- il y a 3 mois
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et Renaud Dély.
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00:00Générique
00:00Et bienvenue dans les informés, c'est parti pour une demi-heure de décryptage de l'actualité.
00:10Bonjour Renaud Bélieu.
00:11Bonjour Agathe.
00:12Deux questions à la une ce matin.
00:14L'exécutif est-il prêt à suspendre la réforme des retraites, cette réforme maudite adoptée en 2023 ?
00:21Et puis, l'union des droites est-elle en marche ?
00:25Pour nous éclairer autour de la table, nos informés, Valérie Gass, chef du service politique du RFU.
00:30Bonjour Valérie.
00:31Bonjour Agathe.
00:32Gilles Bornstein, présentateur des 4 vérités sur France 2.
00:34Bonjour Gilles.
00:35Bonjour Agathe, bonjour à tous.
00:36Et Fanny Guinochet, éditorialiste économie à France Info.
00:39Bonjour Fanny.
00:40Bonjour.
00:41On commence avec notre premier débat.
00:43Renaud, quel sort pour la réforme des retraites ? Est-ce que c'est vraiment en train de bouger ?
00:47Tic-tac, tic-tac.
00:48C'est donc le dernier jour de consultation de Sébastien Lecornu qui va recevoir dans un peu moins d'une heure à Matignon les socialistes
00:57et notamment Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, qui quitte à l'instant ce studio.
01:01D'ailleurs, auparavant, Sébastien Lecornu fera une déclaration à 9h30.
01:05Il recevra ensuite les écologistes et les communistes.
01:07Bref, c'est donc aujourd'hui une journée consacrée à la gauche avant qu'il rende sa copie ce soir au chef de l'État.
01:14Et une avancée majeure semble être, en tout cas en direction de la gauche, enclenchée.
01:20La suspension de la réforme des retraites.
01:22Elisabeth Borne, qui était la première ministre qui a fait adopter cette réforme, se dit favorable à cette suspension.
01:27Je ne sais pas, confrères du Parisien aujourd'hui en France.
01:29Si c'est une condition de stabilité, dit-elle.
01:32Et d'ailleurs, cette hypothèse a été évoquée dès hier, en fin de journée, lors des consultations qu'a pu avoir Sébastien Lecornu,
01:39notamment avec Raphaël Glucksmann, l'eurodéputé Place Publique.
01:42C'est ce qu'il disait en sortant de Matignon hier soir.
01:45Notre demande, qui était la suspension de la réforme des retraites, n'est pas inatteignable.
01:51Sa demande à être précisée, il est pour moi très tard, je vais vous dire la vérité.
01:58Je ne sais pas si ce qu'on nous a proposé dans ce bureau est de nature à éviter une dissolution.
02:07Alors est-ce que Sébastien Lecornu va confirmer cette suspension de la réforme des retraites ?
02:10C'est d'ailleurs ce qu'attend Olivier Faure, qui était votre invité il y a quelques minutes.
02:14Quelles en seraient les conséquences sur le plan économique ?
02:17Combien ça coûterait, la mise en œuvre de cette suspension ?
02:21Et puis, est-ce que ça pourrait permettre de sortir du blocage politique actuel ?
02:25Valérie Gass, tout à l'heure, Olivier Faure disait,
02:28on ne sait pas si c'est un écran de fumée ou pas, j'attends avant de me réjouir.
02:32Qu'est-ce que vous en pensez ?
02:33C'est un écran de fumée, cette petite musique sur la suspension ou c'est sérieux ?
02:37Si c'est un écran de fumée, j'ai envie de dire, ce n'est pas une bonne idée.
02:40Parce que dans le contexte où on est vraiment, comme le disait Renaud, dans le tic-tac,
02:44avancer sur ce terrain alors qu'on se dit qu'une des seules portes de sortie,
02:48ce serait en effet d'aller vers un Premier ministre, entre guillemets, de gauche,
02:52ou capable d'obtenir un compromis avec la gauche,
02:56avancer sur le sujet qui est celui qu'ils ont brandi depuis que Sébastien Lecornu avait dit
03:03« bon, je renonce au 49.3 », c'était leur première demande aux socialistes.
03:07Là, un débat sur les retraites, c'est ce qu'ils attendent.
03:10Donc, mettre ça dans l'atmosphère pour ensuite se dédire en disant
03:14« non, c'était une idée d'Elisabeth Borne et puis on n'ira pas aussi loin »,
03:19ça paraîtrait vraiment, alors là, ça ajouterait encore plus de confusion.
03:23C'est le sujet sur lequel il faut tendre une main.
03:27Après, forcément, dans le camp présidentiel, ça ne fait pas que des heureux.
03:32On a déjà entendu des voix qui grincent.
03:35C'est le sujet qui permettrait de résoudre cette crise, Gilles Brunstein,
03:38ce nœud de la réforme des retraites ?
03:40Oui, en partie, et je n'ai pas l'impression que ce soit un écran de fumée.
03:42De toute façon, ça fait un certain temps que des responsables, même républicains,
03:46nous disent « s'il faut en passer par là, passons-en par là »,
03:49c'est toujours le coup, Fanny le dira,
03:51mais c'est entre le coup de l'instabilité et le coup de la suspension de la réforme.
03:54Beaucoup considèrent que, de toute façon, le coût de l'instabilité aujourd'hui est trop élevé.
03:59Ça a été chiffré.
04:00Vous voulez dire qu'on est descendu tellement bas
04:01qu'au point où on en est, suspendre la réforme des retraites, ce n'est pas le pire ?
04:05Oui, si on est descendu tellement bas, et le fait d'une nouvelle crise gouvernementale,
04:10une nouvelle démission coûterait, en images de la France et en milliards,
04:15sonnant et trébuchant, parce que l'instabilité gouvernementale coûte cher,
04:18qu'entre deux inconvénients, il faut choisir le moindre,
04:21et que cette suspension de la réforme des retraites, tout le monde sait que c'est pour un an.
04:24Après, il y a le chantier de l'élection présidentielle.
04:26Alors, Fanny nous dira, j'imagine tout à l'heure, combien ça coûte,
04:29mais je pense que ce n'est pas du tout un écran de fumée.
04:31On a appris hier que Sébastien Lecornu l'a fait chiffrer par Bercy.
04:35S'il l'a fait chiffrer il y a déjà plusieurs jours par Bercy,
04:38c'est qu'il était prêt à le proposer.
04:41Et pour la gauche, on sent aussi, entre l'abandon du 49.3
04:44et la suspension de la réforme des retraites,
04:47je ne vous dis pas qu'un accord de non-censure est acquis avec ça,
04:50mais enfin, c'est quand même deux revendications majeures
04:54dont personne autour de cette table n'aurait pu dire, il y a une semaine ou il y a dix jours,
04:57qu'on aurait à la fois abandon du 49.3
05:00et à la fois suspension de la réforme des retraites.
05:03Les lumières de Fanny.
05:04Fanny, certains de l'ex-majorité présidentielle disent que
05:07la suspension de la réforme des retraites, ça coûterait moins cher que la taxe Zuckman.
05:11Et ce qui fait vraiment peur, c'est la taxe Zuckman.
05:14Alors dites-nous, qu'est-ce qu'il en est ?
05:15C'est très compliqué parce que la taxe Zuckman,
05:17vous n'avez pas un économiste qui est d'accord sur ce que ça rapporterait.
05:20Et le delta, il est très large, c'est entre 5 et 15 milliards d'euros par an.
05:24Donc voilà pour la taxe Zuckman.
05:26La difficulté, là, c'est que si suspension il y a,
05:29on risque d'avoir et la suspension et l'instabilité politique.
05:33Et donc là, le coût, il est faramineux.
05:35C'est quoi le coût ?
05:36Le coût de la suspension de la réforme des retraites,
05:39si on se réfère au rapport de la Cour des comptes
05:42qui a été remis en février dernier à la demande de François Bayrou,
05:45au moment du conclave, souvenez-vous,
05:46c'est 8 milliards d'euros par an à horizon 2030,
05:51c'est-à-dire d'ici 5 ans, et d'ici 10 ans, on passe à 13 milliards d'euros.
05:55Et puis c'est aussi un coût qu'on n'arrive pas à mesurer.
05:59Alors, c'est comment réagiront les marchés, les milieux d'affaires, les investisseurs.
06:02Ça, c'était la grande fin de Sébastien Lecornu, l'image que ça rendait.
06:05Voilà, et ça, c'est vrai qu'on n'a pas de chiffrage précis,
06:08mais vous avez un certain nombre d'économistes,
06:11d'observateurs des marchés financiers qui vous disent,
06:15pour les marchés, le fait d'avoir fait cette réforme,
06:17c'était un gage selon lequel la France pourrait remettre au moins en ordre de marche ses comptes,
06:25parce qu'on rappelle, encore une fois, que toutes ces décisions politiques
06:28se prennent dans un contexte économique extrêmement dégradé.
06:32La France est dernier de la classe en matière de taux d'emprunt,
06:35aujourd'hui, de sa dette.
06:37Gilles, un petit mot.
06:37Le coût à long terme, j'entends ce qu'on dit,
06:40mais tout le monde, j'imagine, a compris que la suspension, c'est pendant un an.
06:44Donc oui, il est légitime de coûter ce que ça coûte, là, tout de suite, au budget de l'État.
06:48Mais tout le monde sait que, de toute façon,
06:49le dossier des retraites sera rediscuté lors de l'élection présidentielle.
06:52Après, passera un candidat qui propose de revenir à 62 ans
06:56ou qui, à l'inverse, propose d'aller plus loin.
06:59Mais il y a le coût immédiat de la suspension.
07:02Et après, ce qui compte, c'est le projet qui sera adopté en 2027.
07:06Coup immédiat, attention, il y a la réputation,
07:09mais le coût immédiat, quand même, cette année,
07:11le régime des retraites est déjà en déficit de 6 milliards d'euros.
07:15Mais alors que ce ne serait pas une abrogression,
07:17tu aurais simple idée, Renaud, c'est de décaler cette réforme en 2026,
07:22de geler l'âge à 63 ans, en attendant d'en discuter.
07:25Lors de l'élection présidentielle, il faut rappeler d'ailleurs
07:26qu'à chaque fois que la gauche s'est opposée, lorsqu'elle était dans l'opposition,
07:29à une réforme des retraites conduite par un gouvernement de droite,
07:31elle n'a pas remise en cause cette réforme,
07:33une fois qu'elle est arrivée au pouvoir, en 2012.
07:35– Voir elle l'a faite comme François Hollande.
07:36– Voir il a même continué avec la réforme d'Ide Touraine,
07:39donc voilà, on verra sur 2027, selon celui qui arrive au pouvoir à ce moment-là,
07:44si la réforme est définitivement abrogée ou pas, attendons de voir.
07:48Mais je pense qu'il faut distinguer deux choses,
07:50c'est une concession majeure, extrêmement importante,
07:54que ça prête à faire, selon toute vraisemblance.
07:58Sébastien Lecornu à la gauche, la suspension de la réforme des retraites.
08:04Il y a les conséquences économiques et financières qu'évoquait à l'instant Fanny Guinechet,
08:09mais quelles sont les conséquences politiques de cette suspension ?
08:11Est-ce que c'est effectivement une sortie de la crise politique ?
08:15Je suis très loin d'en être convaincu à ce stade.
08:18Pourquoi ? Parce que là, la gauche aurait quand même du mal,
08:20à commencer par les socialistes, à dire,
08:21« Sébastien Lecornu ne cède en rien, ne recule en rien ».
08:26Il a déjà annoncé qu'il a abandonné le 49-3 pour rendre le pouvoir au Parlement.
08:29Visiblement, les parlementaires n'ont pas tellement envie de ce pouvoir,
08:32puisque personne n'a pris, me semble-t-il, la mesure de cette concession,
08:37qui permet quand même d'ouvrir vraiment le débat au Parlement.
08:39Là, il annoncerait la suspension de la réforme des retraites.
08:42La gauche serait obligée de dire « Ok, banco, on est content,
08:45et on est prêts à prendre nos responsabilités ».
08:47Sauf qu'à ce stade, à l'heure qu'il est, il n'y a toujours pas de majorité
08:50pour soutenir au Parlement un gouvernement de gauche.
08:53La droite...
08:54– Ça ne serait pas un gouvernement de gauche ?
08:55– Non, un gouvernement de gauche est un gouvernement qui m'aiderait cette politique.
08:58On voit que Bruno Retailleau a fait exploser et enterrer le socle commun,
09:00donc la droite est repassée dans l'opposition.
09:02Il a redit hier d'ailleurs qu'il ne soutiendrait aucun autre Premier ministre
09:04qu'un Premier ministre de droite, pas un macroniste.
09:07Il a dit « pas un macroniste » très clairement, et pas un Premier ministre de gauche.
09:10LFI est en guerre aujourd'hui avec les socialistes.
09:14Le Rassemblement National, a priori, veut absolument une dissolution,
09:16donc censurer tout le monde.
09:17Donc on est toujours avec la configuration actuelle de l'Assemblée,
09:20me semble-t-il, dans la même instabilité politique.
09:23– Est-ce qu'on est toujours dans l'impasse, Valérie Gasse,
09:24où vous voyez se dessiner une solution ?
09:27Est-ce que vous croyez à un gouvernement de gauche ?
09:29Est-ce que vous croyez à une reconduction de Sébastien Lecornu
09:31avec un gouvernement macroniste ?
09:33– La question, c'est que c'est ou un gouvernement de gauche,
09:37ou en tout cas avec une personnalité qui puisse avoir la gauche de son côté,
09:41ou une dissolution.
09:43Parce qu'en effet, la situation que décrit Renaud,
09:47elle est là, personne n'a de majorité.
09:49Donc il faudrait trouver le moyen d'avoir quelqu'un qui ne soit pas un irritant,
09:56qui puisse en effet partir sur les bases des concessions
09:59qui ont été faites à la gauche,
10:01et peut-être trouver des compromis budgétaires
10:03en élargissant le cercle pour avoir les fameuses voies qu'il faut
10:09pour faire passer un budget.
10:11C'est loin d'être gagné.
10:12En fait, il n'y a pas de vraiment bonne solution.
10:14On est arrivé à un tel point de chaos, d'instabilité, d'incompréhension, d'incertitude
10:19que l'issue, elle est de toute manière pas très bonne.
10:22– Quelqu'un qui ne serait pas un irritant, dit Valéry Gass.
10:25Ça pourrait être qui, Gilles Bornstein ?
10:26– Sébastien Lecornu, s'il paraît qu'ils se sont expliqués avec Bruno Rotaillot
10:32et qu'ils ont réglé leurs problèmes de « ouin ouin, Bruno Le Maire au gouvernement,
10:35tu ne m'avais pas prévenu, Patin Couffin ».
10:38Sébastien Lecornu n'est pas vraiment un irritant.
10:43Olivier Faure dit que c'est un gaulliste, c'est le dernier gaulliste,
10:46que les négociations avec lui se passent bien.
10:50– Il dit aussi que s'il était Premier ministre, Olivier Faure garderait Sébastien Lecornu aux armées.
10:54– À la défense, c'est Jean-Noël Barraud, et je vous ai écouté,
10:56et Jean-Noël Barraud aux affaires étrangères.
11:00Le problème de Sébastien Lecornu, c'est Emmanuel Macron,
11:03c'est que beaucoup de gens ont du mal à croire qu'il a acquis une certaine indépendance
11:06vis-à-vis d'Emmanuel Macron, et ont beaucoup de mal à croire
11:09que quand il parle, ce n'est pas un ventriloque d'Emmanuel Macron.
11:13Sinon, lui n'est pas vraiment irritant.
11:15Évidemment, on est dans une situation extrêmement chaotique,
11:17ce qu'on voit, c'est que quand même, ça bouge.
11:18C'est-à-dire que hier, Gabriel Attal, qui a organisé une rencontre avec des journalistes,
11:23laissait entendre que la suspension de la réforme des retraites,
11:25c'était pas non plus qu'il n'irait pas se rouler par terre dans les rues.
11:34On sent quand même que, de toute façon, ce qui est assez nouveau,
11:37c'est que la peur de la dissolution...
11:39On disait il y a dix jours, les socialistes sont prêts à aller devant les électeurs.
11:42Quand j'entends les socialistes, quand on voit les sondages,
11:44j'ai l'impression qu'ils ont de moins en moins envie d'aller devant les électeurs.
11:48Les républicains n'ont pas envie, personne n'a envie,
11:52à part LFI et le RN qui ne décident pas,
11:55personne n'a envie d'aller devant les électeurs.
11:57Ça motive quand même pour trouver des solutions.
12:00Ils ont un peu joué à se faire peur et tout le monde se calme.
12:04Et ce qui est assez drôle ou pathétique, je ne sais pas comment il faut le dire,
12:08mais c'est qu'on assiste à des renversements.
12:10C'est-à-dire Gabriel Attal, qui pendant des mois a expliqué
12:14que cette réforme des retraites, il fallait la faire,
12:16quand il était Premier ministre et auparavant ministre des Comptes publics,
12:19avait dit déjà cet été que finalement, la réforme par points,
12:23où il fallait ne plus regarder l'âge,
12:25voir la cotisation, regarder du côté du nombre de trimestres qu'il fallait,
12:30est en train de virer sa cutie en disant,
12:32bon bah écoutez, cette réforme des retraites, on peut s'asseoir dessus.
12:35Et de l'autre côté, les LR qui n'ont pas défendu la réforme des retraites,
12:38il ne faut pas l'oublier, aujourd'hui disent,
12:40ah bah non, ça n'est pas possible.
12:42Finalement, on en a besoin pour les comptes.
12:43Donc vous voyez, finalement, chacun change son point de vue.
12:48Alors, est-ce que c'est la peur de la dissolution ou pas ?
12:49Mais en tout cas, c'est vrai que pour les électeurs, c'est compliqué de s'y retrouver.
12:52C'est ce que dit Gilles Banchin, pardon Gilles, est extrêmement juste.
12:56Personne ne veut absolument, c'est à la fois tout à fait juste
13:00que tout le monde, non mais que personne au bloc central, à droite
13:05et chez les socialistes ne veut de la dissolution.
13:08Et c'est désastreux pour la vie politique et pour la vie démocratique,
13:10puisqu'on voit que dans les sondages, les Français veulent voter,
13:13que la situation est inextricable depuis plus d'un an, depuis 16 mois.
13:17Et on a l'impression, effectivement, qu'un certain nombre d'acteurs,
13:19que plus personne ne regarde d'ailleurs à part nous,
13:21mais en tout cas que les Français, on l'entend à longueur d'antenne sur France Info,
13:24les Français qui sont interrogés disent leur dégoût de ce qui est en train de se passer.
13:28Et la première préoccupation de ces acteurs-là,
13:31ceux qui ont perdu, qui sont quand même considérablement discrédités aux yeux de l'opinion,
13:34c'est de surtout pas retourner devant les électeurs.
13:36Donc je pense que l'effet même de ce qui est vrai,
13:40de cette grande trouille qui est commune au bloc central, aux socialistes, à LR,
13:45est encore plus désastreux pour notre vie politique et notre vie démocratique.
13:48Parce qu'on voit bien que même si là, ce bricolage permettait de rafistoler
13:51pendant quelques semaines, la configuration actuelle de l'Assemblée
13:55ne permet pas de stabiliser la situation.
13:57Et qu'un retour aux urnes, qu'il s'agisse d'élections législatives
13:59ou d'élections présidentielles, semble assez inéluctable.
14:02C'est de ne pas retourner devant les électeurs et c'est de revenir sur leurs convictions.
14:06La réforme borne, c'est quand même Elisabeth Borne qui a porté cette réforme des retraites
14:11qui aujourd'hui dans le Parisien nous dit qu'il faut la suspendre.
14:13Bon, on en oublierait presque que l'heure tourne et que le délai,
14:16le sursis accordé à Sébastien Lecornu prend fin.
14:18Ce soir, dans un instant, la droite réévalue ses alliances et fait voler en éclats le Front Républicain.
14:25Mais tout de suite, il est 9h20.
14:26Et c'est l'Info en une minute avec Maureen Fignard.
14:29Et Sébastien Lecornu doit prendre la parole.
14:32D'ici 10 minutes, le Premier ministre démissionnaire va s'exprimer
14:35alors qu'il reçoit les représentants du Parti Socialiste à 10h.
14:38Sur France Info, Olivier Faure, le patron du PS, salue une avancée concernant la réforme des retraites.
14:43Mais attendez précision, Elisabeth Borne, l'ancienne Première ministre,
14:47s'est dit ouverte à une suspension de cette réforme jusqu'à la prochaine présidentielle.
14:51Si cela peut débloquer la situation politique,
14:53le président a donné jusqu'à ce soir à Sébastien Lecornu
14:56pour mener d'ultimes négociations
14:58pour tenter de former un gouvernement.
15:00Emmanuel Macron qui a reçu hier la présidente de l'Assemblée nationale,
15:04Yael Bronpivet, assure qu'elle n'a pas évoqué la possible dissolution de l'Assemblée
15:09avec le président de la République.
15:11L'alerte enlèvement est levée.
15:12Elle avait été activée hier soir après la disparition d'une petite fille de 3 ans
15:16enlevée par son père, selon la police.
15:18Elle n'a pas été retrouvée. L'enquête se poursuit.
15:21Un match de ligue des champions de football ce soir.
15:23Le PSG joue contre les Allemandes de Wolfsburg.
15:26Hier, l'OL a battu l'étonnante du titre.
15:28Les joueuses d'Arsenal chez elle, victoire 2 buts 1.
15:31Les informés avec Valérie Gage, chef du service politique de RFI,
15:45Gilles Bornstein, présentateur des 4 vérités sur France 2.
15:48Je vous remercie, Fanny Guinochet, éditorialiste d'économie à France Info.
15:51Merci pour votre éclairage, notamment sur la réforme des retraites.
15:54On passe à notre deuxième débat, Renaud.
15:57Bruno Retailleau enterre le socle commun.
15:59Effectivement, Bruno Retailleau a eu en ce moment une vocation de croque-mort
16:03qui se révèle peu à peu.
16:04Il a donc enterré le socle commun en déclenchant cette crise gouvernementale
16:07et en provoquant l'admission de Sébastien Lecornu.
16:08Ça, c'était dimanche soir.
16:09Et puis hier, il a donné un dernier coup de pelle au Front Républicain,
16:12qui était déjà bien mal emprunt,
16:14en annonçant, en appelant ses électeurs à voter,
16:17à battre la candidate socialiste opposée au second tour d'une législative partielle
16:23dans le Tarn-et-Garonne, à un candidat du parti d'Éric Ciotti,
16:26soutenu par le Rassemblement National.
16:29Pas une voix pour la candidate socialiste, a répété Bruno Retailleau,
16:34le jour même où d'ailleurs, Jordan Bardella, le patron du RN,
16:37a proposé un accord de gouvernement aux Républicains
16:41en cas d'élection législative.
16:43Alors, est-ce que Bruno Retailleau serait prêt à un accord avec le RN ?
16:46Non, non.
16:47Il a récusé cette hypothèse.
16:49C'était hier soir au journal de 20h de France 2.
16:51C'est non, je l'ai dit.
16:54Sur le plateau d'une chaîne de télévision, d'information,
16:57M. Tanguy m'insultait en me traitant de salaud.
17:00Il y a quelques semaines, un de vos confrères, sur une autre chaîne,
17:05demandait à Marine Le Pen si elle devait choisir
17:07entre M. Fort et Bruno Retailleau, qui elle choisirait.
17:11Rien.
17:11Bruno Retailleau ne veut donc pas d'alliance avec le RN.
17:13Pourquoi ? Parce que le RN lui parle mal, dit-il.
17:16Le RN l'insulte, mais sinon, sur le fond,
17:20quelles sont aujourd'hui encore les différences entre LR et le RN ?
17:22Sur les sujets régaliens, il n'y en a plus.
17:25Immigration, sécurité, islam, ils revendiquent d'ailleurs
17:28le même discours et le même programme.
17:31Et puis, sur les questions économiques et sociales,
17:32on voit bien que Jordan Bardella, notamment,
17:34est en train un peu de passer par-dessus bord le versant social
17:36du programme du RN pour séduire les patrons.
17:39Donc, va-t-on vers un rapprochement entre la droite et l'extrême droite ?
17:43Et est-ce que la prise de position hier de Bruno Retailleau
17:46sur cette élection partielle n'en est pas l'illustration ?
17:48Notons d'ailleurs qu'aucune voix à droite, au sein de LR,
17:51n'a critiqué la prise de position du patron de LR.
17:54Oui, c'est pour ça que moi, j'ai du mal à comprendre, Gilles,
17:57quand Bruno Retailleau dit une alliance entre le LR et le RN,
18:01c'est donc comme si c'était une évidence,
18:03alors qu'il envoie tous les signaux d'un rapprochement.
18:06Mais peut-être qu'il y a une stratégie derrière ?
18:07Moi, j'ai l'impression qu'il est perdu.
18:09J'ai l'impression qu'il est un peu, il ne sait pas trop où il va,
18:12qu'il y a eu cette déclaration, ce fameux tweet à 21h40,
18:15l'autre jour actant son départ du gouvernement,
18:19et que depuis, il hésite, qu'il avait fait ce choix
18:21de cette participation au gouvernement,
18:23peut-être se sent-il piégé.
18:25Je suis d'accord avec Renaud pour dire que cette prise de position
18:28dans cette élection, ça arrive toujours par des endroits
18:31qu'on n'avait pas vu venir.
18:32Cette élection partielle du Tarn-et-Garonne est quand même sidérante,
18:34parce que l'adversaire de ce candidat ciotiste n'est pas un LFI,
18:39c'est une socialiste à visage humain, si je puis dire.
18:41D'ailleurs, Manuel Valls, à l'instant même, au cas de vérité,
18:44appelait clairement, a dit, moi j'appelle à voter pour la socialiste.
18:47C'est vous dire à quel point, à l'intérieur de ce qu'était le socle commun,
18:50on n'est pas d'accord du tout.
18:51Pour revenir à votre question, je pense que, oui, qu'il est un peu perdu,
18:55qu'il est tenté, il voit ce qui se passe de l'autre côté des Alpes,
18:57il voit que Georgia Meloni, avec un accord de droite et d'extrême droite,
19:01est au gouvernement depuis maintenant trois ans,
19:03que nos confrères italiens disent que ça fonctionne plutôt bien,
19:09qu'il a peur, avec que ça soit un soutien, un soutien sans participation,
19:12qu'il a peur d'être assimilé au macronisme déclinant.
19:15Tout le monde, même les plus proches du président de la République,
19:17s'éloigne du président de la République, donc il se dit que lui aussi.
19:21Et que Nicolas Sarkozy, dans une interview au Figaro il y a quelques jours,
19:25disait que le Rassemblement National a le droit de participer aux élections,
19:28il a même le droit de les gagner.
19:29Il hésite Bruno Rotaillot et je crois qu'il n'a pas très bien décidé.
19:34Bruno Rotaillot qui n'a plus rien de commun avec le socle commun,
19:37Valérie, il y a une bascule qui est en train de s'ouvrir,
19:40parce que ces derniers mois, quand il était au gouvernement,
19:42il essayait plutôt de mettre en avant son côté un peu plus consensuel,
19:45en tout cas moins irritant.
19:46maintenant, là, il se lâche et il se rapproche clairement de l'économie.
19:50Je suis d'accord avec Gilles, je ne sais pas s'il se lâche
19:53ou s'il est dans des hésitations perpétuelles.
19:56Et pour rebondir sur ce que disait Renaud et le côté croque-mort,
19:59je ne sais pas si ce n'est pas lui qu'il est en train d'enterrer Bruno Rotaillot,
20:02tout seul avec ses tergiversations, ses allers-retours,
20:05cette prise de position, en effet, sur la législative partielle
20:08qui est sortie de nulle part et qui a jeté un trouble évident
20:12dans un contexte où, en effet, on parle de cette alliance des droites.
20:16Et donc, il veut, en effet, se différencier d'Emmanuel Macron, pourquoi pas ?
20:22Mais en fait, on ne sait pas où il va.
20:24Et tout ça, ça profite surtout à Laurent Wauquiez,
20:27qui a bien appuyé sur là où ça fait mal,
20:31en disant que Bruno Rotaillot avait dégradé l'image des LR.
20:34Donc, on a un Bruno Rotaillot,
20:37dont on va voir comment il se dépatouille dans les prochaines heures
20:40et dans les prochains jours,
20:41mais qui, en effet, est un peu aux fraises.
20:44Le mot de la fin, Laurent Wauquiez,
20:45qui a dit que Bruno Rotaillot avait dégradé l'image des LR
20:47en provoquant la crise gouvernementale.
20:50Oui, oui, bien sûr.
20:51Pas en appelant à battre la candidate socialiste.
20:53Non, non, pas en appelant, pas en appelant.
20:54Parce que ça, en effet...
20:56Parce que ça, en fait, c'est le droit fil d'une évolution de LR
20:57qui est déjà entamée depuis un certain temps,
20:59y compris par Laurent Wauquiez, d'ailleurs,
21:00et qu'on voit à l'œuvre, notamment en Italie,
21:03comme l'a dit Gilles Bornstein.
21:03Merci beaucoup les informés.
21:04Merci Valérie Gach, chef du service politique de RFI.
21:07Merci Gilles Bornstein, présentateur des 4 vérités sur France 2.
21:10Nous, Renaud, on se retrouve demain ?
21:12A demain, Gat.
21:12A demain, et vous retrouvez les informés ce soir à 20h
21:15avec Victor Maté.
21:16Sous-titrage Société Radio-Canada
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