pas grave
13:56comme d'habitude ?
13:57En vérité,
13:59quand on regarde
13:59les charges d'intérêt,
14:00je le dis ici
14:01parce que c'est un sujet intéressant
14:02pour y compris
14:03ceux qui aspirent
14:04à gouverner le pays
14:05autrement,
14:07contrairement à ce qui a toujours
14:08été fait depuis
14:08de très nombreuses années,
14:10la charge d'intérêt
14:11était de 60 milliards
14:13en 2024.
14:15Aujourd'hui,
14:15elle est de 74 milliards
14:17en 2026.
14:18Ça veut dire
14:19qu'aujourd'hui,
14:20nous avons une progression
14:22de la charge
14:22de la dette
14:23qui absorbe
14:23tous les efforts budgétaires
14:24parce que
14:25les efforts budgétaires
14:26du budget
14:26qui a été quasiment
14:28ou mal voté,
14:29c'était 16 milliards.
14:30Donc là,
14:31vous en avez déjà
14:316 qui viennent
14:33de disparaître,
14:34de partir en fumée.
14:35Donc on a un petit effet
14:36boule de neige,
14:36c'est-à-dire que maintenant,
14:37on crée les impôts
14:38pour payer la dette
14:41sur les recettes
14:42qu'on n'avait pas avant
14:43et les dépenses excessives
14:44qu'on a acceptées.
14:45Donc on va être obligé
14:46de couper,
14:47selon Arnaud Montebourg.
14:49Raquel Garrido,
14:50est-ce que vous arrivez
14:51à la même conclusion ?
14:52J'en arrive à la conclusion
14:54que quand,
14:54au moment de la discussion
14:55budgétaire,
14:56on nous dit
14:57qu'il faut couper
14:58tout azimut,
14:59en vérité,
15:00en réalité,
15:01quand on applique
15:01ces coupes-là
15:02à l'économie réelle,
15:04on s'aperçoit
15:05que ça n'a pas
15:05l'effet escompté
15:06parce que ça peut aussi
15:07avoir un effet récessif
15:08finalement,
15:09un effet déprimant
15:11sur l'économie
15:12qui, en réalité,
15:14nous auberge
15:15le fait de pouvoir
15:16avoir de nouvelles
15:16recettes fiscales,
15:17de nouvelles cotisations,
15:18etc.
15:18Je vais vous donner
15:19un exemple
15:19qui va vous paraître
15:20tout à fait,
15:21peut-être anecdotique
15:22par rapport
15:22aux quantités en jeu,
15:24mais qui,
15:24pour moi,
15:25montre bien
15:25l'absurdité
15:26de l'obsession
15:29de l'austérité.
15:31Il existe une taxe
15:33du Centre national
15:34de la musique.
15:35Le Centre national
15:35de la musique,
15:36si vous êtes aujourd'hui
15:37producteur de spectacles
15:38vivants,
15:39vous faites un spectacle
15:39de variétés
15:41ou de musiques
15:42actuelles,
15:43il y a 3,5%
15:45du prix du ticket
15:47qui repart au CNM.
15:49Ça, c'est prévu
15:50par la loi.
15:51Sur cet argent-là,
15:53vous,
15:53vous pouvez en récupérer,
15:54vous êtes producteur
15:55de spectacles.
15:5660% au titre
15:57d'un droit de tirage.
15:58Et il y en a 40%
15:59qui vont être recirculés
16:01dans l'industrie
16:02pour les plus petits.
16:03Ceux qui font venir
16:05le public,
16:05qui organisent les concerts,
16:06qui font vivre l'économie,
16:08récupèrent ce droit
16:09de tirage
16:09pour leurs futures activités
16:12et redistribution.
16:13Ça marche bien.
16:14Sauf que quoi ?
16:15Le gouvernement,
16:16parce qu'il vous fallait
16:16faire des économies,
16:17a dit en 2018,
16:19on plafonne
16:20ce que le CNM
16:21peut recueillir
16:22et tout euro
16:24au-delà
16:25de 58 millions
16:26recueilli
16:27en recettes de taxes
16:28va revenir
16:29100% à l'État.
16:30Mais le droit de tirage
16:32persiste
16:32pour le producteur.
16:34Donc, par exemple,
16:34vous avez Céline Dion
16:35qui va venir cette année
16:36à Paris.
16:37Paris est une très belle place
16:38d'accueil des grandes stars américaines.
16:40Toutes nos infrastructures,
16:41ça marche bien.
16:42Donc, les grands tourneurs mondiaux,
16:44AEG,
16:44Live Nation,
16:45viennent à Paris.
16:46Ça va encaisser
16:47beaucoup de recettes.
16:48Et du coup,
16:48le CNM va devoir payer
16:50à Live Nation,
16:51à AEG,
16:51les 60%
16:52parce que l'État a pris
16:54tout à partir
16:55de 58 millions d'euros.
16:57Il y a un effet ciseau
16:58qui est absurde,
16:59en fait.
16:59Et ça veut dire quoi ?
17:00Ça veut dire que l'argent investi
17:01pour les 40% là,
17:03pour l'économie
17:05du secteur.
17:06Peut-être que c'est en cause.
17:07Peut-être que les Américains,
17:08les AEG,
17:09ne voudront plus venir
17:10parce qu'ils vont dire
17:11mais attendez,
17:11moi je paye
17:123,5% de taxes
17:13et si je ne vois pas
17:14la couleur de ce que j'ai payé,
17:16pourquoi je le paye ?
17:16C'est qu'on détricote
17:17le consentement à l'impôt,
17:19on détricote des secteurs
17:20qui sont des secteurs
17:21qui génèrent de l'emploi
17:23et c'est un exemple,
17:24c'est un tout petit exemple
17:25de quelque chose
17:25qui ne marche pas.
17:26On marche sur la tête,
17:28c'est votre expression,
17:29là on marche sur la tête
17:30et c'est bien la preuve
17:31que si on prend tout
17:32sous l'angle de juste
17:33on coupe,
17:34il faut absolument couper,
17:36en fait on fait des erreurs
17:37et la vérité c'est qu'il y a
17:38des choses à faire,
17:40le peuple français,
17:41les travailleurs français
17:41ont des choses à faire
17:42et il ne faut plus
17:45orienter sur l'activité économique.
17:47Bien compris,
17:47la responsabilité des élus
17:49c'est quand même
17:51d'équilibrer un peu les comptes.
17:52Pourquoi ?
17:52Parce que sinon
17:54on se retrouve en situation
17:55où il n'y a même plus
17:56de politique.
17:57Parce que quand les intérêts
17:58sont le premier budget,
18:00je rappelle que le premier budget
18:01c'est la défense,
18:0257 milliards,
18:03là la charge d'intérêt
18:0474 milliards.
18:05Quand on a 74 milliards
18:06de charges d'intérêt,
18:07c'est-à-dire qu'on n'a plus
18:08de marge de manœuvre
18:09dans un budget.
18:09Donc il va falloir
18:10prendre des décisions.
18:12Alors j'entends bien
18:12que tout le monde
18:14a sa position,
18:15il y a un tel,
18:16un autre,
18:17tous les élus ont des positions.
18:18J'ai été président
18:19d'un département.
18:20À un moment on a eu
18:21un effondrement des recettes
18:22fiscales parce que c'était
18:23la crise de 2008-2009.
18:24Il n'y avait plus d'argent
18:25qui rentrait dans les caisses
18:26sur les transactions immobilières.
18:27On s'est retrouvé,
18:29et d'ailleurs,
18:29qui était mon directeur
18:30à l'époque ?
18:31C'était M. Boris Vallot
18:33qui maintenant
18:34est pour un certain
18:35nombre de choses.
18:36La décapitalisation.
18:38Bon, il veut nationaliser,
18:39il a parfois tout à fait raison,
18:40c'est ce que je veux faire
18:41sur les autoroutes.
18:42Le sujet n'est pas
18:42un sujet idéologique,
18:44pour moi il est assez pragmatique.
18:45Mais franchement,
18:46qu'est-ce qu'on a fait ?
18:47On a diminué
18:48les dépenses de 10%
18:50sur un budget
18:50d'un demi-milliard.
18:52Je dois vous dire,
18:52tous les élus étaient contre.
18:54Tous.
18:54Et on a pris ligne à ligne,
18:56on a travaillé.
18:57Au bout d'un moment,
18:58c'est vrai,
18:58on n'y arrivait pas
18:59parce que tout le monde
19:00était toujours contre.
19:01Je n'avais plus de majorité,
19:02l'opposition me tapait dessus,
19:03on n'avançait pas.
19:05Je lui ai dit,
19:05écoutez,
19:05vous trouvez un autre président
19:06pour mettre le département
19:07sous tutelle.
19:08Et là,
19:09ils ont tous voté.
19:10Et qu'est-ce qu'on a fait avec ça ?
19:11On est allé devant le peuple,
19:12les citoyens de mon département,
19:15magnifique,
19:15la Saône-et-Loire,
19:20parce que la gauche et la droite
19:24veulent choisir,
19:25pouvoir choisir et être libres.
19:27Et donc,
19:27quand on est devant le mur de la dette,
19:29et c'est le cas de la France maintenant,
19:31il faut choisir.
19:32Donc,
19:32il faut faire un petit effort.
19:34Mais bien sûr,
19:34mais qui doit faire cet effort ?
19:36Tout le monde.
19:37C'est tout l'enjeu.
19:37C'est pas le principe,
19:38c'est tout le monde.
19:38Oui, mais il y en a.
19:39Oui, bien sûr.
19:40Bah oui, tout le monde.
19:41Bien sûr,
19:42d'abord en fonction de ses capacités
19:44et aussi pour rectifier
19:45un certain nombre
19:46d'aberrations fiscales
19:47qui existent aujourd'hui en France.
19:48et une aberration
19:50qui a été parfaitement décrite
19:51par Gabriel Zuckman,
19:53l'économiste,
19:53c'est que
19:54pour les très très grands patrimoines
19:56en France,
19:57en fait,
19:57vous êtes pratiquement
19:58dans un paradis fiscal.
19:59Il y a en France
20:0053 milliardaires,
20:021500 foyers fiscaux
20:03qui possèdent
20:04plus de 100 millions d'euros.
20:06Le milliardaire,
20:07le 1er janvier,
20:08il va se coucher,
20:09il va dormir.
20:10Le 31 décembre,
20:11il n'a pas levé le petit doigt,
20:12il a 1 milliard 100 millions
20:13et en plus,
20:14il ne veut pas
20:14qu'on prenne 2%
20:15de ce patrimoine-là.
20:16Donc, évidemment,
20:18si aujourd'hui,
20:19on mettait en place
20:20cette taxe Zuckman,
20:21ce n'est pas le seul levier,
20:22mais je prends celui-ci
20:22parce qu'il est très frappant,
20:23c'est-à-dire qu'il est
20:24très injuste
20:25et très contre-productif
20:26par rapport à l'énergie
20:28que les Français,
20:28eux, mettent dans leur travail.
20:30Si on prenait cet argent-là,
20:31on pourrait lancer
20:32des grands projets.
20:34Je prends un exemple,
20:34nous avons voté
20:35à l'automne 2022-2023,
20:37quand j'étais députée,
20:388 milliards d'euros
20:39pour la rénovation thermique
20:40des bâtiments.
20:41La rénovation thermique
20:42des bâtiments,
20:43c'est un chantier immense
20:44qui fait des économies
20:45pour les Français
20:46pour leur facture d'électricité,
20:47qui rend l'habitabilité,
20:49on n'est pas dans un four l'été
20:50ou dans une passoire thermique
20:52l'hiver,
20:52et ça fait du boulot.
20:54Tout ça,
20:54c'est dans l'économie.
20:56Si on avait la taxe Zuckman,
20:58parmi ce que ça pourrait...
20:59On a calculé
21:00que ça pourrait générer
21:01en activité,
21:01c'est-à-dire après,
21:02avec un peu de roulement
21:03comme ça,
21:04jusqu'à 20 milliards d'euros
21:05dans les caisses de l'État.
21:06Là, il n'y a plus besoin
21:07de coupes
21:08dans le budget social,
21:10par exemple.
21:10On a donc 2 milliards de coupes.
21:14On peut décider
21:14d'en consacrer une partie
21:15effectivement
21:16à la réduction de la dette.
21:17Moi, je ne dis pas
21:18qu'il ne faut pas
21:18produire la dette là-dessus.
21:19J'ai 100% d'accord avec vous
21:21qu'en fait,
21:22on ne sert que
21:23les marchés financiers.
21:24Je veux dire,
21:25nous sommes assujettis
21:26aux marchés financiers.
21:27J'ai le souvenir
21:28qu'à chaque fois
21:29que c'était mon ancien parti,
21:32le parti socialiste,
21:34cherchait une solution économique,
21:35à chaque problème,
21:36on créait une allocation
21:37et un impôt nouveau.
21:38C'est donc devenu
21:39le parti des impôts.
21:41J'ai noté d'ailleurs
21:42que dans le budget...
21:42C'est un peu cliché
21:43de dire ça quand même.
21:43C'est une vérité.
21:45Non mais la taxe...
21:46La taxe Jukman,
21:47j'ai connu un autre exemple
21:48qui ressemblait
21:49à une taxe Jukman bis.
21:50Elle s'appelait Hollande,
21:52celle-là.
21:52C'était les 75%
21:53de l'impôt sur le revenu.
21:54Elle était inconstitutionnelle,
21:56mais comme il fallait
21:57faire semblant,
21:58on a fait semblant
21:59de faire cette taxe
22:00puis on était bien content
22:01de dire,
22:01regardez,
22:02le conseil constitutionnel
22:03nous a empêchés de la faire.
22:03La taxe Jukman,
22:04c'est exactement la même chose.
22:06Elle n'est pas constitutionnelle
22:08et tout le monde le sait.
22:09Et tout le monde l'a analysé.
22:10Et M. Jukman a même reconnu
22:13que ça posait un certain nombre
22:14de problèmes pratiques
22:15d'application,
22:16car le constat,
22:17moi je suis d'accord avec vous,
22:18il y a un problème
22:19d'inégalité excessive,
22:21d'ailleurs dans toutes
22:22les sociétés occidentales.
22:23Voilà.
22:23Certains le résolvent autrement.
22:25Les Américains cherchent aussi
22:26des solutions.
22:27Mais ce n'est pas la taxe Jukman
22:29qui va le résoudre.
22:29Et par ailleurs,
22:31ne croyez pas
22:31qu'en tapant
22:32sur ceux qui produisent,
22:34parce que c'est quand même
22:34les outils de travail
22:35que vous tapez,
22:36taper les outils de travail,
22:38ça conduit
22:39à décourager le travail.
22:41Donc en conséquence de quoi,
22:43la colonne recette
22:44va continuer à diminuer
22:45et la colonne dépense
22:47ne va pas dégonfler.
22:48Donc on va se retrouver
22:48dans une situation
22:49d'impasse.
22:49Alors si vous ne faites pas
22:50la taxe Jukman,
22:51oui bien sûr.
22:51Donc il faut faire autre chose.
22:52Pardon, non,
22:53il faut alors laisser faire
22:54ceux qui ont envie de faire
22:55et pas François Hollande.
22:57Si vous voulez,
22:57moi je ne suis pas François Hollande,
22:58je ne suis pas en train
22:58de faire un second campagne
23:00pour essayer de doubler
23:01Mélenchon dans une campagne.
23:02Vraiment,
23:03je suis pour qu'on fasse
23:05vraiment la taxe Jukman.
23:07Et puis s'il y a des circonstances
23:09juridiques qu'il faut naviguer,
23:11on les naviguera.
23:12On est la France,
23:13on est un peuple souverain.
23:14On est un peuple souverain,
23:15on a quand même le droit
23:16de déterminer l'assiette
23:18et la quotité.
23:18Puisque vous voulez naviguer,
23:19il y a un grand navigateur,
23:20c'est M. Hollande,
23:22qui lorsqu'il a été en charge,
23:24était son ministre.
23:25Donc je peux en parler.
23:26Ah oui, oui.
23:26Et je suis assez autorisé
23:28pour en parler de l'intérieur.
23:30C'est intéressant parce que lui,
23:31il a fait l'austérité fiscale.
23:34Parce qu'il y a l'austérité des dépenses,
23:35mais il y a aussi l'austérité fiscale.
23:37Il a créé 37 milliards d'impôts,
23:39c'est-à-dire deux points de PIB.
23:41Je peux vous dire,
23:42moi j'ai vu des gens,
23:43des petits gens,
23:44qui pleuraient dans les trésoreries.
23:46Et je l'ai dit au salon vert de l'Élysée,
23:48je lui ai dit,
23:49écoutez, ça suffit vos impôts.
23:50Et d'ailleurs,
23:50il y a même un ministre qui a dit,
23:52c'est le ras-le-bol fiscal.
23:53Et puis là, il s'est dit,
23:54ah bah oui, c'est trop d'impôts.
23:55Donc s'il vous plaît,
23:56et il y avait une espèce de concours entre eux,
23:59il y avait Jérôme Cahuzac,
24:00avant qu'il ne démissionne de façon fracassante
24:02pour ses cachoteries lui-même fiscales,
24:05ou plus que ça, illégales en tout cas,
24:09qui étaient le ministre du Budget.
24:11Donc ils étaient avec le scalpel,
24:12alors qui on va...
24:14Bon, franchement,
24:15moi j'ai compris ce que c'était que la gauche
24:18à ce moment-là, vous voyez.
24:19Je me suis dit,
24:20on est devenus fous.
24:21Ou pas,
24:21ou pas, Arnaud Montebourg,
24:22ou pas.
24:23C'est-à-dire que je n'ai pas compris
24:24que Jean-Luc Mélenchon
24:25était un modérateur
24:26par rapport à cette stratégie-là.
24:27Non mais Jean-Luc Mélenchon,
24:28on ne va pas mettre son balle
24:29dans la machine sur Mélenchon.
24:30Les gens sont déçus de François Hollande
24:32parce qu'il a gouverné,
24:33et sont d'ores et déjà déçus
24:35de Jean-Luc Mélenchon
24:36alors qu'il n'a pas gouverné.
24:37Donc je veux dire,
24:38on va les laisser là où ils sont,
24:39ceux-là,
24:40et leur match éternel
24:41entre Mélenchon et Hollande.
24:41Mais ils sont encore candidats, là !
24:43Ils reviennent !
24:44Mais moi, ça ne m'intéresse pas.
24:45En revanche,
24:47puisqu'on parle de ce que c'est
24:48la gauche et tout ça,
24:49est-ce qu'on est d'accord
24:50pour dire effectivement
24:51que par exemple la TVA,
24:53le genre de taxes
24:54qui touche absolument tout le monde,
24:55qui grimpe subrepticement,
24:57comme les CSG sur les retraites,
24:59ce genre de choses
25:00que tout le monde,
25:00tous les productifs,
25:01voient arriver comme ça
25:03qui nous mord la nuque,
25:04est-ce que ça c'est plus,
25:07je veux dire,
25:08consternant pour les Français
25:09ou révoltant même pour les Français
25:10que 53 milliardaires
25:12qui ne veulent pas payer
25:13la taxe Zuckman ?
25:14Donc est-ce qu'on peut être
25:14au moins d'accord,
25:15pour les gens
25:16qui ne faisons pas partie
25:17des 53 milliardaires
25:19ou des 1500 centimillionnaires
25:21et même, je crois,
25:22qu'il y en a parmi les 100,
25:23les 1500 centimillionnaires
25:24qui sont d'accord
25:25pour payer la taxe Zuckman,
25:26est-ce qu'on peut au moins faire ça ?
25:28On parle des ordres de grandeur,
25:29c'est immense comme ordre de grandeur,
25:30même si ça n'apporte
25:31que 10 milliards par année,
25:32c'est quand même beaucoup.
25:32Il faut que vous nuanciez
25:33votre jugement.
25:33C'est quand même beaucoup.
25:34On en fait des choses
25:35avec 10 milliards.
25:35La CSG est un impôt proportionnel,
25:37donc il n'est pas progressif.
25:39Donc il ne progresse pas
25:40avec l'augmentation du revenu.
25:41Donc c'est un impôt plus injuste
25:43que l'impôt sur le revenu.
25:44D'ailleurs, il est lourd.
25:46Je ne vais pas parler
25:46de l'impôt sur le revenu,
25:47je vais parler de la TVA.
25:48Je sais, mais je vous dis,
25:50il est plus injuste.
25:51Donc je vous donne raison,
25:52vous n'en avez pas aperçu,
25:53mais je vous donnais quand même raison.
25:55La TVA, attention,
25:56c'est un impôt qui frappe
25:58les importations
25:59et c'est un impôt intéressant
26:00pour le Made in France.
26:01Donc on a besoin de la TVA
26:03et on a besoin sur certains produits
26:04de l'augmenter,
26:05sur d'autres, de le baisser.
26:07Pour le protectionnisme solidaire,
26:09là-dessus, je ne sais pas
26:10où vous en êtes aujourd'hui,
26:11mais moi, je suis pour...
26:12Je suis comme vous.
26:12Je suis pour qu'on décide
26:15démocratiquement les industries,
26:17les services,
26:17les actions françaises
26:19au sens de l'activité
26:20qu'on a envie de protéger,
26:21qu'on a envie de soutenir
26:22et on met effectivement
26:23des barrières sociales,
26:24environnementales,
26:25des critères rationnels
26:27compréhensibles
26:27par tous les opérateurs économiques
26:29et qui favorisent
26:30effectivement la France.
26:32On va voir si sur cet autre sujet
26:34vous arrivez à être d'accord.
26:35Vous avez remarqué effectivement
26:36qu'Arnaud Montebois aime bien
26:37cette expression
26:37« on marche sur la tête »,
26:39c'est sa chronique ce soir.
26:41Vous êtes propriétaire,
26:42Raquel Garrido ?
26:43Je le serai peut-être en 2038
26:45si je termine de payer.
26:48Et vous, Arnaud,
26:49vous pouvez nous dire
26:49si vous êtes propriétaire,
26:51combien vous avez sur votre compte ?
26:53J'ai réussi à l'aide.
26:54Si vous étiez ministre
26:55ou encore ministre,
26:57vous auriez dû effectivement
26:57cette semaine,
26:58les conséquences de Jérôme Cahuzac,
27:00déclarer votre patrimoine.
27:02On va regarder effectivement
27:03des montants qui se sont affichés
27:05sur la télévision des Français
27:06cette semaine.
27:07Monique Barbu a donc
27:08un diamant solitaire
27:09de 30 000 euros.
27:10Le ministre de l'économie,
27:11lui, a trois appartements,
27:123,7 millions d'euros.
27:14Et Lecornu, lui,
27:16quand il a pris ses fonctions,
27:17Sébastien Lecornu,
27:18avait un compte courant
27:19à moins de 559 euros.
27:22Alors, Arnaud Montebourg,
27:24est-ce qu'on marche sur la tête
27:25quand on voit effectivement
27:26que Monique Barbu
27:28est obligée de déclarer
27:31son patrimoine ?
27:32Écoutez, d'abord,
27:33je suis passé par là
27:33parce que j'ai fait,
27:34moi aussi,
27:34comme chacun de ceux
27:36qui ont pu être élus
27:37ou ont eu des mandats publics,
27:39comme je l'ai été,
27:40on a fait des déclarations.
27:42Donc, je sais exactement
27:43ce qu'il en est.
27:45Ce que je crois,
27:47est là,
27:47l'avantage de la loi
27:50qui est issue
27:51du scandale Cahuzac,
27:52c'est qu'il permet
27:53de mesurer
27:54pour tous ceux
27:55qui sont dépositaires
27:57d'une fonction publique
27:58ce qu'ils ont eu avant
28:00et ce qu'ils ont eu après.
28:02Bon, en admettant
28:03que les déclarations
28:04soient sincères.
28:05Voilà.
28:05Donc ça,
28:06c'est un mécanisme de contrôle
28:08que le fisc utilise.
28:10Moi, je pense que
28:11le fait de le rendre public
28:12est un peu désolant.
28:13Je vais vous dire pourquoi.
28:15Je vais vous donner
28:15une expérience.
28:16J'ai,
28:17hérité de mon pauvre père
28:19qui est parti
28:19il y a 30 ans,
28:21un parking souterrain
28:23en nue propriété.
28:25Et j'ai vu des gens
28:26sur les réseaux dire
28:27qu'il est nu
28:28dans son parking souterrain.
28:29Nue propriétaire.
28:30Parce que les interprétations,
28:32les fantasmes...
28:33Donc si vous voulez,
28:33sur les questions d'argent,
28:34moi je considère que
28:35si les Français
28:36n'acceptent pas
28:37qu'on publie
28:38leur déclaration d'impôt,
28:39pourquoi les élus
28:40accepteraient
28:41qu'elles soient publiques
28:41dans la mesure
28:42où elles sont déjà contrôlées ?
28:44Donc il y a une différence
28:45entre le contrôle
28:46qui est nécessaire
28:47et la publication
28:49qui parfois...
28:50Mme Barbu,
28:50je ne la connais pas,
28:51j'ai beaucoup d'estime pour elle,
28:52elle a un diamant
28:53de 30 000 euros.
28:54D'abord,
28:54elle est obligée,
28:55alors que c'est peut-être
28:56un cadeau d'amour,
28:57elle est obligée
28:57d'aller demander
28:59à celui qui lui a offert
29:00combien ça t'a coûté
29:01parce que sinon
29:01je vais aller en prison.
29:03Donc on voit bien
29:03qu'il y a quelque chose
29:04d'un peu délirant,
29:06excessif.
29:07Alors,
29:07c'est intéressant
29:08de faire un petit bilan.
29:09Un petit bilan.
29:09Allez-y.
29:10Il y a eu,
29:12pour les hauts fonctionnaires,
29:13ça fonctionne,
29:14mais ils ne sont pas publics.
29:15Mais ça fonctionne
29:16de la même manière.
29:17Sur la haute autorité,
29:18je crois que Mme Garrido le sait.
29:19Il y a eu,
29:19en 2019,
29:21donc 5 ans après,
29:23il y a eu 73 saisines
29:24de la justice
29:25pour des élus
29:25et 12 condamnations.
29:27Donc pour 12 condamnations,
29:28on rend public,
29:29etc.
29:30Moi, franchement,
29:31je pense qu'on pourrait avoir
29:32un élément de modération.
29:33Alors la question qu'on se pose,
29:34c'est est-ce que ça dissuade pas
29:35certains entrepreneurs
29:36qui ont bien réussi
29:37de se lancer en politique ?
29:39Finalement,
29:39est-ce qu'un bon ministre,
29:40c'est un ministre fauché
29:41qu'à Raquel Garrido ?
29:44Comment dire ?
29:45Ça me pose question quand même
29:46qu'il y ait autant de millionnaires
29:47au gouvernement, moi.
29:48Et ça me pose question
29:49lorsque, à chaque fois
29:50qu'on se bat pour l'augmentation
29:51des salaires,
29:52ils sont contre.
29:52Parce qu'en fait,
29:53pour moi,
29:53le problème éthique,
29:54il est ici,
29:55si vous voulez.
29:56Combien de fois j'étais dans l'hémicycle
29:57et qu'on a proposé
29:58l'augmentation du SMIC
29:59et j'ai vu des forêts de bras
30:01se lever contre
30:02dans les grands du RN
30:03et des macronistes.
30:04Ils sont très unis là-dessus.
30:06Dès qu'on veut augmenter
30:07les salaires,
30:08le RN et le macronisme,
30:09tout ce côté-là
30:10de l'hémicycle,
30:11ils sont systématiquement contre.
30:14Déjà,
30:15ceux qui sont dans la salle,
30:16ils sont à 5 000 euros
30:17nets par mois.
30:19Alors évidemment,
30:19ce n'est pas du patrimoine.
30:21C'est un revenu
30:21qui disparaîtra
30:22quand ils ne seront plus députés.
30:23Mais il est quand même
30:24déjà nettement au-dessus
30:25du salaire médian des Français.
30:27Et quand on dit
30:28qu'il faut augmenter les salaires,
30:29ils disent non.
30:30Et alors après,
30:31Sébastien Lecornu
30:32compte courant
30:32à moins de 559 euros.
30:34Lui,
30:34il n'était pas millionnaire
30:35quand même
30:35quand il a pris son mandat.
30:38Non,
30:38mais ils ne sont pas tous millionnaires.
30:39Mais je crois que dans l'histoire
30:40de la Ve République,
30:42il n'y a jamais eu
30:43autant de millionnaires
30:45dans un gouvernement.
30:46Et ça correspond aussi
30:47à ce qu'est le macronisme.
30:49Le macronisme,
30:50c'est un moment
30:51d'hyperconcentration
30:53des richesses
30:53entre les mains
30:54de très peu de mains.
30:55C'est l'oligarchie
30:56au sens vraiment
30:57étymologique du terme.
30:58Le gouvernement
30:59des peu,
30:59peu de personnes
31:01concentrent le pouvoir
31:02économique et politique.
31:04Et le macronisme,
31:05c'est vraiment tout à fait ça.
31:06Et au final,
31:07du coup,
31:08on est millionnaire,
31:09on est entre nous.
31:10On est millionnaire,
31:12mais aussi on entreprend,
31:13on crée de la richesse,
31:15on emploie,
31:15non ?
31:15Effectivement,
31:16vous dites quoi ?
31:17Mais ceux qui créent la richesse,
31:18ce sont ceux aussi
31:19qui travaillent
31:20dans ces entreprises
31:20et ils sont censés
31:22être rémunérés
31:23par leur salaire
31:24de cette richesse
31:25qu'ils créent.
31:26C'est aussi
31:26une certaine façon
31:27de voir le monde,
31:28de considérer
31:28que celui qui crée
31:29la richesse,
31:30c'est un homme seul
31:31ou pire,
31:32un actionnaire
31:33qui s'est souvent
31:35juste contenté
31:36d'hériter.
31:36Parce que je rappelle
31:37que, par exemple,
31:38je crois que c'est
31:38l'année 2024,
31:39il y a eu 8 milliardaires
31:40supplémentaires en France,
31:426 sont des héritiers.
31:43D'accord ?
31:44On a un gros problème
31:45d'héritage.
31:45Je voudrais dire quelque chose
31:46à Mme Guérido.
31:47Moi, je suis,
31:48je pense,
31:49à la période actuelle,
31:50les Français doivent s'unir.
31:51Donc, il va falloir quand même
31:52chercher les voies,
31:53les moyens
31:53d'un compromis social.
31:54Vous voyez,
31:55si j'avais quelqu'un
31:56du Rassemblement National
31:57à côté de vous,
31:59je lui dirais,
32:00vous êtes allé voir le MEDEF,
32:01vous allez aller déjeuner
32:03avec la CGT,
32:04FO,
32:05la CFDT.
32:05Et à vous,
32:06j'ai envie de vous dire,
32:07il faut trouver un compromis
32:09entre ceux qui ont le capital
32:10et ceux qui n'ont
32:11que le travail.
32:12et trouver les moyens
32:13d'agir ensemble.
32:15Moi, je dois vous dire
32:17que ce discours fracturant
32:20ne nous permet pas
32:22d'affronter tous les problèmes
32:23que nous avons.
32:24La remontée des services publics,
32:26la remontée des finances publiques,
32:28la remontée de la puissance nationale.
32:30Tout simplement.
32:31Je vais vous rassurer.
32:32Moi, j'ai envie d'entendre
32:33ce genre de discours
32:34quand j'entends des politiques
32:35quelles qu'ils soient.
32:35Je vais vous rassurer.
32:37Je suis pour qu'il y ait
32:38une équipe France,
32:39si vous voulez.
32:40Et la façon,
32:41la meilleure chose
32:41qu'on peut faire ensemble,
32:42cette équipe France,
32:43c'est avoir des lois fiscales justes.
32:45Voilà.
32:45Donc, chacun doit payer sa part.
32:47Nous sommes un paradis fiscal
32:48pour milliardaires.
32:49Ça ne peut pas durer.
32:51Vous reviendrez nous raconter
32:52votre déjeuner
32:53avec le MEDEF.
32:53J'espère bien.
32:55Mais vous savez,
32:56je connais les gens du MEDEF.
32:57Je ne suis pas non plus
32:59une sauvage.
33:01Je vous remercie
33:02d'avoir été l'invité
33:03d'Ardemont de Bourg
33:03ce soir.
33:04Merci, merci, merci.
33:06infiniment.
33:06On va passer à notre rubrique
33:08le génie du MEDEF.
33:09Depuis le début de la guerre en Iran,
33:10regardez,
33:11vous voyez,
33:11s'affichait sur ses écrans
33:13ses cartes.
33:14Elles suivent en temps réel
33:14300 000 d'avires
33:16dans le monde entier.
33:17Et surtout,
33:18elles vont nous indiquer
33:19en temps réel
33:20quels sont les bateaux
33:22qui passent le détroit d'Ormuz.
33:25Le monde entier
33:26a ses yeux rivés
33:27sur ses cartes.
33:27Et c'est une start-up française.
33:29Bonsoir,
33:30monsieur Antoine Pillet.
33:31Bonsoir,
33:32vous êtes directeur
33:32des partenariats
33:34de Kepler,
33:35une start-up française.
33:36Et Arnaud Mondebourg
33:37a voulu vous remettre
33:38la médaille du Made in Food.
33:39La médaille.
33:40On ne met pas des médailles.
33:41Ah si,
33:42on met des médailles.
33:42On vous fait un compliment.
33:44Je l'accepte avec plaisir.
33:45Il y a en France
33:47des ressources extraordinaires.
33:48Des gens qui travaillent,
33:49qui inventent,
33:50qui créent.
33:50C'est un pays très créatif.
33:52Et c'est notre force.
33:53On ne sait pas garder
33:54nos créations.
33:55Quand on regarde
33:55toutes les inventions
33:56dans l'histoire
33:58de la technologie
33:59depuis que la première
34:01révolution industrielle
34:02nous a transformé
34:03nos vies
34:04et nos sociétés,
34:06eh bien,
34:06on voit que la France
34:07et les ingénieurs français
34:08ont quand même
34:09été les premiers révolutionnaires.
34:11Donc,
34:12vous faites partie
34:13de cette génération
34:14de réinventeurs
34:16digitaux
34:17capables d'utiliser
34:18les images satellites,
34:19de les comprimer
34:20et de regarder
34:21et de,
34:22finalement,
34:23faire vivre
34:24la plaque France.
34:25C'est ce qui nous intéresse.
34:27Made in France.
34:28D'ailleurs,
34:28on va vous interroger
34:29là-dessus.
34:29Alors,
34:30racontez-nous
34:30comment ça fonctionne,
34:31évidemment,
34:32puisque,
34:32effectivement,
34:33Bloomberg,
34:34les gouvernements,
34:35l'OPEP vous appellent
34:36pour savoir
34:36quels bateaux sont passés
34:37par le détroit d'Ormousse.
34:38Comment est-ce que vous avez eu
34:39cette idée,
34:40M. Pillet,
34:41avec vos ingénieurs,
34:42évidemment,
34:43et comment est-ce que
34:44fonctionnent
34:45ces marines
34:46en temps réel ?
34:47Alors,
34:48Kepler a été fondé
34:49par deux ingénieurs français
34:51en 2014
34:52et donc,
34:53ce que fait Kepler,
34:55c'est le suivi maritime
34:57de la flotte marchande.
34:58Donc,
34:58c'est à peu près
34:5955 000 bateaux
35:01et donc,
35:02dans ces matières premières,
35:03sur toute la planète,
35:04voilà.
35:05On n'a pas
35:05de restrictions régionales.
35:07On a un réseau
35:08de ce qu'on appelle
35:09l'AIS,
35:10c'est vraiment
35:10l'acronyme
35:11le plus important
35:11pour chez nous,
35:13qui est
35:13Automated Identification System,
35:15c'est le transpondeur
35:17sur le bateau
35:17qui va émettre
35:18sa position.
35:20Et donc,
35:20Kepler possède
35:21un réseau
35:21d'environ 7 000 antennes
35:23qui sont des antennes
35:24terrestres,
35:25plus un réseau
35:26satellitaire
35:26d'environ une cinquantaine
35:27de satellites
35:28qui va permettre
35:29de suivre en temps réel
35:30le déplacement
35:30de ces bateaux.
35:31Vous louez des sillons
35:31sur les satellites
35:32des faisceaux ?
35:33Les satellites
35:33ne nous appartiennent pas,
35:34mais on a ce qu'on appelle
35:35le payload,
35:35qui est en fait
35:36une des applications
35:37de ces satellites
35:38qu'on utilise
35:39pour détecter
35:40la position des bateaux.
35:41Voilà.
35:42Et la chose intéressante,
35:43c'est que 90%
35:44du commerce mondial
35:45transite un moment
35:46par bateau.
35:47C'est même 95%
35:48si on regarde
35:49les matières premières.
35:50Donc,
35:50à partir du moment
35:51où on sait
35:51où sont les bateaux
35:52en temps réel,
35:53on va pouvoir faire
35:53une analyse très fine
35:55et vraiment live
35:56des déplacements
35:58de marchandises.
35:59Et ce qui est intéressant,
36:00c'est que les images
36:00qu'on voit là
36:01sont en direct,
36:02effectivement,
36:03en temps réel.
36:03Vous cartographiez
36:04les flux
36:05de plus de 40
36:05matières premières,
36:06c'est-à-dire le pétrole,
36:07les gaz,
36:08les engrais,
36:08les métaux.
36:09Concrètement,
36:10comment est-ce que
36:10vous arrivez à savoir
36:11quel bateau contient quoi ?
36:13Alors là,
36:14c'est vraiment
36:14la valeur ajoutée
36:15de Kepler,
36:15c'est savoir
36:16où est le bateau,
36:17c'est très bien,
36:18mais il faut savoir
36:18ce qui est chargé
36:19par ce bateau.
36:20Donc,
36:20pour ça,
36:21on a un réseau
36:21de partenariats
36:23avec des ports,
36:24avec des entreprises
36:24d'inspection,
36:25avec des brokers
36:27de marchandises
36:28qui vont nous dire
36:28ce qui est chargé
36:29sur un bateau.
36:29Par exemple,
36:30quand un vraquier
36:31qui va transporter
36:32des matières solides
36:33part,
36:33il peut transporter
36:34du charbon,
36:35il peut transporter
36:35du minerai fer,
36:36il peut transporter
36:37des céréales,
36:38et ça,
36:39on ne le sait pas
36:39en voyant juste
36:40le bateau.
36:40Donc,
36:40en fait,
36:41nos sources
36:41vont nous dire
36:42ok,
36:43là,
36:43il a chargé
36:4340 000 tonnes
36:44de blé,
36:45par exemple.
36:45Avec un code couleur,
36:47Arnaud,
36:47vous arrivez à comprendre
36:48cette carte,
36:48effectivement,
36:49ces petits points
36:49rouges,
36:50verts,
36:50roses,
36:51essayez de les décrypter
36:52avec nous.
36:53Alors,
36:53est-ce qu'il y a du gaz
36:53ou du pétrole ?
36:54Vous n'avez pas la même couleur ?
36:55Là,
36:55on est dans le golfe Persique,
36:57il y a du gaz
36:57et du pétrole,
36:58il n'y en a pas.
36:59Pourquoi il y a du vert
36:59et du rouge ?
37:01Alors,
37:01le vert,
37:02c'est les bateaux
37:03qui transportent
37:04des cargaisons solides,
37:06donc soit du conteneur,
37:07soit des cargos.
37:08Le rouge,
37:09c'est les tanqueurs.
37:10Donc,
37:10en fait,
37:10c'est ce qu'on appelle
37:11le vrac liquide.
37:12Ça peut être
37:12différents types de pétrole,
37:14de la gasoline,
37:14du kérosène,
37:15du diesel,
37:16du pétrole brut,
37:17etc.
37:18Et donc là,
37:18ce qui est intéressant,
37:19en fait,
37:20on a à peu près
37:203 000 bateaux
37:21de la flotte marchande
37:22qui sont bloqués
37:23par le détroit d'Hormuz
37:24dans le golfe Persique.
37:25Et ce qu'on va réaliser,
37:26en fait,
37:27c'est quels bateaux
37:28transitent en ce moment
37:29par le détroit d'Hormuz.
37:30On a à peu près
37:31500 bateaux
37:32qui sont passés
37:32depuis le 28 février,
37:34donc le début de la crise,
37:35alors que d'habitude,
37:36c'était plutôt
37:37entre 8 000 et 9 000
37:38sur la même période de temps.
37:39Et donc,
37:40on va essayer d'analyser finement
37:41quel type de bateau est passé,
37:43quel type de bateau n'est pas passé.
37:44C'est fait arrêter
37:45soit par les Iraniens,
37:46soit par les Américains.
37:47Et ça va nous donner
37:48une aperçue très fin
37:52de ce flux de matières premières
37:53et les répercussions
37:54sur les pays importateurs.
37:55Comment vous avez financé
37:56l'installation de vos antennes ?
37:587 000 antennes,
37:59vous avez dit terrestres.
37:597 000 antennes terrestres.
38:00Comment vous avez fait ?
38:01Alors en fait,
38:02ça s'est fait de manière
38:03assez smart.
38:06Smart,
38:07vous voulez dire
38:07en français moderne,
38:08ça veut dire ?
38:09Oui, intelligente,
38:09oui, tout à fait.
38:11Et en fait,
38:12ce sont des partenariats
38:12qu'on a avec,
38:13par exemple,
38:14ça peut être soit des individus,
38:15comme vous et moi,
38:15si vous avez une maison
38:16au bord de la mer,
38:17ce qui est mon cas,
38:18on vous envoie une antenne
38:20et vous l'installez chez vous
38:21et comme ça,
38:22vous pouvez capter
38:22tout le trafic
38:24qui est en face
38:25de votre maison.
38:25et ça capte jusqu'à
38:2630 ou 40 000 nautiques,
38:28ce qui correspond
38:28à peu près à 60 kilomètres.
38:31Et contre ça,
38:32en fait,
38:33on donne accès
38:34à nos données gratuitement
38:36aux personnes
38:37avec qui on travaille.
38:39Très intéressant
38:40de vous écouter,
38:41effectivement,
38:42et j'imagine que là,
38:43votre entreprise
38:44est en plein essor
38:45puisque maintenant,
38:46vous pouvez analyser
38:47le pétrole
38:47qui se trouve
38:49sur le sol iranien.
38:50On va regarder des images,
38:51effectivement,
38:52pour voir que les capacités
38:53de stockage iraniennes
38:54arrivent à saturation,
38:55c'est un tournant stratégique
38:57majeur,
38:57ça se joue sur l'île de Karg,
38:59par où transit 90%
39:01du pétrole brut iranien.
39:03Qu'est-ce qu'on voit,
39:04effectivement,
39:04sur ces images satellites
39:05qui ont été fournies
39:06par votre startup ?
39:08Alors, les stocks en pétrole brut de carte,
39:09ce n'est pas 90% des stocks.
39:11Il y en a plus
39:11qui sont sur Terre,
39:12mais c'est une bonne partie,
39:13je pense que c'est à peu près
39:13dans les 40%.
39:15Et donc là,
39:15effectivement,
39:16on voit que les stocks de pétrole
39:17sont en train d'augmenter
39:18très rapidement.
39:19Et ça,
39:20on utilise une technologie
39:21qui est très intéressante,
39:22c'est du satellitaire,
39:23c'est de l'imagerie satellitaire.
39:25Et on va regarder,
39:26en fait,
39:26la hauteur du toit
39:29sur le réservoir de pétrole.
39:30En fait,
39:31les réservoirs de pétrole brut
39:33sont toujours surmontés
39:34par un toit
39:34qui est ce qu'on appelle
39:35un toit flottant.
39:36Et donc,
39:36on va pouvoir analyser l'ombre
39:38qui est portée
39:39par le soleil
39:40sur la cuve
39:41pour en déduire
39:42le volume à l'intérieur.
39:43Ça veut dire que,
39:44finalement,
39:45les capacités de stockage iraniennes
39:47arrivent à saturation
39:48qu'elles ne peuvent plus
39:49se débarrasser
39:50de son pétrole,
39:52Arnaud Montebourg.
39:53Alors,
39:54vous êtes capable
39:55de faire de l'anticipation
39:56et c'est ce que vous vendez,
39:57finalement,
39:58avec vos systèmes
39:59de compression
40:00d'images satellitaires.
40:01Parce que les satellites
40:02sont en source ouverte,
40:03n'est-ce pas ?
40:04Alors,
40:06il y en a en source ouverte.
40:07Donc,
40:07par exemple,
40:08les satellites de l'ESA
40:09qui sont Sentinelle 1,
40:102, 3,
40:12etc.,
40:12sont en source ouverte.
40:13Le problème de ces satellites,
40:14c'est que la résolution
40:15n'est plutôt pas très bonne.
40:17Donc,
40:18si vous voulez une bonne précision,
40:19il faut avoir recours
40:20à des entreprises privées.
40:22Là,
40:22ça coûte un peu plus cher.
40:23D'accord.
40:23Donc,
40:24selon,
40:24si vous aviez à anticiper,
40:26je reprends la question
40:26d'Arnaud Montebourg,
40:27combien de temps
40:28est-ce que l'Iran peut tenir
40:29avant que ses cuves
40:30ne débordent ?
40:30Alors,
40:31moi,
40:31je ne suis pas spécialiste du pétrole,
40:32donc je ne préfère pas
40:33m'avancer là-dessus.
40:34Je laisserai d'autres spécialistes
40:36commenter là-dessus.
40:37Mais là,
40:37on est assez proche,
40:37effectivement,
40:38d'un point très haut.
40:41Il me semble que,
40:41historiquement,
40:42ce n'est pas non plus
40:42les niveaux les plus élevés
40:43qu'on ait vus
40:44pour l'Iran.
40:46voilà,
40:47donc je ne préfère pas trop
40:49donner de commentaires.
40:50Combien vous faites
40:50de chiffre d'affaires ?
40:52Alors,
40:52là,
40:52en ce moment...
40:52Très important.
40:53Oui,
40:54oui,
40:54tout à fait.
40:54Alors,
40:54chiffre d'affaires,
40:55et même plus que chiffre d'affaires,
40:56c'est revenu récurrent,
40:57donc ça veut dire que
40:57c'est des abonnements
40:58qui reviennent tous les ans.
41:00Donc,
41:00c'est à peu près 250 millions d'euros
41:03qu'on fait par an.
41:04Pas par mois.
41:05Pas par mois,
41:05non,
41:05malheureusement,
41:06un jour peut-être,
41:07mais pas tout de suite.
41:09Voilà,
41:09et on a commencé
41:11il y a une dizaine d'années,
41:12donc la croissance
41:12à peu près de 50% par an
41:14du chiffre d'affaires.
41:16Et ça va rester
41:17Made in France,
41:18ça ?
41:19Eh bien,
41:19bien sûr.
41:20Vous n'allez pas vendre encore
41:21cette boîte aux Américains
41:22et aux Chinois.
41:22Non,
41:23c'est ça qui est bougé
41:24chez Kepler.
41:25Oui,
41:25exactement,
41:26c'est que le capital
41:26est détenu par les deux fondateurs
41:28français,
41:28François Cazor et Jean Méliès.
41:29Eh bien,
41:30vous les féliciterez.
41:31Merci à vous.
41:32Merci,
41:33monsieur,
41:33d'avoir été notre génie
41:34ce soir du Made in France.
41:35Arnaud Montebourg,
41:36à vendredi prochain.
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