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  • il y a 11 minutes
Arnaud Montebourg intervient chaque vendredi aux côtés de Paola Puerari pour livrer son analyse sur les grands enjeux économiques et géostratégiques, notamment en termes de souveraineté industrielle & énergétique de la France et de l’Union Européenne, au cœur de L’actualité.

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Transcription
00:00Le détroit d'Hormuz qui est toujours paralysé et qui a des conséquences pour vous à la pompe.
00:04Sébastien Lecornu, le Premier ministre, a pris la parole et il a annoncé évidemment un grand plan pour la France
00:10pour l'électrification.
00:12En gestion de crise, il faut être avant tout pragmatique.
00:16C'est donc agir vite et les services de l'État, vous le savez, contrôlent tous les jours les marges,
00:23les délais, les prix.
00:24Quand les cours du carburant baissent, les prix doivent baisser aussi en station, aussi vite que lorsqu'ils ont augmenté.
00:33C'est une question de justice, c'est une question de transparence, c'est aussi une question de bon sens.
00:38Parce que gérer une crise, c'est garder son sang-froid, ne céder ni à la panique, ni à la
00:44démagogie.
00:45Voilà les premières leçons de la crise énergétique de Sébastien Lecornu.
00:50Il est 19h sur BFM TV et c'est l'heure de votre nouveau rendez-vous.
00:53« Made in Montebourg ». Bonsoir Arnaud Montebourg.
00:56Bonsoir Paola.
00:57Comment allez-vous, j'ai envie de dire, toujours mieux que la France ?
00:59Mieux que la France.
01:00Mieux que la France qui est en route vers l'électrification.
01:03Je rappelle que vous êtes ancien ministre de l'économie, aujourd'hui entrepreneur retiré de la vie politique
01:08et que ici, dans votre émission « Made in Montebourg », on parle de souveraineté.
01:12Et justement, Sébastien Lecornu a eu des mots très forts.
01:15L'énergie est un enjeu de sécurité nationale, un rapport de force si on ne veut pas dépendre des guerres
01:21des autres.
01:21C'est tout à fait juste.
01:23C'est vrai que la conception européenne de l'énergie, c'est un marché libre, ouvert au monde.
01:29Et nous sommes donc soumis au prix.
01:32Et là, on découvre la souveraineté.
01:34Donc le prix, peu importe, ce qui compte, c'est l'approvisionnement, le contrôle de la matière première, le contrôle
01:39du gaz.
01:40Et donc là, il y a un problème parce que les prix s'envolent.
01:44Alors comment fait-on ? Parce qu'on dépend des autres.
01:45Le détroit d'Ormuse en est un exemple très difficile.
01:49Et quand on n'a pas préparé cette fin de la dépendance, on se retrouve pris dans une crise avec
01:54pas d'argent dans la caisse.
01:56Donc vous avez un gouvernement aujourd'hui qui n'a pas préparé le long terme.
02:00Il a fait des plans sur la comète, ce qu'on appelait les plans pluriannuels, les programmations pluriannuels d'énergie.
02:07Excusez-moi, ce sont des acronymes barbares.
02:10Et il a fait donc une programmation, mais dans les faits, il n'y a pas eu de précautions qui
02:15ont été prises.
02:16Alors c'est intéressant parce que les Chinois, c'est intéressant parce qu'eux, c'est les grands planificateurs, c
02:20'est le parti communiste chinois.
02:21Donc eux, ils font des plans sur 10 ans et les exécutent.
02:24Ils ont décidé, eux, il y a 10 ans, de se débrouiller pour ne plus être dépendants de tout le
02:30pétrole importé de l'Arabie saoudite.
02:31Et ils ont donc converti ça en véhicules électriques.
02:34Donc ils se sont mis à faire des véhicules électriques.
02:36Alors pour les véhicules électriques, il faut les produire.
02:39Donc ça, les usines, ils les ont comme nous les avons.
02:41Et il faut des consommateurs.
02:43Et les consommateurs, ils ont été priés d'acheter des véhicules électriques chinois.
02:46Alors chez nous, on a fait le leasing social.
02:47Alors c'est plus facile quand on est un parti communiste, effectivement.
02:50Exactement, exactement.
02:51Je vous le disais dans les mille.
02:52Mais en fait, là, il n'y a plus d'argent dans les caisses.
02:54Donc comment on fait pour arriver à convertir les 11 millions de chaudières à gaz et au fioul,
03:01les 39 millions de véhicules thermiques, de voitures avec de l'essence,
03:05il y en a, 30 millions, 1 million de véhicules électriques.
03:08Alors le gouvernement, les gouvernements précédents ont inventé le leasing social,
03:12qui est une très bonne mesure,
03:13ce qui permet aux personnes qui n'ont pas les moyens d'acheter des véhicules électriques trop chers,
03:18de se les payer avec un soutien de l'État.
03:21Alors je rappelle effectivement, donc 1 million de véhicules électriques
03:24électriques et cet élargissement des aides, finalement.
03:27Parce qu'avant, le leasing social, c'était pour les foyers les plus précaires.
03:30Mais maintenant, ça va être élargi à des professions qu'on appelle les gros rouleurs,
03:34comme les infirmiers, etc.
03:35Donc ça, c'est plutôt une bonne chose quand même,
03:37dans le sens de la planification, dans l'indépendance énergétique.
03:41Alors c'est très bien, sauf que le nombre de véhicules électriques en leasing social
03:45va être limité à 50 000.
03:46Donc on a aujourd'hui 100 000 leasing social, c'est tout.
03:51Il en faudrait, alors j'ai fait quelques calculs,
03:53je me permets de temps en temps de prendre la calculette,
03:56pour réduire d'un quart la consommation à la pompe,
03:59il faudrait 8 millions de véhicules électriques.
04:01Et la France économiserait 5 milliards d'importations, environ, de pétrole,
04:05avec les entrées et les sorties.
04:07Donc ici, on est à 50 000 par an.
04:09Donc là, on n'y est pas.
04:11Donc pour passer de 50 000 à 8 millions,
04:13il faudrait investir déjà 2 milliards, si on arrivait à les mettre,
04:17ce serait seulement 300 000 véhicules électriques.
04:19Donc on voit bien qu'on n'y est pas.
04:21Et pourtant, c'était la solution préconisée par Jean-Marc Jancovici,
04:25qui est venu ici il y a quelques semaines, disant
04:26plutôt que de diminuer la TVA sur le carburant
04:30qui arrose tout le monde, même des gens qui n'en ont pas besoin,
04:33mieux vaut soutenir le leasing et le véhicule électrique,
04:36ce qui est une solution adaptée aux personnes
04:39qui n'ont pas les moyens de soulever les véhicules électriques.
04:40– Voilà, et bien on demandera à votre invité
04:43qui sera face à vous tout à l'heure,
04:44Jean-Philippe Tanguy du Rassemblement National,
04:47si ça lui convient,
04:48s'il pense que ça va éteindre la grogne des Français à la pompe.
04:51Et on demandera aussi au patron de Renault,
04:54le nouveau patron de Renault, François Provo,
04:56qui sera votre invité dans une petite minute.
04:58Justement, comment est-ce qu'on convertit
05:00ces millions d'automobilistes à l'électrique ?
05:02Il fera des annonces sur la Twingo électrique
05:05à moins de 20 000 euros, ça sera dans une petite minute.
05:07Mais revenons à la guerre, Arnaud Montebourg,
05:09effectivement, à cette guerre
05:10et se cesser le feu très très fragile.
05:13Alors on se souvient que Donald Trump
05:15a fait quand même des déclarations très dures
05:16envers l'Alliance,
05:18en disant que l'OTAN était un tigre de papier,
05:20effectivement, que nous étions les Européens des lâches.
05:23Et qui a-t-on vu arriver à Washington ?
05:25Eh bien c'était Marc Routteau,
05:27le secrétaire général de l'OTAN,
05:29qui a été reçu à la Maison Blanche.
05:32Très intéressant de voir Marc Routteau,
05:33effectivement, faire cette diplomatie
05:35de la cajolerie très chère à Trump.
05:38Pour vous, c'est de la diplomatie
05:39ou de la capitulation vis-à-vis de Donald Trump ?
05:41Si vous voulez, Marc Routteau est la deuxième figure
05:44de l'humiliation des Européens face à Trump.
05:47Je rappelle que Trump a voulu annexer de force
05:49le Groenland, qui est une terre européenne,
05:52sous souveraineté danoise,
05:54qui nous a infligé des droits de douane unilatéraux
05:56de 20% sur tous nos produits,
05:58sans que nous, nous puissions répliquer,
06:00qu'il nous raquette notre épargne,
06:02et qu'en plus, il nous demande
06:04d'acheter du gaz à prix prohibitif
06:08au lieu et place du gaz russe.
06:09Pourquoi vous dites qu'il nous raquette notre épargne ?
06:12Eh bien parce que quand Mme von der Leyen
06:13est allée sur le golfe du Turnberry,
06:16en Irlande, rencontrer Donald Trump,
06:19M. Trump a dit que vous allez être obligé
06:21de nous transférer 650 milliards d'épargne
06:25sur les 7 ans à venir.
06:26Je crois même 4 ans à venir.
06:27Donc en fait, déjà, notre épargne finance
06:31la tech américaine et la richesse
06:33et l'enrichissement américain.
06:34Nous n'investissons pas notre épargne
06:36suffisamment en Europe et particulièrement en France.
06:38Donc nous avons un problème,
06:40c'est que notre épargne, elle migre vers les États-Unis
06:42et vous avez un président des États-Unis
06:44qui veut le mettre sur le papier,
06:46le rendre obligatoire,
06:47et vous avez une présidente de la Commission européenne,
06:50Mme von der Leyen, qui dit d'accord.
06:52Voilà, sans aucun mandat.
06:53Donc M. Routte, quand il est allé dire
06:55« M. Trump est notre daddy »,
06:58c'était une humiliation supplémentaire
07:00pour l'Union européenne.
07:01Pourquoi ?
07:01Alors je voudrais vous dire pourquoi.
07:03Parce que quand vous regardez
07:04ce que fait Trump,
07:05il respecte beaucoup mieux ses adversaires
07:08que ses alliés,
07:09il respecte beaucoup plus la force
07:10que les courbettes,
07:11et quand on fait une cartographie,
07:13je me suis employé à cet exercice,
07:15une cartographie de l'ensemble
07:17des droits de douane selon les pays
07:19en regardant le degré de résistance
07:21que ces pays ont opposé.
07:22Eh bien, vous avez le résultat
07:23qui est très intéressant.
07:25En vérité, la Grande-Bretagne,
07:26la Corée du Sud et Taïwan,
07:28qui sont des pays qui n'ont pas du tout capitulé,
07:31qui ont le mieux résisté,
07:33qui ont négocié dans la longueur,
07:34ont obtenu les meilleurs résultats.
07:36Ceux qui ont capitulé,
07:37ils se sont fait désausser par Trump.
07:39C'est le cas de l'Union européenne.
07:40Donc M. Routte,
07:42ancien Premier ministre de la Hollande,
07:44donc ce n'est pas n'importe qui,
07:46qui va surnommer M. Trump de daddy,
07:49est en train de nous enfoncer.
07:50– Donc, on imagine que la daddy-diplomatie,
07:53ça ne va pas forcément fonctionner selon vous,
07:56et néanmoins, on se met à la place
07:58du secrétaire de l'OTAN
07:59qui craint que les Américains quittent l'OTAN.
08:02Est-ce que pour vous, c'est une hypothèse ?
08:03– Je crois que ça devient sérieux.
08:06Ça devient sérieux parce que les déclarations
08:08se multiplient du côté américain.
08:10Je note que le président américain a dit
08:12« J'envisage sérieusement de me retirer de l'OTAN ».
08:14Il a dit « Ma décision est irrévocable ».
08:16Alors, l'irrévocabilité chez Trump
08:18est tout à fait relative.
08:20Marco Rubio, le secrétaire d'État américain
08:22à la Défense, a refusé
08:24de réaffirmer l'engagement des États-Unis.
08:26Il a considéré que l'OTAN
08:28était une rue à sens unique.
08:30C'est-à-dire, si nous ne pouvons pas
08:32utiliser nos bases quand on en a besoin,
08:34comme ça nous chante,
08:35il n'y a plus d'OTAN pour nous.
08:36Alors, ce qui est intéressant,
08:38c'est qu'il y a une particulière mauvaise foi
08:39des États-Unis dans cette affaire
08:40de la guerre de l'Iran.
08:41Pourquoi ?
08:42Parce que l'OTAN est un traité,
08:44il faut le rappeler à ceux qui nous écoutent,
08:45un traité de défense mutuelle.
08:47Ce n'est pas un traité d'attaque mutuelle.
08:50C'est quand l'un des membres de l'OTAN
08:52est attaqué
08:53qu'on utilise l'article 5,
08:55c'est-à-dire « Venez à mon secours
08:56parce que je suis attaqué ».
08:58Là, personne n'a été attaqué.
08:59Je rappelle que ce sont les États-Unis
09:01qui ont attaqué tout seuls,
09:02sans d'ailleurs partager leurs intentions
09:06avec leurs alliés de l'OTAN.
09:08Enfin, sujet tout à fait intéressant,
09:10c'est que les États-Unis ont déjà mené des guerres
09:13sans l'OTAN.
09:15Le Vietnam, ça a été fait sans l'OTAN.
09:16Et quand ils ont été attaqués,
09:18après l'attaque des Tours
09:20du mois de septembre 2001,
09:24ils ont invoqué l'article 5
09:26et l'article 5 a conduit les alliés
09:28à les accompagner en Afghanistan.
09:29Je rappelle que 1 100 soldats alliés
09:32ont été tués dans cette guerre
09:33et 90 Français soldats ont perdu la vie
09:38dans cette guerre de l'OTAN.
09:41Et donc, on voit bien comment
09:43les États-Unis sont de mauvaise foi
09:45parce qu'ils utilisent finalement un traité
09:47en lui faisant dire ce qu'il ne dit pas
09:51pour ensuite reprocher aux Européens
09:52de ne pas être au rendez-vous.
09:53Alors, il y a un petit sujet
09:55sur la fin de l'OTAN.
09:57C'est la phrase que j'aime beaucoup
09:59de Nietzsche qui dit
09:59« Dieu est mort,
10:01ne sentons-nous pas le souffle du vide,
10:04ne fit-il pas plus froid ? »
10:05Oui, ils ont tous peur,
10:07les dirigeants européens.
10:08Ça veut dire que l'OTAN est mort
10:09pour vous quasiment ?
10:10Donc, ça veut dire qu'il va falloir
10:11se débrouiller tout seul.
10:13Oui, c'est vrai.
10:13Et il va falloir se sevrer
10:15du parapluie américain,
10:17des dépenses militaires américaines.
10:20Il va falloir financer nous-mêmes
10:21notre propre défense.
10:22Et c'est peut-être une chance aussi
10:24pour l'Europe de se rendre en main.
10:25C'est aussi peut-être une chance
10:26pour la France de se resituer
10:27au centre de l'Union européenne,
10:28ce qu'elle n'est plus.
10:29Effectivement, c'est peut-être
10:30une chance pour la France.
10:32Cette guerre, c'est à peu près
10:33ce qu'a dit Sébastien Lecornu,
10:34le Premier ministre,
10:35dans son allocution à 18h,
10:36quand il a tenu les premières leçons
10:38de cette crise,
10:39cette planification électrique.
10:42Effectivement, cette guerre nous a rappelé
10:43à quel point nous étions
10:44dépendants du pétrole.
10:45Et la France a un atout.
10:47C'est vous, monsieur.
10:48Venez nous rejoindre.
10:49Bonsoir, monsieur.
10:49L'atout de la France, c'est Renault.
10:51La marque au losange vient de dévoiler
10:53son futur plan rédit,
10:55objectif 100% des ventes électrifiées
10:57en 2030.
10:58Alors, on va rappeler votre parcours, monsieur.
11:01Vous êtes le nouveau patron de Renault Group.
11:03Vous succédez à Lucas Desmeaux
11:05à la tête d'un empire.
11:06La marque au losange est présente
11:07dans plus de 100 pays,
11:0926 sites de production,
11:10100 000 collaborateurs,
11:122,3 millions de véhicules vendus l'an dernier,
11:1557 milliards de chiffres d'affaires.
11:17L'homme qui est à l'arène de cette entreprise,
11:19c'est vous.
11:20Vous avez entendu le Premier ministre Sébastien Lecornu
11:22annoncer effectivement que 2 véhicules sur 3
11:24devaient être électriques en 2030.
11:26Bonne nouvelle ?
11:27Oui, bonsoir.
11:28Oui, je pense que c'est une bonne nouvelle
11:30parce que nous avons fait le choix de l'électrique
11:33et nous avons fait le choix de l'électrique
11:35en particulier en France.
11:36Donc, je pense que le train de mesures
11:39annoncées par le Premier ministre,
11:40ce sont de bonnes mesures
11:42qui permettent structurellement
11:44d'accélérer l'électrification du parc.
11:46Ce sont de bonnes nouvelles.
11:47Est-ce que ça va assez loin, par exemple,
11:49pour le leasing social ?
11:50Ça a été ouvert à des professions
11:51comme les infirmiers ?
11:52Est-ce que vous auriez aimé
11:53que l'État aille encore plus loin
11:55dans l'incitatif ?
11:56Non, moi je pense que
11:57ce qu'a fait l'État depuis plusieurs années,
12:00c'est-à-dire de mettre en place
12:01des aides de façon stable,
12:03permettant aux clients
12:05de s'habituer de plus en plus
12:07à l'électrique,
12:09le point qui est nouveau dans les annonces,
12:11c'est une annonce
12:12sur les véhicules utilitaires.
12:13Je trouve que c'est une excellente mesure
12:15parce que c'est là
12:15qu'on a le plus de mal
12:16à convaincre les clients.
12:18Donc je pense que le plan
12:19est équilibré,
12:20les biens vont dans le bon sens.
12:21Alors, on a un problème
12:22avec la Chine,
12:23vous le savez,
12:24monsieur le directeur général,
12:25c'est que les Chinois
12:26sont en train de nous envahir.
12:29Vous avez des parts de marché
12:30qui accentuent
12:33des constructeurs chinois,
12:34BYD notamment,
12:35et tous les constructeurs européens
12:37sont assez inquiets.
12:39Volkswagen vient de licencier
12:4035 000 personnes,
12:41vous avez les premiers plans sociaux
12:43dans l'industrie
12:44de la sous-traitance en France,
12:46Valeo,
12:48Bosch,
12:49et combien d'autres partout,
12:50des petites entreprises
12:51de rang 1,
12:52de rang 2,
12:52de rang 3.
12:52Donc on commence à voir
12:54les atteintes
12:55de, j'allais dire,
12:57l'invasion industrielle
12:59des produits chinois,
13:00qui ne sont absolument pas contenus
13:02par des barrières tarifaires.
13:03L'Union européenne met 18%,
13:05je crois,
13:06sur les véhicules chinois,
13:08alors qu'on a pris l'habitude,
13:11quand on avait des problèmes
13:12de dumping avérés,
13:13comme c'est le cas
13:14des véhicules chinois aujourd'hui,
13:17par exemple,
13:17pour les véhicules japonais
13:18ou les véhicules coréens,
13:19il y a eu des quotas d'importation
13:20qui ne viennent toujours pas
13:21du côté de l'Union européenne.
13:23Comment Renault va faire
13:24pour relever le défi de l'électrique,
13:27alors que les véhicules électriques,
13:28avec une bonne avance technologique
13:29des prix cassés,
13:32sont en train de prendre
13:33toutes nos parts de marché
13:34et de détruire notre industrie ?
13:36Je rappelle que votre ancien collègue
13:37Carlos Tabarez,
13:38qui était à la tête de Stellantis,
13:39a prédit une chose terrible,
13:40il a dit
13:40les chinois vont racheter
13:42nos entreprises
13:42parce que nous n'allons pas survivre.
13:44Ça, c'est le tableau noir.
13:45Comment vous faites avec Renault
13:47pour relever ce défi ?
13:48Parce qu'on en a besoin.
13:49Vous êtes la France,
13:50Renault, c'est la France,
13:51et vous êtes un très bon
13:53made in France,
13:54même si on aimerait
13:55que ça s'améliore.
13:5538 000 salariés sur le sol,
13:57500 000 véhicules produits en France.
14:00Prenons les choses en l'ordre.
14:01Le premier problème
14:03de l'industrie automobile en Europe,
14:05c'est la baisse du marché.
14:06Et c'est la baisse du marché
14:08parce qu'on vit
14:08un tsunami de réglementation
14:11et ça, ça ne va pas
14:11dans le bon sens.
14:12Donc ça, c'est quand même
14:12le premier des sujets
14:14sur lequel on doit le traiter
14:16d'une façon ou d'une autre.
14:17C'est vrai que
14:18l'industrie automobile chinoise
14:20a pris de l'avance.
14:22Et c'est vrai qu'aujourd'hui,
14:24on a une agressivité très forte,
14:27les produits sont très bons,
14:28les technologies sont bonnes.
14:29Donc ce que nous,
14:30nous faisons en tant que Renault,
14:31c'est d'avoir un plan
14:33pour rattraper.
14:35Comment vous allez faire ?
14:36D'abord, on assume
14:38et on accepte
14:39de comprendre et de copier.
14:41Donc on a un centre
14:43de développement en Chine
14:43pour comprendre
14:45comment l'industrie chinoise
14:46est en avance,
14:47l'appliquer.
14:48Twingo,
14:49que nous lançons en ce moment,
14:50a été en grande partie
14:51développé en Chine
14:51pour la développer
14:52en deux ans
14:53et pour apprendre.
14:54Et maintenant,
14:54l'ambition de Renault,
14:55et là,
14:56je retombe sur le Made in France,
14:57c'est d'arriver à faire
14:59en France,
15:00en deux ans,
15:01tous nos véhicules à l'avenir
15:03avec nos ingénieurs
15:04au technocentre,
15:05avec nos sous-traitants.
15:06C'est ça l'enjeu de notre plan,
15:07c'est ça notre stratégie.
15:08Alors cette Twingo électrique,
15:09expliquez-nous,
15:10elle va être chère ou pas chère,
15:11elle va être comment ?
15:13Vous qui l'avez faite en deux ans
15:14dans les bureaux chinois,
15:15mais vous allez,
15:16elle est assemblée en Slovénie,
15:18c'est pas tout à fait Made in France.
15:19C'est Made in Europe,
15:20c'est déjà ça.
15:20C'est Made in Europe.
15:21Oui, mais alors,
15:22comment vous allez faire ?
15:23Expliquez-nous.
15:24D'abord,
15:25c'est une vraie Twingo.
15:27Tu vas dire les défauts ?
15:28Que tu veux dire ?
15:29Ça veut dire qu'elle ressemble
15:31à une Twingo,
15:32elle a tout d'une Twingo.
15:34La première question
15:35en général qu'on me pose,
15:36c'est est-ce qu'elle a bien
15:36les sièges arrière coulissants ?
15:38Elle a les sièges arrière coulissants.
15:40Elle a cinq places,
15:41alors ça, c'est nouveau,
15:42mais elle a cinq places,
15:42ce qui est plutôt bien.
15:43Elle est 100% électrique.
15:46Le segment des petites voitures
15:48comme la Twingo
15:49a disparu
15:51à cause des réglementations.
15:53Et aujourd'hui,
15:55avec Twingo,
15:56j'ai l'ambition
15:57de relancer
15:58ce segment des petites voitures.
15:59Elle est produite en Slovénie.
16:01Les premières voitures
16:02arrivent dans les showrooms,
16:03donc j'invite mes clients
16:05à venir visiter
16:07nos concessions
16:07pour l'avoir.
16:08Elle sera à moins
16:09de 20 000 euros
16:10en dehors des aides,
16:12ce qui veut dire
16:12qu'avec les aides,
16:14on peut avoir,
16:14on aura des Twingo
16:15à moins de 15 000 euros.
16:16C'est très cher,
16:1720 000 euros exactement
16:18pour les Français,
16:1920 000 euros
16:19pour une voiture.
16:21Comment est-ce que vous pouvez
16:22les aider encore plus
16:23effectivement avec ces aides ?
16:25Est-ce que vous pouvez
16:25nous rappeler les aides d'ailleurs ?
16:26En fait,
16:27il y a deux types d'aides.
16:29Il y a des aides
16:29aux achats
16:30pour les particuliers
16:31qui dépendent
16:32des revenus
16:33et qui vont permettre
16:34qu'une Twingo
16:35passe de 20 000 euros
16:36à 15 000 euros
16:37par exemple.
16:38Et puis,
16:39il y a le leasing social
16:40pour des revenus modestes
16:42qui permettent
16:42d'avoir un loyer
16:43pendant au moins
16:443 ans
16:46à des prix
16:47acceptables
16:47pour les clients.
16:49Mais ce que je voudrais
16:49vous dire,
16:50c'est que nous,
16:52Renault,
16:53on fait tout
16:54pour baisser
16:54le prix des voitures.
16:56Parce que le premier problème
16:57de l'industrie automobile
16:58européenne,
16:59c'est que les voitures
16:59sont trop chères
17:00pour les clients.
17:01Et sur les voitures électriques,
17:02on s'est fixé
17:02l'objectif de baisser
17:04nos coûts de 40 %.
17:06On a déjà fait 20 %
17:08et dans les 4 prochaines années,
17:09on va encore faire 20 %.
17:11Et mon ambition,
17:13la cible que je fixe
17:14à mes équipes,
17:15c'est qu'en 2030,
17:15on puisse avoir
17:16un véhicule électrique
17:18au même prix
17:19qu'un véhicule hybride.
17:20C'est ça notre ambition.
17:21Alors,
17:2238 000 salariés,
17:23il y a 10 ans,
17:24il y en avait 50 000
17:25dans les usines françaises.
17:26Flin,
17:27on se demande
17:28ce qui se passe à Flin,
17:28vous allez nous le dire,
17:29mais comment on fait
17:30pour remonter le nombre
17:31de salariés employés
17:32par Renault ?
17:32Et surtout,
17:33comment on fait
17:34pour monter le nombre
17:35de véhicules produits
17:36en France ?
17:36Vous êtes à 500 000,
17:37Stellantis à 650 000,
17:40Toyota de 100 000.
17:41comment vous faites
17:42pour remonter
17:43dans les 10 ans à venir
17:44la charge de Renault
17:45dans les usines françaises ?
17:46Sujet d'ailleurs
17:46porté par les syndicats
17:48de votre entreprise.
17:49Eh bien,
17:49nous le faisons.
17:51La production en 2025,
17:535 % de plus
17:54qu'en 2024.
17:55Merci.
17:56Nous avons réorganisé
17:59notre tissu industriel
18:00pour avoir une chaîne
18:01de valeur électrique
18:02qui nous permet
18:03d'être compétitifs.
18:04Dans le nord de la France,
18:05nous produisons
18:06nos véhicules électriques,
18:07nous avons une gigafactory
18:08au sein de notre usine
18:09et nous sommes compétitifs
18:11ce qui permet d'attirer
18:12non seulement
18:13nos fabrications
18:14mais celles de Nissan,
18:15de Mitsubishi Motors
18:16et bientôt
18:17de Ford Motors.
18:18Alors,
18:18vous fabriquez la Micra
18:20dans les usines Renault
18:21et vous fabriquez.
18:23Maintenant,
18:23vous venez de gagner
18:23contre Volkswagen
18:24et les Chinois,
18:25si j'ai bien compris,
18:27pour la construction
18:28de véhicules utilitaires Ford.
18:30C'est bien ça ?
18:30La construction
18:31de véhicules particuliers.
18:32Particuliers,
18:33excusez-moi.
18:34Et donc,
18:34effectivement,
18:35nous allons...
18:36Donc,
18:36ça veut dire,
18:36vous vous dites
18:37Renault est compétitif
18:38et on continue
18:38à monter en charge.
18:39Ça veut dire que
18:40nous avons prouvé
18:41que nous pouvons être compétitifs.
18:43Ça veut dire que
18:44nous nous fixons l'objectif
18:45de montrer
18:46dans les cinq prochaines années
18:47qu'un constructeur historique
18:48comme Renault
18:49est capable de développer
18:51en deux ans
18:51les technologies
18:53au meilleur niveau mondial
18:54avec nos ingénieurs
18:55au technocentre,
18:56avec nos fournisseurs européens
18:58et c'est ça
18:58que nous allons montrer.
19:00Alors,
19:01il y a une question
19:01qui se pose,
19:02c'est
19:04qu'est-ce que
19:05Renault fait
19:06seul ?
19:07dans le monde,
19:07puisque vous avez perdu
19:08l'alliance Nissan,
19:09enfin,
19:09en tout cas,
19:10elle est très endommagée
19:10après les événements
19:12liés à l'incarcération
19:14de l'ancien patron
19:15de Renault,
19:15Carlos Ghosn.
19:16Donc,
19:17quelles sont vos alliances ?
19:18Puisque je rappelle
19:19que Renault avait
19:19Nissan,
19:20Mitsubishi,
19:21Lada
19:21et Dacia.
19:22Vous avez gardé Dacia,
19:23qui est une conquête historique
19:25de Louis Schwedzer,
19:26l'un de vos honorables
19:28prédécesseurs
19:29et qui a transformé Renault
19:30pour le mener
19:31là où elle est allée.
19:33comment imaginez-vous
19:34les alliances
19:35de Renault
19:36dans le monde
19:37ou en Europe ?
19:38Car,
19:39quand on voit
19:39Volkswagen
19:40qui est en train
19:41de perdre
19:41énormément de substances,
19:43les Allemands
19:44en grande difficulté,
19:46Stellantis
19:46qui vient de provisionner
19:4822 milliards,
19:49donc on voit
19:49que l'industrie automobile
19:50européenne souffre,
19:52Renault se porte bien.
19:53C'est une exception.
19:54C'est pour ça
19:54qu'on a voulu vous dire
19:55que vous êtes le génie
19:56du made in France
19:57chez Renault.
19:58Parce que vous défendez
19:59la France
19:59et vous réussissez.
20:01Expliquez-nous
20:01quelle est votre stratégie
20:02d'alliance européenne
20:03et mondiale,
20:04monsieur le directeur général.
20:05Moi, j'ai trois principes
20:06s'agissant des alliances.
20:07Premier principe,
20:08Renault est indépendant.
20:10Donc, le plan
20:11que nous avons annoncé
20:12il y a un mois,
20:13c'est un plan
20:14où Renault est indépendant,
20:16où Renault a la taille critique
20:18pour être le constructeur
20:19de références en Europe,
20:21où Renault a des technologies,
20:23développe ses technologies
20:24en Europe.
20:25La compétitivité
20:26de Renault en Europe
20:27attire des partenaires,
20:28comme on le soulignait avant.
20:29Ça, c'est le premier principe.
20:31Le deuxième principe,
20:33c'est que,
20:35en dehors d'Europe,
20:38je suis plus pragmatique.
20:40Donc, nous cherchons
20:41à croître
20:41là où les marchés
20:43sont en forte croissance,
20:44l'Inde,
20:44l'Amérique du Sud.
20:45Vous avez repris
20:46l'usine de Chennai,
20:47c'est ça en Inde ?
20:48L'usine de Nissan de Chennai.
20:49Oui, qui était à Nissan.
20:50Qui était à Nissan.
20:53Et nous sommes pragmatistes
20:54au sens où,
20:55si des partenariats
20:56peuvent accélérer
20:57notre croissance,
20:57nous le faisons.
20:59Nissan en Inde,
21:01Chili en Corée,
21:04au Brésil.
21:05Et ça,
21:06ça nous permet
21:06d'accélérer notre croissance
21:08en dehors d'Europe.
21:09Un mot,
21:10M. François Proveau,
21:11sur la locution
21:11de Sébastien Lecornu,
21:13qui a dit ces mots.
21:14Nous ne sommes pas en guerre,
21:15mais pas tout à fait en paix.
21:17Il faut monter
21:17dans l'effort de guerre.
21:19Est-ce que,
21:19justement,
21:20en cas de guerre prononcée,
21:21en cas d'économie de guerre,
21:22est-ce que vos usines
21:23sont prêtes à être converties
21:25dans la défense,
21:25par exemple,
21:26pour la fabrication
21:26de drones ou de munitions ?
21:28Écoutez,
21:29nous avons été contactés
21:30il y a un an et demi
21:31par le ministère
21:31des Armées français,
21:34qui nous a demandé
21:35de l'aide
21:36pour, finalement,
21:37accélérer la transformation
21:39des programmes d'armement
21:40liés à ce nouveau contexte
21:42que vous mentionnez.
21:44Je pense qu'après un an et demi,
21:46nous comprenons bien
21:47ce que l'industrie automobile
21:48peut apporter,
21:49ce que nous pouvons apporter.
21:51Nous sommes prêts
21:53à intervenir
21:53dans un cadre qui est clair.
21:55Nous ne devenons pas
21:56un industriel de l'armement.
21:57Par contre,
21:58la technologie civile,
22:00la façon de produire
22:01à grande échelle,
22:02la façon de concevoir
22:05à la fois le produit
22:06et le process
22:07pour produire à grande échelle
22:09à des prix compétitifs
22:10et de pouvoir adapter vite
22:13les produits,
22:14ça, c'est ce que nous pouvons apporter.
22:15Et nous avons déjà obtenu
22:17des premiers contrats,
22:18notamment de drones,
22:20et c'est ce que nous
22:21commençons à faire.
22:23Un coup de gueule
22:24que vous vouliez passer
22:25ce soir, Arnaud Montebourg,
22:27justement,
22:27en parlant des voitures électriques,
22:29mais des voitures électriques
22:30chinoises.
22:31Elles ont un nouvel ambassadeur
22:32en la personne
22:33de Jean Reynaud
22:34qui devient l'ambassadeur
22:35des voitures électriques
22:37BYD.
22:38Jean Reynaud,
22:39le grand Jean Reynaud,
22:40le grand bleu Léon,
22:42on marche sur la tête, non ?
22:43C'est ça que vous vouliez
22:44nous dire ce soir, Arnaud ?
22:45On marche sur la tête.
22:46Le ministre Castaner,
22:48ministre de l'Intérieur,
22:49défend Cheyne.
22:50Il est son lobbyiste,
22:52avec le succès qu'on connaît.
22:54On voit la publicité.
22:55Donc, Jean Reynaud,
22:56effectivement,
22:57ambassadeur
22:57d'une voiture électrique chinoise
22:58qui déferle sur la France.
23:00Et Jean Reynaud
23:01qui défend BYD.
23:04Moi, j'ai envie de dire
23:04à tous ces artistes,
23:07y compris de la politique,
23:08comme M. Castaner,
23:09que les publicités
23:12sont faites par les artistes,
23:13mais les plans sociaux
23:14sont subis par les ouvriers
23:16et les territoires
23:18des entreprises
23:18qui vont subir
23:20les conséquences
23:21de l'arrivée
23:23de véhicules chinois
23:24qui cassent les prix
23:25et qui ne sont pas encore
23:27interdits par l'Union européenne
23:28ou limités
23:29d'importation
23:30par l'Union européenne.
23:31Donc, le patriotisme,
23:32pour moi,
23:32c'est qu'on est solidaires
23:33entre le haut et le bas,
23:35entre les artistes,
23:36les anciens ministres,
23:38les ouvriers,
23:39les territoires,
23:40et qu'on fait
23:41une union.
23:42Donc, moi,
23:43je ne suis pas du tout content
23:44après M. Reynaud
23:45et je vous propose,
23:46M. le Président,
23:47directeur général,
23:48que vous embauchiez
23:49Jean Reynaud
23:50pour faire la publicité
23:51des véhicules Twingo.
23:52Avec un nom comme ça,
23:54Jean Reynaud,
23:55il aurait dû être
23:55l'ambassadeur de Renault,
23:57finalement.
23:59Écoutez,
24:01nous, on est très contents
24:03d'avoir de superbes voitures.
24:04On n'a pas besoin
24:06de Jean Reynaud
24:07ou de quiconque
24:07pour convaincre
24:08les Français
24:09que nous avons
24:09de belles voitures.
24:10La R5 devient une icône.
24:13Nous avons produit
24:13plus de 100 000.
24:15C'est la première voiture
24:17électrique produite.
24:18On a la Twingo
24:19qui arrive maintenant.
24:19On a la R4.
24:20Je voudrais aussi signaler
24:22que pour les clients
24:23qui ne sont pas encore
24:24prêts à basculer
24:25dans la voiture électrique,
24:28les solutions
24:28de voitures hybrides
24:30sont très bonnes.
24:31Avec une Clio,
24:32vous avez jusqu'à 80%
24:35de la conduite
24:37en ville électrique.
24:38Vous consommez
24:39moins de 4 litres.
24:39Là aussi,
24:40on est aussi moins dépendant
24:41quand on consomme
24:42moins de 4 litres.
24:43Et donc,
24:44je pense que ce sont
24:46nos produits
24:46qui sont nos meilleurs
24:47ambassadeurs.
24:48Donc, je n'ai pas besoin
24:49d'un artiste
24:50ou de quiconque
24:51pour convaincre
24:53les Français
24:54et nos clients.
24:56Alors, évidemment,
24:57le fait,
24:59comme le dit
25:01Arnaud Montebourg,
25:02de se dire
25:02que finalement,
25:04il faut être
25:04en équipe,
25:05solidaire,
25:06pour montrer
25:06qu'on peut développer,
25:08produire en France.
25:10Bien sûr,
25:10j'y suis sensible.
25:12Et c'est d'autant plus
25:12que Renault,
25:14c'est une entreprise,
25:15c'est un peu un symbole.
25:16C'est une entreprise
25:17qui a une place particulière
25:18dans le cœur des Français.
25:19Et moi,
25:19le directeur général
25:21de Renault que je suis,
25:22il a bien en tête.
25:23Elle a l'État
25:24dans son capital.
25:25D'ailleurs,
25:26est-ce que l'État
25:26vous soutient,
25:27monsieur le...
25:27Oui,
25:28l'État me soutient.
25:29L'État me soutient.
25:29Et je vous redis
25:31que le plan
25:31qui a été annoncé ce soir,
25:33contrairement à ce que
25:33certains peuvent dire,
25:34c'est un très bon plan.
25:35Il va dans le bon sens.
25:37Il va dans le sens
25:38d'adapter la France
25:40à l'électrification,
25:41à l'indépendance énergétique.
25:42Et c'est très bien.
25:43Alors,
25:44longue vie
25:44à la Twingo électrique.
25:46On espère qu'elle sera
25:47un succès.
25:47À la R5 aussi.
25:49Et vous autres ?
25:49Oui,
25:50meilleur succès que la R4,
25:51tout du moins.
25:52La R4 marche très bien.
25:53Bon,
25:53bon,
25:53d'accord.
25:54Merci en tout cas,
25:55monsieur Provo,
25:55d'avoir été sur notre plateau.
25:57Et effectivement,
25:58le plan pour électrifier le pays.
26:00En attendant,
26:01eh bien,
26:02le tout électrique,
26:03les prix à la pompe flambent.
26:04Et Sébastien Lecornu,
26:05effectivement,
26:06n'a pas fait d'annonce
26:07d'aide urgente
26:08pour aider les automobilistes
26:11en difficulté.
26:12Le Rassemblement national
26:13voulait aller beaucoup,
26:14beaucoup plus loin,
26:15baisser la TVA
26:16sur les carburants
26:17de 20 à 5,5%.
26:19On en débat avec
26:21Jean-Philippe Tanguy.
26:22Bonsoir,
26:23monsieur.
26:23Vous êtes député
26:24Rassemblement national
26:25de la Somme,
26:26membre de la commission
26:27des finances.
26:29Ça vous a satisfait,
26:30finalement,
26:30les premières annonces
26:32de Sébastien Lecornu,
26:33le Premier ministre ?
26:33Ça va aider les Français ?
26:34Pas du tout.
26:35Mais ce n'est pas
26:36pour faire du mauvais esprit.
26:37J'ai fait mes petits devoirs
26:38avant de venir vous voir
26:39et j'ai retrouvé
26:41que ces annonces
26:41avaient été déjà faites
26:42systématiquement.
26:43Donc, en fait,
26:43M. Lecornu a juste annoncé
26:45que le gouvernement
26:45est en retard.
26:47Un million de pompes à chaleur,
26:48ça avait été annoncé
26:48par M. Le Maire
26:49pour 2027.
26:51Donc là,
26:51ce sera le cas
26:51en 2030.
26:53Entre-temps,
26:53et je pense que
26:54M. Montebourg,
26:54bonsoir,
26:55le connaît bien,
26:56le champion français
26:57des pompes à chaleur
26:58a été vendu
26:59à un consortium étranger
27:00avec le soutien
27:02du gouvernement.
27:03pour les 100 000 leasing électriques,
27:05M. Macron les avait annoncés
27:07pour 2022
27:07et ils n'ont réalisé
27:09que 50 000 par an
27:10et pour le million
27:12de voitures électriques,
27:13le gouvernement avait annoncé
27:14auparavant
27:142 millions
27:15pour 2030.
27:16Donc, en fait,
27:16ils divisent par deux
27:17leurs propres objectifs.
27:18Donc, si vous voulez,
27:19cette manière
27:19de toujours recycler
27:20les mêmes mesures de com'
27:21sans aucune vision de long terme,
27:23sans aucune vision industrielle,
27:26laborieuse,
27:26peut-être un peu ennuyeuse
27:28pour ces macronistes
27:29qui sont toujours dans la com'
27:30qui consistent effectivement
27:31à s'intéresser
27:32à la formation professionnelle,
27:33à l'outil industriel,
27:34à la souveraineté.
27:36Ça ne fait pas
27:37des grands plans de com'.
27:38Voilà,
27:38c'est du travail
27:40un peu obscur,
27:41peut-être un peu ingrat
27:42pour certains politiciens
27:43qui ont une vision
27:44de la politique
27:45qui n'est pas la mienne
27:45et qui n'est pas digne.
27:46Bref,
27:47il n'y a aucune vision derrière.
27:48Et puis,
27:49quand est-ce qu'ils comprendront
27:49qu'avant de s'acheter
27:50de nouvelles voitures,
27:51avant de refaire son logement,
27:53les gens n'arrivent pas
27:53à vivre.
27:54Nous sommes dans une crise
27:55de la déconsommation.
27:56Nous sommes dans une crise
27:57de la dignité du travail.
27:59Et donc,
28:00quand les gens,
28:00ils entendent ça,
28:00de se dire,
28:01on va recevoir un chèque
28:02par ailleurs
28:02avec l'argent qu'il paie
28:03par la fiscalité,
28:05on n'en peut plus
28:05parce que c'est hors sol.
28:07C'est hors sol
28:07et ce n'est jamais suivi des faits.
28:09Mais j'aimerais que ce soit vrai
28:09parce que moi,
28:10je suis pour que mon pays aille bien.
28:12Des annonces hors sol,
28:13Ardo Wandebourg,
28:13vous rejoignez les propos
28:14Jean-Pierre Tanguy.
28:15Dans cette émission,
28:16on cherche des solutions.
28:17Donc, on discute avec tout le monde.
28:18Voilà, je le dis
28:19et on est content
28:20de vous avoir,
28:21M. Tanguy,
28:22vous êtes député
28:22Rassemblement National.
28:24Le Rassemblement National
28:25a proposé dans la crise
28:27des solutions.
28:28Je voudrais que vous nous les rappeliez,
28:30que vous nous disiez
28:31quelle est la position
28:32du Rassemblement National
28:33pour résoudre aujourd'hui
28:34la crise du carburant,
28:36qui est une crise
28:36de pouvoir d'achat
28:37des ménages
28:38et des entreprises.
28:40Comment vous contre-proposer ?
28:42Et puis après,
28:43on va discuter de ça
28:43très tranquillement.
28:44Bien sûr.
28:45Sur le court terme,
28:46il s'agit d'une baisse massive
28:47de taxes.
28:48Nous considérons
28:49que les énergies
28:50sont un produit
28:50de première nécessité.
28:51Le taux de TVA
28:52de la première nécessité,
28:53c'est 5,5%.
28:54Ce n'est pas 20%.
28:55Donc, on ramène
28:56le taux de toutes les énergies,
28:58dont le carburant,
28:59à 5,5%.
29:00Donc, ça,
29:00ça coûte environ
29:0112 milliards d'euros.
29:02Mais on le fait aussi
29:03pour l'électricité,
29:04le gaz et même le fuel
29:05parce que les gens
29:05qui font le fuel
29:06ont peu de moyens
29:07et sont prisonniers
29:08souvent de cette énergie.
29:10Ce n'est pas de leur faute.
29:10Pour faire face à la crise,
29:11on voulait aussi baisser
29:13temporairement la TICPE,
29:14donc une taxe,
29:15une assise sur le carburant
29:18pour 16 centimes
29:19par litre.
29:21Parallèlement,
29:22on voulait utiliser
29:23les certificats d'économie
29:24d'énergie
29:24qui sont de 8 milliards d'euros,
29:2617 centimes par litre,
29:27qui aujourd'hui
29:28sont massivement détournés
29:29par une espèce de mafia,
29:30comme l'a prouvé
29:31la Cour des comptes,
29:32qui détourne cet argent
29:32et n'a pas de résultat.
29:35Donc, on voulait utiliser
29:35ces 8 milliards d'euros
29:36pour financer ces mesures.
29:38Ça, c'est à court terme.
29:39Et à long terme, évidemment,
29:40il y a un plan d'électrification,
29:41mais c'est un plan
29:42d'électrification,
29:43de décarbonation
29:44qui fonctionne
29:44sur des technologies éprouvées,
29:46sur un plan de réindustrialisation,
29:48sur un plan de formation
29:50des compétences
29:50et sur du protectionnisme.
29:52Parce que,
29:52j'ai écouté un peu
29:53les débats qui se sont soutenus,
29:54aujourd'hui,
29:55les Chinois ont pris
29:55beaucoup d'avance
29:56et si on peut faire
29:58la baguette magique,
29:58on peut s'agiter sur les plateaux,
30:00si on ne fait pas
30:00de protectionnisme massif,
30:02frontal,
30:03pas des petites mesurettes
30:04pour faire plaisir,
30:05on n'y arrivera pas
30:06et c'est les Chinois
30:07qui prendront l'avantage
30:10l'affaire de la TVA
30:11sur le carburant
30:12qui est un impôt
30:14qui, effectivement,
30:15augmente dans ses recettes
30:17avec l'augmentation des prix.
30:18Je crois qu'un certain nombre
30:21de responsables publics
30:22ont dit
30:22l'État est en train
30:23de gagner beaucoup d'argent
30:25grâce à la crise.
30:26Je ne sais pas
30:26s'il en gagne beaucoup,
30:27mais en tout cas,
30:27il en gagne.
30:28Bon.
30:28Vous avez proposé
30:29de diminuer cette TVA,
30:31de la neutraliser,
30:32ce qui était d'ailleurs
30:32une proposition
30:33qui avait été faite
30:33par Jospin
30:34dans une crise précédente
30:36du carburant
30:37après l'affaire
30:38dite de la cagnotte.
30:40Voilà.
30:40C'est-à-dire ce qu'on appelait
30:41les surplus fiscaux,
30:42ça ne veut pas dire
30:42qu'il y a une cagnotte,
30:43ça veut dire qu'on a
30:44une meilleure value
30:47des rentrées fiscales
30:48et qu'on décide
30:48de l'employer
30:49de façon inattendue
30:51d'une autre manière
30:52que prévue.
30:52Alors, vous,
30:53vous avez dit
30:54on va baisser la TVA
30:55sur le carburant.
30:56Qu'est-ce que vous répondez
30:57à l'argument
30:58qui consiste à dire,
30:59et il est tout à fait juste,
31:00il y a une directive de 2006
31:01qui interdit
31:02la baisse de la TVA
31:03en dessous de 15%
31:04sur tous les carburants
31:05de l'Union européenne
31:05pour éviter la,
31:07j'allais dire,
31:09la compétition
31:10par la baisse des prix.
31:11Et comment faites-vous
31:13pour affronter cette directive ?
31:14On assume d'aller au contentieux,
31:16d'aller au contentieux
31:17avec Bruxelles
31:17sur ce sujet-là
31:18en disant
31:18c'est un produit
31:19de première nécessité,
31:20l'énergie.
31:20Il n'y a aucune raison
31:21que le taux de TVA
31:22effectivement communautaire
31:23soit 20%
31:24ou le taux normal
31:25effectivement,
31:26c'est entre 18 et 22%
31:28selon les États
31:28et pas 5,5 à 10
31:30comme le taux
31:31de première nécessité.
31:32Parce que,
31:33d'ailleurs cela,
31:33ce n'est pas juste
31:34une vision,
31:34comment dire,
31:35électoraliste ?
31:36Ce n'est pas juste
31:36pour faire un cadeau,
31:37c'est une vraie vision
31:38de la société.
31:39On considère que
31:39les énergies,
31:40une fois plus,
31:40c'est un produit
31:41indispensable à la vie
31:42des gens.
31:43Et aujourd'hui,
31:43sur les territoires ruraux,
31:44sur les territoires
31:45périurbains,
31:45mais aussi sur un certain
31:46nombre de communes urbaines
31:48paupérisées,
31:49de quartiers paupérisés,
31:49même les classes moyennes,
31:50l'énergie s'est vécue
31:51comme la gabelle.
31:52Vous savez,
31:52l'ancienne gabelle,
31:53c'était une taxe sur le sel.
31:54Le sel, à l'époque,
31:55était un produit
31:55de première nécessité
31:56pour conserver les aliments
31:57et c'était très cruellement
31:58vécu par la population
31:59parce qu'on prenait
32:00les gens au coût.
32:01Vous n'avez pas le choix
32:02de consommer du carburant,
32:03vous n'avez pas le choix
32:04d'avoir une facture
32:05d'électricité
32:06et taxer cela
32:07parce que c'est facile
32:08et vous avez été
32:08ministre de l'économie,
32:09vous savez ce que pense
32:10Bercy de la TVA,
32:11faire rentrer par la TVA,
32:12c'est facile.
32:13Il n'y a pas de fraudeur.
32:14Deuxième objection,
32:15vous avez très bien
32:16déroulé votre câble,
32:17mais deuxième objection,
32:18c'est une mesure générale
32:19qui profite à des gens
32:20qui n'en ont pas besoin.
32:21Que les classes moyennes,
32:22que les classes populaires
32:23souffrent aujourd'hui,
32:25certes,
32:25c'est une vérité très juste.
32:26Néanmoins, les autres,
32:28est-ce qu'on a besoin
32:29que le propriétaire
32:30de 4x4 voit un petit cadeau
32:32de TVA arriver tous les mois
32:34ou toutes les semaines
32:34quand il fait son plein ?
32:35Comment avez-vous préféré
32:38une mesure ou des mesures générales
32:40qui coûtent très cher
32:41au budget de l'État
32:42plutôt que des mesures
32:43qui sont ciblées ?
32:44Par exemple,
32:45les grands rouleurs,
32:46les flottes d'entreprises,
32:48les artisans,
32:49les infirmières,
32:51tous ceux qui se déplacent
32:52et qui sont obligés,
32:53y compris pour aller
32:54à leur travail
32:54dans les zones rurales
32:56que je connais bien,
32:57comme d'ailleurs je crois
32:58que vous connaissez,
32:59c'est-à-dire qu'ils sont obligés
33:00de dépenser de l'argent
33:01pour rien que pour vivre
33:02et travailler.
33:04Donc pourquoi ne pas avoir ciblé
33:06vu l'état de nos finances publiques ?
33:08Tout simplement parce que
33:09c'est sincèrement l'usine à gaz,
33:10ça ne marche jamais.
33:11Nous, on assume un signal,
33:12on a conscience
33:13que les plus privilégiés
33:14vont un peu en profiter
33:15mais vous le savez que la TVA,
33:16d'ailleurs pendant longtemps
33:17c'était un combat de la gauche
33:18de lutter contre la TVA,
33:19est un impôt régressif,
33:20c'est-à-dire que plus vous êtes riche,
33:22moins vous payez de TVA.
33:23Donc en fait on assume
33:24effectivement une mesure générale
33:25et en fait vous savez très bien
33:26que dans notre programme,
33:27enfin peut-être que vous ne le savez pas d'ailleurs,
33:28on a des mesures de justice fiscale
33:31qui sont bien plus importantes
33:32pour établir une forme d'impôt
33:34sur la fortune,
33:34pour taxer les surprofits,
33:36les surrachats d'actions.
33:37On a beaucoup de mesures
33:38pour les plus privilégiés
33:39qui permettent en fait
33:39de récupérer bien plus
33:40que ce petit cadeau
33:42qu'on pourrait faire évidemment
33:43aux plus privilégiés.
33:44Donc vous prenez le risque,
33:45M. Tanguy, finalement,
33:46d'être le parti des riches
33:48parce que les chèques carburants,
33:50ça marchait pas mal.
33:51Non, ça marchait pas bien.
33:52Vous avez par exemple
33:52Jordan Bardella
33:53qui lui-même le dit,
33:54n'a pas besoin de ses sous,
33:55a reçu le chèque énergie,
33:57ça marchait pas ce système.
33:59Et en plus,
33:59il y a un système,
34:00comment dire, pervers,
34:01c'est qu'en fait,
34:02comme les acteurs de l'énergie
34:03savent qu'il va y avoir un chèque,
34:05ils se disent
34:06on peut en fait augmenter nos marges
34:08parce qu'il y a un chèque qui arrive.
34:09Donc en fait,
34:09les politiques de chèque,
34:10c'est inflationniste.
34:11C'est pour ça aussi
34:12que ça ne fonctionne pas,
34:13alors qu'une mesure générale de baisse
34:19totalement analysable
34:20et on peut surveiller
34:20qu'ils ne se mettent pas
34:21de l'argent dans la poche.
34:22C'est pour ça,
34:23d'ailleurs ça a bien fonctionné
34:23au Portugal en particulier
34:25quand ils ont baissé la TVA
34:26au moment de la crise
34:27de l'hyperinflation.
34:28Il y a un rapport
34:28de la Banque centrale du Portugal
34:30qui est en anglais,
34:31qui est très intéressant
34:32parce que ça a marché,
34:33parce que dire que ça ne marche pas
34:34la TVA,
34:34c'est un peu un argument
34:36de l'Union Européenne
34:37et parfois de quelques hauts fonctionnaires
34:38de Bercy, pas tous,
34:39parce qu'une fois plus,
34:40ils aiment bien la TVA
34:41parce que c'est un impôt
34:42qui rentre très facilement
34:43et qui taxe tout le monde
34:44donc ils n'aiment pas trop
34:45qu'on s'attaque à ça.
34:46Alors puisqu'on parle
34:46de justice fiscale,
34:48Zuckman Gabriel
34:49qui a une grande créativité,
34:52professeur à Berkeley je crois.
34:55Économiste.
34:55Grand talent,
34:57professeur émérite.
34:59Monsieur Zuckman a fait
35:00une proposition,
35:01il a dit pourquoi
35:01on ne va pas chercher
35:02les super profits
35:03des compagnies pétrolières
35:04en en confisquant une partie
35:06pour la restituer
35:07à ceux qui en ont besoin.
35:08Ça, ça devrait vous plaire je pense.
35:10Est-ce que vous êtes capable
35:10de porter une taxe Zuckman,
35:13monsieur Tanguy ?
35:14Oui, il a repris
35:15une proposition
35:15qu'avait fait Marine Le Pen
35:16comme d'autres
35:17parce que c'est une proposition
35:17assez consensuelle
35:18sur les super profits.
35:19Alors, qu'est-ce que ça veut dire
35:20les super profits ?
35:21Parce que souvent
35:22on confond à les gros profits.
35:24Une entreprise a le droit
35:25de faire des grands profits
35:26si elle a innové,
35:27si elle a conquis un marché,
35:29si elle a fait des opérations
35:30commerciales qui ont fonctionné.
35:31Le problème,
35:32ce n'est pas de faire de gros profits,
35:32c'est de faire des super profits,
35:33c'est-à-dire des profits
35:34qui sont basés
35:35en profitant d'une crise,
35:36en profitant d'une guerre
35:37et donc on a proposé
35:38une mesure avec Marine Le Pen
35:43les profits sur 10 ans,
35:44on fait une moyenne
35:45et puis s'ils s'en sortent
35:46des tâches trop,
35:47effectivement on récupère
35:48ces super profits.
35:49Alors la particularité,
35:50parce qu'il ne faut pas mentir aux gens,
35:52des profits pétroliers,
35:53c'est qu'ils sont assez durs
35:54à récupérer
35:55parce que par l'organisation
35:57de la chaîne de valeur,
35:59les pétroliers font les profits
36:00souvent ailleurs qu'en France.
36:01Et donc dans ce cas-là,
36:02c'est pour ça qu'on avait proposé
36:04de taxer ce qu'on appelle
36:04les rachats d'actions
36:05parce que les pétroliers
36:06ont cette particularité
36:07de redistribuer beaucoup
36:08de leurs bénéfices
36:09et de leurs bénéfices excessifs
36:10par des rachats d'actions.
36:12Alors Sébastien Lecornu
36:13n'a pas fait ses annonces
36:15de baisse de la TAVA
36:16et néanmoins il a annoncé
36:17un grand plan
36:17pour électrifier le pays.
36:19Arnaud Montebourg,
36:19effectivement,
36:20est-ce que vous pensez
36:21que le Rassemblement National
36:23est dans la bonne ligne ?
36:24Est-ce qu'il planifie bien
36:26l'indépendance énergétique
36:27de la France ?
36:27On a un problème
36:30de moyen et long terme
36:31dans ce pays.
36:32Personne ne pense à 10 ans.
36:34Or, l'indépendance énergétique
36:36elle se construit
36:37sur des décennies.
36:38C'est ce qu'a fait
36:38le plan Messmer
36:39alors qu'on a construit
36:41les 56 réacteurs.
36:42Ça a pris d'ailleurs
36:43une vingtaine d'années
36:44et aujourd'hui
36:45on est bien content
36:45de les avoir.
36:46Je vois qu'on a distribué
36:48pendant la période du Covid
36:50des boucliers tarifaires.
36:52On a distribué
36:53de l'argent à fonds perdus
36:54à des gens
36:54qui en effet
36:55étaient en difficulté,
36:56des entreprises
36:56qui ne pouvaient pas survivre.
36:58Mais on n'a pas du tout
36:59fait ce que
37:02la fourmi doit faire.
37:03On a fait plutôt
37:04la cigale,
37:05c'est-à-dire
37:06se détacher
37:06de la dépendance énergétique,
37:09gaz,
37:09on est toujours
37:10au même niveau
37:11de dépendance,
37:11pétrole,
37:12ça n'a pas bougé.
37:12Je vois le bilan
37:14quand même du leasing,
37:15on est à 50 000 véhicules
37:17par an,
37:18il y en a eu 100 000.
37:18Il nous en faut
37:19quand même
37:208 millions,
37:21il y a aujourd'hui
37:22un million de véhicules électriques,
37:2439 millions
37:25de véhicules thermiques,
37:26il nous faudrait
37:278 millions
37:27de véhicules électriques
37:28pour arriver
37:29à diminuer
37:30d'un quart
37:30la consommation
37:31à la pompe.
37:32Les Chinois
37:32l'ont fait
37:33en 10 ans.
37:34Ils se sont affranchis
37:34de l'Arabie Saoudite
37:37par les véhicules électriques
37:38comme ça.
37:40Alors là,
37:40il n'y a pas.
37:41Donc,
37:42je n'ai pas vu ça.
37:43Alors,
37:43je ne connais pas
37:44votre programme
37:44parce que je ne l'ai pas
37:46encore vu publié.
37:48J'espère qu'il le sera
37:48un jour.
37:49Et en tout cas,
37:50je n'ai pas vu
37:51de mesures de long terme
37:52dans le programme
37:53du Front National.
37:54Mais sincèrement,
37:55je...
37:55Rassemblement National.
37:56Oui,
37:56je vous en prie.
37:57Non mais c'est intéressant
37:58comme remarque
37:59parce que c'est vrai
37:59que nous,
37:59on a publié un plan
38:00sur le long terme
38:01qui s'appelle
38:01le plan Marie Curie
38:02en 2022
38:02qui organise la décarbonation
38:04de l'économie
38:05mais avec des technologies
38:06éprouvées.
38:07Donc,
38:07un développement d'ailleurs
38:08massif du nucléaire
38:09et de l'hydroélectricité
38:10et ensuite,
38:11une décarbonation progressive
38:12commençant par les secteurs
38:13les plus faciles à décarboner.
38:14Vous savez que c'est plus facile
38:15de décarboner d'abord
38:16l'industrie,
38:17ensuite le logement
38:18et à la fin,
38:19le transport.
38:20Mais vous voyez,
38:20le transport,
38:20il y avait une voie médiane
38:21qui consistait,
38:23avant de faire le tout électrique,
38:24de beaucoup favoriser l'hybride
38:26par exemple,
38:27mais aussi,
38:27et M. Montebourg,
38:28je ne le dis pas
38:29parce qu'il est là,
38:29je l'ai déjà dit publiquement
38:30plusieurs fois,
38:30avait lancé
38:31quand il était ministre
38:32de l'industrie,
38:33de mémoire,
38:34le véhicule,
38:35le moteur à 1 litre,
38:361 litre au 100.
38:372 litres au 100.
38:38Deux, deux, deux.
38:39Vous voyez,
38:39je suis trop optimiste.
38:40Je suis trop optimiste.
38:41On plaît les chiffres en moins.
38:42Non, mais c'était intéressant
38:43parce qu'en fait,
38:44c'était un plan de transition.
38:45L'Europe et la France en particulier
38:47avaient une maîtrise
38:47du moteur thermique
38:48extrêmement avantageuse
38:50et on pouvait,
38:51avec la particularité de la France
38:52qui est un pays quand même rural
38:53où on n'est pas le Pays-Bas,
38:57on n'est pas la Norvège
38:57qui a pris un certain avantage
38:58aussi sur l'électrification,
39:00permettait de faire la soudure
39:02comme on dit
39:02dans les territoires ruraux,
39:03c'est-à-dire entre deux récoltes,
39:04la soudure,
39:05ce moteur à 2 litres au 100,
39:07il aurait permis de faire la soudure
39:08avec notre industrie
39:09et de faire cette transition.
39:10Donc maintenant,
39:11ça n'a pas été fait,
39:11on ne va pas pleurer
39:12sur le lait renversé,
39:13il faut avancer
39:13avec des technologies solides
39:15et on en revient
39:16à ce que disait M. Montebourg
39:17sur le long terme.
39:18Ce point, je pense,
39:19on le partage,
39:21c'est-à-dire,
39:21sans vouloir parler à sa place,
39:22c'est-à-dire effectivement
39:24que les hommes politiques
39:26prévoient le long terme,
39:27c'est moins glamour,
39:28ça impose de faire
39:29des annonces moins régulières,
39:31de moins faire de plateau télé,
39:32mais de suivre une continuité.
39:34Voilà, M. Messmer,
39:35pour son plan nucléaire
39:36et ceux qui lui ont succédé,
39:38il ne passait pas
39:38toutes les six semaines
39:39à la télé
39:40pour changer un plan,
39:42pour changer une virgule,
39:42une page
39:43ou faire des nouvelles annonces.
39:44Voilà, il avait une vision
39:45dans la durée,
39:46malheureusement,
39:47ça a complètement disparu
39:48et un peu plus,
39:49moi pour mon pays,
39:50si les annonces
39:51de M. Lecornu,
39:51par exemple,
39:52sur les pompes à chaleur
39:52étaient suivies d'effets,
39:54je serais ravi.
39:54Mais comment pouvez-vous
39:55expliquer, madame,
39:56que ce gouvernement
39:57ait vendu
39:58le champion industriel français
39:59des pompes à chaleur
40:00alors qu'on va en construire
40:02un million,
40:02enfin on va en financer
40:03sans doute un million ?
40:04Ça n'a aucun sens.
40:05Voilà, pourquoi est-ce qu'ils
40:05n'ont pas protégé
40:06cette entreprise
40:08d'un consortium étranger ?
40:09Ce n'est pas logique,
40:10voilà, je suis désolé.
40:11Le mot de la fin Arnaud ?
40:12Bon, on va faire venir
40:13le gouvernement
40:13pour qu'il s'explique là
40:14parce que ça commence
40:15à remuer dans les brancards.
40:17On a besoin
40:18de discuter
40:19de toutes ces questions,
40:20à tête reposée,
40:21de réfléchir ensemble,
40:22de sortir des solutions,
40:24construire,
40:25reconstruire la France,
40:26l'industrie,
40:27l'agriculture,
40:28l'économie.
40:29C'est un travail
40:30de long terme
40:31et de longue haleine.
40:32Merci à tous ceux
40:33qui contribuent.
40:34Absolument.
40:34Merci à Jean-Philippe Tanguide
40:36et à l'Assemblée Nationale,
40:38membre de la Commission
40:40des Finances.
40:41Je rappelle donc
40:42que Sébastien Lecornu
40:43a fait des annonces
40:44pour l'électrification
40:45du pays,
40:46que les prix
40:47devraient baisser,
40:48qu'il va le surveiller
40:49lui-même.
40:49Il demande au distributeur
40:51de faire baisser les prix
40:52et que si jamais
40:53les négociations
40:54ne mènent pas au Pakistan,
40:55il y aura peut-être
40:56des aides.
40:57Mais en tout cas,
40:58ici, on voit le long terme.
41:00Rendez-vous vendredi prochain
41:01donc à 19h,
41:02peut-être avec un membre
41:02du gouvernement
41:03pour discuter
41:04de toutes ces questions
41:05Arnaud Montebourg.
41:06Je laisse la main
41:07à Alice Darfeuil
41:07pour le 20h de BFM.
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