00:00La French Tech, avec Anthony Morel, nous recevons Antoine Poupet, directeur général et cofondateur de Neurocluse.
00:05Bonjour.
00:05Bonjour.
00:06Déjà venu dans cette émission, c'était dans le pitch, à 6h.
00:10Là, vous venez dans la French Tech pour parler de Neurocluse.
00:13Expliquez-nous ce que vous faites.
00:15Donc nous, notre ambition avec Neurocluse, c'est d'aider les cliniciens, en particulier les neurologues,
00:20à mieux comprendre le fonctionnement du système nerveux central, du cerveau.
00:24En fait, aujourd'hui, si vous avez la malchance d'arriver chez un neurologue,
00:27les outils qu'il va avoir pour évaluer le fonctionnement de votre cerveau,
00:30c'est ce type d'exercice-ci qu'on a déjà tout fait.
00:33On connaît tous le test que le médecin va faire, qui lui demande « suivez mon doigt ».
00:36Et nous, ce qu'on va remplacer, on va remplacer le test de « suivez mon doigt »
00:40en mesurant les mouvements oculaires, et on va du coup aider le clinicien à faire son évaluation.
00:45Alors pourquoi est-ce que les mouvements des yeux, c'est intéressant ?
00:47Parce qu'à chaque fois qu'on bouge nos yeux, on va mobiliser 60% du cerveau.
00:51Et donc, quand une de ces zones est impactée par une maladie ou par un coup,
00:54on va le voir dans les paramètres de ces mouvements oculaires.
00:58Anthony ?
00:58Donc on voit l'appareil, pour ceux qui nous voient à la télé,
01:01c'est une sorte de gros casque, on met ses yeux devant,
01:05et j'imagine qu'il y a un système qui va suivre très précisément les mouvements de nos yeux,
01:10c'est comme ça que ça fonctionne ?
01:11Exact.
01:11Et à partir de ça, on est capable de repérer quoi exactement ?
01:15On va mesurer à une très haute fréquence,
01:18on va mesurer à plus de 400 images par seconde par œil,
01:21pour aller chercher les paramètres très fins,
01:23donc des pics de vitesse, la latence, la précision du mouvement.
01:26C'est utile aujourd'hui dans le diagnostic différentiel de Parkinson.
01:30Le bénéfice, c'est qu'on va pouvoir identifier quel type de parkinsonisme le patient a,
01:34et donc adapter sa prise en charge.
01:36Un Parkinson classique, on est capable de vivre longtemps sous l'évodopa,
01:40il y a plusieurs prises en charge possibles,
01:43tandis que des Parkinson atypiques requièrent une prise en charge particulière,
01:46parce que la progression de la maladie n'est pas du tout la même.
01:50C'est un casque déployé dans déjà pas mal d'établissements,
01:53il y a une trentaine d'établissements qui sont équipés,
01:55à partir de quand il faut aller faire ce genre de diagnostic ?
01:59C'est pour qui précisément ?
02:00Qu'est-ce qui a été décelé pour faire qu'on va faire ce diagnostic-là ?
02:04Alors aujourd'hui, on va aider le neurologue dans la prise en charge diagnostique,
02:07donc il faut savoir qu'il y a une errance diagnostique qui est documentée,
02:11de plusieurs mois, voire années.
02:13On sait que sur Parkinson, il y a un Parkinsonien sur cinq qui est mal diagnostiqué.
02:17Et donc aujourd'hui, on adresse cette problématique-là.
02:19On veut aider le neurologue dans son examen clinique.
02:21Aujourd'hui, il n'a que ça à disposition.
02:23Ou alors il doit demander un IRM ou des data scan,
02:26nos examens complémentaires assez lourds.
02:27Donc on va aider le clinicien, dans le cadre de son examen clinique,
02:30à mieux évaluer, à mieux objectiver ce que lui voit.
02:33Ça, c'est le vraiment premier cas d'usage.
02:35Et donc aujourd'hui, c'est plutôt ciblé vers les populations
02:38qui sont à suspicion de maladies de Parkinson, de syndrome parkinsonien.
02:43Notre ambition, c'est de déployer sur d'autres indications.
02:45On travaille sur la commotion, on travaille sur tout ce qui est démence,
02:49potentiellement aussi sur tout ce qui est sclérose en plaques.
02:51Et donc on est capable, parce que c'est de la détection très précoce,
02:54donc en fait c'est avant même l'apparition des premiers symptômes,
02:57en fait, chez les patients.
02:58Donc pour Parkinson, j'imagine tout ce qui est tremblement, par exemple.
03:01On va être capable de dire, là, en fait, la maladie est en train de se déclarer.
03:06Et ma question derrière ça, c'est, est-ce qu'on a envie de savoir ?
03:10Sachant que c'est une maladie qu'on ne peut pas soigner aujourd'hui,
03:13si j'ai le diagnostic deux ans ou trois ans avant l'apparition des symptômes,
03:17est-ce que j'ai envie qu'on me dise, en fait, là, t'as Parkinson,
03:19tu ne le sens pas encore, mais t'as Parkinson, et ça va évoluer.
03:22Vous voyez ce que je veux dire ?
03:23C'est aussi une question qui peut se poser du point de vue du patient, j'imagine.
03:26Exact, et tout à fait valide.
03:28Alors aujourd'hui, en termes de prise en charge médicamenteuse,
03:31il n'y a pas d'outil à disposition du médecin.
03:34Par contre, il y a un outil très fort qui est accessible aux patients,
03:39c'est un changement de sa qualité de vie,
03:40c'est un changement de son rythme de vie.
03:43Ça a été prouvé déjà dans de nombreux papiers
03:45que le sport, tous les jours, plus de 10 000 pas par jour,
03:49a un effet bénéfique et va être neuroprotecteur sur les cellules.
03:55Et donc, le fait de le savoir plus tôt va vous permettre à vous
03:59de commencer à changer votre style de vie
04:02pour pouvoir améliorer votre qualité de vie le plus longtemps possible.
04:06Alors aujourd'hui, effectivement, on a déjà les premiers papiers
04:09qui ont montré que les mouvements oculaires permettent
04:13d'identifier déjà assez tôt ces premiers signes et symptômes
04:17de maladies neuro, avant que les signes cliniques arrivent.
04:19On a un poster comme ça, où on a été capable d'identifier
04:23un parkinsonien cinq ans avant que les symptômes cliniques apparaissent.
04:26Ceci doit être reproduit.
04:28Donc tout ça, ça demande des études sur le long terme.
04:30Aujourd'hui, on est incubé à l'Institut du cerveau
04:32et donc on est intégré dans des études justement
04:34qui ciblent ces patients présymptomatiques.
04:38Et on est intégré dans une méga-corte française
04:40où on va enregistrer 25 000 personnes à la population générale.
04:43Ça veut dire que vous êtes autant dans le préventif
04:46que dans le curatif quand il y aura un traitement efficace.
04:49Alors vous levez 10 millions, c'est pour quoi faire
04:52et qui sont vos investisseurs ?
04:53Ça c'est intéressant les investisseurs.
04:55Donc nos investisseurs, on a en lead,
04:59on a TeamPact qui est un fonds français
05:02et White Fund qui est un fonds MedTech belge.
05:05Et on a l'OIC Accélérateur via la Banque Européenne d'Investissement.
05:10Donc ça, ce sont nos trois leads.
05:11Et puis on a nos investisseurs historiques qui continuent à suivre le tour.
05:14Alors vous parliez de TeamPact,
05:15c'est un fonds d'investissement lié au sport d'une manière générale.
05:20Parmi les investisseurs, on peut citer Raphaël Varane,
05:22Nicolas Karabatic, Cyril Gann,
05:25donc des sportifs très connus évidemment.
05:26Qu'est-ce qu'ils viennent faire dans cette aventure ?
05:28C'est quoi le lien en fait entre ce que vous faites
05:30sur la maladie Parkinson, Alzheimer, la démence,
05:33et puis des sportifs qui peuvent être intéressés par ça ?
05:35Donc aujourd'hui, leur thèse d'investissement,
05:37c'est d'investir dans tout ce qui pourrait être bénéfique à la société,
05:41au niveau climat et santé.
05:42Et pour nous spécifiquement, un des cas d'usage de l'eye tracking
05:48est l'identification et le suivi de patients qui ont une commotion,
05:52de sportifs plutôt, qui ont une commotion.
05:54Aujourd'hui, on connaît très bien les commotions
05:57qui sont évidentes, où le sportif est par terre au tapis et ne bouge plus.
06:03Et donc là, on sait qu'il va falloir déclencher un protocole commotion.
06:06Mais ce qu'on identifie très mal, c'est les petites commotions,
06:10les commotions qui sont en dessous d'un certain niveau,
06:12où ça se voit cliniquement.
06:13Et c'est ces accumulations de micro-commotions
06:17qui font que potentiellement, aujourd'hui, il y a des sportifs
06:19comme Chabal qui partagent le fait qu'ils n'ont plus aucun souvenir
06:23de leur Coupe du Monde.
06:24C'est ce cas d'usage-là où on voudrait bien,
06:26de nouveau, c'est la même chose que sur Parkinson.
06:28On veut aider les cliniciens à mieux évaluer.
06:31Aujourd'hui, si vous avez une suspicion de commotion,
06:33on va vous demander de faire la même chose,
06:35marcher sur une ligne, de retenir des mots.
06:37C'est un examen qui est très clinique.
06:38Nous, on veut vraiment se positionner dans ce cas clinique
06:41et aider ce clinicien.
06:43Vous vous déployez aux Etats-Unis.
06:45C'est le but de cette levée de fonds, notamment.
06:47On parle de combien de patients potentiels,
06:50que ce soit en Europe et là-bas aux Etats-Unis ?
06:53Et donc, effectivement, le but de cette levée de fonds,
06:54c'est de se déployer commercialement,
06:55d'abord dans nos pays domestiques,
06:58donc Benelux France et pays limitrophes.
07:00Aujourd'hui, on a déjà signé une trentaine d'établissements
07:04et on voit l'adoption qui est très forte.
07:06On signe à peu près un contrat par semaine.
07:08Donc, c'est vraiment très, très chouette à voir.
07:11On démarre le processus régulatoire américain cette année-ci
07:14et on commence la commercialisation l'année prochaine.
07:16Notre ambition, c'est de toucher à peu près 10 millions de patients
07:19d'ici 7 à 10 ans.
07:20Donc, en fait, d'être dans tous les hôpitaux,
07:22en Europe et aux Etats-Unis,
07:23pour pouvoir les aider dans cette évaluation clinique.
07:25Ça s'appelle NeuroClouz.
07:26Merci Antoine Poupé, directeur général et cofondateur,
07:29d'être venu sur le plateau de la matinale de l'économie.
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