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  • il y a 5 semaines
Partout en France, le déclassement s’installe : inflation, logement, énergie, fiscalité. Travailler ne suffit plus à vivre dignement. Pendant plusieurs mois, nous avons suivi ces Français qui, dès le milieu du mois, basculent dans la survie. Une enquête au cœur d’une France qui travaille et qui glisse.

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00:01Ils travaillent dur, parfois dès l'aube.
00:04On part à 1h30 du matin, on rentre généralement sur les coûts de 15h.
00:08Ils cumulent les efforts, mais ne s'en sortent plus.
00:11Une fois qu'on a appelé le loyer le courant, il faut peut-être manger, mais pas trop.
00:16Parce que sinon on ne peut plus faire le plein.
00:18Rien que le carburant et mon loyer, ça me fait déjà 660 euros.
00:22Ça fait la moitié de ce que je gagne.
00:24Partout en France, une mécanique de déclassement s'installe.
00:27Aujourd'hui, je me verse 300 euros par mois pour pouvoir souvenir mes besoins.
00:33Inflation, explosion des prix du carburant en raison de la guerre au Moyen-Orient.
00:37Moi, ma voiture me coûte plus cher que mon loyer.
00:41On essaye de récupérer la moindre goûte.
00:43Taxes, normes, logements, alimentation.
00:47En ce moment, je m'interdis d'acheter de la viande, mais après on arrive toujours à se débrouiller.
00:51Aujourd'hui en France, travailler ne garantit plus de vivre dignement.
00:55Le salaire net est une honte.
00:57Ce que vous touchez vraiment dans votre poche, c'est tellement honteux.
01:04Pendant plusieurs mois, nous sommes allés aux quatre coins du pays recueillir les témoignages de ces Français qui, dès le
01:1015 du mois, cherchent déjà des plans B pour tenir.
01:13Du coup, il faut que je dise à mon patron de me faire la compte, mais qu'il me le
01:17fasse en instantané, là, tout de suite.
01:20Ils sont graisses là-haut et puis nous, on crève la date.
01:23La situation, elle est, mais catastrophique.
01:27Derrière les parcours individuels, une question collective.
01:30Comment en est-on arrivé là ?
01:31Le niveau de vie des Français a baissé pour la troisième année consécutive.
01:35Un indicateur qui montre vraiment le déclassement français, c'est le PIB par habitant.
01:39On était sixième en 1970 et maintenant, on est le 25e pays en termes de PIB par habitant.
01:46Les Français sont moins riches que la moyenne des Européens, dépassés par l'Allemagne, le Danemark ou encore l'Espagne.
01:53Quelle solution pour s'en sortir ?
01:55Quelque chose qui a un effet tout de suite, c'est de réduire l'écart entre ce que les gens
01:59gagnent et ce qu'ils gardent pour eux.
02:01Et ça, c'est la baisse des charges.
02:02Témoignages de Français, décryptage d'experts.
02:05Cette grande enquête révèle une France à l'euro près.
02:13C'est un moment que Marine redoute de plus en plus.
02:15Ah voilà, il y a la station, je vais regarder les prix.
02:18Alors, moi je vais mettre le diesel, donc il est à 2,11.
02:24Depuis quelques semaines, cette maman solo rémunérée au SMIC ne peut plus faire le plein.
02:29Ah voilà.
02:30Donc là, en fait, je vais mettre 20 euros parce que j'ai que ça dans mon porte-monnaie.
02:34Bonjour.
02:34Alors, elle s'adapte comme elle peut, quelques litres par-ci par-là.
02:39C'est pour mettre 20 euros, s'il vous plaît, diesel.
02:42Mais au moment de payer, la réalité la rattrape.
02:47Transaction refusée et là, ce n'était pas prévu.
02:49Sa carte bancaire est refusée, son compte est à sec.
02:53Débrouillarde, Marine trouve une solution en urgence.
02:56Je vais devoir appeler mon patron, là.
02:58Du coup, il faut que je dise à mon patron de me faire la compte,
03:01mais qu'il me le fasse en instantané, là, tout de suite.
03:05Comme elle le fait régulièrement, elle appelle son patron et demande une avance sur salaire de 100 euros.
03:11Je suis obligée d'appeler mon patron pour 20 euros.
03:13Ouais, on en est là.
03:14De quoi remettre un peu d'essence et tenir jusqu'à la fin du mois.
03:18C'est inconcevable à quel point nous avons une gigantesque partie de la population qui est dans un mode survie.
03:26Ah, mais là, c'est l'angoisse, là.
03:28J'ai mis 20 euros.
03:30J'aurais même pas entré.
03:31J'aurais entré même pas.
03:33Alors qu'avant, j'arrivais à faire quelques jours avec 20 euros.
03:36Avant, on parlait de la France des fins de mois.
03:39On a un pourcentage hallucinant de gens qui sont dans le rouge à partir du 15,
03:43voire à partir du 5, dès que les factures sont passées.
03:47Marine vit à Erlissheim, dans le Barin.
03:49Elle travaille à mi-temps dans un bar à salade.
03:53Et voilà, top chef.
03:55Chaque jour, elle parcourt 1h30 de route pour se rendre au travail et rentrer chez elle.
04:00Avec le coût actuel du carburant, cette organisation pose une question de fond.
04:04Travailler est-il encore rentable pour Marine ?
04:07J'adore mon travail, mais en fait, j'arrive déjà presque plus à y aller
04:10parce que pour mettre de l'essence, c'est catastrophique.
04:13Son patron, lui, fait ce qu'il peut en lui accordant régulièrement des avances sur salaire, comme aujourd'hui.
04:19Malheureusement, on voit bien que nos collaborateurs ont quelques difficultés en fin de mois,
04:23donc il faut faire des accomptes.
04:25Ça fait trois mois de suite que je demandais à un accompte si encore on s'est acheté des vêtements
04:28ou quoi que ce soit.
04:29Non, c'est vraiment pour s'acheter des packs de lait, pour aller mettre de l'essence, en fait, c
04:32'est ça.
04:33Des fois, c'est pesant, parce que tu dis, punaise, on est le 20, il ne te reste que 50
04:37euros.
04:37Enfin, comment tu vas faire ?
04:39Et du coup, les accomptes, c'est vrai que ça fait du bien.
04:41Mais il ne faut pas en prendre trop, parce qu'après, le 5, il te le manque à chaque fois.
04:44Donc, ça aussi.
04:45Marine, effectivement, vous témoigne qu'elle a des difficultés économiques.
04:49Moi, je vous témoigne que ce n'est pas la seule.
04:52Dans notre environnement et chez nos collaborateurs, tous ont quelques difficultés.
04:57Et plus prononcées aujourd'hui qu'elles ne l'étaient il y a quelques années.
05:01Mais les petites entreprises sont-elles aussi fragilisées par la crise ?
05:05Le coût du travail pèse lourd.
05:08Pour un salarié qui gagne 2500 euros bruts par mois, son employeur doit débourser au total 3163 euros.
05:15Après impôts, il ne restera que 1898 euros aux salariés.
05:203163 euros déboursés, 1898 euros reçus.
05:25La différence ? 1265 euros qui n'iront jamais à l'entreprise ni aux salariés.
05:31Autrement dit, 40% du coût du travail disparaît entre la poche de l'employeur et celle du salarié.
05:37Et plus les salaires augmentent, plus les charges et les impôts sont élevés.
05:41Le salaire net est une honte.
05:43Ce que vous touchez vraiment dans votre poche, c'est tellement honteux.
05:48La part d'argent que les gens gagnent en travaillant et qu'ils gardent pour eux est de plus en
05:53plus faible.
05:54Et ça, c'est les charges.
05:55Les charges n'ont jamais été aussi importantes sur les gens qui bossent.
05:58Et donc, non seulement leur salaire augmente de moins en moins vite,
06:01mais en plus, la part de salaire qui gagne et qui garde pour eux est de plus en plus faible.
06:06Aujourd'hui, quand vous gagnez 100 euros en travaillant, vous en gardez 54.
06:10Il y a 30 ans, vous en gardiez 60.
06:12Il y a 50 ans, vous en gardiez 69.
06:14En France, on est dans la moyenne haute des pays qui taxent le plus de travail.
06:19Ce qui nuit d'ailleurs à notre compétitivité,
06:21puisque plus vous avez un coût du travail qui est important,
06:23plus ça fait des charges pour les entreprises,
06:26moins évidemment elles sont amenées à embaucher.
06:28Donc en fait, c'est une espèce de cercle vicieux dans lequel on est tous perdants.
06:32Anaïs, j'ai encore des couverts à laver.
06:35Je me dépêche parce que l'heure, elle tourne.
06:38Il est 14h30.
06:40Marine termine sa journée de travail.
06:42Avant de récupérer ses enfants à la garderie,
06:44elle fait les courses avec son nouveau compagnon.
06:46Je n'achète pas beaucoup de trucs.
06:49Calculatrice en main, chaque euro compte.
06:52Donc là, il ne faut pas que je dépasse 20 euros en général.
06:55Donc là, je suis à 20,86.
06:57Elle traque les prix et renonce à de nombreux plaisirs
07:00pour faire passer ses enfants avant tout.
07:01Mes enfants, je fais des repas.
07:03Et moi, le soir, je prends juste des trucs pas trop chers.
07:05Genre pain de nid, jambon, tu vois.
07:09Le moment qu'on adore, on va à la caisse.
07:11Non, mais aujourd'hui, c'était une journée angoison.
07:13Je suis allé à la station et à la caisse.
07:16Donc là, 20 euros, oui, je les dépasse un petit peu.
07:181,57 euros en plus.
07:20Mais bon, écoute, c'est comme ça que je te dise.
07:23Merci, mon patron.
07:25A bientôt, t'as pas.
07:30En ce moment, je m'interdis d'acheter de la viande.
07:32Ma france, on arrive toujours à se débrouiller, à manger, à faire en sorte que...
07:35Mais tu te restreins sur plein d'autres choses.
07:38Il est l'heure d'aller chercher ses deux enfants, âgés de 4 et 6 ans.
07:42Marine prend le volant de sa vieille voiture, qu'elle n'a pas les moyens de remplacer.
07:45À l'heure où le gouvernement incite les Français à investir dans des véhicules électriques, parfois coûteux.
07:51Là, ma voiture, elle est super vieille.
07:53Et en fait, de nos jours, je pense que bientôt, ils veulent qu'on roule avec des nouvelles voitures.
07:57Donc c'est encore les pauvres qui trinquent.
07:58Et moi, en fait, jamais je ne pourrais faire un crédit pour une voiture.
08:01Et je me dis, bah heureusement, soit il faut que tu te mettes avec un mec riche pour t'entretenir
08:05alors que tu ne l'aimes pas.
08:06Et après, tu es prisonnière.
08:07Soit tu es indépendante comme moi, mais tu galères.
08:10Voilà.
08:11Hop là, on y go.
08:22Ça a été aujourd'hui.
08:23Oui, parfait.
08:25Alors, c'était bien le périscolaire ?
08:27Oui.
08:28T'as fait quoi ?
08:30Pas rien.
08:32Let's go.
08:33Malgré tout, Marine s'accroche à ses moments simples en famille.
08:36Mais ses difficultés financières sont omniprésentes.
08:39Des fois, le manque d'argent, il gâche aussi les relations.
08:41Et c'est vrai.
08:42Je me dis, ouais, il faut que je paye ci, que je paye ça, que tu n'as pas les
08:44moyens de faire les trucs.
08:45Avec les enfants, ton copain, tu dis, vas-y, je ne veux voir personne.
08:49Et après, ça te met une mauvaise poêle.
08:51Elle pèse sur son quotidien et nourrit un profond sentiment d'injustice.
08:55Marine travaille, mais elle ne parvient pas à vivre correctement jusqu'à la fin du mois.
08:59Moi, je bosse tous les jours et je me lève tous les matins.
09:02Et je suis une bosseuse.
09:03Et en fait, je n'arrive pas, je dois demander à mon patron de me faire un virement instantané pour
09:06qu'il me mette de l'essence en accompte.
09:08En fait, c'est malheureux.
09:10Alors que oui, il y en a qui ne travaillent pas.
09:13Je ne parle pas de ceux qui ne travaillent pas et qui n'ont peut-être pas le choix au
09:15niveau santé, mais il y en a qui ne font rien.
09:18On donne beaucoup aux gens qui touchent le RSA.
09:23De retour chez eux, la famille s'installe dans leur logement.
09:26Le rez-de-chaussée d'une maison louée 580 euros par mois.
09:31C'est vrai que je ne fais plus de grandes courses.
09:32A l'époque, on faisait des courses, on faisait des 300 euros, des cadis plats.
09:35Maintenant, je n'ose plus.
09:36En fait, je n'ose plus mettre de l'essence et je n'ose plus remplir le frigo.
09:39En fait, je fais petit à petit.
09:41Au menu ce soir, c'est pâte à la tomate.
09:43Un repas économique.
09:45Tu sais, tu peux faire plein de trucs avec des pâtes.
09:48Mais la pâte avec du parmesan, ce soir, ça va être parfait.
09:51En cuisine, elle repense à sa vie d'avant.
09:54C'était quand je pouvais encore partir en vacances.
09:57Là, ça fait à peu près deux ans que je ne peux plus, parce que c'est compliqué.
10:02Je voulais partir cette année, mais quand je vois toutes les factures et tout,
10:05je préfère me concentrer sur mes factures et puis remplir le frigo.
10:12Et pour les vacances, on attendra encore.
10:15Après, c'est sûr que je me rassure en me disant,
10:17allez, les enfants, ils n'ont pas besoin de plus.
10:19Mais moi, je les aime tellement, mes enfants, que j'aimerais faire plus pour eux.
10:23Et en fait, je me rends compte avec le temps que c'est trop dur.
10:27Aujourd'hui, Marine est dans une grande détresse financière.
10:30En toute transparence, elle accepte de nous montrer son compte en banque.
10:33Voilà, je regarde mon compte.
10:35Je fais à moins 571.
10:38Donc, bah ouais, c'est embêtant quand même.
10:42Mais bon, c'est comme ça.
10:44Avec 880 euros de revenus nets par mois,
10:47chaque dépense est calculée,
10:48quitte parfois à faire des choix difficiles,
10:51comme se priver de chauffage en hiver.
10:53Et du coup, je dois trouver des solutions pour réduire mes factures, en fait.
10:56Donc, on fait attention, on ne laisse pas la lumière allumée.
11:00L'hiver, on met des gros pyjamas.
11:02Et puis, comme ça, on peut s'acheter plus de trucs.
11:08On ne va pas juste les rembourser tel ou tel truc éternellement.
11:11À un moment, il va falloir qu'on prenne collectivement
11:14les décisions de restructuration.
11:16Quelque chose qui a un effet tout de suite,
11:19c'est de réduire l'écart entre ce que les gens gagnent
11:21et ce qu'ils gardent pour eux.
11:22Et ça, c'est la baisse des charges.
11:24100 milliards d'euros.
11:25C'est-à-dire rendre 100 milliards d'euros,
11:27ce n'est pas les donner, c'est les rendre ou les prendre en moins.
11:2928 millions de gens qui bossent,
11:3120 millions de salariés, 5 millions de fonctionnaires,
11:333 millions d'indépendants.
11:34Et si vous faites ça,
11:35ça fait que le pouvoir d'achat des gens qui bossent,
11:37il augmente de 25%.
11:41Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient,
11:43le prix de l'essence en France s'est envolé,
11:46dépassant largement les 2 euros le litre.
11:48120 dollars le baril,
11:49on commence donc avec la flambée inquiétante des cours du pétrole.
11:52La flambée des prix du carburant.
11:53La barre symbolique des 2 euros le litre
11:55est franchie presque partout.
11:57De toute façon, c'est une mauvaise nouvelle pour nous.
12:00Le pire, c'est qu'on n'y peut pas grand-chose
12:02parce que ce n'est pas nous qui avons décidé de la guerre
12:06et ce n'est pas notre influence qui permettra de faire la paix.
12:09Une hausse brutale aux conséquences lourdes
12:11pour un pays déjà fragilisé sur le plan économique.
12:14On peut découper la croissance française en trois phases.
12:16Première phase, c'est post-guerre jusqu'à 1980.
12:20Là, vous avez une croissance entre 4 et 6%.
12:22Ensuite, vous avez de 1980 aux années 2010,
12:25donc la crise financière.
12:27La croissance est à peu près de 2%.
12:29Et depuis 2010, on a très rarement dépassé les 1% de croissance.
12:33Preuve que la croissance française est vraiment en difficulté depuis des années.
12:37Donc si on était un pays avec 3% de croissance
12:40où tout le monde allait bien,
12:42on pourrait absorber.
12:43En France, on n'a pas de pétrole.
12:46Mais on a des idées.
12:47En 1974, la France absorbe un choc.
12:50Mais c'est un pays qui prospère.
12:53Là, c'est un pays incroyablement fragile.
12:56Faible croissance, inflation galopante,
12:59un cocktail qui pèse directement sur les travailleurs français.
13:02Dans la Nièvre, près de Nevers,
13:04Fabrice, entrepreneur dans les travaux publics,
13:07a accepté de témoigner de ses difficultés.
13:09Dans le secteur des travaux publics,
13:11on utilise des engins de chantier
13:12qui sont très énergivores en carburant.
13:15Des engins de chantier et également des poids lourds
13:18qui permettent de transporter les matériaux
13:20qui eux aussi ont des consommations extrêmement élevées.
13:24Donc avec cette hausse du carburant,
13:27nous sommes particulièrement impactés.
13:30Cette hausse est brutale.
13:31Tout de suite, on arrive à des prix de revient
13:34qui sont majorés de 10%, 15%.
13:38Donc forcément, les marges sont totalement altérées.
13:41Propriétaire de plusieurs poids lourds,
13:43il doit régulièrement faire le plein de ses engins.
13:45Mais depuis le début de la crise pétrolière,
13:47leur rentabilité s'est considérablement réduite.
13:50Le réservoir fait 250 litres.
13:52Je pense qu'on va mettre à peu près 200 litres.
13:54On va en mettre pour aller à un peu plus de 300 euros.
13:59Hier, c'était environ 230, 240.
14:03Donc on a un coût supplémentaire par jour
14:05avec ce camion de 60 euros par jour, tous les jours.
14:09Donc 60 euros par jour, c'est 1200 euros par mois.
14:14Un coût exorbitant qui met cet homme et son entreprise
14:17sous une pression maximale.
14:18On est stressé, on est angoissé
14:20parce qu'on se dit, pourvu que ça prenne fin,
14:23parce qu'on ne sait pas, on va vers l'inconnu.
14:25Et ce qui est à craindre aussi, c'est les vols de carburant.
14:28Là, ça va devenir la folie.
14:30Parce que je pense qu'il y a des gens
14:31qui n'étaient pas voleurs avant
14:33et qui vont le devenir par la force des choses.
14:36C'est-à-dire qu'un père de famille
14:37qui ne peut plus aller au boulot pour nourrir ses gosses
14:39va forcément avoir l'idée, un moment ou un autre,
14:43de se débrouiller et d'aller chercher
14:4650 litres de gazoel dans le réservoir d'un camion.
14:49Ça sera un instinct de survie.
14:53On essaye de récupérer la moindre goutte.
14:56Plus que jamais, le pétrole mérite son surnom d'or noir.
15:00On n'oublie pas de fermer parce qu'évidemment,
15:03on a de l'or en stock.
15:07Vu le prix, ça commence à être une matière précieuse.
15:12C'est une matière précieuse.
15:14Face à cette situation,
15:16Fabrice en appelle à la responsabilité des dirigeants politiques.
15:19Ce que j'ai envie de dire au gouvernement,
15:21c'est déjà qu'il arrête de nous mépriser.
15:23Je vais vous donner un exemple.
15:24J'ai écouté le discours de M. Lecornu,
15:26notre premier ministre,
15:27et là, ça m'a foutu en rogne.
15:29Ce qui m'a mis en rogne, c'est qu'aujourd'hui,
15:31on doit aller chercher du carburant maintenant
15:33pour faire fonctionner ce camion aujourd'hui même
15:36et que lui nous parle de 2030, de l'électrification.
15:39D'ici à 2030,
15:40le soutien à l'électrification de notre pays
15:43sera multiplié par deux
15:44et passera de 5,5 milliards d'euros
15:47à 10 milliards d'euros par an.
15:50C'est lui qui doit apporter des solutions.
15:52C'est lui qui est aux manettes.
15:53Et il nous apporte une solution.
15:55En nous parlant de 2030,
15:56déjà, il ne sera plus là en 2030 lui-même,
15:58on a besoin de solutions tout de suite.
16:022030, c'est dans 4 ans.
16:04Dans 4 ans, il y a le temps d'avoir des morts.
16:06Pour l'écrivain engagé, Alexandre Jardin,
16:09des solutions existent pourtant
16:10et pourraient être mises en oeuvre rapidement
16:12pour atténuer la crise.
16:14Nous, on propose d'arrêter de subventionner
16:16les éoliennes et le solaire
16:18parce qu'on est en train de claquer 14 milliards.
16:21Est-ce qu'on ne peut pas juste au moins un an,
16:23le temps que la crise militaire au Moyen-Orient se calme,
16:27utiliser cette somme pour se donner 9 mois
16:30avec une baisse de 40 centimes des taxes sur chaque lit.
16:35Pour Alexandre Jardin,
16:36la principale source d'exaspération des travailleurs
16:39réside dans la déconnexion des élites dirigeantes
16:42qu'il qualifie de petits gris.
16:44Les petits gris, c'est le cœur du mépris français.
16:47C'est une caste qui,
16:49quand ils sont lourdés par une élection,
16:52fabrique des administrations
16:54où ils se recassent.
16:55On a accepté de remettre nos clés,
16:59les clés de la Maison France,
17:02aux petits gris de Bruxelles
17:03et aux petits gris de Paris.
17:04Ils s'entendent bien, ils sont assez similaires.
17:07Et là, ce sont des gens
17:09qui ne sont jamais exposés
17:10à un risque de fin de mois
17:11puisqu'ils sont hors marché du travail.
17:14Quand vous endettez aussi gravement votre pays,
17:16vous devriez à un moment quand même rendre des comptes.
17:20Mais non, tout ça s'auto-protège.
17:22Donc, on a véritablement
17:25tout un milieu parisien
17:26qui vit complètement
17:29sans conséquence de ses propres choix.
17:31Il ne suffit pas de grand-chose.
17:32D'ailleurs, le discours de M. Lecornu
17:34pourrait mettre le feu aux poudres.
17:35Parce que quand un bon père de famille
17:37entend ça, qu'il ne peut plus mettre de carburant
17:39dans son réservoir
17:40et qu'on lui dit
17:42« Écoutez, monsieur,
17:43achetez une voiture électrique à 40 000 euros
17:45et puis vous n'aurez plus de problème
17:47avec un gasoil à 2,30 euros »,
17:49la fois le bon père de famille
17:50il a envie de se mettre en colère.
17:53Il se dit « Mais on se fout de ma poire ! »
17:56En fait, on est en train de nous servir un plat indigeste
17:58et tant qu'on vumira pas,
18:00eh bien on continuera.
18:02Christian, l'un des chauffeurs de l'entreprise,
18:04est lui aussi complètement désabusé.
18:06« Non, c'est la galère.
18:08C'est la grosse galère.
18:09Mais bon, de toute façon,
18:11qu'est-ce qu'on est, nous ? »
18:14« On a beau dire ce qu'on veut,
18:17eux, ils s'engraissent,
18:18et puis nous, on crève la dalle.
18:21C'est du foutage du gueule,
18:23tout simplement. »
18:24Pour cet homme qui vit à 50 km d'ici,
18:27venir travailler ne vaut pratiquement plus le coup.
18:30« Je fais mon plein
18:31pour pouvoir venir travailler,
18:33pour pouvoir refaire mon plein en ce moment.
18:35Ça me coûte deux fois plus qu'avant.
18:41En fait, déjà, il faut penser que
18:43moi, je coûte de l'argent à mon patron
18:45pour qu'il m'envoie à travailler.
18:47Et ça me coûte de l'argent pour que je vienne travailler.
18:50Il n'y a rien qui va, là, dans l'histoire. »
18:52« La crise du carburant au quotidien,
18:53pour les gens, ça veut dire quoi ?
18:55Ça veut dire qu'aller travailler,
18:57tout à coup, n'est plus rentable,
18:58pour pas mal de métiers.
19:00Ça veut dire qu'on entre dans un système
19:02de perte de sens.
19:04Il y a quelque chose qui m'a beaucoup,
19:05beaucoup frappé sur les routes nationales
19:07dans le département de l'Aude.
19:09C'est que sur les nationales,
19:10les gens roulent plutôt à 60.
19:12Ça veut dire la misère.
19:15Ça veut dire qu'on compte chaque litre.
19:17On n'a plus besoin de mettre des radars.
19:21On garde l'argent pour pouvoir venir au boulot.
19:24Ce qui n'est pas très logique, en soi.
19:27Normalement, on travaille pour pouvoir se faire un peu plaisir.
19:30On s'entend, pour pouvoir partir en vacances.
19:32On n'y pense plus à ça.
19:33Vous imaginez qu'à plus de 2 euros le plein,
19:36moi, ma voiture me coûte plus cher que mon loyer.
19:41J'appelle ça de l'esclavage moderne.
19:44Une situation absurde
19:45qui pourrait pousser de nombreux travailleurs
19:47à prendre des décisions radicales.
19:49À un moment donné, je pense que
19:50si ça continue comme ça,
19:52si ça coûte plus cher pour venir au boulot,
19:53je peux rester chez moi.
19:55C'est malheureux, mais je vais rester chez moi.
19:58Je ne suis pas le seul dans ce cas-là, croyez-moi.
20:02Ça ne va pas, tout ce qui se passe.
20:04Ça ne va pas du tout.
20:07Il y a un certain nombre de Français
20:08qui, maintenant, préfèrent rester chez eux
20:10plutôt que d'aller travailler.
20:11Donc, dans une économie qui a été extrêmement fragile,
20:14il va sans dire que c'est encore
20:15une espèce de banderie de plus
20:18dans le corps de la croissance
20:20qui a besoin de se stimuler.
20:22Pour l'instant, on s'accroche.
20:24Mais pour combien de temps, je n'en sais rien.
20:28Ça va, une fois qu'on a appelé le loyer,
20:30le courant qui a augmenté
20:33en tant que le gazole.
20:35Tout le reste des factures.
20:37Il faut peut-être manger, mais pas trop.
20:39Parce que sinon, on ne peut plus faire le plein.
20:41Il faut faire un choix.
20:43Je dirais que c'est normal en 2026
20:45qu'on arrive à ça.
20:47Je ne suis pas sûr.
20:52Car cette crise ne touche pas
20:53qu'un seul secteur.
20:55Direction la Bretagne, au port de Lorient.
20:57Nous y rencontrons David, marin-pêcheur
20:59depuis plus de 30 ans.
21:01Un homme qui ne compte pas ses heures.
21:03C'est un métier où il ne faut pas regarder ses heures.
21:06Voilà, tout simplement.
21:07Moi, c'est ce que je dis à tous les nouveaux
21:09qui arrivent à bord
21:10ou ceux qui veulent faire la pêche.
21:11C'est qu'il ne faut pas regarder les heures.
21:13On part à 1h30 du matin.
21:15On rentre généralement,
21:16on se l'écoute 15 heures.
21:18Des fois, beaucoup plus tard.
21:19Donc, vous voyez,
21:20les heures qu'on fait.
21:21Et ça, c'est du lundi au samedi.
21:23Au-delà de la pénibilité du métier,
21:25c'est la hausse du prix du carburant
21:27qui menace directement son activité.
21:29À titre d'exemple,
21:30un bateau comme le mien,
21:32là, ces temps-ci,
21:33vu que j'ai vachement diminué sur les gaz,
21:35je consomme à peu près 300 litres de gasoil
21:37jour.
21:38En temps normal,
21:39c'est 5-600 litres.
21:40Et un chalutier
21:42de la même taille que mon bateau,
21:44un chalutier de 12 mètres,
21:45va consommer entre 600 et 800 litres
21:47de gasoil par jour.
21:49Et plus il y a de frais de gasoil,
21:52moins il y a de salaire pour les équipages.
21:53Et ça impacte aussi les entreprises.
21:55Et une entreprise qui ne dégage pas non plus d'économie
21:58n'est pas une entreprise viable.
22:00Et là, les entreprises actuellement à la pêche
22:02ne sont plus viables du tout.
22:06David, comme l'ensemble de ses collègues,
22:08ne peut même pas réajuster le prix du poisson qu'il vend.
22:11On n'a pas la main sur le prix du poisson.
22:13Nous, le poisson, on nous l'achète.
22:15Donc, ça fait que du coup,
22:16nous, on ne peut pas répercuter le coût de la hausse
22:18sur quoi que ce soit.
22:19Nous, on subit tout simplement.
22:20On est le dernier maillon de la chaîne.
22:23David estime ne pas être suffisamment soutenu par l'État,
22:26dont il juge les mesures largement insuffisantes.
22:30L'État, quand il parle d'aide,
22:32bon, ben, on nous a, comment dirais-je,
22:36donné une aide de 20 centimes par litre de gasoil.
22:40Mais c'est pas du tout assez, quoi.
22:42C'est comme si on nous donnait la pièce, quoi.
22:45Bon, ben, tenez, avec ça, vous aurez assez.
22:46Mais non, c'est pas du tout possible, quoi.
22:48Quand on sait que les consommations,
22:50comme mes collègues qui sont chalutiers,
22:53qui pratiquent des arts traînants,
22:54peuvent consommer jusqu'à 1,5 tonnes,
22:562 tonnes de gasoil par jour,
22:58vous vous rendez bien compte
22:59que quand le gasoil est à 1,20 euro,
23:0120 centimes, il reste quand même à 1 euro.
23:03Ce qu'on veut, c'est qu'on soit aidé
23:05à la hauteur de ce que nous,
23:07on donne à l'économie française.
23:10Nous, on donne nos impôts,
23:12les taxes que l'État nous prend de partout.
23:15Donc maintenant, il faut faire la part des choses.
23:16Soit l'État français veut nous voir crever,
23:19soit il nous aide, tout simplement.
23:22Selon lui, c'est toute une profession
23:24qui est aujourd'hui en danger.
23:26Là, si ça continue comme ça,
23:27de toute façon,
23:28il y a une bonne partie des entreprises
23:30qui vont fermer,
23:31qui vont mettre la pièce sur la porte
23:32les unes après les autres.
23:33Au prix où il est carburant,
23:34c'est pas tenable,
23:35c'est impossible.
23:37Vous revenez exactement dans 5 ans,
23:41jour pour jour,
23:42on reprend rendez-vous
23:43et vous allez voir le port dans l'État qui sera.
23:47Ça veut dire qu'il n'y aura quasiment plus qu'un bateau.
23:50En fait, c'est un impôt qui arrive
23:52et sur les marges des entreprises
23:54et sur le pouvoir d'achat des salariés
23:55parce que c'est une donnée
23:57dont on a besoin pour produire.
23:59Ce n'est pas nous qui la produisons,
24:01cette donnée-là ou cette denrée-là
24:02ou cette source-là.
24:03Et donc, ça enrichit qui ?
24:04Ça enrichit ceux qui la produisent
24:06et donc, ce n'est pas nous.
24:07Et donc, c'est du pouvoir d'achat en moins
24:08ou des marges en moins pour les entreprises.
24:11Si la situation perdure,
24:13le poisson français pourrait devenir
24:14un produit de luxe,
24:15réservé à une minorité.
24:18Donc, s'il y a moins de pêcheurs,
24:20moins de chalutiers,
24:20déjà d'une,
24:21il y aura une importation massive
24:22qui va arriver en France.
24:24On est déjà à 70-80%
24:27d'importations de poissons en France.
24:29Alors, les 20% qui restent,
24:31bon, ben voilà,
24:32les gens ne mangeront que de la merde
24:34de toute façon.
24:35Et ceux qui ont rendu pognon
24:36pourront peut-être se permettre
24:38d'acheter du beau poisson frais
24:39pêché par les bateaux artisans.
24:41Mais ça sera hors de prix,
24:42tout simplement.
24:43Écœuré, David dénonce également
24:45la multiplication des normes administratives
24:47qui pèsent sur son métier
24:49comme sur beaucoup d'autres en France.
24:50C'est sûr que depuis que j'ai commencé,
24:53j'ai commencé, ça fait plus de 30 ans
24:54jusqu'à maintenant,
24:56c'est sûr que ce n'est plus la même chose.
24:58On avait une espèce de liberté sur l'eau.
25:00Maintenant, on n'a que des contraintes,
25:01pour ainsi dire.
25:02Ben, déjà d'une,
25:03on a nos zones de pêche
25:05qui diminuent au fur et à mesure
25:06avec les parcs éoliens
25:08qui s'implantent anarchiquement
25:10un peu partout sur nos façades maritimes.
25:13Nous avons également
25:14les aires marines protégées
25:16qui nous poussent aussi
25:18de nos zones de pêche.
25:19Nous avons les ONG écologistes
25:21qui sont constamment sur notre dos.
25:24Bon, ben, on voit bien
25:25qu'il y a quand même une motivation,
25:27un entrain à vouloir
25:29détruire la pêche artisanale française,
25:31tout simplement.
25:31Je pense que ce n'est pas démagogique
25:33ou populiste de dire
25:34qu'on a un excès de normes
25:36qui freine l'énergie
25:38qu'il y a dans la société
25:39pour le travail.
25:40Tous les codes normatifs
25:41en 1991,
25:43ils étaient à peu près gros comme ça.
25:44Ils sont devenus comme ça.
25:45À la fin, c'est décourageant.
25:47Ça, c'est sûr.
25:48Mais là où je pense
25:49que c'est sur les excès de normes,
25:51et vous l'avez vu sur le pêcheur,
25:52on en trouverait pareil
25:54dans à peu près
25:55l'ensemble des secteurs.
25:57Parmi les secteurs les plus touchés
25:59par l'accroissement de ces normes,
26:00l'agriculture.
26:05Dans l'Oise,
26:07Romain et Pauline,
26:08frères et sœurs
26:08de 25 et 22 ans,
26:10nous accueillent
26:10sur leur exploitation.
26:12Ils témoignent de la détresse
26:13qui gagne une partie de la profession.
26:15On est ici du monde agricole
26:17car on est petit-fils
26:19et petite-filles
26:20de grands-parents agriculteurs.
26:22Moi, aujourd'hui,
26:22je suis agriculteur depuis 5 ans.
26:24J'ai été depuis tout petit
26:25bercé dedans.
26:26Je n'ai jamais voulu faire
26:27autre chose que ça.
26:28Aujourd'hui,
26:29on a une exploitation
26:30avec environ 200 bêtes.
26:32On a 60 vaches laitières
26:33avec un élevage
26:35de torayons à côté.
26:37En France,
26:38le salaire médian
26:38s'élève à 2190 euros.
26:40C'est-à-dire qu'on divise
26:41la France en deux
26:42et en fait,
26:43on coupe exactement.
26:44C'est-à-dire que vous avez
26:4550 % des gens qui gagnent
26:46plus, 50 % des gens
26:47qui gagnent moins.
26:48Mais certains agriculteurs
26:49gagnent bien moins
26:50à l'image de Romain.
26:52Aujourd'hui,
26:53je me verse
26:54de 300 euros par mois
26:55pour pouvoir
26:56subvenir mes besoins.
26:58Dans le monde agricole,
26:59le salaire,
26:59il n'est pas du tout
27:01représentatif
27:01par rapport à la charge
27:02de travail
27:03qu'il peut y avoir
27:05par semaine,
27:06enfin même dans l'année.
27:07L'élevage,
27:08c'est du 7 sur 7,
27:09365 jours par an.
27:11Il faut être là
27:11tout le temps.
27:12C'est un métier
27:13qui est quand même compliqué
27:14et ce n'est pas normal
27:15que ce soit
27:15l'un des seuls métiers
27:17où on ne décide pas
27:18des prix
27:18et qu'on soit obligé
27:19de se verser
27:21un salaire aussi faible.
27:23Aujourd'hui,
27:24les jeunes actifs
27:25comme Pauline et Romain
27:26figurent parmi les plus
27:27exposés au déclassement.
27:29tous ceux qui ont moins
27:30de 30, 35 ans aujourd'hui,
27:32c'est la première génération
27:33qui ne vit pas mieux
27:34que ses parents
27:34depuis 1945.
27:36Chaque génération
27:36depuis 1945
27:37a travaillé moins
27:38que ses parents
27:39et a mieux vécu.
27:40Ça, c'est fini.
27:42Là, les jeunes,
27:43c'est la première génération
27:44qui ne travaille pas moins
27:44et qui ne vit pas mieux.
27:46Pour la génération d'avant,
27:47c'était peut-être
27:47plus facile économiquement
27:49parce qu'ils pouvaient vivre
27:50avec moins de bêtes
27:51et moins d'hectares de culture.
27:54Et maintenant,
27:55si on n'a pas
27:56un peu plus de culture,
27:57un peu plus d'animaux,
27:58c'est compliqué
27:59de se verser un salaire
28:00et de réussir
28:01à vivre de ce métier-là.
28:03Pire encore,
28:04accéder à la propriété
28:05est devenu pour eux
28:07un véritable parcours
28:08du combattant.
28:09Parce qu'il y a eu
28:10un décrochage
28:10entre les prix de l'immobilier
28:12et les salaires
28:13depuis 25 ans
28:14et il faut travailler
28:15deux fois plus aujourd'hui
28:16que ses parents
28:17pour avoir le même appartement.
28:18Ou si on travaille
28:20ou on emprunte
28:21pour la même durée,
28:22on a un appartement
28:23deux fois plus petit
28:23ou une maison
28:24deux fois plus petite.
28:25Donc oui,
28:26il y a un sujet
28:27de stagnation
28:28du niveau de vie
28:28qui pèse d'abord
28:29sur les jeunes
28:30et qui fait que
28:30sur le logement,
28:31là pour le coup,
28:32ils vivent moins bien
28:32que leurs parents.
28:33Et on le voit
28:34dans les grandes métropoles
28:35où, sans exagérer,
28:37si vous n'êtes pas héritier,
28:38vous ne pouvez pas acheter.
28:40Ces dernières années,
28:41les agriculteurs français
28:42ont également dû faire face
28:44à des normes
28:44de plus en plus contraignantes,
28:46notamment imposées
28:46au niveau européen,
28:47comme celles liées
28:48au Mercosur.
28:49Le Mercosur,
28:50c'est un accord
28:51de libre-échange
28:51entre l'Union européenne
28:53et les pays d'Amérique du Sud,
28:55comme le Brésil,
28:56par exemple,
28:57qui fait qu'on va importer
28:58de la viande,
29:00du lait
29:01d'autres pays
29:02qui ne respectent pas
29:03du tout
29:03les mêmes normes que nous.
29:04Ils peuvent utiliser
29:04des OGM,
29:05des hormones de croissance
29:06pour les animaux.
29:07Ils ont des élevages
29:08super intensifs,
29:10sans réglementation.
29:11C'est n'importe quoi
29:12parce qu'on ne valorise
29:13plus du tout
29:13l'agriculture française
29:15et ça crée
29:16une concurrence déloyale.
29:19On est trop impacté
29:21par l'Europe.
29:21Aujourd'hui,
29:22en France,
29:23on a quand même
29:23des très beaux produits
29:24qui existent.
29:26Si on ne change pas
29:27les choses maintenant,
29:28on ne bouffera plus grand-chose
29:30de terrible
29:30dans les années à venir.
29:31Et surtout,
29:32on ne mangera plus français.
29:34Pauline met en garde.
29:35Vous pouvez manger de la viande
29:37qui vient de Brésil
29:38ou d'autres pays,
29:39mais vous mangerez de la merde.
29:42A l'instar de la pêche,
29:43l'agriculture,
29:44pourtant essentielle,
29:45est aujourd'hui
29:46en grande difficulté.
29:47Et sans changement rapide,
29:49l'avenir du secteur
29:50s'annonce particulièrement incertain.
29:52Dans les prochaines années,
29:53de plus en plus d'agriculteurs
29:54partiront à la retraite.
29:56Mais on dit que pour
29:57trois agriculteurs
29:58qui partiront à la retraite,
29:59un seul jeune pourra s'installer.
30:00Et les jeunes,
30:01à l'heure actuelle,
30:01ne sont plus forcément motivés.
30:03J'aimerais,
30:04j'adorerais que jusqu'à 65 ans,
30:07que je puisse faire
30:08toute ma carrière dedans.
30:09Mais malheureusement,
30:10ça commence à être
30:11comme les usines
30:12il y a 30 ans.
30:13Tout s'en va à l'étranger.
30:15Et aujourd'hui,
30:15on pleure
30:15parce qu'on n'a plus rien en France.
30:17Aujourd'hui,
30:17c'est une profession
30:18qui est en train de mourir.
30:19Et malheureusement,
30:21on ne retrouvera pas
30:22ce qu'on a vécu.
30:23Et toute cette France-là
30:25sait qu'elle ne meurt pas
30:26parce qu'elle serait
30:27incapable, incompétente.
30:29Mais parce qu'on a déplacé
30:30des normes
30:31qui ont détruit
30:33l'automobile,
30:34la construction,
30:35l'agriculture,
30:36secteur après secteur.
30:38Donc,
30:38l'ennemi vient de l'intérieur.
30:42De retour dans la Nièvre
30:43où Fabrice,
30:44chef d'entreprise
30:45dans le bâtiment,
30:46fait le même constat.
30:48Lui aussi subit
30:49de plein fouet
30:49l'accumulation
30:50des normes administratives.
30:52Quand vous pensez
30:53être dans les clous
30:53au niveau des normes,
30:55au niveau de toute
30:56la réglementation,
30:57vous ne l'êtes pas.
30:58C'est-à-dire que
30:59sans le savoir,
31:00en tant qu'employeur,
31:01en tant qu'entrepreneur,
31:02vous risquez la prison
31:03tous les jours.
31:04Et particulièrement,
31:05vous voyez,
31:05dans le transport.
31:06Dans le transport,
31:07ça devient infernal.
31:08Il y a une telle législation
31:11que forcément,
31:12à un moment ou à un autre,
31:13vous allez être
31:14hors la loi.
31:15Des contraintes
31:16toujours plus nombreuses
31:17qui freinent l'activité
31:18des petites entreprises.
31:20Et au-delà,
31:21celle de l'économie
31:22toute entière.
31:23Pour résumer,
31:24ça nous coupe
31:25notre élan entrepreneurial.
31:26C'est-à-dire qu'on serait
31:27mieux dans nos baskets,
31:28on serait mieux,
31:28on serait plus à l'aise,
31:29on serait plus audacieux,
31:31plus créatifs
31:32si nous n'avions pas
31:33toute cette lourdeur
31:35administrative.
31:36On irait davantage
31:37de l'avant
31:38et par conséquent,
31:39on dégagerait forcément
31:41des meilleures marges.
31:41Enfin,
31:42ça apporterait une dynamique
31:43que nous n'avons plus.
31:44En fait,
31:45on a l'impression
31:45d'être enlisés
31:46dans cette administration
31:47française.
31:48On se dit,
31:50mais qu'est-ce qu'ils vont
31:51encore faire ?
31:52Qu'est-ce qu'ils vont
31:52encore inventer
31:53pour nous décevoir,
31:54pour nous pourrir la vie ?
31:55Voilà,
31:55on est en train
31:56de se poser la question
31:57tous les jours.
31:58Ça veut dire que
31:59tous les gens
32:00qui sont en mode survie
32:03sont terrifiés
32:04à chaque fois
32:04qu'ils ouvrent une enveloppe,
32:06quand ils ouvrent leur courrier,
32:08parce qu'ils sont en risque
32:10sur tout.
32:11Si tout à coup,
32:13il y a une petite norme
32:14dans le contrôle technique
32:15des voitures
32:15qui change,
32:17ils vont devoir
32:19engager des frais
32:19qu'ils ne peuvent pas.
32:20Et ils sont dépendants
32:21d'évolutions de textes
32:23qui sont débattues
32:24par des gens très chics
32:25qui n'en ont rien à foutre.
32:306 heures du matin
32:31à Marcoussi
32:32en banlieue parisienne.
32:36Le jour se lève,
32:37mais Fabrice Potier
32:38et ses équipes
32:39sont déjà debout
32:40depuis longtemps.
32:43Le secteur de la boulangerie
32:45n'échappe pas,
32:46lui non plus,
32:47à la hausse des prix
32:47de l'énergie
32:48et des matières premières.
32:49L'électricité,
32:50ça a impacté.
32:52On est dans des métiers
32:53qui sont assez énergivores.
32:55Donc entre le four,
32:56les chambres de pousse,
32:57les lumières,
32:57on est ouvert
32:58de 6h30 le matin
32:59à 19h30 le soir.
33:00Donc c'est vrai
33:01que ça a un impact
33:02sur nos consommations.
33:04Au niveau des matières premières,
33:05on a déjà eu
33:05le chocolat qui a explosé.
33:06On a aussi le blé
33:08qui avait aussi augmenté.
33:09On a eu forcément
33:11le sucre,
33:12le beurre.
33:12Le sucre avait quasiment doublé.
33:14Donc nous,
33:15c'est des matières premières
33:16qui sont des matières
33:16de la colonne vertébrale
33:17de nos métiers.
33:18À cause de ces coups
33:19exorbitants,
33:20Fabrice a dû prendre
33:21des décisions drastiques.
33:22Pour ma part,
33:23ça a eu des répercussions
33:24parce que j'ai dû
33:24supprimer des postes
33:26afin de pouvoir pallier
33:27à toutes ces augmentations
33:28parce qu'en fait,
33:29l'un dans l'autre,
33:30on n'avait pas forcément,
33:31on ne va pas avoir forcément
33:32de l'augmentation
33:32du sucre d'affaires en face.
33:34Donc j'ai dû supprimer
33:36des postes
33:37pour essayer
33:39de refaire de la trésorerie
33:40pour pouvoir pallier à ça.
33:43Selon Dominique Horact,
33:44président de la Confédération
33:45Nationale de la Boulangerie,
33:47les artisans ont beaucoup
33:48souffert de cette crise énergétique.
33:50Il y a vraiment
33:50une très grosse crise
33:51avec l'énergie.
33:52On a bien vu
33:53les spectacles,
33:54quelquefois,
33:54le genre des paniques
33:55qui passaient avec leurs enfants,
33:56etc.
33:57Ils se disaient,
33:58on va fermer.
33:58Donc le type se dit,
33:59écoutez, moi,
34:00je fais mon boulot tous les matins,
34:01je me lève,
34:02je fais ce qu'il faut
34:03et d'un seul coup,
34:04à cause de l'énergie
34:05qui a explosé
34:06où il n'a rien demandé
34:06à personne,
34:07il risque de se retrouver
34:09à la rue.
34:09Donc c'est un drame,
34:10c'est un drame,
34:11c'est vraiment un drame.
34:11Comme beaucoup
34:12de chefs d'entreprise,
34:13Fabrice aimerait augmenter
34:14ses salariés,
34:15mais le poids des charges
34:16salariales et patronales
34:18l'en empêche.
34:19En fait,
34:19il y a plein de gens
34:20qui aimeraient travailler plus,
34:22mais aujourd'hui,
34:23pourquoi travailler plus
34:24si vous êtes axés
34:25sur votre effort
34:26que vous faites en plus ?
34:29Voilà.
34:29Mais ça, clairement,
34:30je pense qu'on est plein
34:31à penser ça.
34:32On est plein d'employeurs
34:34à vouloir mieux rémunérer
34:37nos salariés.
34:38Malheureusement,
34:39on est un peu bloqués
34:40par tout ce qui est
34:40charges patronales
34:41et c'est ce qui impacte
34:43les entreprises.
34:43C'est vraiment quelque chose
34:44qui est lourd,
34:45très très lourd.
34:48En France,
34:49le fameux « travailler plus
34:50pour gagner plus »
34:51n'est pas une évidence.
34:52Récemment,
34:53dans un contexte
34:54de forte tension sociale,
34:55les syndicats ont même
34:56envisagé d'interdire
34:57aux artisans
34:58de travailler le 1er mai.
35:00Aujourd'hui en France,
35:01une question va à nouveau
35:02se poser.
35:02Les boulangers,
35:03bouchers,
35:04autres fleuristes,
35:05vont-ils pouvoir faire
35:05travailler leurs salariés
35:07le 1er mai ?
35:08Mais le Premier ministre
35:09a fini par faire une exception
35:10pour certains d'entre eux.
35:11Les boulangers indépendants,
35:13artisans,
35:14les fleuristes indépendants,
35:16artisans
35:16pourront ouvrir
35:17ce 1er mai.
35:19Il y a eu
35:19cette fameuse bataille
35:20pour le 1er mai
35:22qui a été
35:23pour les boulangers-pâtissiers
35:24mise en avant
35:25et maintenant
35:26on peut ouvrir
35:27le 1er mai.
35:28Mais ce qui est quand même
35:29assez aberrant en fait.
35:30Un débat qui,
35:31selon Fabrice,
35:32démontre une nouvelle fois
35:33la lourdeur du système français.
35:35On a des réglementations en France
35:36qui empêchent éventuellement
35:39d'évoluer,
35:40qui restreint vachement,
35:42qui est assez castratrice.
35:43Ça, c'est un peu problématique.
35:44Et je pense qu'aujourd'hui,
35:46on a beaucoup de jeunes entrepreneurs.
35:47Moi, je vois les jeunes,
35:48je forme beaucoup de jeunes.
35:49Et souvent, ils me disent
35:50« Moi, je passe mon examen
35:52et je pars à l'étranger. »
35:53Et ça, ça me fait mal
35:54parce qu'en fait,
35:54on est en train d'envoyer
35:56notre savoir-faire à l'étranger.
35:58Et pourquoi ?
35:58Tout simplement parce qu'aujourd'hui,
36:00il y a un modèle économique
36:02et social
36:02qui n'est pas très motivant.
36:09Autre sujet de débat,
36:10le temps de travail des salariés
36:12qui, depuis l'année 2000,
36:14est la réforme des 35 heures
36:15est bien plus courte qu'ailleurs.
36:18Par exemple, en France,
36:19c'est vrai qu'on travaille
36:20quand même moins longtemps,
36:21moins de temps.
36:22Je vois quand, vous savez,
36:23je suis aussi président international
36:24et je vais dans beaucoup de pays
36:26où effectivement,
36:27les gens n'ont pas
36:28les vacances qu'on a.
36:29Beaucoup d'élus
36:30ont fait croire aux Français
36:31que l'argent était magique,
36:32que l'argent tombait du ciel
36:33et qu'on pouvait basculer
36:35très rapidement
36:36dans une espèce
36:37de société de loisirs.
36:38Et les 35 heures
36:39en sont l'incarnation.
36:40Et donc, du coup,
36:40c'est une espèce de poison
36:41qu'un certain nombre
36:42de décidaires ont instillé
36:44dans le cerveau
36:45de beaucoup de Français
36:45qui croient naïvement
36:47qu'en fait,
36:48on peut garder
36:48son même niveau de vie
36:49tout en travaillant moins,
36:51ce qui est absolument impossible.
36:54Jacqueline Moureau
36:55est l'un des visages marquants
36:56du mouvement
36:57des gilets jaunes
36:58créé en 2018.
36:59Nous la retrouvons
37:00en Bretagne
37:01où elle vit
37:02au volant de sa voiture.
37:03Elle s'apprête
37:04à faire le plein
37:05à contre-coeur
37:06face à des prix du carburant
37:07toujours plus élevés.
37:10Alors là, je vais,
37:11je m'apprête
37:12à aller me faire escroquer.
37:231,959.
37:24J'ai fait un petit calcul.
37:26Par rapport à ce que je gagne
37:28et à mes dépenses,
37:30et moi, j'ai vraiment
37:30des dépenses incompressibles
37:32qui sont au ras des pâquerettes,
37:34il me reste 9,70 euros par jour
37:36pour vivre,
37:38pour manger,
37:39pour réparer la voiture
37:40quand il y a besoin.
37:42Ben voilà, quoi.
37:439,70 euros.
37:44Et je pense
37:45qu'il y a beaucoup de gens
37:47qui sont dans des situations
37:48bien pires que la mienne.
37:50Elle nous emmène
37:51à Marzan,
37:52petit village du Morbihan,
37:53où elle a grandi.
37:55Je suis de Marzan,
37:56j'y tiens.
37:57Et Marzan, en fait,
37:58est devenu
37:59complètement
38:00une cité dortoir.
38:02Dans le temps,
38:02il y avait
38:04plein, plein, plein
38:05de magasins.
38:06Et aujourd'hui,
38:07il n'y a plus rien.
38:09Ici,
38:10les commerces ont disparu.
38:11La fréquentation
38:12s'est rarifiée.
38:14Quelle horreur.
38:15Une commune
38:16qui s'est peu à peu
38:17vidée de sa vitalité.
38:18Un autre aspect
38:19du déclassement
38:20de la France
38:20et de ceux qui y vivent,
38:22selon Jacqueline.
38:23Dans le temps,
38:24il y avait
38:25boucherie,
38:25charcuterie,
38:26il y avait des bars,
38:27il y avait la cantine
38:27de l'école.
38:28Là-bas,
38:29la maison blanche
38:30à côté de l'église,
38:31il y avait
38:32une boucherie,
38:33charcuterie.
38:35La grande maison beige,
38:37il y avait un bar.
38:39Voilà,
38:39tout est comme ça.
38:40C'est il y avait,
38:41il y avait,
38:41il y avait,
38:41il n'y a plus.
38:42Il n'y a plus.
38:43C'est ça le problème.
38:45Là,
38:46il y a un bar
38:46qui est fermé,
38:47là,
38:47il y a un bar
38:47qui est fermé.
38:49En fait,
38:49on s'arrête
38:50dans les bourgs
38:50pour avoir de la vie
38:52et tout est mort.
38:54Alors,
38:54il y a beaucoup,
38:54beaucoup de maisons
38:55quand même
38:55et les gens
38:56font leur course
38:57dans les grandes villes.
38:58Quand ils sortent
38:59du travail,
38:59avant de rentrer,
39:00ils font leur course
39:01ou même
39:03là où il y a
39:03les grandes surfaces
39:05et puis,
39:06ça fait mourir
39:06tous les petits bourgs.
39:07De toute façon,
39:08les grandes surfaces
39:08ont tué le commerce,
39:09le petit commerce.
39:11Ça,
39:11c'est certain.
39:11Ça n'a pas suffisamment
39:13été régulé.
39:14Ça,
39:14ça fait partie aussi
39:15de la fracture.
39:17Et moi,
39:17honnêtement,
39:18je suis triste
39:19de voir le bourg
39:20de mon enfance
39:21comme ça.
39:22Aujourd'hui,
39:22l'activiste lance
39:24un avertissement.
39:25La situation du pays
39:26est selon elle
39:27de plus en plus
39:28préoccupante.
39:29La situation,
39:30elle est,
39:31mais catastrophique.
39:32C'est plus critique,
39:34là,
39:34c'est catastrophique.
39:35Parce que,
39:36à partir du moment
39:37où on ne peut plus
39:38se déplacer,
39:39eh bien,
39:40on ne peut plus
39:41aller travailler
39:42et on ne fera plus
39:43marcher le commerce.
39:44C'est fini.
39:45Pour Alexandre Jardin,
39:47cette fracture
39:47entre les Français
39:48et leurs dirigeants
39:49devient explosive.
39:50il a lancé
39:51le mouvement
39:51des gueux
39:52pour rassembler
39:53ceux qui,
39:53selon lui,
39:54ne sont plus écoutés.
39:55Travailleurs,
39:56indépendants,
39:57classe populaire
39:58et moyenne.
39:59C'est à la fois
39:59des gens
40:00qui sont vraiment
40:01dans la misère
40:02ou alors
40:03des gens
40:03qui n'y sont pas
40:04mais qui sont
40:04incroyablement méprisés
40:06et qui se retrouvent
40:07dans le mot.
40:08Je pense que
40:08si c'est devenu
40:09un hashtag
40:09aussi puissant,
40:11c'est que ça résume
40:12le sentiment
40:13de mépris.
40:14Son objectif ?
40:15Redonner directement
40:16la parole
40:17aux citoyens,
40:18notamment grâce
40:19à un recours
40:19massif au référendum.
40:20Sous-titrage Société Radio-Canada
40:22Sous-titrage Société Radio-Canada
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