00:00Notre invité ce matin dans la French Tech, c'est Boris Levesque.
00:02Bonjour, vous êtes directeur général et cofondateur d'Axomove,
00:05un dispositif digital de rééducation remboursé en France, le seul, vous nous dites même ce matin.
00:11Comment ça fonctionne ? Est-ce que c'est plus que de la télésurveillance ?
00:16Oui, bonjour, Boris Levesque, cofondateur et dirigeant d'Axomove,
00:20une start-up numérique en santé basée à Lille.
00:23Effectivement, on a développé la seule, aujourd'hui, application
00:26qui est certifiée dispositif médical remboursé par la sécurité sociale.
00:30Pour la rééducation physique, après une lombadgie.
00:34Alors, plus largement, Axomove, c'est même une clinique digitale de rééducation et de prévention.
00:40Cette clinique digitale, elle permet une certaine prolongation des soins de rééducation au domicile du patient.
00:46Donc, on va équiper des centres de rééducation.
00:49Ça, c'est notre premier marché, des centres de rééducation
00:51qui vont pouvoir utiliser cette application avec leurs patients pour faire des exercices à la maison.
00:56Donc, on est vraiment entre deux séances de rééducation ou après une séance de rééducation.
01:02Et associé à ça, on parlait de surveillance tout à l'heure.
01:04On applique également ce principe de surveillance à la rééducation
01:08puisque le dispositif, il permet justement de surveiller ce qui se passe à la maison dans le cadre de la
01:12rééducation.
01:13Donc, on va pouvoir monitorer si le patient s'est connecté, s'il a fait ses exercices, s'il a
01:16bien fait ses exercices.
01:18Et surtout, s'il n'y a pas d'événement indésirable.
01:20Par exemple, s'il n'y a pas eu de douleur ou pas de difficulté à réaliser des exercices.
01:24Mais attendez, s'il n'a pas bien fait ses exercices, ça a quel impact ?
01:28C'est-à-dire qu'il est puni par l'assurance maladie ?
01:32C'est-à-dire que comment ça fonctionne ?
01:35Non, ce n'est pas exactement ça.
01:37C'est qu'il est puni parce qu'il ne va pas mieux.
01:39La baseline d'Axomove, c'est le médicament, c'est le mouvement.
01:42C'est-à-dire qu'à l'instar des médicaments plus classiques,
01:45si vous ne prenez pas votre médicament, c'est difficile d'aller mieux.
01:48Là, c'est pareil avec la rééducation.
01:50Le but du jeu, c'est d'améliorer l'observance des exercices.
01:53Et c'est ce que permet le dispositif.
01:54Puisque grâce à ce dispositif, on a mené plusieurs études cliniques.
01:57Et une étude clinique a montré qu'on multipliait par cinq l'observance des exercices à la maison.
02:04Et donc, un patient qui fait ses exercices après un AVC, par exemple,
02:07qu'il a la maladie de Parkinson ou qu'il a une lombalgie,
02:10une finie, il va mieux.
02:11Mais comment on fait, justement ?
02:13Vous disiez, l'enjeu, c'est l'observance, évidemment.
02:15Mais comment on fait pour savoir qu'un patient a bien fait ses exercices ?
02:18On sait que les exercices de kiné, il faut bien faire le geste du début à la fin.
02:22Il faut que ça dure tant de secondes, etc.
02:24Il y a un système de quoi ?
02:25C'est de l'intelligence artificielle couplée à la caméra
02:27qui sait si j'ai bien réalisé mon exercice ?
02:30Ou c'est juste, bon, j'ai passé tant de temps devant la caméra,
02:32donc c'est que le patient a dû suivre ce que je lui avais dit ?
02:36Alors, le premier enjeu, Anthony,
02:37ce n'est pas forcément de bien faire ses exercices au degré près ou au millimètre près,
02:41c'est déjà de faire en sorte qu'il fasse ses exercices.
02:44Le premier enjeu, il est là.
02:45Après, si l'ongulation n'est pas extrêmement bien suivie
02:48ou si le patient n'a pas respecté exactement à la lettre l'exercice,
02:53ce n'est pas grave en soi.
02:54Le premier point, c'est vraiment l'amélioration de l'observance.
02:57Pourquoi les gens en rééducation, ils ne vont pas mieux ?
03:00C'est que d'abord, ils ne font pas leurs exercices.
03:02Donc, le dispositif, en premier lieu, il permet d'améliorer et de décupler l'observance.
03:06Après, effectivement, la bonne exécution d'exercices reste importante.
03:11C'est pour ça que pour le moment, ça reste du développement chez nous.
03:13Ce n'est pas encore ce qu'on appelle en production.
03:15On est en train de développer un algorithme de reconnaissance
03:18de la bonne exécution d'un exercice pour faire plein de choses.
03:22La première, c'est effectivement vérifier que l'exercice soit bien fait.
03:25Deuxième point, c'est de pouvoir également bilanter le patient,
03:28c'est de pouvoir mesurer son amélioration au cours du temps.
03:31Et troisième point, c'est peut-être le point le plus important,
03:33c'est d'apporter des éléments de gamification
03:35pour faire en sorte que le patient revienne et revienne avec plaisir.
03:39Parce que ce n'est pas facile de suivre pour bien faire ces exercices.
03:43Vous venez de lever 4 millions d'euros.
03:45C'est le premier investissement du Fonds prévention numérique de BPI France
03:48qui a été lancé en février dernier.
03:514 millions d'euros qui vont servir à quoi ?
03:54Ces 4 millions, déjà, ils vont nous servir à scaler nos modèles.
03:57Nos modèles aujourd'hui qui fonctionnent.
03:58On a un premier modèle qui fonctionne à l'hôpital
04:00puisqu'on équipe plus de 70 centres de rééducation
04:03pour digitaliser le parcours de rééducation.
04:05Mais vous l'avez entendu, c'est le Fonds prévention numérique de BPI
04:08qui a investi, entre autres, dans Action Move.
04:12C'est aussi pour développer tout ce qui touche à la prévention.
04:15Donc aujourd'hui, on a des modèles business qui marchent
04:16avec les entreprises et les assureurs,
04:19notamment pour développer ce qu'on appelle la prévention
04:21des troubles musculosquelettiques, les TMS.
04:23Ça représente à peu près 30% de l'absentéisme.
04:26Et donc, on développe, on déploie cette clinique digitale
04:29pour équiper les salariés et les assurés
04:31pour venir sur Action Move faire des exercices
04:33et se faire suivre par un kiné,
04:35non pas en rééducation, mais cette fois-ci en prévention.
04:37Le deuxième point, c'est d'aller…
04:39On a mis le pied dans la porte puisqu'on a un premier remboursement
04:41par l'assurance maladie pour la lombagie.
04:43L'objectif, c'est d'aller chercher d'autres indications
04:45nécessitent de faire d'autres études cliniques.
04:47On va aller chercher d'autres rhumatismes,
04:50notamment tout ce qui touche à l'arthrose
04:51et à la fibromyalgie, par exemple.
04:53Il y a l'obésité.
04:54On va lancer une étude en fin d'année sur l'obésité.
04:56On sait que l'activité physique adaptée
04:58et la rééducation est importante
05:00dans le traitement de l'obésité.
05:01Donc là, on va lancer 4, c'est-à-dire une étude
05:04qui vise à démontrer l'impact, on espère, positif
05:07de la solution sur les patients atteints d'obésité.
05:09Merci beaucoup, Boris Lévesque,
05:10d'avoir été avec nous ce matin
05:11dans la matinale de l'économie.
05:12Merci.
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