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  • il y a 12 minutes
Arnaud Montebourg intervient chaque vendredi aux côtés de Paola Puerari pour livrer son analyse sur les grands enjeux économiques et géostratégiques, notamment en termes de souveraineté industrielle & énergétique de la France et de l’Union Européenne, au cœur de L’actualité.

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Transcription
00:00Il est 19h15 sur BFM TV, comme chaque vendredi, c'est l'heure de votre nouveau rendez-vous Made in
00:05Montebourg.
00:06Bonsoir Arnaud Montebourg, ancien ministre de l'économie, aujourd'hui retiré de la vie politique, entrepreneur.
00:13Alors une émission un peu perturbée, bousculée par l'actualité, l'actualité qui est importante, qui est majeure.
00:19Et effectivement, notre rendez-vous va être au fil des déclarations de Donald Trump,
00:23puisqu'il ne se passe pas une minute sans que Trump fasse une déclaration.
00:26Dernière en date, il y aurait un accord avec l'Iran d'ici un ou deux jours.
00:31Et puis l'Iran aurait décidé de suspendre de manière indéfinie son programme nucléaire.
00:37Vous y croyez ? On est tous un peu sceptiques.
00:39Écoutez, moi je ne suis pas Trumpologue, mais une chose est certaine, c'est qu'il vaut mieux se méfier
00:44avec M. Trump
00:45que celui-ci indique qu'il va aller avec des gros engins cherchés dans le sous-sol iranien,
00:50avec l'autorisation des MOLA, les 400 kilos d'uranium enrichi qui sont la cause de cette guerre renouvelée.
00:58Je pense qu'il faut attendre.
01:00Ce qui nous intéresse, nous, Européens, c'est la réouverture du Détroit, le prix du pétrole, le prix du gaz,
01:09et les dangers pour toutes les économies qui ont été déstabilisées par ces 47 jours de guerre,
01:17qui d'ailleurs ont coûté 45 milliards, un milliard de dollars par jour aux Etats-Unis.
01:22Et ce qui nous intéresse, c'est les conséquences inflationnistes sur notre économie et la chute de la croissance.
01:28La France ne se porte pas très bien, l'Allemagne ne va pas bien sur le plan industriel.
01:31Et donc ce choc, qui est un choc pétrolier et gazier, va avoir des conséquences,
01:38et il va falloir faire en sorte, par la politique économique, de chercher à le réduire.
01:44Les ménages sur le terrain souffrent énormément.
01:46Vous avez aujourd'hui, quand il y a un gars qui se pointe pour faire un plein à la pompe,
01:53il passe pour un abab.
01:54Tout le monde met 10 euros, 20 euros, parce qu'il ne veut pas stocker de l'essence à ce
01:57prix-là dans son réservoir.
01:58Donc la situation est critique, nous ne remercions pas, M. Trump.
02:02Ce que vous voulez dire là, Arnaud, c'est qu'en fait, même s'il y a un accord d
02:07'ici un ou deux jours,
02:08eh bien on va avoir comme le battement d'aile du papillon, finalement, cette guerre, on va la payer quand
02:13même.
02:14Vous avez dans toutes les entreprises d'aujourd'hui, des coûts de transport qui ont été élevés,
02:18des entreprises qui ne peuvent plus répercuter leurs prix,
02:20donc c'est soit des faillites, soit des répercussions de prix,
02:22donc soit de l'inflation, soit du chômage.
02:25Voilà ce que nous avons à choisir.
02:26Donc ça, c'est la politique américaine, unilatérale, hors mandat, hors ONU, hors OTAN,
02:31qui l'a décidé contre nous.
02:33Alors aujourd'hui, il y a eu quand même une journée assez historique, on peut le dire.
02:36Effectivement, Emmanuel Macron, qui avait co-organisé avec le Britannique Keir Starmer,
02:41une réunion pour sécuriser, peut-être de façon pacifique, le détroit d'Ormus.
02:45Une quarantaine de pays étaient présents, Georgia Meloni physiquement,
02:49tout comme le chancelier allemand,
02:50et qui n'avait pas convié les Américains.
02:53C'est-à-dire que l'Europe s'engage, mais sans Washington,
02:56est-ce qu'on ne pourrait pas le payer très cher, finalement,
02:58de s'être désolidarisé du président américain ?
03:01Ce n'est pas notre guerre, ce n'est pas la guerre des Européens.
03:04C'est une guerre qui a été menée de façon illatérale par deux pays.
03:07C'est une guerre, d'ailleurs, dans laquelle nous n'avons aucun intérêt.
03:11Nous ne sommes pas, nous, Français ou Européens,
03:15menacés par les menées de l'Iran.
03:17Donc nous devons mener notre politique.
03:20Notre politique, ce n'est pas celle des États-Unis.
03:21Et il est enfin grand temps que les Européens s'en rendent compte
03:25et décident de hausser le ton,
03:27durcir le bras de fer avec les Américains,
03:30qui ne sont pas nos amis, de moins en moins en tout cas,
03:33et semblent être de plus en plus coriaces dans leur manière de nous traiter.
03:37C'est une des raisons pour lesquelles la réunion des volontaires,
03:41qui d'ailleurs ne réunissait pas que des Européens,
03:43il y avait aussi beaucoup d'autres pays,
03:45avait pour intérêt de montrer qu'il y a beaucoup de gens,
03:48en beaucoup de pays, beaucoup de nations, particulièrement en tête l'Europe,
03:51qui veulent faire la paix,
03:53lorsque une puissance belliqueuse et qui guéroie,
03:57comme les États-Unis d'Amérique,
03:59sème le désordre dans le monde.
04:01– Ça a restauré, pour vous, l'idée du droit international,
04:04parce qu'effectivement, depuis des semaines,
04:06on se dit « oh, le droit international ».
04:07Mais là, effectivement, ces 40 pays qui se sont engagés à dire
04:11« non, on se désolidarise », ça a bougé les choses.
04:14Et néanmoins, on sait que le chancelier Mertz, quand même,
04:17aurait bien aimé, finalement, que Donald Trump soit associé à cette réunion.
04:21Et Donald Trump, qui aujourd'hui encore, dit
04:23« l'OTAN est un tigre de papier »,
04:25est-ce qu'il va y avoir des répercussions ?
04:27– Il est tout à fait certain que les États-Unis d'Amérique
04:32veulent se retirer, d'une manière ou d'une autre, du fardeau de l'OTAN.
04:35Ils ne veulent plus payer, ça, on le savait depuis longtemps.
04:37Ils ont demandé aux Européens de se payer leur propre défense.
04:41Mais les Européens n'arrivent pas à s'affranchir, à se sevrer.
04:43Donc, ce qui va se passer, nous ne le savons pas.
04:46Ce qui est certain, c'est que le statu quo n'existe pas.
04:49– En tout cas, Donald Trump ne veut plus de notre aide.
04:51Il dit très clairement « j'ai reçu un appel de l'OTAN
04:53me demandant si nous avions besoin d'aide ».
04:55Je leur ai dit de rester à l'écart,
04:56à moins qu'ils ne veuillent simplement charger leur navire de pétrole.
04:59Donc, finalement, il ne veut même plus de cette main tendue.
05:02– Nous n'avons pas à tendre la main.
05:04Il faut juste savoir que les États-Unis n'ont pas de matériel de déminage
05:08en état de marche et que les Européens, particulièrement la France,
05:12disposent d'outils de déminage, comme d'ailleurs la Hollande
05:15et un certain nombre de pays membres de l'OTAN
05:18ont les moyens de faire ce qu'il faut dans le détroit d'Ormuz.
05:20Il n'y a aucune raison d'aller se mettre sous les bombes.
05:22Ce n'est pas notre guerre.
05:25Et nous avons eu raison de rester à l'écart.
05:28– Et pourtant, on a l'impression que ça va devenir finalement notre guerre.
05:32On le voit au prix à la pompe, on le voit avec l'inflation qui vient.
05:35On le voit aussi avec cette dernière déclaration de l'Union européenne
05:38qui m'a marqué.
05:40L'Union européenne met en garde un choc énergétique durable
05:42avec des flambées de prix extèmes.
05:44Et à craindre, si la guerre en Iran se poursuit,
05:46c'est-à-dire que c'est une mise en garde,
05:48mais qui ne peut pas nous protéger.
05:49On a l'impression que la promesse de l'Union européenne a échoué.
05:51– C'est le moment de se poser, chère Paola,
05:54la question de à quoi sert l'Union européenne
05:56dans ce monde de surgissement des empires de plus en plus agressifs.
06:02Est-ce que les sacrifices que nous avons consentis
06:05ont été payés en retour ?
06:07Est-ce que la promesse que l'Union devait faire la force a été respectée ?
06:11Et est-ce que ce n'est pas le moment de réveiller les consciences
06:15endormies par la naïveté, la gentillesse,
06:18pour ne pas dire la résignation des Européens ?
06:21Et nous voici donc pris, et il faut le dire,
06:23et le décrire ainsi, dans les mâchoires de fer
06:27des deux empires qui veulent se partager notre dépouille.
06:29À l'ouest, les États-Unis,
06:31nous pensions que c'était des alliés, des vieux amis,
06:34ils nous ont libérés du joug nazi il y a 82 ans,
06:38c'est une éternité, presque un siècle.
06:40Aujourd'hui, ils sont devenus des agresseurs.
06:42Et pire, des adversaires assez coriaces.
06:44Ils nous infligent des taxes unilatérales,
06:47insupportables sur nos produits,
06:48raquettent notre épargne,
06:49nous contraignent à acheter leurs produits
06:52à des prix préhébitifs, c'est le cas du gaz de schiste.
06:54Ils nous insultent à longueur de temps,
06:56vous le voyez tous les jours,
06:57et vous en faites le commentaire ici.
06:59Et de surcroît, ils ont essayé d'annexer le Groenland,
07:02qui est une terre européenne.
07:04Et ce, par la force, même pas la conviction.
07:06Le rêve américain des jeunes Européens
07:08est en train de tourner au cauchemar.
07:10– Ok, alors ça, le tableau est dressé à l'ouest,
07:13et il est bien noir, bien entendu.
07:15Donc vous parlez d'une prise en étau.
07:17Donc à l'est, que se passe-t-il ?
07:18– Eh bien la Chine, dont nous avons pensé
07:20pendant de très nombreuses décennies,
07:23qu'elle devait être aidée, la pauvre,
07:25comme à l'époque des familles et de la pauvreté
07:27sous le président Mao Zedong.
07:28Les pauvres petits chinois, disait-on.
07:30Il y a même encore aujourd'hui à l'Agence française de développement
07:33des programmes, qui est un programme public de coopération
07:36pour les pays pauvres,
07:38des programmes de soutien à des infrastructures en Chine.
07:41C'est dire quelle naïveté nous entretenons encore.
07:44La Chine est devenue notre envahisseur industriel
07:47et a pour projet officiel et assumé,
07:50il faut lire les minutes des congrès du Parti communiste chinois,
07:53de dominer le monde et donc d'asservir l'Union européenne
07:57à ses propres intérêts.
07:58La Chine pratique le dumping systématique sur tous nos marchés,
08:02l'espionnage industriel, c'est démontré,
08:04et le pillage à grande échelle sur nos brevets et nos savoir-faire.
08:07Donc les États-Unis jouent aux échecs contre nous
08:09et les Chinois jouent au go et nous encerclent.
08:13Et dans un cas, vous avez ce visage odieux et méprisant,
08:17le visage du psychopathe Trump,
08:20et l'autre, il se dissimule derrière la courtoisie
08:23du masque de fer des Chinois.
08:26Alors il y a un célèbre penseur du Parti républicain,
08:29il faut parfois lire des livres d'il y a 20 ans,
08:32Robert Kagan, qui a écrit « La puissance et la faiblesse ».
08:35Et là, il dit « Les États-Unis ont un dieu, Mars, dieu de la guerre ».
08:39Donc ils font la guerre, d'ailleurs, regardez, ils ne font que ça.
08:42Mais l'Union européenne a une déesse, Vénus, l'amour.
08:46Alors elle, elle aime tout le monde.
08:48Elle aime ceux qui la persécutent,
08:50elle aime ses bourreaux, elle aime ses envahisseurs,
08:53elle a une âme masochiste.
08:54Elle s'autoflagelle, elle en redemande.
08:56C'est ce qu'incarne Mme Ursula von der Leyen.
08:58– C'est donc le visage, finalement, de la déesse de l'amour,
09:01vous dites un peu sadomasochiste, c'est ça ?
09:03– C'est-à-dire qu'elle nous fait souffrir, quand même, cette déesse.
09:06Ce n'est pas la bonne déesse que nous aurions adoptée
09:08dans la panoplie de la mythologie antique.
09:11Mme Ursula von der Leyen incarne parfaitement cette faiblesse coupable.
09:15Et nous constatons la montée de l'exaspération
09:18chez les citoyens européens, quand ce n'est pas le dégoût,
09:21et cette faiblesse qui alimente et tisonne ce sentiment d'humiliation.
09:27Nous sommes humiliés.
09:28Et c'est bien ce sentiment d'affaiblissement qui est en train de surgir.
09:33En septembre 2024, le rapport de Mario…
09:35– Alors vous dites, nous sommes humiliés,
09:37et néanmoins, certains sont fiers du drapeau européen.
09:40Vous avez l'impression que la majorité, finalement, des Français,
09:43ou tout du moins sont humiliés par eux ?
09:46– Mais ils ressentent l'affaiblissement,
09:48et surtout les coups de boutoir contre nous,
09:51avec une absence de réaction qui est effrayante.
09:53Et donc il y a le sentiment de rébellion,
09:56le sentiment d'être enchaîné à l'arbre européen qui tombe,
10:00et donc de tomber avec.
10:02En 2024, Mario Draghi, ancien président de la Banque Centrale Européenne,
10:06ancien président du Conseil Italien, a montré le décrochage européen.
10:09Dix-huit mois plus tard, tous les voyants ont viré au rouge.
10:12– Alors dites-nous, justement, des chiffres de ce rapport,
10:15effectivement, dont on a beaucoup parlé,
10:17mais dont on n'a pas forcément beaucoup tiré les leçons.
10:19– Alors, l'écart de richesse entre les États-Unis et l'Union Européenne
10:22est passé de 15 à 30% en 20 ans.
10:24En richesse par habitant, c'est devenu vertigineux.
10:2740 000 euros contre 80 000 dollars, du simple au double.
10:31Deux, aucune entreprise créée de toutes pièces dans l'Union Européenne,
10:34en 50 ans, n'a atteint les 100 milliards de capitalisation.
10:37Pendant que tous les géants américains, ils sont 11,
10:40ont franchi le cap des 1 000 milliards, c'est-à-dire le PIB de la Suisse,
10:43excusez du peu.
10:44L'Union Européenne consacre 2% de son PIB à la recherche,
10:49de développement, compte 3,5 contre les États-Unis.
10:52Presse du simple au double.
10:53Nos entreprises paient leur électricité 2 à 3 fois plus cher
10:57que leur concurrente américaine et chinoise.
10:59Résultat, la production industrielle européenne a reculé de 10% depuis 2021.
11:04Dans les semi-conducteurs, l'Europe ne fabrique que 10% des puces mondiales.
11:08Dans les batteries, la faillite de Northvolt a démontré
11:12que nous n'arrivions pas à avoir nos propres batteries.
11:15Et, de surcroît, l'Inflation Reduction Act,
11:17c'est une loi que le président Biden a fait passer,
11:20qui subventionne à hauteur de 369 milliards de subventions vertes
11:24à aspirer les investissements européens vers les États-Unis.
11:28Le président Trump n'a pas annulé son rival Biden.
11:32Et, maintenant, s'ajoutent les tarifs Trump.
11:3425% sur l'acier, 20% sur tous les produits de l'Union Européenne.
11:39Nous sommes dans le piège.
11:40Ce n'est donc pas un retard, c'est un déclassement, un affaissement,
11:43et c'est donc la pauvreté qui nous menace.
11:45C'est surtout une très bonne démonstration, effectivement, et un bon plaidoyer.
11:49Mario Draghi, justement, dans son rapport, que disait-il ?
11:51Et est-ce que l'Union Européenne l'a écouté ?
11:53Alors, il a chiffré l'effort entre 750 et 800 milliards d'euros d'investissement par an,
11:59pendant 5 ans.
12:00C'est plus que le plan Marshall après la libération de l'Europe,
12:04en proportion du PIB.
12:07Il a fait 170 recommandations sur la politique industrielle.
12:1218 mois après, c'est seulement 10% de ces recommandations qui ont été mises en œuvre.
12:16L'Union Européenne est donc devenue une colonie numérique des États-Unis depuis 10 ans.
12:20Dépendance écrasante au cloud à 70%.
12:2392% de nos données sont stockées aux États-Unis et exploitées par eux.
12:28Et la part de l'Union Européenne dans l'investissement mondial en intelligence artificielle s'établit à 7%.
12:35Quand 40% sont financées par les États-Unis et 32% par la Chine.
12:40Et pendant tout ce temps de ces tergiversations interminables,
12:43les Chinois ont entrepris de tuer en douceur, avec le sourire toujours,
12:47cette fois-ci notre industrie automobile, grâce aux décisions de l'Union Européenne,
12:52qui a décidé de rendre le véhicule électrique obligatoire.
12:55C'est une louable décision sur le papier.
12:56Mais ça a produit la catastrophe industrielle en cours que nous voyons se dérouler sous nos yeux.
13:02L'Union Européenne, qu'on pourrait appeler la grande naïve,
13:05a été incapable de nous protéger contre les automobiles chinoises
13:09qui déversent leurs produits archi-subventionnés sur le sol européen.
13:13Il y a 15 millions d'emplois qui risquent la mort dans l'automobile européenne.
13:18Mais l'Union Européenne continue de refuser les quotas d'importation de véhicules électriques chinois.
13:23Voilà où nous en sommes.
13:24Et on l'a vu encore aujourd'hui, effectivement, avec le groupe Stellantis
13:27qui a annoncé qu'elle ne fabriquerait plus d'automobiles en Ile-de-France.
13:32Exemple très concret, 15 millions d'emplois, vous dites, Arnaud.
13:35Volkswagen a déjà licencié 35 000 personnes.
13:38Ils envisagent de fermer 8 des 11 usines allemandes.
13:42C'est un séisme en Allemagne,
13:43ce qui explique la montée très puissante de l'extrême droite en Allemagne.
13:47En France, après la fermeture ou la reconversion de Flins,
13:51voici que Poissy est touché.
13:54Vous avez Valeo qui ferme, Bosch qui ferme,
13:56Dumaret, tous les grands sous-traitants commencent à être touchés.
13:59Nous avons une déroute des usines automobiles que nous allons subir.
14:03Monsieur Tavares, ancien patron de Stellantis, a même déclaré
14:06bientôt les Chinois vont racheter nos entreprises automobiles.
14:10Et pendant ce temps-là, les véhicules BYD chinois ne sont taxés qu'à 18%,
14:15c'est-à-dire quasiment rien.
14:17Donc, à quoi sert l'Union européenne ?
14:20Il n'y a pas grand-chose dans la tempête qui se lève.
14:22C'est ça que vous dites, à quoi sert l'Union européenne ?
14:25C'est la question que vous posez.
14:26Est-ce qu'on peut la réformer, la contourner ?
14:29Comment vous répondez à cette question ?
14:30On peut toujours dire et penser qu'on a besoin de l'Union européenne.
14:33Ça, c'est tout à fait juste. Bien sûr qu'on en a besoin.
14:35Mais nous n'avons vraiment pas besoin de celle-ci, si elle ne se ressaisit pas d'urgence.
14:40Et vous verrez que dans l'urgence actuelle et dans l'ambiance de défaisance de l'OTAN,
14:46les États membres seront probablement contraints de prendre des mesures de protection
14:51au lieu et place d'une Union européenne incapable et incompétente.
14:56Nous sommes obligés d'en tirer cette conclusion.
14:59Écoutez, Arnaud, très bon plaidoyer effectivement qui vont peut-être amener nos dirigeants
15:04effectivement à penser le temps long et à revoir effectivement cette promesse européenne.
15:11À l'instant, effectivement, des nouvelles déclarations de Donald Trump qui nous arrivent.
15:14On va prendre la direction de Washington pour retrouver Laurence Haïm, notre correspondante.
15:19Bonsoir, Laurence, effectivement, Donald Trump qui passe énormément, énormément de coups de fil
15:23et donc il assure un accord avec l'Iran d'ici un à deux jours, c'est ça ?
15:29Oui, absolument. Ce qui est intéressant, c'est que dans un de ses coups téléphones,
15:33Donald Trump a dit aux journalistes d'Axios, le plan de trois pages est totalement prêt
15:41pour mettre fin à la guerre.
15:43Les États-Unis débloqueraient 20 milliards de fonds iraniens bloqués
15:49en échange de l'abandon total de l'Iran, des stocks d'uranium enrichis.
15:55Ça, c'est une précision importante.
15:56Un autre journaliste, Donald Trump, a confié que l'OTAN était un tigre de papier,
16:02que l'OTAN n'avait pas fait assez.
16:04Et on sent toujours cette colère de Donald Trump contre les pays de l'OTAN.
16:07À une journaliste américaine, Donald Trump a déclaré
16:11« Je suis confiant dans ce deal, c'est presque terminé ».
16:15Et Donald Trump et ses conseillers ne cessent de répéter que si ce deal,
16:20comme ils le disent, aboutit, eh bien, il n'exclut pas que le président des États-Unis
16:25aille lui-même peut-être à Islamabad, au Pakistan.
16:28Donald Trump, hier, devant nos confrères de la Maison-Blanche, disait
16:32« Oui, j'envisage peut-être de le faire, je n'exclus rien ».
16:35En tout cas, communication extrêmement positive, mise en avant par Donald Trump
16:40ce matin depuis Las Vegas, depuis son hôtel, le Trump Tower, qui fait face à des casinos.
16:46Alors qu'ici, à Washington, lorsque vous téléphonez à des diplomates,
16:51au département d'État ou même au cabinet du vice-président J.D. Vance,
16:56la prudence reste un petit peu de mise.
16:58On confirme que J.D. Vance ira bien au Pakistan, à Islamabad,
17:03pour signer cet accord s'il doit être signé.
17:06Sur la date, personne ne sait.
17:08L'équipe de Vance parle du début de semaine.
17:10Donald Trump, lui, laissait entendre ce week-end.
17:13Donc on est là dans l'incertitude.
17:15Et puis comme on est avec Dorine Jarnias de l'autre côté,
17:18comme on dit de la Maison-Blanche,
17:19eh bien parfois, c'est vraiment bien d'être de l'autre côté
17:22pour vous montrer ce qui se passe de l'autre côté de ces gens
17:24qui sont au téléphone quelques secondes avec les journalistes.
17:28Regardez, il y a toujours maintenant des gens, de plus en plus,
17:32cette Amérique qui vient se mettre devant les grilles de la Maison-Blanche
17:35pour invoquer le 25e amendement de la Constitution.
17:39Et c'est toujours à surveiller ce 25e amendement de la Constitution
17:42parce qu'il y a une partie de l'Amérique qui ne veut pas de cette guerre.
17:46On le voit dans tous les sondages.
17:48Et je vous rappelle un fait.
17:49Donald Trump a déclenché la guerre sans avoir l'autorisation du Congrès.
17:54Il a jusqu'au 29 avril 60 jours pour agir.
17:57À partir du 29 avril, ce sera une toute autre histoire pour Donald Trump
18:02d'agir sans autorisation du Congrès américain.
18:06Merci, Laurent Saillement, direct de Washington avec Doreen Jarnias.
18:10Alors effectivement, depuis les annonces de Donald Trump,
18:12on signale quand même que les bourses bondissent,
18:15que le baril dégringole et que peut-être les Français
18:17s'attendent à souffler à la pompe.
18:19Mais sommes-nous vraiment tirés d'affaires ?
18:21On va en parler ce soir avec Arnaud Montebourg.
18:23Vous êtes face à Marc Toiti, économiste chez Etero,
18:26et à Thierry Bross, professeur à Sciences Po,
18:29spécialiste des questions énergétiques,
18:30pour se demander effectivement si on va pouvoir parler,
18:33en cas d'accord, d'un retour à la normale.
18:36Marc Toiti ?
18:37Malheureusement, non.
18:38C'est-à-dire que, d'enjeu déjà, il faut être très prudent
18:39puisque le baril peut baisser, peut remonter.
18:41Là, on est encore à 89 dollars.
18:42Le baril, c'est quand même très cher.
18:44Ça reste cher.
18:44On était à 60 dollars avant le début du conflit,
18:47du moins en fin d'année dernière.
18:48Ce qui veut dire qu'attention, il y a quand même un risque.
18:50Mais surtout, le danger, c'est que l'inflation est déjà là.
18:53C'est-à-dire qu'elle est déjà dans les tuyaux.
18:55Donc, ça va prendre énormément de temps avant de pouvoir l'évacuer.
18:57Donc, il y a des effets induits qui font que j'ai fait mes calculs très simples
19:00pour voir que progressivement, malheureusement,
19:02l'inflation française va atteindre 4% au cours des prochains mois.
19:06Et parallèlement, ce qu'il ne faut pas oublier,
19:07c'est qu'avant même la crise, ce conflit du moins,
19:11l'économie française, elle est déjà très mal.
19:13On avait des faillites d'entreprises qui étaient des sommets historiques,
19:16ce qui ne venait pas évidemment s'améliorer.
19:17Le chômage qui commençait à augmenter.
19:19Et donc, c'est ça le drame.
19:20Mais surtout, on n'a pas de marge de manœuvre pour relancer la machine.
19:23On a tellement augmenté la dette publique lorsqu'il ne le fallait pas
19:25qu'aujourd'hui, on aurait besoin justement de faire une relance,
19:28mais on n'a pas les moyens de le faire.
19:29Et c'est ça qui est très dangereux, malheureusement, pour l'avenir des Français.
19:32– Vous devriez envoyer vos indicateurs à Bercy, M. Toitier.
19:34– Ah ben, j'espère qu'il les voit.
19:35– Quand j'ai rencontré le ministre de l'Économie,
19:37que je salue, M. Roland Lescure,
19:39je lui ai dit, il y a quand même un problème
19:40avec 70 000 faillites dans ce pays,
19:43ce qui est un record historique depuis 1945.
19:47– Tout à fait.
19:47– Et il me répond, je n'ai pas d'indicateur,
19:50d'inquiétude sur l'économie française.
19:52Est-ce que M. Toitier, vous pouvez répondre à Roland Lescure ?
19:54– Clairement, d'autant que je le connais bien,
19:55parce qu'il était économiste, comme vous le savez.
19:57On a même failli travailler ensemble il y a quelques années.
19:59Mais c'est ça pour dire que, non, ce n'est pas sérieux.
20:01C'est-à-dire qu'on a aujourd'hui ce déni de réalité
20:03qui est évidemment dramatique.
20:06Et ces chiffres existent, ce sont les chiffres de la Banque de France.
20:08Donc, ce n'est même pas un cabinet.
20:09C'est la Banque de France qui, tous les mois,
20:12mesure effectivement ses faillites d'entreprise.
20:13Donc, au mois de février, nous avons 70 000.
20:15Mais à la rigueur, on peut dire, oui,
20:16mais il y a eu beaucoup de créations d'entreprises, etc.
20:18Si on regarde des faillites d'entreprises hors micro-entreprises,
20:22eh bien là, on se rend compte que c'est en train d'exploser.
20:23On est à 15 % au-dessus du sommet de la récession de septembre 2009.
20:29Vous vous rendez compte ?
20:29Donc, ça, c'est vraiment un signal extrêmement incroyable.
20:30On le voit sur le terrain.
20:32D'ailleurs, les tribunaux de commerce sont submergés.
20:34Ils n'arrivent plus à gérer les faillites.
20:36Dans les petits tribunaux de commerce, ils sont dépassés.
20:39La question, c'est, est-ce qu'on va se retrouver à devoir choisir
20:42entre tolérer une inflation plus forte, 4 %, 5 %,
20:46ou assumer le chômage et perdre encore des pans entiers de l'économie française ?
20:51Quelle est votre analyse sur le point jusqu'où nous pouvons aller dans l'inflation
20:56et la tolérer pour que mieux vaut que ça se passe en douceur ?
20:59C'est ce que je veux dire, éviter les dégâts économiques dans l'économie réelle.
21:02Le drame, c'est que le mal est déjà là.
21:04C'est-à-dire qu'avec, même aujourd'hui, on a 2 % d'inflation,
21:06mais n'oublions pas que cette inflation, elle vient après une période de forte inflation.
21:11Parce que la guerre, en 2022, quand il y a eu la guerre en Ukraine,
21:14c'est vrai que l'inflation a augmenté.
21:15Mais on partait d'une très faible inflation.
21:16Là, rendez-vous compte que depuis 2021,
21:19les prix en France et prix à la consommation ont augmenté de 20 %.
21:23Donc, quand on regarde l'énergie, 50 % de hausse.
21:26Dans l'alimentation, 30 % de hausse.
21:29Des hausses complètement folles.
21:30Évidemment, les salaires n'ont pas augmenté à l'aune de ces prix.
21:35Et donc, ce qui veut dire que pour beaucoup de ménages,
21:36parce que c'est ça, le drame.
21:37On nous dit, oui, l'inflation, ça va, c'est encore limité.
21:39Mais l'inflation, c'est une moyenne.
21:40Pour beaucoup de ménages, la situation est déjà catastrophique.
21:43Donc, on a déjà dépassé la ligne rouge.
21:45Donc, le danger, c'est qu'aujourd'hui,
21:48normalement, on devrait relancer la machine.
21:50Sauf que, comme on ne l'a pas fait,
21:51on a dépensé n'importe comment quand ça n'allait pas trop mal.
21:54Maintenant qu'on aurait besoin de relancer la machine,
21:55on n'a pas les moyens d'y arriver.
21:57Et donc, c'est ça qui est très dangereux.
21:58Alors, le remède, il est très simple.
21:59Le constat, il est là.
22:00Le remède, il est très simple.
22:01C'est l'héritage de dizaines d'années de incurie.
22:03Ça s'est quand même aggravé avec...
22:05On parle à M. Lescure, maintenant,
22:06je n'ai pas d'engagement politique.
22:07Enfin, c'est l'héritage d'une situation
22:09qui est quand même compliquée.
22:10Vous avez raison.
22:11Alors, quel remède ?
22:11Vous avez raison.
22:12Mais simplement, n'oublions pas que
22:13la situation s'est aggravée avec M. Macron.
22:15Depuis qu'il est arrivé au pouvoir,
22:17la dette publique a augmenté de 1300 milliards d'euros.
22:21Vous vous rendez compte ?
22:21C'est-à-dire 500 milliards de plus
22:23que l'augmentation de la richesse qu'on crée en France,
22:26augmentée de l'inflation.
22:27500 milliards, même 560 milliards d'euros
22:29qui ont disparu.
22:30Vous vous rendez compte ?
22:30Oui, mais c'est ça.
22:31Les remèdes.
22:31Les remèdes.
22:33Vous avez un ancien ministre de l'économie,
22:35effectivement, sur le plateau.
22:36Qu'est-ce qu'on peut faire pour empêcher ça ?
22:38Si j'avais à proposer quelque chose,
22:40merci beaucoup, Amiral, de me demander mon avis.
22:43C'est une émission qui est faite pour ça.
22:45C'est le lieu du Made in France.
22:46Moi, je privilégie la préservation
22:50de la santé des entreprises.
22:51Donc, j'accepterai un peu d'inflation
22:53pour faire passer ça.
22:54Donc, ça voudrait dire qu'il faut réouvrir
22:55les négociations sur l'alimentation,
22:59malheureusement, dans les supermarchés,
23:01puisqu'elles ont été clôturées au mois de février.
23:03Il y a un certain nombre d'éléments
23:05plutôt que d'avoir des entreprises
23:07qui se cassent la figure encore plus
23:09puisqu'on est en état d'urgence
23:11sur le plan économique, sur le terrain.
23:12Mais attention, la vie est très, très dure
23:14pour nos compatriotes et les ménages.
23:17Il suffit de se mettre dans une station-service
23:21et voir ce qui se passe.
23:22Et vous allez voir.
23:23Et de toute réclasse...
23:24Une petite question.
23:26Une petite question, juste parce qu'effectivement,
23:28vous rappeliez la difficulté pour les ménages
23:30de faire le plan, tout simplement.
23:31Thierry Bross nous a rejoint, professeur à Sciences Po,
23:34spécialiste des questions énergétiques.
23:35On voit bien que là, on va vers un accord.
23:37Est-ce que vous pensez que les prix à la pompe vont baisser ?
23:40On a vu une baisse timide du diesel.
23:42Ou au contraire, est-ce que le gouvernement,
23:44et je vous poserai la question,
23:45en de bon de beau dans un instant,
23:46va devoir prendre des mesures
23:47comme ses voisins européens ?
23:48Si les prix du pétrole baissent,
23:51finalement, ça va sauver le gouvernement.
23:53Et il pourra, effectivement,
23:55jouer sur le fait que ça baisse
23:57et donc que les Français,
23:59certains tomberont en pauvreté énergétique.
24:02La pauvreté énergétique va augmenter,
24:03mais que finalement...
24:04La pauvreté énergétique.
24:05Oui, la pauvreté énergétique,
24:06c'est quand vous avez 10% de vos revenus
24:09qui partent pour payer les factures énergétiques.
24:12Et ça, si on veut baisser la pauvreté énergétique,
24:14il n'y a que deux politiques.
24:17La première, c'est de faire de l'énergie abondante,
24:20bon marché et décarbonée.
24:21Et la deuxième, c'est d'aider
24:23ceux qui sont en pauvreté énergétique.
24:25Il n'y en a pas 50.
24:26Et je pense que le gouvernement,
24:29aujourd'hui, va,
24:30comme les caisses sont vides,
24:31pourra, effectivement,
24:32si le prix baisse,
24:34continuer à rester à ces niveaux-là,
24:36eh bien, ne pas faire grand-chose
24:37pour les automobilistes français.
24:39Il y a trois orientations dans l'Union européenne.
24:41Il y a ceux qui ont subventionné.
24:42L'Espagne a mis 5 milliards.
24:44L'Italie et le Portugal,
24:45un demi-milliard chacun.
24:47Donc, ce n'est pas rien.
24:48On peut faire beaucoup de choses
24:49avec un demi-milliard.
24:51En France, on n'a rien fait
24:52parce qu'on ne pouvait pas.
24:54Et puis, on ne voulait pas
24:56cantonner les marges des distributeurs
24:58parce que les distributeurs,
24:59c'est les derniers pompistes
25:00avant que ça ferme.
25:01Et surtout,
25:02on ne peut pas obliger
25:03un acteur économique
25:03de travailler à perte.
25:05Donc, la proposition
25:06du Front National dépensée,
25:08pardon,
25:08du Rassemblement National
25:09ou la proposition de LFI
25:11qui disait
25:11qu'il faut bloquer les prix
25:13et au risque de voir,
25:14finalement,
25:15des rationnements,
25:16ce qui s'est produit
25:17en Hongrie,
25:17en Serbie,
25:18dans d'autres pays
25:19au moment
25:20de la crise de l'Ukraine,
25:22étaient les deux points
25:23entre lesquels
25:24il fallait agir.
25:25Mais il n'y a rien eu.
25:26Donc, pour le moment,
25:27il y a un décret
25:27qui est passé en urgence
25:28au Conseil d'État
25:29où le gouvernement propose
25:30de limiter
25:31les marges
25:32et les profits
25:33des distributeurs.
25:34Mais,
25:35il n'est toujours pas sorti
25:36et les distributeurs
25:37font contre.
25:38Eux-mêmes ont proposé,
25:39je mets ça dans le débat,
25:41que les certificats
25:43d'économie d'énergie
25:44qui financent
25:4415 centimes par litre
25:46la rénovation énergétique
25:47puissent contribuer
25:49à l'effort national.
25:50Est-ce que c'est
25:51une bonne idée ?
25:51Déjà,
25:52je vais vous dire,
25:53on ne mettra pas,
25:53il y a 8 milliards
25:54de ces deux œufs.
25:56Je suis d'accord
25:57avec le gouvernement
25:57qu'il ne faut pas
25:58abandonner cette politique.
25:59Elle est peut-être
26:00mal exécutée,
26:01mais elle est de bonne alloi.
26:03Pourquoi ?
26:03Parce qu'elle sait
26:03enfin une politique
26:05et un moyen budgétaire
26:06de préparer le futur
26:07et l'avenir.
26:08Donc,
26:08il faut la défendre.
26:09Mais,
26:09moi,
26:10j'aurais préféré
26:10qu'on mette la moitié,
26:12c'est-à-dire 4 milliards
26:12sur les 8
26:13à financer
26:14des véhicules électriques
26:15pour les personnes
26:15qui sont en pauvreté énergétique.
26:17Qu'est-ce qu'a fait
26:18le gouvernement ?
26:18Ils ont proposé
26:19d'augmenter
26:20de 50 000 véhicules électriques,
26:22on en a 100 000
26:23en circulation,
26:24en leasing social,
26:25on pourrait faire
26:27avec cet argent
26:28300 000 véhicules.
26:29Et ces 300 000 véhicules,
26:31300 000 familles,
26:32franchement,
26:32je pense que ça se connaîtrait
26:34dans nos provinces.
26:37C'est ça le vrai enjeu,
26:38c'est que l'argent est là,
26:39mais il est mal utilisé.
26:40C'est-à-dire que,
26:40pour répondre à votre question,
26:41les mesures,
26:42elles sont simples.
26:42J'appelle ça
26:43une thérapie de choc
26:43bienveillante.
26:44Parce que là,
26:44évidemment,
26:45on essaye d'arranger
26:46ici ou là,
26:46il faut une vraie politique
26:48d'ensemble,
26:49réduire massivement
26:50la fiscalité.
26:51Nous sommes numéro 1
26:52du monde de la fiscalité.
26:53Réduire pour les entreprises,
26:54bien sûr,
26:55également pour les ménages,
26:56par exemple la CAG,
26:57et dans le même temps,
26:57réduire les dépenses publiques.
26:59C'est ça,
26:59aujourd'hui,
26:59le problème.
27:00Alors, pas les dépenses sociales,
27:01bien sûr,
27:01mais qu'est-ce qui a augmenté
27:02le plus ces dernières années ?
27:04Ce ne sont pas les dépenses sociales
27:05qui ont augmenté de 15 %
27:06en France depuis 2021.
27:07Ce qui a augmenté le plus,
27:08ce sont les dépenses
27:09de fonctionnement.
27:1024 % de hausse.
27:11Rendez-vous compte,
27:13106 milliards d'euros
27:14d'augmentation
27:15des dépenses de fonctionnement
27:16depuis 2021.
27:17Là, il y a quand même
27:18du gras à moudre,
27:18comme on dit.
27:19Donc, encore une fois,
27:20on ne peut pas,
27:20aujourd'hui...
27:21Il faut qu'on vous envoie
27:22à Bercy, M. le Président.
27:23Avec plaisir,
27:23mais si on me laisse prendre
27:25les bonnes mesures,
27:26j'ai envie de dire.
27:26Parce que c'est ça le drame.
27:27Les bonnes mesures existent.
27:29Réduire notamment
27:29les charges qui pèsent
27:30sur les salaires,
27:31augmenter les salaires nets.
27:32Donc, tous les Français
27:33en bénéficieraient.
27:34Les mesures existent.
27:35Il faut avoir le courage
27:35politique de le faire.
27:36Mais nous, malheureusement,
27:37on a une sorte de dogmatisme
27:38qui fait qu'on n'y arrive pas
27:40et on essaye de résoudre
27:41les problèmes.
27:41On vous a dit,
27:42quand même, c'était énorme.
27:43Vous n'avez qu'à utiliser
27:44vos tickets restaurant
27:45le dimanche.
27:46On est contre ce mépris incroyable.
27:48On a une inflation qui explose,
27:49le chômage qui flambe,
27:50les entreprises qui font faillite.
27:51Et le gouvernement nous dit
27:52vous allez pouvoir utiliser
27:53vos tickets restaurant le dimanche.
27:55Attendez.
27:55On a fait des questions.
27:56Qu'est-ce que vous en pensez, monsieur ?
27:57Non, mais sur les CE,
27:59vous avez raison.
27:59On les a fortement augmentés
28:01en plus au 1er janvier.
28:02Donc, on aurait pu revenir
28:03sur cela qui, en plus,
28:05était quelque chose
28:05qui n'est pas passé au Parlement.
28:06De combien de centimes par litre
28:07on les a augmentés à votre avis ?
28:09Ils sont passés
28:10d'un peu moins de 10 centimes
28:12à 15 centimes par litre.
28:15Et donc, on pouvait effectivement
28:17revenir sur ça en ce moment.
28:18Et puis, deuxièmement,
28:19je crois que c'est la thérapie,
28:22elle est qu'il va falloir
28:23déshabiller Pierre
28:23pour essayer de proposer
28:26du pétrole un peu moins cher
28:27aux Français.
28:28Et moi, je rajouterais un élément
28:29parce que si on veut faire
28:30la transition énergétique,
28:31là où il faudrait
28:32que l'État s'engage,
28:33il aurait dû le faire en 2022,
28:35votre idée,
28:35on aurait dû essayer
28:36d'électrifier au maximum.
28:39Mais il faut aussi
28:40que l'État dise
28:41que l'électricité
28:42est un bien
28:43de première nécessité
28:44et qu'on arrête
28:45de le taxer au maximum
28:47comme on le fait aujourd'hui.
28:48Donc, il y a aussi ça.
28:49Il faut regarder
28:49la transition énergétique
28:50en essayant de taxer le vice
28:52et pas la vertu.
28:54Alors, pour le vice
28:55et la vertu,
28:56nous sommes très bons
28:57ici,
28:58mais qui nous départagera ?
29:00C'est toujours
29:01le même problème.
29:02En tout cas,
29:03ici, c'est un lieu
29:04où on cherche
29:05des solutions collectivement.
29:06Donc, il s'en dégage
29:07quelques-unes.
29:08Vous voyez, Amiral,
29:09il y a des solutions
29:10qui arrivent
29:10au bord de la table.
29:11Je ne sais pas
29:11si vous allez y arriver
29:12avec votre économiste.
29:14Fait-il un bon ministre ?
29:15Je ne crois pas.
29:16Je ne crois pas.
29:17Ça ne suffira jamais.
29:18Ça ne suffira jamais ?
29:20Vous dites ?
29:20Pour être un bon ministre,
29:22ça ne suffit jamais.
29:23Vous comprenez ?
29:23Mais on espère que quand même...
29:25Donc, si on avait à faire
29:26un round-up des solutions,
29:28finalement, vous pensez quand même
29:29que le gouvernement
29:30a eu raison
29:31de jouer la montre
29:32et de ne pas...
29:33Je ne crois pas ça.
29:34Je pense qu'il aurait pu
29:35encadrer très tôt,
29:37c'est-à-dire il y a un mois.
29:38Ça a été fait
29:39dans d'autres pays européens,
29:40d'ailleurs.
29:40En Autriche, ils l'ont fait.
29:41Ils ont fait une policy mixte.
29:42Ils ont fait la subvention
29:45à la pompe
29:45plus l'encadrement des marques.
29:48Franchement,
29:48on aurait pu le faire très tôt
29:50pour éviter la flambée.
29:51Quand vous êtes à 2,20 le litre,
29:54ça fait un prélèvement considérable.
29:56À chaque fois que vous vous déplacez,
29:58vous faites 800 kilomètres,
30:00vous payez 30 euros de plus.
30:01Vous ne prenez plus votre voiture
30:02pendant les vacances de Paris.
30:03N'oubliez pas que 60%
30:04du prix à la pompe en France
30:05ce sont des taxes.
30:07Donc c'est ça le problème.
30:08On paye la TVA à 20%,
30:09mais on paye également la TVA
30:11sur la taxe sur les produits pétroliers.
30:13Il n'y a qu'en France qu'on a ça.
30:15Donc là, on aurait pu,
30:16ce qu'ont fait certains pays,
30:17réduire au moins la taxe
30:18qui pèse sur la taxe.
30:19Est-ce que la TVA
30:20qui pèse sur la taxe ?
30:21Oui, c'est la taxe qui monte
30:22avec la montée du prix.
30:24Oui, vous payez la TVA.
30:24C'est-à-dire qu'en fait,
30:25l'État gagne de l'argent
30:27grâce à la prise.
30:28Vous avez la TVA
30:30qui pèse également
30:31sur la taxe
30:32sur les produits pétroliers.
30:33Mais vous êtes en train de dire,
30:34Marc Coati,
30:34que peut-être,
30:35on se souvient que Marine Le Pen
30:36avait dit que l'État
30:37a profité de cette crise.
30:39Vous trouvez que oui ?
30:40Le problème, c'est que
30:40c'est un profit de court terme,
30:42mais à moyen terme,
30:42c'est une catastrophe.
30:43Parce que si les prix
30:44continuent d'augmenter
30:44comme ça sur l'énergie,
30:46je l'évoquais tout à l'heure,
30:46c'est-à-dire qu'il y a
30:47moins de pouvoir d'achat
30:47pour le reste,
30:48donc moins de consommation,
30:49donc moins de croissance,
30:50plus de chômage
30:51et moins de rentrée fiscale.
30:53Donc c'est une vision
30:54de très court terme.
30:55C'est ça qui est quand même
30:55très choquant.
30:56Donc d'où mon enjeu,
30:58ma thérapie de choc.
30:59Il faut avoir une politique
31:00beaucoup plus large.
31:01On peut encore sauver la France.
31:02Encore faut-il avoir
31:03la volonté politique.
31:04Mais je suis désolé de le dire,
31:04les dirigeants actuels,
31:05en tout cas,
31:06ne montrent pas cette volonté
31:07pour sauver la France.
31:08On a déjà 5% de déficit.
31:105,2% même,
31:11selon l'État.
31:12C'est dramatique d'ailleurs.
31:13Donc on peut sauver la France.
31:15Que peut-on lâcher
31:16et diminuer les taxes,
31:16ça veut dire augmenter le déficit.
31:17Non, si vous baissez
31:18les dépenses de fonctionnement,
31:20et bien à ce moment-là,
31:20vous avez un déficit.
31:22En tout cas,
31:22moi je voudrais rester
31:23sur une note positive ce soir.
31:25Ne nous rappelez pas
31:26le montant du déficit,
31:28Amiral,
31:28sinon je vais m'événuer.
31:29Ressence cette note positive
31:31de Marc-Laudet
31:32qui dit
31:32on peut sauver la France.
31:34Arnaud, vous êtes convaincu
31:35qu'on peut sauver la France ?
31:36Nous pouvons faire
31:37de grandes choses.
31:38D'abord parce qu'on a
31:38un cerveau collectif
31:40qui n'est pas utilisé.
31:41Et il y a des gens
31:42très intelligents
31:43qui parfois font
31:44beaucoup de bêtises.
31:45Mais il y a aussi
31:46des gens qui ont
31:47beaucoup de bon sens,
31:48qui malheureusement
31:49n'accèdent pas
31:49à la capacité
31:50de prendre des décisions.
31:51C'est un peu l'esprit
31:52de cette émission,
31:53donner la parole
31:54à ceux qui ne l'ont pas.
31:55On finira par y arriver
31:56et faire sortir des idées
31:57qui viennent de là
31:58où elles ne viennent jamais.
32:00Donc bienvenue à bord.
32:01On finira par y arriver,
32:02j'en suis persuadé.
32:03On va y arriver.
32:03C'est certain,
32:04les Français en ont vu d'autres.
32:05On ne vous demande pas
32:06les personnes
32:07qui font des bêtises
32:08de donner des noms.
32:09Ce n'est pas tellement
32:10l'esprit de l'émission.
32:11Non, ici c'est...
32:12Je peux vous poser une question ?
32:13Ah oui, monsieur Gosselin.
32:14C'est une déclaration
32:14du patron de Total,
32:16monsieur Pouyannet,
32:17à propos du Golfe,
32:19qui a dit
32:20« Moi, je suis d'accord
32:20pour payer une compensation
32:21pour qu'on laisse passer
32:22mes pétroliers. »
32:24C'est une bonne idée ?
32:25Pour l'économie,
32:26quand même.
32:26C'est une mauvaise idée
32:27et ce n'est d'ailleurs
32:28pas la position de la France.
32:29Vous en pensez quoi ?
32:30C'est-à-dire qu'il a gagné,
32:30Total a gagné un milliard
32:32grâce à des manœuvres spéculatives
32:34de son bureau
32:36de traders très talentueux.
32:39Il est très difficile,
32:40vous savez,
32:41d'appréhender
32:41par les taxes
32:42sur les super profits
32:44puisque Total
32:45est une entreprise
32:45multinationale
32:46et qu'elle fait
32:47des pertes en France
32:49donc elle ne consolide.
32:51Non, mais ce que je veux vous dire
32:52c'est que Total
32:53est difficile à attraper.
32:56Eh bien, justement,
32:57on va inviter le patron
32:58de Total
32:59à venir.
32:59Je voudrais bien parler
33:00avec Pouyannet lui-même.
33:02Et voilà,
33:02l'invitation est lancée.
33:04On se retrouve
33:05la semaine prochaine
33:06pour Made in Montebourg
33:07vendredi 19h
33:08où on retrouvera
33:09effectivement peut-être
33:10on l'espère
33:10un format plus classique
33:11avec des génies
33:12du Made in France
33:12mais ils étaient tous là,
33:13tous là,
33:13les génies du Made in France.
33:15Merci de nous avoir suivis
33:16tout de suite,
33:16c'est le 20h de BFM.
33:17Sous-titrage Société Radio-Canada
33:18Sous-titrage Société Radio-Canada
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