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  • il y a 12 heures
Antoine Pouppez, président et cofondateur de neuroClues, était l'invité de Sandra Gandoin dans French Tech, ce lundi 20 avril. Il met en avant l'ambition de son entreprise qui veut notamment aider les cliniciens, en particulier les neurologues, à mieux comprendre le fonctionnement du système nerveux central du cerveau, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00La French Tech, avec Anthony Morel, nous recevons Antoine Poupet, directeur général et cofondateur de Neurocluse.
00:05Bonjour.
00:05Bonjour.
00:06Déjà venu dans cette émission, c'était dans le pitch, à 6h.
00:10Là, vous venez dans la French Tech pour parler de Neurocluse.
00:13Expliquez-nous ce que vous faites.
00:15Donc nous, notre ambition avec Neurocluse, c'est d'aider les cliniciens, en particulier les neurologues,
00:20à mieux comprendre le fonctionnement du système nerveux central, du cerveau.
00:24En fait, aujourd'hui, si vous avez la malchance d'arriver chez un neurologue,
00:27les outils qu'il va avoir pour évaluer le fonctionnement de votre cerveau,
00:30c'est ce type d'exercice-ci qu'on a déjà tout fait.
00:33On connaît tous le test que le médecin va faire, qui lui demande « suivez mon doigt ».
00:36Et nous, ce qu'on va remplacer, on va remplacer le test de « suivez mon doigt »
00:40en mesurant les mouvements oculaires, et on va du coup aider le clinicien à faire son évaluation.
00:45Alors pourquoi est-ce que les mouvements des yeux, c'est intéressant ?
00:47Parce qu'à chaque fois qu'on bouge nos yeux, on va mobiliser 60% du cerveau.
00:51Et donc, quand une de ces zones est impactée par une maladie ou par un coup,
00:54on va le voir dans les paramètres de ces mouvements oculaires.
00:58Anthony ?
00:58Donc on voit l'appareil, pour ceux qui nous voient à la télé,
01:01c'est une sorte de gros casque, on met ses yeux devant,
01:05et j'imagine qu'il y a un système qui va suivre très précisément les mouvements de nos yeux,
01:10c'est comme ça que ça fonctionne ?
01:11Exact.
01:11Et à partir de ça, on est capable de repérer quoi exactement ?
01:15On va mesurer à une très haute fréquence,
01:18on va mesurer à plus de 400 images par seconde par œil,
01:21pour aller chercher les paramètres très fins,
01:23donc des pics de vitesse, la latence, la précision du mouvement.
01:26C'est utile aujourd'hui dans le diagnostic différentiel de Parkinson.
01:30Le bénéfice, c'est qu'on va pouvoir identifier quel type de parkinsonisme le patient a,
01:34et donc adapter sa prise en charge.
01:36Un Parkinson classique, on est capable de vivre longtemps sous l'évodopa,
01:40il y a plusieurs prises en charge possibles,
01:43tandis que des Parkinson atypiques requièrent une prise en charge particulière,
01:46parce que la progression de la maladie n'est pas du tout la même.
01:50C'est un casque déployé dans déjà pas mal d'établissements,
01:53il y a une trentaine d'établissements qui sont équipés,
01:55à partir de quand il faut aller faire ce genre de diagnostic ?
01:59C'est pour qui précisément ?
02:00Qu'est-ce qui a été décelé pour faire qu'on va faire ce diagnostic-là ?
02:04Alors aujourd'hui, on va aider le neurologue dans la prise en charge diagnostique,
02:07donc il faut savoir qu'il y a une errance diagnostique qui est documentée,
02:11de plusieurs mois, voire années.
02:13On sait que sur Parkinson, il y a un Parkinsonien sur cinq qui est mal diagnostiqué.
02:17Et donc aujourd'hui, on adresse cette problématique-là.
02:19On veut aider le neurologue dans son examen clinique.
02:21Aujourd'hui, il n'a que ça à disposition.
02:23Ou alors il doit demander un IRM ou des data scan,
02:26nos examens complémentaires assez lourds.
02:27Donc on va aider le clinicien, dans le cadre de son examen clinique,
02:30à mieux évaluer, à mieux objectiver ce que lui voit.
02:33Ça, c'est le vraiment premier cas d'usage.
02:35Et donc aujourd'hui, c'est plutôt ciblé vers les populations
02:38qui sont à suspicion de maladies de Parkinson, de syndrome parkinsonien.
02:43Notre ambition, c'est de déployer sur d'autres indications.
02:45On travaille sur la commotion, on travaille sur tout ce qui est démence,
02:49potentiellement aussi sur tout ce qui est sclérose en plaques.
02:51Et donc on est capable, parce que c'est de la détection très précoce,
02:54donc en fait c'est avant même l'apparition des premiers symptômes,
02:57en fait, chez les patients.
02:58Donc pour Parkinson, j'imagine tout ce qui est tremblement, par exemple.
03:01On va être capable de dire, là, en fait, la maladie est en train de se déclarer.
03:06Et ma question derrière ça, c'est, est-ce qu'on a envie de savoir ?
03:10Sachant que c'est une maladie qu'on ne peut pas soigner aujourd'hui,
03:13si j'ai le diagnostic deux ans ou trois ans avant l'apparition des symptômes,
03:17est-ce que j'ai envie qu'on me dise, en fait, là, t'as Parkinson,
03:19tu ne le sens pas encore, mais t'as Parkinson, et ça va évoluer.
03:22Vous voyez ce que je veux dire ?
03:23C'est aussi une question qui peut se poser du point de vue du patient, j'imagine.
03:26Exact, et tout à fait valide.
03:28Alors aujourd'hui, en termes de prise en charge médicamenteuse,
03:31il n'y a pas d'outil à disposition du médecin.
03:34Par contre, il y a un outil très fort qui est accessible aux patients,
03:39c'est un changement de sa qualité de vie,
03:40c'est un changement de son rythme de vie.
03:43Ça a été prouvé déjà dans de nombreux papiers
03:45que le sport, tous les jours, plus de 10 000 pas par jour,
03:49a un effet bénéfique et va être neuroprotecteur sur les cellules.
03:55Et donc, le fait de le savoir plus tôt va vous permettre à vous
03:59de commencer à changer votre style de vie
04:02pour pouvoir améliorer votre qualité de vie le plus longtemps possible.
04:06Alors aujourd'hui, effectivement, on a déjà les premiers papiers
04:09qui ont montré que les mouvements oculaires permettent
04:13d'identifier déjà assez tôt ces premiers signes et symptômes
04:17de maladies neuro, avant que les signes cliniques arrivent.
04:19On a un poster comme ça, où on a été capable d'identifier
04:23un parkinsonien cinq ans avant que les symptômes cliniques apparaissent.
04:26Ceci doit être reproduit.
04:28Donc tout ça, ça demande des études sur le long terme.
04:30Aujourd'hui, on est incubé à l'Institut du cerveau
04:32et donc on est intégré dans des études justement
04:34qui ciblent ces patients présymptomatiques.
04:38Et on est intégré dans une méga-corte française
04:40où on va enregistrer 25 000 personnes à la population générale.
04:43Ça veut dire que vous êtes autant dans le préventif
04:46que dans le curatif quand il y aura un traitement efficace.
04:49Alors vous levez 10 millions, c'est pour quoi faire
04:52et qui sont vos investisseurs ?
04:53Ça c'est intéressant les investisseurs.
04:55Donc nos investisseurs, on a en lead,
04:59on a TeamPact qui est un fonds français
05:02et White Fund qui est un fonds MedTech belge.
05:05Et on a l'OIC Accélérateur via la Banque Européenne d'Investissement.
05:10Donc ça, ce sont nos trois leads.
05:11Et puis on a nos investisseurs historiques qui continuent à suivre le tour.
05:14Alors vous parliez de TeamPact,
05:15c'est un fonds d'investissement lié au sport d'une manière générale.
05:20Parmi les investisseurs, on peut citer Raphaël Varane,
05:22Nicolas Karabatic, Cyril Gann,
05:25donc des sportifs très connus évidemment.
05:26Qu'est-ce qu'ils viennent faire dans cette aventure ?
05:28C'est quoi le lien en fait entre ce que vous faites
05:30sur la maladie Parkinson, Alzheimer, la démence,
05:33et puis des sportifs qui peuvent être intéressés par ça ?
05:35Donc aujourd'hui, leur thèse d'investissement,
05:37c'est d'investir dans tout ce qui pourrait être bénéfique à la société,
05:41au niveau climat et santé.
05:42Et pour nous spécifiquement, un des cas d'usage de l'eye tracking
05:48est l'identification et le suivi de patients qui ont une commotion,
05:52de sportifs plutôt, qui ont une commotion.
05:54Aujourd'hui, on connaît très bien les commotions
05:57qui sont évidentes, où le sportif est par terre au tapis et ne bouge plus.
06:03Et donc là, on sait qu'il va falloir déclencher un protocole commotion.
06:06Mais ce qu'on identifie très mal, c'est les petites commotions,
06:10les commotions qui sont en dessous d'un certain niveau,
06:12où ça se voit cliniquement.
06:13Et c'est ces accumulations de micro-commotions
06:17qui font que potentiellement, aujourd'hui, il y a des sportifs
06:19comme Chabal qui partagent le fait qu'ils n'ont plus aucun souvenir
06:23de leur Coupe du Monde.
06:24C'est ce cas d'usage-là où on voudrait bien,
06:26de nouveau, c'est la même chose que sur Parkinson.
06:28On veut aider les cliniciens à mieux évaluer.
06:31Aujourd'hui, si vous avez une suspicion de commotion,
06:33on va vous demander de faire la même chose,
06:35marcher sur une ligne, de retenir des mots.
06:37C'est un examen qui est très clinique.
06:38Nous, on veut vraiment se positionner dans ce cas clinique
06:41et aider ce clinicien.
06:43Vous vous déployez aux Etats-Unis.
06:45C'est le but de cette levée de fonds, notamment.
06:47On parle de combien de patients potentiels,
06:50que ce soit en Europe et là-bas aux Etats-Unis ?
06:53Et donc, effectivement, le but de cette levée de fonds,
06:54c'est de se déployer commercialement,
06:55d'abord dans nos pays domestiques,
06:58donc Benelux France et pays limitrophes.
07:00Aujourd'hui, on a déjà signé une trentaine d'établissements
07:04et on voit l'adoption qui est très forte.
07:06On signe à peu près un contrat par semaine.
07:08Donc, c'est vraiment très, très chouette à voir.
07:11On démarre le processus régulatoire américain cette année-ci
07:14et on commence la commercialisation l'année prochaine.
07:16Notre ambition, c'est de toucher à peu près 10 millions de patients
07:19d'ici 7 à 10 ans.
07:20Donc, en fait, d'être dans tous les hôpitaux,
07:22en Europe et aux Etats-Unis,
07:23pour pouvoir les aider dans cette évaluation clinique.
07:25Ça s'appelle NeuroClouz.
07:26Merci Antoine Poupé, directeur général et cofondateur,
07:29d'être venu sur le plateau de la matinale de l'économie.
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