00:00...
00:08Alain Di Crescenzo, bonjour.
00:09Bonjour.
00:09Je suis ravi de vous accueillir.
00:11A double titre, puisque vous êtes, comme tout le monde le sait,
00:13président de la CCI France, mais également récemment élu
00:16président de la Fédération Nationale des Caisse d'Épargne.
00:19Merci d'être avec nous.
00:21C'est un événement auquel vous venez traditionnellement ?
00:23Oui, je viens depuis que je suis élu, donc je viens.
00:27Et c'est donc la deuxième fois que je viens ici.
00:29Bien. Merci pour votre présence.
00:32Une première question très concrète.
00:33Dans un contexte de crise multiple qu'on vit, l'économie, nous, les patrons,
00:38les salariés, les citoyens, mais également de défiance institutionnelle,
00:41comment est-ce qu'on peut redéfinir collectivement nos priorités essentielles ?
00:46Les priorités essentielles, on ne les définit jamais tout seul.
00:49Vous savez, moi je suis un entrepreneur, il n'y a pas beaucoup d'incantations,
00:52il faut écouter les clients.
00:53Ça veut dire qu'il faut écouter nos concitoyens.
00:55Et nos concitoyens nous disent qu'il y a de l'essentiel pour eux,
01:00c'est de la santé.
01:03Dans la santé, il y a aussi de l'alimentaire.
01:05Il y a le logement qui est une énorme priorité, qui me paraît importante.
01:08Et puis la sécurité.
01:10Vous voyez, ce n'est pas très compliqué.
01:12Et puis on pourrait y ajouter les transports.
01:14Ça veut dire que ce qu'on nous dit là, c'est, bon, on voit bien toutes les ambitions qu
01:20'on peut avoir,
01:21mais focalisez-vous sur ce simple point.
01:23Et nous, concitoyens, on sera beaucoup plus heureux.
01:26On pourrait y passer deux heures, mais vous évoquez le fait de faire société
01:29et le rôle du public, du privé, dans la mobilité, dans la santé, dans ce qu'on mange, dans tout
01:34cela.
01:35C'est faire société, mais vous savez, quand on est entrepreneur ou quand on est banquier,
01:39on finance quoi ? On finance la société ou on produit des produits et des services pour la société.
01:45Donc, si vous voulez, on peut imaginer de grandes révolutions,
01:48mais se baser sur les besoins des clients, ça reste des fondamentaux solides.
01:52Un bon point de départ.
01:54Alors, vous venez d'intervenir et puis je vois que vous êtes venu également avec une étude.
01:57Alors, on va en parler parce que les Français et leur territoire,
01:59c'est directement corrélé à une table ronde sur laquelle vous participez aujourd'hui.
02:03Le retour du local, un fantasme.
02:05Alors, d'abord, peut-être on peut présenter votre étude et revenir sur cette table ronde,
02:09sur laquelle vous intervenez.
02:10Oui, mais je ne peux pas intervenir sans fantasme.
02:11Je crois que ça a été un fantasme, ça a été une ambition et là, c'est réalité.
02:15Je crois que c'est ça, si vous voulez.
02:16Je crois qu'il y a une grande progression et le Français veut du local, du territorial.
02:21Mais encore faut-il définir le territorial.
02:24Et le territorial, ce n'est pas géographique.
02:27Et c'est là qu'on peut un peu surprendre.
02:29C'est quoi alors le territoire ?
02:29C'est le cœur.
02:30C'est le cœur.
02:31Voilà.
02:31C'est le patrimoine, c'est les traditions.
02:33C'est là où j'ai aimé, là où je suis né, là où je me suis développé.
02:37C'est ça, le territoire.
02:38Mais ce n'est pas que là où je suis né, dans tous les cas.
02:40C'est divers.
02:41C'est ce qu'on appelle le territoire.
02:43Ensuite, le territoire, ce que nous disent nos concitoyens, c'est qu'ils aiment le blues.
02:48Alors, ils l'aiment, ils ont le blues.
02:50Pourquoi ?
02:51Parce qu'ils nous disent, les amis, si vous ne réagissez pas sur l'essentiel dont on vient de parler,
02:56à ce moment-là, on ne va pas y arriver.
02:58Voilà.
02:59Vous allez nous décevoir.
03:01Et donc, travaillez là-dessus.
03:03Ensuite, on nous dit, le territoire, ça se définit à 30 minutes.
03:07Et là, c'est très napoléonien, ce que je vous dis.
03:09Mais ce n'est pas à cheval.
03:10C'est quels que soient les moyens, 30 minutes pour accéder à de l'alimentation, à une pharmacie, à de
03:16la santé.
03:17Et notre étude nous dit aussi que quels sont les gens importants des territoires.
03:23Et qu'est-ce qu'on attend de ces gens en termes d'utilité ?
03:27Décider sur place, embaucher sur place, et bien sûr, produire sur place.
03:32Et le dernier point, peut-être, où on prend une grande leçon de l'essentiel,
03:35on leur dit, mais comment tu penses ton territoire ?
03:37Je le veux dans la biodiversité, je le veux responsable, mais à court terme.
03:43Je veux de la santé, je veux de la sécurité, je veux du logement et des transports.
03:48Voilà ce que nous dit l'étude.
03:49Et je crois que c'est génial parce que ça nous ramène sur les vrais baromètres,
03:54sur les baromètres de la vie et sur les baromètres de l'existentiel et de l'essentiel.
03:59Le thème de cette année, et là on parle de vous et peut-être un petit peu moins de ceux
04:02que vous avez interrogés.
04:03D'abord, combien de personnes vous avez interrogées pour cette étude ?
04:065 000.
04:065 000, ah oui.
04:07Donc c'est significatif.
04:08C'est significatif dans toute la France.
04:12Une question sur vous, Alain Dicreschenzo.
04:14Qu'est-ce qui compte pour vous ?
04:16Pour vous, en tant que président dans le segment bancaire, mais également de CCI France,
04:21qu'est-ce qui compte pour vous en 2026 ?
04:24Oui, je crois que c'est à peu près, je crois que c'est les mêmes choses, mais je ne
04:27vais pas employer les mêmes mots.
04:29Si j'étais, donc si je suis uniquement dans le nom de bancaire, je dirais de la proximité et de
04:37la coopération.
04:38D'accord ?
04:39Et si je suis dans l'entreprise, je dis proximité et ensemble.
04:44Alors proximité, c'est quoi ?
04:45Parce que je ne crois pas aux moyennes.
04:48Vous savez, on s'est trompé pendant un certain nombre d'années sur les moyennes.
04:52Tirer la quintessence d'un pays, c'est quoi ?
04:54C'est intégrer la diversité des territoires et non pas en faire une moyenne.
04:58Il faut prendre les plus de chacun et non pas les moyennés.
05:01Ça, c'est le point numéro un.
05:02Et ensemble, pourquoi ?
05:03Parce que le monde est dur.
05:06Et on peut toujours rêver, nous sommes en compétition, le monde est dur.
05:11Et si sur les challenges que nous avons en face de nous, le verdissement, les technologies, le bien-être, le
05:18vivre ensemble, on n'est pas collectif, on va échouer.
05:22Donc voilà, en proximité et ensemble, ça, c'est ce que je souhaite.
05:26Vous n'êtes pas obligé de répondre, Alain DiCrescendo, ce n'était pas dans cette interview.
05:29Je n'ai jamais pas répondu.
05:30Mais vous êtes en train de parler d'un, je ne sais pas moi, d'un grand soir des régions,
05:35quand vous parlez de local, de plus de décisions, de plus de proximité.
05:39On a en France des régions, on a des départements.
05:43Est-ce qu'il faut être plus proche ? Est-ce qu'il faut que certains pouvoirs soient délégués aux
05:46régions ?
05:46Oui, oui, moi je supporte la décentralisation.
05:48Voilà, tout en ayant une âme qui s'appelle une âme, comme le centre d'un métal, ou un squelette,
05:57ou une colonne artébrale qui est régalienne.
06:00D'accord ?
06:00Tout ce qu'on peut mettre en proximité, justement, pour dynamiser la diversité, c'est ça qui est important.
06:06Il faut le décentraliser et, par contre, il faut garder la justice, la police, la défense, les grands investissements d
06:14'avenir, le plan.
06:16Il faut le garder, donc, d'un niveau régalien.
06:19En tout cas, c'est ce que je crois et je pense que ça a fait étude ailleurs.
06:24Et donc, c'est bien de l'appliquer.
06:26Merci infiniment pour votre temps, Alain DiCrescendo.
06:28Merci.
06:28On vous souhaite une excellente journée à cette quatrième édition du Sommet pour la mesure d'impact.
06:32Oui, merci à tous.
06:33Merci beaucoup.
Commentaires