Pillages technologiques, cyberattaques et fuites de savoir-faire stratégiques... Loin des champs de bataille traditionnels, une compétition invisible menace désormais notre souveraineté économique. À l'heure de la mondialisation, nos entreprises sont au cœur d'une lutte d'influence où l'information est devenue la ressource la plus convoitée.
S'agit-il d'un simple défi technique ou d'un enjeu politique majeur pour l'avenir de nos industries ? Comment concilier ouverture économique et protection de nos intérêts nationaux face à ces nouvelles formes d'espionnage ?
🎙️ Intervenants :
Frédéric Charillon, professeur des universités en science politique, codirecteur du Centre Géopolitique Défense & Leadership de l'ESSEC Business School
Jean-Claude Gallet, directeur corporate anticipation, prévention et protection, groupe Michelin
Modérateur : Romain Gubert, grand reporter spécialiste des questions de renseignement au Point
#Géopolitique #Guerre #Défense #Conflit #Diplomatie #Souveraineté #Puissance #International #LePoint
S'agit-il d'un simple défi technique ou d'un enjeu politique majeur pour l'avenir de nos industries ? Comment concilier ouverture économique et protection de nos intérêts nationaux face à ces nouvelles formes d'espionnage ?
🎙️ Intervenants :
Frédéric Charillon, professeur des universités en science politique, codirecteur du Centre Géopolitique Défense & Leadership de l'ESSEC Business School
Jean-Claude Gallet, directeur corporate anticipation, prévention et protection, groupe Michelin
Modérateur : Romain Gubert, grand reporter spécialiste des questions de renseignement au Point
#Géopolitique #Guerre #Défense #Conflit #Diplomatie #Souveraineté #Puissance #International #LePoint
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00:15Merci, bonjour à tous. Je voulais aussi dire que l'un et l'autre ont publié un livre et je
00:20pense que c'est bien de le citer parce que ça va nous mettre tout de suite dans le ton.
00:23Frédéric Charillon, vous, vous avez écrit un livre qui s'appelle « Guerre d'influence, les états à la conquête
00:29des esprits » chez Odile Jacob et Jean-Claude Gallet, entre autres « L'éloge du courage » chez Grasset.
00:37Il y a une petite précision quand même pour Jean-Claude Gallet, c'est qu'avant d'être chez Michelin,
00:43Jean-Claude est général, il a dirigé la BSPP, c'est le sauveteur de Notre-Dame, pour ceux qui l
00:48'ont reconnu, on l'a vu sur les écrans en 2019.
00:55Et avant ça, dans cette carrière militaire qui l'a conduit à diriger les opérations ce fameux soir d'avril
01:012019, il a eu une autre vie. Il a été le patron du département géopolitique et contre-espionnage dans un
01:13service de renseignement extérieur français.
01:16Je ne dis pas le nom, mais vous aurez reconnu. Voilà, il risque, il va prendre la direction de l
01:22'école de guerre économique. Donc on a affaire à un des plus grands spécialistes de l'influence de cette guerre
01:29hybride dont on parle.
01:30Et puis un praticien concret qui a été sur le terrain. Et je pense qu'à eux deux, on peut
01:35avoir beaucoup de choses. On va essayer de faire une tournée de questions et je me permets de faire votre
01:41avocat sur les premières questions.
01:43Et puis après, on se garde un quart d'heure, dix minutes pour que vous puissiez à votre tour poser
01:49des questions.
01:50Peut-être une question pour l'un et l'autre. Dans l'ordre, on va peut-être démarrer par Frédéric
01:56sur la partie plus générale.
01:59La géopolitique, aujourd'hui, on le voit, n'est pas un objet lointain. Autrefois, on pouvait regarder des crises rangées
02:08derrière nos ordinateurs ou nos postes de télé.
02:12Aujourd'hui, une crise géopolitique, on voit qu'elle impacte les entreprises aussi. Bien sûr, les armées, bien sûr, le
02:20renseignement, bien sûr, les diplomates, mais aussi les entreprises.
02:24Le conflit actuel, on voit bien qu'il a des répercussions immédiates sur les entreprises. Qu'est-ce que ce
02:33fracas du monde ? Est-ce que les entreprises s'y préparent ?
02:37Et je poserai donc la même question à Jean-Claude qui, lui, le vit au quotidien dans une des grandes
02:42entreprises du CAC 40.
02:43Merci beaucoup. Merci pour cette invitation. Merci au point. Vous avez parfaitement raison. C'est une question qui est entrée
02:51dans la vie quotidienne, la géopolitique.
02:53Alors, ça fait longtemps que tout le monde s'intéresse à la géopolitique. Je maintiens mon micro très près parce
02:58qu'on a eu cette consigne tout à l'heure, mais ça résonne quand même.
03:02Et effectivement, on voit qu'il y a une appétence, d'abord des jeunes, des étudiants, beaucoup pour les questions
03:07géopolitiques, souvent romancées par la fiction, ce qui est une difficulté d'ailleurs.
03:14Parce que souvent, quand on veut faire prendre conscience des gens dans la société de la réalité de ces questions,
03:22aujourd'hui, la réalité géopolitique a dépassé la fiction.
03:24C'est-à-dire honnêtement, si on vous avait montré une série télévisée avec ce président américain-là, avec l
03:37'épisode du Hezbollah décapité par l'affaire des beepers et des talkie-walkie, même l'invasion de l'Ukraine et
03:44beaucoup d'autres choses,
03:45vous auriez dit, c'est pas mal, c'est très amusant, mais c'est intéressant, mais c'est quand même
03:51pas très vraisemblable. On est quand même loin de la réalité.
03:54Et pourtant, c'est la réalité. Donc ça, c'est une première difficulté, c'est-à-dire qu'il y
03:58a tout un public qui s'intéresse à la géopolitique, bien sûr, mais dès qu'on parle d'influence, d
04:04'intelligence, d'espionnage,
04:06on n'est pas toujours pris au sérieux parce qu'on nous regarde, je trouve bien que les étudiants, il
04:11est gentil, mais il regarde trop Netflix.
04:13Or, c'est la réalité. Alors, les entreprises, le général en parlera bien mieux que moi, mais je sais qu
04:18'il y a un baromètre que l'ESSEC avait publié il y a quelques mois,
04:22un baromètre géopolitique et business, et dans lequel on avait fait une petite enquête sur, justement, la perception par les
04:29entreprises,
04:29mais tout ça sous le contrôle, évidemment, du général qui pourra en parler beaucoup plus précisément. Ce qui en était
04:34ressorti, c'est que dans les entreprises,
04:36d'abord, il y a deux niveaux, il y a les PME et puis il y a les grosses boîtes.
04:40Les grosses boîtes connaissent, évidemment, parce que,
04:42elles sont au courant des dangers, elles se protègent, elles ont tout un système, souvent, d'ailleurs, informatique de protection
04:49de leurs propres ordinateurs, de leurs données, etc. Au niveau des PME, on est souvent, en France, en tout cas,
04:55très, très loin du compte.
04:57Ça, c'est le premier problème. Et même chez les grosses entreprises, il y a une prise de conscience tout
05:03à fait claire du problème,
05:06mais un peu un état de sidération. C'est-à-dire qu'on est souvent, en tout cas, dans les
05:10gens qui ont été rencontrés,
05:12on est plutôt sur une tendance, mon Dieu, c'est épouvantable, c'est horrible. Mais alors, qu'est-ce qu
05:17'on fait ? Que faire ?
05:18Nous sommes démunis. Ou, en tout cas, on cherche des pistes. Voilà. On en est un petit peu là.
05:22Donc, prise de conscience, c'est une première étape extrêmement importante. Chez un certain public, pas dans d'autres.
05:30Insouciance, chez d'autres. Subjugation, c'est les premiers. Donc, il reste à fédérer tout ça.
05:36Cette nouvelle donne. Et vous, Jean-Claude, comment vous l'appréhendez chez Michelin ?
05:42Je vais d'abord rebondir sur les propos du professeur Charillon. Oui, bien sûr, l'ensemble des entreprises sont impactées
05:51par les conséquences,
05:52la succession des crises géopolitiques. Mais je dirais que ce n'est pas nouveau. Oui, mais pourquoi ?
05:59Là, on est dans un lieu emblématique dont un des hommes politiques les plus influents de notre pays a été
06:09le créateur.
06:09C'est Richelieu. Et Richelieu, il démontre qu'il a cette vision du temps, du temps long, mais surtout, il
06:20est capable de croiser les différents horizons temporels
06:23qui sont ceux de la géopolitique. Je parle sous contrôle du professeur. L'immédiateté, le temps immédiatement après et surtout
06:31le temps long.
06:32Et Richelieu, dans la guerre de 30 ans, il illustre parfaitement cette capacité de grand homme d'État.
06:38Et le deuxième, c'est la connaissance. Grâce à son réseau d'informateurs, d'agents, de renseignements pour l'époque,
06:48il crée aussi de l'influence.
06:49Et parfois, dans la guerre de 30 ans, il se positionne dans un rapport du faible au fort. Donc oui,
06:55la géopolitique nous impacte,
06:57mais peut-être parce qu'on l'a oublié comme le spectre de la guerre. On l'avait oublié jusqu
07:01'en février, jusqu'à l'invasion de l'Ukraine.
07:04Les grands groupes sont probablement mieux protégés par rapport aux différents impacts sur la chaîne de valeur,
07:12par rapport aux tentatives d'espionnage économique. Mais cette menace-là, la géopolitique crée une forme de risque particulière.
07:26C'est une menace. C'est-à-dire que c'est un risque d'origine humaine, avec une dialectique, avec
07:31une stratégie qui dépasse la stratégie traditionnelle concurrentielle.
07:36Je reprends les mots du précédent chef d'État-major des armées, Gérald Burka.
07:40On est dans la plupart des groupes qui sont sur des secteurs technologiques à très haute valeur ajoutée,
07:47notamment ceux qui concernent la transition écologique.
07:52On n'est plus challengé. On n'est plus contesté. On est au stade d'après.
07:57On est dans des sphères d'influence ou d'action indirecte via des attaques cyber, de déni, de captation de
08:06données,
08:07via des attaques réputationnelles qui sont passées à un cran nettement au-dessus.
08:14Une question encore pour tous les deux. Comment on sort de cet angélisme ?
08:18Je crois que c'est le professeur Charillon qui décrivait l'Europe comme végétarienne dans un monde de carnivores.
08:25Est-ce que, et la question s'adresse à vous deux, les entreprises françaises doivent apprendre à être carnivores
08:30ou bien au contraire à faire de ce végétarisme une force ?
08:36Comment on sort de cet angélisme et comment on arrive à se protéger de ce monde de carnivores que Jean
08:42-Claude a décrit ?
08:43L'expression est de l'ancien ministre allemand, d'affaires étrangères, Sigmar Gabriel,
08:49qui avait dit qu'il ne faudrait pas que l'Europe soit le dernier herbivore dans un monde de carnivores
08:52parce que, effectivement, ça pourrait mal se terminer.
08:56Mais on a un problème en Europe, c'est vrai, avec l'acceptation de cette compétition.
09:02Un peu moins les Britanniques. Je me souviens qu'il y a quelques années, il y avait un rapport du
09:07Parlement britannique
09:07pour dire qu'on est dans un monde d'influence, d'intimidation même.
09:13Voilà, ce n'est pas la peine de grimper au rideau en disant c'est horrible, c'est ignoble, ils
09:17sont mauvais joueurs, etc.
09:18Il faut se lancer dans la compétition. C'est la règle du jeu aujourd'hui.
09:23Mais on a du mal en Europe avec ça.
09:26On a du mal à accepter d'abord pour nous l'influence, c'est quelque chose de pas démocratique,
09:30c'est quelque chose de sale, c'est quelque chose de mal.
09:32Les Américains ont réglé le problème depuis longtemps en appelant ça information.
09:36Ça au moins, ça règle le problème.
09:38Même nous quand on parle d'influence, d'abord on pense propagande,
09:40ce qui nous rappelle évidemment de mauvais souvenirs en Europe.
09:44Ce qui n'est pas vrai d'ailleurs, il y a une différence fondamentale,
09:47c'est que dans la propagande on cherche à provoquer une espèce de réflexe pavlovien
09:51et d'annuler tout esprit critique chez l'autre, créer une espèce de réflexe automatique,
09:56soit favorable, soit défavorable à quelqu'un ou à un groupe.
09:59Dans l'influence, il y a une transaction, chacun doit y trouver son intérêt,
10:04donc ça n'a rien à voir.
10:05Mais bon, nous Européens, on voit ça comme ça, influence égale propagande,
10:10et puis toujours ce côté un peu nuénant, c'est de la paranoïa, de voir le mal partout.
10:16Donc il faut d'abord éduquer les publics.
10:20Le problème c'est qu'il y a plein de publics.
10:22C'est rendu possible de les éduquer aujourd'hui par les réseaux sociaux qui permettent d'affiner.
10:25Mais il faudrait presque faire comme ceux qui attaquent,
10:29qui font de l'action hostile et déstabilisatrice sur les réseaux sociaux,
10:32qui eux ciblent parfaitement leurs différents publics.
10:35Il y a un discours qui est tout à fait formaté pour les jeunes,
10:38pour les jeunes de différentes catégories, pour les milieux professionnels,
10:42pour des gens de gauche, de droite, du centre, etc.
10:44Tout ça est parfaitement ciblé.
10:46Je pense que malheureusement, nous devons nous aussi faire une pédagogie,
10:50ce qu'on appelle l'esprit de défense, d'ailleurs.
10:53Souvent au ministère des Armées, on appelle ça l'esprit de défense.
10:55Ça fait partie de l'esprit de défense.
10:57Donc il y a une culture générale de l'influence qu'il faut faire passer auprès du grand public,
11:03sans provoquer la panique, évidemment, sans provoquer la paranoïa ou la suspicion de tout le monde.
11:09Mais il faut quand même apprendre aux gens à dire attention à ce que vous...
11:12Apprenez à questionner ce que vous voyez, ce que vous lisez.
11:16Ayez juste le réflexe de vous demander d'où ça vient, qui a écrit ça.
11:21Pourquoi ai-je rencontré brusquement cette personne, comme par hasard, à un moment précis de mon parcours ?
11:27Et bien entendu, il faut le faire aussi pour les entreprises.
11:30Et ça, c'est très difficile, mais il faut apprendre d'abord une espèce d'hygiène numérique aux gens,
11:35qui souvent font un peu n'importe quoi sur les réseaux sociaux.
11:37Et on pourrait en parler pendant des heures, mais le nombre de failles que nous créons par nous-mêmes,
11:42par une absence d'attention, c'est tout à fait énorme.
11:47Et puis, effectivement, essayez de dire aux gens, posez-vous la question.
11:51Quand vous êtes un chef d'entreprise ou quelqu'un qui tient une position importante dans une entreprise,
11:55et que comme par hasard, vous rencontrez à ce moment-là une personne qui est, comme par hasard,
12:00tout à fait intéressée par ce que vous faites, vous trouvez beau, merveilleux, fantastique,
12:03vous êtes certainement beau, merveilleux et fantastique,
12:05mais enfin, pourquoi aujourd'hui en particulier, et pourquoi cette personne ?
12:08Donc ça, c'est toute une pédagogie à faire, et ce n'est pas facile,
12:11parce qu'il ne faut pas non plus tomber, bien sûr, dans l'affolement, la panique, la paranoïa.
12:15Et ça, vous le faites, vous faites des formations à la vigilance.
12:19Comment on apprend ces réflexes dont Frédéric Charillon nous a parlé ?
12:25Là encore, je vais appuyer les propos du professeur Charillon.
12:28Je vais faire un parallèle avec la gestion de crise.
12:31Vous connaissez, je pense, tous les quatre phases qui amènent un échec en gestion de crise.
12:36C'est le déni, la procrastination, la sidération et la panique.
12:44Et là, je pense qu'on est entre la procrastination et la sidération.
12:49Le professeur, il a insisté sur un point qui est, à mon sens, essentiel.
12:54C'est le curseur entre la vigilance et la parano.
12:58Avec la paranoïa, on ne peut pas durer dans le temps.
13:02Avec la paranoïa, on va stigmatiser, on sort de nos valeurs, on sort de nos démocraties et on se construit
13:10par rapport à un autre.
13:11C'est-à-dire que la paranoïa, par exemple, un grand groupe du CAC 40 ne peut pas recruter des
13:15talents émergents, des hauts potentiels chinois, américains.
13:20Or, il en a besoin.
13:21Or, il en a besoin, bien sûr.
13:22Il doit s'ouvrir, il doit continuer à progresser.
13:27Pour répondre à votre question, c'est un peu le sens de ce colloque aujourd'hui organisé par le point
13:32« Tout passe par l'éducation ».
13:34L'éducation, c'est quoi ? C'est la sensibilisation au niveau d'une entreprise sur ce type de menace.
13:41Et qu'il y a un risque particulier.
13:44Le risque incendie, l'inondation, une crise qualité, ce sont des accidents.
13:50Il n'y a pas d'intelligence.
13:52Donc, c'est effectivement sortir de cette naïveté.
13:54Et la première ligne de défense, c'est l'homme et la femme.
13:58Pour préserver quoi ?
14:00Pour préserver, déjà, soi-même ne pas être approché, ne pas être recruté, mais aussi, surtout, pour protéger les données,
14:06les datas, les accès.
14:08Donc, ça passe par une série de sensibilisations qu'il faut calibrer au bon niveau pour éviter de tomber dans
14:15cette paranoïa, pour rester en vigilance.
14:18Ça passe par, vous voyez, ma fonction, anticipation, compréhension de la menace.
14:25Avoir ce temps d'avance de compréhension de la menace pour bâtir des programmes de sensibilisation qui ne soient pas
14:31sous pression pour éviter d'être sidéré et ensuite de paniquer.
14:36Prévention.
14:37La prévention, on n'est pas naïf.
14:40Au recrutement de jeunes collaborateurs ou d'autres collaborateurs, on procède à ce qu'on appelle à des due diligence.
14:46C'est-à-dire, on s'informe de manière complètement légale sur leur passé, leur CV.
14:53C'est mettre en place la prévention, ça se joue ou pas, la détection de ce qu'on appelle vulgairement
15:01un insider, c'est-à-dire quelqu'un qui trahit en quelque sorte son groupe pour alimenter une attaque cyber
15:06ou une attaque réputationnelle, par la précocité de la détection.
15:10Vous voyez, c'est un peu comme un feu.
15:13Si vous ne le détectez pas de manière précoce, c'est une grande catastrophe.
15:19Et dans la prévention, il y a bien sûr l'entrée lorsqu'on recrute une personne, mais il y a
15:26aussi la sortie d'un cadre qui peut s'estimer être frustré, avoir été l'objet d'arbitrages collatéraux qui
15:37l'ont mis sur la touche et qui peut être tenté de passer plus loin que la concurrence.
15:44J'en dirais pas plus.
15:47Et la protection, c'est une capacité de traitement d'un incident, quel que soit l'origine, traitement à l
15:54'origine du vol de données, etc., ou d'attaques réputationnelles.
15:58Et surtout, quelque chose qu'on oublie, qui n'est pas trop dans notre culture française, à part dans des
16:04institutions comme l'armée, c'est le retour d'expérience pour faire vivre une mémoire opérationnelle
16:09et pour expliquer et donner du sens à ce type de mesures. Parce que si ces mesures ne sont pas
16:16prises en transparence, on n'a pas, ce qu'a souligné le professeur Cherillon, on n'a pas cette adhésion
16:21active.
16:23On a l'impression, question pour l'un et l'autre aussi, que contrairement à nos compétiteurs américains, russes, chinois,
16:31pour ne parler que d'eux,
16:32l'Europe et en particulier la France, n'arrivent pas à faire l'alliance entre le régalien, l'État, et
16:42ses entreprises.
16:43Ce que je veux dire, c'est que quand vous avez des compétiteurs dans l'aéronautique américain, vous avez toute
16:50la machine militaro-industrielle,
16:53ou d'État profond, ou d'État tout simplement, qui vient en appui. C'est évidemment la même chose pour
16:59les Chinois et pour les Russes.
17:02Pourquoi, finalement, alors qu'un pays comme la France, qui a de très grandes entreprises qui rayonnent sur le plan
17:10mondial,
17:10on a l'impression qu'elles sont délaissées. Alors si, j'imagine qu'un cadre supérieur de Michelin peut avoir
17:15l'appui de l'ambassade.
17:17Mais on ne parle pas de ça. On parle d'un appui en termes d'informations, avec des informations qui
17:26sont offertes au monde de l'entreprise,
17:28alors même qu'elles sont produites par l'État, et puis d'accompagnement, parfois, d'influence, pour estimer que les
17:35avions américains sont les meilleurs.
17:38Ce qui n'est pas le cas, en l'occurrence, on l'a vu ces derniers mois.
17:43Pourquoi, finalement, le monde de l'entreprise et la sphère régalienne ne se parlent pas et n'avancent pas dans
17:49le même sens,
17:51même s'ils ont cette conscience du drapeau évidente ?
17:55Je pense qu'elles se parlent, ces sphères, mais il y a peut-être plusieurs défauts, un peu typiquement français,
18:04sur lesquels nous devrions travailler,
18:06qui sont un peu récurrents. Je me souviens, il y a une éternité, dans une autre vie, je faisais ma
18:11thèse doctorale,
18:13et j'ai interviewé pas mal de gens dans l'entreprise, justement, sur l'international, le risque, etc.
18:19Et je voyais les malentendus qu'il pouvait y avoir de part et d'autre, entre les diplomates d'un
18:24côté, le monde de l'entreprise.
18:25Alors, ils se parlent, et ça a beaucoup progressé depuis, ils se parlent, on voit maintenant des présidents de la
18:33République
18:33qui partent avec des chefs d'entreprise dans leur bagage.
18:36Ça se voit très bien, comme les Américains l'ont fait, beaucoup plus que nous, mais nous le faisons aussi.
18:42En revanche, c'est peut-être pas suffisamment systématique.
18:46Ça reste souvent...
18:48Nous n'avons pas véritablement une instance régulière, permanente, pour que la réflexion soit décloisonnée.
18:56Il y a le monde de l'entreprise, il y a aussi le monde académique.
18:58Oui, bien sûr.
19:00On est encore trop tributaires, je crois, en France, des connexions personnelles.
19:05Alors, il y a des chefs d'État, il y a des diplomates, il y a des chefs de département
19:08dans les ministères
19:09qui écoutent des chefs d'entreprise, qui écoutent des universitaires ou des experts parce qu'ils les connaissent.
19:16Donc, ils les consulent de temps en temps.
19:18Nous n'avons pas, c'est un vieux débat, nous n'avons pas, par exemple, l'équivalent du National Security
19:22Council américain,
19:24c'est-à-dire quelque chose qui permettrait, le général Gaët zait tout à l'heure quelque chose d'extrêmement
19:28important,
19:29c'est-à-dire l'anticipation.
19:30Il faut anticiper et pour anticiper, il faut quand même un peu avoir une visibilité, il faut se réunir régulièrement,
19:36il faut avoir une feuille de route, il faut qu'on se voit dans une instance qui nous oblige à
19:40nous voir
19:41et pas juste quand un décideur dit, tiens, je vais inviter monsieur Machin à venir me voir à la sortie
19:46du bureau.
19:47Il faut quelque chose de plus institutionnalisé que ça.
19:50Donc ça, ça manque.
19:52On a un défaut un peu français aussi, semble-t-il, qui est que nous voyons l'influence comme d
19:58'abord de la culture.
20:00D'ailleurs, quand j'ai fait ce livre sur l'influence, je suis allé interviewer pas mal de décideurs
20:06et j'étais d'ailleurs stupéfait de voir que personne n'avait vraiment défini l'influence.
20:11On commençait à créer des directions de l'influence un peu partout,
20:14parce qu'on avait compris qu'il se passait quand même quelque chose.
20:16Il y a eu un tournant en 2016, quand même, l'élection de Donald Trump et le Brexit,
20:21deux consultations électorales qui ont bouleversé quand même pas mal de choses dans le monde occidental
20:26et avec des résultats auxquels on ne s'attendait pas, on pouvait s'y prévoir, on pouvait s'y attendre
20:32pour le Brexit,
20:33et sur lesquels on a trouvé quand même pas mal d'interventions extérieures,
20:37sur lesquelles il y avait beaucoup d'empreintes digitales russes.
20:40On a compris à partir de ce moment-là qu'il se passait quelque chose,
20:42donc on a créé un peu des directions de l'influence, mais on n'a pas défini l'influence.
20:47Et quand j'ai fait pas mal d'entretiens, j'ai réalisé qu'il y avait beaucoup de gens dans
20:52les milieux diplomatiques et autres
20:53qui considéraient que l'influence, c'était le rayonnement, ce qui n'est pas du tout la même chose.
20:58Le rayonnement, c'est être connu dans le monde, alors tout le monde connaît la Tour Eiffel, la Côte d
21:02'Azur,
21:04l'art de vivre, Edith Piaf, Catherine Deneuve, voilà, c'est très bien, c'est formidable.
21:08Mais l'influence, il s'agit de changer des comportements.
21:10Il s'agit de faire en sorte que justement un pays qui n'avait pas envie d'acheter nos produits
21:16finisse par changer de comportement et achète nos produits.
21:19Ou qu'un pays qui essaye de persuader un pays de voter avec nous aux Nations Unies
21:23ou au moins de ne pas nous condamner aux Nations Unies.
21:27L'influence, ça consiste à faire changer des comportements.
21:30Et on est un peu trop dans le rayonnement, c'est-à-dire nous avons une bonne image,
21:35tout le monde connaît notre marque, donc nous sommes contents.
21:38Pour terminer rapidement, il y a un vieux bouquin d'un monsieur qui s'appelait Charles Cogan,
21:42qui était un ancien de la CIA et qui était ensuite un professeur d'université aux Etats-Unis,
21:47qui avait écrit un bouquin tout à fait extraordinaire qui s'appelait
21:50Dealing with la Grande Nation.
21:53Et c'était un peu sur les méthodes françaises de négociation.
21:57Et lui, il était effaré parce qu'il dit que c'est extraordinaire avec vous les Français.
22:00On a l'impression qu'à partir du moment où, dans une négociation, on vous dit
22:03« Ah, quand même, votre raisonnement, il est vraiment brillant.
22:05Vraiment, vous êtes très fort, vous êtes très brillant.
22:07Ça suffit, vous êtes content. »
22:10Et quand on dit « Oui, mais vous voulez quoi ? C'est quoi votre point de vue ?
22:14Vous voulez négocier quoi ? »
22:15On vous dit « Non, mais vraiment, merci beaucoup.
22:16Oui, j'ai été brillant, c'est vrai, merci. »
22:18Et on ne comprend pas.
22:20Et ça, je crois que c'est tout de fait notre problème entre le rayonnement et l'influence.
22:23On oublie que l'influence, ça consiste à faire changer des comportements, notamment
22:28d'ailleurs pour vendre, pour exporter, etc.
22:30Vous avez été brillant.
22:31C'est la phrase qui fait l'aimer.
22:32Mais peut-être pas influent non plus.
22:36Jean-Claude, vous voulez mesurer.
22:39Comment ça se passe dans une grande boîte du CAC 40 sans faire le procès de l'entreprise
22:44dans laquelle vous bossez et qui a des performances exceptionnelles ?
22:47Mais est-ce que vous voyez cette culture chez les cadres dirigeants ?
22:52Ou bien, ils sont sur leur segment de performance, on leur demande d'être performants, et sans
22:59cette vision, justement, d'appréhender ce que ça veut dire que l'influence, ce que
23:05ça veut dire que la gestion du risque, ce que ça veut dire que le risque répuditionnel,
23:09etc.
23:11Pour me préserver, je vais répondre de manière générale, et je vais poursuivre les propos
23:17du professeur Charillon.
23:19En fait, ta question, Romain, c'est la clé du succès, mais je vais évoquer sur un mode
23:25défensif.
23:25Si on n'arrive pas à créer un continuum entre les acteurs régaliens, institutionnels,
23:34les opérateurs privés économiques des grands groupes du CAC, l'ETI en passant par la
23:40PME, et puis aussi le monde universitaire qui travaille sur ces questions, on va avoir
23:47des angles morts.
23:49On ne partagera pas le même niveau de compréhension de la menace, des influences étrangères, voire
23:57des ingérences, donc on n'adaptera pas au bon moment la riposte ou les mesures de protection.
24:05Et ce partage de connaissances dans un monde où la connaissance est le pouvoir, le savoir,
24:12parce que c'est difficile à acquérir, c'est ce qui permet de se différencier, je pense
24:19que nous avons des progrès à réaliser pour, je vais utiliser deux autres C, la convergence,
24:27la cohérence, éviter ces angles morts.
24:30Et j'opposerais presque le droit d'en savoir, qui est une phrase clé du contre-espionnage,
24:37au besoin d'en savoir.
24:39Parce que derrière c'est l'agilité, on retombe toujours sur le même cycle vertueux
24:44du succès, c'est l'agilité, c'est la rapidité de compréhension, donc de décision,
24:51donc d'action, et pas forcément que de réaction.
24:55Quand on est en réaction, on a déjà un temps de retard, et je dirais que la partie
24:59est en partie perdue.
25:03On peut mieux faire, mais on est beaucoup aidé dans nos activités, je parle de protection
25:08du patrimoine, des joyaux de l'entreprise, d'abord par la Direction générale de la
25:13sécurité intérieure, la DGSI, ensuite pour les entreprises qui dépendent de l'industrie
25:21de défense, par la Direction de renseignement, sécurité et défense, DRSD, par l'ANSI,
25:26bien sûr.
25:27L'ANSI, c'est l'agence qui s'occupe des attaques cyber, et dans une moindre mesure,
25:32quand on a une attaque, enfin une moindre mesure, quand on a une attaque spécifique,
25:37je dirais d'ordre économique, c'est le CIC qui est à Bercy.
25:41Donc il y a quand même tout un écosystème, il y a une communauté.
25:44Maintenant, pour répondre à ta question sur le monde de l'entreprise, oui, en fait,
25:50on a une prise en compte de toutes ces problématiques.
25:55Depuis 2020, on enchaîne quand même les crises.
25:59Il y a la pandémie, il y a eu la crise des containers, il y a eu un coût exorbitant
26:07de l'énergie, il y a la guerre en Ukraine, et je pourrais poursuivre.
26:12Le seul problème, c'est que la guerre en cours, là, accumule toutes les conséquences
26:18de ces crises et de ces guerres précédentes dans un délai extrêmement court.
26:24Donc l'entité qui ne s'est pas préparée, qui n'a pas anticipé sur la supply chain,
26:29qui n'a pas compris que la valeur marché financière, etc., au niveau de ses acquisitions
26:34de matières premières, il fallait peut-être raisonner avec d'autres critères dimensionnants,
26:39elle va éprouver probablement de grandes difficultés.
26:41Donc, effectivement, c'est un travail de pédagogie, d'où la nécessité, à mon sens,
26:46de créer, au niveau de chaque groupe, un conseiller géopolitique.
26:54Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
26:56La plupart des groupes, on voit apparaître dans le monde universitaire,
27:00notamment dans les écoles, les grandes écoles de commerce.
27:02Je crois que ce matin, vous avez vu l'ESSEC, il y a une chaire...
27:06Qui est le partenaire de ces journées aussi.
27:08Donc, il y a une cohérence, il y a une continuité.
27:11Il y a la création d'une chaire et d'une formation dédiée.
27:14C'est nouveau et je cherche dans la salle, là.
27:18Mais je pense qu'il y a un engouement pour placer...
27:22Alors, ça concerne...
27:23En fait, au sein de l'entreprise, une entreprise, c'est aussi en silo.
27:26C'est-à-dire que cette forme de gestion de crise ou d'anticipation,
27:30ça ne doit pas être que le directeur de la sûreté.
27:32Ça doit être l'intelligence économique, ça doit être les affaires publiques,
27:35en termes d'influence, ça doit être la communication en termes d'attaques réputationnelles,
27:39la supply chain, bien sûr, les achats, etc.
27:44Donc, on doit vraiment décloisonner.
27:46Je dirais que cette capacité à comprendre fait partie maintenant du socle minimal de chaque décideur.
27:54Sur le risque qui pèse sur les entreprises, il y a un risque nouveau qui, à mon avis, est très
27:59important.
27:59C'est le risque d'extraterritorialité, notamment de la justice américaine,
28:03qui a condamné beaucoup de nos entreprises françaises et d'entreprises européennes.
28:11Est-ce que c'est quelque chose qui, finalement, pourrait être assez aisément copié ou reproduit,
28:19mais on ne le fait pas, sauf peut-être la Commission européenne sur des histoires de concurrence peut sanctionner Microsoft
28:24ou Google,
28:25mais on voit que nos banques, nos grandes entreprises industrielles,
28:31sont fréquemment condamnées par la justice américaine à des sommes colossales.
28:34Est-ce que ça, c'est quelque chose sur lequel les entreprises, les pouvoirs publics,
28:39peuvent essayer de contribuer pour justement avoir au moins les mêmes armes ?
28:46La question, c'est de savoir si on a intérêt à faire ça,
28:50c'est-à-dire à nous lancer, nous aussi, dans ce genre de pratiques de sanctions extraterritoriales
28:54et se poser la question de savoir si ce n'est pas très contre-productif, y compris pour les États
28:58-Unis.
28:59Il faut qu'on ait des armes, ça c'est sûr.
29:01Il faut que nous ayons des armes pour riposter si on nous le fait.
29:04Mais est-ce que nous, nous avons intérêt à nous lancer dans l'affaire des sanctions extraterritoriales ?
29:09D'abord parce qu'effectivement, le monde, les règles du jeu changent tout le temps,
29:13parce que le monde change tout le temps, le général vient de le dire.
29:15On a des chocs successifs, effectivement.
29:18Il y en a un par an, pratiquement, depuis le Covid.
29:20Il y en a toujours eu, parce qu'il y a eu d'abord le choc de la fin de
29:23la guerre froide,
29:23à laquelle peu de gens s'attendaient.
29:25Il y a eu ensuite plein de choses.
29:28La l'ex-Sougoslavie qui explose.
29:30Avant ça, la guerre du Koweït, 91.
29:3211, que sais-je encore, ça recommence avec un nouveau cycle,
29:36avec les attentats du 11 septembre 2001.
29:38Ensuite, un peu plus tard, on a les printemps arabes.
29:41Là, depuis 2020, depuis 2021, c'est tous les ans.
29:44On a la crise du Covid 2020-2021.
29:47On a l'invasion de l'Ukraine en 2022.
29:49Gaza en 2023.
29:50Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2024.
29:53Cette droite douane en 2025.
29:55Sa guerre en Iran en 2026.
29:57Donc, il faut faire très attention avec les outils, on va dire, extraterritoriaux,
30:02parce que sinon, il risque de nous arriver un peu ce qui est arrivé aux Américains.
30:04C'est-à-dire que trop, nous, on dit toujours, trop d'impôts tue l'impôt.
30:07Je pense que trop de sanctions tue la sanction.
30:10Les États-Unis ont choisi d'utiliser d'abord le dollar comme arme internationale,
30:16de « weaponiser », comme disent les anglo-saxons,
30:21de transformer en arme le dollar
30:24et de sanctionner les entreprises qui commerceraient avec des pays qui ne leur plaisent pas.
30:30C'est une vieille affaire.
30:30Ça a 30 ans.
30:32C'est 96, les lois d'Amato...
30:34Non, 86, c'est 40 ans.
30:36Les lois d'Amato-Kennedy et Helms-Burton.
30:39C'était contre Cuba, la Libye et l'Iran.
30:41Bon, ensuite, il y a eu toute une ribambelle de pays qui ont été touchés.
30:45La Corée du Nord, même le Zimbabwe, le Nicaragua,
30:48bien sûr la Syrie, bien sûr.
30:52Le problème, c'est qu'on le voit aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe au Sud,
30:56dans les pays dits du Sud global.
30:58Je n'aime pas trop cette expression du Sud global,
31:00parce que je ne suis pas sûr qu'il soit si global que ça, le Sud.
31:03Je ne suis pas sûr que le Bangladesh et les Émirats arabes unis soient tout à fait la même chose.
31:06Mais bon, admettons, on parle aujourd'hui du Sud global.
31:09Les pays du Sud sont en train de se réorganiser pour se mettre à l'abri de ça.
31:13Donc, ils sont en train de dé-dollariser leurs économies
31:16et ils sont en train d'essayer de se découpler le plus possible des États-Unis,
31:22précisément pour éviter de subir les caprices d'un président américain.
31:26Or, face à ça, nous, nous incarnons une certaine stabilité.
31:29Et d'ailleurs, je crois qu'il faut vendre cette carte.
31:32L'Europe est prévisible.
31:34Suivez mon regard par rapport à d'autres présidents outre-Atlantique.
31:39Nous sommes prévisibles.
31:41Et même la Chine, d'ailleurs, joue cette carte aujourd'hui.
31:43On est peut-être durs en affaires, tout le monde le sait,
31:45mais au moins, avec nous, il n'y aura pas de surprise.
31:47Alors qu'à Washington, ce n'est pas sûr.
31:49Bon, donc, je ne suis pas sûr que nous ayons intérêt, nous, à suivre ce mouvement,
31:53de dire, nous aussi, nous allons faire des sanctions extraterritoriales,
31:55parce que je crois que ce n'est pas une bonne chose, y compris pour les États-Unis.
31:58En revanche, effectivement, il faut que nous ayons des moyens de représailles
32:02à chaque fois qu'on nous le fait.
32:03Ça, oui.
32:04Et vous, pardon, allez-y, allez-y.
32:07Je vous poserai une question sur, dans l'entreprise,
32:09comment on construit des mécanismes de riposte,
32:12notamment sur le cyber, sur les attaques répustationnelles.
32:16Je vais rester sur l'extraterritorialité.
32:19Hier, c'était l'extraterritorialité US.
32:23Aujourd'hui, c'est l'extraterritorialité chinoise.
32:26Et demain, c'est probablement celle de l'Inde, par effet miroir.
32:29Alors comment un groupe, en fait, d'où l'intérêt d'avoir une compréhension géopolitique,
32:34peut trouver un chemin pour ne pas être otage des tensions, par exemple, sino-américaines ?
32:39Si vous voulez rester et produire en Chine,
32:41et que vous avez un SI, un IT, un décomposant américain,
32:46vous êtes presque contraint de faire un choix.
32:50Donc, ce qu'on appelle un dérisquage, un découplage, comment on procède ?
32:53Si vous n'avez pas cette capacité à anticiper ces décycles de 3-4 ans,
32:58qui ont un coût financier,
33:02vous vous condamnez, tout en étant un groupe français, européen, neutre,
33:09pratiquement à choisir un camp du géopolitique.
33:15Donc, au-delà de la sanction, c'est aussi des choix d'implantation,
33:20des choix d'investissement en termes d'IT, qui sont coûteux,
33:23et là aussi, il faut avoir une capacité à se projeter sur des cycles de 4 à 5 ans.
33:30Maintenant, ta question, c'était sur...
33:32Comment un grand groupe crée dans le monde dans lequel on est,
33:35crée des ripostes, ou en tout cas se protège,
33:38non, pas crée pas des ripostes, ça c'est aux états de le faire,
33:41enfin, à moins que, mais non, comment crée des protections,
33:45en matière cyber, en matière réputationnelle,
33:47est-ce que les risques sont identifiés,
33:50ou vous apprenez tous les jours,
33:52parce que le monde change,
33:54et on voit bien qu'il y a de nouvelles formes d'agression
33:57qui s'inventent au quotidien,
34:00comment vous, vous vous armez pour réagir,
34:05et surtout ne pas être pris au dépourvu ?
34:07La richesse de tous groupes, bien sûr,
34:10ce sont les hommes et les femmes qui le composent,
34:12mais c'est en même temps un facteur de fragilité potentielle,
34:16c'est-à-dire de retournement par un concurrent,
34:19par une puissance étrangère,
34:21par...
34:23par une... la criminalité aussi,
34:25par des activistes,
34:27voire même une radicalisation.
34:29Donc là aussi, c'est...
34:31c'est une manœuvre qui ne peut pas se faire,
34:33entre guillemets,
34:33c'est un concept,
34:34c'est une doctrine qui ne peut pas se faire la sûreté seule.
34:38C'est-à-dire que c'est une manœuvre déjà
34:40qui ne peut développer un esprit de responsabilité managériale,
34:44ce qui est un peu compliqué dans notre époque,
34:46d'avoir des managers
34:48qui aient la plénitude d'une part du management,
34:51et ensuite qui soient pleinement...
34:52enfin, responsables et conscients de l'être.
34:54Ce sont bien sûr les RH,
34:56c'est le légade,
34:58donc la partie judiciaire,
35:02la sûreté,
35:03et puis tout ce qui est entité business.
35:07Ça passe par, en fait,
35:10une série de mesures
35:12conduites en transparence
35:14qui restent dans un cadre strictement légal
35:19qui permettent déjà de ne pas recruter,
35:23je dirais, quelqu'un qui au départ
35:25a des visées, je dirais,
35:27nuisibles, négatives,
35:28mais aussi à l'accompagner tout au long de sa carrière,
35:31surtout si c'est un ressortissant
35:35qui appartient à un pays
35:36qui est particulièrement agressif
35:38dans le domaine de l'espionnage.
35:40Ça passe par une détection
35:42d'anomalies comportementales,
35:44je pense à la radicalisation,
35:48ça passe aussi par une détection rapide
35:52d'une anomalie cyber,
35:54extraction de données,
35:56et ça passe par un dialogue permanent
35:58tout au long de la carrière,
35:59notamment quand la personne
36:01occupe un poste sensible,
36:03ça veut dire qu'il faut faire une priorisation,
36:04parce qu'on ne peut pas tout couvrir.
36:06C'est-à-dire qu'il faut avoir un raisonnement,
36:08il faut avoir, encore une fois,
36:10une compréhension de la réalité de la menace
36:13sans verser dans la climatisation
36:16ni la paranoïa.
36:18C'est vraiment un exercice d'équilibre
36:20parce que derrière, qu'est-ce qu'il y a ?
36:21Et ce qu'il y a plus précieux pour un groupe,
36:24quelle que soit sa taille,
36:25c'est le contrat de confiance
36:27entre les collaborateurs,
36:28le top management
36:29et la cohérence avec la raison d'être du groupe.
36:31Ça, ce n'est pas facile à aligner,
36:34surtout quand on est confronté
36:36à des activités, je dirais,
36:38inusibles, malignes, etc.
36:41On peut peut-être,
36:42il nous reste 11 minutes
36:43et je sais qu'il y a d'autres intervenants
36:46derrière nous.
36:46Est-ce que vous avez des questions
36:48pour poursuivre cet échange
36:50ou bien je continue à me faire
36:51votre porte-parole collectif ?
36:57Madame, oui, pardon.
36:58Et puis derrière, monsieur,
37:00et puis je n'ai pas regardé de ce côté,
37:01mais on a deux questions.
37:03Un petit peu plus haut dans l'escalier,
37:04après, madame, peut-être.
37:24Merci.
37:26Bonjour, merci pour vos interventions passionnantes.
37:30Vous avez évoqué surtout la question,
37:32vous venez de l'évoquer d'ailleurs,
37:34la question du recrutement,
37:35la question de la monitorisation,
37:38je ne sais pas si c'est le terme,
37:39en tout cas d'une carrière,
37:40de ce contrat de confiance.
37:42Je voudrais vous entendre un tout petit peu
37:43sur les risques liés
37:44plutôt à l'exportation,
37:46au transfert de technologies,
37:49dans un monde justement
37:50où la géopolitique,
37:51la réalité géopolitique,
37:52évolue très fortement.
37:54Comment cette capacité d'anticipation
37:57dans le cadre de contrats
37:59qui ont trait à l'étranger,
38:02voilà comment ?
38:03Je voulais vous entendre là-dessus.
38:04Merci.
38:05Je réponds.
38:06Oui, merci de cette question
38:08parce que j'ai fait un oubli.
38:09J'ai oublié le terme compliance
38:11qui est aussi un des acteurs
38:12par rapport effectivement
38:13au contrôle export.
38:15Donc là aussi,
38:16ça passe par une capacité,
38:18je dirais,
38:19intelligence économique,
38:21c'est-à-dire investigation d'intelligence
38:23pour bien s'assurer
38:24que l'acteur ou le pays,
38:27d'ailleurs,
38:28pour détecter les failles,
38:29voire le contournement potentiel
38:31de sanctions.
38:32C'est un gros travail de fond,
38:33c'est un travail de bénédictin,
38:35c'est un gras,
38:36mais c'est toute la réputation du groupe,
38:37notamment quand vous êtes soumis
38:39à l'extraterritorialité,
38:41même s'il faut rester cohérent
38:43par rapport à l'éthique des choix,
38:44etc.
38:45Donc c'est un travail qui est conséquent,
38:47c'est un sport de masse,
38:48donc vous retrouvez l'accompagnance,
38:50la sûreté,
38:51la partie IUE,
38:53la stratégie.
38:56Et c'est des enquêtes
38:57assez conséquentes.
39:01Monsieur ?
39:01Oui, bonjour,
39:02Général Le Chevalier,
39:03l'officier général en deuxième section.
39:05Une question,
39:06c'est peut-être un mot tabou
39:07qu'on n'en parle pas beaucoup,
39:07vous avez parlé d'influence
39:08sur les changements de comportement,
39:11je n'ai pas entendu le mot
39:12de guerre cognitive,
39:12à savoir qu'il s'agit d'agir
39:14sur les processus décisionnels
39:15des entreprises,
39:17des centres de commandement,
39:18et du comportement aussi,
39:19donc c'est un peu le même mot,
39:20en quelque sorte.
39:21Votre avis là-dessus,
39:22sur la guerre cognitive ?
39:23Frédéric Charles.
39:24Oui, mais bien sûr,
39:26les guerres d'influence
39:27comprennent tout ça
39:28et encore bien d'autres choses,
39:29vous avez parfaitement raison,
39:31la guerre cognitive en fait partie,
39:33et d'ailleurs,
39:36merci pour cette question,
39:36ça me permet de dire
39:37quelque chose d'autre
39:38que nous n'avons pas dit,
39:39c'est qu'en fait,
39:40tout ce qui est métier
39:41de l'influence,
39:42enfin l'influence,
39:43avoir une stratégie d'influence,
39:44ça suppose en fait
39:45plusieurs métiers,
39:46c'est-à-dire qu'ils ne sont pas
39:48du tout les mêmes,
39:48il y a une partie,
39:50on va dire,
39:50certes quand même,
39:51on va dire soft power,
39:52rayonnement,
39:53diplomatie publique,
39:54c'est vrai,
39:55il y a aussi une partie lutte
39:57contre la désinformation,
39:59contre les trolls,
40:00contre,
40:00sur la guerre cognitive,
40:02vous avez parfaitement,
40:02c'est encore un autre savoir-faire,
40:04il y a une partie,
40:06placer les bonnes personnes
40:07aux bons endroits,
40:08notamment dans les organisations
40:09internationales,
40:10avoir des gens
40:11qui relaient notre pensée
40:13dans les postes importants,
40:15c'est encore un autre métier,
40:17il y a la guerre
40:19pour les normes
40:20et l'expertise,
40:21qui est un énorme,
40:22d'ailleurs un énorme chantier
40:23et un énorme,
40:24qui représente beaucoup d'argent,
40:25un énorme marché mondial,
40:27arriver à être celui
40:29qui impose des normes,
40:31soit juridiques,
40:32soit d'ailleurs industrielles
40:33ou techniques ou autres,
40:34dans des grands marchés,
40:35c'est encore un autre aspect
40:37de l'influence
40:38et je crois que nous gagnerions
40:39vraiment à faire
40:40une espèce de carte
40:42des métiers de l'influence
40:44si on veut avoir
40:44une vraie stratégie
40:45parce que imaginons
40:46qu'on nous dise aujourd'hui,
40:47imaginons qu'on sorte
40:47de notre période
40:48de vache maigre
40:48et qu'on nous dise
40:49« Allez, voilà un gros paquet
40:50d'argent,
40:51vous avez ça
40:52pour faire une stratégie
40:53d'influence
40:53et on vous donne
40:55quelques milliers
40:56de personnel
40:58pour faire
41:00votre stratégie
41:00d'influence.
41:01Qu'est-ce qu'on en fait ?
41:02À quoi allons-nous
41:03les affecter ?
41:04Quelles sont les priorités ?
41:05Il y a une partie
41:06rayonnement,
41:07il y a une partie
41:08guerre cognitive,
41:09mais ce sont
41:09des savoir-faire différents,
41:11ce sont des métiers différents,
41:12ce ne sont pas
41:12les mêmes personnes
41:13qu'on devra recruter
41:14et donc il faut absolument
41:15que nous fassions
41:15cette cartographie.
41:18En fait,
41:20votre question,
41:21c'est probablement
41:21la menace la plus importante
41:23parce qu'elle est
41:23la plus dangereuse,
41:24parce qu'elle est
41:24très difficile à appréhender
41:26et pour équilibrer
41:27ma réponse,
41:28il n'y a pas d'allié
41:31dans le domaine cognitif
41:35et ce n'est pas
41:36parce que la nature
41:37de régime a changé
41:38qu'il y a une discontinuité
41:39dans les opérations cognitives
41:40et parfois,
41:42quand on regarde
41:42avec l'histoire,
41:45au moins il y a un État,
41:46ça dure depuis un siècle.
41:51Et eux,
41:54ce que je cite en filigrane,
41:57il y a vraiment
41:58une imbrication
41:58entre les opérations
42:00d'influence politique
42:01et celles visées économiques,
42:04chose que nous,
42:04on n'a pas.
42:06Donc là,
42:07dans la défense,
42:08je pense qu'il y a
42:09une doctrine
42:13à établir
42:14et je pense
42:15que le trinôme gagnant,
42:16c'est un peu
42:17la trinité
42:17de la guerre
42:19de Claude Witte,
42:19c'est le monde universitaire,
42:22le régalien
42:23et les opérateurs privés,
42:25enfin,
42:25les entités privées.
42:29Merci.
42:29Est-ce que vous avez des questions ?
42:30Y a-t-il d'autres questions
42:31dans l'Assemblée ?
42:33On vous écoute, monsieur,
42:34il y aura une dame en bas après.
42:36Oui, bonjour.
42:36J'aurais une question
42:38plutôt pour monsieur Gallet.
42:40Début 2011,
42:42un constructeur automobile français
42:45a défrayé l'actualité
42:47avec une pseudo-affaire
42:49d'espionnage
42:50mettant en cause
42:51trois de ses cadres dirigeants.
42:54Je ne sais pas
42:55de quel oeil
42:56vous-même
42:57et, je dirais,
42:59vos homologues
43:00ont considéré cette affaire
43:02et surtout,
43:02quels enseignements
43:03ils en ont pu en tirer
43:04pour la vie
43:05dans l'entreprise ?
43:07Le temps est compté.
43:09Je vous réponds
43:09de manière très simple.
43:10Un, c'est une question d'éthique.
43:11Deux, il faut savoir
43:12s'empêcher, Camus.
43:14C'est-à-dire,
43:15on ne fabrique pas
43:16un complot
43:16pour faire plaisir au DG
43:18parce qu'on a compris
43:18son mode de fonctionnement.
43:20Donc,
43:21la partie prenante
43:22en charge
43:22de ces cas-là
43:23doit avoir
43:23une relative indépendance
43:25et puis aussi
43:26savoir dire non.
43:27Je suis désolé,
43:28c'est cash comme réponse
43:29mais c'est la réponse
43:30à cette triste affaire.
43:34Il y avait une autre question
43:35un peu plus...
43:35Merci.
43:36Au deuxième rang,
43:36Madame,
43:37peut-être en blanc.
43:45Bonjour
43:46et merci infiniment
43:47pour vos interventions.
43:48Je vais être
43:48brève et rapide
43:50et c'est par rapport
43:51à la guerre cognitive.
43:52J'ai théorisé
43:53la notion
43:54d'open data cognitif
43:56parce qu'aujourd'hui,
43:57face à l'accélération
43:58de l'intelligence artificielle
43:59de ces nouvelles technologies,
44:01ces mastodontes,
44:03pas que tech
44:03mais aussi
44:04les personnes malveillantes
44:05et les organisations malveillantes,
44:07ont la possibilité
44:07autant d'extraire
44:09les informations
44:09des citoyens du monde
44:10mais aussi
44:11d'écrire aujourd'hui
44:12cognitivement
44:13dans les cerveaux
44:13des personnes
44:14notamment
44:14par la désinformation
44:16etc.
44:17Donc,
44:17ma question aujourd'hui
44:18c'est comment
44:19concrètement
44:20arrivons-nous
44:20à anticiper,
44:21prévenir et protéger
44:23sachant qu'on doit être
44:24de plus en plus ouvert
44:27par toutes les connaissances
44:28internationales
44:28pour pouvoir progresser
44:29et innover.
44:31Merci infiniment.
44:32Frédéric,
44:33vous voulez répondre ?
44:33Très rapidement,
44:34je crois que c'est un chantier,
44:36c'est un chantier ouvert.
44:38Je ne suis pas sûr
44:38qu'on ait encore la réponse,
44:39on a quelques éléments.
44:41Moi,
44:41ce qui me préoccupe beaucoup,
44:42je le vois,
44:42c'est pour les plus jeunes
44:43et pour les étudiants
44:44puisque en tant que prof
44:46d'université,
44:47je vois bien
44:47que dès que nous demandons
44:49un travail à faire
44:50par écrit
44:51et à envoyer,
44:52c'est fait par
44:53l'intelligence artificielle,
44:55ce ne sont plus
44:55les étudiants
44:56qui le font,
44:57je vois bien
44:57qu'il y a ceux
44:59qui essayent
45:00de se réapproprier
45:01les éléments
45:01qu'ils trouvent
45:02par l'intelligence artificielle
45:03mais nous ne savons pas
45:04très bien
45:04comment tout ça
45:05est concocté
45:06et c'est manipulable,
45:07vous avez parfaitement raison.
45:08Il y a ceux
45:09qui ne regardent même pas
45:09d'ailleurs
45:10ce qui retransmettent
45:12directement aux profs
45:13la réponse
45:13sans forcément savoir
45:14eux-mêmes
45:15ce qu'il y a écrit.
45:16Donc,
45:16c'est un vrai problème.
45:18il faut légiférer
45:20c'est toujours
45:20extrêmement difficile
45:21sans attaquer
45:22la liberté d'expression
45:24sans avoir l'air
45:25non plus
45:26d'être contre
45:27la modernité
45:27c'est très difficile
45:29de mettre en garde
45:29contre ces
45:30la difficulté
45:31elle est là
45:31en fait
45:31il faut faire quelque chose
45:32vous avez raison
45:33les dangers
45:33sont ceux
45:34que vous avez exposés
45:34la difficulté
45:35est de les combattre
45:37sans avoir l'air
45:37de s'opposer
45:38à la modernité
45:40sans avoir l'air
45:41c'est trop tard
45:41d'ailleurs
45:41on ne peut plus
45:42dire aux étudiants
45:43n'utilisez pas
45:44l'intelligence artificielle
45:45d'ailleurs
45:45ce ne serait pas intelligent
45:46de dire ça
45:47mais le chantier
45:48est ouvert
45:49vous touchez là
45:50la question
45:51qui nous préoccupe
45:52en plein
45:52dans le mille
45:52aujourd'hui
45:55je dirais
45:56pareil
45:57une action
45:58peut-être
45:58une double action
45:59à une action
46:00de masse
46:01mais faut-il la penser
46:01au niveau de l'éducation
46:03de tout à chacun
46:04et ensuite
46:05comme se colloque
46:08choisir
46:09des personnes
46:11qui créent
46:13cet esprit
46:14de défense
46:14cette sensibilité
46:16pour qu'elles-mêmes
46:16puissent diffuser
46:17les bonnes pratiques
46:19d'hygiène numérique
46:21de compréhension
46:22pour éviter
46:23les pièges
46:24de la désinformation
46:26ou surtout
46:26les pièges cognitifs
46:28parce que
46:30le cognitif
46:32il vient du marketing
46:33il vient de la pub
46:34c'est une forme
46:35enfin c'est entretenu
46:37par l'addiction
46:38donc c'est
46:39c'est presque
46:40une politique
46:40de santé publique
46:42mais
46:42je parle par parallélisme
46:44qu'il faut développer
46:45au niveau de l'éducation
46:47et c'est un chantier
46:49il faut tous s'y mettre
46:50et chacun
46:51et
46:51c'est un peu
46:53Saint-Exupéry
46:53chacun est seul responsable
46:55chacun est seul
46:56responsable de tous
46:58il faut vraiment tenir
46:59cette ligne là
47:01il nous reste
47:02une poignée de secondes
47:03peut-être pour prendre
47:03une dernière question
47:04s'il y en a
47:05dans le public
47:07est-ce que vous voyez
47:08une main se lever
47:09là on voit
47:09une main
47:10qui se lève
47:11en plein milieu
47:13rapidement
47:13quatrième rang
47:14il nous reste
47:15une petite minute
47:17du coup
47:18s'il vous plaît
47:18question brève
47:19et à vos réponses
47:20brèves si possible
47:24bonsoir
47:24monsieur Charian
47:26ma question
47:26s'adresse à vous
47:29pensez-vous
47:29que
47:31la capacité
47:32ou l'incapacité
47:34l'inclination
47:35ou la réticence
47:35à recourir
47:37à l'information
47:38à l'influence
47:39au renseignement
47:41puisse être liée
47:43à la culture stratégique
47:44d'un état
47:47ou d'un pays
47:49réponse très brève
47:51oui
47:51évidemment
47:52ça fait partie
47:53je sais pas
47:54le concept de culture stratégique
47:55est assez compliqué
47:56et difficile à manier
47:57mais oui
47:58vous avez raison
47:58un pays ne répondra pas
47:59à ce défi
48:01de la même manière
48:01qu'un autre
48:01la vraie question
48:02qui est derrière tout ça
48:03c'est est-ce que nous
48:04démocratie
48:04dans notre ADN démocratique
48:06nous pouvons
48:07nous permettre
48:08d'avoir recours
48:09aux mêmes armes
48:10que d'autres pays
48:10qui sont autorités
48:11la réponse est non
48:12mais ça veut pas dire
48:13qu'il faut qu'on se laisse faire
48:14la grande différence
48:15c'est que nous n'avons pas besoin
48:16de faire de fake news
48:17pour être convaincants
48:18nous pouvons être convaincants
48:20en affichant des vérités
48:21qui gêneront d'ailleurs
48:22beaucoup
48:23les régimes autoritaires
48:24donc vous voyez
48:24ça c'est une question
48:25par exemple
48:25de culture stratégique
48:26nous aussi
48:27on peut faire mal
48:28mais on n'aura pas besoin
48:29forcément de dire des mensonges
48:30je crois que c'est là
48:31d'ailleurs la clé
48:31de notre affaire
48:34merci infiniment
48:35sur cette note positive
48:37merci à tous les trois
48:38pour cet éclairage
48:39le forum guerre épaisse
48:40a continué
48:41on fait une petite pause
48:42et on se retrouve
48:42dans quelques instants
48:43à tout de suite
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