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  • il y a 4 mois
Charles Beigbeder, entrepreneur et président d'Audacia, était l'invité de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce jeudi 23 avril. Il s'est penché sur le livre "Newspace : l'économie à la conquête du Cosmos" dont il est l'auteur et la course à l'espace sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.

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Transcription
00:01Tech & Co, la quotidienne, l'invité.
00:05Charles Becbédé est avec nous ce soir. Bonsoir Charles.
00:08Bonsoir François, merci de m'inviter.
00:09Un grand merci de venir nous voir pour évoquer un sujet qui vous tient à cœur,
00:13qui est évidemment le news space entre autres.
00:15Alors juste pour rappeler qui vous êtes, vous êtes entrepreneur,
00:17vous êtes ingénieur, vous avez été ingénieur, président d'Odacia,
00:21vous avez créé plein de boîtes qui ont bien marché dans la bourse,
00:25il y a eu des choses qui ont été faites dans les médias aussi,
00:28il y a quelques années.
00:29Dans l'énergie.
00:30Dans l'énergie aussi, avec Poe et O, c'est ça.
00:33Et puis donc vous êtes auteur de ce livre qui sort là, ces jours-ci,
00:38New Space, l'économie de la conquête du cosmos.
00:41Et c'est intéressant parce qu'aujourd'hui le new space est en train de changer de paradigme.
00:46On a l'impression que l'espace était un sujet élitiste.
00:50Il y a encore quelques années, l'Europe lançait ses fusées,
00:53ça coûtait extrêmement cher, c'était des gros satellites,
00:56des satellites qui allaient, on va dire, en géostationnaire à 36 000 km d'altitude, etc.
01:02Et puis tout s'est accéléré avec la privatisation de l'espace et des lanceurs en fait.
01:08Évidemment Elon Musk, Jeff Bezos, etc.
01:10Et c'est ce que vous racontez un peu dans ce livre, matinée évidemment de souveraineté et d'Europe.
01:16C'est ça, en fait ça a complètement changé.
01:18En fait avant, l'espace était un peu réservé aux États.
01:20Donc il y a eu la période très géopolitique de prestige Spoutnik-Apollo.
01:25La fierté d'emmener des hommes sur la Lune, dans l'espace, etc.
01:29Ça fédérait d'ailleurs les Américains, les Russes, enfin les Soviétiques à l'époque.
01:34Puis ensuite il y a eu la phase un peu plus business,
01:37mais quand même qui était dominée par les membres du complexe militaire ou industriel aérospatial,
01:43les grands groupes qui travaillaient avec les grandes agences internationales comme la NASA et l'ESA.
01:47Et c'est vrai que depuis une dizaine d'années, un peu plus aux États-Unis,
01:50on est rentré dans l'âge entrepreneurial.
01:52L'espace est devenu un endroit normal de business.
01:55C'est ça que je raconte dans ce livre.
01:57Alors qu'au départ c'était vertigineux.
01:59On se disait mais c'est pas possible qu'une entreprise privée puisse investir autant d'argent
02:05pour arriver à cette conquête spatiale.
02:08Et finalement Elon Musk est arrivé.
02:09Il faut quand même investir pas mal,
02:11mais on peut faire des choses parce que le prix de fabrication d'un satellite s'est effondré,
02:16divisé par mille.
02:17Avant on faisait des satellites en géostationnaire qui coûtaient un milliard de dollars,
02:20maintenant ils coûtent un million d'euros.
02:22Le coût de lancement aussi et d'accès à l'orbite s'est effondré.
02:27Maintenant on est à entre 5 et 10 000 euros le kilo.
02:29Et donc ça a permis à des entrepreneurs,
02:32et puis l'évolution aussi des technologies,
02:34les objectifs se sont énormément améliorés.
02:36Et puis la miniaturisation.
02:37Exactement, les microprocesseurs et tout ça.
02:40Et donc on peut imaginer maintenant, au lieu d'envoyer un satellite en géostationnaire très gros
02:44et qui reste fixe par rapport à un territoire donné,
02:46on va en envoyer plein, beaucoup plus près à 400-500 kilomètres.
02:51Et du coup ils font le tour de la Terre en une heure et demie évidemment.
02:55Et donc pour couvrir un territoire, il faut beaucoup de satellites,
02:58il faut des constellations de satellites,
02:59mais comme ils coûtent très peu cher, c'est pas grave.
03:02Et on les fait fabriquer à la chaîne, en low cost.
03:04Et puis en plus à cette altitude, on est un peu protégé des radiations,
03:08donc on n'a pas besoin que ce soit aussi robuste, aussi sophistiqué que quand on fait un satellite.
03:12Mais cela dit, ils ont une durée de vie qui est beaucoup plus courte que les géostationnaires.
03:15En général, en effet, on tape sur 5-7 ans.
03:17Oui, alors qu'un géostationnaire peut vivre 20 ans.
03:20Mais c'est un bifou technologique et ça coûte un milliard, c'est pas pareil.
03:24C'est sûr, c'est sûr.
03:25Et tout ça a été accéléré par Elon Musk, encore une fois, je le cite,
03:29et on est obligé de citer Elon Musk.
03:30Bien sûr, qu'on l'aime ou qu'on n'aime pas.
03:32Il a disrupté.
03:33Voilà, il a disrupté.
03:34Starlink, ce sont des satellites basse orbite,
03:37et il en lance des centaines à chaque fois qu'il fait partir sa fusée.
03:41C'est simple, il y a 5 ans, il y avait 4 000 satellites en orbite.
03:45Maintenant, il y en a 15 000 et il y en a 10 000 qui sont des satellites de SpaceX
03:48ou de Starlink.
03:49Donc, c'est complètement fascinant.
03:52Mais il y a en Europe un rattrapage et il y a une énergie entrepreneuriale,
03:57un bouillonnement, c'est pas une bulle, mais un bouillonnement d'acteurs
04:00qui se lancent aussi dans la course au New Space.
04:02Et nous, avec notre fonds Expansion, nous accompagnons ce mouvement en capital risque.
04:08Il y en a 24 sociétés qui développent des unités de fabrication de satellites low-cost,
04:17des micro-lanceurs, des constellations de connectivité,
04:21comme Univiti par exemple, qui vient de lever 27 millions d'euros d'ailleurs.
04:26Des sociétés qui fabriquent des petits propulseurs pour...
04:29Ils seront lundi sur le plateau Tech Alco Iniviti.
04:32Qui sont des petits propulseurs pour se mouvoir en orbite,
04:35notamment l'espagnol Arcadia qui vient de signer avec Dassault Aviation
04:40pour leur véhicule spatial Vortex.
04:44On a investi aussi en Allemagne.
04:47Atmos qui fait une petite capsule qui permet de rapatrier des productions
04:53qui sont faites en micro-gravité sur la Terre de façon plus douce
04:58qu'une parabole trop directe avec un système qui se déploie
05:04et qui s'inflate automatiquement et qui donc fait que la parabole...
05:07L'atterrissage est plus doux.
05:09Est plus doux et donc avec une décélération moins forte.
05:13Bon, et j'en oublie.
05:15Il y a Latitude donc qui est ce micro-lanceur qu'on suit depuis longtemps.
05:20Ce que vous êtes en train de dire...
05:21Et qui vient de boucler une belle levée de fonds.
05:23C'est qu'il y a une dynamique américaine évidente,
05:25parce qu'on parle d'Elon Musk, mais il y a aussi Jeff Bezos
05:27qui est en train de lancer sa constellation de satellites.
05:30Mais en Europe, on a notre mot à dire.
05:32Et ce qui est intéressant, et c'est un petit peu le fil rouge de votre livre,
05:35c'est qu'aujourd'hui, l'espace est un vrai business.
05:39C'est vraiment ça.
05:40Ce qu'il faut comprendre, c'est que c'est fini le temps
05:42où c'était réservé aux États, aux milliardaires.
05:45C'est vraiment accessible à tous.
05:47Alors, on ne va pas tous aller nous-mêmes dans l'espace,
05:49mais on peut faire du business avec.
05:51Et nos smartphones utilisent l'espace 100 fois par heure.
05:55Donc, il faut arrêter.
05:56Et donc, il y a besoin d'actifs en orbite basse.
06:01Et donc, l'espace se privatise.
06:04Et l'espace se militarise aussi, malheureusement ou heureusement.
06:08Et donc, les actifs spatiaux en orbite
06:11sont extrêmement stratégiques pour nos forces armées
06:14et pour surveiller un peu ce que fait le voisin,
06:17pour se connecter, pour se gélocaliser.
06:20Pour intercepter des données aussi parfois.
06:22Pour intercepter des données.
06:23Et il faut penser que maintenant, la guerre hybride,
06:27donc on est dedans, ce n'est pas encore létal,
06:30mais on peut couper, l'ennemi nous a déjà coupé
06:33des câbles internet sous-marins.
06:35Il peut neutraliser un satellite à tout moment.
06:37Et donc, il faut des satellites de rechange
06:39prêts à être lancés très rapidement en orbite.
06:41– Vous parliez de souveraineté, justement.
06:43Quand on évoque Starlink, on a du mal
06:46à avoir un équivalent souverain de Starlink.
06:49Alors, on a…
06:50– C'est Univiti, et notamment, après, il y a aussi Iris Square.
06:53– Voilà, il y a OneWeb.
06:54– OneWeb, Telsat.
06:56– Voilà, c'est ça.
06:56Mais on n'a pas véritablement le jumeau de Starlink ou de Léo.
07:01C'est-à-dire que c'est une constellation qui va être plus petite,
07:05qui ne va pas s'adresser au grand public,
07:07qui sera plutôt réservée aux entreprises et aux gouvernements,
07:11je crois.
07:12– Pour ce qui est d'Iris Square et de l'Ultasat OneWeb,
07:16mais Univiti, en fait, développe une solution
07:18pour permettre aux opérateurs telco-terrestres
07:20de se spatialiser.
07:22Donc ensuite, eux, ils ont une clientèle B2B et B2C.
07:25– Eh bien, ils nous raconteront tout ça lundi.
07:27Malgré tout, Charles, est-ce qu'on arrive…
07:30Aujourd'hui, on est une start-up New Space européenne, française.
07:33Est-ce qu'on arrive à lever des fonds ?
07:34Parce que, pour tout vous dire,
07:36j'ai eu quelques start-up liées à ce sujet
07:38il y a encore deux jours dans Tech&Co,
07:40et elles nous expliquaient la difficulté
07:42qu'elles avaient à lever des fonds actuellement.
07:44– C'est dur, c'est sûr, c'est dur,
07:46parce qu'on a l'impression que quand on parle d'IA,
07:50c'est plus facile, finalement,
07:51parce que l'IA, alors même s'il y a à boire et à manger
07:54dans les start-up IA,
07:55mais l'IA est un mot bankable,
07:57alors que l'espace, les moins…
07:59– C'est justement vraiment ce que j'essaye
08:01de passer comme message,
08:03c'est-à-dire que l'espace est bankable.
08:06Et en fait, il y a des entreprises
08:08qui font du chiffre d'affaires,
08:11font des profits,
08:12et sont en pleine croissance.
08:14L'Europe, c'est 20% du PIB mondial, grosso modo,
08:18et ce n'est que 10% des dépenses spatiales mondiales.
08:22Donc là, il va y avoir un rattrapage,
08:24fois deux,
08:25sur un marché qui est très important,
08:27parce qu'on parle en triard de dollars.
08:30Et donc, les entreprises européennes
08:32ont devant elles un beau chemin à parcourir,
08:34et nous sommes là pour les accompagner.
08:35– Parce qu'il y a la télécommunication,
08:36mais il y a aussi l'observation de la Terre,
08:38vous le disiez.
08:39– Sous toutes les coutures,
08:40sous plein de fréquences différentes.
08:41– L'adviration, climatologie,
08:44exploitation des ressources lunaires et astéroïdes.
08:46– Alors ça, c'est plus lointain.
08:47– C'est plus lointain, ça sera dans un second coup.
08:49– Il y a aussi l'industrie en microgravité.
08:52Et ça, donc par exemple,
08:53ce que fait Atmos, cette capsule,
08:55permet d'abriter,
08:56avec leur partenaire Space Cargo,
08:57qui est une emprise française de Nicolas Gaume,
09:01de faire des expériences,
09:02voire même de la fabrication en microgravité,
09:05de cristaux, de molécules pharmaceutiques,
09:08d'alliages métalliques,
09:09et qui vont être parfaits,
09:11parce que fait, sans gravité.
09:13Et quand on les fait sur Terre,
09:15ils sont très imparfaits.
09:17Et donc là, on voit bien que le marché
09:18peut être extrêmement solvable,
09:20surtout si ça commence à intéresser
09:21de plus en plus l'industrie pharmaceutique.
09:23– Donc on sent, dans votre discours
09:25et dans ce bouquin, quand même,
09:26beaucoup d'optimisme.
09:27Vous confirmez ?
09:28– Je confirme.
09:30– La vie est parfois tragique,
09:31mais il faut là, je pense,
09:32être plein d'espoir et d'espérance.
09:33– Parce qu'on a raté pas mal de coches,
09:35on est d'accord.
09:36– Oui, mais…
09:36– Le cloud.
09:37– Alors aussi, autre chose,
09:38c'est que nous, les Français,
09:40on représente la moitié du spatial européen.
09:42Donc c'est aussi une carte à jouer
09:43pour la France
09:44dans cette compétition européenne.
09:47Bon, les Allemands sont en train
09:48de mettre le paquet sur le spatial.
09:50– Est-ce qu'il faut une compétition européenne,
09:52à votre avis ?
09:52Si on veut se battre à armes égales
09:53avec les États-Unis,
09:54si on commence à se chamailler entre nous,
09:56on n'est pas cuit ?
09:57– En effet, il faut une compétition.
09:59– Non, mais une compétition.
10:01– Une émulation.
10:01– Et puis peut-être, parfois,
10:02– Et les startups, d'ailleurs,
10:03nos startups, elles sont françaises,
10:05elles sont allemandes,
10:06elles sont espagnoles.
10:07– Bien sûr.
10:07– Et elles travaillent entre elles.
10:09Et c'est vrai qu'il faut qu'on soit unis
10:11face aux Américains,
10:13face aux Chinois,
10:15parce que la compétition est rude
10:16contre ces pays-continents.
10:19– Merci beaucoup, Charles.
10:20– Merci à vous.
10:20– D'être venu nous voir.
10:21Vous avez cité Nicolas Gaume
10:23qu'on reçoit de temps en temps
10:25dans Takenco.
10:26Il va falloir quand même organiser
10:27une belle discussion passionnée
10:29avec vous et Nicolas
10:30pour évoquer tous ces sujets.
10:31– Avec plaisir.
10:32– Essayer de se projeter
10:33un petit peu vers l'avenir.
10:35Ce sera avec plaisir,
10:35on va organiser ça.
10:36Merci beaucoup, Charles.
10:37– Merci, François.
10:38– Rappelons que vous êtes entrepreneur,
10:39président d'Odacia
10:40et auteur de ce livre
10:41que je vous invite véritablement
10:42à lire,
10:44New Space,
10:44l'économie à la conquête du cosmos.
10:46Par une édition Erol, je crois.
10:48– Oui, absolument.
10:49– Merci beaucoup.
10:49– Sous-titrage Société Radio-Canada
10:49– Sous-titrage Société Radio-Canada
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