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Arnaud Montebourg intervient chaque vendredi aux côtés de Paola Puerari pour livrer son analyse sur les grands enjeux économiques et géostratégiques, notamment en termes de souveraineté industrielle & énergétique de la France et de l’Union Européenne, au cœur de L’actualité.

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Transcription
00:00Bonsoir Arnaud Montebourg, je suis ravie de vous retrouver, retiré de la vie politique, entrepreneur, c'est votre émission ce
00:09soir Made in Montebourg.
00:09D'habitude je vous demande comment vous allez, mais là ce soir je sais que vous êtes triste et que
00:13vous avez été particulièrement touché par la mort de la petite Liana.
00:17C'est une enfant de la République qu'on a inhumée ce soir.
00:21Oui c'est une enfant, une fillette, comme nous en avons, comme j'en ai une, comme des millions de
00:26français ont pu s'identifier à ce drame.
00:31Parce que ne pas protéger des enfants, lorsque tous les éléments sont sur la table, que les institutions judiciaires ne
00:39fonctionnent pas,
00:40que des polémiques politiques s'enchaînent les unes après les autres pour dire c'est pas moi c'est l
00:45'autre, j'y suis pour rien, excusez-moi.
00:47Alors que la question aujourd'hui des atteintes aux mineurs est quand même massivement posée.
00:55Et d'ailleurs regardez comment la société a réagi, 200 villes de France, des manifestations partout, des manifestations très dignes
01:03et populaires.
01:04D'ailleurs je crois qu'un sondeur qui a fait une enquête d'opinion a dit, c'est la première
01:10peur des français, la question de la pédophilie et des atteintes à nos enfants.
01:14Donc là il y a un sujet de société massif et évidemment les réponses de l'État ne sont pas,
01:21pour l'instant en tout cas, à la hauteur.
01:23Et je comprends qu'on puisse se poser un certain nombre de questions comme parents, comme citoyens, évidemment.
01:29Alors on va parler de ces réponses puisque je précise aussi que vous êtes avocat, donc effectivement on va évoquer...
01:35Je l'ai été, c'est mon premier métier.
01:37Vous l'avez été, mais la première question que j'ai envie de vous poser c'est, Gérald Darmanin doit
01:43-il débitionner ?
01:44Puisque Jordan Bardella s'est ajouté aux voix qui demandent aux gardes des Sceaux de prendre une responsabilité personnelle.
01:51Maintenant l'affaire est d'une particulière gravité. Et au regard de ce contexte, le chef de l'administration, c
01:59'est-à-dire le ministre de la Justice,
02:01aurait à mon sens dû par honneur présenter sa démission au président de la République.
02:10– Et il n'est pas le seul, à droite comme à gauche, on appelle le garde des Sceaux à
02:15prendre ses responsabilités.
02:16Est-ce que pour vous c'est de la démagogie ou est-ce qu'il aurait dû finalement présenter sa
02:22démission, prendre sa part ?
02:24– Un garde des Sceaux ne peut pas être responsable de décisions prises par des juges indépendants ou des procureurs
02:31autonomes.
02:32En revanche, un garde des Sceaux qui est conscient qu'il y a eu une multiplication par deux du nombre
02:39d'infractions sexuelles en dix ans,
02:41qui n'a pas augmenté les moyens concrets, si le nombre d'infractions augmente par deux, le nombre de procureurs
02:48reste le même,
02:49et il y a eu un certain nombre d'alertes sur le tribunal en question, sur lequel il y a
02:53une inspection qui va vérifier qui est responsable,
02:56et bien là, la responsabilité devient politique.
02:59Deuxième élément, il y a eu une condamnation de la France l'année dernière, très très, sur les questions des
03:05atteintes aux mineurs.
03:06Je dois rappeler quand même que la Cour européenne des droits de l'homme a dit que la France avait
03:11un problème sur le défaut de célérité procédurale,
03:15ça veut dire que vous n'allez pas assez vite lorsque vous constatez des infractions.
03:19Et il n'y a pas eu de réaction des pouvoirs publics après cela.
03:23Autre question très importante, et là, il y a une responsabilité politique qui est engagée,
03:28il y a eu un rapport en 2023 de l'inspection générale de la police nationale et des services judiciaires,
03:36montrant qu'il y avait une asphyxie de la chaîne pénale en matière d'infraction sexuelle sur les mineurs.
03:44Et il y a eu 17 recommandations.
03:46Ce rapport, non seulement M. Darmanin devait le rendre public, il l'avait dit au Sénat,
03:51il ne l'a jamais rendu public, et les 17 recommandations n'ont donné lieu à aucune mise en œuvre.
03:56La fameuse circulaire, dont le gouvernement, disons, que le gouvernement utilise pour s'exonérer d'une certaine partie de cette
04:06responsabilité politique.
04:07Cette circulaire a été prise après la mort de Liana.
04:12Donc on voit bien qu'il y a un problème politique par rapport à la prise de conscience.
04:16J'ai entendu le président de la République, il a dit, ce n'est pas un problème de moyens, il
04:20y a des responsabilités.
04:21Je pense que les deux ont raison.
04:23Je veux dire, ceux qui disent que c'est un manque de moyens, et pour le coup le président aurait
04:27tort,
04:27et qu'il y a aussi une part de responsabilité des magistrats.
04:31Et là-dessus, il y a une inspection générale, nous en connaîtrons les conclusions,
04:35elles feront la part des choses, mais comment demander à des magistrats ?
04:40Comment demander à des magistrats de ne pas se tromper lorsqu'ils sont submergés sur les priorités ?
04:45Voilà, donc ces deux éléments-là, pour moi, engagent la responsabilité du système judiciaire.
04:52Les magistrats et le responsable politique qui est chargé de mettre le nombre de magistrats devant le nombre de délinquants.
04:58Oui, mais tout en haut de l'échelle judiciaire, il y a Gérald Darmanin.
05:01Est-ce qu'il aurait dû dire, plutôt que de présenter ses excuses à la famille de la petite Liana,
05:06plutôt que de se dire terrifié par ses dysfonctionnances, qu'il aurait dû aller plus loin et présenter sa démission
05:11?
05:11Je pense qu'il aurait dû le faire par principe, quitte à ce qu'elle soit refusée.
05:17Le problème, c'est que la colère dans le pays est réelle et monte,
05:22car les réponses politiques ne sont pas à la hauteur du drame auquel les Français, d'ailleurs, légitimement s'identifient.
05:29En tout cas, sa réponse, c'est de dire, eh bien, il y a 70 000 plaintes en souffrance,
05:33on va les examiner jusqu'au 14 juillet.
05:36Est-ce que ça, pour vous, c'est du populisme pénal, c'est de la démagogie, c'est un coup
05:39de com', c'est quoi ?
05:40Est-ce que c'est seulement faisable ?
05:41Alors, d'abord, il y en a plus de 70 000, puisque le rapport, en 2023, il y en avait
05:452,7 millions en stock.
05:47Alors, je pense qu'on n'est pas tout à fait dans les 70 000.
05:50En admettant qu'il y en ait 70 000 seulement, c'est tout à fait faisable que les parquets s
05:56'y mettent,
05:56mais je pense que la conférence des procureurs, c'est-à-dire les magistrats,
06:00ont des choses, eux aussi, à dire sur la manière dont ils peuvent rattraper le retard.
06:04Le problème, c'est que nous avons, et vous avez les chiffres,
06:08nous avons des délais de jugement, par exemple, qui sont peut-être,
06:12ils sont à trois fois plus longs qu'en Allemagne, parce qu'il n'y a pas assez de juges
06:16pour juger.
06:17Donc, pour traiter, traiter les délinquants.
06:19Donc, à ce moment-là, comme on n'a pas assez de moyens,
06:23souvent, le gouvernement donne des priorités.
06:25Et là, je voudrais vous faire écouter une prise de parole.
06:28Elle est signée par le député Pierre-Henri Carbonelle, et elle résume tout.
06:33Mon constat, vous avez pris 90 heures pour auditionner les agriculteurs
06:36après la manifestation de la Gers, et vous n'avez pas trouvé 3 heures
06:39pour auditionner un prédateur mystique, sexuel, multirécidiviste
06:43dans le même parquet d'Auches, durant la même période.
06:46Alors, M. le ministre, nous n'avons pas les mêmes sens de priorité et de l'urgence.
06:49Est-ce que c'est un problème de moyens ou de priorité, comme le disent les députés ?
06:53Tous les parquets reçoivent des circulaires énonçant des priorités,
06:57ils sont bombardés sur des priorités permanentes.
06:59Donc, quand vous avez 10 priorités, il n'y a plus de priorité.
07:02Donc, en fait, tout est prioritaire, donc il faut tout faire.
07:04Et si vous ne pouvez pas tout faire, eh bien, comment vous faites ?
07:06Voilà, c'est ça le dilemme de cette affaire.
07:09C'est évidemment des responsabilités individuelles de magistrats.
07:12Et d'ailleurs, je voudrais dire qu'il y a, en droit français, des recours.
07:17D'ailleurs, la famille a porté plainte contre les enquêteurs,
07:20les magistrats qui ont été défaillants.
07:23Il y a les recours pour faute-loute contre l'État.
07:25Et le gouvernement, c'est-à-dire l'État, peut se retourner contre les magistrats
07:29en recours une fois que la faute a été constatée.
07:32Ce qu'il ne fait jamais.
07:34Car le gouvernement protège toujours les magistrats.
07:37Donc, il y a aujourd'hui un état de droit qui n'est pas appliqué.
07:40Voilà le problème.
07:42Donc, quand vous entendez des avocats qui ont cette connaissance
07:45du fonctionnement de l'appareil judiciaire,
07:47ils disent, nous, ce qu'on veut, c'est qu'on applique la loi.
07:50On n'en est pas à créer des nouvelles lois, durcir.
07:52D'ailleurs, qu'est-ce que le populisme pénal, si on se dit les choses, très simplement ?
07:57C'est qu'à chaque fois qu'il y a un fait divers, on durcit la loi.
07:59Mais les faits divers sont toujours...
08:01Enfin, les faits divers.
08:01Les drames sont toujours là.
08:03Ils se reproduisent.
08:04Et à chaque fois, on recrée des lois.
08:05Mais le problème, ce n'est pas de créer des lois et de les durcir.
08:08C'est d'appliquer dans toute leur vigueur et leur rigueur
08:11celles qui sont applicables.
08:13Et là, on voit bien qu'elles ne le sont pas.
08:14Donc, vous n'êtes pas pour cette surenchère pénale ?
08:18Parce que là, la classe politique se mobilise.
08:20Par exemple, il y a les propositions de Bruno Retailleau
08:22qui proposent fort, qui proposent choc.
08:25Castration chimique obligatoire.
08:27Il propose aussi une cour disciplinaire de la magistrature.
08:30Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ?
08:31C'est-à-dire qu'on va tirer au sort des citoyens
08:34pour juger les juges.
08:36Est-ce que ça, c'est surfer sur l'émotion
08:38ou est-ce que c'est une bonne idée, ce tribunal populaire ?
08:40D'abord, ça présuppose que les juges doivent être
08:44sous la pression populaire.
08:46Moi, je ne crois pas.
08:48Le pilori médiatique, c'est le retour à l'épuration en 1945
08:51ou la terreur avec Fouquet-Tinville,
08:54avec les gens qui demandaient la tête des aristocrates.
08:57Donc, si vous voulez, je ne crois pas que ce soit la solution.
09:01D'abord, il y a une responsabilité des magistrats,
09:02puisqu'il y a une juridiction disciplinaire
09:04au Conseil supérieur de la magistrature,
09:05qui est constitutionnelle.
09:07Si elle est insuffisante, elle se travaille
09:10sur le plan constitutionnel,
09:11mais mettre des citoyens pour juger les juges,
09:14on ne va pas s'en sortir.
09:15En revanche, je crois que là où il y aurait des choses
09:18très intéressantes à faire,
09:19c'est que nous avons trois procureurs pour 100 000 habitants.
09:23Dans toute l'Europe, c'est 12.
09:25Nous avons 11 juges pour 100 000 habitants.
09:27Dans toute l'Europe, c'est 21.
09:28Mais je pense déjà que si on ne traite pas ce problème...
09:31Et vous savez pourquoi ils n'arrivent pas à traiter ce problème ?
09:32Parce qu'il faut aussi comprendre pourquoi.
09:34Parce que pour former un juge, il faut beaucoup de temps.
09:37Et que les promotions de l'École nationale de la magistrature
09:40sont limitées à 400.
09:41Donc il faudrait les multiplier par trois.
09:44Donc on va faire entrer la magistrature,
09:46et c'est ce que dit le corps des magistrats,
09:48ces corporatistes,
09:49qui dit qu'on ne va pas quand même recruter n'importe qui.
09:52Ben, il y a un problème, il va falloir maintenant...
09:54Donc qu'est-ce que vous dites à Brune Rotaillot,
09:55alors qu'il propose castration chimique,
09:57cours disciplinaire de la magistrature ?
09:58Castration chimique, écoutez,
10:00ça me rappelle les lois de stérilisation.
10:01Mais c'est quoi ? C'est de la récupération pour vous ?
10:04C'est quoi ? De surfer sur l'émotion ?
10:06Il ne traite aucun des problèmes concrets.
10:09La récession du magistrat, si elle est établie,
10:12elle sera engagée, et il y aura des sanctions.
10:14Et d'ailleurs, si on applique la loi,
10:16normalement les magistrats qui ont commis des fautes
10:17sont poursuivis et généralement évincés de la magistrature.
10:21Alors, le G7 s'ouvre la semaine prochaine à Evian
10:24et il est percuté par la guerre au Moyen-Orient,
10:27la guerre qui fait placer une menace économique
10:30et elle se voit avec des faits très très concrets.
10:32C'est Christine Lagarde de la BCE
10:33qui a pour la première fois depuis trois ans
10:36relevé les taux directeurs de taux de dépôt à 2,25%.
10:40Alors, ça ne parle pas forcément à nos téléspectateurs,
10:42mais en fait, c'est archi, archi concret.
10:45Dites-nous comment ces taux directeurs
10:47vont impacter de façon magistrale les Français qui nous regardent.
10:51Déjà, quand le grossiste, c'est-à-dire celui qui propose aux banques
10:55qui vont se refinancer à la BCE, une augmentation des prix,
10:59le détaillant, lui, il augmente les mêmes prix.
11:01Donc, le taux d'intérêt pour l'emprunt,
11:04alors que vous êtes en train de négocier votre emprunt
11:05pour votre acquisition immobilière, pour votre appartement,
11:10vous avez 30 ans, vous venez de vous installer,
11:13vous avez des enfants, vous allez prendre une surcote,
11:17c'est-à-dire un prix plus élevé
11:18et peut-être des difficultés à établir votre plan.
11:22Deuxièmement, pour l'État, il faudra des conséquences,
11:24puisque nous sommes en 2024 à 64 milliards de charges d'intérêt.
11:30Pardon, en 2025, à 64 milliards de charges d'intérêt.
11:33En 2026, on va être à 74 milliards.
11:36Donc, si vous rajoutez encore 0,25%, on va passer 80.
11:41Voilà la situation.
11:42Donc, ce sont des impôts nouveaux pour les Français.
11:44Voilà ce qui est en train de se passer.
11:45Donc, ça veut dire qu'on paye finalement le prix
11:48d'une guerre qu'on n'a pas déclarée ?
11:49On paye surtout une décision qui n'est pas, je pense,
11:52qui est assez critiquée.
11:54Madame Lagarde et la Banque Centrale Européenne
11:55a déjà fait la même erreur en 2022 après la guerre en Ukraine.
11:59Quand vous voulez lutter contre l'inflation,
12:03vous augmentez les taux d'intérêt.
12:04C'est ce qu'on fait habituellement,
12:05mais à condition que l'économie soit en surchauffe.
12:07Là, elle n'est pas en surchauffe.
12:08Elle est plate.
12:10Elle est même assez faible.
12:11Pas très loin de la récession,
12:13c'est de l'inflation importée à cause d'un choc externe.
12:16Il y a eu la guerre en Ukraine.
12:17Ils ont augmenté les taux d'intérêt
12:18voulant arrêter l'inflation.
12:19Ils n'ont pas arrêté l'inflation.
12:21Ils ont tué l'économie.
12:22Ils sont revenus en arrière.
12:23Donc, ce qu'ils ont fait en 2022,
12:24ils vont certainement le refaire bientôt.
12:26Alors, il y en a un qui n'a pas de problème d'argent.
12:28C'est Elon Musk.
12:29Figurez-vous que SpaceX s'est introduit en bourse.
12:32Et ça y est, Elon Musk a passé le cap.
12:35C'est l'homme qui pèse 1000 milliards de dollars.
12:38Est-ce que c'est possible qu'un seul homme
12:41ait toute cette puissance technologique, politique, économique
12:45sans que personne ne le contrôle ?
12:47C'est même lui qui contrôle l'État.
12:49Puisque maintenant, avec son alliance avec Trump,
12:51il a réussi à faire changer les règles
12:53d'introduction en bourse à son profit.
12:56Donc, c'est lui qui fait les lois
12:58et non pas les lois qui s'imposent à lui.
13:02Racontons d'abord, avant la puissance de Musk,
13:05qu'est-ce qui se passe sur cette introduction en bourse
13:08délirante et historique.
13:10SpaceX veut financer avec 75 milliards.
13:14Il demande 75 milliards aux épargnants.
13:15Je rappelle qu'il y a beaucoup d'épargnants français
13:17puisque les banques françaises ont proposé du Musk
13:19et du SpaceX à leurs clients en ce moment.
13:21On peut acheter du Musk.
13:22Maintenant, on peut investir.
13:23Peut-être peut-être peut-être.
13:24Ça rapporte.
13:25C'est pas sûr.
13:26Justement, c'est ça que je vais expliquer.
13:27Parce que là, il y a un petit problème quand même.
13:29Quand vous achetez une entreprise qui est déficitaire,
13:33car vous achetez une entreprise qui a perdu 5 milliards,
13:37vous l'achetez 1770 milliards.
13:40C'est le prix de l'action, ça.
13:42C'est la valeur totale de l'entreprise.
13:43Tous les analystes considèrent qu'il y a un hold-up
13:47sur les petits épargnants.
13:47Enfin, une grande partie des analystes.
13:49Pardon, pas tous.
13:50Et disent que la valorisation devrait être coupée au moins par deux.
13:54Donc, est-ce qu'on achète une entreprise déficitaire
13:57valorisée 94 fois son chiffre d'affaires ?
13:59Ou est-ce qu'on fait un pari qui est assez délirant
14:02sur la construction d'une infrastructure spatiale
14:05dans l'intelligence artificielle ?
14:07Parce que c'est ça, le projet.
14:08Je voudrais quand même vous lire ce qu'il y a dans le prospectus
14:10qu'on envoie aux épargnants français ou américains.
14:14SpaceX se donne pour mission de rendre la vie multiplanétaire,
14:19comprendre la vraie nature de l'univers
14:21et étendre la lumière de la conscience des étoiles.
14:25Je cite, fin de citation.
14:26Donc là, c'est Martine dans l'espace.
14:28Martine dans l'espace.
14:29Alors, bonne chance pour tous les épargnants
14:31qui vont mettre leur argent sur une affaire comme celle-là.
14:34Ça ressemble aux subprimes et à la bulle de la tech,
14:39cette fois, et non plus de l'immobilier.
14:40Donc, dépêchez-vous de revendre si vous avez acheté.
14:43Alors, dépêchez-vous de revendre, oui,
14:44puisque l'action SpaceX a pris 26% depuis son introduction.
14:48Donc, je pense que les Français épargnants
14:49qui vont acheter du Musk, ils sont quand même bien contents.
14:52Vous vous dites, il faut revendre.
14:53Ben oui, ils vont pouvoir encaisser les 26%
14:56de la folie spéculative.
14:58C'est le principe d'une bulle.
15:00C'est qu'un moment, elle éclate.
15:02En tout cas, la fortune d'Elon Musk n'est pas prêtre quand même.
15:06Il faut revenir sur ce chiffre.
15:08Il est trillionaire.
15:10C'est-à-dire, 1000 milliards de dollars.
15:13Comment est-ce qu'on arrive déjà à mentaliser ce chiffre ?
15:15Alors, moi, je propose qu'on l'enferme dans une pièce étanche
15:18avec Gabriel Zuckman,
15:19qui veut lui prendre 2% par an de toutes ses actions.
15:22Je pense que là, pour le coup, ça vaudrait quelque chose.
15:24Qu'est-ce qui va se passer dans cette pièce entre Gabriel Zuckman et Elon Musk ?
15:27Je ne sais pas. Une conversation entre adultes, à votre avis ?
15:29Je pense que ça vaudrait la peine.
15:30En tout cas, une chose est certaine,
15:33c'est que beaucoup d'analystes ont considéré
15:35que le marché, on faisait payer au marché des actifs qui n'existent pas.
15:38Car tout ça n'existe pas. C'est un projet.
15:41Alors, dans quelques jours s'ouvre en France, à Villepinte,
15:44Eurosatorie. C'est le plus grand salon mondial de la défense.
15:47Alors, on va beaucoup parler de défense européenne,
15:50qui est peut-être un mythe, une chimère, vous allez nous le dire,
15:52puisque le SCAF est mort.
15:54Alors, le SCAF, c'est quoi ?
15:55C'est le système de combat aérien du futur.
15:57En gros, c'était un avion franco-allemand,
16:00un peu financé par l'Espagne aussi.
16:02Déjà, à trois pays, on n'a pas réussi à y arriver.
16:05Est-ce que vous pensez que la mort du SCAF signe la fin de la défense européenne ?
16:09Pas du tout. Je pense que c'est une victoire française.
16:12C'est une très bonne nouvelle pour Dassault et pour la France.
16:14D'abord parce que, lorsqu'on a des injonctions politiques,
16:18et une absence de désir des industriels de coopérer,
16:22ça produit ce genre de choses.
16:24Airbus, c'était la volonté des industriels européens de s'unir.
16:28MBDA, les fabricants de missiles,
16:30c'était une volonté des industriels de coopérer ensemble.
16:34Là, nous avons une décision politique qui a été prise il y a dix ans
16:37par Emmanuel Macron et je crois que c'était Madame Merkel à l'époque,
16:42de décider de faire l'avion du futur qui allait succéder au Rafale.
16:47Je dois dire que ça ne peut pas fonctionner comme ça.
16:50Pour une raison simple, c'est qu'il y avait des injonctions nationales
16:53qui étaient contradictoires.
16:55Les Français ont besoin d'un avion qui emporte la bombe,
16:58qui décolle d'un porte-avion,
16:59donc qui est un outil de la dissuasion nucléaire,
17:02dont ne dispose pas l'Allemagne.
17:03Les Allemands ont besoin d'un avion de combat à la frontière
17:05pour défendre les confins de l'Est de l'Europe.
17:08Et donc, il n'y avait pas d'accord,
17:11il n'y a jamais eu d'accord.
17:12Alors ce qui est intéressant, c'est que ce futur avion de combat,
17:16il pouvait avoir l'avant d'un lion et l'arrière d'une chèvre.
17:19C'est ce qu'on appelle une chimère dans la mythologie grecque.
17:22C'est-à-dire qu'aucun des concepteurs n'acceptait la position de l'autre.
17:28Donc, il fallait un concepteur unique.
17:30Ce concepteur unique, c'est Dassault.
17:31Je rappelle que Dassault a été capable de produire
17:35tous les avions de combat de la France
17:36et de construire le Rafale,
17:38qui est beaucoup moins cher que l'Eurofighter,
17:41beaucoup plus efficace et mieux exporté.
17:43Et c'est le seul rival crédible du F-35 américain.
17:46Donc, le futur avion de chasse sera français, selon vous ?
17:50Si nous sommes capables de le financer en solo,
17:54ça sera formidable.
17:55Mais moi, je suis prêt à parier
17:57qu'il y aura des candidats, des futurs clients,
18:01prêts à coopérer
18:03en acceptant le leadership technologique français,
18:06ce que les Allemands ont du mal à accepter.
18:08Il y a un problème culturel entre la France et l'Allemagne.
18:11C'est un couple, dit-on.
18:13C'est plutôt...
18:14C'est un divorce permanent.
18:16C'est plutôt ça.
18:17Donc, ma position est de dire
18:19qu'il y a un leadership technologique
18:21dans l'industrie de la défense en France.
18:23Elle est indépendante.
18:25Elle est technologiquement leader mondial.
18:27Eh bien, nous pouvons en être fiers.
18:29Il faut la pousser.
18:30Ce n'est pas la peine de la diluer
18:32dans des conceptions multinationales européennes
18:36qui risquent de l'affaiblir.
18:37Donc, moi, je suis très content
18:38que le SCAF soit un projet français.
18:41Et il y aura, ne vous inquiétez pas,
18:43des gens qui partageront la base industrielle,
18:45qui permettront d'en diminuer le coût
18:46et de faire que ce sera un succès commercial mondial.
18:49Allez, c'est l'heure de notre rubrique
18:50On marche sur la tête, Arnaud Montebourg.
18:52Et aujourd'hui, je vous emmène
18:54cauchemar en mairie.
18:55C'est un peu ce qu'on peut se dire.
18:56Voyage en absurdi.
18:58On va parler de chiffres.
18:59Je vais vous montrer les chiffres.
19:02366 999 000 articles législatifs et réglementaires.
19:0648,8 millions de mots,
19:08l'équivalent de 113 jours de lecture en continu.
19:11C'est le quotidien des maires de France.
19:13En gros, il faut un dossier pour tout.
19:15Vous voulez déplacer n'importe quoi,
19:17il faut un dossier.
19:18Vous voulez acheter un matériel,
19:19il faut un dossier.
19:20Sébastien Lecornu a voulu tout simplifier
19:22avec un méga décret de simplification.
19:24Mais finalement, c'est encore plus compliqué.
19:26On est en ligne avec Rodolphe Amaillan.
19:28Bonsoir, monsieur.
19:29Vous êtes maire de Vertoux,
19:31président de l'AMF de Loire-Atlantique,
19:33réélu au premier tour en mars 2026.
19:35Concrètement, très concrètement,
19:37racontez-nous l'absurdie que vous vivez en tant que maire.
19:40Bonjour, monsieur le maire.
19:43Bonjour, monsieur le ministre.
19:45Ravi d'être là ce soir.
19:47D'abord, je voudrais vous dire que les maires,
19:48ils savent qu'une règle, elle protège.
19:50Mais il arrive un moment où la règle
19:52cesse de protéger et commence à entraver et à empêcher.
19:55Et les exemples, je vais vous dire,
19:56ils sont nombreux, qu'ils soient à Vertoux
20:00ou dans toutes les communes, effectivement,
20:02de Loire-Atlantique et de France.
20:04L'inflation normative, elle pénalise
20:06qu'ils soient les grands ou les petits sujets.
20:08Alors, quelques exemples.
20:10Le dernier en date, c'est un problème d'environnement.
20:14Il y a un oiseau qui a décidé de venir pondre
20:16entre le moment où le terrain a été acheté
20:20et le moment où les travaux ont commencé.
20:22Eh bien, les travaux sont arrêtés.
20:24On attend de savoir ce qu'on va faire
20:26avec ces teufs d'oiseaux rares.
20:30Et donc, ces 5 hectares qui seront évidemment immobilisés,
20:33là où on pouvait créer de la richesse.
20:35Et je sais que ça vous est cher, monsieur le ministre,
20:37créer de la richesse pour un entrepreneur
20:41qui avait décidé de construire son usine.
20:44C'est la rente d'accès qui, dans une mairie,
20:47a 1% d'écart avec la norme
20:49et qu'on doit refaire ou qu'on doit évidemment mettre aux normes.
20:56C'est l'interdiction de mettre les eaux pluviales dans les sanitaires
21:00alors que c'est du bon sens, évidemment,
21:02quand on peut le faire au prétexte qu'un enfant
21:04pourrait boire l'eau des toilettes.
21:06Enfin, je veux dire, il faut qu'on soit un peu logique
21:09et évidemment plein de bon sens.
21:13C'est l'obligation, avant fin 2026,
21:17de mettre aux normes tous les stationnements
21:20à moins de 5 mètres d'un passage piéton.
21:22Il faut les supprimer, voilà.
21:24Comme si on découvrait la dangerosité de ces stationnements
21:28et comme si, il y a quelques années,
21:32les villes pouvaient être traitées toutes de la même manière,
21:36qu'on soit en zone rurale, en zone étoirale,
21:39qu'on soit en centre-ville, qu'on soit dans les villages.
21:42Voilà, il faut avoir un peu de bon sens,
21:44le bon sens terrien.
21:46Alors, monsieur le maire,
21:49vous avez une expérience très concrète de ces normes.
21:54David Lysnard, le président de l'Association des maires de France,
21:58a pris des positions extrêmement vigoureuses.
22:01Il a dit, il faut mettre tout ça à la poubelle.
22:03Est-ce qu'on peut avoir une position, j'allais dire,
22:06nuancée sur cette question ?
22:08C'est-à-dire dire, par exemple,
22:09est-ce qu'on peut faire confiance aux élus,
22:11qui sont des gens responsables,
22:13en leur confiant le soin de respecter un certain nombre d'objectifs ?
22:18Par exemple, dans la construction de logements,
22:21on a obligé à ce que la quasi-totalité des logements
22:26soit aux normes handicapées.
22:28Est-ce que, par exemple, il est possible de faire confiance aux promoteurs,
22:33aux constructeurs, aux élus qui construisent,
22:35aux maîtres de l'ouvrage, en leur disant,
22:36écoutez, on va trouver la bonne part, l'équilibre, la nuance ?
22:41Bref, est-ce qu'on peut passer d'un système
22:44où la loi vient brider la décision,
22:48à un système où c'est la décision qui applique la loi ?
22:51Qu'est-ce que vous en pensez, monsieur le maire ?
22:53C'est le principe de subsidiarité qu'on défend, nous, les maires,
22:57cette République des maires qui est pleine de bon sens,
22:59qui est en proximité des gens, qui écoutent,
23:03et qui sait le mieux dimensionner la réponse aux besoins de nos concitoyens.
23:08C'est tout ce que demande, d'ailleurs, je crois,
23:10le président des maires, David Lysnard.
23:12Je crois qu'on peut agir avec bon sens.
23:14Mais je reprends l'un de vos exemples.
23:16On nous demande aujourd'hui de faire des logements.
23:19On nous demande aujourd'hui d'être aux normes d'une norme quantitative de logements.
23:25Mais par ailleurs, on ralentit la production de logements
23:29par un nombre de normes invraisemblables,
23:31par des temps incroyables d'études environnementales,
23:37mais aussi normatives.
23:39Et par ailleurs, il y a parfois des règlements
23:40qui viennent en injonction contradictoire
23:42de cette volonté de faire du logement
23:46quand on est, par exemple, en zone PPRI,
23:48ou quand on est PPRI risque-inondation,
23:51ou quand on est, par exemple, sur les plans de prévention du bruit.
23:56Donc on voit bien que ces normes-là, elles sont entravantes.
23:59Et tout ce qu'on demande, nous, c'est de simplifier
24:01pour que ces normes, elles soient facilitantes.
24:04On dit souvent qu'il y a 10 ou 15 ans,
24:07un maire, il commençait par regarder
24:11ce qui était autorisé pour faire son projet.
24:14Aujourd'hui, ils regardent ce qui est interdit.
24:17Voilà.
24:17Ils commencent par regarder tout ce qui est interdit.
24:19Et je peux vous dire qu'il y a plein de choses.
24:20Donc nous, ce qu'on demande, les maires,
24:22les maires de France, évidemment,
24:24c'est que le gouvernement nous fasse confiance.
24:27C'est que quand ils produisent une norme,
24:30que toutes prises individuellement,
24:32d'ailleurs, on peut se dire que
24:34ces normes sont intelligentes et bonnes,
24:37mais c'est l'empilement de ces normes
24:38qui fait défaut.
24:39– Ça, je veux bien vous croire.
24:41Alors, vous savez, il y a eu des chocs de simplification.
24:45D'ailleurs, moi-même, lorsque j'étais au gouvernement,
24:48j'ai eu le président de la République
24:49qui m'avait nommé de l'époque,
24:51qui m'a dit, il faut faire un choc de simplification.
24:53Alors, on est allé chercher partout,
24:56dans les services déconcentrés,
24:58les préfectures, les filières industrielles,
25:01puisque je m'occupais d'industrie,
25:03tout ce qui ne servait à rien
25:05pouvait être supprimé
25:06et embarrassait la vie quotidienne
25:08de tous les acteurs de l'économie
25:11ou de l'administration,
25:12comme vous en êtes, une administration locale.
25:14Et on a confié, finalement, la décision,
25:17alors j'en ai trouvé 500.
25:19On est arrivé en réunion interministérielle,
25:21on a confié l'arbitrage
25:22à un jeune énarque du cabinet du Premier ministre,
25:28qui était chargé de la simplification,
25:29qui est âgé de 27 ans,
25:31et qui a pris, finalement, des arbitrages.
25:34L'administration n'a pas souhaité désadministrer.
25:39Et en vérité, on a sorti 5 mesures,
25:41c'est-à-dire 1%.
25:43Donc, vous voyez pourquoi ça ne fonctionne pas,
25:45c'est qu'il n'y a pas de force politique
25:47qui, aujourd'hui, assume, organise,
25:51j'allais dire, le nettoyage
25:53de ce qui, aujourd'hui, bloque le pays.
25:56Nous avons besoin de remettre à plat
25:58l'ensemble de ces questions.
25:59Et je vous remercie de votre engageant,
26:02M. le maire, j'ai une question ultime à vous poser.
26:04Il y a 2200 maires qui ont démissionné depuis 2020.
26:09Quelle est, à votre avis,
26:10la raison de la démission de vos collègues ?
26:12Parce que c'est un métier,
26:14c'est une mission très difficile,
26:17et beaucoup de vos collègues
26:18la quittent avec beaucoup d'engagement.
26:23Vous savez, c'est le ras-le-bol.
26:24Moi, je le dis, c'est mon troisième mandat,
26:27vous l'avez rappelé, je suis extrêmement volontariste,
26:31comme l'ensemble des élus locaux,
26:32il n'y a pas que les maires, d'ailleurs,
26:33il y a les équipes municipales,
26:34mais ce qu'on veut, nous, c'est la liberté d'agir.
26:36Il faut changer de paradigme,
26:38nous donner la liberté d'agir,
26:40et évidemment, nous contrôler,
26:42parce que c'est bien normal,
26:43mais surtout, nous donner les moyens d'agir.
26:46C'est important en nous faisant confiance
26:48et en faisant en sorte
26:51qu'effectivement,
26:51on n'entrave pas notre action,
26:53mais qu'on vienne l'augmenter ou la contrôler.
26:57Merci, M. Amaillon.
26:58Merci pour votre coup de gueule.
27:00Merci pour vos efforts.
27:02On passe au génie du Made in France ce soir.
27:05Ce week-end, c'est une alerte maximale,
27:07puisque les feux de forêt menacent désormais la France,
27:09le Var, les Pyrénées-Orientales,
27:10la Gironde, la canicule précoce.
27:12On va parler d'une obsession française.
27:14Vous savez, c'est le Canadair.
27:15Vous le voyez, ce gros bombardier
27:17qui vient vous sauver en pleine idée,
27:18notre bouclier contre les incendies.
27:20Sauf que la flotte du Canadair vieillit.
27:23La flotte française a besoin d'un successeur urgent.
27:26Qui va construire le Canadair de demain
27:28en jeu de souveraineté
27:29pour être plus rapide face aux incendies ?
27:32Bonsoir, Laurent Schmitt.
27:33Vous êtes ce soir notre génie,
27:35le génie du Made in France d'Arnaud Montebourg,
27:3715 ans chez Airbus,
27:38carrière au sommet de l'aéronautique.
27:40Quand est-ce que vous avez eu ce déclic, finalement,
27:42de créer le futur Canadair français ?
27:46Ce déclic, il date de 2022.
27:49Ce déclic, c'est au départ une émotion,
27:53un peu comme tout le monde.
27:54On voit les feux de forêt,
27:55on comprend que c'est 20% des émissions de CO2.
27:57On voit les méga-feux qui arrivent.
28:00Et à face de ça, on voit les Canadair.
28:01Vous le savez, vieux avions…
28:04Ils ont quel âge ?
28:04En fait, ils ont été certifiés en 1967.
28:08Ah oui.
28:09Et ils volent depuis 1967.
28:12La moyenne d'âge de la flotte,
28:14c'est environ une trentaine d'années.
28:16Et depuis 12 ans maintenant,
28:18la production a été arrêtée.
28:19Il n'y a plus de nouveaux avions.
28:21Donc, c'est des avions qu'on maintient
28:23et qu'on garde.
28:24On en a combien, la flotte française ?
28:26Alors, la flotte française est constituée de 12 Canadair.
28:3012 Canadair qui ont environ une trentaine d'années d'ancienneté.
28:36Chaque année, c'est environ 6-7 avions
28:40qu'on arrive à avoir grâce à beaucoup d'efforts
28:43des équipes de maintenance opérationnelles sur le terrain.
28:45Donc là, on arrive au bout.
28:47C'est ça que vous êtes en train de dire ?
28:48Ce que je suis en train de dire,
28:49c'est qu'on arrive face aux risques
28:52de voir cette flotte disparaître
28:53et on arrive surtout devant l'impasse.
28:56Cette flotte, elle devrait grossir.
28:58Elle devrait grossir en France,
29:00mais elle devait grossir sur toute la planète.
29:04Et aujourd'hui, malheureusement,
29:05on est sur une impasse industrielle.
29:07Pourquoi une impasse industrielle ?
29:09Expliquez-nous pourquoi.
29:10Alors, le Canadair, comme je vous l'ai dit,
29:12depuis maintenant 12 ans,
29:13il n'est plus fabriqué.
29:15Enfin, c'est un hydravion avec un réservoir.
29:17C'est un hydravion avec un hydravoir.
29:19Et des hélices qui tournent, excusez-moi.
29:21On sait faire ça depuis 1967.
29:23On sait faire ça.
29:24C'est un avion qui fait 20 tonnes.
29:27Un avion de 20 tonnes pour le redévelopper depuis zéro.
29:29C'est un énorme chantier.
29:31C'est plusieurs milliards.
29:32C'est surtout des milliers d'ingénieurs
29:34qu'il faudrait mobiliser sur un projet comme ça.
29:37Et vous le savez, l'aéronautique, en ce moment,
29:40elle traverse des gigantesques défis
29:43de ramp-up, aussi bien industriel que civil.
29:46Et donc, non, malheureusement,
29:49le secteur aéronautique, j'ai envie de vous dire,
29:51n'est pas au rendez-vous.
29:53Alors, qu'est-ce que vous avez fait, vous ?
29:55Alors, vous avez trouvé...
29:55Il y a deux entreprises.
29:57Il y a Inaéro, qui est dirigée par un général,
29:59et il y a vous, un ancien Airbus de Dassault,
30:03qui avait inventé une solution innovante.
30:06Voilà pourquoi nous avons voulu que vous soyez
30:09notre génie du Made in France.
30:11Expliquez-nous ce que vous faites.
30:12Eh bien, l'idée, c'est que si on ne peut pas faire
30:14un nouvel avion, parce que ce n'est pas abordable,
30:16il faut avoir une idée ambitieuse et astucieuse
30:20qui est de partir d'un avion existant
30:23et de le transformer pour lui donner...
30:25Alors, lequel ?
30:25ATR 72 ?
30:28Un avion franco-italien, toujours fabriqué à Toulouse,
30:33qui a été livré en 1 500 exemplaires,
30:35donc qui est vraiment disponible.
30:36Et cet avion, on va l'équiper avec des réservoirs d'eau
30:39dans le fuselage.
30:40Et puis, surtout, on va remplacer ces trains d'atterrissage
30:43par des gigantesques flotteurs
30:45qui vont lui permettre d'aller ramasser de l'eau...
30:48Dernière question, monsieur, parce que je vous coupe,
30:49parce que le temps file.
30:51La sécurité civile américaine est votre premier client,
30:53350 millions d'euros.
30:55Deuxième client, un pays d'Europe du Sud,
30:57la France.
30:57Elle vous a commandé vos avions ?
30:59Non, alors, ce n'est pas la sécurité civile américaine
31:02qui est notre client.
31:02En fait, pratiquement partout dans le monde,
31:05ce sont des sociétés...
31:08Est-ce que la France a passé commande ?
31:09Une société civile américaine qui achète des avions
31:10et qui, ensuite, offre du service aux États.
31:13Donc, c'est une société privée américaine
31:15qui, j'ai envie de dire, a eu la souplesse
31:17de prendre le risque de commander 10 avions
31:19à notre société.
31:21La France a émis...
31:22Vous les avez fabriqués ?
31:24Vous les avez livrés ?
31:24Non, on est en train de fabriquer...
31:26Vous êtes en train de les fabriquer où, s'il vous plaît ?
31:28Alors, on les fabrique...
31:29Les flotteurs sont fabriqués en Bretagne
31:31et les avions seront assemblés à Toulouse
31:34sur l'aéroport de Toulouse-Blanc.
31:35Donc, vous avez utilisé les ressources
31:37de l'industrie navale pour faire cet avion amphibie.
31:42C'est ça, votre coup de génie, c'est ça ?
31:43On a utilisé tout ce que la France sait faire de mieux,
31:46c'est-à-dire l'industrie navale pour les flotteurs,
31:48l'industrie aéronautique pour les modifications d'avions
31:51et toute une équipe qui y vient,
31:53des grands avionneurs d'Airbus de Dassault d'ATR.
31:55Alors ici, moi, je lance un appel au gouvernement français
31:59de commander des ATR 72 transformés
32:04avec des flotteurs pour compléter la flotte de Canadair.
32:09Merci, monsieur, d'avoir été ce soir l'invité d'Arnaud Montebourg.
32:11On passe au duel ce soir et c'est Aurélie Trouvé
32:14qui nous rejoint, député la France Insoumise.
32:16On va revenir évidemment sur la mort de la petite Liana.
32:20Elle a été inhumée aujourd'hui
32:22et sa mort pose énormément de questions.
32:25Comment faire de cette tragédie ?
32:27Quelles leçons tirer de cette tragédie ?
32:29Est-ce qu'il faut un big bang de la justice, Aurélie Trouvé ?
32:31Par exemple, chercher des milliards.
32:33On a pu les trouver pour l'armement, pour la défense.
32:35Est-ce qu'il faut des milliards pour la justice
32:37pour protéger nos enfants ?
32:38Bonsoir, bonsoir.
32:40Bonsoir.
32:41D'abord, c'est, vous savez, le jour des obsèques
32:43de cette petite fille.
32:45Je veux d'abord avoir une pensée, évidemment,
32:47pour ses proches, sa famille, ses parents.
32:50Moi, je suis maman aussi.
32:51Et voilà, à quel point c'est épouvantable.
32:54Et du coup, moi, je suis assez gênée pour aujourd'hui,
32:58particulièrement aujourd'hui,
32:59parce qu'il faut avoir le débat politique, évidemment.
33:02Et particulièrement aujourd'hui,
33:03la famille a demandé
33:05à ce que, eh bien, il n'y ait pas...
33:08Voilà, que la journée soit consacrée à sa mémoire.
33:11Donc, voilà, évidemment, M. Darmanin,
33:15les gouvernements devront rendre des comptes,
33:18bien évidemment, sur ce qui s'est passé.
33:21Il faut évidemment que ça change.
33:23Il ne peut pas y avoir à nouveau des meurtres aussi épouvantables.
33:27Il y a un problème systémique.
33:28Mais voilà, je crois qu'il faut aussi,
33:31aujourd'hui, parce que ce sont les obsèques,
33:33eh bien, peut-être d'abord honorer sa mémoire,
33:37comme le demande la famille.
33:38– Alors, comme vous le savez,
33:40la question de la responsabilité politique
33:43est posée du gouvernement.
33:46J'ai vu que le président de la République
33:47avait expliqué que ce n'est pas une question de moyens,
33:48c'est une question de responsabilité de magistrats.
33:50Donc, c'est sa position.
33:51Il est le gardien de l'autorité judiciaire
33:55et de son indépendance.
33:56Donc, c'est une position qu'il a prise
34:00et qui est très importante,
34:01puisque c'est celle du gouvernement qui en découle.
34:05quelle est votre position par rapport à la situation
34:09du garde des Sceaux aujourd'hui,
34:11par rapport à un certain nombre d'éléments d'alerte
34:14qu'il a eus sur la chaîne pénale asphyxiée,
34:17sur les questions d'infraction sexuelle
34:20dont sont victimes les mineurs dans notre pays,
34:23une décision de la Cour européenne des droits de l'homme,
34:26un rapport d'inspection accablant
34:28avec 17 recommandations non mises en œuvre,
34:30non rendues publiques en 2023.
34:32Et puis, tous les problèmes
34:36dont que les magistrats ou les élus font remonter.
34:41Je signale d'ailleurs que le tribunal d'Auche
34:43a fait l'objet d'une intervention du député du Gers,
34:47M. Topiak, qui je crois,
34:50Elliot, il est centriste, je crois,
34:52qui a dit qu'il y a des problèmes dans ce tribunal.
34:55Voilà.
34:56Donc, comment vous traitez cette question,
34:59qui est une question importante,
35:01pour l'avenir ?
35:02Après le drame de cette petite fille
35:05qui a été assassinée et violée.
35:08Alors, je le redis encore une fois,
35:11je suis gênée d'aller plus avant dans le débat,
35:15dans le sens où la famille a demandé
35:16précisément aujourd'hui,
35:19voilà, de faire preuve de sobriété,
35:21je puis dire.
35:22Sans parler, évidemment,
35:24elle suscite énormément de questions,
35:26notamment sur le budget de la justice.
35:28Est-ce que vous pensez qu'il faudrait plus de budget ?
35:30Vous pouvez le faire sobrement.
35:32Vous pouvez le faire sobrement.
35:32Nous l'avons dit depuis plusieurs jours.
35:36Ça n'est pas seulement un problème,
35:39comme le pointe M. Darmanin,
35:41le ministre de la Justice.
35:42Ce ne sont pas que des problèmes individuels,
35:45ponctuels.
35:46Il y a une défaillance de l'État,
35:48une défaillance systémique.
35:51Et il y a un gravissime problème de moyens.
35:54Nous avons trois à quatre fois moins de procureurs
35:57par rapport à la moyenne de l'Europe.
36:00Nous avons un gravissime manque de juges.
36:03Nous avons un gravissime manque dans la police judiciaire.
36:07Il y a aujourd'hui la plupart des plaintes
36:10qui sont classées sans suite.
36:12Et la plupart des enfants qui sont victimes de viol
36:15ne portent même pas plainte.
36:17Donc, il y a des problèmes à tous les niveaux.
36:20Et je n'irai pas plus avant.
36:21Simplement, nous, c'est ce qui nous a amenés
36:23à demander aujourd'hui la démission,
36:25on l'a dit, du ministre de la Justice,
36:28parce que ça relève de sa responsabilité.
36:33Maintenant, je ne veux pas aller plus avant aujourd'hui.
36:37Je dis simplement qu'il faudra que les gouvernements
36:41et l'État rendent des comptes,
36:43parce qu'on ne peut pas, en fait,
36:48accepter qu'il y ait autant de viols d'enfants
36:51en toute impunité.
36:53Il y a 160 000 violences sexuelles sur des enfants chaque année.
36:57Et au-delà de ce drame absolument épouvantable
37:00pour lequel nous devons nous recueillir aujourd'hui,
37:03il faudra en tirer toutes les leçons.
37:05– La campagne a commencé.
37:06Vous avez votre candidat, Jean-Luc Mélenchon, pour 2026.
37:09Est-ce que la justice doit être au centre ?
37:12Est-ce qu'il faut, effectivement, lever des fonds
37:15et faire de la priorité de la France insoumise la justice ?
37:19Et au détriment de quoi ?
37:19– Oui, nous avons, vous le savez,
37:21nous avons tout un programme, par exemple, de recrutement.
37:25Nous pensons que pour être à la moyenne européenne,
37:26il faut recruter 5 000 juges,
37:28il faut recruter 3 000 agents dans la police judiciaire,
37:31qu'aujourd'hui, ça rend impossible,
37:35ou très difficile, le traitement adéquat,
37:38de l'ensemble des cas de violences sexuelles
37:42sur des enfants en France.
37:45Voilà, et donc, évidemment,
37:48au-delà d'aujourd'hui, à partir de demain, à nouveau,
37:50il faudra que ce débat politique soit plein et entier
37:54pour qu'on cesse cette impunité,
37:57qu'on cesse cette fabrique des violences,
38:00des agresseurs sexuels.
38:01– Arnaud Mondebourg, est-ce qu'on ne se dirige pas
38:03vers une surenchère de propositions, justement,
38:06que les politiques ne pourront pas tenir compte tenu
38:09de l'état des finances publiques ?
38:10– Oui, c'est sûr qu'une cour populaire,
38:13un pylori médiatique pour les juges proposé par M. Retailleau,
38:16ça, je pense que ce n'est pas constitutionnel.
38:18La castration chimique, qui n'est pas une punition,
38:22mais qui est une mesure de prévention portant atteinte
38:25l'intégrité corporelle du lincant,
38:28ça aussi, je pense qu'on a des problèmes.
38:29Ça nous rappelle les lois de stérilisation forcée aux États-Unis
38:34qui ont touché des dizaines de milliers de personnes.
38:37Donc, tout ça, ça relève de la surenchère.
38:40La question budgétaire est une question sérieuse.
38:43Donc, je voudrais l'aborder,
38:44car pour moi, un candidat à l'élection présidentielle
38:47ne peut pas avoir une stratégie de redressement,
38:49ne pas avoir une stratégie de redressement des finances publiques.
38:52Pourquoi ? Parce qu'on est dans le trou,
38:55et que ça va très mal.
38:57Donc, qu'est-ce que vous proposez ?
38:58Moi, j'ai regardé votre programme,
38:59excusez-moi, le programme de Jean-Luc Mélenchon,
39:02230 milliards de dépenses nouvelles,
39:0585 milliards en plus pour les retraites,
39:0640 milliards en plus pour la santé,
39:0834 milliards en plus pour l'éducation.
39:10Je n'ai pas abordé justice-police,
39:12même si j'entends parfois que la police tue.
39:15Heureusement qu'elle est là, merci.
39:16Et puis, du côté des recettes,
39:17parce qu'il faut quand même des recettes,
39:20105 milliards d'impôts nouveaux, c'est énorme.
39:22Donc, 80 sur les entreprises et 25 sur les ménages.
39:25Et tout ça, ça fait une impasse supplémentaire,
39:28puisque 230 moins epsilon,
39:33on se retrouve quand même avec un déficit de 7,5.
39:36Donc, tout ça, on a juste un petit problème.
39:39Donc, expliquez-moi, expliquez-nous comment vous allez faire
39:44avec aujourd'hui, je le rappelle,
39:46l'État est en train de se refinancer.
39:49Il remet sur le marché 174 milliards d'obligations
39:52qui arrivent à échéance à des taux faibles.
39:55Il les recontracte, c'est des emprunts,
39:58mais cette fois-ci, à 2,25, à 3, 3,25.
40:02Donc, comment on va faire ?
40:03Donc, la charge d'intérêt en 2026,
40:05elle augmente de 10 milliards.
40:06Donc, en fait, 10 milliards,
40:08c'est peut-être le budget de la justice
40:09que vous voudriez avoir.
40:11Donc, comment on fait ?
40:12Ça s'appelle un exercice de cohérence.
40:16Alors, justement, M. Montebourg,
40:17si vous pouvez, si vous avez pu observer,
40:20étudier minutieusement,
40:21et je vous en remercie,
40:23notre programme budgétaire,
40:24là, c'est pour le budget 2026,
40:26mais nous le faisons pour chaque campagne présidentielle,
40:29pour le programme du président et du candidat,
40:32ce sera Jean-Luc Mélenchon.
40:33Si vous pouvez le faire,
40:35c'est parce que nous l'avons établi
40:36avec des économistes, avec des statisticiens,
40:38et nous sommes les seuls, en fait.
40:40Vous ne trouverez aucune autre force politique
40:42qui a fait cet exercice.
40:44Donc, déjà, je veux dire que c'est sérieux, en fait.
40:46Vous avez raison, le budget, c'est très sérieux.
40:48Et d'ailleurs...
40:49Les solutions ne sont pas tout à fait sérieuses.
40:52Déjà, j'observe qu'aucun autre candidat
40:54ne s'apprête à faire cet exercice
40:56et que, déjà, la dernière fois,
40:57nous étions les seuls à le faire.
40:58Et je veux le dire, nous travaillons...
40:59Moi-même, vous le savez,
41:01je travaille...
41:01Avant d'être députée, il y a 4 ans,
41:03j'étais chercheuse en économie
41:04et nous étions beaucoup à travailler sur ce programme.
41:08Ensuite, vous l'aurez remarqué,
41:10il y a prévu plus, en réalité,
41:13de recettes que de dépenses.
41:14Notre objectif, il est bien
41:16de diminuer progressivement le déficit.
41:19Mais aussi parce que...
41:20Et c'est quelque chose qui vous est cher,
41:21Arnaud Montebourg.
41:22C'est parce que nous comptons aussi
41:24sur un programme dit keynésien.
41:26C'est-à-dire que c'est un programme
41:27dans lequel il y aura de la relance.
41:29De la relance de l'activité,
41:31ce qui va faire ramener aussi des recettes fiscales.
41:33On va s'attaquer au pouvoir d'achat
41:36pour qu'il soit plus important,
41:37au salaire pour qu'il soit rehaussé.
41:39Et tout ça est bon aussi pour les recettes.
41:41Et dernière chose,
41:42c'est aussi la baisse de certains coûts.
41:44Par exemple, l'assurance chômage.
41:46Eh bien, si on a un vaste programme
41:49de reconversion des industries,
41:51je sais que ça vous est cher,
41:52une planification industrielle
41:54pour faire en sorte qu'on n'ait plus
41:55les désastres industriels
41:56comme on connaît aujourd'hui,
41:57pour qu'on n'ait plus
41:58des centaines de plans de licenciement
42:00chaque année.
42:01Eh bien, par exemple, ça,
42:02c'est des coûts du chômage en moins.
42:04Et donc, l'Allemagne d'ailleurs
42:06est en train de le faire.
42:07Les États-Unis, la Chine,
42:08toutes les grandes puissances aujourd'hui
42:10planifient et mettent en place
42:12un budget conséquent
42:13pour relancer la production du pays.
42:15Et nous, on veut une relance
42:16écologique et sociale.
42:17Et tout ça, vous le savez,
42:18va aussi faire des coûts sociaux,
42:20des coûts humains en moins
42:22dans la société.
42:23Et c'est cet ensemble-là
42:24qui nous permet de dire aujourd'hui
42:25que nous avons un programme,
42:27que nous avons utilisé le modèle
42:29de la Banque de France
42:30pour établir cet équilibre budgétaire.
42:32Nous avons un programme
42:33qui, progressivement,
42:34va faire diminuer le déficit.
42:36Merci de ces précisions très utiles.
42:38Le débat est engagé.
42:39Vous nous expliquez comment
42:41vous allez relancer
42:42la production industrielle
42:43en tapant 80 milliards
42:45d'impôts supplémentaires
42:46sur les entreprises.
42:47Les entreprises,
42:48elles vont fermer la porte.
42:49Comment vous allez faire ?
42:50C'est un programme léniniste, en fait.
42:55Et même Lénine, il a inventé,
42:57vous savez,
42:58après le communisme de guerre,
42:59il a inventé, il a dit
43:00on a besoin quand même
43:01des gars qui travaillent
43:02dans ce pays,
43:03alors on va diminuer la pression.
43:05Mais franchement,
43:06c'est impossible.
43:08Deuxièmement,
43:08vous parlez, à juste titre,
43:10de ce qu'on appelle
43:11la relance de l'activité.
43:13On injecte du déficit
43:14en espérant que le déficit
43:16sera couvert.
43:16Alors, on l'a fait depuis 30 ans
43:17et ça n'a jamais marché.
43:19Pourquoi ça marche
43:19de moins en moins d'ailleurs ?
43:21Parce que ça marchait plus
43:22à l'époque mitterran,
43:23c'est-à-dire il y a 40 ans.
43:24Parce que l'industrie
43:27est trop petite.
43:28Donc, elle ne peut plus
43:29bénéficier aujourd'hui
43:30des effets d'injection
43:33de la dépense publique.
43:34Donc, on est condamné
43:36à avoir une politique
43:37très modérée sur la demande
43:38et une politique
43:39très forte sur l'offre.
43:41Une question sur votre rapport.
43:43Oui, en un mot,
43:43parce que sinon,
43:44on n'aura pas le temps
43:44de parler de votre rapport.
43:45OK.
43:46Juste, un,
43:47nous avons un surplus
43:49de fiscalité,
43:49d'abord sur le patrimoine.
43:51Et du patrimoine,
43:51j'ai envie de dire
43:52qui n'est pas le patrimoine
43:53forcément productif.
43:54C'est notamment
43:55la taxe du Kman
43:56qui se concentre
43:57sur les premières richesses
44:00de France.
44:01Deuxièmement,
44:02est-il normal
44:03que des multinationales
44:04comme ArcelorMittal
44:05qui aujourd'hui
44:06délocalise massivement,
44:07payent zéro euro
44:10d'impôt sur les sociétés
44:11depuis plusieurs années ?
44:13Et vous voyez,
44:14ça n'a aucune espèce
44:16de consistance
44:16pour relancer la production.
44:18Et surtout,
44:19est-il normal
44:19que les multinationales
44:20payent à peu près
44:2217% de taux d'imposition
44:24quand les TPE et PME
44:25en payent 24%.
44:27Donc, par exemple,
44:27nous proposerons
44:28un rétablissement,
44:29un rééquilibrage
44:30pour qu'il y ait
44:31une justice
44:32dans l'imposition,
44:33notamment entre
44:34les TPE, PME
44:35et les multinationales.
44:36Et je vais finir
44:37par un dernier point.
44:38C'est que le premier
44:39problème des entreprises,
44:40c'est le carnet de commande.
44:42Et que la première chose
44:43à faire,
44:43c'est de faire en sorte
44:44que les gens
44:45leur achètent,
44:46leur achètent des biens.
44:47Et pour ça,
44:48il faut maintenir,
44:49il faut même développer
44:50le pouvoir d'achat.
44:51Excusez-moi,
44:51mais à chaque fois
44:52que vous donnez
44:53le pouvoir d'achat,
44:53ça part en Chine.
44:54On fait un chèque
44:54tous les ans
44:55de 50 milliards
44:57à la Chine.
44:58C'est ça le problème.
45:00On ne peut plus le faire.
45:01Là où vous avez raison,
45:02c'est que par ailleurs,
45:03quand on fait
45:03cette relance
45:04du pouvoir d'achat,
45:05il faut aussi se protéger.
45:06Parce que si on fait
45:07juste la relance
45:08du pouvoir d'achat,
45:09ça peut aussi avoir
45:10juste un effet
45:10d'importation supplémentaire.
45:12Donc, il faut se protéger
45:13et se protéger
45:14notamment quand on a
45:15des normes
45:16plus ambitieuses
45:16du point de vue
45:17de la santé,
45:20un amendement
45:20qui est passé
45:21dans la loi agricole,
45:22j'espère qu'il va rester.
45:23C'est un amendement
45:24que j'ai déposé
45:24au nom du groupe
45:25de la France Insoumise
45:26pour interdire
45:27les importations
45:28de tous produits agricoles
45:29traités avec des pesticides
45:30interdits en France.
45:31Bon, ça, c'est une mesure
45:32bienvenue de protection
45:33qui va justement
45:35favoriser la demande
45:36pour la production
45:37dans notre pays,
45:38celle qui est plus ambitieuse
45:39pour la santé
45:41et l'environnement.
45:42Ce n'est qu'un début.
45:43Ce débat ne fait que commencer.
45:45Vous ne serez pas le seul
45:46à l'avoir
45:46parce que tous les partis politiques,
45:48on va les passer
45:48au scanner.
45:49Un mot sur votre rapport,
45:51Aurélie Trouvé,
45:51puisque vous avez
45:52passé à vous un homme
45:52qui s'intéresse de près
45:53à l'industrie,
45:54à nos usines,
45:55qui les achètent.
45:56Vous avez donc
45:57coprésidé une commission
45:58d'enquête parlementaire
45:59pour documenter
45:59les fonds d'investissement.
46:00Votre rapport est cinglant.
46:02Vous dites
46:02que ces fonds prédateurs
46:03sont là pour détruire
46:04les entreprises.
46:05Bruno Le Maire,
46:05ancien ministre de l'économie
46:06qui a été auditionné,
46:09dit
46:09mensonge tribunal politique.
46:11Qui a récent ?
46:12Est-ce que vraiment
46:13nos industries
46:14sont financées
46:14par des fonds prédateurs ?
46:16D'abord,
46:16il faut savoir
46:17que ces fonds d'investissement
46:18ont envahi
46:19notre économie.
46:20D'abord,
46:20pourquoi vous l'avez mis
46:21en colère,
46:21M. Le Maire ?
46:22Expliquez.
46:22C'est quoi l'histoire ?
46:24L'histoire,
46:25c'est que je lui parle
46:25des fonds d'investissement,
46:26mais il fait partie
46:27du système
46:28qui,
46:28depuis plus d'une décennie,
46:31a fait qu'on a
46:32attiré massivement
46:33ces fonds d'investissement,
46:35d'accord,
46:35et que leurs pratiques
46:36prédatrices
46:37se sont multipliées.
46:38Aujourd'hui,
46:39il y a un emploi sur six
46:40dans le privé
46:41qui, en fait,
46:42dépend de ces fonds.
46:43Il y a des entreprises
46:44d'armement,
46:45des entreprises
46:45de médicaments
46:46qui ont été accaparées
46:48par des fonds prédateurs
46:49étrangers.
46:50Il y a, par exemple,
46:51des cliniques,
46:52des maisons de retraite,
46:53des médias,
46:54des clubs de foot,
46:54des crèches.
46:55Mais quelle est la définition
46:56du fonds prédateur ?
46:57À partir de quand
46:58on est constructif ?
46:59À partir de quand
47:00on est destructif ?
47:01D'abord,
47:02je veux dire
47:02qu'il n'y a jamais eu,
47:03c'est hallucinant,
47:04aucun rapport parlementaire
47:05sur la question.
47:06Alors que je l'ai dit,
47:07ils ont pris une place
47:08dans l'économie
47:09hallucinante.
47:09Ils détruisent comment ?
47:10D'abord,
47:11ils veulent faire
47:11un taux de profit
47:14énorme.
47:14Et c'est la nouvelle finance.
47:15Vous voyez,
47:16on a régulé un peu
47:17les banques
47:17après 2008
47:18et la crise financière.
47:19Mais en fait,
47:20c'est le Far West
47:20pour ces fonds.
47:21Et c'est la nouvelle finance,
47:22le Shadow Banking.
47:23Ces fonds, donc,
47:24sont sans contrôle.
47:26Ils font à peu près
47:26ce qu'ils veulent.
47:27Et donc, notamment,
47:28il y a des fonds vautours.
47:29Ils viennent capter
47:29les entreprises en difficulté.
47:30Il y en a de plus en plus,
47:31malheureusement.
47:32Et donc,
47:33ils viennent essorer,
47:35décharner ces entreprises.
47:36Par exemple,
47:36les magasins La Paire,
47:37les usines La Paire.
47:38On connaît Mutares.
47:40Avec le fonds allemand Mutares.
47:42Mais c'est aussi le cas
47:43du fonds véreux
47:44et crapuleux Alpha Blue Océan.
47:45Ils ont la main
47:46sur les industries
47:47d'armement de Val-d'une,
47:48Forges de Tarbes,
47:49sur les fonderies de Bretagne.
47:51C'est juste hallucinant.
47:51Deux révélations
47:52dans votre rapport
47:53puisqu'il sera publié lundi.
47:54Vous dites que
47:55la Banque publique d'investissement
47:56soutient massivement
47:57avec l'argent des Français
47:58un fonds franco-chinois.
48:00Bruno Méziard,
48:01ancien DG
48:01au ministère de l'économie.
48:03Et même Romain Dufault
48:04qui est le fils
48:04du directeur
48:05de la Banque publique d'investissement.
48:07Dites-nous un mot.
48:08Ça veut dire
48:09que tout ça fait système.
48:10Il y a des tribunaux de commerce
48:11qui favorisent
48:12les fonds d'investissement
48:13et prédateurs.
48:14Il y a une banque publique
48:15qui, avec notre argent aussi,
48:17finance massivement
48:18ses fonds d'investissement
48:19et des pratiques prédatrices.
48:21Et il y a tout un système
48:22de pantouflage
48:22dans les fonds d'investissement.
48:23Vous retrouvez
48:24des anciens ministres,
48:25M. Fillon,
48:26Mme Kosciusko-Morizet,
48:28plein d'anciens directeurs généraux
48:30de Bercy, etc.
48:31Tout ça est un peu malsain
48:32selon moi.
48:34Vous vous honorez
48:35à défendre
48:37quand même
48:37l'utilité de la BPI.
48:39La BPI,
48:40elle a mobilisé
48:4157 milliards.
48:43C'est des petites boîtes
48:44dans les territoires.
48:45L'an dernier,
48:46sur 4 milliards,
48:472 milliards,
48:47la moitié de ses fonds propres
48:48pour financer
48:49des fonds d'investissement.
48:50Par contre,
48:51elle nous a dit
48:52aucun euro
48:53pour les industries
48:53en difficulté.
48:54Ce n'est pas normal.
48:55Nous, on fera
48:55une banque publique
48:56des besoins.
48:56C'est terminé.
48:58Merci, Aurélie Trouvé.
48:59Sous-titrage Société Radio-Canada
49:00Sous-titrage Société Radio-Canada
49:00Sous-titrage Société Radio-Canada
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