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  • il y a 4 heures
Ce jeudi 23 avril, dans sa chronique, Annalisa Cappellini s'est penchée sur les désaccords diplomatiques survenus entre Londres et Washington, après que le Royaume-Uni, décidé à satisfaire la demande de la République mauricienne et à céder les îles Chagos, voit sa décision contestée par Trump. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin sur BFM Business.

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Transcription
00:00Annalisa Capellini, une délégation britannique est arrivée hier de l'île Maurice.
00:04Elle doit négocier le sort des îles Chagos.
00:06Cet archipel est devenu une source de tensions diplomatiques immenses. Pourquoi ?
00:09Parce qu'en réalité il est absolument stratégique et surtout il intéresse Donald Trump.
00:13Pourtant c'est un archipel au milieu de l'océan Indien.
00:17Il appartient aujourd'hui aux Britanniques qui l'ont séparé de l'île Maurice en 1965,
00:21soit trois ans avant l'indépendance, pour garder justement le contrôle sur cet archipel.
00:27Alors aujourd'hui la Cour internationale de justice estime que c'était une décision illégale
00:32et donc Londres avait enfin décidé après six décennies de lutte de la part des Mauriciens
00:36de leur céder le contrôle sur les îles Chagos.
00:40Donc l'année dernière, le Premier ministre britannique Keir Starmer et son homologue mauricien Navin Rangoulam
00:45avaient signé un accord justement pour définir les modalités de cette rétrocession.
00:49Et c'était effectivement sans compter sur Donald Trump qui a mis la pression sur ses alliés britanniques, Annalisa.
00:54Oui alors au départ il avait plutôt approuvé ce plan, puis il a changé d'avis au milieu de l
00:59'hiver
00:59en considérant que c'était un acte de faiblesse totale de la part des Britanniques,
01:03un acte d'une grande stupidité.
01:05Pourtant cet accord de rétrocession avait été négocié en toute coordination avec les Etats-Unis,
01:11ça c'est ce que dit Londres.
01:12Et il avait même été conçu par les Britanniques pour favoriser les Américains
01:16qui s'intéressent à cet archipel pour deux raisons différentes mais évidemment très liées entre elles.
01:20La première c'est que sur l'archipel se trouve la base militaire de Diego Garcia.
01:25C'est une base conjointe américano-britannique et donc cette base elle peut abriter des bombardiers,
01:30des porte-avions, des sous-marins.
01:32Donc vous voyez à quel point elle est hautement stratégique.
01:34Et surtout cette base se trouve à moins de 4000 kilomètres de l'Iran,
01:38donc à portée de missiles balistiques.
01:40Dans cet accord qui avait été négocié entre Londres et l'île Maurice,
01:44la base serait louée aux Britanniques et aux Américains qui pourraient donc continuer de l'exploiter.
01:49Sauf que depuis l'intervention de Donald Trump, l'accord est suspendu, s'inédié.
01:54Alors que va négocier la délégation britannique ?
01:57C'est un peu la question parce que les Britanniques estiment que rien ne peut être décidé sans les Etats
02:02-Unis.
02:02Et en même temps, en ce moment, vous le savez, les relations entre Londres et Washington sont assez tendues
02:07puisque Donald Trump a été plutôt sec avec son allié.
02:10Surtout chacun a ses intérêts.
02:12Pour Donald Trump, il s'agit d'éviter de perdre une base absolument stratégique.
02:16Surtout d'éviter qu'elle ne tombe sous l'influence de Pékin, puisque l'île Maurice dépend économiquement des Chinois.
02:22Pour Naveen Rangoulam, le Premier ministre mauricien, c'est un problème de souveraineté, évidemment.
02:27Mais c'est un problème aussi de budget, puisque les Mauriciens comptaient sur ce loyer payé par les Britanniques
02:32pour la base de Diego Garcia.
02:33C'est une manne financière de 100 millions de livres par an.
02:36Donc vous imaginez qu'évidemment, il y a un petit trou dans le budget côté mauricien.
02:40Et puis, pour Keir Starmer, il s'agit de montrer un petit peu de force face à Donald Trump
02:44qu'il a malmené ces derniers temps.
02:46D'ailleurs, c'est Keir Starmer qui aura le dernier mot dans cette affaire.
02:49Il est face à un choix stratégique.
02:51Jusqu'où est-il prêt à aller pour ne pas braquer Washington, pour faire face à Donald Trump éventuellement ?
02:56Donc il faut bien regarder ce que Londres décidera de faire à Diego Garcia,
03:00parce que ça va nous en dire long sur le positionnement géopolitique des Britanniques pendant les années à venir.
03:04C'est Keir Starmer qui décidera s'il reste bien en poste.
03:07Je renvoie à ce qu'on s'est dit hier, son poste est menacé par une toute autre affaire.
03:12Si vous voulez savoir de quoi il s'agit, il faut regarder la chronique d'Analisa Capellini
03:17sur l'appli et sur le site Henri Plein.
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