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Avec Peer de Jong, ancien colonel, vice-président de l'institut Themiis

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##LE_FAIT_DU_JOUR-2026-04-15##

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News
Transcription
00:00Le fait du jour
00:01Tandis que Donald Trump estimait hier que la guerre avec l'Iran était presque finie,
00:05évoquant une possible reprise des discussions avec l'Iran dès cette semaine au Pakistan,
00:09l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis a fui à lui fustiger le rôle de la France au Liban,
00:15affirmant que Paris n'avait rien à faire dans les négociations entre Israël et le Liban.
00:18Son propos est clair, nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout,
00:23mais surtout lorsqu'il s'agit de négociations de paix.
00:25Pourquoi tant de haine et quel rôle la France tient-elle aujourd'hui dans ce conflit ?
00:29On en parle avec le colonel Pierre de Jong, vice-président de l'Institut Témis.
00:33Bonjour.
00:34Bonjour.
00:34Mes respects, mon colonel.
00:35Merci d'être en direct sur l'antenne de Sud Radio.
00:38Je recevais hier indirectement un de vos anciens supérieurs hiérarchiques,
00:42qui est l'amiral Oudé de Daaville, qui fut chef d'état-major de la Marine nationale.
00:45Nous avons parlé un peu plutôt stratégie et tactique militaire au détroit d'Hormuz,
00:49que peut faire une flotte pour empêcher.
00:50Là, aujourd'hui, je voudrais revenir dans la géostratégie plus politique.
00:54Par rapport à ce qui nous concerne,
00:56nous sommes confrontés à une situation sur laquelle on n'a visiblement pas de prise.
01:00Si le président de la République peut faire des déclarations au nom de la France,
01:03le gouvernement n'est pas du tout concerné.
01:05Vous, vous êtes un militaire, vous avez participé,
01:08vous avez été dans les instances gouvernementales,
01:10au cœur, au cœur, à l'Élysée même,
01:12du temps de Jacques Chirac, dont vous connaissez ses enjeux.
01:15Vous savez comment se passent les mécanismes,
01:16comment se produisent, vous vendez les mécanismes.
01:19On est, non seulement la France, mais l'Europe.
01:22On est totalement out parce qu'on ne veut pas s'impliquer et se mêler d'une affaire,
01:28j'allais dire, confuse,
01:30où on est vraiment out parce que nous n'avons plus les leviers ni les moyens d'exister.
01:33Je dirais ni l'un ni l'autre ou les deux, éventuellement,
01:36parce que le problème, encore une fois, c'est que,
01:38c'est comme le pli du pantalon,
01:39une fois qu'on met le pli et le pantalon, il garde son pli, terminé.
01:43Mais le problème, on avait un choix stratégique.
01:45On parlait, un exemple, d'Israël et, comment dire, du monde palestinien.
01:48C'est vrai que le choix de la France de reconnaître la Palestine
01:51a été un instant décisif par rapport, comment dire,
01:54à la perception que peuvent avoir les Israéliens de notre situation au Liban, par exemple.
01:59Et là, malheureusement, il y a des négociations qui commencent aux Etats-Unis
02:02avec les Libanais et les Israéliens et on est éjectés.
02:05Donc, c'est la dernière déclaration de ce matin de l'ambassadeur d'Israël aux Etats-Unis.
02:08Donc, c'est cruel.
02:10Ambassadeur inculte.
02:11Nous avons eu un mandat entre les deux guerres.
02:13Le général Végan, il y avait un mandat français,
02:15ce qu'on appelait le Levant, à l'époque, qui était le Liban et la Syrie.
02:18Si, nous avons eu, à un moment donné, une présence française
02:20qui légitimerait qu'on puisse donner notre avis.
02:23Et un lien avec Israël qui a toujours été très fort.
02:25On a toujours soutenu Israël.
02:26Oui, on a toujours été présents au Levant,
02:28quel que soit Israël, etc., ou évidemment le Liban.
02:31Le premier, une espèce de distorciation qui s'est mise en place.
02:33Mais je me rappelle en 1996, quand j'avais été à Jérusalem avec le président Jacques Chirac,
02:37déjà, à ce moment-là, on voyait bien les tensions qui existaient.
02:39On faisait un choix qui était quand même un choix pro-Arab,
02:41même qu'il fallait probablement faire.
02:43Vous êtes à côté de lui quand il dit,
02:44« You want, I take the plane dans les rues avec le chef de la sécurité israélienne ».
02:49C'était vous, d'accord, c'est vous qui êtes derrière, d'accord.
02:51C'est extraordinaire, la scène est fabuleuse.
02:52C'est un moment incroyable.
02:53Et là, on voyait bien que le président Jacques Chirac souhaitait, en fait,
02:56modifier la trajectoire qui avait été mise en place.
02:57Il voulait renouer avec une politique arabe.
02:59Mais elle n'était pas nécessairement anti-israélienne.
03:01C'est vrai qu'Israël voit notre positionnement
03:03plutôt comme un positionnement, je dirais, en contre et pas comme un ami.
03:06Et ça, ça s'est dégradé au fil des années.
03:08Pourquoi ?
03:09Parce que les Américains prennent mal le fait
03:10qu'on veuille rentrer dans une espèce de précarité arabe.
03:13Donc tout ça, c'est extrêmement compliqué.
03:15Et c'est vrai qu'aujourd'hui, on en paye le prix
03:16et puis c'est rubis sur l'ongle.
03:18Parce que les Libanais, aujourd'hui, très concrètement,
03:20ils ne demandent pas nécessairement que la France assiste
03:22à ses entretiens aux Etats-Unis.
03:23Donc il y a une forme de distanciation du Liban,
03:27des autorités libanaises, non pas du Hezbollah,
03:29mais par rapport à nous.
03:30Donc c'est très compliqué, bien évidemment.
03:31Dites-moi, Pierre de Jong, la phrase du général de Gaulle
03:33dans sa conférence de presse de 67 qui avait fait couler beaucoup d'encre.
03:36Aujourd'hui, s'il y a bien un peuple sûr de lui,
03:39dominateur, c'est bien l'État d'Israël.
03:41Sûr d'eux, ils le sont.
03:42Et dominateur, ils le sont de façon même violente.
03:45Donc il ne s'agit pas du tout de faire de l'anti-israélisme.
03:47Mais est-ce qu'on n'est pas en train de se faire,
03:49j'allais dire, embarquer par M. Netanyahou, Bibi ?
03:53C'était mon humeur d'hier.
03:54Il s'engage, Trump qui ne veut pas rester en reste
03:57et qui aime bien la guerre finalement,
03:58parce que ça permet malgré tout.
04:00Et M. Netanyahou, il sait que quand il sera plus Premier ministre,
04:04il sera comme M. Sarkozy, il va passer devant la justice.
04:06Voilà.
04:07Donc est-ce qu'on n'est pas embarqué par deux fous de guerre
04:11avec des leviers très importants ?
04:13Et le Président Trump, c'est les leviers les plus importants
04:16de la puissance mondiale.
04:18Est-ce qu'on n'est pas de se laisser entraîner,
04:20malgré nous, et subir les conséquences ?
04:21Est-ce qu'il n'y a pas moyen de dire à un moment donné
04:23« Stop ! »
04:24Est-ce qu'il ne peut pas y avoir une...
04:25Ou aux Nations Unies, ou l'Union Européenne,
04:28ou même l'OTAN, en disant « On arrête »
04:31ou « Ce n'est techniquement pas possible ».
04:32C'est très compliqué, vous savez qu'en fait Israël, c'est Sparte.
04:35Donc en fait, étant Sparte,
04:36ils se sentent en situation agressée en permanence.
04:39Et c'est vrai que les pays arabes ne le reconnaissent pas.
04:41Le Liban n'a pas reconnu l'État d'Israël.
04:43Et donc l'Iran...
04:45Pourtant, ils discutent ensemble.
04:46Oui, bien obligé.
04:47L'Iran souhaite régulièrement détruire Israël.
04:50Donc en fait, Israël a le sentiment quand même
04:52d'être cerné et attaqué.
04:53Donc en fait, c'est une mesure défensive.
04:55Le problème, c'est que les moyens utilisés
04:57sont totalement disproportionnés par rapport à la menace.
04:59Alors encore une fois, l'histoire le dira progressivement.
05:02C'est vrai qu'aujourd'hui, moi, encore une fois,
05:03sur la séquence de Gaza,
05:08vraiment, ils ont été au pilon, comme on dit.
05:09Donc là, c'est vrai qu'on peut reprocher
05:11les 40 000 morts qu'il y a eu.
05:12Mais le deuxième point là, sur le Hezbollah,
05:14on voit bien que nous, les Français,
05:16c'est très compliqué.
05:17Pourquoi ?
05:17Parce que, un, on peut comprendre qu'Israël se défende
05:19par rapport au lancement de roquettes.
05:21Et Dieu sait s'il y en a en quasiment permanence
05:23sur le nord d'Israël.
05:24Donc ça, Israël réplique.
05:26Le problème, encore une fois,
05:27c'est que cette vocation,
05:28ce discours de dire
05:29on va occuper le sud du Liban
05:31pendant un certain temps
05:32pour pouvoir éviter ce lancement de roquettes,
05:34ça pose un énorme problème,
05:36un problème de souveraineté,
05:36un problème de positionnement.
05:38Malheureusement, le Liban risque,
05:39à l'issue de ce conflit,
05:41quelle que soit la fin de ce conflit,
05:42risque d'être totalement divisé
05:44entre les différentes religions.
05:47Il y a la Syrie qui n'est pas loin.
05:48Tout ça, ça crée un environnement
05:49extrêmement compliqué.
05:50Et le Liban, aujourd'hui,
05:51est au cœur de cette situation.
05:53Et malheureusement, je pense que nous,
05:54on ne joue pas notre rôle.
05:55Parce que l'armée française
05:56avait une mission il y a quelques années.
05:58Rappelez-vous, en 2024,
05:59il y a eu des accords.
06:00L'armée libanaisse devait théoriquement,
06:02comment dire,
06:03démanteler ou en tout cas,
06:04désarmer le Hezbollah.
06:05Ils n'ont pas pu le faire.
06:06Et même avant ça,
06:07l'immeuble du Dracar,
06:08on a quand même payé...
06:08Alors ça, c'est les 83.
06:09Voilà, mais enfin...
06:10Ça, c'est les Iraniens.
06:11Ça, c'est les Iraniens.
06:11Voilà, mais on a payé.
06:12Alors, donc, les Iraniens étaient bien sur place.
06:14On a quand même payé du sang de nos soldats
06:16cette présence pacifiante au Liban.
06:19Et aujourd'hui, on est out de tout.
06:21Est-ce que mon colonel,
06:23à force de se faire donner des leçons de morale
06:26et d'être interpellé par le président des Etats-Unis,
06:29lâcheur, on dit tout de suite,
06:31si on n'est pas qu'au labo,
06:32on ne remplit pas notre mission,
06:34c'est lui qui va au front,
06:35c'est lui qui va au baston
06:35pour prendre des coups à notre place.
06:36C'est un peu ce qu'il nous explique.
06:37Là, c'est l'ambassadeur d'Israël
06:39qui dit la France n'a pas à s'emmêler.
06:41Est-ce qu'il ne rêve pas à un moment donné
06:42que...
06:43Je pense que les Iraniens s'en garderont bien
06:45d'envoyer un missile sur un territoire européen
06:48de façon à ce que nous soyons une légitimité
06:50à rentrer dans ce conflit.
06:51Je pense qu'on dirait que Trump,
06:53à un moment donné,
06:53souhaiterait que l'Iran attaque la France ou l'Europe
06:55pour pouvoir dire,
06:56voyez, ils sont méchants,
06:57vous devez être de notre côté.
06:59Vous allez vite et loin,
07:00comme d'habitude,
07:02vous allez vite et loin,
07:02mais en même temps,
07:03c'est une espèce de projection
07:04sur ce qui peut éventuellement se passer.
07:05Maintenant, le problème,
07:06c'est un grand moment stratégique.
07:07On insiste aujourd'hui
07:08à la différenciation,
07:10à la séparation
07:10entre l'Europe et les Etats-Unis.
07:12L'Europe est un pays qui est jeune,
07:13les Etats-Unis,
07:14avec un président qui est très particulier.
07:17Aujourd'hui, il y a une forme de séparation.
07:19C'est quoi le grand moment qui va arriver ?
07:21C'est le 24 et 25 juin en Turquie.
07:23Vous avez le sommet annuel de l'OTAN
07:24et vous allez voir ce que vont faire les Etats-Unis.
07:27Aujourd'hui, les signaux sont extrêmement faibles.
07:30C'est vrai que la guerre en Ukraine
07:31avait permis de revitaliser
07:33la mécanique ou l'alliance atlantique.
07:35Mais à l'heure où on parle,
07:36j'ai le sentiment que Trump
07:38va faire des annonces extrêmement raides.
07:40Genre, messieurs, mesdames,
07:41vous pouvez prendre vos valises
07:42et vous pouvez partir.
07:43Donc, le départ des bases,
07:44la fin d'une présence américaine.
07:47Et que je sache,
07:47aujourd'hui, on a un problème avec les Russes.
07:50Et donc, aujourd'hui,
07:50on avait plus que jamais besoin
07:52d'avoir une amitié
07:53ou en tout cas une alliance
07:54avec les Américains.
07:55Prenons-le au mot.
07:56Chiche.
07:57Trump dit
07:58l'Amérique sortir de l'OTAN.
07:59Les Etats-Unis disparaissent de l'OTAN.
08:01Qui devient la première puissance militaire
08:02de l'OTAN, mon colonel ?
08:03Alors d'abord, un, il ne pourra pas
08:04parce que vous savez que la Constitution,
08:06en 2024, il ne pourrait pas.
08:07En même temps, il pourrait...
08:08Il pose tout, c'est ça qu'on leur connaît.
08:10Mais Trump pose tout,
08:11c'est ça qu'on leur connaît.
08:11Je veux juste que vous m'accordiez
08:12cette configuration.
08:13C'est la France.
08:14C'est la France.
08:15La France qui est dominante
08:16à cause du nucléaire
08:17et son armée qui,
08:18à l'heure où on parle,
08:19elle est petite,
08:20elle est entraînée,
08:21elle est motivée
08:22et c'est une bonne armée.
08:22Mais c'est une petite armée.
08:23Une armée à 225 000 hommes.
08:25Ça ne vous fait pas...
08:26Ça ne vous fait pas une bonne armée.
08:27Mon colonel, elle est la plus puissante.
08:29Est-ce que l'OTAN,
08:30sans les Etats-Unis,
08:30reste l'OTAN ?
08:31Est-ce que ce n'est pas l'occasion
08:32pour l'Europe
08:33et pour les restes pays de l'OTAN
08:35de dire,
08:35eh bien, on se passe.
08:36Alors, c'est le grand frère,
08:37c'est sûr que c'est lui
08:38qui a la force de frappe
08:38qui est le plus déterminant.
08:40Pourtant, l'OTAN,
08:41sans les Etats-Unis,
08:41ça reste une puissance militaire réelle.
08:43Ce n'est pas rien.
08:44Bien évidemment.
08:44Mais le problème de l'OTAN,
08:45c'est que 70% du matériel
08:47et du financement de l'OTAN,
08:48c'est américain.
08:49Ce qui veut dire
08:49que si demain,
08:50un matériel américain
08:51se désengage d'une façon ou d'une autre,
08:52on n'est pas obligé
08:53de quitter le système.
08:54On peut dire,
08:55voilà, écoutez,
08:55jouez votre truc dans votre coin,
08:57on verra plus tard.
08:58Donc, bilan de l'opération,
08:58il restera 30%.
08:59Dans ces 30%,
09:00la France joue en hôte
09:01extrêmement importante
09:02grâce à son amendement nucléaire
09:03et grâce à son armée.
09:04Ça, c'est le premier point.
09:05Le deuxième point maintenant,
09:06c'est l'Union européenne.
09:07On a un système qui est mou,
09:09qui est structurellement mou
09:10et qui rêve d'une armée européenne
09:11qui n'a aucun sens.
09:12Par contre,
09:12on peut penser à une France forte
09:14dans une Europe forte.
09:16Mais une France forte,
09:16le problème,
09:17on ne va pas démandibuler quelque chose,
09:18on ne va pas faire du partage
09:21de responsabilités.
09:21Aujourd'hui,
09:25est-ce qu'on est capable de le faire ?
09:26Militairement, je pense que oui.
09:28Politiquement,
09:28je ne suis pas tout à fait sûr.
09:30C'était le côté insidieux
09:31de ma question
09:31et vous m'avez vu venir.
09:32Est-ce qu'un départ,
09:34une rupture entre l'OTAN
09:35et les Etats-Unis
09:35peut engendrer indirectement
09:38la création d'une Europe de la défense ?
09:40Alors, en lien ou en osmose
09:41avec l'OTAN,
09:42peu importe.
09:43Mais est-ce que du coup,
09:43puisqu'on est abandonné
09:44par le grand frère,
09:46le président de la République
09:47a dit,
09:47il y a quelques années,
09:49l'OTAN est dans une...
09:51En est sa frère.
09:53De mort cérébrale.
09:54Mort cérébrale.
09:55C'est l'arrêt cardiaque
09:55si les Etats-Unis s'en vont.
09:57Eh bien, on renaît.
09:58Il y a une résurrection,
09:59on est à Pâques.
10:00L'OTAN renaît,
10:01mais en parfaite collusion,
10:03synergie et osmose
10:04avec l'Europe.
10:04C'est envisageable ?
10:05Oui, on peut envisager le problème.
10:07Aujourd'hui,
10:07cette situation a été envisagée
10:08par les Etats européens.
10:10Le problème,
10:10c'est le leadership
10:11et la compétition.
10:12Parce qu'avant,
10:13il y a encore quelques mois,
10:14quelques années,
10:15la France était leader.
10:15Elle avait un arme nucléaire
10:16indépendant, autonome.
10:18Ça fonctionnait.
10:18Les Anglais étaient en appui.
10:19Ils ont un arme nucléaire
10:21qui achète aux Américains.
10:22Ils sont les secondes,
10:22on est d'accord.
10:23Ils achètent aux Américains,
10:24donc ils n'ont pas autonome
10:25à 100%.
10:26Bref,
10:26le problème aujourd'hui,
10:28les Allemands disent
10:29qu'on veut la plus grande armée
10:30conventionnelle d'Europe,
10:31150 milliards de budget par an.
10:33Notre budget,
10:33à l'heure où je vous parle,
10:34c'est 52 milliards.
10:35Premier point, annuel.
10:36Deuxième point,
10:37la Pologne dit
10:37je veux la plus grande armée
10:38européenne d'Europe.
10:40Donc, on a déjà
10:41deux compétiteurs
10:41qui arrivent en disant
10:42les Français ont des problèmes,
10:44ont des problèmes budgétaires,
10:45ont des problèmes de politique.
10:46Le président Macron
10:47va quitter le pouvoir
10:48dans un an,
10:49il n'est pas dans la course.
10:52Donc, très concrètement,
10:53oui, on pourrait réfléchir
10:55à une armée européenne,
10:56encore une fois,
10:56avec un leadership français.
10:58Le problème,
10:58il est remis en cause actuellement,
11:00un, par les Allemands
11:01et deux, par les Polonais.
11:02Mon colonel,
11:02je ne veux pas jouer
11:03l'oiseau de mauvaise augure,
11:04mais une armée polonaise forte,
11:07oui,
11:08une armée allemande forte,
11:09ça me fait peur,
11:10mon colonel.
11:10J'ai peur d'une armée allemande forte.
11:12Alors, encore une fois,
11:13je suis resté sur des souvenirs
11:15que je n'ai pas connus.
11:17Il y a beaucoup de militaires,
11:18quand même le général Gallois
11:19et d'autres,
11:20ont dit,
11:21c'est très bien.
11:21D'abord, l'Allemagne,
11:22le fait de ne pas avoir d'armée,
11:23de budget d'armée,
11:24ça lui a permis
11:24d'être la première puissance,
11:25vous vous rendez compte ?
11:26Ne pas avoir un budget d'armée
11:27et se faire défendre par les autres,
11:29ça lui a permis
11:29d'être la première puissance économique.
11:31Je ne sais pas
11:31ce que deviendrait.
11:32Alors, je ne dis pas
11:33qu'on aura des panzers
11:36sur les Champs-Elysées,
11:37mais est-ce qu'une Allemagne
11:38avec une armée forte
11:40ne va pas lui dire,
11:41mais quelque part,
11:41est-ce que je ne recréerai pas ?
11:42Ce qui a failli se faire
11:43au moment de la réunification,
11:45eh bien, on sort de l'Europe
11:46et puis on se fait
11:47notre territoire à nous.
11:48Est-ce qu'une Allemagne
11:50avec une armée forte
11:51n'aurait pas la tentation,
11:52j'allais dire,
11:53la tentation de la solitude,
11:54la tentation de l'isolement,
11:57de l'individualisme germanique ?
11:58C'est la théorie de Bismarck,
11:59qui tient les terres,
12:00qui tient les mers.
12:01Et donc, cette position
12:02au mit à l'Europa,
12:03comme on dit,
12:04est une position stratégique majeure.
12:05Ils sont en même temps
12:06du côté russe
12:06et en même temps du côté...
12:08Mais c'est dans la RADN,
12:09c'est dans la RADN nationale.
12:10Est-ce qu'il n'y a pas un risque
12:11qu'on les laisse avoir
12:11une armée puissante
12:12qui dit, finalement,
12:13on va se débrouiller tout seul ?
12:14Alors, ce n'est pas impensable
12:14qu'il y ait des vélités
12:16d'autonomisation.
12:16Je n'irai pas jusque-là
12:17parce que les références historiques,
12:18c'est trop récent.
12:19On est en dessous du siècle,
12:21donc encore une fois,
12:22la jeunesse allemande,
12:22elle n'est pas du tout là-dedans.
12:24Mais c'est vrai qu'encore une fois,
12:25c'est le problème du leadership.
12:26Et le problème du leadership,
12:26il vient de quoi ?
12:27Il vient du fait
12:37d'augmenter de 8,5 milliards d'euros
12:40le budget de la Défense
12:41pour acheter des missiles.
12:42Donc aujourd'hui,
12:42on en est au stade
12:43et sachant que cette décision,
12:45en tout cas ce souhait
12:46de modifier la loi
12:47de programmation militaire
12:48est actuellement remis en cause
12:49par la Cour des comptes
12:50qui dit,
12:50est-ce qu'on en est capable ?
12:51Donc, vous voyez,
12:52quand on est endetté,
12:52on n'est pas dans le jeu.
12:53En tout cas,
12:53on est moins dans le jeu
12:54que si on ne l'était pas.
12:56On est endetté.
12:57Les Allemands sont moins endettés que nous.
12:59Ils ont une capacité d'investissement.
13:01L'histoire est écrite.
13:02Il n'y a même pas de sujet.
13:02On peut déclarer, déclarer,
13:04faire des choses, etc.
13:05Mais c'est comme ça.
13:07Le budget,
13:08les finances dominent le monde.
13:10Qui commande paye ?
13:10Donc aujourd'hui,
13:11on a ce problème-là.
13:12Il faut impérativement
13:13qu'on rétablisse
13:14l'équilibre budgétaire en France
13:16pour avoir des solutions
13:17politiques et stratégiques.
13:19On est quand même
13:19les coquets de l'histoire.
13:20Pas seulement au niveau
13:21du gouvernement Le Corneu.
13:22Merci, mon colonel,
13:23d'avoir été à l'antenne.
13:24Je sais que je peux compter sur vous
13:25pour venir nous décrypter
13:26des situations
13:27qui sont quelquefois complexes,
13:28mais vous avez toujours
13:29les mots qu'il faut
13:29pour éclairer l'horizon.
13:31A très bientôt.
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